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Full text of "Revue celtique"

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HAAOÊR 


d'     /^Z^ 


REVUE  CELTIQUE 


TOME  XXI 


CHARTRES.     —    IMPRIMl-RIE    DURAND,     RUE     FULBERT. 


FONDÉE  / 


H.    GAIDOZ 

1870-1885 


9. 


PUBLIEE    SOUS   LA    DIRLCTION    DE 


H.   UARBOIS    DE    JUBAINVILLE 

Membre  de  l'Institut,  Professeur  au  Collège  de  France 
AVEC   LE   CONCOURS   DE 

E.    ERNAULT  J.   LOTH  G.   DOTTIN 

Professeur  à  l'Université        Doyen  de  la  Faculté  des         Professeur  adjoint 
de  Poitiers  Lettres  de  Rennes  à  l'Université  de  Rennes 


ET    DE    PLUSIEURS    SAVANTS    DES    ILES    BRITANNIQUES    ET    DU    CONTINENT 


L.     DUVAU 

Directeur  adjoint  à  l'École  pratique  des  Hautes  Études 
Secrétaire  de  la   Rédaction 


Tome  XXII. 


'f  Or.  Th.SAAOÊR 

NI  IJN/iEr'     ! 


d:     h 


'9^ 


PARIS  (2O 
LIBRAIRIE   Emile    BOUILLON,    ÉDITEUR 

67,    KUE  DE    RICHELIEU,    AU    PREMIER 


190  I 


581476 


TABLE  DES   MATIÈRES 


CONTENU KS 


DANS  LE  TOME  XXll 


ARTICLES  DE  FOND. 


Pages. 


Un  descendant  de  Déjotarus,  par  Théodore  Reinacli i 

The  destruction  of  Dâ  Derga's  Hostel,  par  Wh.  Stokes.     9,  165,  282,  390 

Glossarial  index  par  le  même 404 

Les  vers  à  rime  interne  dans  les  langues  celtiques,  par  J.  Lotli.  .      .  62 

Notes  sur  le  Vannetais,  par  E.  Ernault 69 

Sur  la  prononciation  du  Gaulois,  par  L.  Duvau .  79 

Celtica,  par  Salomon  Heinach 154 

De  quelques  noms  de  lieux  français  d'origine  gauloise,  par  A.  Thomas  2  16 
Sulla  popolazione  délie  Galliae  nel  tempo  di  Cesare,  par  Francesco  P. 

Garofalo 227 

L'in  intervocalique  en  celtique,  par  H.  d'Arbois  de  Jubainvillc.  .  237 
L'élément  gaulois  dans  la  Langue  française,  par  feu  Arsène  Darnics- 

teter 261 

Mélanges  brittoniques,  p.  J.  Loth. 330 

Notes  étymologiques  bretonnes,  par  J.  Loth 331 

Tesbanat,  cétbanim,  par  H.  Kern 337 

Barintus,  par  Arthur  G.   L.  Brown 359 

Études  Bretonnes,  par  E.  Ernault 369 

Corrections  au  point  de  vue-  métrique  au  Livre  Noir  de  Carmarthen, 

par  J.  Loth 438 

Le  mot  ORBis  dans  le  latin  de  l'Empire,  par  Salomon  Rcinach.      .      .  447 

CORRESPONDANCE.  244 
I .  Par  M.  Pierre  Leroux. 


VI 


Tahle  Jcs  nuUièics. 


BIBLIOGKAPHIE. 

L'Histoire  de  Bretagne  d'Arthur  Le  Moyne  delà  Borderie,  par  J.  Lolh.         84 
Sur  «  Lii  Ctvilisaiion  des  Celtes  cl  celle  de  l'épopée  homèritjue  ».  .      ,        247 


chkon: 

Atkinson  (R  ),  président  de  l'Acadé- 
mie d'Irlande.  5  57. 

Babelon.  Solice  sur  Domiùanus.i^]. 

Baring  Gould  (Rév.  S.).  Mémoire 
dans  Y  Cymmrodor  sur  Kepius, 
saint  gallois.  3^1. 

Bédier  (J.).  Traduction  du  roman 
Tristan  et  Iseut.  152. 

Bloch  (G.).  Histoire  de  France.  Tome 
1.  126. 

Blanchet  (Adrien).  Etudes  de  numis- 
matique. :;s2. 

Brenmore-Jones  (David).  VoirRIiys. 

Brown  (A.  G.  L).  Suppléant  à  l'Uni- 
versité de  Wisconsin.  558. 

Burnell  Lewis.  Notice  sur  la  plus 
ancienne  inscription  lapidaire  ro- 
maine de  Gaule.  3  58. 

Cai.x  (vicomte  de)  et  Albert  Lacroix. 
La  Gaule  Roni.iini  (Tome  11  de  l'His- 
toire illustrée  de  la  France).  126. 

Carmichael  (.Alexandre).  Carmina 
Gadel.ca.  116. 

Carlulaire  de  Gorze.  zyi. 

Cathmhaolach  (Eoin)  mac  Giolla 
Eoin...  Éditeur  de  Keating  (G.). 
129. 

Graig  Maclagan  (Robert).  The  Ganics 
and  Diversions  of  Ar^yleshire.  351. 

Gramer  (Franz).  Rheinisc'ic  Ortsia- 
»en.  1 58. 

Groby  Quiggin  (E.).  Die  lautliche 
Geltung  der  vortoni'ier  Wortcr  und 
Silhen  in  dem  Bock  oj  Leinster  Ver- 
sion der  Tain  bô  Cualnge.  1 30. 


QUE. 

Ddnia  Aodh.jgain  lii  Rathaille.  12^. 

Didioun.iire  général  de  la  langue  fran- 
çaise. I  27. 

Dottin  (G.).  Contes  irlandais.  1  26. 

Duvau  (L.).  L.i  pro-wnciation duGau- 
lois.  1 59. 

Gaelic  Lcague.  129. 

Gourcuff  (Olivier  de).  Gens  de  Bre- 
tagne.  \2^. 

Hatzfeld  (A.)-  Darmesteter  et  A. 
Thomas.  Dictionnaire  général  de  la 
Ir.ngue  française.   127. 

Henry  (V.).    Étymohgics  br  tomes. 

5S7- 

Herbomez  (A.  d').  Éditeur  du  Carlu- 
laire de  Gor:e.  252. 

Histoire  illustrée  de  la  France.  126. 

Hogan  (le  Rév.  Edmund).  Ou  Unes 
of  the  Granimar  of  old  irisch  with 
Tixt  and  Vocahulary.  118. 

—  Liiibhleabhrjn.   120. 
Hûbner  (Emile).  Sa  mort.  252. 
Hùbner,  Ihm  et  Mùnzer,  auteurs  de 

la  partie  celtique  dans  Pauhs  Reai- 

enoclopadic.   135. 
Irische  Texte.  1 14. 
Irisb  Tixt  Society.  125. 
Jessie  L.  Weston.  La  Légende  de  Lan- 

cclot  du  Lac.  349. 
Jo'in(Ivor  B.).  The  mibinogion.  459. 
K.eating  (Gco.Troy).  129. 
Kuno  Meyer.  Le  roi  et  l'ermite.  353. 

—  Mémoire  sur  un  texte  irlandais, 
dans  Y  Cymmrodor.  550. 

Lacroix  (Albert).  Voir  Caix. 


T.i/'/t'  des  m.Uiètti. 


VII 


Lavisse.  His'.oire  de  Fumcc.  Tome  I. 

126. 
Leite  de  Vasconccllos  (J.)-  Monnaies 

de  la  LusiLmii  porlu;z^usc.  158. 
Le  Moyne   de  la  Borderie  (Arthur). 

Sa  mort.  2^0. 
Loth  (J.)-  ^^  mèlriqu:  galloise.  Tome 

11.554. 

Le  même,  docteur  en  droit  de  l'Uni- 
versité de  Glasgow.  545. 

Maynadier  (G.-H.).  Origine  du  conte 
de  la  femme  de  Bath.  349. 

Monnaie  de  Verica,  fils  du  roi  breton 
Commius    254. 

More  (A.  W.).  /l  history  0}  th:  isle 
of  Miin.   124. 

Morel.  Collection  d'antiquités  gau- 
loises. 254. 

O'Grady  (Standish  Hayos).  SiIwj  Ga- 
delicj.  116. 

C  JïÀaûv'.o-j;.   137. 

O'Rahilly  (Egan).  125. 

Paris  (G.).  Conférence  hebdoma- 
daire sur  la  Icgendc  de  s.iint  Br.iii- 
dan.  254. 

Paulys  Rcal-encyclopaedie.  Septième 
demi-volume.    155. 

Plicque.  Lug,  dieu  de  l'Or  chez  les 
Gaulois.  139. 

Prizes  for  Essays  on  some  Celtic 
Subject.  128. 

Prou  (M.)  et  .\.  Vidier.  i*;""  fascicule 
du  Recueil  des  Chartes  de  l'Abbaye 
de  Saint-Benoit-sur-I.oi'e.  137. 

Reinach  (S.).  Comparaison  de  vers 
de  Claudien  et  de  vers  de  Properce. 

54S- 

Rhys  (John).  Celtu  Folklore,  Welsh 

and  Maux.  1 34. 
Rhys(John)et  David  Brenmore-Jones. 

The  welsh  people.  121. 
Richard  Davies.  Auteurd'uneversion 


galloise  des  Épitres  à  Timothée, 
Titus  et  Philémon.  254. 

Ridgeway  (W.).  The  early  Age  of 
Grecce.  347. 

Russel  (miss).  Mémoire  sur  quelques 
forts  d'Kcosse.  254. 

Russel  (T.  0.).  Traducteur  en  irlan- 
dais moderne  du  Birama.  352. 

Le  même.  Fi'or  ChLUrseach  na  h-Ei- 
reann.  130. 

Samson  (Saint),  abbé,  évèquc  et  ar- 
chevêque de  Dol.  133. 

Schrader  (0.).  Rcallexicjii  der  in.io- 
germanischcn    Altcrlunisk  n'e.,    t. 

11.357. 
Le    même.    Sprachv.rglcichung    und 

LJrgeschichte.  135. 
Stokes  (Whitley).   Le    dialogue  des 

vieillards,  Acallamh  na   Senôrach. 

115. 
Strach.vi.    Mémoire    sur    les    temps 

passés  en  vieil  et  moyen  irlandais. 

255. 
Stubbs  (William),  évèque  d'O.xford. 

Sa  mort.  3  56. 
Textes  gallois.  Publication  proc'iaine. 

Thesauius  linguac  latinae.  i'"'-'  livrai- 
son.  136. 

Thomas  (D.  R.).  Éditeur  d'une  ver- 
sion galloise  des  Épîtres  à  Timo- 
thée, Titus  et  Philémon.  254. 

Thurneysen  (R.).  Étude  sur  les  ad- 
verbes irlandais.  3  57. 

Le  même.  Traducteur  de  légendes  ir- 
landaises. 459. 

Valluni  Hadriani  et  la   Holy  Island. 

558. 
Windisch.  Tâin  bo  Cûailnj^i.  128. 
Y  Cynmrodor.  5  50. 
Zanardeli.  Annonce  d'une  publication 

prochaine.  3  58. 


VIII 


Table  des  matières. 


Zimmer  (H.).   Mémoire  sur  l'église       Le  même,  professeur  de  celtique    à 
celtique.  5  54.  l'Université  de  Berlin.  4^8. 


PÉRIODIQUES  ANALYSÉS. 


.Analecta  BoUandiana,  259. 
An  Gaodhal,  145-146,  56),  465. 
Annales  de  Bretagne,  145-144,  361. 
An/eiger  fur  schweizisc'ie  Altertums- 

kunde,  366. 
Archaeologia  Cambrensis,    565-564. 
Archeologo  Portugues,  566. 
Athenaeum,  463. 
Beitrage    zur  Kunde  der  indogerma- 

nischen  Sprachen,  562. 
Boletin  de  la   Real  Academia  de  la 

Historia,  2  56. 
Bulletin  Archéologique  du  Comité  des 

Travaux  historiques  et  scientifiques, 

•44)  367,4<^2. 
Celtia,  146,  259,366,462. 
Entre  Camarades,  256-257. 
Feiz  ha  Breiz,  1 50 
Folklore,  258-259. 
Indogermanische  Forschungen,  461. 
Journal  of  American  Philologv,  562. 
Journal  of  the   Royal    Institution  cf 

Cornwall,  145. 
Journal  of  the  Royal  Society  of  Anti- 

quaries  of  Ireland,  149-150,  254, 

360, 461 . 
Man,  amonthly  record  of  Anthropo- 

logical  Science.  146. 
Mémoires  de  la  Société  royale   des 

sciences  de  Bohême,  255-256. 
Proceedings  ofthe  Royal  Irish  Aca- 

demy,  145. 


Publications  of  the  Modem  Language 
Association  of  America,  148. 

Revue  Archéologique,  149,  366. 

Revue  Bretonne,  142-143. 

Revue  d'Ardcnne  etd'Argonne,  1  jo. 

Revue  des  Études  anciennes,  362. 

Revue  des  Études  Grecques,  149. 

Revue  Épigraphique,  148,  362. 

Revue  Historique  de  Provence,  149. 

Romania.  144-145  !  259. 

Sitzungsberichte  des  Kais.  Académie 
der  Wissenschaften  in  Wien,  257- 
258. 

Studies  and  notes  in  Philology  and 
Literature,  143. 

Supplementi  Periodici  ail'  Archivio 
glottologico  italiano,  146. 

The  Gael,  145-146,  365,  463. 

Transactions  of  the  Devonshire  Asso- 
ciation for  the  Advancement  of 
Science,  145. 

Zeitschrift  fur  alte  Geschichte,   146. 

Zeitschrift  fur  Celtische  Philologie, 
140-142. 

Zeitschrift  fur  deutsche  Wortfor- 
schung,  147. 

Zeitschrift  fur  vergleichende  Sprach- 
forschung  auf  dem  Gebiete  der  in- 
dogermanischen  Sprachen,  147, 
560-361 . 


TABLE,  par  M.  E.  Ern'.\ult,  des  principau.v  mots  étudiés  dans  le  t.  XXII 
de  la  Revue  Cetlitjuc,  p.  464. 


UN   DESCENDANT   DE  DEJOTARUS 


Au  cours  de  travaux  récemment  entrepris  pour  l'agrandis - 
sèment  du  local  de  la  Banque  ottomane  à  Angora  (Ancyre),  on 
a  mis  au  jour  une  inscription  encastrée  dans  le  mur  de  la  for- 
teresse, et  qui,  malheureusement,  a  été  depuis  recouverte  à 
nouveau.  M.Pons,  vice-consul  de  France,  avait  pris  une  copie 
du  texte  entier,  ainsi  que  des  estampages  de  la  partie  gauche 
seulement.  Ces  documents  ont  été  communiqués  par  M.  Pons 
à  M.  J.-G.-C.  Anderson^  et  par  M.  Anderson  à  M.  Mommscn, 
qui  vient  de  publier  et  de  commenter  l'inscription  dans  les 
Comptes  rendus  de  l'Académie  de  Berlin  (lo  janvier  1901). 
C'est  une  dédicace  honorifique,  consacrée  par  une  tribu  d'An- 
cyre  —  la  septième-  —  à  son  bienfaiteur  C.  Iulius  Severus,  qui 
avait  parcouru  avec  honneur  toutes  les  fonctions  municipales. 
Des  inscriptions  d'Ancyre  anciennement  connues  (Corp.  inscr. 
f^raec,  4033,  4034)  nous  ont  fait  connaître  la  suite,  très  bril- 
lante, de  la  carrière  de  ce  personnage.  Admis  par  Hadrien  au 
Sénat,  il  fut  successivement  légat  de  la  province  d'Asie,  légat 
de  la  lY^  légion  Scythique  et  vice-légat  de  Syrie  au  moment 
de  la  guerre  judaïque  (132),  proconsul  d'Achaïe,  adminis- 
trateur extraordinaire  de  Bithynie,  préfet  de  VAerariuiu,  consul 
suffect  (140  ou  141),  pontife,  curator  openini  piihliconim,  légat 
d'Antonin  le  Pieux  dans  la  Germanie  inférieure,  enfin  pro- 
consul d'Asie.  On  a  là,  comme  le  dit  Mommsen,  un  exemple 


1 .  M.  Pons  a  également  envoyé  une  copie  à  M.  HomoUe  qui  a  briève- 
ment parlé  de  ce  texte  devant  l'Académie  des  Inscriptions  et  Belles-Lettres; 
sa  communication,  que  je  ne  connais  pas,  est  encore  inédite. 

2.  Le  nom  de  la  tribu  Ila/.a.  X-'vr)  n'est  pas  certain. 

Htvue  Celticfue,  XXII.  i 


2  Thiodore  Rdnach. 

remarquable  de  l'entrée  de  la  haute  aristocratie  indigène  des 
provinces  hellénisées  dans  le  fonctionnariat  romain,  phéno- 
mène bien  conforme  aux  tendantes  cosmopolites  du  gouver- 
nement des  Antonins. 

Dans  les  inscriptions  précédemment  connues,  la  carrière 
lociilc  de  Julius  Sevcrus,  antérieure  à  son  admission  au  Sénat, 
était  résumée  d'un  mot  ;  un  mot  aussi  pour  caractériser  l'illus- 
tration de  son  origine:  zxzù.iwi  /.x'.  -i-.zxy/wi  ur.i-;z-i^'i.  Le 
nouveau  texte,  outre  qu'il  nous  fait  connaître  définitivement  le 
gentilice  (Iiiliiis)  du  personnage,  entre  dans  de  précieux  détails 
sur  les  honnL'urs  municipaux  qu'il  a  remplis,  et  précise  un 
peu  les  hautes  prétentions  nobiliaires  auxquelles  les  textes  an- 
térieurs se  contentaient  de  faire  allusion.  Ce  dernier  point  in- 
téresse l'histoire  générale  de  l'Orient  hellénique  et  tout  parti- 
culièrement celle  de  la  Galatie;  les  lecteurs  de  la  Revue 
Celtique  me  sauront  donc  gré  de  reproduire  et  de  commenter 
ici  les  premières  lignes  de  l'inscription  qui  renferment  ces 
indications  généalogiques  '  : 

y-.i\':\-i:'t  zxz'ù.i  j  mz 
\\r^:z-y.zzj  y.  ]   'A    \[):yr.zj 
t;j  \\zr;y.-z  \  j  y.%:  'A;j.>/t;j 
5    "J  aViIAA  I  Or-STsasywv 
7.X'.  IjX-C/.ki)  I  ;    \~'.x:    \"xkzj, 
iv £'!/'. ;v  J-aT'.y.wv     \z  \  j'/J.zj 

-.1   KzlpX-ZJ  y.X'.  ^X7    I    (A£0)Ç 

'WzZTflpzj-.  Y.x:  "I:jA  |  (;j    'A- 
10   y.JKZJ  /,x\  KX-  —iZjTtp  I  cj,  y.r. 
zr;';vrr,  Tr^yXr,-:  |  y.C>yt 
-'hîi'-to'J ^  àsîAsi  I  V  'I:j- 
/J.zj   'A;rjvT'.av:j,  ::  |  zor.z-> 
'F/aat,v(ov,  etc. 


1.  Le  tiret  vertical  sépare  la  partie  gauche,  seule  estampée,  de  la  droite. 

2.  Probablement  un  descendant  d'Hérode.  Son  fils,  C.  Iulius  Agrippa, 
fut  questeur  propréteur  d'Asie  (inscription  d'Ephèse,  Ihit.  Mus.,  111,  187, 
no  >S7)-  Mommsen  propose  de  l'identifier  avec  le  proconsul  d'Asie, 
C.  Iulius  Alexander  Berenicianus  (BCH.,  I,  192,  Ephésc). 


Un  descendant  de  Déjotanis.  5 

La  parenté  de  Julius  Severus  est,  on  le  voit,  classée  sous 
quatre  chefs  :  1°  ses  ancêtres  directs  (1.  2-6),  2°  ses  cousins 
germains'  (1.  7-10),  3°  ses  parents  plus  éloignés  (1.  11), 
4°  son  frère  (l.  12).  Les  ancêtres  à  leur  tour  sont  divises  en 
trois  groupes  : 

a)  rois  galates; 

b)  tétrarques  galates  ; 

c)  rois  d'autres  pays. 

C'est  d'eux  seuls  que  nous  allons  nous  occuper. 

Le  groupe  (a)  comprend  un  seul  nom  :  «  l'ancêtre,  le 
grand  homme  »,  le  roi  Déjotarus,  l'ami  de  Pompée,  de  Ci- 
céron,  de  César  et  d'Antoine.  Inutile  d'insister  sur  ce  person- 
nage célèbre.  Mais  comment  Julius  Severus  peut-il  être  son 
descendant?  Nous  savons  que  la  femme  légitime  de  Déjotarus, 
Stratonice,  étant  stérile,  celui-ci  prit  pour  concubine  une  cap- 
tive grecque,  Electra,  qui  lui  donna  plusieurs  enfants  (-.o-jz  -fvn- 
[j,=v:'j;  T.xXix:)  que  Stratonice  consentit  à  élever-.  Parmi  ces 
enfants  il  y  avait  plusieurs  fils,  mais  le  roi,  craignant  le  mor- 
cellement de  son  héritage,  les  fit  tous  mettre  à  mort,  à  l'ex- 
ception d'un  seul  qu'il  désigna  pour  son  successeur'.  Cette 
combinaison  ne  devait  pas  réussir,  car  le  fils,  appelé  Déjotarus 
comme  son  père,  gratifié  du  titre  de  roi  vers  51,  fiancé  avec 
la  fille  d'Artavasde,  roi  d'Arménie,  doit  être  mort  avant  le 
vieux  roi  (41),  puisqu'il  ne  lui  succéda  pas.  Il  n'est  pas  da- 
vantage question  d'enfants  de  ce  Déjotarus  II.  Même  en  admet- 
tant qu'il  ait  eu  une  fille,  ce  n'est  pas  d'elle  que  Julius  Severus 
peut  descendre,  car  alors  il  n'aurait  pas  manqué  de  taire 
figurer  parmi  ses  aïeux  le  roi  Artavasde  et  les  deux  rois  Déjo- 
tarus au  lieu  du  seul  «  Déjotarus  roi  ». 

Il  faut  donc  se  rabattre  sur  les  filles  de  Déjotarus  le  Grand. 
Nous  en  connaissons  deux  :  l'une  mariée  à  Castor  le  Tarcon- 
darien(?),  probablement  tétrarque  d'un  canton  des  Tecto- 
sages,  l'autre  à  Brogitarus,  tétrarque  des  Trocmes. 


1 .  Je  crois  que  M.  Mommsen  a  tort  de  prendre  âvs'^'.o;   dans   un  sens 
large;  l'opposition  avec  Tjyvjvr;:  ne  serait  plus  justifiée. 

2 .  Plutarque, Mulienim  viilutes,  Slratoiiiceill,  256,  Bernardakis).  Cf.  Calo 
niiiior,   15  :  ::aoaOE70a'.  toJ:  -aîoa;  aÙToj  '^jO-jXo'j.iwo;. 

5.   Plutarque,  De  sloiconim  lepiignantiis.  32  CVI,  258,  Bcrn.). 


4  Théodore  Rcinach. 

La  prcmicrc  fut,  avec  son  mari,  massacrée  dans  leur  rési- 
dence de  Gorbéous  par  le  vieux  Déjotarus,  vers  45  av.  J.-C.  '  ; 
elle  laissait  un  fils.  Castor  II,  qui  succéda  à  Déjotarus,  par  la 
grâce  d'Antoine,  en  Galatie  et  en  Paphlagonie  (41);  il  eut  à 
son  tour  pour  successeurs,  mais  en  Paphlagonie  seulement,  ses 
deux  fils  Déjotarus  Philopator  et  Déjotarus  Philadelphe^.  Il 
est  clair  que  Julius  Severus  ne  cescend  pas  de  cette  branche, 
car  les  rois  de  Paphlagonie  et  le  tétrarque  Castor  I"  ne  figurent 
point  parmi  ses  ancêtres. 

Venons  à  la  seconde  fille  de  Déjotarus,  mariée  à  Brogitarus, 
tétrarque  des  Trocmes.  Le  seul  texte  qui  atteste  ce  mariage  î 
est  celui  de  Cicéron.  Dans  son  discours  De  hanispicuiii  respousis, 
prononcé  en  56  av.  J.-C,  Cicéron  critique  vivement  la  loi 
tribunitienne  de  Clodius(58)  qui  avait  décerné  à  Déjotarus  et 
à  Brogitarus  le  titre  de  roi  et  conféré  à  ce  dernier,  au  détri- 
ment du  prêtre  légitime,  la  possession  du  riche  temple  de  Pes- 
sinonte.  Cicéron  félicite  Déjotarus  de  n'avoir  pas  accepté  cette 
clause  et  d'avoir  chassé  Brogitarus  du  temple  :  Ouod  Pessi- 
nuutem  pcr  scchis  a  te  (Clodius)  violalum  et  sacerdote  siicrisque 
spolialiiiu  reciiperavit,  ut  in  prislina  religione  servaret,  qtiod  caeri- 
inouias,  ah  onnii  vetitstale  acceptas,  a  Brogitaro  poil  ni  mm  sitiil 
niavultque  genenini  sniiiii  iiiiiiiere  tito  quam  iUiid  faiiuni  antiqui- 
îate  religionis  carere^.  On  ne  doit  pas  s'étonner  de  voir  Déjo- 
tarus en  mauvais  termes  avec  son  gendre  Brogitarus;  n'était-il 
pas  à  couteaux  tirés  avec  son  autre  gendre,  Castor?  On  peut 
même  soupçonner  Déjotarus  de  n'avoir  pas  été  étranger  à  la 
mort  de  Brogitarus;  en  tout  cas,  lui  mort,  il  s'empara  de  sa 
tétrarchie  :  en  47  il  la  possédait  depuis  quelques  années 5.  Plus 
tard,  Mithridate  de  Pergame  (neveu  ex  sorore  de  Brogitarus)  la 
réclama  et  l'obtint  de  César.  Ce  dernier  fiiit  prouve  que  Bro- 
gitarus n'avait  pas  laissé  de  fils.  A-t-il   au  moins  laissé  une 

1 .  Strabon,  XII,  5,  3.  Sûrement  après  le  plaidoyer  de  Cicéron.  Cf.  mon 
article  delà  Rrcuv  Kinnisniatiquc,  1891,  p.  588. 

2.  Voir  Revue  Kuiinsmatique,  1894,    p.  414  suiv.  (rectiliant  mon  article 
de  1891). 

5.  J'ai  eu  tort  autrefois  (/?(r.  Xiini.,  1891),  d'en  contester  l'autorité  ou 
l'interprétation. 

4.    De  hariispictim  respottsis,  XIII,  29. 

5  .   Betlinu  itlexandi  iiiuin,  78. 


[in  iicscctiilarit  de  Dqotaras.  5 

fille,  de  Liqucllc  descendrait  notre  héros  ?  Pas  davantage,  car, 
s'il  en  était  ainsi,  Brogitarus  devrait  figurer  sur  notre  inscrip- 
tion, sinon  avec  son  titre  de  roi,  qui  lui  fut  contesté",  du 
moins  avec  celui  de  tétrarque  (des  Trocmes)  que  lui  donne 
officiellement  l'inscription  d\-Eg:\.^-. 

Concluons:  C.  Julius  Severus  ne  descend  ni  de  la  fille  de 
Déjotarus  mariée  à  Castor,  ni  de  celle  qui  épousa  Brogitarus. 
Déjotarus  a  donc  dû  avoir  une  troisième  fille,  qui  épousa  l'un 
des  deux  tétrarques  Amyntas  mentionnés  dans  les  lignes  sui- 
vantes de  l'inscription,  et  c'est  d'elle  qu'est  issu  notre  Severus. 

Le  groupe  (b)  comprend  deux  tétrarques,  tous  les  deux 
inconnus,  tous  les  deux  du  nom  d'Amyntas,  nom  qui  paraît 
avoir  été,  nous  ne  savons  pourquoi,  en  fiiveur  dans  l'aristo- 
cratie gallo-grecque  à  la  fin  du  i'''  siècle  av.  J.-C.  :  on  sait 
qu'un  Amyntas,  ancien  secrétaire  de  Déjotarus,  finit  par  de- 
venir roi  de  Galatie;  certainement  aucun  de  nos  Amyntas  n'est 
identique  .weccc  personnage.  Tout  l'intérêt  de  ce  couple  serait 
dans  les  noms  de  leurs  pères,  et  malheureusement  ils  n'ont  pas 
été  déchiffrés  d'une  manière  certaine.  Le  premier  a  été  lu  BPl- 
PATOV  par  AL  Pons,  LPITATOV  par  M.  Mommsen  sur  l'es- 
tampage. Ce  dernier  nom  est  certainement  plus  vraisemblable: 
on  y  reconnaît  l'élément  brig^  qui  entre  dans  la  composition 
de  tant  de  noms  géographiques  et  mythologiques  gaulois,  et 
le  suffixe  afiis  qui  se  retrouve,  par  exemple,  dans  le  nom  du 
tétrarque  Sinatus,  le  mari  de  la  fameuse  Camma.  Il  fitut  savoir 
résister  à  la  tentation  de  corriger  Bp'.-fx-.zj  en  Bpsy-ipcj  :  l'ins- 
cription, gravée  avec  soin,  ne  renferme  pas  une  seule  faute 
certaine  et  celle-ci  serait  bien  grossière. 

Quant  au  second  patronymique,  il  a  été  lu  \j-xkzj  par 
M.  Pons;  M.  Mommsen  propose  dubitativement  Ajv.aA:j,  qui 
a  une  physionomie  bien  peu  celtique.  La  syllabe  initiale  A  j  ou 
Aj-:(?)  fait  penser  à  Ij-îj-z;.   fils  du  tétrarque  Adiatorix  et 


1.  Cicéron,  De  hanisp.  resp.,  29.  Pourtant  il  le  prend  sur  sa  monnaie  du 
Cabinet  de  France  (Rev.  Kinn.,  1845,  p.  264). 

2.  Hernies,  XIV,  474.  La  pierre  est  encore  aujourd'hui  encastrée  dans  la 
mosquée  Rousat-aga,  à  Ghiouscl-hissar  (communication  de  M.  Contoléon). 

3.  M.  d'Arbois  me  dit  qu'il  faut  distinguer  deux  racines  brig(a)  :  l'une 
avec  i  bref  (=  forteresse),  l'autre  avec  i  long  (^=  illustre). 


6  Théodore  Rcifhuli. 

grand-prctrc  de  Comana  au  temps  de  Strabon  (XII,  3,  35). 
Quant  à  la  terminaison,  je  suis  bien  tenté  de  lire  AA(JV  au 
lieude  AAOV;  un  tétrarque  Domnilaus  est  mentionné  par 
César  (Bcll.iiv.,  III,  4).  Il  n'est  pas  tout  à  fait  impossible  qu'il 
faille  restituer  ou  corriger  A  V.\I(NI)AA()r:  la  syllabe  NI  a  pu 
être  omise  fitcilement  après  M,  et  l'initiale  Aj;j.v,  évidemment 
équivalente  à  Doniii,  se  retrouve  dans  divers  noms  gaulois 
(Dumnacus,  Dumnorix',  etc.). 

Les  grandes  familles  galates,  les  familles  de  tétrarques,  ne 
se  mariaient  guère  qu'entre  elles;  il  est  donc  à  présumer  que 
les  deux  tétrarques  Amyntas,  dont  descendait  Julius  Severus, 
étaient  respectivement  ses  ancêtres  paternel  et  maternel. 

\'ient  enfin  (c)  «  le  roi  d'Asie  Attale  ».  Il  est  appelé  roi 
d'Asie  (c'est-à-dire  de  Pergame)  pour  le  distinguer  de  son  ho- 
monyme, le  dynaste  de  Papblagonie  intronisé  par  Pompée. 
Mais  duquel  des  trois  Attale  pergaménicns  s'agit-il  ?  Attale  l" 
doit  être  écarté,  d'abord  comme  trop  ancien,  ensuite  parce  que 
ses  possessions  légitimes  étaient  trop  restreintes  pour  lui  mé- 
riter le  titre  de  «  roi  d'Asie  ».  Attale  III  n'a  jamais  été  marié: 
sa  fiancée  Bérénice  —  sans  doute  une  princesse  égyptienne  — 
est  morte  mystérieusement  avant  le  jour  des  noces-.  Reste 
donc  le  seul  Attale  II  Philadelphe,  frère  et  successeur  d'Eu- 
mène  II.  Ce  prince  épousa  StratoniceS  fille  d'Ariarathe  IV  de 
Cappadoce,  et  veuve  d'Eumène;  il  avait  même  eu  des  relations 
avec  elle  dès  172,  alors  que  le  bruit  de  la  mort  d'Eumène 
s'était  répandu;  on  a  conjecturé  qu'Attale  III  était  né  de  ce 
mariage  putatif.  Quoi  qu'il  en  soit,  l'histoire  ne  mentionne 
pas  d'enfants  légitimes  issus  du  mariage  d'Attale  II  et  de  Stra-- 
tonice,  mais  nos  renseignements  sur  cette  époque  sont  si 
fragmentaires  que  ce  silence  ne  prouve  rien  en  ce  qui  con- 
cerne des  filles.  Je  considère  comme  extrêmement  probable: 
r'  qu'Attale  II  a  eu  une  fille  (née  entre  159  et  138),  2°  que 
cette  fille  elle-même  a  eu  une  fille  ou  une  petite-fille  appelée 
Stratonice,  com.me  son  aïeule  ou  bisaïeule,  3°  qu'il  faut  recon- 

1  .   Le  père  du  or.ind  Dcjotarus  s";ippclait  Dumnorix  (C.  I.  A.,  III,  544). 
2.  Justin,  XXXVI,  4,  I. 

5 .  Le  nom  nous  a  été  révélé  par  les  dédicaces  deBisanthe  (Dittcnberger, 
Sylloge,  irc  éd.,  rn^s  224-5). 


Un  descendant  de  Dcjotanis.  -j 

naître  en  cette  princesse  l'épouse  de  Déjotarus  le  Grand,  dont 
les  historiens  donnent  le  nom  mais  non  l'origine.  C'est  par 
elle  que  Severus  rattachait  sa  généalogie  à  l'illustre  d3'nastie 
de  Pergame,  car  les  enfants  de  Déjotarus,  quoique  nés  en 
réalité  d'une  concubine,  passaient  sans  doute  officiellement 
pour  enfants  de  la  reine,  qui  les  avait  élevés. 

Voici  donc,  en  résumé,  comment  s'établirait  la  généalogie 
de  notre  personnage  : 

Attale  II  de  Pergame  =  Stratonicc  de  Cappadoce 

I 

Fille 

I 
Stratonice  =  Déjotarus  de  Galatie 

Fille  =  Amvntas,  tétrarque 

I 
Julius  Severus. 

"  On  me  permettra  de  terminer  par  une  conjecture  sur  le  nom 
et  l'origine  de  la  femme  de  Severus.  Mommsen  a  reconnu  que 
l'inscription  4030  du  Corpus  se  rapporte  à  cette  dame,  et  non, 
comme  on  le  croyait,  à  la  femme  du  fils  de  Severus.  Elle  y 
est,  en  effet,  qualifiée  de  y.zr/\izv.T)  ...  -'jval/.a  Izj'/J.zj  ^iyjr,po'j 
■:z\i  -cwTcj  Twv  E /,/>•(;•/;■)■/.  Or  l'inscription  nouvelle  nous  apprend  : 
1°  que  notre  Severus  portait  le  titre  de  r.ç,ur,zz  twv  'EAAr^vojv 
(1.  13),  2°  que  sa  femme  était  grande-prétresse  (1.  27).  Mais 
quel  était  le  nom  de  cette  femme?  L'inscription  4030,  qui 
n'est  connue  que  par  une  copie  de  Tournefort,  l'appelle  Kap- 
y.jt.yJ.y.,  nom  baroque,  d'aspect  plus  turcoman  que  grec  ou  ga- 
late,  et  depuis  longtemps  suspect.  Pouvons-nous  le  corriger? 
Notons  que  d'après  cette  même  inscription  la  femme  de  Se- 
verus était  de  sang  royal,  i.~'y^;^iz:;  [îx-j'./.éwv,  donc  parente  de 
son  mari.  Or,  parmi  les  cousins  germains  de  celui-ci,  le  nou- 
veau texte  mentionne  (1.  9)  un  personnage  appelé  au  génitif 
'\zjiJ.yj  'Ay.jAOj.  M.  Mommsen  interprète  ce  nom  par  le  latin 
Julius  Aquila  et  nous  connaissons,  en  effet,  un  personnage 
asiatique  ainsi  nommé  (Prosopog raphia,  II,  168,  n"  108), 
mais  la  forme  WvS/.zj  est  embarrassante,  le  génitif  régulier  de 
'Ay.jXxr  étant   'Ay.j/.x;  on  pourrait  être  tenté  de  corriger  en 


s  Tlicodore  Rcinach. 

'A/.ja|{J:j.  Quoi  qu'il  en  soit,  du  cognomcii  'A/.j/.a:  ^  Aijuila 
ou  W/.j'/.'.t;  =  Aijuilius  on  a  dû  tirer  le  nom  de  femme  Aqui- 
lia.  Je  soupçonne  fort  la  femme  de  Severus  d'avoir  été  la  fille 
de  Julius  Aquila  ou  Aquilius  et  de  s'être  appelée  Julia  Aquilia, 
comme  la  seconde  femme  d'Elagabale  (Julia  Aquilia  Severa), 
qui  était  peut-être  sa  descendante.  Des  lettres  plus  ou  moins 
effacées 

loVAllAXAKVAAIAN' 

Tournefort  a  pu  fort  bien  tirer  son  inonslnini 

K'Al'AKrAAIAX. 

Je  souhaite  qu'on  en  débarrasse  l'onomastique  gauloise. 

Théodore   RllNACH. 


1.  On  pourrait  aussi  soupçonner  KA-  AKVAAIAN  :  un  autre  cousin 
lie  notre  liéros  s'appelle  Cl(audius)  Severus,  nom  porté  par  beaucoup  de 
personnages  connus  (/'nw^(Y.,  I,  598  suiv.).  Peut-être  encore  l'inscription 
lie  Tournefort  n'est-elle  que  la  moitié  d"une  dédicace  complète  dont  l'autre 
moitié  était  consacrée  au  mari;  alors  la  partie  conservée  commençait  par 
KAlAlvVAAIA.N,  cjui  se  rapproche  encore  davantage  de  KaiaxjXa'.av. 


THE  DESTRUCTION   OF  DÀ  DERGA'S  HOSTEL 


This  ancient  taie,  apart  from  its  pathos  and  beauty,  de- 
serves  attention  from  the  facts  that  it  turns  on  the  primeval 
beliefin  the  ruin  wrought  by  the  violation  of  tabus,  that  it 
contains  some  évidence  of  the  survival  of  totémisme  and  that 
it  has  suggested  the  noblest  English  poem  ever  written  by 
an  Irishman-.  The  following  édition  is  based  on  eight  vellum 
copies,  ail  more  or  less  imperfect.  They  are  as  follows: 

1.  LU.  The  Lebor  na  hUidre  or  Book  of  the  Dun,  a  MS. 
of  the  end  of  theeleventh  or  beginning  of  the  twelfch  ccntury, 
in  the  library  of  the  Royal  Irish  Academy.  Hère  the  beginning 
of  the  taie  is  lost  —  the  first  words  of  it  bcing  ...  airiut.  Nate 
cm,  ^21  infra,  p.  83''ofthe  fiicsimile,  Dublin,  1870. 

2.  YBL.  The  Yellow  Book  of  Lecan,  a  MS.  mostly  of  the 
fifteenth  century,  in  the  library  of  Trinity  Collège,  Dublin, 
formerly  marked  H.  2.  16,  but  now  (according  to  Dr  Abbott's 
catalogue)  13  18.  The  taie  hère  begins  at  p.  91,  and  ends  on 
p.  104,  ofthe  photolithograph  publishcd  in  1896.  It  omits  the 
descriptions  of  many  members  of  Conaire's  retinue,  which 
are  contained  in  LU.  p.  93  et  seq.  Though  YBL.  is  much 
later  in  date  than  LU.  it  préserves  some  Old-Irisli  forms 
which  hâve  bcen  modernised  in  the  elder  copy. 

3.  YBL^.  In  YBL.  are  two  pages  (432,  433)  which  contain 
the  beginning  of  our  taie  in  a  latcr  hand  and  corrupt  spelling. 

1.  Ncttlau,  Rcv.  Cclt.,  XII,  253,  and  sec  Salomon  Rciiiach,  Rcv.  Cclt., 
XXI,  287. 

2.  Conary,  by  the  late  Sir  Samuel  Ferguson. 


10  W'hithy  Stokes. 

This  fragment  commences  with  the  words  Biii  ri^h  aomrui 
airegihi  for  Hiriini,  and  ends  \vit!i  :  dobcrlt  s'uihc  .u.iii.  cuniala, 
§  8  infra.  It  will  licre  be  denoted  bv  YBL-. 

4.  II.  This  codex,  of  varions  dates  and  handwritings,  is 
also  in  the  library  ofTrinity  Collège,  Dublin.  It  was  formcriy 
marked  H.  2.  17,  but  is  now  numbered  13 19.  It  contains 
three  fragments  of  our  taie  in  a  hand,  I  think,  of  the  fifteenth 
century.  The  fîrst  begins  (p.  477)  imperfectly  with  the  words 
josnaidni  ugiall  Teinrach.  Amra,  n-amro,  ol  imi  slogh,^  15  infra^ 
and  ends:  Cia  feras  an  failtei,  §  39  infra.  The  second  fragment 
begins  :  Atchiusai  îet,  ol  sisi,  connch  ernaboi  cacr  na  carnai  diot, 
§  62,  infra,  and  ends  :  gala  mathgamna  7  hroihoi  Icoman,  §  92 
infra.  The  third  fragment  begins  :  Ro  hoi  iariim  ina  cotlud  in 
maethoclach,  §101  infra,  and  ends  imperfectly  with  :  iviaricfi 
jrl.  ni  ho,  §111.  For  a  loan  of  this  MS.  I  am  indebted  to  the 
Board  ofTrinity  Collège. 

5.  F.  The  Book  of  Fermoy.  This  fifteenth-century  vellum, 
now  in  the  librarv  of  the  Royal  Irish  Academy,  contains  in 
pp.  213-216  two  fragments  of  our  taie.  The  first  begins  im- 
perfectly with:  ianim  inna  codliilh  in  môetoiclach,  §101  infra. 
The  second  begins  (p.  214),  with  Adconnarc  and  nonbor  ind 
inidai,  §  216  infra,  and  ends  miperfectly  (p.  216)  with  oencoss 
7  licnhuin  7  niHcc,  §  136  intra. 

6.  S.  The  Stowe  MS.  992  (now  marked  D.  _|.  2)  is  kcpt 
in  the  library  of  the  Royal  Irish  Academy.  K.  Meyer,  Rev. 
Celt.,  VI,  173,  190,  XI,  435-436,  says  that  it  was  written  at 
Frankford,  King\s  Co.  in  1300.  This  excellent  MS.  contains 
three  fragments  of  our  taie.  The  first  (fo.  85^-90^2)  cxtends 
from  the  beginning  {Bai  ri  anirai  aircgda,  etc.)  to  the  end  of 
§  III  infra.  The  second  from  §  126  to  the  second  lineof  §  135 
(0  gabais  trcbad  ni  ro).  The  third  from  a  bcn,  ar  sa,  ni  ciiil  etc. 
§  161  infra,  to  the  colophon  :  G';;id  é  cath  na  maidne  ar 
Briiidin  D.\  Br/g  conicc  sin.  FIXIF. 

7.  Eg.  Egerton  1782,  a  MS.  in  the  British  Muséum, 
described  in  M.  d'Arbois  de  Jubainville's  Essai  d'un  Catalogue, 


The  Dciiniclion  of  iiJ  Deiga's  Hostcl.  i  i 

p.  xwi,  xxvii.  The  copy  of  oiir  talc  contained  in  this  MS. 
may  be  said  to  bclong  to  a  second  recension,  which  was 
preccded  by  three  Ibretales  (rcnisccla),  viz.  Tcshaid  E  lui  ne  in- 
ginc  AilcUa,  Tnvndani  Echach  Aircman  and  Aisnéis  Sicle  Maie 
ind  Ôe  do  Mider  Breg  Leifh  in  a  sid  (LU.  99'  13,  Eg.  120''  i). 
It  commences  (f.  irS-'),  with  an  account  ofEochaid's  recap- 
ture of  his  wife  Étdin  from  the  elfking  Midtr  of  Bri  Léith'. 
This  incident,  according  to  the  second  recension,  causcd  the 
vendetta  hetween  the  elves  and  Eochaid's  descendants,  which 
resLilted  in  the  cruel  death  of  his  great-grandson  Conaire. 
Then  (fo.  i  iS**  2)  we  hâve  the  marriage  of  Cormac  «  the  man 
of  three  gifts  »  to  Eochaid's  daughter,  called,  like  her  mother, 
Étdin,  With  his  désertion  ofÉtain  because  she  bore  daughters 
only,  Eg.  begins  to  agrée  almost  Verbatim  with  YBL.  and  St. 
(§  4  infra),  and  from  fo.  120''  i  (...  orut.  Nateem,  oU  seisiunî) 
with  LU.  (§  21  infra).  But  Eg.  contains  many  additions  and 
variants,  which  are  mentioned  in  Nettlau's  able  articles  on 
our  taie,  or  in  the  footnotes  and  appendix  to  the  présent  édi- 
tion. On  the  other  hand,  it  has  lost  three  leaves,  one  corres- 
ponding  with  LU.  p.  88^26,  another  v:ith  LU.  from  88'' 7, 
and  a  third  with  LU.  p.  93,  1.  4 — 93' 5. 

8.  Eg.'.  Egerton  92,  another  MS.  in  the  British  Muséum 
written  in  1453  (Rev.  Celt.,  XI,  436).  This  contains  (f.  18) 
two  fragments  of  our  taie  ;  the  first  extending  from  the  be- 
ginning  to  1.  3  of  §  54  (Ta  cèin,  for  Ingeel),  the  second  from 
iarna  rathugud.  Teit  corranic,  §  72,  to  the  end  of  the  de- 
scription of  Conaire,  §  100. 

So  much  has  been  already  written  about  the  Bruden  Dâ 
Derga  that  it  is  hère  necessary  only  to  give  a  list  of  the  chief 
notices  of  the  subjcct  : 

Rorannad  Heriu  iarsin.  hi  côic,  iar  n-arcain  Contre  Môir 
maie  Etarsceoil  hi  mBrudin  Dd  Derga,  Thereafter  Ireland  was 
divided  into  five ,  a/ter  the  desintction  of  Conaire  the  Gréa l,  son  of 
Etarscél,  in  the  Hostel  of  Dâ  Derga,  Annals  of  Tigernach, 
Rev.  Celt.,  XVI,  405. 

I.   Sec  the  Dindsenchas  of  Rjith  Essa,  LL.  1651. 


I  2  Wliitley  Stoks. 

Togail  BruiJnc  Da  Bcrga'  (ut  alii  aiunt,  scd  certc  falluntur) 
for  Conaire  Môr  Tb^  sack  of  Dà  Dergas  Hostcl,  on  Conairc  thc 
Grcat,  as  sonw  say,  but  thcy  are  sure l y  lurong,  Ibid.,  p.  411. 

(According  to  the  former  cntry  the  Destruction  took  place 
soon  after  tlie  battle  of  Actium,  B.  C.  31.  According  to  the 
latter,  the  datewasA.D.  43  or  thcreabouts). 

Ar  bàtar  fri  hEnv//;  cen  sniacht  rig  fo/'ro  f/'i  rc  .uii.  nibHa- 
d(///  iar  ndith  Conaire  i  niBrudin  Dà  Dcrca,  LU.  46' 7-9,  for 
the  iiien  of  Irelaud  had  110  kiug's  aulhorily  upon  ihemjor  the  space 
of  sève  II  years  after  the  death  of  Conaire  in  Da  Dériva' s  Hostel. 

Orgain  Bruidne  l'ii  Dcrg.v,  LU.  91/  12  (slicht  Libair  Dromma 
sneciua) 

Kt  Togail  Bruidne  ùi  Dcrgga,  list  of  the  priinsceoiJ,  LL.  189^ 
last  line. 

No  Togail  Bruidne  dà  Derga,  Rawl.  B.  512,  fo.  109''  2,  and 
Harl.  5280,  fo.  47. 

Togail  Tigi  Ner/^/ain  ocus  Bruidne  Da  Derg  ocus  Da  Choc. 
Harl.  432,  fo.  3''  2,  printed  in  Ancient  Laïus,  I,  46. 

GillaCoemàin's  chronological  poems,  LL.  129^37-40,  131-^ 
20,  21. 

The  dindsenchas  of  Benn  Etair,  LL.  r9)'':  of  Ràith  Esa, 
LL.  163':  of  Ràith  Cnàmrossa,  Rev.  Celt.,  XV,  333. 

The  Annals  of  the  Four  Masters,  A. M.  5160. 

O'Curry,  MS.  Materials  of  IrisJ)  Historx,  pp.  238-239, 
—  Manners  and  Custoins,  I,  20,  72,  74,  219,  306, 
335>  350,  35  5,  370»  379,382,  383,  390,  431,  433,  447,  462, 
463;  III,  1 36-1 51  (with  thirty  e.xtracts,  ail,  save  two,  inac- 
curate),  165,  183,  184,  189,  190  (with  four  extracts,  ail  inac- 
curate),  367    368. 

d'Arbois  de  JubainviJle,  Essai  d'un  Catalogue,  180-181. 

Zimmer,    Zeitschr.    f.    vcrgl.    Sprachforschung,    XXVIII, 
554-585- 


I.  Horc  Bercail  (i.  e.  Bher^'u)  is  a  corruption  of  Dériva  (i.  c.  Dth'rga)  as 
Iiiiiljal  M  Jcw  »  of  Iiuilml,  etc.  The  gen.  sg.  i/.i  in  Brtiideu  di  Dcr^a,  dd 
Clwa,  dâ  Riv  (nom.  sg.  Diiii,  Trip.  Life  550,  1.  50,  LL.  519'-"  17)  mav 
stand  for  *  Dûii,  and  be  cognate,  perliaps,  with  Lat.  Dàvus,  a  comnioii 
name  for  a  slave  in  Plautus  and  Terence.  Cf.  the  names  of  whicli  the  (îrst 
élément  \s  i^illc,  viacJ,  uiu.;,  Rhvs,  Cctlic  Brilaiii,  239. 


The  Dcstnution  0/  /)<!  Deii;a's  Hosle!.  1 5 

Zimmcr,  Zeitschr.  f.  deiitschcs  Altcrthum,  XXXV,  13. 

Nctilau,  Rcv.  G'//.,  XII,  229,  444;  XIII,  252;  XIV,  137. 

In  tlie  présent  édition  tlie  version  in  the  Yellow  Book  of 
Lecan  has  been  tblloweJ  as  far  as  the  first  tive  words  of§  21. 
Thence  to  the  end  the  version  in  Lebor  na  hUidre  has  been 
taken  as  basis.  Letters  and  words  omitted  by  the  scribe  are 
supplied  in  square  brackets.  AU  various  readings  of  any  im- 
portance are  given  in  the  footnotes.  The  Appendix  contains 
various  illustrative  passages,  which  owing  to  their  length, 
could  not  be  printed  at  the  bottoni  of  the  pages.  The  Glos- 
sarial  Index  will,  I  trust,  be  found  a  uscful  supplément  to  Prof. 
Windisch's  Wôrterbuch.  The  transhuion  must  be  regarded  as 
merelv  tentative  —  so  many  are  the  uzxz  '/.i-fiij.vtx  m  the  Irish 
text,  so  obvions  the  corruptions,  vvhich  I,  at  Icast,  am  unable 
to  cure.  ^ 

W.  S. 


IXCIWT  TOGAIL  BRUIDNE  DA  DERGA 
'^H.  2.   16,  col.  716,  Facs.  9r\) 


I.  Bui  ri  amra  airegda  for  Eriiiii,  Eochaid  Feidleach  a  ainm. 
Doluid'  feacht//.<-  n-ann  dar  Aenach  mBreg  Leith,  roiiAcciù  in 
mnai  for  ur  in  tobair,  7  cir  chuirréil-  argit  co  n-ccor  de  or 
acthe  3  oc  folcud  al-luiiig  argit,  7  ceithri  heoin  oir  t///rri,  7 
gleorgemai  beccai  di  charrmogul  chorcrai  hi  fortleascuih -^  na 
liiingi.  Brat  cas  corcra,  foloi  >  chain  aicthe^.  Dualldai  airgdidi 
ecoirside,  [milech  |  de  or  oibinniu  isi|n]  bratt.  Lcne  lebur- 
chulpatar/;^  is"  i  cIiotut[s]lemon  dei  shitiu  uainide  fo  dc/'ginUud 
oir  impi.  Tuagmila  ingantai  di  or  7  airget*^  br  a  bruindi[b]  7 

1.  Toluid  St. 

2.  sic  Ir.  Te.Kte,  I,   119.  cir  chuirrel  YBL.  St.  ci'r  coréil  YBL^. 
5.  acce  St. 

4.  forflescaib  St. 

5.  folôi  St.  foloi  YBL2. 

6.  aicce  St.  aicc,  aica:  YBL^. 

7.  os  St. 

8.  d'or  7  d'argat  YBL^. 


14  Wliitley  Stokts. 

A  formnaib  7  a  guallib  isind  Icnc  di  c.ich  Icitli.  Taitncd  '  f;ia 
in  grian  cobba  fod.-rg-  doua  fcniib  taidicach  ind  oir  f;isin 
ngn'V//  asin  t[sjitiu  uain[i]di.  Da  trilis  n-orbuidi  for  a  cind. 
lige  ccit/'/i  ndual  ceachtar  ndc,  7  nicll  for  rind  cach  duail.  Ba 
cosmail  Ico  dath  ind  tbilt  sin  f/i  barr  n-ailcstair  hi  samrad,  iw 
(n  d<vg(')r  iar  ndc  11  a  m  a  dath  a. 

Bi'ginncth  the  Desiniction  of  Dà  Derj^a's  Hoslel. 

1.  Thcrc  was  a  fanions  and  noble  kint^  ovcr  Erin,  named  Eo- 
chaid  Et'idlech.  Once  npon  a  lime  hc  came  over  ihe  fairgrecn  of  Bri 
Léilb  >,  and  hc  saiv  al  thc  cd_^e  of  a  îucll  a  luonian  zcith  a  hright 
comb  of  silver  adorncd  li'ith  gold,  ivashing  in  asilver  basin  wherein 
iL'crc  four  golden  birds  and  liltle,  bn'ght  gcnis  of  pnrple  carbunck 
in  the  riins  of  thc  basin.  A  niant  le  shchad,  curly  and  pnrple,  a 
beautiful  cloak,  and  in  thc  niant  le  silvery  fringes  arrangea,  and  a 
brooch  offaircst gold.  A  kirtle  shc  U'ore,  long,  hooded,  hard-smooth, 
of  green  silk,  zcith  red  einbroidery  ofgold.  Marvelloiis  clasps  of 
gold  and  silver  in  the  kirtle  on  her  breasts  and  her  shoulders  and 
spaulds  on  cvery  side.  Thc  sun  kcpl  shining  upon  her,  so  that  the 
glistcning  of  the  gold  againsl  the  sun  froni  the  green  silk  zvas  ma- 
nifest  to  nien.  On  her  head  zvere  two  golden-yellow  tresses,  in  each 
of  li'hich  zvas  a  plait  of  four  locks,  zvith  a  bead  at  the  point  of  cach 
lock.  The  hue  of  that  hair  secnicd  to  theni  likc  thc  fiùiver  of  the  iris 
in  siinnncr,  or  likc  rcd  gold  after  the  burnishing  thereof. 

2.  IS  and  bui  oc  taithbiuch  a  fiiilt  dia  folcud,  7  a  da  laim 
tria  derc4  a  sedlaig  immach.  Batar  gilirhir  sneachta  n-6en- 
aidche>  na  di  doit,  7  bat^r  maethchoiri,  7  bat^7;-  dtrgitliir  sian 
slebe^  na  da  griiad  nglanailli  ".  Bad^ïr  duibithir  druimne  daeil 
na  da  malaich  '.  Bat^r  inand  7  frais  *^  do  nemannaib  a  deta  ina 

1.  Taithnidh  YBL^. 

2.  corbo  aideirg  St.  gumba  oid«7g,  YBL^. 

5.  Midcr's  clfmound,  west  of  Ardagh  in  tlie  co.  Longford.  See  tlie 
dindknchas.  Rov    Cclt..  XVI,  78. 

4.  tre  dcirc  YBI,:. 

5.  noenaichde  YBL.  naonhoidliche  YBL-.  n-6cnoidch  Ir.  Texte,  I,  iiq- 

6.  si6n  slébe  St.  YBL>. 

7.  Om.  St.  gruaid  YBLj. 

S.  kg.  frass?  inunn  7  fras,  YBL=. 


The  Destruction  of  Dà  Deiga's  Hoslcl.  i  5 

cind.  Bat(T/'  glasithir  hugha  na  di  shuil.  B.ntir  dcrghhir  \x\v- 
t.iing  ^  na  beoil.  Bawr  forarda  mine  maetligcla  na  da  gualaind. 
Baw/'  gelglana  sithfota  na  niera.  Bawr  fora  na  lama.  Ba  gili- 
rhir  uan  tuindi  in  taeb  scng  fota  tlaith  min  maeth  am<?/  olaiiul. 
BaM;-  teiiiiblaithi  sleamongeala  na  di  sliasait.  Bawr  criiind- 
Lx'ga  caladgela  na  di  -  glun.  Batar  gerrgela  indildirgi  na  de - 
lurgain.  Bawr  coirdirgi  iaraildi  ^  na  da4  shail.  Cid  riagail  fo- 
certa  forsna  traigtliib  sin  i  is  ing  m'adchotad  egoir^  n-indib, 
acbt  cia  tormaisead  feoil  na  fortche  foraib.  Sol//5ruiJiud  inn 
esce"  ina  saeragaid,  urthocbail  uailli  ina  minmailgib,  ruithen 
suirghe  ceachtar  a  da  rigrosc  '^.  Tibri  ainiusa  ceachtar  a  da  gruad, 
co  »-amlud  indtibsen  do  ballaib  bithchorcra  co  //deirgi  fola  laig, 
7  araill  eile  co  S0I//5  gili  sneachta.  Bocmacrdachd  banamail  ina 
glor,  cem'?  fosud  n-inmalla'"  acci,  tochim  rignaidi  Ic^'.  Ba  si 
tra  as  caemeam  7  as  aildeam  7  as  coram  atco/marcadar  ^-  suili 
doine  de  mnàib  domain.  Ba  doig  leo  bed  a  sidaib  di.  Ba  fria 
asbreth  «  cruth  câch  co  hEtain  »,  «  caem  cach  co  hEtain'3  ». 

2.  There  she  îuas,  uiiL^oino;  her  hiiir  la  ■ivash  il,  zvilb  hcr  anus 
ont  tbroiigh  the  sietvc-holcs  of  hcr  siuoch.  JVhile  as  thc  snoiu  of  one 
iiighl  lUirc  thc  two  hands,  soft  and  eveu,  and  red  as  foxglove  werc 
the  iu'O  clcar-heatUiful  cheeks.  Dark  as  thc  hack  of  a  stag-lvclle  thc 
tu'o  eyebrou's.  Lihe  a  shower  of  pearis  lucrc  thc  leclh  in  hcr  head. 
Bine  as  a  hyacinth  luere  the  eycs.  Red  as  roiuan-herries  the  lips. 
Very  high,  smooth  and  soft-iuhite  thc  shouldcrs.  Clcar-while  and 
kngthy  the  fngers.  Long  luere  the  hands.  IVhite  as  the  foam  of  a 
luave  zuas  the  flank,  shiider,  long,  iender,  smooth,  soft  as  ivool. 

1.  partaic  St. 

2.  da  St. 

3.  iarslaidi  St. 

4.  di  St. 

5.  sic  YBL2.  Om.  YBL. 

6.  ma  cor  ni  ccoir  St.  mat  cottat  egoir  YBL^. 

7.  Sol»iruided  mi«ce  St. 

8.  Tibhra  St. 

9.  ccim  St. 

10.  imfnmalla  St. 

11.  YBL-  omits  this  and  thc  two  preccding  sentences. 

12.  atco//dcatar  St.  attcoHdcattar  YBL-. 

13.  Cf.  cossin  n-ôiii    .i.  co  Crisl  (gl.   usquc  ad  unum),  Wb.   2-' 21    (ad 
Rom.,  III,  12). 


i6  Wintlty  Slokes. 

Polishfd  aihl  iuarni,  slcck  and  îchitc  (ivetr)  the  tivo  tbighs.  Round 
ami  small,  hard  and  u'hite  the  Iwo  knees.  Short  and  luhite  and 
ruîeslraighl  the  tivo  shins.  Juslly  straight,  ...  heaiitifnl  the  iwo 
heels.  If  a  nicasure  zverepiit  on  the  fect  it  icoiild  hardly  bave  fou nd 
theni  uncijunl,  unh'ss  the  JJesh  of  the  coverings  shouhi  groiu  upon 
the  m.  The  bright  radia  nce  of  tJje  tnoon  ivas  in  her  noble  face  :  the 
loftiness  of  pride  in  Ijer  sniooth  eyebroius:  the  light  of  luooing  in  each 
of  her  régal  e\es.  A  d impie  of  delight  in  each  of  lier  cheeks,  with 
an  amlud  '  (?)  /;/  tl)em  (at  one  tinie)  of  pur  pie  spots  zvith  redness 
ofa  calf's  blood,  and  at  anolJjer  irith  tlje  bright  lustre  of  snow.  Soft 
li'omanh  dignity  in  her  voice  ;  a  step  steady  and  sloiu  she  had  :  a 
(jueenly  gait  ivas  hers.  Verily,  of  thezvorld's  luonien  'tivas  she  luas  the 
dearestand  loi'eliest  and  justest  that  the  eyes  of  nien  had  everbeheld. 
It  seemedto  theni  (king  Eochaid  and  his  fullowers)  that  sheiuasfrom 
the  elfniounds.  Of  her  îluis  said  :  «  Shapely  are  ail  till  (compared 
■with)  Étâin  »,  «  Dear  are  ail  till  (compared  luith)  Êtâin.  » 

3.  Gabais  saint  in  ri[g]  n-impe  focetoir,  7  daraidc  -  ter  dia 
muindt/V  riam  di|a]  hastud  f();-acind.  Imchomarcair  in  ri  scela 
di,  7  asbtvt  f/ia  ina  sloindiud:  «  Inum-biasa  uair  coibligi  lat?» 
ol  Eochaid. 

Is  ed  doroachtmar  ïon  foesam  sunn  \  or  si. 

G's/,  can  dtit  7  can  dolud^  ?  ol  Eochaid. 

Ni  ansa,  ol  si.  Etain  missi,  ingen  Etair  ri  eochraidi  a  sidaib. 
Atusa  siind  fichit  mbliaJ(7;i  o  ro  gcnar>  i  sid.  Fir  in  tsidc,  cttv 
rigu  7  chaemu,  oc«m  chuindchid,  7  ni  etas  form^  fobithin 
rot-car//ja  [7  tucus]  seirc  Iclbhan  o  ba  tualaing7  labartha  ar 
th'  airscelaib  7  t'ani//^,  7  nit-acca  riam,  7  atot-gen^  focr'/oir  ar 
do  thuarascbail,  is  tu  doroacht^  iar/mi. 

1.  Tiie  late  W.  M.  Hcnnessy  rcndered  this  word  by  «  dappling  ». 

2.  rohi  Ir.  T.,  I,  120.  dorriiide,  St.  dorathte  YBL-. 

5.  Doroclitamar  ci  ad  boisam  sunn,  St.  doroii-/;tamar..  a  boisam  sunn 
YBL^ 

4.  doluid,  YBL.  dokiidh  YBL2.  dollot.  Ir.  Texte,  I,  120.  doUuid,  St. 
v  gcnair,  YBL.  YBL^.  St.  gonar,  I.  T.,  I,  120. 

6.  ni  lictus  iuiaim  fcss  ri  fer  dib,  I.  T.,  I,  120. 

7.  rotcha;//ia  scirc  lelbain  obsa  tualang.  St.  rocarj/ia  scarc  lealua  opsa 
tualaing,  YBL-. 

8.  atotathgcn,  1.  T.,  I.  120. 

9.  doriiaclitaniar  I.  T..  I.  120. 


The  Destruction  oj  Dd  Dcrga's  Hostel.  17 

Ni  ba  taig'  drochcarad  hi  cciu  dait  em,  ol  Eocliaid.  Rot- 
bia  [YBL.  col.  717,  p.  91'']  fliilte,  7  Icicfider  cach  bean  do 
mnaib  airiut,  7  is  acut  t'aen///-  biasa  cein  bas  miad  lat  -. 

Mo  thinnsc/a  coir  dam,  or  si,  7  mo  riar  iar  suidhiu. 

Rot-bia,  ol  Eochaid. 

DobéV'thar  sccht  eu  m  al  a  di, 

) .  A  loiii^ii^^  for  hcr  slmightway  sei^ed  the  King  ;  so  he  seul  for- 
ward  a  Diaii  of  bis  pcoplc  la  delain  hcr.  The  kitii^  askcd  fidings  of 
hcr  and  said,  u'hik  aniioiincing  hiinself  :  «  Shall  I  bave  an  hour 
ofdalliancewith  Ibee?  » 

«  'Tis  for  that  lue  hâve  corne  hither  under  ihy  safeguard  », 
quoth  sbe. 

«  Query,  zvhence  art  thon  and  ivbence  hast  thon  conie  ?  »  says 
Eochaid. 

«  Easy  to  say  »^  guotb  sbe.  «  Elc'tin  ani  I,  daugbter  of  Eiar, 
king  of  the  cavalcade  froni  the  elfniounds.  Ibavebeen  hère  for  twenty 
years  since  I  ivas  horn  in  an  elfniound.  The  nien  of  the  elfmound, 
botb  kings  and  nobles,  bave  been  luooing  me  ;  but  nonght  luas  gotten 
from  me,  because  ever  since  I  was  able  to  speak,  I  bave  loved  tbee 
and  given  tbee  a  cbild's  love  for  the  bigh  taies  about  tbee  and  thy 
splendoiir.  And  thoiigh  I  had  never  seen  tbee,  I  knew  tbee  at  once 
from  tby  description:  it  is  thou,  then,  I  bave  rcached.  » 

«  No  «  seeking  of  an  ill  friend  ajar  »  shall  be  tbine  »,  says  Eo- 
chaid. ((  Thou  shah  hâve  welconie,  and  for  tbee  every  (other) 
îuoman  shall  bc  left  (by  me),  and  with  tbee  alone  ivill  I  live  so  long 
as  thou  hast  bonour  » . 

((  My  proper  bride-price  to  me  !  »  sbe  says,  «  and  afteriuards 
my  désire.  » 

((  Thou  shah  bave  (botb)  »,  says  Eochaid. 

Seven  cumals  5  are  ^iven  to  ber"^. 


1.  tochuiriutli,  Ir.  Texte,  I,   120.  ni  ba  taig  .i.  ni  ba  saga/,  YBL^.  Cf. 
taigid  =  to-saigid  §  4. 

2.  an.  céin  bus  miadh  latt,  YBL^. 

3.  i.  e  twenty-onc  cows. 

4.  Thefirst  tlircc  paragraphs  agrcc  wilh  Toclimarc  ÉLiiiie,  §§  5,  4,  S,  as 
printed  in  Ir.  Texte,  I,  119-120. 

Revue  Celtique,  XXII.  2 


i8  WfiilUy  Stokes. 

4.  Atbail  in  ri  iariim  .i.  Eochaid  Fcidhr/;. 

lAr  cind  aimsirc  Icicid  Coniiac  (.i.  ri  Ulad),  fcar  na  t/i 
mbiiad|a|,  ingin  ln\Echiliich,  daig  ba  liaimrit  arht  ingcn  rug 
do  Cl'.ornirtc  iar  ndeniim  in  brothchan  doUvt  '  a  niathair  di  .i. 
in  bcan  a  sidaib.  Is  and  ashcn  si  f/'ia  a  mathair:  Is  cuil  a  nda- 
radais  dam-,  bid  ingcn  nos-ber'. 

Ni  ba  bason-»,  ol  a  niathair,  «  biaid  taigid  rig  t//;ri. 

4.  Tlji'ii  thc  kiii^,  even  Eochaid  Feidkch,  dies  (Icavhig  ouc 
daughter  namcd ,  lihc  hcr  viother,  h  ta  in,  and  wcddcd  lo  Comme , 
king  of  Ulaid). 

A  fier  ihc  nid  of  a  tiinc  Corniac,  kini;^  of  Ulaid,  «  ihc  man  of  the 
ihrec  gifis  »,  forsahes  Eochaid's  danghlcr,  because  shc  ivas  harren 
s  ave  for  onc  daughtcr  tbat  she  had  borne  io  Cor  mac  after  thc  niahing 
of  the  pottage  -which  her  nwther  —  thc  ivonian  froni  the  eJfmounds 
—  gave  her.  Then  shc  said  to  her  niother  :  «  Bad  is  what  thon  hast 
given  me  :  it  zvill  bc  a  daughtcr  thaï  I  shall  bear.  » 

<(  Thaï  'U'ill  noi  begood  »,sa\s  Ijcr  niolhcr  :  «  a  hing's piirsuit  (?) 
iL'ill  be  on  her.  » 


5.  Dober  Corni^/c  ^  iar/nii  arisi  a''  mnai  .i.  Etain,  7  ba  si  a 
riar  sidc,  ingcn  na  ninà  ro  leigcad  rcmpc7  do  marbad.  Nis- 
leicidc^  Cornuzc  dia  niathair  di[a|  altronini.  Nos-berait  iar//ni 
a  da  niogaid-scom  dochuni  chuithi,  7  tibidsi  gen  gairc  tViu  oca 
tabairt  isin  chuithi  ">.  Doluid  a  ng.v.*'  n-airriu '"  iar//ni.  Nos- 
bcrad   il-Uas  nganina  buachaillc  nEtcrscclc  maie  hi'ti  lair  righ 


1.  in  brothcliain  dombert  Eg.  iiS^a.  in  brochain  dobert.  St.  YBL2. 

2.  Is  cuil  dorata  dam  Eg.  is  cuil  doralis  dam,  St.  As  cuil  a  ndorattd/V 
dam,  YBL^.  Thc  cuit  is  gen.  sg.  of  col.  Strachaii  compares  the  phrase  l>a 
tut  i If. 

3.  nomber  Eg.  nombcra  St. 

4.  Ni  bà  b.iason  Eg.  nipa  son  YBL.  124.  VBL^.  Ni  ba  son  St. 

5.  Dopcir  Cormac  (.i.  righ  Ului/),  VBL-. 

6.  an  YBL.  a  St. 

7.  ro  Icicccdh  roimpc,  YBL'. 

8.  Nir'lcig  Eg.  Xislccidc  St. 

9.  Eor  thc  Ei^crton  version  of  this  and  thc  following  sentence  sce  Ap- 
pendix  A. 

10.   Dolliiid  a  n2;us  n-airri,  St. 


The  Destruction  of  Dd  Derga's  Hostel.  19 

Temrach,  7  rosn-altar  '  s/Jc  co  inbo  druinccli  maitli,  7  ni  bui 
i  iiHcrind  in<,v;/  rig  b.id  cliaimiu  -  oldas. 

/.  Thcii  Cormac  ivcds  airain  his  luifc,  even  Etàin,  and  this 
tuas  bis  désire,  that  the  daughter  of  the  woman  who  had  before  bcen 
abaudoned  [/.  c.  his  own  daughter^  shoiild  be  killed.  So  Cormac 
u'ould  not  leave  thegirl  to  her  mother  to  be  niirsed.  Then  his  two 
thralls  take  her  to  a  pit,  and  she  smiles  a  laughing  smile  at  theni 
as  Ihey  lucrc  piitling  her  inio  it.  Then  their  (kindly)  nature  came 
to  theni.  They  carry  her  inio  the  calfshed  of  the  cowhcrds  of  Etirscél, 
great-grandson  of  lar,  kiiig  of  Tara,  and  they  fostered  her  till  she 
became  a  good  enibroideress  ;  and  there  luas  not  in  Ireland  a  hing's 
daughter  dearer  than  she. 

6.  Dogni[th]  teach  fichti  forche  5  leosum  di,  cen  dor//5  n- 
ann  cler,  acht  seinisuv  7  forleas  nama.  Airighit  iX\du  munter 
Ett?rscele  an  teach  hisin,  7  adar  leo  ba  biadh  bui  ann  lasua  bua- 
chailli.  Luid  fcar  dib  co  ?;dcrcachai-*  forsin  forless,  co  n-accai 
in  n-ingin  rochaim  roalaind  isin  tig.  Adfiadar  don  rig  anisin. 
Tiagait  a  munter  uadh  fochctoir  dia  breith  cen  athchomarc 
[ona  buachaillip  —  Eg.]  7  do  sharugud  in  tigi,  ar  ba  haimrit 
in  ri,  7  dorairngiread  do  no  berad  bcan  mac  do  7  nad  festa  a 
cenél  î. 

Asbfrt^  in  ri  diJ//:  Isi  in  bean  sin  dorairngiread  damsa. 

6.  A  fenced  (?)  hou  se  of  ivickeriuork  luas  niade  by  the  m.  (the 
thralls) for  her,  luithout  any  door,  but  onJy  aiuindowand  askyligbt . 
King  Eierscél's  folk  cspy  that  house  and  suppose  that  it  luas  food 
thaï  the  coiuherds  kepl  there.  But  one  of  theni  went  and  looked 
through  the  skylight,  and  he  saw  in  the  house  the  dearest,  beauti fui- 
lest  niaideti  !  This  is  told  to  the  king,  and  slraightiaay  he  sends  his 


1.  rosnaltatar,  St.  rosnalltatta/- YBL^. 

2.  bu  caimiu,  St. 

3.  fithi  force  St.  fithte  forcce  YBL2.  forcho  Eg. 

5.  .sic  St.  ro«derca  YBL.  co/zdcrcaidi  YBL^. 

4.  Et  dorairrngcrtsit  a  druidhi  don  righ  co  mberath  bcii  na  tînnfaithea 
cenel  mac  dond  righ,  Eg.  119^  i.  7  dorairrngjred  d3iiobjr.id  ben  na  feîta 
cenel  mac  do.  St.  Et  dorairngin'th  dû  iiobra  ben  mac  dé  nitt  fcasta  a  cinel. 

6.  Atbs7t,  St. 


20  W'hilley  SloktS. 

pivplf  lo  hreah  the  hoii.w  ami  carry  ber  o(f  ivithout  askin^i  thc  anu 
ht'nis.   For  ihc  kiiitr  inis  chihUcss,  and  it  bail  hecu  propbcsied  to 
bim  (l>\  bis  u'i:^ariis)  tlmt  a  uviiian  of  iDiioioicn  race  luouid  bear 
biiii  a  sivi. 

Tl.h'ii  said  tih'  làiig:  «  Tins  is  tlje  tuoiiiaii  iIjuI  bas  Inrn  proplk'sied 
to  nie  !  )) 

7.  INtan  di(///  luii  ann  dadaig  '  conaccA  in  n-cn  fcrsin  fo;- 
less  addoc/j//ni -,  7  facaib  a  cncliendaich  3  (or  lar  in  tigi,  7  luid 
cluiict[li]c  t,  7  ardagaihs  co  ii-cpcn  soin  tVia  :  d  Dofiltcr  clui- 
ciit  on  rig  do  chosc;ad  do  thigc  7  dot  brith  chiici  ar  eigin,  7 
bia''  torrach  uainisea,  7  bera  mac  de,  7  ni  niarba  "  eonu  in 
mac  sin,  7  bid  Cc/niirc  [mac  Mcsc  Buachalla]  a  ainni,  ar  ba 
Mes  Buachalla  a  hainm-si  dam'. 

7.  Noîu  u'bili'  sik'  was  tlk're  nexl  nwrning  slje  saw  a  Bird  on  tl)e 
sJcyligbt  coniing  to  ijer,  and  i)e  icaves  bis  birdshin  on  ibc  floor  of 
tlje  Ijouse,  and  went  to  ber  and  captiired  Ikr^,  and  said  :  «  Tlk'y  are 
coniing  lo  tbeefroni  tbe  king  to  ivreck  tby  bouse  and  to  bring  tljee  to 
bim  perforée.  And  tbon  u>ilt  be  pregnant  by  me,  and  bear  a  son, 
and  ibat  son  niust  not  kill  birds9.  And  «  Conaire,  son  of  Mess 
Buaclmlla  »  sball  be  bis  name,  for  bers  was  Mess  Biuuballa, 
«  tbe  Cou'berds'  fostercbild  »  '°. 

8.  Oeiis  brcatha-si  "  cosin  righ  n-iaruni,  7  lot^r  a  licite  le, 
7  aranai[s|si  dond  /'ig '^,  7  dobtvt  side  seacht  c/nnala  disi  7 


1 .  issin  aidhq//i  Eg. 

2.  dar  in  forlcs  dia  doclium,  Fg. 

3.  fojfacbaid  a  onchcnnaig,  St. 

4.  cliuicc,  St. 

5.  luitli  cliuici  co  «dcriia  coibligc  frie,  Eg. 

6.  aclit  chcna  atai,  Eg. 

7.  nirra  marba  Eg. 

8.  il  la  saisit  et  la  posséda. 

9.  cf.  §  13.  riiis  passage  indicates  thc  existence  in  Ireland  of  totems, 
and  of  the  rule  thatthe  person  to  whoni  a  totem  belongs  must  not  kill  the 
totem  animal:  see  Rev.  Celt.,  XII,  243,  XXI.  2S6  n. 

10.  nifds  À.  dalta,  O'Cl. 

1 1 .  ruccuth  si,  Eg.  bretha  si  St. 

12.  rohcrnas  in  ingiun  iarsin  donJ  ricli,  Eg. 


The  Destruction  of  Dd  Dergas  Hostcl.  21 

seacht  '  c/niiahi  -  aili  dia  liaitib.  Ocus  dognithca  '  airig  doib-i 
iarsin,  comdar  reachtaidi  ^  uilc,  co)iid  de  ataat  in  da  Fcidlimid 
Reachtaidi.  Ociis  Ivrc-si  iar/nii  mac  dond  rig  .i.  Coimrc  mac 
Mcsi  Buachalla.  Ociis  bazar  lie  a  t/i  drindrosci  ^  forsin  rig  .i. 
altroin  a  inaic  ewr  [tjheora  aicce7  .i.  na  haiti''^  rosn-altadar  7 
na9  Maine  Milscothacha,  7  atacomnaicsiflideisin'",  7  adbtrt-si 
inti  dudrastar^'  ni  don  mac  so  di  feraih  Herind  dobera  dinaib 
teoraib  t/ebaib-sea  ar  ciiomet  in  maic^-. 

S.  And  thcn  she  luas  brought  to  thc  kiiig,  ami  with  hcr  wciit  l.vr 
fosterers,  and  she  ivas  hetrothcd  to  thcking,  and  hc  gave  her  seven 
cumals  and  to  her  fosterers  seven  other  cumals.  And  afterwards 
they  ivere  niade  chieftains,  so  that  they  ail  hecanie  legitiniale,  ivhence 
are  Ihe  liuo  FedJimthi  Rechtaidi.  And  thcn  she  bore  a  son  to  thc 
king,  evcn  Conaire  son  of  Mess  BiiachaUa,  and  thèse  ivere  her 
three  urgent  prayers  to  ihe  king,  to  luit,  the  niirsing  of  her  son 
among  three  hoiiseholds  (?),  that  is,  the  fosterers  laho  had  nur- 
tured  her,  and  the  (liuo)  Honeyworded  Mainès,  and  she  herself  is 
(the  third)  ;  and  she  said  that  siich  of  the  inen  of  Erin  as  shouhi 
li'ish  (to  do)  aught  for  this  boy  shouhi  g ive  to  tijosc  three  Jjoiiseijolds 
for  the  boy' s  protection. 

9.  Alta  iarum  samlaid,  7  ro  feadadar^3  fir  Werend  in  mac  so 
isin  laithiu  ir-ro  genair  focMoir,  7  ro  alta  in  vnaic  aile  lesin 
.i.  Fer  le  7  Fer  gar  7  Fer  rogein,  tri  maie  hui  Duind  Desa  ind 
fendeada  .i.  fear  sochraidhi  '-)  do  shochraidi  a  M/<c-lesi. 


1.  .u.i'ii.  YBL2. 

2.  Hère  ends  Y  BL=. 

3.  dorighnit,  Eg. 

4.  dib  St. 

5.  rechtairi,  Eg.  reJ;/aire  St. 

6.  7  ba  hiat  a  t;i  drindruisc,  St. 

7.  i  teora  aicci  St. 

8.  haiti  St.  haici  YBL. 

9.  na  da  St. 

10.  atcomnaic  e  bodesin  St. 

1 1.  duthrastar  St. 

12.  coemad  in  mie  St. 

1 3.  rochûalat(/r  Eg. 

14.  sochraid  St. 


22  WliitUy  Stokes. 

5?.  Sa  in  thaï  icisc  hc  icas  rcaicd,  ami  ll.'c  iiunof  Erin  straigljt- 
way  hww  t})is  hoy  on  lljf  iia\  Ijc  icas  horn.  And  otijcr  boys  were 
fostercd  wili)  i.'ini,  to  wit,  Ver  Le  and  Fer  Gar  and  Fer  Rogcin, 
l/jree  greal-grandsons  of  Donn  Dësa  llje  cimmpion,  an  arniy-nian 
of  tlje  ann\  front  Mue-iesi(?). 

10.  Ro  batar  iXuiu  tcora  buada  for  Gmairc  .i.  biiaiJ  cluaisi  ^ 
7  buaid  radairc  7  buaid  n-airdmesa,  7  ro  muin  buaid  cach  co- 
iiialta  dia  tri  comaltaib  dibsin -.  Ocus  nach  >  scre  .i.  dognitliea 
dosom  dotcigtis  di  a  ccthror-i.  Citis  tcora  scire  dognithi  dosom 
no  teigead  cacli  fcar  dib  dia  serc.  Inund  citiud  7  gaiscead 
[YBL.  col.  718,  p.  92 'j  7  dath  cach  doib  a  ccathrur. 

10.  Koïc  Conaire  possessed  lljrec  gifls,  to  ivit,  llje  gift  of  l)ear- 
ing  and  tije  gift  of  eycsigJjl  and  tije  gift  of  judgment;  and  of  lijosc 
lljree  gifis  l)e  iangijt  one  to  caci)  of  l)is  tljree  fosierbrotijers.  And 
■ivikitever  nieal  was  prcpared  for  inm,  llje  four  of  t/.vin  ivoitid  go  to 
il.  Even  ll.viiglj  ll.u\e  nicals  icere  prepared  for  Ijini  eacij  of  tijeni 
luouid  go  to  1)is  incal.  Tf}c  sanie  raiment  and  arnioiir  and  colour 
of  Jjorses  imd  thc  four. 

11.  Marb  in  ri  iar//m  .i.  Etcrscele.  Co;/grenar  tairbfeisî  la 
iirii  Hcrend  À.  no  marbtha^  tarb  leo,  7  no  ithead  oenfear  a  saith 
de,  7  no  ibcad  a  cnbruithi,  7  no  chanta  or  firindi/  f;iir  ina 
ligiu.  Fer  atchichead^  ina  chotlad  is  e  bad  ri,  7  atbaildis  a 
beoil  intan  adbeiread  gai. 

//.  TJjen  ti)c  idng,  even  Eterscéie,  died.  A  buil-feasf)  is gatJjer- 
ed(?)  b\  the  nien  of  Erin,  (in  order  to  détermine  their  future  king) 
that  is,  a   bull   used  to  he  killed  l'x  tl.'em  and  thereof  one  man 

1.  n-éstechto  Eg. 

2.  .i.  buàid  rodercc  la  Fer  ngair,  bûaid  n-oistechta  la  Fer  rogein,  buaid 
n-airdniiiisa  la  Ferle,  Eg.  119*2. 

3.  cach,  St. 

4.  do  teigdis  a  ceathror  co  caitis,  St. 

5.  ISinn  amsir  sin  inimorro  dognitliea  tarbleiss,  Eg.  iigt  i. 

6.  romrirbtiia  Eg.  St.  noniarbad,  YBL. 

7.  ôr  firinde,  St. 

8.  IN  fer  atcichsed,  Eg.  Fer  atchiced,  St. 

9.  Sec  as  to  this  Sergli^e  Concutainn,  Ir.  Te.\tc,  I.  200,  213,  whence  it 
appears  that  the  bull  was  white  (find). 


The  Pcslnictioii  of  Hà  IhTij^a's  Uostel.  25 

u'Oiihi  ciit  bis  pu  (iiiii  diiuk  ils  brolh  ',  and  a  spcll  of  Intlh  zuas 
cbaïUcd  avcr  biin  in  bis  bcd.  IVhosocvcr  bc  luouJd  sec  in  bis  sieep 
woiild  bc  bing,  and  Ibc  siccpcr  ivoiihi  pcrisb-  if  Ijc  ullcrcd  a  falsc- 
bood. 

12.  Baei  '  Comùn  a  ccithri  ca!rpthig-<  il-Lifiii  occa  cluichiu>, 
a  tri  comaltai  7  se  baddcisin.  Lotar  di(///  a  aite  chuicc^'*  co 
tiiidchis('(/7  don  tairbfeis*^.  Alchonnairc  fcar  na  tairbicisi  intan 
sin  ina  chotlud  îcr  lomnocht'^  indiaid  na  haidchc  iar  sligi  na 
Temrach  7  a  cloch  ina  thailm. 

Ragatsa  dadaig,  ol  se,  in  tar  ndegaid. 

12.  Four  nicn  in  ci.mriols  urrc  on  (ll)c  Plain  of)  Lijfcy  at  t/jcir 
ganic,  Conairc  biniscif  and  bis  tbrcc  fostcrbrof/jcrs.  T/jcn  bis  fostcr- 
ers  ii'cnt  to  biin  tijat  Jjc  inigbt  repair  fo  ll.ic  hiiU-fcast.  TIjc  huU- 
feasler,  tboi  in  bis  siccp,  al  ibc  end  of  ibc  nigbl  hcJ.icld  a  nian  sliuk- 
nahcd,  passing  a  long  Ibe  road  of  Tara,  luiib  a  slone  in  bis  sling. 

«  I  ivill  go  in  Ibc  niorning  aficr  yoii  »^  quolb  Ijc. 

13.  Fanacbasa^°  achomaltai  occacluchiu,  7  imasai  a  charprt'/ 
7  a  arai[d]  co  mbai  oc  Ath  cliatli'^  Ct'//acae  eonu  findbreca 
mora  and  ecomdighe^-  ar  met  7  dath  [7  coemi^î].  Imsai^4  ina 
ndegaidh  comdar  scitha  ind  eich.  No  teigtis  fot  na  hurchara^î 

1.  At  Acgira  in  Achaia  the  priestess  of  Earth  drnnk  thc  fresh  blood  of  a 
buU  before  she  descended  into  thc  cave  to  prophesv,  Frazcr,  Thc  Golden 
Bûuoh,  I,  154,  citing  Pliny  H.  N.  xxviii-147. 

2.  litcrally  :  his  lips  would  perish. 

3.  Bui  St. 

4.  a  cethror  cairpdech,  Eg. 

5.  chluichiu  St. 

6.  altercd  in  YBL.  to  chuige. 

7.  a  aiti  chuici  co  tuidched,  St. 

8.  7  asbertatar  fris  ara  ndeclisad  don  tarbfcis  co  Tcniraig.  Ragatsa,  ar 
se,  himarach  dadaig  in  barndegaid,  Eg. 

g.  faenlomnat/;/.  St. 

10.  leg.  P'oracaib  seom?  Fanacbat  a  comaltai  oca  cliluichiu  St.  they  leave 
him  al  his  gavie. 

11.  IS  annsin  dawo  ro  fhâcaib  a  t/i  comaltai  acon  cluichi,  ocus  immarsûi 
seom  ina  carpat  7  a  ara  co  liibûi  i  n-Ath  cliath.  .\n\al  rombai  scom  ann,  Eg. 

12.  até  écomtige  Eg. 

15.  sic  Eg.  7  dot»/cimsium  St. 

14.  Gabaid  Co«aire  Eg. 

I).  No  theigtis  fot  n-aurchora  St. 


24  Wliitley  Stokes. 

riam  7  ni  thci^tis  ni  biid  shirc'.  Taurbling  7  gaibid  a  tliailm 
doib  asin  chaibad-.  Imsui  co  mbui  oc  m///V  ina  ndcgaid  \ 
Fosracmct'  iiid  coin  forsin  tuind.  Luid-scom  cluicu  co  ta- 
hnn  a  laim  tairrsiu.  Fofacbadî  na  hcoin  a  n-cnchcndcha, 
7  imda-siiat  fair  co  ngaib  ocus  claidbib.  Aincithi  fer  dib  hc^,  7 
atngladastar  co  n-epen  f/is.  Is  mise  Nemglan  ri  cnlaithi  do 
atiiar,  7  argarad  dit  dibrug/zd  en  7,  ar  ni  fuil  sund  neacii 
na  pad*^  dir'-^  dait  o  a  athair  no  mathair'°. 

Ni  teadarsa,  ol  seiseam,  cosaniu''  sin. 

Eirg  do  Themraig  innocht,  ol  se;  is  coru  deit.  Ata  tairbteis 
ann,  7  is  tu  bas  ri  de  .i.  fer  loinnacht  [ragas  Eg.]  indiaid  na 
haidchi  iar  sligi|d]  di  sligthib  na  Tcmrach,  7  cloch  7  tailm 
lais,  is  e  bas  ri. 

I).  He  left  bis  fosUrhrolhcrs  at  thcir  game,  aud  turned  bis  cba- 
riol  and  bis  cbariolecr  until  be  was  in  Dublin.  Tberc  be  saw greal, 
wbile-speckled  birds,  of  uuusual  si:^e  and  colour  and  beauty.  He 
pursues  tben  until  bis  borses  werc  tired.  Tbe  birds  u'ouid  go  a 
spearcasl  bcforc  biin,  and  would  not  go  any  furibcr.  He  aligbled, 
and  takes  bis  slingfor  tbeni  out  of  tbe  cbariol.  He  goes  a/ter  tbeni 
until  be  was  at  tbe  sea.  Tbe  birds  betahe  tbeni selves  on  tbe  wave. 
He  went  ta  tbeni  and  overcanie  tbeni  ".  Tbe  birds  quit  tbeir  birdskins, 
and  turn  iipon  biin  ivitb  spears  and  swords.  One  of  tbeni  protects 
bini,  and  addressed  bini,  saying:  «  /  a  ni  Nemglan,  king  of  tby 
father's  birds;  an!  tbon  bast  becn  forbidden  to  cast  at  birds  ^i, 
for  bere  tbere  is  no  one  that  sbould  not  be  dear  to  tbee  becausc  of 
bis  fatber  or  niotber.  » 

1.  bettcr  ni  bu  s!a  St. 

2.  Tairling  CoHaire  7  gabaid  a  tailm  7  gabaid  ior  a  ndibrucud,  Eg. 

3.  ina  ndeadaich  YBL.  na  ndegaid,  Eg. 

4.  Tiagait  Eg.  Fosrumet,  St. 

5.  Facbait  Eg.  St. 

6.  7  marbaid  scom  cenmotha  oenfer  ro  cunnig  anachul  fair,  «  and  he 
kills  them  (ail)  save  one  man  who  asked  quarter  of  him  »,  Eg.  119b  2. 

7.  etrofôcradduit,  arse,  nemdibrucJ/Jén,  Eg.  ardogradditdibrigudén,St. 

8.  nad  na  St. 

9.  duall  Eg. 

10.  o  ath(i/r  uû  a  mâthair,  St. 

11 .  cosinndiu  St. 

12.  Cf.  doberait  laim  tairis,  LL.  402''  31. 
15.  See  C  7  supra. 


The  Destruction  of  Pa  Dert^ij's  Hostel.  25 

«  Till  tcdax  y>,  says  Couairc,  «  I  kiicw  noi  ihis.  » 
«  Goto  Tara  iouiiihl  »^  says  Ncni^iJan;  «  'lis  Jillcsl  for  ihrc. 
A  btill-fcasl  is  there,  and  ihrongh  il  thou  shalt  be  hing.  A  )iiau 
stark-nahed,  luho  sball  go  al  Ihe  end  of  ihc  nighl  a  long  one  of  ihc 
roads  of  Tara,  having  a  stonc  and  a  sling  —  'lis  he  ihat  sball  bc 
king.  » 

14.  LuiJ-seoin  iar/nn  in  criith-sa,  7  badar  tri  rig  cacha 
sraitc  dina  ccithri  sraitib  dia  tiagad  do  TQmraig  oca  urnaidc- 
seom,  7  etach  acco  do,  ar  is  lomnacht  darairngircad  a  tai- 
deachd.  Co»acce[s]  som^  ôiono  roiit  forsa  mbatar^  a  aite,  7  dobc/- 
tatar  etach  rig  do  imbi,  7  da[m]bn'tatar  hi  carp///,  7  forncnaisc 
a  giallu. 

14.  So  in  ihis  ivisc  Conairc  farcd  jorlh;  and  on  cach  of  ibc  jour 
roads  ivbercby  mat  go  lo  Tara  Iberc  luerc  ibrce  kings  aivailing 
bini,  and  tbey  bad  rainieni  for  hiin,  sincc  il  bad  bcen  forelohl  ibal 
he  wotdd  corne  stark-naked.  Tben  bc  luas  sccn  froui  ibc  road  on 
u'hichbis  foslerers  luere,  and  Ibcy  pul  royal  raiincnl  aboul  bini,  and 
placcd  bini  in  a  cbariol,  and  bc  bound  bis  plcdgcs. 

15.  Asbcrtatar  aes  na  Temrach  fris:  Atar-lind  is  coll  ro 
coillead  ar  tarbfeis  7  ar  n-ôr  firinde,  mad?  gilla  oc  amulchach 
tarfas  dunn  and. 

«  Ni  méti  anni  sin4  »,  «  ol  seiseam  :  «  ni  hainim  ri  6c  es- 
labar  mar  missi  do  bith  ir-rigi,  uair5  is  cert  n-athrtfr7  seanathar 
damsa  fonaidm^  rigiall  Temrach.  » 

«  Amrae,  n-amrae!  »  ol  in  sluag.  Saidit"  rigi  n-Er^;»z^imbi. 
Ocns  asb^rt-som  :  «  Imcaemrosa9  do  gaethaib  corbom  gaeth 
fodeisin^°.  » 


1.  conaccessom,  Eg. 

2.  sic  St.  formatar  YBL. 

3.  inad  YBL.  intan  Eg.  1782.  inid,  St. 

4.  Ni  fircàn  âm  ar.isin,  Eg.  120^1. 

5.  sic  Eg.  Hcrc  YBL.  is  corrupt   and  unintcUigiblc  :  lii  hainim  ri  oc  cs- 
lobar.  ni  misi  d'idu  eis/ie. 

6.  Hère  H.  bcgins. 

7.  saigid  YBL.  St.  suidit  St. 

8.  Sudit  iarsin  ri'g,  Eg. 

9.  Imcoemrî«a  St.  s-fut.  sg.  oi  imcomarcim.  Dogénsae  imconiarcc,  Eg. 
10.  badesin  St.  fodeissin  Eg. 


26  Wliillcy  Stokes. 

I J.  The  folk  of  Ta  ni  said  lo  biiii  :  «  //  sccms  to  us  that  our 
hiillfeast  and  oiir  spcll  oj  tnilh  arc  a  fa  Unir,  if  il  bc  onl\  a  \t>nnij, 
hcardlcss  lad  thaï  u'c  bave  visionai  iherein.  » 

«  Thaï  is  of  no  moment  »,  quoth  hc.  «  For  a  youni^,  ^encrons 
/:/««,'  li/xi'  nw  to  hc  in  thc  kingship  is  no  disgrâce,  since  thc  binding 
of  Tara' s  pledges  is  mine  by  right  of  father  and  grandsirc.  » 

«  Excel! eut  !  excellent  !  »  sass  thc  host.  The\  set  thc  kingship  of 
Erin  itpon  hini.  And  hc  said  :  «  I  luill  enqnirc  of  luisc  inen  that 
I  inxsclf  may  hc  wise.  » 


i6.  Aslv/'t  inso  luiik-  ami?/  roinmuin  do  in  fer  ocon  tuind  : 
Is  cd  asbcrt  '  tris  : 

Biaid  airmitiu-  ion  ilaith,  7  bid  saincaiiK;//  iiid  cntlaith,  7 
bid  si  do  airmitiu'  .i.-<  do  glics. 

Ni  tliuidchis  dcascah  Tcmrach  7  tuaithbiul  mBreg. 

Nir'  taifniciiter^  lat  claenniila  Cernai. 

Ocns  nir'  echtra  cach  nomad/  n-aidche  scach  Thcamair^, 

Ocus  nir'  faei9  i  tig  as  mbi  eggna'^  suillsi  tenead  inmach  iar 
fuineadii  ng/vne  7  imbi  ccnai  dammuig  ". 

Ocns  ni  tiassa[t]^-  riut  t/i  Df/ga'3  do  thig  Deirg'-». 

Ocns  nir'ragbaiter  [YBL.  col.  749,  p.  92'']  diberg'^  id'^ 
("laith. 


1.  asKr  YBL.  St.  Is  ed  isp^M  H. 

2.  airmitniu  YBL. 

5.  airmitiu  H.  St.  airmitniu  dog/cs.  St. 
4.  sic  H.  01)1.  YBL. 

).  dcsil  H.  dcisil  St.  desel  Eg.  leg.  desipL 

6.  7  ni  rotaifnithtv  H.  nir  thaibnit/jtr  St.  Eg. 

7.  nomaid  aidchc  St. 

8.  scch  Teniraig  St.  scoh  Tenini/>  iar»w;  H. 

9.  foide  H.  7  niroi  St. 

10.  asa  mbi  sprc  na  soillsi  tcne  iniach.  St. 

11.  di  moigh  H.  &.\  muig  St. 

12.  liasat  H. 

I  ^  Dcirg  H.  St. 

14.  Cf.  co  tecli  nDcirg.  LL.  19)». 

!>.  nir  fagbaithcr  dlbcirg.  St. 

it).  it  H.  St. 


The  Dtstniclion  of  l\i  ncrj;a's  Hostcl.  27 

0ins  ni  tac  dam  acnnina  //(icnfir'  i  tech  tort  iar  tiiincad  ng/i'iic. 
ikiis  ni  ahurrais-  aug/a  do  da  moghud>. 

16.  (Thcii)  hc  tiltcrcii  ail  tbis  as  hc  haJ  hcoi  lan^hi  hy  ihc  iiudi 
al  thc  luave,  who  said  ihis  to  bini  :  «  Thy  reign  will  hc  snhjccl 
to  a  rcstriclioii,  but  ihc  hird-rcig-n  will  bc  noble,  aud  ihis  shall  hc 
thy  restriction,  i.  c.  thy  labii. 

Thoti  shalt  flot  i^o  righihandwisc  roniid  Tara  aiul  hjthaiulwisc 
round  Brcgia. 

Thc  cvil-bcasts  of  Cerna  iniisl  nol  be  hunled  by  ihcc. 

And  thou  shalt  not  go  ont  evcry  ninth  night  beyond  Tara. 

Thon  shalt  not  sleep  in  a  honscfroni  luhich  firdight  is  inanifcst 
outside,  aftcr  sunset,  and  in  luhich  (light)  is  ma  ni/est  f roui  zuitbont. 

And  ihree  Reds  shall  not  go  before  thec  to  Red's  housc. 

And  no  rapine  shall  be  wronght  in  thy  reign. 

And  after  sunset  a  conipaiiy  of  o)ie  -avuian  or  oiie  iiian  shall 
not  enter  the  house  in  ivhich  thon  art. 

And  thon  shalt  not  scttle(?)  the  quarrel  of  thy  tiuo  thralls. 

17.  Ro  batar  tra  dcolatchaire-^  mora  inna  flaith  .i.  secht 
mbarca  cach  mis 5  mitliemon^do"  gab^7/7  oc  Inbiur  Colhtha 
cacha  h\\2idna,  7  mes  co^  gluine  cach  tbgmair9,  7  imbas  ior 
Buais  7  Boind  i  medon  in  mis  mithemon  cacha  hWadna,  7 
imbet  cainchomraic  conixrix  bi '"  neach  in  n-aile '^  inn  Exinn 
fria  flaith.  Ocns  ba'-  bindithir  la  cach  n-aen  guth  aroilc  inn 
V.rinn  fria  flaith''  ocns  betis  tcta  nu^mchrot'^.   Ni  luaisccad 


1.  ni  thc  dàm  oenlir  no  aonmna  H.  ocnmna  St. 

2.  ug/ois  H.  aurrais  St. 

3.  mogaid  St.  For  tlic  variants  of  Eg.  sec  Appcndix  §  14. 

4.  dcolcaire,  H.  dcolathchaire,  St. 

5.  cacha  mi's  H.  cac/;a  mis  St. 

6.  mithcmain,  St. 

7.  da  Facs.  do  St. 

8.  coii  YBL.  wherc  thc  dot  is  a  punctum  delcns. 
g.  co  glu'uep  gâcha  foghamuir  H. 

10.  boi  H.  bai  St. 

11.  cona  rabi  nech  ac  boin  Eg.  co«a  rubai,  St. 

12.  comba  H. 

13.  St.  omits  inn  Erin  fria  jla'uti,  wliich   secnis  wrongly  repeatcd  froni 
the  preceding  sentence. 

14.  OcHs  ba  binnithir  tctae  cach  n-ocngulh  no  chanad,  Eg. 


2R  U7;/7- V  Stokcs. 

gacth  caircccli  tiibô  o  mcdon  carraich  co  nicadon  foglimair. 
Nir'bo  thoirncach  ainbt|li|incacli  a  flaith'. 

//.  N(Ki'  ihcrc  ivcrc  in  bis  rcign  ^rcat  bounlics,  lo  zcit,  srcen 
ships  in  evcrx  Jiiuc  in  ez'cry  year  arriving  al  hiver  Colplha  ^,  and oak- 
niast  up  lo  tbc  knccs  in  cvcry  aulnnin,  niul  picnty  (of  Jish)  in  (ihe 
rivets)  Bush  and  Boyne  in  ihe  June  of  each  year,  and  such  ahun- 
dance  oj  good  will  thaï  no  one  sleu>anolher  in  Erin  during  bis  reign. 
And  to  every  o)ie  in  Erin  bis  felloivs  voice  seenied  as  siveel  as  tbe 
sirings  of  lûtes.  Froni  niid-sprino  lo  mid-autumn  no  ivind  dis- 
liirbed  a  coius  lail.  His  reign  was  neilber  tbunderous  nor  storniyK 

i8.  Fodordsat  iar/nii  a  chomaltai-scom  im  gabail  dana  a 
n-ath<7/' 7  a  scaiiatliar  dib  .i.  Gat  7  Brat  7  Guin  dainc-^  7  Di- 
bcrg.  Gatsat  sidc  na  tcora  gâta  ar  in  n-ocntcr  .i.  niucc  7  ag  7  bo 
cacha  h\\Ml)ia,  co  ;/-accaitis  ca  hindeochad^  doberad  in  ri  fiVTLi 
ind,  7  cia  domain  doairgebad^  don  rig  in  gat  in[n|a  flaith. 

iS.  Ncnu  bis  foslerhrotbers  niunuured  al  tbe  tahing  froni  tbeni 
of  tik'ir  fatber's  and  tbeir  grand  s  ire' s  gifts,  nanieJy  Tbeft  and 
Rol'bery  and  Slaugbter  of  nieti  and  Rapine.  Tbey  tbieved  tbe  tbree 
ibefls  froni  tbe  sanie  nian,  to  -wit,  a  swine  and  an  o.x  and  a  coiv, 
every  year,  that  tbey  niigbt  see  ivbat  punisbnient  tljerefor  tbe  king 
u'ould  inflict  upoti  tbeni,  and  lubal  damage  tlje  tbeft  in  bis  reign 
u'onld  cause  io  tlje  king. 

19.  Dothcccd7  d'uiu^  car/m  bHa(/;/(/  in  fer  t/X'bar  dia  chai- 
nead9  frisin  rig,  7  asberead  in  ri  fris:  Eirg  co  n-arhiit<'r'°  tri 


1.  The  entry  in  the  Annals  of  thc  Four  Mastcrs  at  A. M.   5160  seems 
fasliioned  011  tliis  paragraph. 

2.  Thc  mo'Jth  of  the  river  Boyne. 

3.  As  to  tlie  influence  of  a  good  king  on  the  seasons,  see  thc  Rolls  édi- 
tion of  the  Tripartite  Life,  p.  507,  note. 

4.  duine  H.  St. 

).  hindechad  Hg.  H.  hinneciiad,  St. 

6.  no  taircébad  Kg. 

7.  noteged  Eg.  Tcideth  H.  Do  teged  St. 

8.  diu  H. 

9.  écàoine  Eg.  acaeine  H.  accaine  St. 
10.  Eirg  7  aceaill,  Hg.  av/airlaither  H. 


The  Destruction  of  Dâ  Dagu's  Hostel.  29 

m(ïccu  '  hi'ii  Duind  dcsa,  it  c  rota-thuigscad  -.  Folaimtis  a  guin  3 
cacha  fecluais  no  theigead  dia  rad  friu.  Ni  tindtadh  som  cosin 
rig  af/isi-i  arnach  ruidead^'  [Conairc  a  lott-som.  Eg.] 

i^.  Now  a'ery  ycar  tbe fariner  ivould  coiiic  to  ihc  Iciiii^'  lo  coiii- 
pJaiii,  ami  îhc  hing  ivouhi  say  to  bini.  «  Go  thon  atid  adârcss 
Doiin  désa's  thrcc  grcat-grandsons,  for  'fis  they  that  bave  taken 
tbe  beasts.  »  Wbenever  be  went  to  speak  to  tbem  (Doiiii  Dcsà's  des- 
cends) they  li'onld  alniost  kill  bini^,  and  be  woiild  noi  reluni  lo 
tbe  king  lest  Conaire  sboiiJd  attend  (l)"  bis  burl. 

20.  Onni  iar/nn  ros-gah  miad  7  imtholtu  ^  iat,  gabsat9  di- 
bc[i]rg  co  niiïrcaib  Baithi  fer  n-Erenn  impu.  T/'i  cboecait  fear 
doib.  intan  badar  oc  faelad  i  crich  Connacbt  occa  munud,  con- 
dad  acca'°  muicid  "  Maine  Milscothaig  iat  [occa  dénam,  Eg.J 
7  nin-acca'-  riam  anisin.  Luid  for  teichead^'.  Orochualatar '-i 
som  lotar  ina  deagaid^î.  Eigthi  in  muccid,  co  tanic  tuath'^  in 
da  Maine  fae,  7  co  n-argabait'7  na  ir'x  clioecait  fer  fo;/a  fc^rban- 
naib,  7  bcrtair  do  Themair'^,  7  fogellsat  m  ri[g]  imbi,  co  n-Q^en- 
side  :  «  Oircead  cach  a  m^rc,  7  aincitev  mo  daltai-seo. 

20.  Since,  tben,  pride  aud  unlfulness  posscsscd  thein,  tbe\  took 
to  niaranding,  surronnded  by  tbe  sons  of  ibe  lords  of  tbe  nien  of 


1.  con-arlaiter  tn  maie  St. 

2.  is  siat  rod-ucsat  Eg.  it  lié  roda  tuicset  H.  it  e  roda-huicset.  St. 

3.  nguiii  YBL.  St.  guin  H. 

4.  doridisi  Eg.  afrithisi  H. 

5.  ro  fuided  Eg.  ruitheth  H.  cruided,  St. 

6.  Cf.  ac  folmasi  agonaLL.  74»  19.  fotaimtis  3d  pi.  2dy  près.  o(  fotâniiir 
suscipio,  tento,  (ï-:/v.^^i'o,  Strachaii.  Déponent,  p.  13,  note  4). 

7.  riiiileud  perliaps  =-^  ro-lethed  (rofuided,  Eg.) 

8.  sic  St.  imtoltu  YBL. 

9.  gabsait  St. 

10.  conacca  Eg.  ro;/faca  H.  conacad  St. 

1 1.  muicidc  St. 

12.  ni  aca  St. 

13.  Luith-sim  ïor  telched  rompaib,  H. 

14.  Forochualatar  YBL.  O  ro  cnaJolrtr  H.  O  ro  cnalatar  St. 

15.  ociis  luid  for  techcd  mara  a)/;cathar  lotar  na  dcgaid,  Eg. 

16.  Eigis  in  muccaid  co  tancatar  tuatha  Eg. 

17.  co  roergabait  Eg.  conorgabat  H.  conorgubàii  St. 

18.  Themraio;  St. 


;o  Whitley  Stokcs. 

Er'ni.  Thricc  fif'l\  iiicn  l.uul  thcv  as  pupils  ïuhcn  lhc\  (ihc  piipils) 
u'i'rc  îL'cre-ic'olfini^'  in  tJh'  province  of  Connatight ,  until  Maine  Mil- 
srolhach's  su'ineherd  sinu  iheni,  and  he  had  never  seen  thaï  hefore. 
He  ivent  in  flight.  Whcn  ihey  heard  In  m  they  pnrsued  him.  The 
szL'itieherd  shnuled,  and  ihe  people  of  ihe  Iwo  Mainès  came  to  him, 
and  ihe  ihrice  fifty  men  iverc  arrested,  along  luilh  thcir  a  a. xi  lia  ries, 
and  laken  lo  Tara.  They  consulled  Ihe  king  concerninar  ihe  maller, 
and  he  said  :  ■■<  Lcl  each  (father)  slay  his  son,  but  Jet  my  fosterlings 
he  spared.  » 

21.   Cet,  cet!  or  c.ich,  «  dogentar  (LU.  83']  airiut. 

Natc  eni,  ol  sesseom.  ni  Iiaurciir-  sâegail  daip.sa  in  bretli 
ron-uc//^.  Ni  crocii faite/'  ind  fir,  achi  eirgct  senôri  Icôsom  cor- 
ràhif-'  a  ndibeirg  for  fn'ii  Aipan. 

21.  «  Leave,  Jeavc!  »  sa\s  every  one:  «  //  sinill  he  donc  for 
ihee.  » 

«  Nay  indeed  y>,  quolh  he  ;  //o^  «  cast  of  life  »  by  me  isthc  doom 
I  hâve  delivered.  The  men  shall  not  he  hung ;  but  le!  vétérans  go 
îvilh  ihem  thaï  they  max  ivreak  their  rapine  on  the  men  of  Alba.  » 

22.  Dogniat>  ani-sin.  Tiagait  ass  forsin  farrci  co  comarncc- 
târî  fri  mac  rig  I3retan  .i.  Ingcél  Câech  h//(7  Conmaic^\  t;i 
.1.  fer7  conx  senorih  Ico  co  coniarnectar^  torsind  fargge. 

Dogniat  cairdes,  7  tiagait  la  Ingcel  cor-r61sat9  a  ndibeirg 
lais. 

22.  This  they  do.  Thence  they  pat  to  sea  and  met  the  son  of  the 
king  of  Britain,  cven  Ingcel  the  One-exed,  grandson  of  Conmac: 
thrice  Jijtx  men  and  their  vêlera ns  they  met  npon  îhe  sea. 


1.  faotalt)  .i.  foglaim,  O'Cl.;  but  cf.  fri  j'adad  .i.  /  coiir\i']iicJ}tail>J},  C6ir 
Anniann,  Ir.  Texte,  III,  376. 

2.  hurcro  H.  luircra  St.  haurchor  YBL. 

3.  co  ro  laat,  St.  corolat  YBL. 

4.  Dogenad,  St. 

$.  co  comainieachtair  YBL.  girro  comruicsit  H.  cor  comraigset  St. 

6.  mac  hui  G)«nii//cni  YBL.  Conniaicne  St. 

7.  triar  fer  H.  t/iar  fer  YBL. 

8.  co  gur  comraicsit  H.  cur'  comraigset  St.  co  comariieachtair  YBL. 

9.  co  rolasat  Ea,  i20'm-'.  corrolasat  YBL.  corrolasaut  H.  corralasat  St. 


The  Dcstiiiclion  of  Dâ  Der^a's  Hostel.  51 

They  niiihc  an  alliance,  ami  go  wilb  Ingccl  and  ivronghl  rajinc 
ZL'ilh  hini. 

23.  IS  i  orcain  tiic  ;x  ain  tcndosoni.  C('//[id]si  adaig  and  sin 
ro  CLirthea  a  math(//V  7  a  ath^r/V'  7  a  sccht-  ndcrbrathir  do  thig 
rig  a  tluiathe.  Ortâ  uli  la  Ingccl  i  n-6en  aidchi.  Dolotar  3  trâ 
forsin  flirci-^  anall  hi  tir  n-Eroid  do  chuingid>  oirgne  fôn  or- 
guin  ro  dligestâr^'  Ingccl  dib. 

2^.  This  is  ihc  destruction  which  bis  oiun  impulse  gave  hiin. 
That  luas  tlh'  night  that  Jjis  viotijcr  and  bis  fatln'r  and  J)is 
seven  hrothers  had  beoi  hidden  lo  ibc  Ijonseof  tbeking  of  bis  district. 
Ail  of  tbem  were  destroycd  l'y  Ingcél  in  a  single  nigbt.  Tbcn  they 
(thc  Irisb  pirates)  put  ont  to  sea  to  tbe  land  of  Eriii  to  seek  a 
destruction  (as  paxnient)  for  tbat  to  wbicb  Ingcél  bail  been  cntitlcil 
froni  tbeni. 

24.  Ldnsid"  i  n-Erind  hi  flaith^  Conaire,  acht  bôi  imnesse 
catha  etcr  da  Corpr^  hi  Tûathmumain.  Dâ  chomalta  dosom 
îat.  Ni  bôi  a  côrugad  co  x\acbl9  Conxirc.  Geiss  dosom  techt  dîa 
n-etcrgléod  riasiu  dorostais'"  chuci.  Téit  iarom  ciar'ha  geiss  do, 
7  dogéni"  sid  n-etarro.  Anais  côic^-  aidche  la  ccchtar  dc^3  : 
geis  dosom  daw  ani-sin. 

24.  In  Conaire's  rcign  tberc  was  pcrfcct  pcacc  in  Erin,  save 
tbat  in  Tbontond  tbere  iras  a  joining  oj  battle  betiveen  tbe  two  Car- 

1 .  Isi  orcain  tue  Ingcél  do  adaig  rocurctha  7  a  mathair,  7  a  athair  7  a  seaclit 
ndf/braithri  etc.  YBL.  Isi  imwonoargain  tue  Ingcél  doib  .i.  adaigrocuirthea 
a  athair  etc.  Eg.  IS  i  oraiiii  tug  Ingcr/doip  agaid  ro  cuirtlii  a  mathair  etc.  H. 
Issi  orcuin  tue  a  ain  fén  dô  adaig  ro  cuirthcâ  a  niathfl/V  7  a  atha/V  7  a  secht 
ndcrbrathir  do  thig  ri'g  a  tuaithe,  St. 

2.  sic  H.  ui.  LU.  biii.  Eg.  a  seacht  YBL. 

3.  Tollotar  H.  Tolotar  St. 

4.  fairrgi  YBL.  darsin  fairgi  Eg. 

5.  chuindchid  YBL.  cuinncith  H.  cuindge  St. 

6.  ro  dlig.  Eg.  sin  dligistair  YBL. 

7.  Lansith  H.  YBL. 

8.  i  n-amsir  E!g. 

9.  riacht  YBL.  St. 

10.  doroistis  YBL.  H.  dorrostais  St. 

1 1.  dorigni  Eg.  dogni  YBL.  H.  dognid  St. 

1 2.  .ii.  Eg. 

15.  la  ccachtar  n-ae  dib  YBL.  la  cechtar  nae  H.  la  cet/^/ar  de  dib  St. 


p  Whillty  Stûke^. 

l'iYs.  Tivo  fosterhrothcrs  oj  bis  ivcre  thcy.  And  inilil  Conaire  came 
il  ivas  impossible  ta  make  pence  between  them.  'Twas  a  tabii  of  bis 
logo  lo  separate  ibem  before  ibey  bad  repaired  lobim.  Heiveut, 
boiL'ei'er,  nllbougb  (to  do  so)  zvas  one  of  bis  Inbus,  ami  be  tiiade 
peace  beiween  tbem.  He  remained  /ive  nigbts  wilb  encb  of  ibe  two. 
Jbal  also  was  a  labii  of  bis. 

2).  tar  nglcod  in  dd  ugrai  ro  bôi-scom  oc  saigid'  do  Them- 
r.iig'.  ISed  gabsait^  do  Tcmraig,  scch  Usnech  Midi,  co  ;;-ac- 
catâr?  iarsain  a  n-indrcd  >  anair  7  aniar,  7  an[d]es  7  atûaid,  7 
co  «-accatdr  na  buidneî  7  na  siûagii^  [7  na  firu  loinnoclit;]  7 
ropo  nem  tened  tir/  Oa  Ncill  imbi"*^. 

2j.  After  sellling  tbe  two  quarreh,  be  ivas  travelling  to  Tara. 
Tbis  is  (tbe  iva\)  tbey  took  to  Tara,  pasl  Usnecb  ofMeatb;  and  tbey 
saw  tbe  raiding  from  east  and  west,  and  front  soutb  and  north,  and 
tbey  saw  tbe  warbands  and  tbe  bosls,  and  tbe  men  starh-nahed  ;  and 
tbe  land  of  tbe  (soutbern)  O'Neills  was  a  cloud  offre  a  round  bini. 

26.  Cid  ani  sco?  ol  Co/zaire.  Ni  onse,  ol  a  muintcr.  Nidua- 
chnid9  son,  is  i  in  chdin  [rig  —  Eg.]  ro  mebaid  and  intan  ro 
gabad  (or  loscod'°  in  tire. 

G's/",  cid  gebmani'2?ol  C(j;zairc. 

Saerthûaid,  br  a  muinteT. 

ISs  ed  ro  gabsat  iar////z,  dcisiul  Temra  7  tuaithbiul  Breg. 
OcHS  tosessa'î  lais  clôcnmila  Cernai.  Ni  accai  cor-ro  scaig  a 
tofond. 


1.  in  da  ugrai  robui  oc  soigin  co  Tomraig.  YBL. 

2.  ro  gabsat  St. 
5.  coiiiiicfs  YBL. 

4.  innindred  St.  in  n-indrcdar  Maig  Breg.  Eg. 

5.  bidbaid  St. 

6.  sluagu  moseach  7  nafiru  loninacht  YBL.  95».  Hadds:  7  na  fir lotnbno^^;/ 

7.  rop  nem  tcncd  i  tir,  St. 

8.  inipodo  gach  icth,  H.  ropa  neira  tened  Mag  niBreg  huli  accu.  Ocus 
iss  iat  robatar  ann,  sluag  side  Breg  Leth,  ociis  is  iat  ro  tinoil  in  n-argain,  Eg. 

9.  duaichni  St. 

10.  rogabad  ar  toHoscudh,  Eg.  rogabad  for  loscad,  YBL. 

1 1 .  Cesc  H . 

12.  gebmaitne  St. 

13.  ro  taibfindihea,  Eg  tossesa  YBL.  dosesa  H.  St. 


The  Dcstntciion  of  Dâ  Dcroas  Hostcl.  ?^ 

IS  iat  dodrôni  in  smùitcliéo  ndi'uidcchta  sin  d'iii  bith,  si- 
abnii,  fobithiii  arrocorpait  géssi  Confl'//r^ 

26.  «  ïrhnt  is  this}  »  askcd  Conairc.  «  Easy  io  say,  »  /;/.s- 
peuple  ansiuer.  »  Easy  tohioiu  that  the  kiiig's  law  bas  hrokeii  clown 
tberein,  siiice  the  counlry  bas  begun  ta  biiru.  » 

«    Wbitber  shall  tue  betakc  oiirselves?  »  sa\s  Conairc. 

«  To  tbc  Nortbeasl  )->,  sa  \  bis  people. 

So  tben  ihey  tuent  rigbthandiuise  ronnd  Tara,  and  Icft-ljand- 
zu.ise  round  Bregia,  and  the  cloenmila  (^«  cvil  bcasis?  «J  oj  Cerna 
ivere  bunted  by  bini.  But  be  saiu  it  not  till  ibe  cbase  had  ended. 

Tbey  that  niade  of  tbe  world  tbat  sinohy  inist  of  nmgic  -were 
elves,  (and  tbey  did  so)  bccausc  Conairc' s  tabns  had  bccn  violalcd. 

27.  IMmusrala^  trà  in  t-ômon  môr-sin?  do  Chona'ire,  con- 
nach  rabi  doib  con^r  dochoistîs4  acbt  ior  sligi  Midliinchm  7 
îor  sligi  Cualrtn;z5. 

ISé'c/  ro  gabsat  iarom,  la  hairer  n-Ert'/af  antuâid. 

IS  and  asbt'/t  Ccwairc  îor  slig/J  CivxXann  :  Cid  ragma^  in- 
nocht,  ol  se. 

Domm-dir  [a  rad],  a  da[ltai]  Condàïd,  îor  Mac  cecht  mac 
Snaide  teichid  ^,  cathmilid  Conairi  maie  Ercrsceoil.  Bâtar 
nit'/iciu  fir  Herend  oc  do  chosnom-so  cach  n-aidche9  indâs  bith 
deitsiu'°  îor  merogod  tige  ôiged. 

2/.  Great  fcar  thcn  fcll  on  Conairc  bccausc  tbey  bad  no  luay  îo 


1.  is  e  ri  insin  loingsige  siabrai  d'uhi  din  bith,  YBL.  IS  c  ri  innsin  loing- 
side  siapro  din  bitli.  fobitli  H.  Is  hc  ri  insin  loi»gshide  siabrai  din  bitli,  St. 

2.  Imrola  St.  im!nrola  YBL. 

3.  iarsin  St.  YBL. 

4.  fOMach  rabi  coimr  ra  soistis  St.  conach  roba  conar  dochostis  YBL. 

5.  Ociis  ro  sôeed  iarsin  cctfaid  7  ros-lin  in  t-uaman  co/mach  rabi  accu  co- 
naif  dotiastais  acht  dul  hi  cend  slio;edh  Midluachra  7  for  sligid  Cualand, 

Eg.    1200  2    —    121-^1. 

6.  ragmait  St. 

7.  CoHid  ann  atb^rt  Conodor  mac  ceclit  mac  Snaide  seched,  Eg. 

8.  Dommair  a  rad  a  Cowaire  YBL.  gS'i.  Domtair,  a  daltai,  a  Conaire  H. 
Dominair  a  rad,  a  dalta  Co«aire,  St. 

9.  ocat  cosnamsai  H.  oc  do  chosnam  so  cacli  n-aidciii  YBL. 
10.  bcith  duitsu  YLB. 

Revue  Celtique,  XXII.  5 


5  4  Whiilt'y  Stokeî. 

zucud  savc  iipon  ihc  Rond  of  Midluachair  aiid  tbe  Rond  of  Cuahi. 

So  tbey  took  ihcir  zcuiy  hv  ihc  coast  of  Ireland  soutbward. 

Thi'ii  said  Couctire  on  thc  Rond  of  Ciinlii:  «  wJjilJjcr  sball  we 
go  tonight  ?  )) 

<<  Max  I  sitcùrd  in  tcUiug  ihir'  !  nix  fosicr/ing  Couairc  »  says 
Mac  ccchi,  son  of  Snadc  Tcichcd,  thc  champion  of  Conairc  son  of 
Etcrsccl.  «  Oficncr  havc  thc  ni  en  of  Erin  hccn  contcnding  for  ihee 
cvcry  night  than  thon  hast  hccn  wandcring  abont  for  a  guesthousc.  » 

28.  Totliact  mcis  fôamsem-  !  for  Co;/airc.  Bôi  cara  damsa 
isin  tir-sc,  îor  G'/zairc,  acht  ro  '  fcsmais  awair  dia  thig-). 

Cia  ainm  side  ?  ior  M//c  cccht. 

Da  Dcrga  di  Lagnib,  ol  Co»airc.  Rànic  cuc///;;sa  cm,  ol 
G);/aire,  do  chuingid  aisceda  [formsa  —  Eg.],  7  ni  rhuid- 
chid  co  n-cru.  Kàn-irn^a  im  chct  mbo  bôtliâna.  K:x\Vniisa 
im  cet  mue  [LU.  83'']  muccgiassa'>.  Ran//7/5a  im  ciiét  mbrat 
cuiigas^  clitiîctach".  Ran/r/n'^/ im  chct  ngaisced  ^  ngormdatha 
ngubac.  Ran/r/^w  im  dcich  ndcilci  dcrca9  diorda.  Ran//"//.fa  im 
J('/V/;ndabcIiadcolclia  dcich  donnac'''.  Ran/V//.f(7im  dcich  mo^^u  ". 
Raii/V//.V(/  im  dcich  mcilc.  Ran/V//M  im  tri  .ix.  con  n-[o]cngcl 
inna  shibradaib  argdidib,  Ran//7/-W  im  cet  n-ccii  mbiiada  hi 
scdiz/waib'-  oss  n-c/zi7'>.  Ni  ara  maithcm  '4  dô  cia  rist'^'j  beos. 


1.  literally:  «  niay  saying  it  corne  to  me!  « 

2.  Totet  meas  fo  ainiseara  YBL.  Dotaet  m  fo  aimscruip  H.  Dotoctt  mes 
foaims^raib  St.  do  thàod  mcas  16  aimseara  .i.  téid  an  breitheamhnas  ris  an 
aimsear,  OClcry's  Foclôir,  s.  v.  mcas.  Rcad  :  Dothôet  mess  fôaimseraib 

3.  co  St. 

4.  dia  liibcth  ar  n-éolas  dia  thig,  Eg. 

5.  im  cet  mucclassa,  Eg.  mucc  muccglasa  St.  mue  nuiicci  glasa  YBL. 

6.  ciinglas  St. 

7.  clidetach  St  YBL.  Ranirussa  im  cet  mbratt  corcarda  cumascda  cli- 
thétcaid  coui  dclgaib  dcrgaib  diôrdaib,  Eg. 

8.  im  cet  iigai  ngaiscid.  Eg. 

9.  Ow.  Eg.  H.  St.  YBL. 

10.  deolcha  dedonda.   Hg.  ndeolchoi  ndcdonna  H.  deolclia  dcicli  dond- 
nse,  St. 

11.  mogodu,  Eg.  moga  St. 

12.  sediTggaib,   St. 

13.  necennsa  YBL.  necendas  («0  neng),  Sî. 

14.  ar  maithim  H.  airmitheam  St.  YBL. 
I).  Ni  dia  maitbiib  dû  dia  tisad,  £g. 


The  Destruction  of  Dà  Derga's  Hostcl.  5  5 

Dolv/ad  iinaill.  Is  iiignad  ^  nidJ  brônach  f/ims.i  innoclu  [oc 
riachtain  a  trebe  chuici-,  Yl^..  | 

2S.  «  Judgiiioit  i^^oes  îuilh  <nwJ  liiiies  »,  says  Couaire.  «  I  hnd 
afrieiid  in  ibis  country,  if  oui  y  ■wc  knav  ihe  way  to  bis  bouse!  » 

«   IVbat  is  bis  un  nie?  »  asked  Mac  cccbt. 

«  Dà  Dcrga  of  Lcinsicr  ->•>,  ansiuercd  Conaire.  «  Hc  cûiiic  iinio 
me  îo  seek  a  gift  froiii  me,  and  be  did  not  corne  luitb  a  refusai. 
I  gave  bim  a  biindred  kiiie  of  Ibe  drove.  I  gave  bim  a  bundrcd 
fatted  su'ine.  I gave  bim  a  biindred  mantles  made  of(?)  close  clolb. 
I  gave  bim  a  bundred  hlue-coloiired  lueapons  ofhaîtle.  I  gave  bim 
ien  red,  gilded  hraicbes.  I  gave  bim  ten  vais...  good  and  brouni.  I 
gave  bim  ten  tbralls.  I  gave  bim  ien  querns.  I  gave  bim  ibrice 
nine  hounds  all-wbite  in  tbeir  silvern  cbains.  I  gave  bim  a  binid- 
red  race-borses  in  ibeberds  of  deer...  >.  Tljcre  would  be  no  ahaie- 
ment  in  bis  case  ibougb  be  slwnld  come  again.  He  luoiild  give  ibe 
oiber  ibing  (make  reiiirn).  It  is  sirange  if  be  is  siirly  io  me  ionigbt 
luben  reacbing  bis  abode.  » 

29.  A  mbâsa4  éolach-sa  èm  dia  tliig-side,  îor  M^c  cecht, 
is  crich  a  tribe  chuci  i(n)tsligi  forsatai.  Téit  co  téit  isa  tcch5, 
ar  is  triasin  tech  ata  in  tslige.  Atàt  seclH  ndorais^  isa  tcch  7  secbt 
n-iinda7  ner  cach  dâ  dôr//.f,  7  ni  fil  acbi  ôenchomlaid^  n-airi, 
7  imsôith^r  in  chomlasin  in  cach  ndorwi-  dia  mbi  in  gdeth9. 

Lin  atâisLind  ragai  liitbrôi^°dirmai  co  tarblais^^  forlâr  in  tige. 

Masu  ed  nothcig'-,  tiag-sa  co  n-arl6r'3  tenid  and  ardochind. 

1.  ing  H. 

2.  iar  roc/;/ain  a  trcbc  cuicc  H.  ar  riachtain  a  trcibc  chuice,  St. 

3.  Compare  a  similar  list  of  gifts  in  the  Anira  Chonrôi. 

4.  am  YBL.  H.  St. 

).  ISam  colach  tra  dia  tig  sidc,  cl  Mac  cecht,  Eg.  i2i«2.  Am  coiach- 
sa  etc.  YBL. 

6.  ndoirsi  YBL. 

7.  n-imdatha  H.  n-inidada,  St.  YBL. 

8.  aen  comlo  H. 

9.  ni  fil  acht  oencomla  f/is,  7  dobcrar  in  comla  sin  fri  cech  ndorus  imbi 
in  gaeth,  Eg. 

10.  ragai  it  broin  YBL.  St.  raga  it  broin  H.  eirg  it  brôin.  Eg.  But  O'Cl. 
has  bro  .i.  imad. 

11.  tairhngis,  Eg.  tarblas  St. 

12.  noteige  St.  leg.  no  téig 

15.  conarlûr   St.   .Masa  ed  no  tégc  tiagsa   reonuit  co  n-adûr  tcnid  ar  do 


56  Whitliy  Stokts. 

2 p.  «  When  I u'ûs  aajuainted  ivithhis  housc  »,  says  Mac  cccht, 
«  tbc  roiul  luhcrcoH  thon  mi  (^^oiii<^)  knvards  hiiii  luin;  the  boundary 
of  bis  ahcdc.  It  continues  till  il  entcrs  bis  bouse,  for  tbrougb  ibe 
bouse  passes  ibe  road.  Tbere  are  seven  doonvays  into  tbe  bouse,  and 
scveti  bcdnwns  helween  every  Iwo  doonvays;  but  tbere  is  only  one 
door-valve  on  it,  and  tbat  valve  is  lurned  to  every  dooriuay  ta 
ivbicb  ibe  luind  blows.  » 

«  Witb  ail  tbat  tbou  bast  bere  »,  (says  Conaire),  «  tbou  sbalt 
go  in  tbx  great  multitude  until  tbou  aligbt  in  tbe  niidst  of  ibe 
bouse.  » 

»  If  so  be  »  (ansivers  Mac  cecbt),  tbat  tbou  gocst  (tbitber),  I 
go  (on)  tbat  I  niay  strikc  /ire  tbere  abead  of  tbce.  » 

30.  INt.in  ro  bôi  G';/airc  iar  sudiu'  oc  ascnain  iar  slige 
Chûaland  rat[h]aiges-  in  t/iar  marcach  '  dochoni  in  tige. 
Téora  Icnc*  dcrgac  impu,  7  t;i  bruit  dcrgae  impu,  7  t/i  sccith 
dcrs,''^  fc/'aib,  7  tri  gae  àc^ga  ina  lâmaib,  7  t;i  cich  àerga  fo  a 
suidib5,  7  tri  fuilt  àerga  foraib.  Dcrgae  uile  et<v  chorp  7  folt 
7  etgud^',  etcr  celui  7  daine". 

jo.  IVben  Conaire  after  tbis  was  journexing  along  tbe  Road  of 
Cuàlu,  be  niarkcd  before  bini  tbree  borsenien  (riding)  towards  ibe 
bouse.  Tbree  red  frocks  bad  tbex,  and  ibree  red  niantles  :  tbree  red 
bucklers  tbey  bore,  and  tbree  red  spears  luere  in  tbeir  bands  :  tbree 
red  steeds  tbey  bestrode,  and  tbree  red  beads  of  bair  ivere  on  tbem. 
Red  zuere  tbex  ail,  botb  bodx  and  bair  and  rainienf,  botb  steeds  and 
inen . 

U.  Cia  rcdcs  riand  ^  ?  for  G5;/airc.  Ba  çreiss  damsa  in  triar 


cind.  Sôcis  Ccv/are  inrsin  fer  sligiJ  Cualann,  Rg.  M.iscth  no  teig  tiagsa  riut 
co  H-atar  tcinith  and  ardocind,  H. 

1.  INtan  diii  boi  Conaire  H.  INtan  bui  Q)/;aire  iar  suide,  St. 

2.  rathaigis  St.  ratliaiges  YBL. 

3.  Eg.  inscris  renii.  St.  and  YBL.  riani 

4.  léintc  Eg.  lente  H.  Icne  St. 

5.  foithib  Eg.  fouip  H.  fo  suidib  St. 

6.  ct/V  (iaclaib  7  fo'.taib,  Eg.  ro/;a  (laclaib  7  foltaib,  YBL.  coni\  fiaclaib  7 
a  foltaib,  H.  cona  liaclaib  7  foltaib.  St. 

7.  iteT  eacli  7  duine,  YBL.  in  t-ech  7  daine,  St. 

8.  ruind  YBL.  cia  reihess  rcomaind  etir  ?  Ei?.  Ciai  r.\s.as  riiiin?  H. 


Tlic  Destruction  of  Dà  Derga's  Hostel.  57 

ucut  do  dul  rcum',  ior  Coum'c,  na  t/i  Dcirg  do  thig  Dcirg. 
Cia  ragas  inna  ndiaid  ce  taessat^  il-lorg  cucwwsa'  ? 
Ragat-sa  inna  ndiaid,  ïor  Lé  fri^  flaith^  mac  Conairc. 

)i .  «  Wbo  is  il  ihat  Jarcs  hcforc  lis?  »  askcd  Conaiir.  «  7/  luas 
a  tabu  of  mine  for  tbosc  Thrcc  to  i^o  heforc  nie  —  tiic  three  Rcds  ta 
thc  hoiisc  of  Red .  liljo  will  follow  ihciii  ivnl  tel!  thon  lo  corne  to- 
■wards  nie  in  niy  track?  » 

«  I  ic'ill  follow  iheni  ))^  says  Lé  Jri  jlaiib,  Coiiaire's  son. 

32.  Tcit  ina  ndiaid  iart)w  fi)/- echlâscad  7  nisn-arraid*^.  Bôi 
tôt  n-aurchora  7  etz/rro,  aclr"^  ni  ructhaisom  aire-scom,  ni  ru- 
cad  som9  ionùh  scom. 

Asbf/'t  f/'iu  nad  remthiastais  in  rig.  Nisn-arraid,  achl  ro  cha- 
chain  in  très  fer  laid  dô  dar  a  ais  : 

En  a  maie,  môr  a  scél,  sccl  o  brudin^°  bélot  long  lùaichet 
fer  ngablach  fiangalach"  ndoguir  cnéd  miscad  môr  bét  bé 
find  fo/'[s]ndestetar  deirgindlid '-  air.  En  a  maie. 

Tiagait  ùad  iarcm '5  atàrôi  an '4  astôd'î. 

J2.  He  i^oes  after  tbein,  lashing  bis  borse,  and  overlooh  Ibeni 
uot.  Tbere  luas  tbe  lengtb  of  a  spcarcast  between  tbein:  but  ibey  did 
net  gain  iipon  bini  and  be  did  not  gain  iipon  tbeni . 

He  told  tbeni  not  to  go  before  tbe  king.  He  overtook  tbeni  not  ; 
but  one  of  tbe  tbree  nien  sam^  a  Ia\  to  bini  over  bis  sboulder  : 


1.  rcnium  St.  rium  YBL. 

2.  taiset  St.  taescad  YBL. 

3.  Cia  ragas  iiia  ndiaid,  ar  Co/aire,   7  abar  riu  bith  diarneis  co  rabat  hi 
long,  Eg.  Cia  rag<u  "na  ndiaid  co  tisith  al-lorc  cugumsa  H. 

4.  fer  YBL.  St. 

5.  Lia  ier  Hatha  H.  Le  fear  llaitli  YBL. 

6.  nist.irraid.  Eg. 

7.  n-urchair,  Eg.  n-urcliuir  St.  na  hurchara  YBL. 

8.  acht  Eg.  nach  St.  nachamructais  sconi  YBL.  lo:,^  acht  ni  ructais  som. 

9.  ni  rue  som  Eg. 

10.  The  rest  of  this  paragraph  is  obscure   to   nie.  For  the  lection  of  Eg. 
see  Appendix  §33. 

11.  fer  ngablach  fiangahich  YBL.  St.  fiangablach  LU. 

12.  forshdestetar  deirind  litli  YliL.  forsndesitaur  fir  H. 
15.  The  rest  of  this  sentence  is  obscure  to  me. 

14.  sic  YBL.  om.  LU. 

I).  .\tr6i  a  n-astath  H.  Atroi  a  n-astad,  St.  ataroi  an  astod  YBL. 


î8  WhitU-y  Stokis. 

"  Lo,  iii\  son,  i^mil  ihc  ncics,  news  froni  a  hostel  ...  Lo,  niy 
son  !  » 

Thc\  i^o  mrti\  froni  h'nn  ihcn  :  hc  coiild  noi  dctain  them. 

33.  Anais  in  mac  ar  cind  in  tsludig,  Asbrn  £;ia  ath<//V  a  n- 
asbreth  f/is.  Ni  bo  ait  laiss.  Ina  ndiaid  dcit,  or  donaire, 
7  tairg  tri  damu  7  tri  tinni  doib,  7  airct  beti  '  im  iheglochsa 
ni  bia-  ncch  ctarru  o  thcnid'  co  t/aigid. 

j).  The  box  ivaited  for  ihe  hosî.  He  told  his  faiber  luhat  icas 
said  lo  hiin.  Conaire  liked  il  noi.  «  A  fier  them,  thon  !  »  says  Co- 
naire,  «  and  offer  them  tbree  oxen  and  three  bacon-pigs,  and  sa  long 
as  lhe\  shall  be  in  my  honsehold,  no  one  shall  be  among  them  from 
Jire  lo  u'all.  » 

34.  Tcit  iar()ni  ina  ndiaid  in  gilla,  7  toirgid-*  doib  anisin,  7 
ni.sn-arraid5,  achi  ro  cliachain  in  très  fer  laid  dô  dar  a  ais  : 

l:n,  a  maie,  niôr  a  scél,  gerthiut,  gorthiut^  robruth  rig 
eslabrae",  tri  doilbtiu  fer  fc>rsaid^  fordàim  dâm  nc'z/bair.  En  a 
maie. 

Tintai  in  mac  at/ithisi  cor-ragaib  in  hiid  do  Chonaire. 

).^.  So  the  lad  goes  afier  them,  and  ojjers  them  timt,  and  over- 
took  them  not.  But  one  cf  the  three  men  sang  a  lay  ta  him  over  his 
shonider: 

«  Lt),  mx  son,  greal  the  neivs  !  A  gênerons  ling's  great  ardonr 
u'hets  thee,  bnrns  thee.  Through  ancien!  mens  enchantments  a 
Company  of  nine'^  xields.  Lo,  mx  son  !  » 

The  box  liinis  bock  and  repeated  the  hix  to  Conaire. 


1.  mbete  YBL. 

2.  asbia  H. 

V  tlien  St.  o  thein  co  Oaig  YDL. 

4.  toirgenn  St.  tairgenn  Amat  ispr;tanri  Iris  7  nis-tarraid  H. 

j.   nis-tarraid  St. 

6.  gertitt  gortit  H.  gerthuit  gortliuit  St. 

7.  oes  labra  YBL. 

8.  fo/suith  II.  farsaig  YBL. 

9.  This  agrées  with  the  statcment  infra  that  nip.e  onlv  fell,  including  (or 
around)  Conaire. 


The  Dcsliiiction  ol  Dd  Dagas  IIo<:lcl.  39 

35.  Eirg  ina  ndiaid ',  ïor  Coiiaivc,  7  toirg  dôib  se  damu  7 
jé'tinni-  7  mo  fuidell-sa,  7  aisceda?  imbârach,  7  airet  beite  im' 
thegluch-sa  ni  bi'a  [LU.  84^]  ncch  et///TU  o  thein  4  co  fraig. 

Luid  in  gilla  ina  ndiaid  iarom,  7  nisn-arraid  î,  acbt  f/'isgart 
in  très  fcr^,  co  n-epen  : 

Hn,  a  maie,  môr  in  scél,  scitha  eich  imariadam".  imriadam 
eochu  Duind  Tetscoraig^  a  sidib,  ciammin  bl  amin  mairb. 
môra  airdi,  airdbi  sâeguil.  sasad  fiach,  fothad  mbran,  bresal 
nirlig,  airliachtad  fàebuir9,  ferna  tulbochtaib'^'  trat|h]aib  iar 
fuin.  En  a  tiinic. 

Tiagait  ùad  laroiii. 

^j.  «  Go  a/ter  îbcm  »,  says  Conairc,  «  and  ojfcr  ihcm  six  oxen 
and  six  hacon-pigs,  and  my  Icavings,  and  gifis  toniorrow,  and  so 
long  as  ihey  shall  be  in  nix  househoJd  no  onc  (to  be)  aniong  thcni 
froni  firc  to  waJl.  » 

The  lad  thcn  lucnî  aficr  thcni,  and  ovcrtook  ihem  not  ;  but  one 
of  the  thrcc  moi  ansivercd  and  said  : 

«  Lo,  my  son,  great  the  news.  Weary  are  the  steeds  we  ride. 
We  ride  the  steeds  of  Donn  Tetscorach(?)  from  the  elfniounds. 
Thoiigh  u'e  are  alive  tue  are  dead.  Great  are  the  signs;  destruction 
of  life:  sating  of  ravens :  fceding  of  croivs^^,  slrife  of  slaughter  : 
luetting  of  sii'ord-edge,  shieldsiuith  broken  bosses  in  honrs  after  sun- 
dou'n.  Lo,  my  son  !  » 

Then  they  go  from  him. 

36.  Atchîu  ni  ro  fastâis  ^-  na  firu,  {or  Conxixc. 

1.  Ere  ina  ndeguith  H. 

2.  tindiu  YBL. 

3.  aiscidi  YBL. 

4.  tenetli  H.  tein  St.  thcMi  YBL 
S-  nisraraid  LU.  nistarraid  St. 

6.  ro  chacli(ainj  in  t;es  fer  laeith  H. 

7.  imdarriadam  YBL. 

8.  desscoraig  Y13L.  tct  sgoraig  H.  dctscoraig.  St. 

9.  airliaclituitli  faepur,  H.  airliachtaid  faebur.  St.  arliachtait  facbair  YBL. 

10.  tuilli  ochtaib,  St. 

1 1 .  Cf.  Fyrr  vildalc  |  al  Ficlcasteini  \  Jirafna  sedly'a  '  d  luifiiin  tliiriiini  «  First 
would  I  at  Wolfstone  sate  ravens  with  thv  corpses  »,  H.  H.,  i,  44  cited 
by  Bugge,  Home  of  tlie  Eddie  Poeins,  p.  210  n. 

12.  ni  rw-astais  St  nirosastâis  LU.  nirîwfastais  YBL.,  where  tho  f  is  ovcr 
tlic  line. 


40  Wlittky  Stokci. 

Ni  nie  rod-nicrt  '  cm  (.i.  ro  follang  ce//  in  tcclitairccht  do 
dcnam)  .i.  orLcf/i-  fl;iith>. 

Radis  a  n-aitlicsc  ndcdcnach  aslv/tatâr  f/is.  Nirptar  failtc  ■« 
de,  7  batâr  iarsain  na  mithaurri'issa  (.i.  drochmenmand) 
iniônina  fc'/aib  5. 

Kom-gabsatsa  mo  gessi  uili  innocht^,  ol  G'//aiiv,  l'iar  oessa 
(.i.  ndrtetad)^  indarbae  in  t/iar  sin. 

^6.   «  /  siY  l/.kil  ihoii  hasi  nol  dctaincd  ihc  iiicu  «^  saysConairc. 

«  Iiidccd  il  is  nol  I  thaï  hclrayed  il  »  (i.  c.  cudiircd  not  ta  per- 
fonii  ibe  ernnid),  says  Le  fri  flailh. 

Hc  rccitcd  ihc  lasl  ansiver  thaï  they  gave  h'nn.  Tbey  (Couaire 
and  bis  retainers)  ivere  not  hlitbe  thereat  :  and  aflerwards  evil  fore- 
bodings  (tbat  is,  bad  spirits)  of  ténor  îcere  on  tbeni. 

«  Ali  iny  tabus  bave  sei:^ed  me  tonigbf  »,  says  Conaire,  «  since 
ibose  Tbree  (Red s)  (are  ibe)  banisbed  folks^.  » 

37.  Dochôtar  riam  doclioni  in  tige  cor-ragbaiset9  a  suide 
isin  tig,  7  coro  airgiset ''^  (.i.  cot  ccngailset)  a  n-eocho  dergae 
do  dor//.<-  in  tige. 

Remthochini  na  tri  nDerg  sin  isin  Brudin. 

jj.  Tbe\  iveiit  fonça rd  lo  ibe  bouse  and  look  their  seats  tberein, 
ami  fashiied  ll.u'ir  red  sleeds  lo  llje  door  of  llje  Ijonse. 

Tikit  is  ll.h-  Forefarim^  of  llje  Tbree  Reds  in  tbe  Bruden  (Dâ 
Derga). 


1.  rotmbcrt  H.  rodniuirt  YBL. 

2.  fer  St. 

3.  Ni  me  im/«('»7(i  n.i  targaid,  ar  Le  iVi  fiaill;  mac  Coiiaiie,  Eg.  121'' 2. 

4.  failtiu  St.  failti  YHL. 

5.  Batar  [mviorro  (01  ro  na  mituriusa  iiiimômna,  Hg.  mithurassa  YBL. 

6.  Romgabsatarsa  1110  geissi  huli  7  nio  inicélmaini  ar  tuideclit  cucum 
liuli  hinoclit,  ar  Conairi,  ùaro  lessa  urbaid  in  t/iar  sin  docliotar  riam,  Eg. 
Rom  gabsat  mo  gesi  uili  aniv/.'/,  ol  Conaire,  uaire  aes  indarbthai  in  triar 
iigat,  H.  liùair  roessa  indarbie  in  triur  san,  St. 

7.  Tins  gloss  is  obscure  to  me. 

8.  oessa  =  acsa  (d.itu),  LU.  ioi-^i8.  They  had  been  banished  from  the 
clfmounds,  see  infra  §  1 36,  and  for  them  to  précède  Conaire  was  to  violate 
one  of  his  tabus.  See  §  16. 

9.  corragabsat  St.  corrogabaiset  YBL. 
10.   7  ro  araigset  H.  7  cor  choraigset  St. 


The  Destruction  of  Dâ  Derga's-  Hostcl.  41 

38.  IS  eJ  rogab  Coii.ûw  ûvia  skuigaib  do  Ath  cliath. 

IS  and  dosn-araid  in  fer'  mâcldub  coin  ôenlâim  7  ôensûil 
7  ôenchoiss.  Mael  gârb  fo[r]suidiu-.  Cia  focerta  miach  do  fiad- 
ublaib  (or  a  muUuch  5  ni  toichrcd-*  ubuU  ior  lâr  acht  no  giulad 
cach  ubull  dib  ior  a  fmnu'>.  Cia  focerta^  a  srûb  ar  gésce7  im- 
matairisfed  dôib.  Sithremithir  cuing  n-imechtair^  ccchtar  a 
dâ  lurgan.  Méit  mulaig  for  gut9  cach  mell  do  mcllaib  a  drom- 
ma.  Gabollôrg  iannn^°  inna  laim.  Mue  mael  dub  dôthi  (or  a 
muin,  7  si  oc  siregim",  7  ben  bélmar  mâr  dub  dûabais'-  doch- 
ra'id  ina  diaid.  Cia  focherta  da»t)  a  srûb  ar  gesce  folilsad'5. 
Tacmaicced'-^  a  bel  ichtarach  co  a  glûn  '>. 

jS.  This  is  (thc  wax)  ihat  Co)iairc  look  zcilh  bis  troops,  to 
Dublin. 

'Tis  tbi'ii  thc  uian  of  ihc  hlack,  cropt  hair,  ivithhis  ouc  haiid  and 
one  eye  and  one  foot  ^^ ,  avcrtook  theni.  Roiigh  cropl  hair  iipon  hiin. 
Though  a  sackfiil  of  zvild  apph's  werc  flimg  on  his  craïun,  )iot  an 
apple  ivould  fall  on  ihe  ground,  but  rach  of  thcin  would  stick  on 
his  hair.  Though  his  snout  iverc  flnng  on  a  hranch  ihey  woiihi 
rcmain  logcîhcr.  Long  and  thick  as  an  outcr  yoke  ivas  cach  of  his 


1.  dosn-ârraid  araili  fer  Eg.  121^2.  dosfarraig  in  fer,  St.  dosiiarraid  in 
fear  YBL. 

2.  Môel  garb  dub  fair,  Eg.  Maelgarb  (or  suidiu  YBL.  Mael  garb  fair 
side,  H. 

3.  niiach  fiadhuboU  for  a  moil,  H. 

4.  roised,  St. 

5.  Ce  rocraithe,  miach  do  fîidublaib  ina  mullach  is  tecmaing  dia  rosed 
ubull  dib  ior  lâr,  acht  ro  leanfad  cach  ubull  dib  for  a  inda.  Eg.  (or  a  findiu 
YBL.  for  a  innu  St. 

6.  O  focerded  Eg.  o  focerta  YBL. 

7.  gesco  folilsath  7,  H.  gescoe  imatairisfead  YBL. 

8.  Ba  sithitliir  cuing  n-imcchtraid.  Eg.  sithremir  YBL. 

9.  for  got  YBL.  mullaig  for  gut  YBL. 

10.  Ms.  iarirn  LU.  iaraind  Eg.   iairn  YBL.  iarnaid  St. 

11.  oc  gréchoiig  j  oc  siréigim,  Eg. 

12.  duaibsech  Eg. 

15.  folinsat,  Eg.  folselsad  St. 

14.  Teccmairged  Eg.  Taiccmaiccd  St. 

15.  co  rucce  a  glûni,  Eg. 

16.  Sec  infra  ^  63,  and  Rev.  Celt.,  XXL  395,  and,  as  to  standing  on 
one  foot,  Frazer,  The  Golden  Botigh,  id  éd.  H,  32.  Was  the  custom  of  going 
with  one  foot  bare  and  the  other  sh'id  (ibid.,  II,  298  n.)  allied  to  this 
magical  practice  ? 


^2  Whiilcy  S'.okcs. 

tiuo  shins.  Each  of  his  but  lochs  luas  ihc  si:^c  of  a  checse  on  a 
■zi'ilhc.  A  forked  polc  of  iron  black-poinlcd  zuas  in  his  hand.  A 
siuine,  hlack  hrisllcd,  singed,  îi':is  on  his  back,  squealing  conti- 
nnalh,  and  a  ivoman  big-moufhed,  huge,  dark,  sorry,  hideous, 
îcas  bchind  hini.  Thoiigh  her  snout  were  flung  on  a  branch,  thc 
branch  zvonhi  support  it.  Her  lawer  lipwould  rcach  her  knee. 

39.  TacLiretliar'  bedg  ar  a  chend  •'-,  7  ferais  fliilteJ  fns4. 

Foclien  uuit,  a  phopa  Conairc  5  !  cian  rofess  do  thichtu 
sund^. 

Cia  feras  in  failte"  ?  f('/'  Conairc. 

Fer  Caille  co  muic  duib  duitsiu  do  th'occomol^,  arnâ  rabi9 
hi  toichntd  (.i.  hi  troscud)  innocht.  Is'°  tû  ri  asdcch  tànicinn 
domon.  » 

Cia  ainm  do  mnà  ?  ol  Conairc. 

Cichuil,  ol  se. 

Nàch  n-aidche  "  aile  bas  dil  dûib,  îor  Conûre^-,  «  robor- 
ticba?  7  sechnaid  innocht  duind.  » 

Nathô,  ol  in  bachlmV;,  ar  rot-ficbam  '5  co  port  i  mbia  in- 
nocht, a  phopan  chain  Chcv/aire  ! 

J5?.  He  startsfonvard  to  nieet  Conaire,  and  inade  hini  n'elavne. 
«    Welconie  to  thee,  0  niasier  Conaire  !  Long  hath  thy  coniing 
hither  been  knoivn.  » 

«  Who  gives  the  ivelcome}  »  asks  Conaire. 

«  Fer  Caille  '•♦  (hère),  luith  (his)  black  swine  for  thee  to  con- 

1.  Docuirethar,  Eg.  Docurethar  H.  Tathchoirethar  YBL.  Tacuirither  St. 

2.  cliind,  Eg. 

3.  failli  YBL. 

4.  fri  Co/zare,  Eg. 

5.  a  mo  popa  cain,  a  Conaire,  Eg. 

6.  Cian  cian  o  rofess  do  tiachtain  sunn.  Eg.  cian  o  rofes  do  ter/;<  sonn. 
H.  Ciân  ro  fes  do  tiachtain  sund,  St. 

7.  failti  YBL. Hère  there  is  a  lacuna  in  H. 

8.  cona  muicc  duitsco  dot  [t  )restul,  Eg.  co  muicc  duitsiu  do  tliocomul  St 

9.  rabais,  Eg.  arnar  rabai  St.  YBL. 

10.  Uair  is,  Eg. 

1 1 .  adaig  Eg. 

12.  Nacii  n-aidchi  n-aile  duib,  ol  CiT/aircr  YBL.  Xach  inn  aidcheetc.  St. 
15.  Accctirôn,  ratcssemni,  Eg. 

14.  «  Man  of  (thc)  Wood  »,  Waldmcns.h?  Zimmer,  KZ.,  XXVIII,  358. 


The  Destnictioii  oj  Dd  Dcvgai  Hostil.  43 

sume(?)  that  thon  bc  iwl  /nstini;  tonight,  (for)  'lis  thon  art  ihe 
best  kiiig  ibat  bas  coinc  itito  thc  luorld  !  » 

«  What  is  th\  icifcs  nanic?  »  says  Conairc. 

«  Cichuil  »^  hc  nnsîvcrs. 

«  Any  other  night  »,  says  Conairc,  «  ihat  pleascs  you,  I  ivill 
corne  to  yoii,  —  and  Icave  us  alonc  ioniohi.  » 

«  Na\  »,  say  thc  chiirl,  «  for  ivc  luill  go  io  thcc  to  thc  place 
u'hcrein  thon  wilt  bc  tonight,  O  [air  Jitlh'  mastcr  Conairc!  » 

40.  Téit  iarom  dochom  in  taige  %  7  a  ben  bèlmar  mâr  ina 
diâid,  7  a  mucc  mâel  dub  dôithi  oc  sirégim  ^  {or  a  muin.  Geiss 
dosom  ani  sin^,  7  bà  geis  do  diberg  do  gabail  i  n-Erind  ina4 
Haith. 

40.  So  bc  gocs  toivards  the  housc,  ivith  bis  grcat,  big-niouthed 
u'ifc  bcbind  bini,  and  bis  swine  sbori-bristlcd ,  black,  singcd,  sqiical- 
ing  continually,  on  bis  hack.  Thaï  tuas  ouc  of  Conaire's  labus, 
and  that  plundcr  should  bc  takcn  in  Ircland  dnriug  bis  rcign  ivas 
anotber  tabii  of  bis. 

41.  Gabtha  tra  diberg  la  mflccu  Duind  liDéssa  5,  7  côic  cét^ 
fo  churp  a  ndihcrge,  cenmota  'na  ra  bi  do  fosliiag  Ico.  [Ba 
geiss  da//o  do  Conairc  annisin/  —  Eg.].  Bai  laech'^  maith '' 
isin  tir  thùaid.  Fén  dar  crinach  bast'^i  a  ainm '°.  IS  de  ro  bôi 
Fén  dar  c/'inacli  fliirsium  ^',  âr  is  c/anma  no  cinged  dar  a  cho- 
[LU.  84'']laind'-  7  no  chessf^'3  fén  dar  crinach.  Gabtha 
dibc/'g  dano  la  suide,  7  côic  cet  fo  churp  a  ndibrr_^^(Zc  a  ôenur 
ccnmothâ  fosIuas[. 


1 .  Doiaet  da«o  reompa,  Eg. 

2.  sirgréchaig,  Eg. 

3.  inni  sin  Yi3L. 

4.  f;-ia  St. 

5.  dcsa.  YBL.  The  dot  in  LU.  is  a  punctum  delcns. 

6.  mile,  Eg. 

7.  cenmotha  fosluag  leo  ba  ges  do  Conarc  annisin,  YBL. 

8.  primlaech,  St. 

9.  amra  Eg. 

10.  YBL.  inserls  pnmloech. 

11.  dô  St.  YBL. 

12.  tara  choland  YBL.  dar  comland  YBL^.  tara  chomlanii  St. 
15.  cinged  Eg.  digsed  St.  »o  teiged  tar,  St.  rochinged,  YBL. 


44  WhilUy  Stokcs. 

41 .  Kow  plnnder  luas  taken  b\  thc  sons  of  Donn  Désa,  and  five 
l.uiudrcd  iberc  luere  in  thc  body  of  thcir  marauders,  hesides  ivhat 
iindt'rlini^s  lucre  u'ilh  thcnt.  This,  too,  ivas  a  tabu  oj  Conaire's. 
Thcrc  was  a  good  warrior  in  thc  norîh  couniry,  «  IVain  over  ivi- 
thcrcd  sticks  »,  this  ivas  his  natnc.  IVhy  he  luas  so  callcd  was  be- 
causc  he  iiscd  to  go  ovcr  his  opponcnt  (?)  tvcn  as  a  ivain  zcould  go 
ovcr  ivithcred  sticks.  Noiv  plnnder  was  taken  by  hini,  and  there 
■wcre  Jii'c  hiindred  in  thc  body  of  thcir  niarandcrs  alone,  bcsidcs 
undcriings. 

42.  Bàtàr  and  iarsin  tiallach'  bâuir  l'iallchu  -  .i.  sccht  maie 
AilcWa  7  Medba,  7  «  Mane  »  for  cach  fir  dib,  7  forainm  fer  cacli  3 
Mani  .1.  Mani  Athrcmail  7  Maiic  Màihrantail  7  Manc  Mingor 
7  Manc  Môrgor,  Mjinc  Andôe^  7  Manc  Milscothach,  Mane  Co- 
tageib  uli,7  Mane  As  mô-epcM.  Gabtha  dibtrgla  suidib.  Mane 
Maihraniail  dano  7  Manc  Andôc,  cethri  fichit  déc  fo  churp  a 
ndibc/'gae.  Man^  Athrcmail  cocca  ar  trib  cclaib^  fo  chnrp  a  ndi- 
hergac.  Manc  Milscothach  côic  cet  fo  churp  a  ndib^rgae.  Mane 
Cotageib  uile  sccht^  cet  fô  churp  a  dibtvgae.  Mane  As  mô  epcrt 
sccht  cet  fo  chnrp  a  d(i)hergae.  Côic  ct't  fo  churp  dibcrgae  cach 
hr  dib  olchenae. 

42.  Thcrc  luas  aftcr  ihat  a  iroop  of  (slill)  hanghticr  hcroes, 
nanicly,  thc  scvcn  sons  of  Ailill  aud  Mcdb,  cach  of  ivhom  was  calh'd 
«  Manè  ».  And  cach  M  a  ne  had  a  nicknanic,  to  zvit,  Ma  ne  Fa- 
îherlikc  and  Manè  Motherlike,  and  Manè  Gentle-pions,  Manè  Very- 
pioiis,  Manc  Unslow,  and  Manè  Honcxworded,  Manc  Grasp-theni- 
all,  and  Manè  the  Loqnacions.  Rapine  zvas  wrought  by  thon.  As 
to  Manè  Motherlike  and  Manè  Unsloiu  thcrc  ivere  fourteen  score  in 
the  bod\of  thcir  niarandcrs.  Mane  Fathcrlike  had  thrcehundrcd  and 
ffty.  Manè  Honeyworded  had  five  hundrcd.  Manc  Grasp-ihcni-all 
had  seven  hnndred.  Manè  the  Loqnacions  had  sei'cn  hnndrcd.  Each 
of  the  others  had  five  hnndred  in  the  body  of  his  niarandcrs. 

1.  lucht  Eg. 

2.  uallacha  YBL.  iialclui  St. 
',.  ccch  YBL. 

4.  Annoe  YBL. 

5.  A.  ar  .cccc.  YBL.  caeca  ar  xccc.  St. 

6.  .ui.  St. 


Tl:e  Destruction  of  Dâ  Dcri:a's  llostcl.  45 

43.  Bai  t/iar  r/cbl;i/;J'  (.i.  g//.sniar)  di  tcraib  -  Ci'ialand  di 
Lagnib  .i.  tri  iNiiadcDui  Ci'ialand  (m  marg.  .i.  Cithach  7  Clo- 
tach  7  Conall  a  n-anmand).  Gabtha  dibc;;»,'- daz/o  la  suid///5,  7 
dà  fichit  deac  fô  c\\urp  a  ndib(Vi,v?(',  7  dam  dasachtach  Ico. 
Bàtar  dibévgaig  t/à  t/ian  fer  n-Hnv/Jbi  Haith  Cc);/airc.  Ro|m]b(')i- 
seom-»  do  nirt>  7  c/miachtai  a  n-innarbai  a  tir  Wcxemî  do  ath- 
chor  a  ndibt'^gae  alldnall,  7  tuidccht  dôib  dochom  a  tire  iar 
n-athchor  a  ndib^rgae. 

^).  There  luas  a  valiant  trio  of  Ihe  iiicn  of  Ci'ialu  of  Lcinsicr, 
nameJy,  îhe  thrce  Red  Houmis  of  Cualii,  called  Ccthacb  and  Clo- 
thach  and  Conall.  Noie  rapine  ivas  ivrougbt  by  tbcm,  and  iiuclve 
score  ivcre  in  tbe  hody  of  ibeir  marauders,  and  ihey  bad  a  Iroop  of 
madnien^.  In  Conaire's  reign  a  tbird  of  îbe  men  of  Ireland  luere 
reavers.  He  was  of  (sufficient)  strengtb  and  power  to  drive  îhem 
oui  of  tbe  Jand  of  Erin  (so  as)  io  Iransfer  ibeir  niaranding  io  tbe 
olber  side  (Greaf  Britain),  but  after  ibis  transfcr  ibcy  rclnrncd  io 
tbeir  country. 

44.  IXtan  ràncatar7  formnae  na  fairgge,  cotregat^  fri  Iiigcél 
Qicch  7  Eiccel  7  Tulchinni,  tri  maie  lii  Chtwmaic  9  di  Bret- 
naib,  for  dremniu^*^  na  farrcc.  Fer  anmin  môr  liathmar  anaich- 
nid  in  t-Ingcél".  Ôensùil '-  ina  chind'%  Icthidir^-^  damseche, 


1.  treblang  YBL.  treblann  Si. 

2.  do  Huib  Briùin,  Eg.  di  Uib  Briuin,  YBL.  St. 

3.  leo  side  Eg.  hi  suidib,  St. 

4.  Romboiseom  Eg.  Robaiscom  YBL   Romboi  som  St. 

5.  niurt  St. 

6.  Suggested  by  the  hcrscrkir  of  the  Scandinavians  and  tb.c  fiiior  berser- 
cicus,  «  whcn  tliey  howlcd  like  wild  bcasts,  foamed  at  the  mouth,  and 
gnawed  the  iron  rim  of  their  shields  ». 

7.  ronancatar  YBL.  fo/irancatar  St. 
(S.  co'/drecait  Eg.  cotrccat  YBL.  St. 

9.  fri  hingcel  Caech  7  Eiccel,  f;i  da  mac  hui  Conmaicne  YBL.  9^-»  31. 
f[ri]  Incel  caech  7  Eicel  7  fri  da  mac  huai  C(i;/maicne,  St. 

10.  druimni  St.  druimne  YBL. 

11.  fear  anmin  ualhm  r  St. 

12.  oentSLiil  St.  oenshuil,  YBL. 

13.  asa  étun,  Eg.  asa  étan  YBL.  asa  etan  St. 

14.  lethir  St.  Icithithir  YBL. 


46  Wltitley  Siokcs. 

diiibithir  dcgaid',  7  t;i  -  maie  imlcsscn  intc.  Tri  cliét  dcc  fo 
chiirp  a  dilv/gac.  Bàtâr  lia  dibcrj^rt/V  fer  n-EnW  andâti'. 

4^.  H'hoi  they  had  rcached  ihe  shoulJer  of  ihe  sca,  thcy  tiieel 
Iiii^cél  ihe  One-eyed  and  Eiccel  and  Tnkhinne,  îhree  grealgrand- 
sons  of  Connuic  of  Britain,  on  tbc  raging  of  ihe  sea.  A  man  un- 
geiilli',  huge,  fcarful,  uncouth  luas  Ingcél.  A  single  cye  in  bis  head, 
as  broad  as  an  oxbide,  as  hlack  as  a  chafer,  icitb  tbree  pupils  tberc- 
iii.  Tbirlccn  bnndred  luerc  in  ibe  hody  of  bis  marauder  s.  Tbe 
marauders  of  tbe  tnen  of  Erin  luere  more  numerous  lljen  tbey. 

45.  Tiagait^do  niuirchomruc  forsind  |f]airrcc.  «  Nâ  bad  cd 
dognethi^,  ïor  Ingcél  :  nâ  brisid  fir  fer  f'rnd^,  dâig  abtar"  lia 
andûsa^. 

Noco  raga  acbt  comlond  fo  chut/'anim//.f  f();tso,  ft>;'da[d]9 
dibfTga'°  Herend  ". 

Ata  ni  as  ferr  dùib,  or  Ingcél.  Dénam  côrai  ol  atobrarbradsi -^ 
(.i.  robar-CLU'cd)  a  tir  Hijrend,  7  atonrârbadni'>  a  tir  Alban  7 
Brettan.  Dcnam  ôcntaid  etrond.  Taitsi  ro  »odroldid  ^4  {or  ndi- 
beirg  imtir-se,  7  tiago-sa'5  libse  ronid-ralôr  "^'  nio  diheirg  inbar 
tir-se  '".  » 


!.  dethaig  YBL. 

2.  sechi,  Eg. 

3.  OUI.  St. 

4.  Lotar  iariim,  Eg.  Batar  St.  YBL. 

5.  dogncth  St.  YBL.  Dia  ndernaid  (or  comracc,  Eg. 

6.  formsa  Eg.  YBL. 

7.  ahtar  «  ye  are  »,  itib  YBL.  St. 

8.  octts  ciamad  lia  missi  andàthisi  ni  rachad  acht  comlond  fa  conilin, 
Eg.  ni  raga  ach  to  comland  fortso.  St. 

9.  f'ortat  YBL.  St.  In J'oniad  (or  foni al,  ihcl  lias  beconie <i  before the  do( 
diberc^a:  see  Kuhn's  Zeitsclir.,  XXX. VI,  275,  and  cf.  couattxh\d\  dig,  and  da- 
lemaiu  ata[d\  dcch,  infra. 

10.   dibcrgaig  YBL. 
]  I .   Eg.  omits  this  sentence. 

12.  ol  atarrobradsi  LU.  oltat  dobrarbadse  YBL.  ol  atdobrarbadse  St. 
1 5.  atanrarbadne  YBL.  atonrarbadhne  St.,  Robar-toibnedsi  a  tir  Herenn  7 
ror-taifncdni  Eg. 

14.  ticidsi  conralaid  Eg.  taitsi  ro/zatralaid  YBL.  taitsi  (Towathralaid  St.  leg. 
conidrolaid. 

15.  tiagsa  Eg.  YBL,  tiagatsa  St. 

16.  coraior  Eg.  coind  ath/alor  YBL.  comd  athralur  St. 

17.  i  far  tir,  YBL.  in  far  tir  si,  St. 


Tlw  Destruction  of  [\i  Dcrga's  Hostcl.  47 

4).  Tl.h'y  i^^o  for  a  scii-cucouulcr  on  ihc  main.  «  Yc  should  not 
do  tins  »^  sa\s  Ingccl  :  «  do  nol  hrcak  the  Irnlh  of  nicn  (fair  play) 
upon  IIS,  for  ye  arc  more  in  uumlh'r  than  I .  » 

«  Noiighl  lui!  a  combat  on  equal  tcrms  sball  l'cfall  thcc  »,  say 
ihe  rcavers  of  Erin . 

»  Thcrc  is  somcichat  bcttcr  for  yoii  »,  qiiotb  Ingccl.  «  Lct  us 
makc  pcacc  sincc  \c  haie  hccn  casi  ont  of  tbc  land  of  Erin,  and  wc 
hâve  bec  II  cast  ont  of  tbc  land  of  Alha  and  Britain.  Lct  iis  make 
on  agreemcnl  bctivecn  us.  Comc  ye  and  zvreak  your  rapine  in  iny 
countrx,  and  I  will  go  u'itb  yoii  and  lureak  my  rapine  in  your 
country.  » 

46.  Dogniat^  in  coniairle  hisin,  7  dobcrtatdr  glinni-  ind 
disiu  7  anall.  It  é  ait/re  dobretha  do  Ingcél  6  fcraib  Wcrend,  .i. 
Fer  gair  7  Gabur?  (jio  Fer  lee)  7  Fer  rogain,  im  orgain  bad 
toguide>  do  Ingcél  i  n-Er///J  7  orgain  bad  zogaidc'y  do  niiiccaib 
Duind  Dcssa  i  n-Albain  7  i  mBretnaib. 

46.  They  follow  tbis  counscl,  and  ibey  gave  pledges  ihcrefor 
from  this  sideand  from  ihat.  Tbere  are  tljc  suret ies  that  were given 
lo  Ingcél  by  the  men  of  Erin,  nainely,  Ecr  gair  and  Gabur  (or 
Fer  lee)  and  Fer  rogain,  for  t/jc  destruction  that  Ingcél  should 
choose  (to  cause)  in  Ireland  and  for  the  destruction  thaï  tbc  sons  of 
Donn  Déssa  should  choose  in  Alba  and  Britain. 

47.  Focres^  crandchor  fcrro  ài'is  cia  dib  lasa  ragtha  i  tossoch. 
Dothuit  dul  la  Ingcél  dochom  a  thire.  Lotariarom  co  Bretnu, 
7  oirg/Zjf  athair  7  mâthair  7  ■xsecht  nderbrathir  am^/  ro  ràidsem 
reond.  Lotar  iarsin  dochom  nAlban,  7  ortatar  a  n-orgain  and, 
7  doathlasat/  iar  suidi  dochom  n-Erend'^. 

1.  Dognither  iar»m,  Eg.  Dogiiith  YBL.  Dogiiitiicr  St. 

2.  Argit  da//o  glinni,  Eg. 

5.  .i.  Gcr  7  Gabol.  Eg.  Gcr  7  Gabï/rSt. 

4.  ba  togaide  St.  f;i  togaiiihi  YBL. 

5.  ba  togaidi  YBL. 

6.  Doronta  cranchor  leo,  Eg.  Focreasa  crandclior  forru,  YBL. 

7.  athralsat  YBL.  atralasat  iar  suidiu  St. 

8.  For  this  and  the  prcccding  sentence  Eg.  has  only:  Lotar  iarum  la 
hlngccl  docum  n-Albfl«  oais  ortatar  a  n-orgain  and.  And  so  YBL., 
omitting  la  l]Iiigcel. 


48  [Vhitlcy  Stokes. 

4/.  A  loi  zi'ijs  cast  upon  thon  lo  see  with  ivhich  oj  ihetn  they 
shoiild  go  first.  Il  fcll  thaï  (thcy)  should  go  ivilh  Iiigcél  lo  his 
couulry.  So  ihcy  madc  for  Britain,  and  (ihere)  his  fathcr  and  tno- 
iher  and  his  seven  hrothcrs  luere  slain,  as  ice  hâve  said  hefore. 
Thocaficr  thcy  uiade  for  Alba,  and  ihcrc  ihcy  wronghl  ihe  dés- 
ir uclion,  and  ihcn  lhc\  rehirncd  lo  Erin. 

48.  IS  andsin  tni  dolluid  Co;zairc  mac  Etcrscéili  iar  Slige 
Chualand  dochom  |LU.  85']  na  Brudnc. 

IS  and  sin  tancatar  na  dibf/ga  '  œ  mbatâr  i  n-airiur  Brcg  co- 
marda  Étuir  forsind  flirrci-. 

IS  and  aslv/tauir  na  dibtvgac  5  :  Tcilcid^  sis  na  scolu, 
7  dénaid  ôenbiidin  dibf(Jrsind  tarrci  arndchbar-accaist^r  as'tirS, 
7  ctar^  nacli  traigéscaid  ûaib  isa  tir,  dûs  in  fugebmdis/  tes- 
orcain  ar  n-cncch^  f/'i9  Ingcc!.  Orguin  fôn  orguin  dorât  dûn^°. 

^cV.  'Tis  ihcn,  noiu,  thaï  Conaire  son  of  Etcrscékiucnl  toiuards 
lik'  Hostel  along  Ihe  Road  of  CiiaJii. 

'Tis  then  ihat  ihe  reavers  came  till  ihey  zuere  in  ihe  sea  off  the 
coast  oj  Bregia  overagainst  Howth. 

Then  said  the  reavers  :  «  Strike  ihe  sails,  and  make  one  band  of 
you  on  the  sea  that  ye  may  not  he  sighted  froni  Jand ;  and  let  sonie 
lightfoot  be  fonnd  froni  aniong  you  to  go  on  shore  to  see  if  we  conld 
save  oiir  honours  u'ith  Ingcél.  A  destruction  for  the  destruction  he 
has  given  us.  » 

49.  Os/,  cia  ragas  dond  éistechf  isa  tirPEirged^-  nech  las 

1.  dibcrgaig,  Eg.  YBL.  94''. 

2.  facomair  Beinni  Étair  immach  ar  in[f  |airgi,  Eg.  The  comarda  of  LU. 
(=  comardu  YBL.  comardda;,  St.)  seems  a  deriv.  of  comair,  Cvmr.  cyfer, 
Corn,  kever. 

3.  nâ  dibfvgac  LU.  dibercaig,  Eg. 

4.  Lecid  St.  telcid  YBL. 

5.  arna  aiccithir  sib  do  tir,  Eg.  aniacliabhaccastar  asti'r  YBL.  na  faicther 
sib  don  tir,  St. 

6  cthath  St.  cththar  YBL. 

7.  fagbaimis  YBL.  faigbimis  St. 

8.  n-enig  St.  n-ainech  YBL. 

9.  a  leth  f/i,  Eg.  do,  St. 

10.  i.  e.  mar  an  argain  dorât  dun,  St. 

11.  eitseacht  YBL. 

12.  sic  Eg.  Om.  LU.  raclna  YBL    (=  rachthai)  tcged  St. 


The  Destntclion  of  Dâ  Deigas  flostti.  49 

mbeth'  na  t;i  bûada  |and,  ol  Ingcél,  Eg.]  .i.  bûaid  cliuiisse^ 
7  bua/J  rodairc  7  biu//d  n-airdnii/^j'a  ? 

Atd  limsa,  ior  Manc  Milscothach,  huaid  duaisse. 

Atâ  limsa  dam),  forMane  Andôe,  bua/Jrodeirc  7  airdmi/LU. 

IS  maith  a^  dul  duib  amlâid,  for  na  dib^rcaig,  fô  a  n-innas 
sin4. 

4p.  «  Who  îi'ill  go  on  shorc  lo  listen  ?  Let  soine  onego  »_,  says 
Ingcél,  «  luho  should  bave  there  the  three  gifts,  n.inidy,  gift  of 
hearing,  gift  of  far  sight,  and  gift  of  judgnicnt.  » 

«  /  »,  says  Manê  Honcywordcd ,  «  bave  tbc  gift  of  bcaring.  » 

«  And  I  »,  says  Manc  Unslow,  «  Jjavc  tbc  gift  of  far  sigbt 
and  of  judgmcnt.  » 

«  'Tis  zvcll  for  yoH  to  go  ibiis'ï,  »  say  tbc  reavers:  «  good  is 
that  u'ise.  » 

50.  Tôtiagat^  nc5/zbor  iarom  co  mbâtar  (or  Beind  Etair,  dûs 
cid  roclôtis  7  adcheds. 

Ta  (.i.  clostid)  chein  !  for  Mane  Milscothach, 

Cid  sin  ?  (or  Mani  Andôi. 

Fuaim  n-echraide  fông7  rocluiniursa^. 

Atchiu-sa9  tria  bûaid  rodeirc,  (or  a  chéli. 

G's/.  cid  atci-siu.  hi  suidiu  ^°  ? 

Atchiu-sa  and,  for  se,  cchrada  dna  aurarddai  ailde  agmara 

1.  lassa  mbi'ad,  Eg.  lasa  mbcth  YBL.  lasimbia  St. 

2.  n-éistechta,  Eg. 

3.  For  the  force  of  a  hcro  cf.  iinici  tk-cljt  »  in  so  going  »,  Wb.  11'^  22, 
and  is  J'en-  a  ledit  LU.  ioo>  10.  a  tiiiileebt  Wll.  Tlie  ainhiid  is  tautologous. 
YBL.  omits  it 

4.  fon  mdits  sin  YBL.  IS  coir  iannn  duib  dul  fon  ind^i"  sin,  ar  na  di- 
b^rgaig,  St. 

5.  litcrall}'  «  it  should  be  gone  «. 

6.  luid  St.  Dotiagad  YBL. 

7.  Cf.  fogur  carpait  forig,  «  noise  of  a  good  king's  chariot  »,  Lismore 
Lives,  1.  1 163. 

8.  itcluinimsi,  St. 

9.  Atachiusa  YBL.  Atciusa  daHO  St. 

10.  in  nosa  St.  For  the  last  six  lines  of  §  49  and  the  first  seven  Unes  of 
5  50  Eg  122b  2  has  only:  Ataat  linni  a  triur,  ar  meicc  Duind  Déssa.  ochs 
ragmaitne  ann  :  Missi  iib,  ol  Ingct7. 

Luid  iarsin  Ingcél  7  tri  meicc  hi  Duind  Désa  cor'gabsat  de  Scscund  liUair- 
beoil  hi  tirib  Cûaland  dond  iaircse. 

IS  annsin  ro  airigsetar  réim  Conairi  atûaid  cuccu. 

IS  annsin  atbivt  InghaV  ri  Fer  ngair:  Cid  et«/'  atchisi  ?  Co*;id  ann  atbt;rt. 

Revue  Celtique,  XXII.  4 


50  Whitley  Stokes. 

allmarda,  foscnga  sci'thn  sccinnmcclia,  fcgi  faebordae  femmdae. 
forcim  ■  tbcrotha  morcht-ltar  lalmaii.  doriadat  -  ilardac  uscib 
indLvraib  ingantaib. 

/o,  Thcn  niue  mcn  go  on  till  ihcy  lucrc  on  ibc  Hill  of  HowlJ), 
to  huùw  luhal  lhc\  iiiighl  hcar  and  sec. 

«  Be  stiJl  (i.  e.  hcarkcn)  a  zvhile  !  »  says  Ma  ni'  Honcy-ivordcd . 

«   Whal  îs  that?  »  ash  Matiè  Unslou». 

«   The  Sound  of  a  good  Jcing's  cavalcade  I  hear.  » 

«  By  ibe  gifl  of  far  sighl,  I  sec  «^  qiiolh  bis  conirade. 

«    JVhal  seest  ihou  hère?  » 

«  /  see  iherc  »_,  quoth  he,  «  cavalcades  splendid ,  lofty,  beautiful, 
zuarlike,  foreign,  someiuhat  slender,  iveary,  active,  keen,  ivhettcd(?), 
véhément  (?)  a  good  course  that  shakes  a  gréai  cavering(?)  oj  land. 
They  fare  to  many  heights,  with  wondrous  waters  and  invers.  » 

51.   «  Citnc  usr/  7  ardae  7  inbrra  dorriadat  ?  » 
«  ^xansc.  INdcoin,  Cuit?,  Cuilten4.  Mâfat5,  Ammat,  îar- 
maflu,  Finne,    Goiste^,  Guistine.   Gai   glais/  l'ias   charptib^. 
Calga9  dét  îors  liastaib.  Scéith  airgdidi  ùasa  n-ullib'°.  Leth- 
riiith"  7  letbgobra.  Etaige  cech  ôendatha  impu. 

«  Atchiusa  iarsin  sain[s]labra  sainâithe'-  remib  .i.  t;-i  côccait 
gabur  ndubglas.  Itt  é  cendbcca,  corrdcrga,  biruich,  basletliain, 
bolg[s]rôin '3,  bruinnideirg,  beôlaide,  s[o]aitside'4,  soga- 
baldai'5,  crechfobdi,  fcgi,  fâebordac,  femr;;dae,  con^.  t/ib  càt:c- 
taib  srian  cruanmaith '^  friu. 

1.  Icg.  fô-rcim 

2.  dorriaghat  YBL. 
5.  Coït  St. 

4.  Tultcn  St.  Iiincoin  coït  cuillcnd  semot  mafotherm,  Eg. 

5.  Madat  St. 

6.  Findi,  Goisce  YBL.  Finiic.  Goi.sce  St. 

7.  glas.sac  Eg.  glas  YBL. 

8.  cairpthib  scrutaidi  Eg. 

9.  taga  St.  calca  YBL. 

10.  os  iiillib  St.  huas  uillib  YBL. 

1 1.  Icithrcd  Eg. 

12.  sainigthc  Eg.  sainaigtlii  YBL.  sainaigthe  St. 

13.  bolgsroin  St.  bolcsroin  YBL. 

14.  .soastaidc  Eg.  saitsidc  St.  YBL. 

15.  fogab.iltaidc  Eg.  sogabaltaigc  YBL.  sogabalta  St. 

16.  co  criian  7  maithni  Eg    criianmaitlinc  YBL.  cruanmoethno  St.   . 


The  Destruction  of  Dâ  Dcrga's  Hostel.  5 1 

//.  «  Wbat  arc  the  ivalcrs  and  hcights  ami  invcrs  that  thcy  tra- 
verse ?  » 

«  Easy  ta  say  :  Indéoin,  Cuit,  Cuiltcn,  Mâfat,  Animât,  lar- 
inâfat,  Finnc,  Goiste,  Guisline.  Gray  spcars  over  chariots:  ivory- 
hilted  swords  on  tJjigbs:  siivery  shields  above  tljcir  ciboivs.  Haij 
red(?)  and  Jjalf-wljitc.  Garmcnls  of  every  coloiir  aboiit  tljcin. 

«  Tljcreafter  I  sec  bcforc  tJjcm  spécial  cattle  specially  kcen,  to 
luit,  thrice  fifty  dark-gray  stceds.  Small-headed  are  they,  rcd- 
nosed  (?),  pointed,  broad-hoofed ,  big-nosed,  red-chested,  fat,  casily- 
stopt^,  easily-yoked,  foray-nimble-,  keen,  iuhctied(?),  véhément  (1), 
with  their  thrice  fifty  bridles  ofred  enamel  upon  theni.  » 

)2.  TongMja5  a  toinges  mo  thûath,  îor  fer  ind  rodairc,  is 
slabra4  (.i.  is  cethir)  nach  suthchernai  insin.  Is  iî  mo  aird- 
mi//i[s]a  de,  is  é  Conairc  mac  Et^rscéle,  co  farninaib"^  fer 
nErend  n-imbi,  darôer  in  sligi  ". 

Tiagait  for  cùlu  iarom  co  /z-ecsetâr^  dona  dibe;'gaib9.  jssed 
inso  ro  chiialammdr  7  atconnarcmdr,  ar  iat^°. 

)2.  «  /  szuear  by  luhat  my  tribe  sivears  »,  says  the  man  of  the 
long  sight,  «  thèse  are  the  cattle  of  sonie  good  lord.  This  is  my 
judgment  thereof:  it  is  Conaire,  son  of  Eterscéle,  with  multitudes 
of  the  men  of  Brin  around  him,  who  has  travelled  the  road.  » 

Back  then  they  go  that  they  may  tell  (it)  to  the  reavers.  «  Tins  », 
they  say,  «  is  luhat  -webave  heard  and  seen.  » 

53.   Bdtâr  sochaide,  ira,  eter  siu  7  aiiall,  in  tsluaig-se '^  .i. 

1.  -ailside  for  -aisl'uli,  part.  perf.  pass.  oi  -aslaim. 

2.  -fobcii,  pi.  n.  oî fobliaid  .i.  luath  nô  ésgaid,  O'Cl. 

3.  Tungsa,  Eg. 

4.  marcsluag,  Eg. 

5.  issc,  Eg.  is  c,  St.  IS  lii  mo  airdmcs  do,  YBL. 

6.  formna  St. 

7.  do  toct  clîuccLind  issin  sligid,  Eg  122'' 2.  doret  intligi  YBL.  doret  in 
tsligi  St. 

8.  co  lidccdetar  Eg.  ro;/decdatar  YBL.  (Icg   conccatar)  7  indisit  St. 

9.  dibcrgachaib  YBL.  St. 

10.  isstv/  so  itcualamar  7  atchonncamar,  St.  adù)/niarcmar,  YBL.,  omit- 
ting  ar  iat. 

11.  Batar  sochaidi  tra  iatsom  twr  allmarchu  7  ercii.icha.  Rob  c  \mm.i'-ro 
a  lin  huli  himmalle,  Eg.  Bai  sochaide  tra  adiu  7  anall  in  thsluaig,  St. 


5  2  Wintlty  Siokes. 

t;-i  côccait  cluirach  7  côic  mi'li  '  indib,  7  dcich  a'7  in  cach  mili. 
Ro  thocaibsct-  iaroni  na  scolu  forsna  curchu5,  7  dos-curcthar-* 
dochom  tire,  co  ragbaisct5  hi  T/acht  Fuirbthi. 

i).  Of  this  host,  ihen,  there  was  a  niultilitde,  hoîh  on  this  side 
and  on  that,  nanicly,  Ihricc  fifiy  boats,  wilh  fivc  tbousand  tu  iheni, 
and  ien  hundrcd  in  cvery  tbousand^.  Then  they  hoisted  the  sails  on 
ihe  bonis,  and  stccr  thcm  ihcncc  lo  sborc,  till  ibcy  landcd  on  tbe 
Sir  and  of  Fnirblbc. 

54.  Intan  ro[nJgabsat'  na  curaig  tir,  is  and  rom  [LU.  85^]- 
b(')i^  Mac  cecht  oc  béim  tened9  i  niBrudin  Dà  Dergae.  La 
fi'iaim  na  spréde  focressa  na  tn  côecaii  curach  ^°,  co  mbatâr  [or 
fc/mnu  na  fairrcc. 

Ta  chcin  ^%  ior  Ingccl,  samailtc  latso'-,  a  Fir  rogain  ? 

Ni  fetM/'sa,  ol  Fer  rogain,  manid  Luchdond''  cainte  fail  i 
n-Emain  Macba  dogni  in  [m]bosc)rgiiin-se  oc  gait  a  bid  aire '4 
ar  ccin,  nô  grech  ind  Luchduinn '^'  [tiiiar  Hg.J  hi  Temair 
Lochrac,  ;/('  béini  spréde  Maie  cecht  oc  dtûd  tened  n'a  rig  n- 
Erend  airm  hi  foi  '^.  Cach  spréd  t;a,  7  cach  frass  doleiced  a 
tene'"  îor  lar  no  fonaidfidé'^  cet  lôeg  7  di  lethorc  fria. 

1.  tri  .111.  churach  7  .11.  mi'li  chct  LU.    u.  mili  Eg. 

2.  Arrotliocaibsct  St-  Read  an-ocaihset,  and  cf.  arrocbat  LL.  249-' 2. 

3.  (or  na  curchaib  Eg.  for  na  crundu  YBL.  ara  curacliaib  St. 

4.  nos  curethar  St. 

5.  rogaibsct  Eg.  rogaibseat  YBL.  rogabsai  St. 

6.  Hcnce,  and  irom  £  58,  it  seenis  that  )////<■,  like  the  Germanie  thûsundi, 
was  originalK'  a  vague  abstract  noun  meaning  «  niany  hundreds  ». 

7.  rongabsat  YBL. 

8.  robui  YBL. 

9.  is  ann  bai  Mac  cecht  ic  bcin  teined,  St. 

10.  rascLiichset  himmach  o  thir,  Eg.  na  tri  choectu  curach,  YBL. 

1 1.  coistid  bic,  Eg. 

12.  saniahai  lettso,  Eg.  cid  samaha  so.  St. 

13.  manib  hi  Luchtondd,  Eg.  manc  be  Luchdon,  St. 

14.  fair  St. 

15.  luchtlioind  Eg.  luchduind  YBL.  luchtuinn,  St. 

16.  airm  hi  fuil  hinocht.  Eg.  airm  i  loi  innocht.  St. 

17.  in  sp/vd,  YBL. 

18.  cech  frasta  |leg.  fras  t;a|  nnviono  doleiced  in  spréd  for  lar  no  fonfiii- 
thea,  Eg.  for  lar  fonuinfidi  cet  laeg  7  de  lethorc,  YBL. 

Cech  fras  fa  dolleicid  in  tened  do  spredaib  ar  lar,  no  fui[n]feda  cet  laeg 
7  de  letorc,  St. 


The  Dcsiruilion  of  Dà  Dcrgd's  Hostel.  5j 

Ni  thuca  and  in  ter  sin  (.i.  Conaire)  innocht,  tardât  mtiic 
Duind  Désa.  Is  liach  a  bith  [fo  dochur  namat  —  Eg.']. 

Ni  bu  liachu  side  limsa-,  for  Ingcél,  indâs  ind  orcuin  do- 
ratsa  diiibse.  ba  hé  mo  lithsa  co  mbad  hé  docorad  5  and  4, 

j4.  Whcn  thc  boats  reached  land,  thcn  luas  Mac  ccchl  a-siriking 
firc  in  Dà  Derga's  Hosîel.  At  thc  soitnd  of  thc  spark  thc  ihrice  Jjfty 
boats  lucre  hiirlcd  out,  sa  fhiil  thcy  -lucrc  on  thc  shouldcrs  of  thc  sea. 

«  Be  silcnt  a  zvhUc!  »  says  Iiigccl.  «  Likcn  thon  that,  0  Fer 
rogain.  » 

«  /  knoia  not  »,  ansiucrs  Fer  rogain,  «  lailcss  it  is  Luchdonn 
thc  satirist  in  Einain  Macha'\  who  uiakcs  Ihis  hand-sniiting  ivhen 
his  food  is  taken  front  hini  perforée  :  or  ihc  scrcaiii  of  Luchdonn  in 
Tentai r  Luachra  :  or  Mac  eecht's  siriking  a  spark,  when  he  kindh's 
a  firc  before  aking  of  Erin  whcrc  he  siccps.  Evcry  spark  aiid  cvcry 
shower  which  his  fire  luoiihi  Ici  fall  on  thc  floor  would  broil  a 
hiindrcd  calves  and  tiuo  half-pigs. 

«  May  God  not  bring  that  nian  (cvoi  Conairc)  Ihcre  lojiighl  !  » 
say  Donn  Dcsa's  sons.  »  Sad  thaï  hc  is  uiidcr  thc  hnrf  of  focs  !  » 

«  Meseents  »,  says  Ingcél,  «  //  should  be  no  saddcr  for  me  than 
the  dcstrtiction  I  gave  you.  This  luere  niy  feast  th.it  he  (Conairc) 
should  chance  (to  conic)  there.  » 

55.  Tos-cuirethar  a  coblach '''  dochom  tire.  A  ngloim  "  ro 
Idsat  na  tri  côecait  curach  oc  tuidecht  hi  tir  forrochrath''^ 
Briidin  Dd  Dergae9,  connd  rabi  gai  [na  sciath   —   Eg.]  ior 


1.  is  liach  garsecla  do,  St. 

2.  ni  mo  mmorro  is  liach  libcbsi(!)  in  sgél  sin,  andàs  ropa  liach  limsa 
ind  orgain  doralH^a  dùibsi  i  n-Albam,  Eg.  nirluga  ba  liach  limsa  ind  argain 
ortabairsi  limsa  7  doratwj  duib.  St.  ni  bud  Hacha  suidiu  limsa,  for  Ingccl, 
indas  inn  orcuin  doratsa  duibse,  YBL. 

5.  docuired,  Eg. 

4.  Robad  he  mo  lithsa  co  mbad  he  nothccmad  ann  innocht,  St. 

5.  now  the  Navan  fort,  two  miles  west  of  Armagh. 

6.  Doscurethar  iartain,  Eg.  Toscuirithir  YBL.  omitting  a  coblacli 

7.  In  gloimm  7  in  bresmaidm,  Eg. 

8.  ro  crithnaig  7  ro  crothastar,  Eg. 

9.  Gabsat  dochum  thire  iarsin  co  fortren  feramail  na  tn  coecait  c»/'ach, 
7  an  glom  ro  lasat  na  barcu  dochom  thire  ro  la  in  Bruiden  uile  i  cor  7  i 
crichnagad  [Icg.  crithnugud],  St. 


54  Whitlcy  Stokcs. 

alchaing   intc,   acht  ro  làsai  grith  co  mbatàr  ior  lar  in   tige 
uli'. 

)).  Their.flact  is  slccrcd  toland.  The  noise  that  the thrice  fifty 
vessels  iiiaiic  in  noiu'ni^  asborc  shook  Dâ  Dcrf^as  Hostcl  so  that 
no  spear  nor  shiclii  reniai  uni  on  rack  Iheirin,  but  tlje  weapons  ut- 
teicd  a  cry  and  j'cll  ail  on  the  floor  of  the  hoiise. 

56.  Samailte  lat-,  a  Chon^m-,  far  cdch,  Eg.],  cia  fûaim 
so5? 

Nim-thâsa  a  samail  acht  manid  talani  iinir.id-rôc  ■*  (.i.  ro 
bris),  uô  manid  5  in  Lcuidan  timchella^  in  ndomon  adchomaic 
a  crball  do  thôcliur  in  betha  tar  a  chcnd^,  nô  barc  mac  Duind 
Désa  ro  gab  tir.  Dirsan  nâptar  hc  bâtar^  and  !  Bâtâr  comaltai 
carthanaciia9  diind.  Bâ  inmain  in  hanlag'°:  nisn-âigfimmis  ■' 
innocht. 

IS  and  ranic  Co;/aire  co  mbôi  hi'-  taichthi  na  Bruidni''. 

)6.  «  Liken  thon  that,  0  Conaire  »,  says every  one:  «  what  is 
this  noise  ?  » 

«  /  knoiu  nothing  like  it  nnkss  it  be  the  carth  thaï  has  broken, 
or  the  Leviathan  that  sur  rounds  the  globe^^  and  strikes  with  its  tait 
to  overturn  the  ivorld,  or  the  barque  of  the  sons  of  Donn  Désa  that 
has  reached  the  shore.  Alas  that   it  should  iiot  be  they  who  are 

1.  rolaiset  armgrith  7  torcratar  for  lar  na  Bruidno,  Eg.  rolaisct  g*ith  co 
mbatar  ar  lar  Bruidne  Da  Dc/gïe,  St. 

2.  Samalta  Ictso  so,  Eg. 

3.  cid  in  fuaim  atdcûalamar,  Eg.  Cid  so,  a  Chonairc,  ol  a  muindter,  7 
cia  samail  in  fuaimsea?  St. 

4.  niaHib  talam  dluges  ar  do,  Eg.  Ninitha  a  ishamail,  ol  Conaire^  manip 
talam  ro  mebaid,  St. 

5.  mawib  he  Eg.  manib.  St. 

6.  timccllas  Eg.  St.  timchcl.i  YBL. 

7.  do  chor  in  betha  dar  cend,  Eg.  darachcnn  St. 

8.  nach  iat  ata,  Eg. 

9.  carthacha  YBL.  Bâtir  comalta  cartantach,  St. 

10.  fiallach  n-isin,  Eg.  Batar  immain  in  hàWach  ann,  St. 

1 1 .  -âigsiwmiSjLU.  -âgJimis,Eg.  -aigJîinis,\'BL.  ni  faighmisni  inocht  damtis 
iat,  St. 

12.  ar  faigthi  na  bruidne,  St. 
15.  bruidne  YBL. 

14.  Cf.  the  .Midhgardhsormr,  the  world-serpent,  «  whosecoils  gird  round 
the  whole  Midgard  ».  In  old  kcLuidic  translations  of  legends  Ln'iathan  is 
rendered  by  Midijgardiisoniir,  Cleasbv-Vigfusson. 


Tlic  DiStnution  oj  Dà  Dcrgas  Hostcl.  55 

Ihcrc  !  Bclovt'il  Joslcrbrolbcrs  ofour  oiun  wcrc  ihcy  !  Dcar  lucrc  ihc 
champions.  IVe  shottld  iiol  hâve  feared  thein  tonight.  » 

Thcii  came  Conaire,  so  thaï  he  luas  on  ihe  green  of  Ihe  Hostel. 

57.  Intan  vo  clu'iahi'  Mac  cecht  in  fothrond-,  atar  lais 
roptar  ôic  tancatâr  co  a  muint/r3.  La  sodain  forling  1  a  gaisced 
dia  cobair.  Aidblitliir  Ico  bid>  torandchlcs  tri  a'7  a  chluiche  oc 
forlâim^  a  gaiscid".  Ni  bai  bàa  di  sodain  de  sin^. 

jy.  When  Mac  cecht  heard  ihe  tnniiiltnoiis  Jioise,  il  sceiiied  ta 
him  that  icarriors  had  attacked  his  people.  Thereat  he  leapt  o}i  lo  his 
armoiir  to  help  them.  Fast  as  the  thunder-feat  of  three  hiindred 
did  ihex  deem  his  gaiiie  in  leaping  to  his  îueapons.  Thereof  there 
iras  no  profit. 

58.  IN  barc  iarom  i  mbatar  maie  Duind  [Désa],  ba  inte  bôi 
in  caur  mârthrclmach  andiaraid  inna  brainc9  na  barce,  in  léo 
uathmar  andsa,  Ingcél  Câech  mac  ui  G';/m(7/c  ''^.  Lethithir 
damsecbi  ind  oensùil  bôi  asa  étun.  5(r/;/ m^7/c  imlesain  inte'% 
Bàtar  duibitliir  degaid'-.  Meit  chori  cholbtbaigt''?  cechtar  a  da 
glûne  '-I.  Méit  chléib  bùana  cechtar  a  da  dordn  '>.  Meit  mulaig 
forgut^^  mella  a  dromnia.  Sithithir^7  cuing  n-ûarmedoin  ^^ 
cechtar  a  dd  lurgan. 

1.  ronchuala  YBL. 

2.  foidtrom  St.  fothronn  YBL.  In  LU.  this  sentence  ends  j  56,  and  Atar 
lais,  etc.  begins  §  37. 

3.  andar  laiss  ropa  bidbaig  no  ecnâmait  tancatâr  dochum  a  munt/Ve,  Eg. 

4.  gabais  St. 

5.  Indar  léo  ba,  St. 

6.  a  cuiclige  oc  forlaimm,  YBL. 

7.  cuiclige  ic  urtôcbàil  a  gaiscid,  Eg.  a  cui[cllige  a[c]  gabail  a  arm,   St. 

8.  Eg.  St.  and  YBL.  omit  this  sentence,  which  was,  perhaps,  a  mar- 
ginal remark. 

9.  imbraine  YBL.  St. 

10.  CoHma/cne,  St.  Co;mw/Vni  YBL. 

11.  indi,  Eg.  imblesan  inti,  YBL. 

12.  Ba  duibitliir  déga  hi,  Eg.  123^'  1.  Batû/'  dubithir  dethaigh,  YBL. 

13.  méit  core  hi  rachad  colptach,  Eg. 

14.  glûn  Eg.  glun  St.  gluine,  YBL. 

15.  adbrond  Eg.  dornn  St. 

16.  muUaig  ar  gut  St.  for  gad,  YBL. 

17.  sithir  St. 

18.  n-imechtraid,  Eg.  n-iarmedoin  St. 


56  WliitUy  Slokis. 

Gabsat  t;a  [iarsin  na  .111.  curaig  ocus  —  Eg.J  na  côic  mili 
cet  sin,  7  dcicli  a7  cacha'  mili,  hi  T/acht  Fuirbthc-. 

;cV.  Kinv  in  thc  bcnv  of  the  ship  wherein  werc  Doini  (Désa's) 
sons  ziuis  thc  champion,  grcally-accoi4ticd,iL'rathful,  thc  lion  hani 
and  au'J'id,  Ingccl  tljc  Onc-cycd,  orcat-grandson  of  Conniac.  Widc 
as  an  oxhide  was  thc  single  eye  protruding  froni  his  forehead, 
ivith  scvcn  pupils  ihcrcin,  which  wcrc  hlack  as  a  chafcr.  Each  of 
his  knccs  as  big  as  a  stripper's  caldron  ;  cach  of  his  tzuofists  was  the 
si-^e  of  a  reaping-basket  :  his  buttocks  as  big  as  a  chccse  on  a  wilhe  : 
each  of  his  shins  as  long  as  an  outcr  yokc. 

So  after  that,  the  thricc  fifty  boats,  and  ihosc  Jivc  thousands 
—  with  icn  hundrcd  in  rccry  ihousand,  —  landcdon  the  Strand  oj 
Fiiirblhc. 

59.  Luid  tra  Con^m*  cono.  muint/V  isin  mBrudin,  7  gab^/V 
càch  a  suidc'  is'tig,  ctcr  gess-i  7  nemgess);  7  gabsat  [LU.  86*] 
na  t/i  Deirg  a  suide 5,  7  gahais  Fer  caille  cona  mine  a  s[h]uide. 

/f?.  Then  Conaire  with  his  people  entcrcd  the  Hostel,  and  cach 
took  his  seat  within,  both  tabu  and  non-tabii.  And  the  three  Rcds 
took  their  seats,  and  Fer  caille  with  his  swine  took  his  seat. 

60.  Tosn-dnic^  Da  Dergae  iarsin/,  t/i  .111.  ôclàch^,  7  fotol- 
b^rrad9  co  dais  a  da  chûlad  (or  cach  fir  dib,  7  gerrchochoU  co 
mell  a  ndâ  ldrac'°.  Berdbroca^'  brccglassa  impu:  tri  .111.  mag- 
lorgi^  ndraigin  co  fethnib^»  iarind '-»  ina  laniaib. 

1.  in  cach  YBL.  St. 

2.  Muirbthcn,  Eg.  F«;bthcn  St.  Fuirbtcii  YBL. 
5.  imdaid  Eg.  shuidi  YBL.  inad  St. 

4.  nemgheis  YBL. 

5.  suidiu  YBL.  perpcram 

6.  Tostanic  YBL. 

7.  IS  ann  sin  im»/orrodosn-:inic  Da  Derga,  Eg.  Dothact  Da  Derga  cucu 
istech  iar»m,  St. 

8.  tri  coecat  oclaech  a  lin  St.  tri  cacctaib  oclach,  YBL. 

9.  fothalberrad  St.  fotalbcarrad  YBL.  Cf.  fotal  scéith  Lcc.  55-'  15. 

10.  gerrcochaill  impu  co  mellaib  a  laracc,  Eg.  125^^  i.  gerrcochall  com- 
nieilaîb  allaarg  impe,  St.  gerrchochaill  co  mcil  a  da  larcc  YBL. 

11.  berrbrocca  YBL.  Berrbroca  St. 

12.  màtlorc  Eg.  Tri  A.  maglorg  St.  t/i  caecait  niaglorg,  YBL. 
15.  cona  fethanaib,  Eg.  co  ccndaib  St.  co  fcithnib,  YBL. 

14.  iairn  YBL.  St.  YBL. 


Thi  Destruction  of  L\i  Pcrga^s  Hostcl.  57 

Fochcn',  a  phopa  Gi;/airc  !  i'or  se.  Cid  icymiia  fer  n-Uvcnd 
(iothaistis- latt,  ros-biad  '  tailtc  [tbdcisin,  Eg.] 

60.  Thcrcaftcr  Dît  Dcrgn  came  lo  ihciii,  irith  Ihricc  fifiy  icar- 
riors,  cach  of  thcni  haviug  a  long  hcad  ofhair  lo  ihc  holloiv  oj  bis 
poils,  and  a  shori  cloak  to  thcir  hiilforks.  Sfeckh'd-gnrn  drawcrs-^ 
ibey  u'ore,  and  in  ihcir  haiids  wcir  ihricc  fifiy  grcat  clubs  of  thoni 
iL'ilb  hands  ofiron. 

«  Wclcome,  O  niastcr  Conairc!  »  ijiioth  hc.  «  Thoiigh  ihc  hiilh 
of  thc  nicn  of  Eriti  -wcrc  lo  coiiic  wilh  ibcc,  tbcy  ibcniselvcs  ivould 
bave  a  wclconic.  » 

61.  INtan  >  bâtar  and  rt);/accatar  a|n]n'^'  ôenbandscail  do 
dorus  na  Brudw",  iar  fu;nud  ng/r'ne,  oc  cuinchid  al-leicthc 
issa  tech.  Sithidir  claideb  [njgarmnai^  cechtar  a  da  lurgan. 
Bâtâr  dubithir  druim  ndail9.  Brat  riabach  rolômar  impi  ^°. 
Tacmainged"  a  fés  ichtarach  cor-rici  a  glûn.  A  béoil  for  k{i]th 
a  cind. 

61.  Wben  ibcy  ivcrc  tbcrc  tbcy  saw  a  lonc  woiiian  coiuing  lo  ibe 
door  of  tbe  Hostcl,  aflcr  siinset,  and  seeking  lo  hc  Ici  in.  As  long  as 
a  ivcavcr's  beam  luas  cacb  of  bcr  iiuo  sbins,  and  ibcy  lucrc  as 
dark  as  ibe  back  of  a  stag-beeilc.  A  grcyisb,  luooUy  manlle  sbc 
u'ore.  Her  hiver  bair  nsed  ta  rcacb  as  far  as  bcr  hncc.  Hcr  lips 
zvere  on  one  side  of  ber  head. 

62.  Tothdet  co  tard  ^-  a  lethgûalaind  fri  haursaind  in  taige,  oc 

1 .  IS  niochen  duit,  Eg.  Phochen  Y13L.  IS  ann  asbtvt  Da  Dcrga,  Focen,  St. 

2.  tisad  St. 

3.  rosmbiadfaindsea  YBL.  ros-biathfaindsi,  St. 

4.  See  Zimmcr,  KZ,,  XXX,  84. 

5.  Amfl/,  Eg. 

6.  inni  Eg.  co  facatar  in.  YBL. 

7.  in  n-6enmnai  cechndiriuch  dochum  dorais  na  Erw^we,  Eg. 

8.  ngarmnai  YBL. 

9.  Ba  duibithir  dega  cech  n-all  7  ccch  n-àgi  di,  Eg.  7  badir  duibith//-  de- 
gaid.  St.  batar  dubithir  dethaich,  YBL. 

10.  Araili  arait  mûscaidi  breclachtna  impi  co/;a  imlib  iarnaidi  si  imtronini 
fri  imtecht  si  aduar  f;i  anad  ctcliig  (ri  airechtai  a  aitlii  ocnbruitt  na  araitc 
sin,  Eg.  iijb  I  —  i25''2. 

11.  Rasoiched  imw/orro  Eg.  tacmaicead  YBL.  Ro  soiched  St. 

12.  Toct  c[o]tarat  Eg.  Luid  co  tard,  St.  tothcit  co  tard  YBL. 


^8  Whitley  Slokcs. 

admilliud  iiul  rig  7  n.i  mf/ccocin  ro  Ixitarimbi  isin  tig.  Ésseom 
fcisin  ataraglastar  '  (.i.  ro  aicill)  astig-. 

Maith',  a  banscal  •,  or  Conaiir,  c'id  atchî  di'ind  massât 
fissid  >  ? 

Atchiusadaitsiu^,  \n\morro,  olsisi,  noco  n-érnâba7  ceinn^nd 
câriia  dit  asindâitlii  tudchad9rtr/.'/  'na  mbt'rat'^éoinina  crobaib. 

Ni  bu  doclicl  cclsammàr'',  a  ben,  or  ésseom'^,  ni  tLicliélas'> 
di'in  dog/r's  '•',  Cia  do  chomainm-siu.  or  se,  a  banscal  ?  '5 

Cailb,  or  sisi. 

Ni  fc/'c/aid  anma  son'^\  ol  Conrt/;v. 

«  lichc  (.i.  ni  dorcha  .i.  is  foll//.f)  it  ili  mo  anmand'" 
chcna'«,  [ol  si  —  YBL.] 

«   Cade  iat-srJc  ''-^  ?  ol  Coiuiirc. 

«  Ni  anse  n,  or  si-°:  «  Sanion,  Sinand,  Seisclend,  Sodb, 
[Soéglcnd-',  Samloclît--  —  Eg.]  Caill,  Coll,  Dichôem-^,  Di- 
chiûil,  Dithim -■♦,  Dichuimnc,  Dichruidne->,  Dairne,  Dârine, 


1.  sic  YBL.  leg.  ataragJndastar?  roboi  ica  accallaim  Eg.  aicillestar  hi,  St. 

2.  asin  tig  amach  7  ashvt  fria,  St. 

5.  maith  sin  YBL. 

4.  maith  sin  a  ben  St.  Maith  sin  a  banscaL  YBL. 

).  cid  dai  dùn?  indat  tîssid?  Eg.  inda  fisid  YBL.  7  indat  fisid  St. 

6.  duidseo  YBL. 

7.  conach  ernaboi  H. 

8.  cern  LU.  ccrr  YBL.  cacr  H.  St.  cJcr  Eg. 

9.  co  na  tirnàba  c;icr  na  carna  dit  asin  tigh  hi  tai  hinocht,  Eg.  asin  taig 
hi  taudchud  YBL.  asin  tig  ataei  H.  asin  tigsa  hi  tanacais  St. 

10.  ambtrat  H.  ina  mbcrat.  St.  a  mbr/tae  YBL. 

1 1 .  carsam  Eg.  carsamar  St.  celsamar  YBL. 

12.  ol  seiscm  YBL 

13.  celmainigos,  Eg. 

14.  Sce  Appcndix  §  61. 

1 5.  Cia  do  chomainmsco,  a  banscal,  ol  Conaiie  ?  YBL. 

16.  ni  forciad  n-anmu  son  cm  YBL. 

17.  Éché  it  ilimdoi  mo  annionnasa  H.  hé  hc,  ar  sisi,  at  ili  imdha  mo  an- 
mandsa  ol  sisi,  St. 

18.  Ni  (orcraiil.  Nach  mô  on  cm?  ol  Co/wire.    Maith  aili  at  ili  imda  mo 
anmandso  chena,  ol  sissi.  Eg.  117-1  i. 

19.  Cit  n  cisidi,  YBL.  Cadi  iat  scn  St. 

20.  ol  sisi  YBL. 

21.  Saiglend  YBL.  Saigicd  St. 
21.  sain  locht  H.  samlocht  YBL. 

23.  Dichcni,  St. 

24.  Dichuil.  Dichim  YBL. 

2j     Dicruithnc  Eg.  Dicurumac  YBL. 


The  Di-stniciioii  of  Ihi  Dngas  h'ostcL  ^9 

Dcnuiinc',  Hgcm,  Agam-,  lùlianiiic,  Gnim,  Cluichc,  Cctluir- 
dani,  Nitlî,  Ncmain  S  Nôcnneii'»,  Badb,  Blosc,  B[l]oâr, 
Huae.  6e  Aife  la  Srutb,  Machc,  Mcdé,  Mod>. 

F(V-  ôen  choiss  7  ôenhiim  7  ôcn  anail  r[och]achain  ^'  doib 
insin  uil[e]  o  don/5  in  tige". 

[Tungsa  na  dei  dia  n-adraiin  nad  epur  ainm  dib  rit  ct/V  gar 
cian  biasa  bifus,  Eg.   171'  i  — 117'  2]. 

62.  Shc  Cil  nie  and  pu  l  oiic  ofhcr  sbouhh-rs  agauist  thc  ihuvposl  of 
//.'(■  hoiisc,  castiiii^  Ihc  evil  eye^  on  ihc  kiiii^^  ivui  ihc yoiilhs  who  siir- 
nmndcd  hini  in  ihc  Hostel.  Hc  hiinsclf  addrcsscd  hcr  froin  luilhin. 

«  Wcil,  O  li'oiuan  y>,  says  Conaiic,  «  if  ihon  art  a  ivi:{ard, 
zcbal  si'i'sl  ihon  for  us  ?  » 

«  Trnly  I  sec  for  ihcc  »,  sbe  ansiucrs,  «  îhat  ncithcr  fclh  nor 
Hcsh  of  thine  shall  cscapc  from  thc  place  into  luhich  thon  hast  conic, 
save  îuhat  hirds  luill  hcar  a-way  in  ihcir  claws.  » 

«  It  was  not  an  evil  oincn  -wc  forchoded,  0  zuoinan  »,  sailh  he: 
«  it  is  not  thon  tbat  aliuays  augurs  for  us.  What  is  thy  natne,  0 
luoman?  » 

«  Cailb  » ,  she  ansii'crs. 

«    Tijat  is  not  niucb  of  a  nanie  »,  says  Conaire. 

«  Lo(i.  e.  notdark,  i.  e.  numifcsl),  niany  arc  niy  naines  hesidcs.  » 

«   Which  be  they  ?  »  asks  Conaire. 

«  Easy  to  say  »,  quoth  she.  «  Sanion,  Sinand,  etc.  ^°. 

On  one  foot,  and  (holding  up)  one  hand,  ami  (brealhing)  one 
breath  she  sang  ail  that  to  iheni  from  the  door  of  ihe  hoiise. 


1.  Der.  Uaine  St. 

2.  Ag.  Eg.  Agam  St. 

3.  Ncmaind  Eg. 

4.  Nocndcn  Eg.  YBL.  Nocndhcn  St. 

5.  Aftcr  Bloar  Eg.  has  :  Uac  Arhuath  Soc  arath.  Srod,  Mâcha.  Mcdc, 
and  H.  has  Uath  Meiti  mod.  H.  hUaith.  Medc.  Mod.  YBL. 

6.  rochachain  YBL.  rochan  si,  St. 

7.  For  0  dorus  in  tige  Eg.  has:  7  filet  na  hili  huiii  annumd  sin  ainni  dib 
sein  bas  maith  letsu.  frecartsa  duitsiu.  coccrtsa  liùatsiu  Eg. 

8.  As  to  the  evil  eye,  in  Ireland,  see  Irische  Texte,  IV,  523. 

9.  The  cern,  car,  caer,  câer  of  the  MSS.  give  no  satisfactory  nieaning. 
Read  ceinn,  whence  a'K«/ (gL  scaniae)  Arm.  176''  2,  and  cf.  Cymr.  ccnii, 
ON.  l)iiina  «  membrane,  fihn  ». 

10.  Compare  the  strings  of  mystical  names  in  the  charm  against  thc 
chiid-steaHng  witch,  éd.  Gaster,  Fottdore,  XI,  133,  145,  149. 


6o  Whitley  Stokes. 

«  /  swcar  l'y  thc  goih  îchoni  I  adore  »,  (siiys  Conaire),  «  Ihat 
I  irill  ciill  tbcc  by  uonc  of  Ihese  uamcs  ivhcibcr  I  shall  be  hcre  a 
long  or  a  short  t'nue.  » 

65.   Cid  as  àil  dait  ?  ol  douaire. 

A  n-:is  ail  daitsiu  dam),  or  sisi. 

Is  gess  danisa,  ol  Conaire,  dam  ôcnmnà"  do  airitin  iar 
fuin///^grcnc'-. 

Cid  gcss,  or  sisi,  ni  ragsa  co  ndeclia'  (.i.  co  fcrur  ;/()  co 
rucur)  mo  aigidecht  di  ràith^  isind  didchi-sc  innoclit. 

Apraid  tria,  ol  Conaire,  IvVthair  dam  ocus'i  tinnc  di  immach, 
7  mo  fiiidcll-sa,  7  anad  im-magin  aile  innoclit. 

Ma  dothanic^  ém  dond  rig,  or  sisi,  co[na  talla  iï\r,  Hg.] 
praind  7  lepaid  ôenmnâ  inna  tliig,  fogébthar"  'na  écmais  o 
neoclî  aile  ocd  mbia  ainech^,  ma  rô  scàig  coible9  na  flatha  fil 
isin  Brudin. 

«  IS  fcochair^°  in  frecra  »,  ol  Conaire.  «  Dos-lcic  "  ind,  cid 
gess  [LU.  86^J  damsa.  » 

Bûi  grain  môr  ïoraïb  iarsin  dia  haccallaim  na  mnà  7  mithau- 
raras'-,  acht  nad  tl'tatàr  cmi  bôi  dôib^'. 

6].   «   fVhat  dost  thon  désire?  »  sa\s  Conaire. 
«    That  li'hich  thon,  too,  desirest  »,  she  answered. 


1.  H  inscris:  110  aoinfir. 

2.  da  airithin  iar  fuin  ng/v'nc  YBL. 

5.  co  coniailliur  Eg.  co  tomliur  St. 

4.  m'ocilioigt-^:/;/  anorcuinich  H.  m'oigidec/j/latsa  doraith,  St.  m'aididecht 
diraith,  YBL. 
).  co  H. 

6.  donanuic  H.  dodanic  YBL. 

7.  Ma  ro  scaith  |leg.  sc>iich]  conna  talla  fair  proinn  do  aeiimnai  tio  lepaid 
bes  fogebthrj/'.  St.  niadroscaich  YBL.  (leg.  marodscaig). 

8.  adetar  na  aill  o  nach  ailiu  oca  mbiad  ainech  YBL.  adetar  nach  aill  o  nach 
ailiu  oca  mbia  oinech  H. 

9.  coiplithi,  H.  enech  St.  coibl/1/0  YBL. 

10.  fracchair  H.  f/echuir  YBL. 

11.  Icicid  St.  Rcad  nos-Icic,  or  (as  in  Eg.)  uos-Jéicid. 

12.  mithaurassa,  YBL.  Boi  grain  mor  fbraib  iarsin  0C//5  miturrusa  athli 
acalnia  na  mna  forru,  Eg.  1  ij-»  2.  Boi  grain  mor  7  uamain  orra  t/ia  irlabra 
na  mna,  7  ro  tliirchan  mor  do  micelniaine.  St. 

15.  H  omits  this  sentence. 


The  Destruction  of  Dâ  Dcrga's  Hostel.  6i 

«  'Tis  a  tdbii  of  mine  ^>,  sciys  Couaire,  «  /()  receivc  ihe  coiiipauy 
of  oiie  ivoiiian  afler  smiset.  » 

«  Thoiiirh  it  he  a  labu  »^  slje  replied,  «  /  will  uot  i^h^  tiiilil 
niy  i;;uesling  coine  al  oiice^  Ihis  very  nigbl.  » 

«  Tell  her  » ,  says  Couaire,  Ihal  an  ox  and  a  bacon-pig  shall 
he  iahen  ont  lo  her,  ami  niy  Jeavings  :  pravidcd  ihat  she  stays  îo- 
night  in  some  otber  place.  » 

«  If  in  soolh  n,  she  says,  «  //  h  as  be  fa  lien  ihe  king  noi  to  hâve 
room  in  his  house  for  the  vieal  and  bcd  of  a  soUlary  zvonnin,  ibey 
ivill  be  gotien  apart  jrom  hini  froni  some  one  possessing  generosity 
—  ifthe  hospitality  of  the  Prince  in  ihe  Hostel  bas  departcd.  » 

«  Savage  is  the  answer  !  »  says  Couaire.  «  Let  her  in,  though 
it  is  a  tabn  of  mine.  » 

Great  loathing  ihey  felt  after  that  front  the  îuoman's  converse, 
and  ill-foreboding ;  but  they  htew  not  the  cause  thereof. 

64.  Gabsait  na  dilvrga  iarsin  tir,  7  dollotar^  co  mbdtar  oc 
Leccaibcind  slébe.  Bithobéle^  tra  in  Bruit/c;;.  Is  aire  ask'rthea^ 
«  hxnden  »  di,  ar  is  cosmail  (ri  béolu  fir  oc  cor  bruidtv/.  Nô 
«  hruden  »  .i.  bruth-en  .i.  en  bruthe  inte  5. 

64.  The  reavers  aflerwards  laiided,  aud  fared  forth  till  they 
were  at  Lecca  cinn  slébe.  Ever  opeii  mis  the  Hostel.  Why  it  ivas 
called  a  Bruden  luas  because  il  resembles  the  lips  of  a  niatt 
bloiving(?)  a  fire(?).  Or  bruden  is  front  bruth-en,  /.  e.  en 
«  luater  »,  bruthe  «  of flesh  »  (broth)  thereiit. 

(To  be  cotiliitned). 

Whitley  Stokes. 


1.  Cf.  doraith  St.  H.  Cf.  ni  dessetar  da  râitli  LL.  96^2. 

2.  Gabsat  na  dibtTgaig  tir  7  luidsct,  St. 

3.  Bith-ocbclcn  St.  Bidobcla  YBL. 

4.  atberar  YBL  St.  atperar  H. 

$.  For  this  §  Eg.  lias  only  :  Lotar  \miiioiTo  na  dib^ga  co  nibJtar  oc 
Lcccaib  cind  slcibe  d'indsaigid  na  Briiidni.  The  second  etyniology  of /'n///f// 
does  not  occiir  in  the  othcr  copies,  and  is  certainly  an  interpolation  in  LU. 


LE  VERS  A  RIME   INTERNE 

DANS  LES  LANGUES  CELTIQUES 


SES    LOIS,    SON    ORIGINE 

Depuis  la  publication  de  mon  article  sur  la  Métrique  du 
moyen-breton  (Revue  Celtique,  avril  1900),  la  comparaison  de 
la  métrique  du  gallois,  du  breton  et  du  comique  avec  celle  de 
l'irlandais,  ainsi  que  l'étude  de  la  poésie  rythmique  latine, 
m'ont  amené  à  des  vues  plus  générales  et  plus  précises  sur  les 
lois  du  vers  à  rime  interne  et  son  origine  dans  les  langues  cel- 
tiques (celtique  des  Iles  Britanniques). 

Les  lois  de  ce  vers,  au  lieu  d'être  propres  au  gallois  et  au 
breton-moven,  soûl  les  uiêincs  dans  toutes  les  langues  celtiques, 
en  faisant  des  restrictions  pour  le  comique  où  elles  ont  éga- 
lement existé  mais  où  elles  n'ont  laissé  que  des  traces: 

1°  La  coupe  principale  du  vers  ou  de  la  longue  ligne,  ou 
mieux  la  syllabe  finale  du  premier  membre  doit  rimer  avec  la- 
syllabe  accentuée,  la  pénultième  en  brittonique,  du  mot  final 
(tvpe  cyi^i^hanedd  lusg),  ou  avec  la  syllabe  finale  portant,  elle, 
un  accent  secondaire  (cywxdd  deuair  hirion)  ; 

2°  Si  la  syllabe  finale  du  premier  membre  ne  rime  pas  avec 
la  syllabe  accentuée  du  mot  final  du  second  membre,  il  y  a  une 
seconde  rime,  le  plus  souvent  dans  le  second  membre,  parfois 
aussi  dans  le  premier  membre  (loi  propre  à  l'irlandais  et  au 
gallois)  : 

Si  cette  seconde  rime  fait  défiut,  elle  est  compensée  de  dif- 
férentes fliçons  :  les  membres  i  et  3  des  deux  grandes  lignes 
riment  ou  allitérent  entre  eux,  ou  le  mot  final  rime  avec  le 


Le  Vers  à  rime  interne  J.ins  les  langues  celtii]nes.  6] 

premier  membre  de  la  longue  ligne  suivante  ou  du  vers  sui- 
vant, etc.  Ces  compensations  ne  sont  pas  restreintes  à  l'irlandais; 
on  les  trouve  dans  certains  types  de  systèmes  gallois,  et  il  y  en 
a  des  traces  en  comique  ; 

3°  La  rime  interne  a  d'abord  été  une  rime  finale. 

Le  vers  i\  cyughancdd  Insg,  rapproché  du  vers  breton  et  d'un 
type  de  vers  irlandais,  nous  donne  la  clef  de  l'histoire  de  la 
rime  interne.  Ce  vers,  comme  le  vers  breton,  mit  rimer,  quelle 
que  soit  la  longueur  du  vers,  la  syllabe  finale  du  premier  membre 
(primitivement  accentuée),  ixicc  la  pénultième  accentuée  du 
vers  : 

neu'm  rodes  o'i  luD  |  heb  olunias 

Cf.  breton  : 

Da  gouzoLit  scIer  [  a  liuy  ve  queniERet 

La  rime  de  la  syllabe  du  premier  membre  se   fait  avec  la 
finale  à  accent  secondaire  (cyzuydd  dciiair  bin'oii)  : 
Gallois  : 

Hael  Mordaf,  hael  mawrdec  Nûr  |  haclach,  gretvolach  GrùffuT 
L'iandais  (s.  Paul,  II,   ro,  Irischc  Tcxlc,  I,  p.  316)  : 

Fuachaid-sem  fri  Irega  f\L  j  a  rose  anglése  cômlAN 
fuachimm  chein  fri  fcgi  fis  |  mu  rose  reil  cesu  l'mdis 

Cette  rinie  suffit  :  si  elle  n'existe  pas,  il  en  faut  une  autre. 
Gallois  (type  cywydd  odliaidd;  Livre  Noir,  poème  II)  : 

Brcuduid  a  uelun  neithuiu  |  ys  ccluiT  ae  dclioglho 

Irlandais  (Irische  Texte,  I,  p.  29,  vers  21)  : 

Ni  bu  sanct  Brigit  suanach  |  ni  bu  Ih'arach  im  scirc  Dô 

Quand  le  troisième  membre  du  distique  à  grande  ligne  (ou 
le  troisième  vers  du  quatrain)  ne  rime  pas  avec  les  autres,  on 
a  l'équivalent  exact  du  type  gallois  dit  En^lyn  unodl  cyrcJr. 

Poème  du  ms.  de  s.  Paul  de  Carinthie  (Goidelica-,  p.  176): 

Mac  Diarmata  dil  damsa  |  cid  iarfachta  nf  insa 

a  molad  maissiu  niaa;niiî  I  lûaidfidir  laediB  limmsa. 


64  J.  l^oth. 

ce  qui  donne  en  quatrain  : 

Mac  Diarmata  oil  damsa 
Cid  iarfachta  ni  insa 
A  Molad  Miiissiu  MaasniB 
lûaidtidir  làediB  limmsa 

Cf.  gallois  (Dosparlh  Ed.  Daf.  aiir,  XXVII)  : 

Hvnyg  hir  loyw  ci  hystlys 
Gwymp  ci  llun  yn  ci  llaes-gr\'S 
Gwynlliw  cwvn  gwcnndronn  iawn 
Gwvniliw  cigi.wvN  pan  ddyfrys. 

Le  distique  de  longues  lignes  de  14  syllabes  avec  se:;  diverses 
modifications  de  rime  interne  est  l'origine  de  toutes  les  va- 
riétés de  vers  de  7  syllabes  que  l'on  rencontre  en  moyen-irlan- 
dais. Parmi  ces  variétés,  je  signalerai  seulement  le  quatrain  à 
rimes  alternées  : 

Sruama  scrba  scimLiDE 
focliasracliaib  dosfEMED 
muada  nierda  mcirBLiGE 
isnalasrachaib  iened  ' 

Ordonné  en  deux  distiques  de  longues  lignes,  c'est  l'équi- 
valent du  type  comique  de  la  Pascon  agan  ArJuth  : 

Sruama  serbe  seimLiDE  |  fo  chasrachaib  dosfEMED 
Muada  merda  meirbLiGE  |  isnalasrachaib  îened 

Ici  le  principe  de  la  rime  des  membres  i  et  3  du  distique  de 
grandes  lignes  est  appliqué  à  l'intérieur  des  petites  lignes  du 
vers  :  serha  et  merda  des  vers  i  et  2,  chasrachaib  et  lasrachaih 
des  vers  2  et  4  riment  entre  eux. 

Cf.  comique  :  dans  la  Pascon,  les  quatrains  se  composent  de 
longues  lignes  : 

Ena  un  lowarth  esE  |  ha  ynno  navn  io  parvs 
Dcn  marow  rag  rccevE  |  bytli  newyth  nyn  io  usijs 
Corf  lesus  Crist  yntrcthE  |  thcn  logell  a  ve  degvs 
Hag  a  hcvs  tlie  wrowcthE  |  ynno  ef  a  ve  gesvs 


I.  Saltdir  na  raini,  p.  120,  8169. 


Le  Vers  à  rime  interne  dans  Ls  Liniiues  cclli.jues.  65 

L'ctudc  des  divers  tvpes  de  rime  nilcnic  montre  claire- 
ment qu'elle  ii  d'abord  été  une  rime  finale:  elle  unissait  la 
syllabe  tinale  accentuée  du  premier  membre  de  la  (grande  ligne 
avec  la  syllabe  accentuée  du  second  membre. 

On  a  eu  peut-être  d'abord  ainsi  à  la  coupe  une  rime  mono- 
syllabique accentuée,  et  à  la  finale  une  rime  dissyllabique  ou 
trisyllabique.  Il  était  impossible  de  conserver  cette  rime  dissyl- 
labique ou  trisyllabique  ;  en  effet,  la  coupe  rimant,  on  eût  été 
condamné  par  la  loi  de  la  rime  finale  dans  les  deux  grandes  lignes 
du  distique  et  dans  toutes  celles  de  la  laisse  galloise  à  la  même 
rime  et  au  premier  membre  et  à  la  finale.  Il  fallait  ou  sacrifier 
la  rime  de  la  pénultième  ou  de  l'antépénultième  du  mot  final 
avec  la  finale  accentuée  du  premier  membre  et  se  résigner  par 
conséquent  à  la  rime  d'une  finale  accentuée  (premier  membre) 
avec  une  finale  non  accentuée  et  à  accent  secondaire  (deuxième 
membre),  ou  se  contenter  de  la  rime  avec  la  pénultième  et 
avoir  une  autre  rime  finale.  C'est  la  première  alternative  qui  a 
été  adoptée  en  irlandais  et  en  gallois  dans  le  type  cywydd  deiiair 
birion;  c'est  le  second  type  qui  a  persisté  dans  la  cyngJjanedd 
liisg  et  le  vers  moyen-breton.  Enfin,  il  y  avait  un  autre  parti  à 
prendre  :  c'était  de  ne  pas  faire  rimer  du  tout  la  finale  du  pre- 
mier membre  avec  le  mot  final.  Mais  la  loi  des  deux  rimes 
était  déjà  établie  ;  on  lui  donna  satisfaction  en  faisant  rimer 
la  coupe  avec  un  autre  mot  que  le  mot  final.  Dès  lors,  la  rime 
interne  qui  de  fait  existait  du  moment  que  la  rime  de  la  svl- 
labe  finale  n'était  plus  celle  du  premier  membre  de  la  grande 
ligne  se  développa  encore  davantage.  Les  membres  de  la  grande 
ligne  arrivant  bientôt  à  l'indépendance,  devenant  des  vers,  la 
loi  desdeux  rimes  fut  appliquée  dans  les  vers  comme  elle  l'avait 
été  dans  les  grandes  lignes. 

Les  Irlandais  ont  porté  les  lois  de  la  rime  interne  dans  la 
poésie  latine  chrétienne  : 

Conclamantes  Deo  diGNUM  |  hvmnum  sanctac  Mariac 
ut  vox  pulsct  omnem  aurem  |  per  laude.m  vicariam 
OpporrexAM  dédit  cura.m  ]  aegrotanti  hotnini'. 

I.  W.  Meyer,  Liulus  de  Antichrislo  (Sitzungsbcr.  der  phil.-philol.  und 
hist.  Cl.  d.  K.  b.  Akad.  der  W.  1882,  p.  64):  cette  poésie  est  de  l'époque 
du  vieil-irlandais. 

Revue  Celtique,  XXI l.  5 


66  J.  Lotli. 

Cl.  Hymne  de  Colman  {Goidelica^,  p.  122,  22)  : 

Rcgem  regum  rogamus  !  in  nostris  sermoK'iBUS 
Anacht  Xoc  a  lucliti.Acii  |  diluvi  tcnipoRiBUS. 

L'exemple  latin  précédent  de  rime  interne  est  le  seul  que 
W.  Meyer  ait  rencontré  dans  la  poésie  latine  du  vi*-'  au  xi*^  siècle. 
Il  établit  '  que  si  les  Celtes  n'ont  pas  inventé  la  rime,  c'est 
chez  eux  qu'elle  s'est  développée.  Ce  sont  les  Irl  ndais  et  leurs 
disciples  qui  ont  notanmient  implanté  hinme  dissyllabique  sur 
le  continent.  W.  Meyer  avance  que  c'est  chez  les  Irlandais  que 
l'on  trouve  les  plus  anciens  exemples  de  prose  rimée  (dans 
YAntipbonariiiDi  Beiichorciisc):  c'est  une  erreur.  La  prose  rimée 
existe  dans  Gildas,  dans  le  De  Excidio  et  dans  VEpisîola  :  il  y  a 
de  très  nombreux  membres  de  phrases  rimant.  Un  passage  de 
la  fameuse  lettre  au  consul  Agitius  (il  a  fallu  une  forte  dose  de 
naïveté  pour  en  accepter  l'authenticité)  me  fait  l'effet  de  deux 
vers  de  10  à  11  syllabes  allitérant  et  rimant  aux  membres  i 
et  3  :  de  plus,  la  coupe  du  deuxième  vers  assonne  avec  la  finale 
de  ce  vers  {De  Eiicid.,  X\'I1)  : 

Repclkint  nos  |  barbari  ad  marc 
Repollit  nos  I  mare  ad  b^irbaKos 

Quelle  est  l'origine  du  vers  à  rime  interne  ? 

Thurneysen  {Revue  Celtique,  VI,  p.  309  et  suiv.)  me  paraît 
avoir  raison  quand  il  fait  venir  la  métrique  irlandaise,  telle 
qu'elle  apparaît  dans  son  type  de  beaucoup  le  plus  commun, 
la  longue  ligne  de  deux  membres  de  sept  syllabes,  de  la  poésie 
rythmique  latine  populaire.  Le  point  de  départ  pour  lui  est  le 
tétramétre  trochaïque  catalectique  populaire,  fondé  non  sur  la 
quantité  des  syllabes,  mais  sur  leur  nombre  et  l'accentuation: 

César  Gallias  subcgit  ]  Nicomcdes  Caésarem 
Eccc  Caesar  nunc  triûmphat  1  qui  subegit  Gâllias 
Nicomedcs  non  triûmphat  |  qui  subcgit  Czêsareni. 

Cf.  Hymne  de  Secundinus  : 

Auditc  omncs  amantes  |  deum  sancta  mérita 

I.   Ibid.,  p.  63. 


Le  Vers  à  rime  interne  iUins  ItS  langues  celtic]ues.  67 

Le  type  originaire  aurait  subi  deux  modifications  princi- 
pales : 

i"  Les  deux  longues  lignes  sont  liées  par  la  rime  qui  d'abord 
est  trisyllabique. 

Hymne  de  Cuchuimnei  : 

Ciintemus  in  omni  di'c  ]  conciiicntcs  ràric 
Conclamantes  Deo  Jigxum  |  ymnum  sanctae  Mariac 

Le  grand  scadna  en  est  la  reproduction  très  exacte. 

2"  Le  nombre  des  syllabes  des  deux  membres  devient  égal 
par  la  chute  de  la  syllabe  accentuée  devant  la  césure.  Le  schéma 
primitif 

devient  : 


Ce  vers  ainsi  modiiié  aurait  encore  subi  d'autres  modilî- 
cations  qui,  en  effet,  peuvent  servir  à  expliquer  certaines  es- 
pèces ou  variétés  de  vers  irlandais,  mais  qui  pour  la  compa- 
raison avec  les  vers  brittoniques  ne  sont  pas  essentielles. 
L'important  au  point  de  vue  brittonique  est  cette  seconde  mo- 
dification. Elle  explique  en  effet  partaitement  le  genre  de  la 
cynghanedd  liisg  qui,  parti  de  la  longue  ligne  de  14  syllabes, 
aurait  envahi  tous  les  vers  du  brittonique  '.  C'est  bien  le  type 
du  tétramètre  trochaïque  catalectique  latin  modifié,  avec  son 
nombre  exact  de  syllabes,  avec  sa  loi  d'accentuation  des  finales, 
qui  est  devenu  le  modèle  du  vers  le  plus  répandu  en  Irlande, 
en  Conwiiailks  anglaise,  en  Bretagne  armoricaine,  et  qui  a 
laissé  en  Galles  un  type  très  particulier  et  très  caractérisé  de 
mètre  :  celui  de  la  cynghanedd  liisg  et  vraisemblablement  du 
cywydd  deuair  hirion.  La  rigueur  dans  le  nombre  des  syllabes, 
la  préoccupation,  par-dessus  tout,  de  l'accentuation  et  du 
nombre  des  syllabes  du  mot  final,  sont  des  traits  sûrement 
étrangers  à  la  métrique  indigène  celtique.  Il  y  a  d'autres 
preuves  irréfutables  de  l'origine  latine  de  ce  vers.  La  longue 


I.  Il  v  aurait,  au  point  de  vue  du  nombre  des  syllabes,  une  objection  sé- 
rieuse à  faire  à  ce  système;  mais  elle  n'est  pas  insoluble.  On  y  trouvera 
réponse  dans  le  tome  II  de  ma  Méliique  galloise. 


68  J.  Loth 

ligne  de  14  syllabes  d'origine  hitine  ou  de  contcxtnrc  latine, 
n'avait  naturellement  pas  l'aH'itération  :  on  s'est  contenté  de 
faire  rimer  les  syllabes  accentuées  du  mot  fmal  des  deux  mem- 
bres. Or,  tout  justement,  le  vers  moyen-breton,  qui  reproduit 
exactement  le  type  latin,  e-^t  totalement  dépourvu  d'allitération. 
Il  ne  connaît  que  les  deux  rimes,  primitivement  finales,  la 
rime  de  la  césure  principale  avec  la  pénultième  accentuée  du 
mot  final.  Le  comique,  qui  n'a  guère  que  le  vers  de  7  syllabes 
et  la  longue  ligne  de  14,  n'a  pas  du  tout  de  cyni^haiiedii  :  l'al- 
litération lui  est  inconnue  (il  y  a  des  traces,  dans  ses  strophes, 
de  l'ancienne  rime  interne).  En  gallois,  le  vers  à  cynghanedd 
lusg,  l'équivalent  exact  du  vers  moyen-breton,  se  contente 
aussi  de  la  rime  de  la  finale  du  premier  membre  avec  la  pénul- 
tième du  second  :  //  se  passe,  comme  l'ont  remarqué  les  mé- 
triciens,  d'allitèraticn.  Le  cyiuydd  odliaidd,  Venglyn  iinodl  cyrch, 
quatrains  qui  sont,  eii  réalité,  deux  longues  lignes  de  14  syllabes, 
se  passent  également  de  toute  cyngbanedd  autre  que  la  rime 
interne.  Il  n'est  pas  jusqu'au  style  lyrique  qui  ne  soit,  en  gal- 
lois, ditîcrent  dans  ces  deux  derniers  tN-pes. 

Je  ne  fais  que  résumer  ici  des  lois  et  des  conclusions  que  le 
lecteur  trouvera  développées  et  documentées  au  tome  II  de 
ma  Métrique  galloise,  en  ce  moment  sous  presse. 

J.  Loth. 


NOTES  SUR   LE  VANNETAIS 


I  .    PARCHH-MHUTT 


L'article  Piirchciiiincr  '  de  mon  Glossaire iiioyoï-bnioii,  2"  éd., 
contient  une  double  erreur  dans  ces  mots:  «  parchemin  ..., 
parchemcuit  (lis[ez]  -eiiil)  ...  l'A.  ».  Le  dictionnaire  français- 
vannetais  que  Cillart  de  Kerampoul  a  signé  Monsieur  l'A*** 
porte  parche-ineiitt^  ce  qui  est  exact  et  signifie  littéralement 
«  membrane  de  mouton  ». 

Le  mal  vient  de  ce  que  je  n'ai  pas  tenu  compte  de  la  répé- 
tition du  tiret  devant  -incult,  qui  se  trouve  au  commencement 
d'une  ligne.  L'auteur  observe  régulièrement  cette  sorte  de 
distinction  entre  la  coupe  accidentelle  des  syllabes,  dans  un 
mot  unique,  et  celle  d'éléments  distincts,  dans  un  mot  com- 
posé ;  ainsi  on  lit,  à  la  même  page,  Lei-  \  nein  et  Gitinérr-er-  \ 
-Grœss,  bien  que  la  majuscule  rendit  ici  la  précaution  super- 
flue. Il  est  à  souhaiter  qu'on  se  serve  encore  du  même  procédé 
typographique,  toutes  les  fois  qu'une  précision  rigoureuse  a  sa 
raison  d'être.  Un  témoignage  linguistique  ne  peut  que  gagner 
à  être  exprimé  nettement.  C'est,  d'autre  part,  le  devoir  de 
celui  qui  veut  s'en  servir,  de  commencer  par  l'interpréter  wcc 
le  soin  nécessaire  (cf.  Gloss.,  v.  picol,  1.  7-10). 

2.  pouRCÉ;  rit;  gloestrk. 

Dans  sa  réédition  du  dict.  van. -franc,  de  P.  de  Châlons, 
M.  Loth  ajoute  à   l'article  «  bourçè,  chercher  »:   «    Cillart: 


I.   Rectifié   à  un  autre   point  de  vue,   Mémoires  de  la  Société  de  Linguis- 
tique de  Paris,  X,  327. 


70  /•-.  Krnaiilt. 

pourcé et  houiré ».  Il  y  a  Ki  une  méprise.  Le  dict.  de  l'A.  porte 
«  Poiircc  ..  éll  ..  boiircé  »  ;  ce  qui,  d'après  une  convention  de 
l'auteur  expliquée  clairement  par  lui  p.  xviij  {cî.  s.  v.  cabakr) 
et  suivie  dans  tout  le  cours  de  son  livre,  signifie  que  le  verbe 
poitrcé,  chercher,  fait  au  participe  passé  pourcéétt,  et  au  présent 
de  l'indicatif  mé  hoiircc,  je  cherche;  comme  le  synonyme  qui 
précède:  «  Classquc  ou  Classqucin  ..  éll  ..  glassquc  »  fliit  mé 
oJassquc  (pour  mé  a  gJask,  avec  mutation  initiale). 

Il  v  a  aussi  dans  le  même  dict.  de  Châl.  un  article  <^  pourçéein 
ou  poitiré,  chercher  »  (éd.  Loth,  p.  74).  Le  dict.  franc. -van. 
manuscrit  de  Chai,  porte:  ne  oitra  meit  pourcein  IroekuQAnt 
fait  que  chercher  midi  à  quatorze  heures);  eheJcé  é  pomrier  un 
ailoiié  en  ur  clnirrat  focn,  c'est  chercher  une  aiguille  dans  une 
charretée  de  foin;  poiirsuiucin,  pourcéein,  poursuivre;  bel  é  pel... 
é pciiirsiiin'  en  affer'  man,  il  a  été  longtemps  à  la  poursuite  de 
cette  affaire;  ema  e pourcéein,  (il  y  a  longtemps  qu')il  poursuit 
(cette  charge)  ;  er  poursuiiiein  a  ver,  on  le  poursuit.  Il  est  donc 
probable  que  l'auteur  a  renoncé  à  l'opinion  qu'il  a  eue  d'abord, 
sur  l'existence  d'une  forme  radicale  commençant  par  b.  Cette 
opinion  pouvait  elle-même  être  suggérée  par  l'expression  qu'il 
emploie,  bourcé  eu  Uni,  vers  le  feu,  et  qui  vient  de  *de  boitreé, 
cf.  Gloss.,  509. 

Le  P.  Grégoire  de  Rostrenen  donne  en  vannetais:  chercher, 
clasq,  part,  clasqei  ;  chercher  avec  diligence  et  exactitude, 
pource,  p.  pourcet  \  pourcéein,  p.  pourceel. 

S:iuï pou rs ni uein  et  poursiiiii',  les  formes  vannetaises  se  ratta- 
cheraient mieux  au  v.  franc,  porseer,  porsier,  pourseer,  pourssaier, 
poursaxer,  etc.,  posséder,  variantes  de  posscer,  qui  paraissent 
d'ailleurs  influencées  par  poursuivre,  c(.  pourssuer,  posséder. 

Dans  des  notes  prises  autrefois  sur  l'exemplaire  du  dict. 
van.-fr.  de  la  Bibliothèque  Nationale,  j'ai  écrit  bourcé  sans  cé- 
dille; ce  qui  semble  appuyé  par  le  renvoi  que  M.  Loth  a  fait 
sous  la  même  forme,  p.  74  de  son  édition. 

Une  autre  méprise  de  celle-ci  se  trouve  au  mot  ril,  qui  est 
traduit  «  source  ».  J'ai  lu  «  course  »,  ce  qui,  en  tout  cas,  est 
la  seule  bonne  traduction.  De  même  gloeslre,  p.  39,  ne  veut 
pas  dire  «  veau  »,  mais  «  vœu  »,  comme  je  l'ai  lu  —  ou  cru 
lire  —  dans  le  texte.  Cf.  Gloss.,  xix. 


Notes  sur  le  Vannct.ns. 


3.    RAQUER  ;    RAYENN. 


La  réédition  de  Chàl.  donne,  à  son  ordre  alphabétique,  le 
mot  «  nii^iicr,  pàti,  pratéau,  l'issue  d'une  maison  ou  d'un  vil- 
lage »  ;  une  note  avertit  que  l'original  iporte  rag)icr.  Il  eût  fallu 
ajouter  que  cet  article  se  trouve  entre  riingL-iii  et  raloiiére.  En 
réalité,  c'est  sa  vraie  place;  on  doit  lire  raquer,  cf.  GIoss.,  559. 
La  note  qui  suit,  dans  la  seconde  édition  de  Châl.,  invoque 
avec  raison  un  argument  semblable  pour  changer  royenu,  rayon 
d'une  roue,  en  rayciui;  seulement,  dans  la  citation  de  l'A.,  au 
lieu  de  raycen-rott  il  faudrait  raiccnn-rotl,  rûyéiin-rolt  et  reyann- 
rott.  L'a  est  indiqué  aussi  par  l'étymologie,  du  vieux  franc. 
ray,  rais,  cf.  rayon,  enrayer.  Grégoire  ne  donne  en  van.  que 
rayen,  ce  qui  montre  qu'il  ne  s'est  pas  laissé  tromper  ici  par 
la  fiiute  d'impression  de  Châl. 

Moins  bien  inspiré  à  «  issue,  sortie  d'un  village,  espace  at- 
tenant au  village  »,  il  a  ragmer  et  rûi^iurr;  ce  dernier  repro- 
duisant évidenmient  le  ragnér  de  Châl.,  et  ragucvr  n'étant  sans 
doute  qu'une  correction  conjecturale  du  même,  comme  l'a  été 
plus  tard  *ragiiér. 


4.    DIMEX  ;    STERT. 

La  compétence  du  P.  Grégoire,  pour  le  dialecte  vannetais, 
était  à  cent  piques  au-dessus  de  celle  des  autres  lexicographes 
qui  ont,  jusqu'ici,  prétendu  embrasser  l'ensemble  de  la  langue; 
Cillart  a  eu  tort  de  dire,  dans  sa  Préface,  que  «  ce  Gros  Dic- 
tionnaire n'est  d'aucune  utilité  pour  ceux  qui  veulent  ap- 
prendre le  Breton  de  Vannes  ».  Le  savant  capucin  n'a  pu,  tou- 
tefois, échapper  complètement  au  sort  commun  qui  condamne 
tout  auteur  de  dictionnaire  à  copier  ses  devanciers  avec  plus 
ou  moins  d'intelligence,  selon  que,  dans  cet  aride  et  délicat 
labeur,  son  attention  et  son  esprit  critique  se  trouvent  plus  ou 
moins  en  éveil.  Une -de  ses  méprises  à  ce  sujet  est  déjà  si- 
gnalée et  expliquée  dans  ledict.  de  l'A.,  cf.  Rev.  Ce! t.,  XI,  359. 


72  !•'.  Lrnault. 

Lisant,  p.  )7  du  livre  de  Châl.  :  «  dimen,  dimeigneu,  fia)i- 
çaiîles,  iiymcn,  mariage  »,  il  a  pris  hymen  pour  un  mot  breton, 
et  il  a  donne  en  van.  :  himen  «  himen  ou  himénée  »  ;  hymenn 
«  mariage  »  ;  Cillart  fait  observer  que  dans  la  copie  hymen 
était  en  italique,  et  par  conséquent  français.  La  réédition  de 
M.  Loth,  qui  ne  reproduit  ni  ne  mentionne  cette  faute,  a  une 
erreur  d'interprétation  amenée  par  la  même  cause,  à  l'art.  «  stert 
etrain,  serré,  pressé  »  ;  il  faut  lire,  non  «  stert  crean  »,  qui  vou- 
drait dire  «  serré  fort  »  (?)  mais  «  stert  etrain  »,  c'est-à-dire 
étreiul  (Gloss.,  652). 

Le  quiproquo  du  P.  Grégoire  sur  IjyDien  tient  aussi  en  partie 
à  des  préoccupations  étymologiques:  ce  mot,  devenu  pour  lui 
celtique,  lui  sert  à  expliquer  /;/  peito  le  franc,  hymen,  et  à 
décomposer  expressément  le  van.  moins  fantastique  dimenn 
(s.  V.  mariage).  Des  préventions  de  ce  genre  se  produisent 
chez  Cillart  de  deux  façons  différentes. 

La  plus  inoffensive  consiste  à  émettre,  en  passant,  des  ré- 
flexions comme  celle-ci:  «  Suc  Sah...  (Où  va-i'on  chercher  une 
antre  origine  du  mot  François  .?)».  Mais  il  ne  s'en  tient  pas  tou- 
jours là  ;  il  lui  arrive  encore  de  prendre  à  son  compte,  en  les 
adaptant  plus  ou  moins  à  son  dialecte,  et  sans  citer  de  garant, 
des  assertions  du  P.  Grégoire  relatives  à  de  prétendus  mots 
bretons  d'autrefois  (âls,  alias);  par  exemple:  amni,  secours, 
amnyein,  secourir;  ritt,  gué;  dinass,  palais;  magie,  macule, 
mots  dont  les  deux  derniers  ont  fait  illusion  à  M.  Loth,  mais 
qui  ne  sont  autres,  je  crois,  que  le  gall.  amivyn,  rhxd,  dinas, 
magl  (Etudes  vannetaises,  III,  5  ;  Gh^ss.,  xiii,  xiv). 

Voici  d'autres  cas  semblables:  «  Terre  ...  (Ter:  Tét  :  Tit  : 
At  :  Ar:  E'r,  ne  subsistent  plus  que  dans  leurs  composés.)  », 
l'A.;  =  «  (àls.  Ter.  tir.  tit.  at.  ar.  er.  Ces  mots  ne  subsistent 
plus  dans  l'Armorique,  que  dans  leurs  dérivez,  et  composez...  » 
Gr.,  cf.  Gloss.,  XXIV.  Grégoire  ne  donne  aucun  mot  pour  du 
vannetais  ancien  ;  mais  par  suite  de  la  disposition  de  son  dic- 
tionnaire, les  mots  d'  «  ancien  breton  »  s'y  trouvent  d'ordi- 
naire suivre  immédiatement  ses  citations  du  dialecte  de  Vannes; 
il  n'en  a  pas  fallu  davantage  pour  engager  Cillart,  qui  le  con- 
damne en  bloc  avec  une  injuste  sévérité,  à  lui  faire  de  ces 
emprunts  de  détail  si  peu  justifiables. 


.\otes  sur  le  WviiietiUs.  75 

Il  fait  cette  remarque,  s.  v.  perdrix  :  «  (On  a  dit,  Perd  ri)  »; 
cela  vient  de  T  «  als.  pcrdris.  pctris  »  de  Grég.,  qui  ne  s'ap- 
puie certainement  pas  sur  un  vieux  texte  vannetais. 

Dans  «  Suit  Sinm:  autre-tois,  SitafJ.  »  l'A.,  nous  avons 
un  simple  écho  de  «  àls.  siiajf  »  Gr.  En  écrivant  ainsi  le  mot 
qui  était  en  moyen  breton  soûff,  Grég.  le  rapprochait  instincti- 
vement du  tVanç.  plutén  que  du  van.,  qu'il  a  écrit  siiaii,  soéii. 

Après  avoir  rendu,  dans  son  dictionnaire,  «  noue,  noë  » 
par  ftondrcnn,  l'A.  donne  au  Supplément:  «  Noue  ...  Pâture 
acouatique,  bourbeuse,  No,  f.  »,  et  renvoie  à  marais;  ce  mot 
est  traduit  par  Goab,  puis  No.  f. ,  avec  cette  remarque  :  «  On 
n'entend  plus  ce  dernier  que  chez  les  Galots  ».  Nous  devons 
conclure  de  là,  non  pas  que  Cillart  a  trouvé  no  dans  un  texte 
vannetais  quelconque,  mais  qu'il  a  attribué  au  gallo  ou  haut- 
breton  no  (noc)  une  origine  celtique;  question  toute  différente, 
et  sur  laquelle  son  opinion  n'a  aucune  valeur. 

Il  y  a  dans  son  œuvre  de  nombreux  exemples  de  bretoni- 
sations  arbitraires  amenées  par  une  raison  différente,  et  dont 
il  livre  franchement  le  secret,  p.  xix  de  la  Préflice  :  «  Lors-qu'il 
y  a  périfrase  ou  description,  en  Breton  pour  rendre  un  nom, 
on  pourra  aussi  le  bretonniser.  Ex.  à  la  page  427.  Chacelas 
Chacelacc  ».  A  l'endroit  désigné,  il  avait  mis  rcssin  douce  ha 
quénntratt  (raisin  doux  et  précoce).  Il  n'est  pas  toujours  facile 
de  distinguer  les  mots  qu'il  a  empruntés  de  cette  façon. 


).    STAIRE. 

«  Staire,  étoile;  pi.  stairi  »;  cet  article  de  Châl.  a  donné 
lieu  à  la  mention  de  Grég.:  «  Étoile.  ...  (Van.  ...  siér.  p. 
stéry)  »;  M.  Loth  l'a  reproduit  simplement  ;  je  me  suis  con- 
tenté aussi  de  citer  cette  assertion,  Gloss.,  653.  Elle  est  pour- 
tant fausse.  Un  examen  attentif  de  cette  page  653  montre 
qu'en  van.  ster,  pi.  stcri,  veut  dire  «  rivière,  fleuve  »  ;  et  que, 
si  ster  n'est  pas  impossible  au  sens  d'  «  étoile»,  c'est  seulement 
au  pluriel. 

Ceci  est  confirmé  par  Châl.  lui-même,  qui  a  un  article 
«  siiren,  astre,  étoile  ...  [^iX.^^siir,  slirét,  stirenneii  ».  Son  dict. 


74  £".  ErnauU. 

nis.  ne  donne  que  ces  formes,  aux  mots  aslrc,  étoile,  et  traduit 
par  sicr  l'idée  de  «  rivière  »,  à  ce  mot  et  à  «  rive  ».  C'est  aussi 
ce  qu'il  a  voulu  dire  dans  l'art,  staire  de  son  dict.  imprimé,  où 
étoile  a  pris  indûment  la  place  de  riuicrc. 

Ceci  prouverait,  au  besoin,  que  si  dans  le  métier  de  lexico- 
graphe il  faut  être  bon  copiste,  un  talent  si  estimable  et  si 
rare  ne  sutlit  pas  encore. 


6.    DiniIJHIN;    DISLRFIMANTT. 

1 .  Le  Lexique  étymologique  des  termes  les  plus  usuels  en  breton 
moderne,  par  M.  Henry,  donne  le  cornouaillais  dihila  (par 
/  mouillé),  s'égrener,  en  ajoutant:  «  mbr.  dis-hil-ya,  ...  d. 
cymr.  dilnl  «sans  enfants  »...  Conjlecture]  Ern[ault]»;  avec 
cette  note  :  «  Mais  ce  verbe  n'a  en  vannetais  que  le  sens  «  ef- 
filoquer,  dégueniller  »,  ce  qui  rend  douteuse  l'étymologie  par 
bil  (Lotlî)  » . 

Dishilxa  est  écrit  dans  mon  Gloss.  en  capit.\les;  il  fait  donc 
partie,  comme  c'est  expliqué  p.  4,  des  mots  «  qui  ne  se  trou- 
vent pas  dans  des  documents  du  moyen-breton,  mais  qu'on 
peut  attribuer  à  cette  époque  par  suite  de  leur  étymologie  ...  »; 
cf.  p.  VIII  :  «  ces  mots  ne  sont  pas  là  au  même  titre  que  les 
autres,  et  je  n'ai  pas  toujours  essayé  de  rétablir  par  conjecture 
la  forme  qu'ils  avaient  en  breton  moyen  ;  aussi  sont-ils  dis- 
tingués par  les  caractères  typographiques  ". 

Ce  genre  de  méprise  est  fréquent  dans  le  Lexique,  cf.  Revue 
critique,  XXXIV ,  219.  Il  rappelle  les  lapsus  gaulois  qui  échap- 
pent de  temps  en  temps  aux  plumes  les  plus  avisées  ;  ainsi, 
Rev.  Cclt.,  XXI,  302,  «  le  nom  Rhenogcnos  et  un  vers  de  Pro- 
perce »,  au  lieu  de  «  * Rhenogenos,  nom  auquel  un  vers  de  Pro- 
perce paraît  faire  allusion  »  ;  ici,  d'ailleurs,  à  côté  du  mal  se 
trouve  son  remède:  la  référence.  Cf.  la  remarque  malheureuse 
sur  Glûno-màros  (lisez  *Glunotnaros),  dans  la  Dissimilaiion 
consonantique  de  M.  Grammont,  p.  37,  38. 

2.  Ainsi  l'assertion  qu'on  lit,  Gloss.,  180,  est  celle-ci  :  dis- 
hilya,  égrener,  dishilha,  dihilha,  s'égrener,  attestés  seulement 
en  bret.  moderne,  sont  plus  anciens,  et  composés  comme  le 


Xotes  sur  le  Wwnctais.  75 

gall.  lUhi/,  sans  postérité.  Quelles  formes  avaient  habituel- 
lement ces  mots  en  bret.  moyen  ?  Si  j'avais  voulu  les  rétablir 
par  conjecture,  j'aurais  pose  *  ci  ishilynff  cl  *dihilyaf[. 

L'étvmologie  qui  est  la  raison  d'être  de  cet  article  dishilya, 
n'est  pas  donnée  comme  conjecturale.  Est-ce  un  tort  ?  On  ne 
l'a  pas  encore  montré. 

3.  D'abord  l'objection  qui  v  est  faite  n'est  point  exacte.  Le 
verbe  en  question  a  en  van.  un  autre  sens  que  «  effiloquer, 
dégueniller  »,  puisque  dans  V Histoer  a  vuhc  Jesus-Chrouisî,  Lo- 
rient,  18 18,  p.  90,  hint  c  gueniérai  mar  à  hluchen  ac  on  dihiliai 
itré  ou  dehorn  cit  ou  daibeign,  veut  dire  «  ils  prenaient  des  épis 
et  les  égrenaient  entre  leurs  mains  pour  les  manger  »  (=  saint 
Luc,  VI,  i).  On  peut  passer  de  l'idée  d'  «  égrener  »  à  celle 
d'  «  effiloquer,  dégueniller  »  ;  le  van.  présentant  les  deux  sens, 
il  faut,  pour  décider  de  la  priorité,  consulter  les  autres  dialectes. 

Ceux-ci  montrent  aussi  deux  significations;  l'une  est  comme 
en  van.  «  égrener  »,  et  «  s'égrener  »  :  on  dit  par  exemple  en 
petit  trécorois  disilhan  ra  'n  ît,  le  grain  tombe  du  blé  trop 
mûr.  G.  Milin  a  ajouté  sur  un  dict.' bret. -franc,  de  Troude 
cette  note,  qui  constate  l'usage  du  Léon  :  «  darc  co  an  ed, 
di^illa  a  va,  le  blé  est  mûr,  il  s'échappe  de  l'épi  grain  à  grain  ». 
Le  témoignage  du  P.  Grég.,  qui  donne  avec  le  même  sens  les 
formes  disbilyû  (Léon),  dishilio  (Cornouaille),  dishilian  (Tré- 
guier)  est  donc  justifié,  et  confirmé  en  outre  par  le  texte  van. 
contenant  cf/7;///fl/ (sans  doute  d'un  infinitif  *if//;///V/;/).  Cf.  au 
fig.  é  ti::ilJont  (les  biens)  se  dissipent,  Sauvé,  334;  Moal,  37. 

L'autre  sens  de  dishilya  est,  d'après  Grég.,  «  tomber  en  dé- 
cadence »  ;  d'où  le  dérivé  disbilyadur,  dépérissement,  perdition, 
dégât,  dissipation  ;  ce  sont  des  synonymes  de  disherya  et  disJx- 
ryadur.  Or  il  y  a  tout  lieu  de  croire  que  disherya  dérive  de 
disbear,  dishar,  sans  hoir,  sans  héritier,  cf.  van.  disérenianll, 
déshérence,  etc.,  Gloss.,  179;  Mil.  ms.  porte:  «  en  den  disijer 
(h  muette)  eo,  ou  disJjer  eo,  il  n'est  pas  marié,  c'est-à-dire  il  est 
sans  héritier  ».  Je  persiste  à  croire  que  l'explication  de  tous 
ces  faits  a  lieu  aussi  bien  que  possible  en  admettant  un  mot 
breton  */;//,  graine,  race,  =  gall.  /;//,  mot  qui  a  donné  en 
v.  bret.  le  nom  Hilian,  selon  M.  Loth  (Chresloniathie  Ivet., 
137),  mais  est  resté  seulement  en  composition  avec  di-,  dis-, 


76  E-  Einaiilt. 

comme  cchi  est  arrive  à  plus  d'un  autre  :  et.  J/V-;/('5,  misère, 
Gloss.,  i6)  ;  dyvalau,  laid,  i88  {malô,  beau,  H.  de  La  Ville- 
marqué,  Dict.  de  Gon.  v.  divalô  est  purement  hypothétique); 
(ligiini't\,  «  (paroles)  qui,  d'ordinaire,  ne  sortent  pas  de  notre 
bouche,  en  bien  ou  en  mal  »,  i68,  etc.  Ce  dernier,  que  Troude 
donne  comme  de  l'île  de  Batz,  a  dû  lui  être  appris  par  Milin. 
Celui-ci  a  écrit  sur  un  exemplaire  du  dict.  bret.-fr.  :  «  Ce  mot 
est  de  l'Ile  de  Batz  »  ;  sur  un  autre,  il  a  ajouté  à  l'explication 
de  Trd.  :  «  paroles  peu  communes  et  qu'on  ne  comprend  pas 
trop  (I.  de  B.)  syn.  divoa:^  ».  Le  Siippl.  aux  dict.  hret.,  Lan- 
derneau,  1872,  porte,  p.  84:  «  Etranger.  Estren,  digeuve:^^  »^ 
forme  plus  régulière,  donnée  aussi  par  M.  du  Rusquec. 


7.    DIHEEIN. 

Dihéein  «  distinguer  pour  séparer  »  Ch.  vis,  =  dihaicin 
le~cii  cid  er  pott  «  éplucher  des  herbes  pour  le  pot,  cf.  dibaiàdur, 
action  d'éplucher  ainsi,  dihaiour,  éplucheur,  l'A.  Ce  mot  a,  je 
crois,  gardé  le  correspondant  van.  du  cornou.  eii:;^,  mou, 
amolli,  pet.  tréc.  hci'i,  fade,  gall.  hazvdd,  facile,  etc.,  Gloss., 
226.  Dihéein  lc~t'ii,  àt*diheu:^iff  lonsou,  est  proprement  «  net- 
toyer des  légumes  en  ôtant  ce  qui  est  fade  »  ;  comme  en  pet. 
Trég.  divreinah  ciiii  aval  veut  dire  «  ôter  la  partie  pourrie 
(breut)  d'une  pomme  ».  Pour  le  traitement  phonétique,  qui 
est  très  régulier,  on  peut  comparer  le  van.  hegué,  hcgucc,  pai- 
sible ;  capable  d'endurer,  dolent,  =^  gall.  hygawdd,  irascible, 
Loth,  éd.  de  Châl.  102,  même  racine  que  le  bret.  moy. 
citeu:,  regret,  Rcv.  Celt.,  XIX,  201. 


8.    FORHEIX;    HELLET;    HELHUS;    DIH.VLPaL;    HAMPREH^l. 

I.  D'ordinaire,  un  composé  suppose  des  formes  simples  an- 
térieures; mais  il  y  a  aussi  des  mots  simples  qui  sont  rede- 
vables à  des  composés  plus  anciens,  soit  de  leur  forme,  soit  de 
leur  sens,  soit  des  deux  à  la  fois. 

Le  van.  forhcin,  priver,  sevrer,   que  le  Lexique  rapporte  au 


.\otis  sur  U-  Vannetais.  77 

léon.  fors,  cas,  estime,  du  tV.  force,  est  bien  plutôt  extrait  de 
diforheiii,  distinguer,  discerner,  trier,  séparer,  mettre  à  part, 
bas-van.  diforc'h;  ci.  Loth,  éd.  de  Ctiâ!.,  24,  36  ;  Rev.  cril., 

XXXIV,  222. 

Le  bret.  mod.  rahvel,  séran  à  égrener  le  lin,  est  tiré  par 
M.  Henrv  de  la  même  origine  française  que  r'uiiia,  riùv'ut,  ra  - 
cler,  gratter,  Gloss.,  366;  mais  les  voyelles  sont  différentes. 
Ranvel,  ranf  en  pet.  Trég.  (Rev.  Celt.,  IV,  165)  se  rattache  à 
raiiva,  ranvat,  sérancer,  Trd.,  «  part,  passé  ranvet  »  Mil.  iiis, 
extrait  de  dirahva,  diranvat,  id.  Trd.,  diranva,  égrener  (des 
épis;  une  plante),  Gr.,  pet.  Trég.  diraùvet,  amaigri,  qui  a  l'air 
faible,  tatigué,  =^  v.  fr.  dcraïuer,  déchirer,  démembrer,  italien 
dira  marc,  ébrancher. 

2.  Un  exemple  vannetais  du  même  procédé  est  beIlcf-011  d'cr 
schct,  je  suis  mort  de  soif,  Choci^c  iichiic  a  i^aïuicinicii,  Vannes, 
1829,  p.  125,  pour  *l.k'! bit,  cl.  dciir  hcibits,  eau  qui  altère,  qui 
laisse  altéré,  127,  de  dibcibct,  cf.  dibclbct  c  c  qiicrbcl,  il  a  tant 
marché  qu'il  n'en  peut  plus,  Châl.,  diJh'lbcin,  essouffler,  dibcl- 
bcd-on  (je  suis  essoufflé)  l'A.,  moy.  bret.  dibclcbnl,  -cbajj 
«  estre  laz  comme  chien  qui  baaille  »,  mod.  hcdc  diclc'bal,  à 
perte  d'haleine,  Gr.,  etc.,  =  '^di-scli^-,  «  chasser  jusqu'au 
bout,  forcer,  réduire  aux  abois  »,  Mcni.  de  la  Soc.  de  Liiig., 
XI,  108;  ou  au  sens  neutre  «  perdre  la  poursuite,  s'arrêter  de 
chasser  »,  Lexique,  v.  diélc'ba.  Aux  formes  voisines  que  j'ai 
étudiées  à  ce  propos  (cornou.  dibelkeiii,  pet.  tréc.  dicbelpah, 
être  essoufflé),  il  faut  ajouter  le  van.  dibaJpdl  e  bra  cr  bi,  le 
chien  est  essoufflé,  il  a  la  langue  hors  de  la  bouche,  Buléon 
iiis.  Ce  mot  doit  être  composé  de  balpeiii,  lapper,  Châl.  iiis, 
cf.  Annales  de  Bretagne,  XIV,  545. 

3.  Il  est  clair  aussi  que  le  van.  baniprein  en  esqern  dibaniprel 
«  remboeter,  remettre  un  os  disloqué  dans  sa  boëte  natu- 
relle »  Gr.,  vient  de  dibanipreHi,  «  deboeter,  disloquer  »  Gr., 
dihampréd,  disloqué,  dianipradnr,  rupture,  dislocation,  divaiii- 
hrein,  diamprein,  démembrer,  Châl.,  bret.  moy.  diucniprajj, 
disloquer,  démembrer,  Gloss.,  12,  cï.  le  synonyme  auseih  itn 
asqorn  diauset,  etc.,  Gr.  ;  mais  ici  le  sens  du  nouveau  verbe 
simple  est  l'opposé  du  composé  de  di-. 

4.  Des  composés  de  dis-  donnent  lieu  à  des  formes  simples 


78  E.  Etnanlt. 

où  1.5"-  reste  attaché,  et  qui  ont  quclquctois  le  sens  négatif: 
van.  siniiiit'iii  Qt  disscniniein,  égrener,  cf.  scloeret  é,  (la  jument) 
a  pouliné,  et  ilisrloerein,  éclore,  Gloss.,  605. 

D'autres  ont  le  sens  du  simple  primitif,  qui  se  trouve  ainsi 
augmenté  d'un  s-  prothétique:  pied  et  spleil,  attention,  soin, 
Gloss.,  497,  cf.  dispicd,  abject,  dispict,  vil,  bas,  méprisable, 
misérable,  displedded,  dispicd nre:^,  abjection,  displedôny,  displc- 
dadiir,  viJeté,  bassesse,  Gr.  Le  Gonidec  a  décomposé  distonna, 
«  enlever  de  dessus  la  terre  l'herbe  et  les  racines  que  la  herse 
entraîne  et  accumule  »  en  di  -\-  stonn  «  ce  que  la  herse  en- 
traîne »,  et  M.  Henry  a  proposé  de  tirer  ce  dernier  du  v.  franc. 
cstoulc,  éteule,  chaume.  Mais  on  ne  peut  séparer  sionn  du 
gallo  tonne,  gazon,  van.  toiinen,  id.,  etc.,  Gloss.,  xviii,  xix, 
698,  699.  xMil.  nis  remarque  qu'à  l'île  de  Batz  le  verbe  est 
distona,  et  le  nom  sto)ien  (au  mot  stonn,  stonn  «  mauvaises 
herbes  que  la  herse  entraîne  dans  un  champ  qu'on  laboure  » 
Trd.),  tonden,  en  haut  Léon  tonen  (au  mot  tonncn  «  couenne, 
peau  épaisse  d'animal,  peau  de  la  tète  de  l'homme,  ...  surface 
dure  et  sèche  d'une  terre  délaissée  en  repos  pendant  un  long 
temps  »  Trd.). 

E.  Erxault. 


SUR    LA    PRONONCIATION    DU    GAULOIS 


Dans  le  Grundriss  de  Brugmann,  t.  I,  2'  éd.,  p.  378, 
M.  Thurncysen  a  introduit  la  note  suivante  :  «  La  transfor- 
mation de  m  en  spirante  nasalisée  était  pcttl-clrc  panceltique. 
Cf.  le  Ki\}.').vivi  Hpcç  de  Strabon  à  côté  du  nions  Ceneniia  ou  Ce- 
henna  de  César  (Holder,  Sprachsch.,  col.  880).  On  doit  aussi 
tenir  compte  des  variantes  graphiques  Diibno-  et  Diiiniio-rix 
(jbid.,  1358),  car  elles  peuvent  indiquer  un  son  intermédiaire.  » 

iM.  H.  d'Arbois  de  Jubainville  s'est  formellement  prononcé 
contre  cette  hypothèse  dans  un  fascicule  récent  des  Mémoires 
de  la  Société  de  Linguistique  de  Paris  (t.  XI,  p.  324  et  suiv.). 
Il  objecte  en  particulier  à  M.  Th.  la  présence  actuelle  de  la 
consonne  ///  pure,  ou  d'une  simple  voyelle  nasalisée  dans  de 
nombreux  noms  de  lieu  français  :  Liuiours  de  Lemausus,  Ar- 
genton  d'Argentontagns,  etc. 

Sans  prétendre  trancher  le  différend,  nous  voudrions  attirer 
l'attention  sur  quelques  faits  dont  il  n'a  pas  été  fait  état  dans 
la  discussion. 

1°  Il  est  nécessaire  de  ne  pas  établir  tout  d'abord  un  lien 
trop  étroit  entre  les  exemples  plus  ou  moins  assurés  d'«  aspi- 
ration »  du  gaulois  et  ceux  que  présentent  les  autres  langues 
celtiques,  tant  que  l'étude  de  ces  faits  n'aura  pas  été  poussée 
plus  loin  ni  traitée  d'ensemble  d'une  manière  méthodique.  II 
est  bien  évident  que  dans  toutes  les  langues  celtiques  (le  gau- 
lois mis  à  part)  les  causes  et  les  etiets  de  ces  phénomènes  sont 
essentiellement  les  mêmes,  mais  trop  de  détails  restent  en- 
core obscurs.  La  tendance  générale  à  l'aifaiblissement  des 
consonnes  a  pu  être  entravée  dans  chaque  langue  par  des 
raisons  qui  lui  sont  spéciales,  en  particulier  par  la  nature  et  la 


8o  /,.  Durait. 

place  de  l'accent  dans  les  mots  simples  et  dans  les  mots  com- 
posés. Il  est  à  remarquer,  notamment,  que  pour  le  d,  la  seule 
consonne  gauloise  dont  l'artaiblissement  soit  clairement,  bien 
que  très  sporadiquement,  noté  par  l'écriture,  la  lettre  K  n'ap- 
paraît qu'à  l'intérieur  de  mots  simples,  jamais  comme  ini- 
tiale d'un  second  terme  de  composé;  on  pourra  s'en  rendre 
compte  en  parcourant  la  liste  de  Holder,  Sprachsch.,  I, 
col.  121 1.  D'après  cette  analogie,  un  mot  formé  comme  Ar- 
ilcnlo-)iia^us  aurait  donc  pu  garder  intacte  son  /;/  initiale  sans 
qu'on  pût  rien  en  conclure  pour  la  prononciation  de  m  dans 
d'autres  positions  :  l'exemple  de  Lcniausiis  >->-  Liiiiours  est 
sans  aucun  doute  plus  probant. 

2"  Toutefois,  il  n'est  pas  sans  exemple  qu'un  m  ait  succédé, 
dans  la  forme  actuelle  d'un  nom  de  lieu,  à  un  son  (ou  com- 
binaison de  sons)  voisin  de  celui  auquel  remontent  tous  les 
substituts  modernes  de  l'ancien  ;//  dans  les  langues  gaéliques 
et  brittoniques,  c'est-à-dire  ;//  spirant  (i'  |ou  w]  nasal).  On  a, 
en  eftet,  dans  le  nom  de  Sûiiil-Bi'rlnvni-dt'-Coiinniiiges  (Haute- 
Garonne),  ancienne  capitale  des  Coniioiae,  un  exemple  au 
moins  du  passage  à  ///  d'un  son  plus  rapproché  de  nv  latin 
que  de  )u,  puisque  les  Romains  le  notaient  par  nv.  11  est  à 
remarquer  que  la  capitale  des  Coiiiietiae  portait  le  nom  bien 
gaulois  de  Lugdniutiu,  et  que  selon  saint  Jérôme  {Contra  Vi- 
gilanliuDi,  54),  ils  faisaient  primitivement  eux-mêmes  partie  de 
deux  peuplades  gauloises,  les  Vettones  et  les  Arcucui.  M.  An- 
toine Thomas,  qui  a  traité  du  nom  de  Saint-Bertrand-de-Com- 
minges  dans  ses  Essais  de  philologie  française,  p.  i  et  suiv.,  et  à 
qui  nous  empruntons  ces  renseignements,  considère  que  le  nom 
de  Connenae  est  purement  latin  (cf.  le  nom  commun  cojiuenà); 
mais  les  Connenae  eux-mêmes  seraient  des  Ibères,  qui  au- 
raient accommodé  à  leur  mode  de  prononciation  le  groupe  nv; 
or,  en  basque,  nv  latin  devient  ;;////  (conuentus  ^->"  gonientii). 
Mais  ce  peut  aussi  bien  avoir  été  des  Celtes  qui  auraient  pro- 
noncé dans  Connenae  (latin  ou  non  d'origine),  leur  m  spirant; 
puis,  par  suite  des  progrès  de  la  romanisation,  ce  son  aura  été 
remplacé  plus  tard  par  un  son  proprement  latin.  Toujours  est- 
il  que  si  nous  ne  connaissions  pas  directement  le  nom  ancien 
du  pays  de  Comenge,  c'est,  à  coup  sûr,  Coinfnijenicus  et  non 


Sur  la  prononciation  du  Gaulois.  8i 

Couuiiiiciis  que  nous  songerions  à  restituer.  Ce  pourrait  être 
un  indice  que  Vm  de  Leniaitsus,  Argcntomagus  ne  s'est  pas  né- 
cessairement toujours  prononcé  comme  )ii  latin'. 

3°  Avant  d'arriver  à  des  hypothèses  moins  incertaines,  nous 
voudripns  ajouter  une  remarque  au  sujet  de  l'altération  du  d 
en  gaulois.  Ce  d  a  disparu  en  français  propre,  dans  la  plupart 
des  cas,  comme  a  disparu  le  d  latin  intervocalique.  Il  serait 
intéressant  de  rechercher  si  c'est  vrai  également  dans  la  partie 
du  domaine  roman  où  le  d  latin  est  resté  intact.  Il  ne  faudrait 
pas  perdre  de  vue,  d'ailleurs,  dans  cette  recherche,  que  la 
phonétique  des  noms  de  lieu  n'est  pas  nécessairement  celle  des 
noms  communs,  pour  différentes  raisons,  dont  la  plus  simple 
est  que  le  nom  d'un  lieu  peut  être  le  seul  exemple  survivant 
d'un  fait  de  phonétique  restreint  à  un  domaine  peu  étendu, 
et  dont  les  effets  ont  disparu  dans  tous  les  autres  mots,  qui 
ont  pris  la  forme  des  parlers  voisins.  —  Y  a-t-il  quelque 
chose  à  tirer  à  ce  point  de  vue  de  la  forme  espagnole  Laceva 
de  l'ancien  nom  de  lieu  Adcha  (Holder,  s.  v.)  ?  Il  est  probable 
en  tout  cas  que  le  ^  gaulois  se  rapprochait  sensiblement  de  s 
ou  de  tSj  et  que,  par  suite,  il  aura  pu,  dans  certaines  conditions 
qui  restent  à  déterminer,  se  confondre  soit  avec  le  c  roman 
devant  e,  soit  (suivant  les  régions)  avec  d'autres  sons  latins. 

4°  Revenons  à  la  question  de  Vm.  L'alternance  v(b)/>}i  se 
rencontre,  non  seulement  dans  Cei{einia/Ki[j.\j.t'tzv ,  Dulmo-j 
Dumno,  mais  aussi,  comme  chacun  sait,  dans  le  nom  du  dieu 
BorvojBormo,  identifié  à  Apollon,  et  dans  ses  dérivés-.  Les 
deux  formes  se  rencontrent  dans  des  inscriptions  trouvées  en  un 
même  lieu  à  Bourbon-Lancy  (Saône-et-Loire)  :  il  semble  donc 
d'une  méthode  peu  sévère  d'y  voir  des  variantes  dialectales. 
D'autre  part,  Bourbon-Lancy  est  appelé  Aqiiis  Boniwnis  par  la 
Table  de  Peutinger.  On  se  trouve  donc  en  présence  d'un  son 
noté  indifféremment  v  ou   lu,  et   représente   aujourd'hui  en 


1.  M.  A.  Thomas  a  l'obligeance  de  me  signaler  une  forme  gasconne  co- 
uteneitsa  «  convenance  »  qui  prouverait  que  l'exemple  de  Coiiiinges  n'est  pas 
isolé,  et  qui  affaiblirait  encore  les  arguments  qu'on  peut  tirer,  au  moins 
pour  la  Gaule  méridionale,  des  formes  comme  Liiiioiirs,  Argentan,  etc.,  par 
laprononciation  non  spirante  de  m. 

2.  Cf.  Holder,  Altcelt.  Sprachschat{,  t.  I,  col.  489-494. 

Revue  Celtique,  XXJI.  6 


82  L.  Duvau. 

français  dans  Boitrho)t-L:[ncy,  Bon rbon-ï Archamh:xu\t,  Bour- 
/'o;;?/r-les-Bains,  par  un  b  qui  indiquerait  un  son  plus  proclie 
de  b  ou  de  v  latin  (cf.  curuus  3^-^  courbe,  scruirc  ^^^  servir') 
que  de  m  latin. 

5°  On  remarquera  que  le  son  en  question,  dans  Ceuenna, 
Diihio-,  et  dans  les  cas  obliques  de  Borbo  est  toujours  voisin 
d'une  nasale.  Nous  pensons  que  cela  indique  que  l'influence 
d'une  nasale  se  faisait  sentir  sur  les  syllabes  avoisinantes,  et 
qu'un  groupe  schématique  tel  que  *bama  ou  *  vama  passait  à 
*ma))ia  (màmà)  ou  r'aiiia  (r'àiiià).  C'est  par  une  action  de 
ce  genre  que  doit  s'expliquer  sans  aucun  doute  la  forme  me- 
buirÇ-^r-m  Dievioria)  du  vieil-irlandais,  mod.  meabhair,  mais  gaé- 
lique meonihair;  dans  le  dialecte  et  à  l'époque  où  cette  forme 
a  été  d'abord  écrite,  un  b  (bh)  proche  d'un  m  ne  pouvait  se  lire 
que  ;;//;  ;  la  notation  ;;//;  nécessaire  pour  lainb  (làv)  pouvait 
sans  inconvénient  pour  la  clarté  être  remplacée  par  bh  quand 
le  mot  contenait  une  autre  nasale. 

Nous  rappellerons,  à  ce  propos,  que  M.  John  Rhys  a  émis, 
il  y  a  quelques  années^,  au  sujet  du  vieil-irlandais  Jiem  (irl. 
mod.  ncamJ))  une  hypothèse  qui  n'a  pas,  à  ce  qu'il  semble, 
attiré  l'attention  autant  qu'elle  le  mérite.  Il  est  tentant  de 
rapprocher  avec  lui  luin  du  vieux  slave  nebo  (ciel),  et  du 
sanscrit  imbhas  «  atmosphère,  ciel,  etc.  »  (gr.  v£ç:c).  Le  rap- 
prochement usuel  du  vieil  irlandais  nem  et  du  sanscrit  namas 
«  courbure  »,  n'a  guère  d'autre  mérite  que  d'expliquer  «  pho- 
nétiquement »  2  la  présence  de  Vm  :  je  serais  plutôt  tenté  de 
voir  dans  cet  ni,  avec  M.  Rhys,  le  résultat  d'une  action  pro- 
gressive de  la  nasale  initiale  d'un  primitif  *}ieb-os'^  :  les  exem- 

1.  Tbc  Outliiies  of  the  Pboiiology  of  the  Maux  Gadic,  p.  35. 

2.  Rappelons  qu'en  bonne  phonétique  les  adjectifs  français  «  haut  », 
«  froid  »  sont  inconciliables  avec  les  adjectifs  latins  altiis  ctfrigiJus  :  pourtant 
qui  voudrait  les  en  séparer?  On  pourrait  multiplier  ces  exemples  à  l'infini. 

3.  Ce  qui  pourrait  plaider  en  faveur  du  rapprochement  traditionnel,  c'est 
moins  un  argument  phonétique  qui  le  fait  que  le  groupe  le  plus  voisin  du 
celtique  avec  le  latin,  le  germanique  a  peut-être  emprunté  son  nom  du 
«  ciel  »  à  un  ordre  d'idées  analogues  à  celui  du  skr.  iiainas  :  v.  h.  ail. 
hiinil,  est  en  effet  quelquefois  rapproché  de  gr.  xaiXîOsov,  u.iÀaO-ov  «  toit, 
plafond  ».  Mais  cette  étymologie  de  hitiiiiis  n'est  pas  de  celles  qui  s'im- 
posent, et,  fût-elle  certaine,  ce  ne  serait  encore  qu'un  indice.  Le  latin  cae- 
liiDi,  littéralement  «  creux  »,  pourrait  aussi  entrer  en  ligne  de  compte. 


Sur  la  prononciation  du  Gaulois  83 

pies  sporadiqiies  Je  nasalisation  par  contiguitc  ne  sont  rares 
dans  aucune  langue.  Dans  iioii  ou  son  prototype  celtique,  elle 
aura  pu  être  flivorisée  par  un  faux  rapprochement  avec  nemed, 
gaulois  v£;rr,-::v,qui  n'a  pas  nécessairement  la  même  origine, 
et  où  1'///  peut  être  «  phonétique  ». 

6°  Enfin  Vhésilation  graphique  entre  b  et  m  dans  Duhno-j 
Duviiio-  n'est  en  aucune  foçon  comparable  à  la  substitution 
phonétique  de  w  à  un  ancien  /'  (p)  dans  le  latin  soiinnis^.  Elle 
nous  semble  indiquer  aussi  presque  nécessairement  l'existence 
en  gaulois  d'un  son  intermédiaire  entre  ceux  que  représentaient 
les  lettres  v  et  ni  de  l'alphabet  latin. 

Si  ce  son  spécial  a  réellement  existé,  comme  les  indices  re- 
cueillis plus  haut  semblent  le  prouver,  ce  ne  pouvait  guère  être 
qu'un  V  nasal  ou,  subsidiairement,  un  v  accompagné  d'une 
nasalisation  de  la  voyelle  ou  des  voyelles  adjacentes:  les  ori- 
gines phonétiques  et  les  notations  graphiques  de  ce  son  mè- 
nent nécessairement  à  cette  conclusion. 

Louis  DuvAU. 
I.  Méiii.  Soc.  Ling.,  t.  XI,  p.  327. 


BIBLIOGRAPHIE 


Arthur  Le  Moyne  de  La  Borderie.  —  Histoire  de  Bretagne,  tome 
premier,  1896;  tome  second,  1898;  tome  truisième,  KS99.  Rennes, 
Plihon  et  Hervé;  Paris,  PicarJ. 

Cette  œuvre  monumentale  est  le  digne  couronnement  d'une 
vie  consacrée  tout  entière  à  l'étude  de  lu  Bretagne  sous  toutes 
ses  foces  :  histoire,  littérature,  art,  monuments,  coutumes.  Il 
était  impossible  d'aborder  un  sujet  aussi  étendu  et  complexe, 
souvent  aussi  épineux  avec  une  préparation  plus  scrupuleuse 
et  une  érudition  mieux  informée  ;  de  plus,  jamais  historien 
n'a  été  plus  sincèrement  épris  de  son  sujet.  Aussi  l'œuvre  de 
M.  de  La  Borderie,  si  bien  accueillie  dans  le  monde  savant, 
a-t-elle  été  l'objet,  en  Bretagne,  d'un   concert  unanime  d'ap- 
plaudissements et  a-t-elle  provoqué  un  redoublement  de  sym- 
pathie et  d'admiration  envers  l'auteur  déjà  si  populaire  dans 
toute  l'étendue  de  la  péninsule  armoricaine.  Nous  avons  salué 
en  lui  notre  historien  national.  On  a  senti  que  l'auteur  s'adres- 
sait surtout  à  ses  compatriotes  :   c'est  une  histoire  de  la  Bre- 
tagne racontée  à  des  Bretons  par  le  plus  patriote  des  enfonts 
de  la  péninsule  armoricaine.  Et  je  n'use  en  m'exprimant  ainsi 
d'aucune  métaphore  :  cette  histoire  a  été  racontée,  professée  par 
l'auteur  lui-même  à  la  Faculté  des  Lettres  de  Rennes  devant 
l'auditoire  le  plus  nombreux  et  le  plus  vibrant  qui  ait  jamais 
été  réuni  dans  notre  grand  amphithéâtre.  Ainsi  s'expliquent 
le  ton  de  l'auteur,  l'allure  du  récit,  certaines  f-uniliarités  d'ex- 
pressions, parfois  aussi  certaines  exagérations  oratoires  dont  il 
est  assez  surprenant  qu'on  ait  pu  se  choquer  quand  on  connaît 
la  genèse  de  l'ouvrage  ;  de  là  encore  des  digressions  assez  fré- 


Bibliographie.  85 

quentcs  qui  amusent  ou  reposent  le  lecteur  sans  nuire  sérieu- 
sement à  l'intérêt  général.  Le  patriotisme  ardent  de  l'auteur 
contribue  aussi  à  donner  au  récit  une  chaleur  communicative 
sans  qu'on  puisse  dire  qu'il  ait  jamais  sérieusement  nui,  je  ne 
dis  pas  à  son  impartialité,  mais  à  sa  clairvoyance. 

L'époque  préhistorique  laissée  de  côté,  l'histoire  de  la  Bre- 
tagne se  divisait  naturellement  en  trois  périodes  :  1°  les  ori- 
gines bretonnes;  2°  la  Bretagne  duché;  3°  la  Bretagne  pro- 
vince. 

Les  deux  premiers  volumes  vont  de  l'époque  gauloise  à 
l'année  995  et  ont  ainsi  pour  objet  principal  l'établissement 
des  Bretons  en  Armorique,  et  la  formation  de  la  Bretagne  ar- 
moricaine, formation  définitive  à  la  fin  du  x*^  siècle.  Le  troi- 
sième va  de  995  à  la  bataille  d'Aurai  (1364).  Le  quatrième 
ira  de  l'année  1364  à  la  réunion  de  la  Bretagne  à  la  France 
(1532).  Le  cinquième  aura  pour  objet  la  Bretagne  province. 

On  a  reproché  à  l'auteur  de  n'avoir  rien  dit  de  l'époque 
préhistorique.  Il  a  répondu  d'avance  à  cette  critique  dans  son 
Avertissement  :  il  écrit  non  la  préhistoire  mais  l'histoire  de  Bre- 
tagne. On  peut  regretter  jusqu'à  un  certain  point  qu'il  ne 
nous  ait  pas  donné  un  résumé  clair  et  substantiel  de  ce  que 
l'on  sait  sur  cette  époque  ;  non  pas  des  théories  si  nombreuses 
et  si  peu  appuyées  qui  éclosent  journellement  dans  ce  domaine, 
mais  de  ce  que  nous  apprennent  les  fouilles  et  découvertes  si 
nombreuses  de  nos  chercheurs  et  de  nos  sociétés  archéolo- 
giques. La  tâche  de  l'auteur,  il  est  vrai,  était  déjà  assez  lourde 
pour  qu'il  ne  s'embarrassât  pas  d'études  sans  rapport  direct 
avec  l'histoire  de  Bretagne  et  qui  n'eussent  peut-être  abouti 
actuellement  à  aucun  résultat  bien  appréciable. 

L'ouvrage  débute  par  une  topographie  très  détaillée  de  la 
péninsule  armoricaine.  Au  chapitre  des  montagnes,  l'auteur 
me  paraît  avoir  oublié  un  massif  indépendant  de  hautes  collines 
qui  partent  de  Plouray  et  s'étendent  sur  le  canton  de  Guéméné 
et  une  partie  de  celui  de  Gouarec  bordant  la  rive  droite  du 
Blavet.  En  revanche,  il  me  paraît  avoir  exalté  outre  mesure  la 
colline  de  Sainte-Barbe  du  Faouët  «  dont  les  rochers  touchent  le 
ciel  »  (p.  27)  :  Sainte-Barbe  n'a  pas  plus  de  170  mètres  d'alti- 
tude. Il  est  vrai  que  la  situation  est  des  plus  saisissantes  ;  tous 


86  Bibliographie. 

ceux  qui  connaissent  ce  paysage  pardonneront  à  l'auteur  cet 
accès  de  lyrisme. 

Je  retrouve,  p.  5,  une  vieille  connaissance:  l'étymologie  de 
Hoiiiit,  et  Hœdic,  qui  signifieraient  la  Cane  et  le  Petit  Canard. 
L'auteur  écrit  Houat,  ce  qui  est  exact,  mais  Hoadic,  ce  qui  est 
faux.  On  prononce  Houat  et  Hçdic.  Houat,  au  y."  siècle  Hoiat, 
représente  Siata  de  l'époque  gauloise  et  Hedic  ou  Edic,  vrai- 
semblablement Alica  ÇArica  dans  les  textes). 

Au  chapitre  Forets,  nous  trouvons  une  description  détaillée 
de  la  grande  foret  centrale  de  Bretagne,  dont  une  des  parties 
conserve  encore  le  nom  de  Brocéliande.  M.  de  La  Borderie 
l'étend  à  l'ouest  jusqu'aux  Montagnes  Noires.  Il  y  a  en  effet  en 
Paul  un  village  de  Brecilien;  en  Priziac,  un  autre  du  nom  de 
BreceJien.  L'auteur  ne  doute  pas  que  ce  ne  soit  le  même  nom. 
C'est  possible,  mais  point  certain.  On  prononce  certainement 
Breselien,  le  nom  du  village  de  Priziac,  en  partie  situé  dans 
Saint-Tugdual  (canton  de  Grimené-sur-Scorff),  et  il  me  semble 
bien  que  bre  est  pour  breu,  colline. 


PERIODE   GAULOISE    ET   GALLO-FOMAIXE 

La  période  gauloise  et  gallo-romaine  occupe  une  place  con- 
sidérable dans  le  premier  volume.  L'auteur  définit  le  territoire 
des  cités  de  l'Armorique,  en  décrit  les  monuments  :  c'est  un 
excellent  répertoire  de  ce  que  l'on  sait  sur  cette  période  de 
l'histoire  de  la  péninsule.  Cependant  l'auteur  nous  paraît  avoir 
accepté  trop  facilement  l'autorité  de  certains  écrivains  juste- 
ment estimés  mais  dont  les  affirmations  ont  souvent  besoin 
d'être  contrôlées,  par  exemple,  celle  de  M.  Desjardins  en  ce 
qui  concerne  les  Aulerci  et  la  participation  des  cités  armori- 
caines au  soulèvement  général  provoqué  par  Vercingétorix. 
Les  Aulerci  qui,  en  57  av.  J.-C,  avaient  donné  des  otages 
aux  Romains  avec  certaines  cités  armoricaines  seraient  les  ^m- 
bivariti  ou  Abr'nicatui.  Les  Aulerci  étaient  divisés  en  quatre 
groupes  :  Aulerci  Eburovici,  Aulerci  Cenomanni,  Aulerci 
Brannovices,  Aulerci  Diablintes.  Les  trois  premiers  groupes 
durent  envoyer  des  contingents  séparés  à  Vercingétorix  (Caesar, 


Bibliographie.  87 

De  Bello  Gall.,  VII,  75).  Les  Aulcrci  Diablintcs  n'étant  pas 
mentionnés  à  part  sont  évidemment  compris  parmi  les  cités 
armoricaines  qui  elles  fournissent  en  bloc  30,000  hommes: 
de  ce  nombre  étaient,  dit  César,  les  Curiosolites,  Redones, 
Ambibarii,  Caletes,  Osismii,  Lemovices  (lisez  Lexoviî),  Unelli. 
Pour  le  contingent  à  fournir  à  Vercingétorix,  M.  de  La  Bor- 
derie  reproduit  l'erreur  de  Desjardins.  Cette  erreur  vient  de 
ce  que  Desjardins  qui  cite  les  meilleures  éditions  de  César  a, 
en  réalité,  adopté  le  texte  de  Frigellius:  tria  milia  universis  ci- 
vitatihus  que  Oceanum  atiingiint.  La  leçon  XXX  universis  civi- 
tatibns  est  aujourd'hui  universellement  adoptée. 

Pour  la  lutte  des  Vénètes  contre  César,  l'auteur  préfère  la 
version  de  Dion  Cassius  à  celle  du  général  romain.  Or,  dit 
un  critique,  César  y  était  en  personne.  L'argument  n'est  pas 
sans  réplique  :  accepte-t-on  toutes  les  affirmations  de  Napo- 
léon l"  ou  de  ses  généraux  au  sujet  des  batailles  auxquelles' ils 
ont  assisté  ?  Tous  les  critiques  sont  d'accord  pour  reconnaître 
la  valeur  de  Dion  Cassius,  la  loyauté  de  ses  informations.  Plu- 
sieurs soutiennent  que  pour  la  guerre  des  Gaules  il  a  eu  à  sa 
disposition  des  sources  aujourd'hui  disparues  et  contempo- 
raines de  cette  guerre.  Il  faut  reconnaître  cependant  que  cette 
opinion  aujourd'hui  paraît  peu  probable  après  les  travaux  de 
Melber,  un  des  plus  récents  éditeurs  de  Dion  Cassius  ^ 

La  capitale  gauloise  des  Vénètes  aurait  été  à  Locmariaker, 
mais  elle  aurait  été  transférée  par  César  à  Darioritum,  donnée 
par  Ptolémée  et  la  Table  Théodosienne  comme  capitale  des 

I .  Melber,  Der  Berichl  des  Dio  Cassins  iïbcr  die  gallischen  Kriege  Casars 
(Festgruss  an  dicXLI  Vcrsammlung  Deutscher  Philologcn  and  Schulmàn- 
ner  von  dem  LehrerkoUegium  des  K.  Maximiliansgymnasiums  in  Mùnchen). 
Melber  établit  en  ce  qui  concerne  certains  épisodes  saillants  de  la  guerre 
des  Gaules  (la  guerre  contre  les  Helvètes,  contre  Arioviste)  que  les  diffé- 
rences entre  le  texte  de  César  et  celui  de  Dion  Cassius  proviennent  de  dé- 
veloppements littéraires  ou  d'erreurs  facilement  explicables  :  il  semble  bien 
que  Dion  Cassius  ait  résumé  de  mémoire  le  récit  de  César.  Pour  la  lutte 
contre  les  Vénètes,  le  récit  de  Dion  Cassius  est  plus  logique.  Il  a  très  net- 
tement vu  quelques  invraisemblances  dans  le  texte  de  César  et  les  a  fait  dis- 
paraître, mais  en  y  regardant  de  près,  il  n'y  a  qu'un  fait  qui  paraisse  lui 
appartenir  en  propre  :  il  nous  dit  que  Brutus  arriva  de  la  Méditerranée  à 
l'aide  de  César  avec  des  vaisseaux  rapides.  Dion  a  amplifié:  César  dit 
simplement  qu'il  fit  venir  des  rameurs  de  la  Province  romaine  et  y  recruta 
des  matelots  et  des  pilotes. 


88  Bibliographie. 

Vénètes.  Or  Darioritum  est  certainement  Vannes,  comme  le 
reconnaît  d'ailleurs  M.  de  La  Borderic.  Dès  lors,  je  ne  vois 
aucune  raison  sérieuse  pour  supposer  que  César  aurait  de  parti 
pris  déplacé  la  capitale.  La  situation  de  Locmariaker  est,  à 
certains  points  de  vue,  préférable  à  celle  de  Vannes.  Comme 
cette  bourgade  est  à  l'entrée  du  golfe  du  Morbihan,  on  con- 
çoit très  bien  que  les  Romains  s'y  soient  installés  et  en  aient 
fait  un  point  important  d'observation.  Le  nom  de  Locmariaker 
est  à  ce  point  de  vue  significatif;  le  nom  le  plus  ancien  est 
Caer  (Cart.  de  Red.,  856:  Chaer  plebs  ;  Cacr).  Après  la 
création  d'un  sanctuaire  à  Marie,  la  paroisse  prit  le  nom  de 
Locmaria-Kacr  (en  1572  Locmaria-cn-Ker,  c'est-à-dire  Loc- 
maria  in  Castro).  On  sait  que  Caer  représente  très  exactemeftt 
le  latin  castra.  C'est  ainsi  que  Chcster,  aujourd'hui  encore,  en 
gallois,  s'appelle  Cacr. 

Sur  Blabia,  l'auteur  me  paraît  avoir  adopté  une  théorie  in- 
soutenable. La  station  des  Djilitiiiii  Carronerisiuni,  Blabia  (A\i///. 
dignit.  imp.  Occid.,  XXXVII,  éd.  Otto  Seeck,  p.  204)  serait 
Blavet,  c'est-à-dire  Port-Louis.  La  ressemblance,  dit  l'auteur, 
est  à  peu  près  égale  de  part  et  d'autre.  Il  y  a,  au  contraire, 
identité  complète  entre  Blabia  (Blavia)  et  Blavc  près  Bor- 
deaux, et  simple  ressemblance  avec  Blavet.  La  forme  bre- 
tonne vannetaise,  Blawcc'h  ou  Blàzccc'h  (plus  anciennement 
* Blazcelb),  remonte  à  Biavitto-.  A  priori,  déjà,  il  est  bien  in- 
vraisemblable que  deux  des  provinces  du  Tractus  armoricanus 
et  ncrvicaniis,  c'est-à-dire  VAquitauia  prima  et  sccunda,  fussent 
dépourvues  de  toute  station  militaire,  ce  qui  serait  le  cas  dans 
l'hypothèse  de  M.  de  La  Borderie.  Mais  il  y  a,  outre  l'identité 
de  nom,  d'autres  raisons  positives  de  placer  Blabia  à  Blaye. 
D'abord,  le  vers  d'Ausone  ^  : 

Q.ua  glarea  trita  viarum 
Fert  viilitarem  ad  Blabiam. 

Dans  l'Itinéraire  d'Antonin  -,  le  castrum  Blautum  (Blavium), 
est  placé  entre  Burdigala  et  Tamnum.  Ce  texte  est  d'accord 


1.  Epist.,  X,  15. 

2.  Anton.  Itiner.  ed  Wcsseling,  p.  458. 


Bibliogr.iplne.  89 

avec  la  Table  de  Peutinger ',  Grégoire  de  Tours-,  Annales 
Mettenses  5.  La  nécessité  d'une  station  militaire  dans  la  zone 
de  Blaye  saute  aux  yeux.  Sidoine  Apollinaire,  alors  à  la  cour 
wisigothique  de  Bordeaux,  nous  montre  les  pirates  saxons  en 
pleine  Saintonge-i.  Une  des  raisons  qui  me  paraissent  avoir,  à 
son  insu,  influé  ici  sur  le  jugement  de  l'auteur,  c'est  qu'il  ne 
paraît  pas  avoir  nettement  distingué  l'Armorique  gallo-romaine 
à  partir  de  Constantin  de  l'Armorique  gauloise.  C'est  ainsi 
que,  p.  220,  à  propos  des  incursions  des  pirates  saxons,  il  met 
la  Saintonge  au  sud  de  l'Armorique,  tandis  que  ce  pays  au 
v''  siècle  en  taisait  partie  intégrante.  De  même,  p.  215,  nous 
lisons  :  «  Les  cités  armoricaines,  c'est-à-dire  les  villes  et 
peuples  compris  entre  la  Seine,  la  Loire  et  l'Océan,  du  moins 
la  plupart  d'entre  eux,  se  voyant  abandonnés  par  l'Empire, 
essayèrent  de  se  défendre  eux-mêmes.  »  Or  ceci  se  passait 
en  409.  Il  est  démontré,  au  contraire,  qu'ici  il  ne  s'agit  pas 
seulement  de  ces  cités,  mais  de  celles  qui  s'étendaient  de  la 
Garonne  à  la  Seine,  s'étendant  sur  les  cinq  provinces  de 
l'Aquitaine,  i""^  et  2%  la  Lyonnaise  sénonaise,  la  2"  et 
y  Lyonnaise  >. 

Je  retrouve,  p.  229,  l'assertion  d'après  Zosime  que  les  Bretons 
insulaires  en  409  auraient  chassé  les  magistrats  romains,  asser- 
tion que  j'ai  reproduite  moi-même  dans  mon  travail  sur 
les  Mots  latins  en  britionique.  Comme  me  l'a  fait  remarquer 
M.  Ferdinand  Lot,  Fustel  de  Coulange  a  expliqué  de  la  façon 
la  plus  satisfaisante  ce  passage  de  Zosime.  Les  magistrats 
chassés  avaient  été  nommés  par  l'usurpateur  Constantin. 

P.  99  Kerroman,  sur  la  rivière  d'Etel,  appelé  dans  une 
charte  villa  Romanorum,  prouverait  l'existence  d'établissements 
romains  dans  ces  parages.  Romani,  Ronianus  eussent  donné  en 
breton  Ruven  ou  Ruveun  (gallois  Rhiifain,  Rome,  Rhufaïun  = 
Rçtnàniis).  Il  y  a  6  ou  7  Kerroman  dans  le  Morbihan. 


1.  Tab.  Peuting.,  Segm.  I.  A-I,  éd.  Desjardins. 

2.  Greg.,  De  Gloria  Conf.,  cap.  XLVI. 

3.  Ad.  ann.  735  ap.  Pertz  Mon.  Germ.  hist.  script.,  I,  p.  325. 

4.  Epist.,  VIII,  6. 

5.  Cf.  J.  Loth,  De  vocis  Aremoricae  nsque  ad  sexlum  post  Christum  natiim 
saeculiiiii  forma  atque  siguificatioiie,  p.  35-38,  48-49. 


90  Bibliographie. 

P.  124.  Yitmhi  n'auiMit  aucun  rapport  avec  Civitas  ;  on 
aurait  fait  au  xiii*^  siècle  sur  velus  Civitas  un  calque  à  forme 
bretonne:  Co::^-GueOi1et  ou  Qiicodct;  le  premier  mot  serait 
breton  mais  non  le  second  :  ce  serait  un  calque  assez  gauche 
du  latin  Kivilat,  et  s'il  a  tourné  en  Guéodcl,  c'est  pour  le  rap- 
procher du  nom  même  Yatidet.  En  réalité,  Kcodct,  en  cons- 
truction Geodct,  représente  sincèrement  et  régulièrement  le 
latin  Civiiatem  et  est  identique  à  la  forme  galloise  r/ît'^oi  ; 
Yodet  en  est  régulièrement  sorti  (forme  intermédiaire  argcodel). 
Cela  ne  fait  d'ailleurs  que  confirmer  les  conclusions  de  l'auteur 
qui  signale  à  cet  endroit  un  établissement  romain  de  grande 
importance.  Il  y  avait  un  castcUum  qui  a  donné  son  nom  à  la 
région  (PouhasicI,  pngus  rastclli). 

Sur  la  question  de  Vorgium,  \^organium,  il  est  difficile  de 
ne  pas  être  d'accord  avec  l'auteur  pour  n'en  faire  qu'un  seul 
et  même  lieu.  J\vgiui}i-Vorganium  est  sûrement  Carhaix.  Il 
en  est  de  même  pour  la  question  si  controversée  de  Coriso- 
pitiini  et  CuriosolitHDi  dans  la  Notilia  Gallianiin  :  CuriosoJittim 
est  la  bonne  leçon  explicable  peut-être  par  l'existence  réelle 
d'un  Corisopitum  à  la  place  où  est  Quimper.  Quant  à  ce  Co- 
risopitum  le  problème  ne  me  semble  pas  d'une  solution  f^icile. 
Je  serais  presque  tenté  de  reprendre  une  des  hypothèses  que 
j'ai  proposées  dans  mon  travail  sur  V Emigration  bretonne  et  de 
croire  qu'il  n'a  jamais  eu  de  Corisopitum  que  dans  une  version 
fautive  de  la  Notitia.  Les  évêques  de  Quimper  trouvèrent  le 
titre  (ÏOsisiiwnses  pris  par  les  évêques  de  Léon  et  ne  voyant 
plus  dans  la  péninsule  aucune  appellation  qui  ne  fût  déjà  la 
propriété  d'un  évêque  de  la  province,  auraient  été  chercher 
dans  la  Notitia  la  dernière  dont  ils  pussent  encore  disposer  :  les 
Curiosolites  n'ayant  pas  formé  d'évêché,  ayant  disparu  comme 
cité,  leur  erreur  perd  de  son  étrangeté,  quoique  je  ne  me  dis- 
simule pas  qu'elle  soit  quelque  peu  irrévérencieuse  pour  la 
science  archéologique  des  pasteurs  de  la  Cornouaille.  Si  on 
admet  l'existence  de  Corisopitum,  on  se  heurte  à  une  sérieuse 
difficulté.  La  ville  romaine  paraît  s'être  appelée  Civitas  aqui- 
loiiia^  ;  dès  lors  on  ne  comprend  pas  pour  la  même  cité  ro- 

I.  Hist.  de  Bretagne,  p.  109. 


Bibliographie.  91 

inainc  à  la  nicnîe  époque  deux  noms  différents.  L'objection 
perd  de  sa  valeur  si  on  admet  avec  l'auteur  que  le  nom  de  Co- 
risopitum  a  été  importé  par  des  émigrés  bretons.  Pour  M.  de 
La  B.  il  l'aurait  été  par  une  cohorte  de  Cornovii  stationnée  à 
Ponte-Aelii  dans  le  voisinage  d'un  Corisopifiiiu  insulaire.  Mal- 
heureusement la  forme  même  de  ce  nom  est  douteuse.  La 
plupart  des  critiques  ont  préféré  Corslopitiuii,  par  exemple 
Hùbner,  Liscr.  Brit.  lat.,  VII,  464,  3)'.  On  peut  objecter  en 
outre  que  si  Corisopitum  est  importé  parles  Bretons  insulaires, 
on  ne  comprend  pas  facilement  qu'il  ait  été  abandonné  par 
eux  presque  aussitôt  pour  le  nom  de  Kemper.  Il  est  vrai  que 
le  changement  de  nom  peut  provenir  d'un  déplacement  de  la 
cité  :  elle  se  serait  déplacée  de  Locmaria,  par  exemple,  au 
confluent  même  du  Steyr  et  de  l'Odet.  C'est  probablement  ce 
qui  est  arrivé  à  Quimperlé.  Le  nom  ancien  et  breton  à^Anaiiroi 
a  été  laissé  pour  celui  de  Kemper-Elé  {con?i\XQm  de  l'Ellé  et  de 
l'Isole). 


LES  BRETONS   INSULAIRES  ;    LEUR   EMIGRATION   EN  AR.MORIQUE 

L'auteur  adopte  la  thèse  que  j'ai  soutenue  dans  mes  Mots 
latins  au  sujet  du  latin  de  Grande-Bretagne  :  c'est  que  le  latin 
était  en  somme  la  langue  de  l'administration  et  de  l'Éghse 
et  qu'elle  a,  on  peut  dire,  disparu  avec  les  légions.  Personne 
d'ailleurs  aujourd'hui  ne  soutient  que  le  latin  ait  été  la  langue 
courante  de  l'île.  Les  plus  disposés  à  exagérer  dans  ce  sens  se 
bornent  à  prétendre  que  le  latin  a  pu  vivre  encore  quelque 
temps  après  le  départ  des  Romains  dans  quelques  centres  de 
culture  latine.  Cependant  récemment,  Mommsen  s'est  auto- 
risé de  deux  passages  de  Gildas  pour  soutenir  que  le  latin  était 
non  seulement  la  langue  de  Gildas  mais  même  celle  des  conci- 
toyens (c/m)  auxquelles  son  œuvre  s'adresse  ^  Gildas  dit  en 

1.  Corstopitum  serait  Corbridge  ou  Corclmler.  Corslo-  eût  donne  vrai- 
semblablement Cors-ceastiret  probablement  Corcheskr  ;  de  même  pour  Cor- 
bridge.  Corisopitum,  si  1'/  avait  sa  valeur  à  l'époque  de  l'invasion  anglo- 
saxonne,  fût  sûrement  devenu  Cyr-ceaster. 

2.  Mon.  Germ.  Hist    Aitct.  Antiquies,  XXII,  p.  9. 


92  Bibliographie. 

parlant  des  trois  vaisseaux  sur  lesquels  les  premiers  envahis- 
seurs saxons  abordèrent  dans  l'île:  tribus  ut  lingua  ejus  leaenae 
barbarae,  id  est,  Saxoniae  cxprimitur,  cyiilis,  nostra  longis  na- 
vibus  (De  Excidio,  éd.  Stevenson  et  Pétrie,  §  23. 

Dans  le  second  passage  {Epistola,  éd.  Stevenson,  §  32), 
Gildas  explique  le  nom  de  Cunoglasos:  Cuneglase,  romana  lin- 
gua, Lanio  fulve.  Le  second  passage  ne  prouve  rien  :  Gildas 
écrit  en  latin  :  dans  quelle  langue  donnerait-il  la  traduction  du 
nom  breton,  si  ce  n'est  en  latin,  la  langue  qu'il  écrit,  celle  de 
l'Eglise?  Quant  au  premier,  il  pourrait  facilement  s'expliquer 
en  interprétant  nostra,  ce  qui  est  légitime,  par  nohc  langue  à 
nous  clercs  ci  lettrés,  la  langue  de  l'Empire,  ou  même  simplement 
la  langue  dont  je  nie  sers  dans  cet  ouvrage.  Mais  l'illustre  his- 
torien ne  se  doute  pas  en  nous  invitant  à  prendre  le  passage 
à  la  lettre  qu'il  nous  fournit  la  plus  éclatante  réfutation  de  sa 
théorie.  En  effet,  longa  (navis)  a  été  adopté  par  les  Bretons  in- 
sulaires dans  le  sens  de  vaisseau.  Le  mot  propre  encore  au- 
jourd'hui, en  gallois,  est  Hong,  substantif /tw////H.  Gildas  dit 
en  réalité  qu'en  saxon  le  vaisseau  s'appelle  cyula,  en  britto- 
nique  (dans  notre  langue)  longa  (navis)  '  :  à  l'époque  de  Gildas, 
lloncr  était  lon^ra. 

Pour  la  date  des  grands  mouvements  d'émigration  des  Dum- 
nonii,  Cornovii  et  des  Bretons  de  l'Ouest,  l'auteur  les  fliit 
coïncider  avec  la  poussée  des  Saxons  sur  ces  différents  peuples. 
Malheureusement,  le  texte  sur  lequel  il  s'appuie,  la  Chro- 
nique anglo-saxonne  est  pour  cette  époque  un  fondement  rui- 
neux. Quelle  que  soit  l'idée  que  l'on  se  fasse  de  la  formation 
de  ces  annales,  on  est  aujourd'hui  d'accord  pour  convenir  que 
pour  l'époque  qui  précède  la  conversion  des  Anglo-Saxons,  le 
fond  de  la  chronique  est  plus  légendaire  qu'historique.  Si 
Hors  er  Hengist  ne  sont  pas  des  personnages  fabuleux  -,    le 

1.  M.  de  La  Borderie,  I,  p.  270,  fait  remarquer  avec  raison  que  le  ro- 
mana îingiia  du  second  passage  suffit  à  expliquer  et  rectifier  le  premier. 

2.  C'est  la  théorie  de  Kemble,  Thr  Saxons  ht  Englami,  2*=  éd.,  revue  par 
Walter  de  Gray-Bircli,  mais  des  critiques  de  grande  valeur  (MùUenhof, 
Bc'owiitf,  p.  60)  soutiennent  l'existence  réelle  de  Hengist  et  de  Hors  :  ce 
sont  des  surnoms  (Hengist,  étalon;  Hors,  cheval)  de  personnages  réels. 
Pour  la  composition  de  la  Chronique  anglo-saxonne,  v.  Ten  Brink,  Ges- 
clnciHc  der  Engi-Litter.;  cf.  Ebert,  Atlg.  LÏtt.,  111,  p.  249. 


Bibliographie.  9J 

chroniqueur  qui  nous  fait  aborder  Port  à  Portsmoutli  a  vrai- 
semblablement pris  le  Pirée  pour  un  homme:  port  dans  ce 
mot  paraît  bien  le  latin  poilus  devenu  courant  en  brittonique. 
Hengist  et  Hors  abordent  en  Kent  avec  Irois  vaisseaux;  Aelli 
en  Sussex  avec  trois  autres  ;  comme  le  dit  Kemble,  cela  rap- 
pelle étrangement  l'émigration  des  Ostrogoths,  Visigoths  et 
Gépides  sur  trois  vaisseaux  à  l'embouchure  de  la  Vistule.  Le 
meurtre  des  chefs  bretons  par  Hengist  est  raconté  exactement 
de  la  même  façon  par  Vidukind  et  d'autres  des  Vieux-Saxons 
en  Thuringe^ 

Quelle  est  la  date  des  premières  émigrations  ?  M.  de  La  B. 
les  fait  commencer  vers  460  en  se  fondant  d'abord  sur  le  fait 
que  les  Saxons  n'auraient  commencé  la  lutte  avec  les  Bretons 
insulaires  qu'en  455,  puis  sur  la  chronologie  de  certaines  vies 
de  saints. 

La  lutte  avec  les  Saxons  paraît  avoir  commencé  plus  tôt,  ne 
serait-ce  que  d'après  ce  passage  de  Prosper  Tiron,  à  l'année 
441-442  :  Brillannia  usque  ad  hoc  tempus  variis  cladibus  even- 
libusqite  latae  in  dicionem  Saxonum  rediguntur.  L'histoire  de  l'ile 
depuis  le  commencement  du  v^  siècle  jusqu'à  cette  époque 
présente  peu  de  dates  sûres.  C'est  une  période  troublée,  de 
luttes  contre  les  Pietés  et  les  Scots,  de  guerres  civiles.  On 
peut  admettre  que  les  premiers  établissements  des  Germains 
ont  eu  le  caractère  que  leur  attribue  Gildas.  Connus  depuis 
longtemps  des  Bretons  par  leurs  pillages,  ils  auraient  été  admis 
sur  la  côte  Est  comme  alliés  et  même  pris  à  solde  par  certains 
rois  comme  auxiliaires  contre  les  Pietés  et  les  Scots  ainsi  peut- 
être  que  contre  certaines  tribus  bretonnes.  La  première  in- 
vasion des  Saxons  dans  l'intérieur  au  témoignage  de  Prosper 


I.  Quelle  que  soit  l'opinion  que  l'on  ait  sur  la  formation  et  la  valeur  de 
la  Clnoinqtie,  un  point  reste  sur,  c'est  que  la  chronologie  de  ce  recueil  pour 
la  période  d'invasion  ne  peut  être  prise  au  sérieux.  Lappenberga  démontré 
que  pour  les  traditions  du  Kent,  la  chronologie  repose  sur  un  nombre  my- 
thique, 8  et  un  multiple  (période  de  8,  16,  24,  40  ans).  Kemble  a  remarqué 
quelque  chose  de  semblable  dans  les  traditions  du  Wessex.  II  est  probable, 
comme  il  le  dit  (The  Saxons,  p.  32),  que  les  généalogies  des  rois  anglo- 
saxons  étaient  arrangés  par  séries  de  8  noms,  en  y  comprenant  le  dieu 
Woden.  Pour  la  date  des  invasions  germaniques  du  début,  la  Chronique 
suit  Bède. 


94  Bibliographie. 

Tiron  a  eu  lieu  vers  409-410  (Britannia  Saxoniim  inctirsiom 
dcvastata).  Il  est  également  certain  que,  vers  428-430,  les 
Bretons  eurent  à  lutter  contre  eux  ainsi  que  contre  les  Pietés 
et  les  Scots,  d'après  la  vie  de  saint  Germain  d'Auxerre'.  La 
date  de  ce  voyage  nous  est  connue  par  la  Chronique  de  Prosper 
d'Aquitaine  (à  l'année  429).  Cette  date  est  d'autant  plus  frap- 
pante que  d'après  VHistoria  Brillonuin  l'arrivée  des  Saxons  au- 
rait eu  lieu  en  428.  L'Historia  donne  bien  347  (pour  397) 
comme  la  date  de  l'arrivée  des  Saxons,  mais  elle  se  corrige 
elle-même  en  disant  que  40  ans  s'écoulèrent  depuis  la  mort  de 
Maximus  qui  arriva  en  388-.  Quant  à  la  date  de  449  donnée 
par  Bède  elle  est  sans  valeur  comme  l'a  établi  Thurneysen>. 

11  est  vraisemblable  que  les  Saxons,  en  admettant  la  victoire 
de  r Alléluia  vers  430,  réussirent  à  prendre  pied  sur  la  côte 
est,  à  cette  époque,  ou  peu  après,  et  furent  renforcés  par  de 
nouveaux  contingents  d'envahisseurs.  C'est  entre  430  et  441 
que  les  tribus  germaniques,  au  prix  de  luttes  sanglantes,  se 
seraient  emparées  d'une  portion  notable  de  l'île.  Les  premières 
émigrations  ont  dû  se  produire  vers  cette  époque,  et  avoir  vite 
pris  des  proportions  considérables.  La  présence  d'un  évêque 
breton  au  concile  de  Tours  en  461,  celle  de  Riothamus  avec 

12  000  combatlants  en  Gaule  en  469,  sont  très  significatives.  Il 
est  très  vraisemblable  que  Riothamus  ne  vient  pas  directement 
de  l'île,  mais  que  ce  sont  les  Bretons  émigrés  en  Armorique 
qui  ont  constitué  cette  armée.  Les  émigrations  ont  dû  con- 
tinuer jusqu'à  la  grande  victoire  du  mont  Badon  (peu  avant 
ou  après  500)  qui  rejeta  les  envahisseurs  sur  la  côte  est.  Elles 
ont  dû  reprendre  quelques  années  après  lorsque  les  efforts 
des  tribus  germaniques  se  portèrent  plus  au  sud-ouest.  Je 
montrerai  plus  bas  à  propos  de  la  taçon  dont  s'est  tait  l'éta- 


1.  Vita  S.  Germ.,  I,  28. 

2.  Au  chapitre  lxvi  VHistoria  Br.  ncuis  dit  que  les  Saxons  vinrent  en 
Bretagne  sous  le  consulat  de  Félix  et  Taurus,  c'est-à-dire  en  428.  Comme 
le  fait  remarquer  Anscombe  {Archiv  Jïir  Celt.  Lexicographie,  1900,  I,  4  Heft, 
p  515,  note  i),  la  date  de  597  est  celle  de  la  Passion  de  J.-C.  ;  en  prenant 
celle  de  l'Incarnation,  on  aurait  428. 

3.  Ces  questions  ont  été  discutées  avec  beaucoup  de  sagacité  par  Tliur- 
ne3'sen  dans  son  article  :  JVann  siiul  die  Geniianen  nacl}  England  gekommen 
(Englische  stuJien  de  Kolbiiig,  1896,  p.  163). 


Bibliographie.  95 

blissement  des  Bretons  en  Armorique  qu'il  est  nécessaire,  si 
on  veut  le  comprendre,  d'admettre  qu'ils  étaient  en  plus  ou 
moins  grand  nombre  déjà  installés  dans  la  péninsule  au  sud-est 
jusqu'à  la  Mlaine,  et  au  Nord  jusque  sur  une  portion  notable 
du  territoire  des  Redones  à  la  fin  du  v'  ou  tout  au  moins  dès 
les  premières  années  du  vi'  siècle. 

Les  vies  des  saints  même  les  plus  anciennes  ne  peuvent 
fournir  que  des  dates  approximatives.  D'abord  il  est  probable 
que  le  compui  des  Bretons  émigrés  a  dû  être  assez  longtemps 
celui  de  l'île.  Il  y  a  là  évidemment  une  source  de  confusions 
et  d'erreurs.  Mais  ce  qui  rend  surtout  la  tâcbe  du  critique  des 
vies  des  saints  fort  délicate,  c'est  que  presque  toutes  les  vies  de 
saints  ont  été  rédigées  plusieurs  siècles  après  la  mort  du  per- 
sonnage dont  elles  donnent  la  biographie.  Les  interpolations, 
les  erreurs  historiques  même  n'y  manquent  pas  ;  mais  on  y 
trouve  aussi  des  faits  certains,  de  grande  importance,  puisées 
aux  sources  les  plus  respectables.  M.  de  La  B.  a  mis  en  pleine 
lumière  la  valeur  historique  de  la  vie  la  plus  ancienne  de 
saint  Samson,  de  celles  de  Paul  Aurélien,  Winwaloe,  Tutwal, 
Malo,  etc.  Il  s'est  efforcé  d'établir  un  synchronisme  sérieux 
entre  ces  différentes  vies.  Il  y  a  dépensé  autant  d'ingéniosité 
que  de  science.  Y  a-t-il  toujours  réussi  ? 

Un  des  problèmes  les  plus  difficiles  dans  ce  sens,  c'est  le 
synchronisme  entre  les  vies  de  S.  Brieuc,  Winwaloe  et  Tutwal. 
Brioc  se  trouve  en  rapport  à  son  arrivée  en  Armorique  avec 
un  chef  émigré  qui  porte  le  même  nom  que  celui  auquel  a 
tout  justement  affaire  S.  Tutwal.  Si  c'est  le  même,  il  fliut  re- 
jeter ou  la  vie  de  S.  Brieuc  ou  celle  de  S.  Tutwal.  S.  Brieuc 
aurait  en  effet  reçu  la  prêtrise  de  S.  Germain  d'Auxerre, 
c'est-à-dire  vers  428-430  ?  S'il  a  passé  40  ans  dans  l'île  avant 
d'émigrer,  il  n'a  pu  le  faire  que  vers  470-480.  A  son  arrivée 
en  Armorique  il  rencontre  Riwal.  Or  le  Riwal  de  la  vie  de 
S.  Tutwal  émigré,  lui,  du  temps  de  Clothaire.  Si  on  admet 
le  témoignage  de  la  vie  de  S.  Brieuc,  il  faut  qu'il  y  ait  eu 
deux  Riwal.  C'est  ce  qu'admet  logiquement  M.  de  La  B. 
Dans  sa  préoccupation  de  séparer  les  deux  personnages,  il  leur 
a  donné  deux  noms  différents,  en  quoi  il  a  tort.  La  vie  éditée 
par  Dom  Plaine  à  laquelle  il  renvoit  (Anal.  BolL,  II,  p.  181, 


96  Bibliographie. 

182,  185)  ne  connaît  que  Rigital,  forme  du  x'^  siècle  très  régu- 
lière de  Riwal.  Il  y  a  dans  la  vie  de  S.  Brieuc  des  interpo- 
lations et  des  invraisemblances:  par  exemple,  le  pays  de  Brioc 
aurait  été  païen.  M.  de  La  B.,  qui  voudrait  étayer  le  plus 
solidement  possible  l'autorité  de  Thagiographe,  fait  naître 
Brioc  à  Coria  Otadenorum,  au  Nord,  dans  la  Valentia  où  les 
païens  ne  devaient  pas  manquer.  Il  est  cependant  manifeste 
que  la  Coriliciana  rcgio,  patrie  de  Brioc,  est  Ceredigion  ou  le 
pays  de  Cardigan  (v.  gall.  Cerdiciawn  pour  un  plus  ancien 
Coroticiaiun,  du  pays  de  Corot ic).  Le  monastère  Landa  Magna 
est  probablement  Llanfaiur.  Le  culte  de  Brioc  est  répandu  en 
Galles,  Cornouaille  et  Armorique  (Llan-d\friog  en  Cardigan  : 
Tyfriog  =  *To-Brioc;  S.  BriavcJs,  en  Gloucertershire,  etc.; 
gallois  Briafael  :=  * Brioiiuiglos  =  Brigomaglos,  nom  complet  de 
Brioc),  et  Brcoc  en  Cornouailles. 

A  part  deux  ou  trois  faits  importants,  il  n'y  a  pas  grand'chose 
à  tirer  de  la  vie  de  ce  saint. 

Pour  l'époque  de  Winwaloe,  fils  de  Fracan,  fondateur  de 
Landevennec,  M.  de  La  B.  réfute  de  la  fliçon  la  plus  péremp- 
toire  l'opinion  qui  rabaisserait  jusqu'au  viii''  siècle  l'époque  de 
ce  saint  (I,  p.  325-326;  cf.  Annales  de  Bret.,  IV,  p.  295-364). 
La  vie  de  Winwaloe  écrite  au  ix^  siècle  suffirait  à  l'établir.  Son 
père  Fracan  a  émigré  à  une  époque  où  les  Saxons  sont  maîtres 
de  l'île  de  Bretagne,  ce  qui  est  un  peu  -vague,  mais  il  est  pro- 
bable, d'après  le  contexte,  que  l'hagiographe  vise  le  milieu 
du  v^  siècle ^  J'ajouterai  que  le  culte  de  Winwaloe  est  très 
ancien  parmi  les  peuples  brittoniques.  Trois  paroisses  de 
Cornwal  portent  son  nom  :  Gimwalloiv  (Winwaloe),  Lan- 
Dewednac  et  Tozvednac,  c<^s  dernières  dédiées  à  S.  Winwaloe  : 
Lan-devenec  signifie  le  monastère  de  To-iuinnoc,  nom  hypoco- 
ristique  de  Win-zuaJoe. 

Pour  le  vannetais,  le  premier  émigrant,  d'après  M.  de  La  B., 
aurait  été  Caradauc  Brech-hras  (vers  465),  sur  la  foi  d'un 
sermon  prêché  à  Vannes  au  xii''  siècle.  Quant  aux  relations 
de  S.  Patern,  évèque  de  Vannes,  avec  Caradauc,  elles  auraient 
été  révélées  aux  Gallois  par  des  Vannetais  fuyant  les  invasions 

1 .  Sur  la  date  de  la  mort  de  Winwaloe,  v.  Aual.  BolL,  VII,  p.  248,  note. 


Bibliographie.  q-j 

normandes  du  ix*^  siècle.  C'est  plutôt  l'inverse  qui  s'est  pro- 
duit. L'histoire  de  Caradauc  Breichhras  est  essentiellement  une 
légende  galloise  :  la  forme  même  du  nom  est  galloise,  La  vie 
de  S.  Patern,  comme  le  reconnaît  M.  de  La  B.  lui-même,  est 
un  tissu  de  fables  '. 

Pour  les  Cornovii,  il  \'  aurait  eu  deux  groupes  d'émigrants  : 
le  premier  aurait  quitté  les  bords  de  la  Tyne  (Corisopites  et 
Cornovii  de  Pons-Aelii)  vers  470-475;  les  autres  seraient 
venus  du  territoire  véritable  des  Cornovii,  des  bords  de  la 
Severn,  vers  509-510,  sous  la  pression  des  envahisseurs 
saxons.  Ce  sont  de  pures  conjectures.  En  réalité,  nous  ne  sa- 
vons rien  de  précis  au  sujet  de  la  façon  dont  a  pu  se  taire 
l'émigration  des  Cornovii,  émigration  considérable,  puisque 
les  Cornovii  forment  incontestablement  avec  les  Dumnonii  le 
groupe  breton  armoricain  le  plus  important.  La  réalité  même 
de  l'émigration  du  premier  groupe  repose  uniquement  sur 
l'identification  de  CorisopitiiDi  (Quimper)  avec  une  ville  insu- 
laire, identification  fort  douteuse.  Quant  au  second  groupe, 
a-t-il  commencé  son  mouvement  vers  le  sud  seulement  au 
vi*"  siècle?  Ce  peuple  paraît  s'être  disloqué  dès  l'époque  ro- 
maine, à  en  juger  par  la  présence  de  la  cohorte  des  Cornovii 
de  Pons  Aelii.  On  a  trouvé  aussi  dans  la  région  d'York,  à  Oli- 
cana  (Ilkley)  l'épitaphe  d'une  Civis  Cornovia  (Ephemeris  epigr., 
1890,  n°  923).  A  quelle  époque,  à  la  suite  de  quels  événe- 
ments, les  Cornovii  se  sont-ils  établis  à  la  pointe  ouest  du 
territoire  des  Dumnonii,  il  est  diflicile  de  le  dire.  Le  nom  de 
Cornovia  (Coniubia)  apparaît  pour  la  première  fois,  désignant 
le  Cornwal  actuel  dans  une  poésie  de  l'évêque  Adhelm  de  la 
fin  du  vil'' siècle.  Les  Cornovii  sont  englobés  par  la  Chronique 
anglo-saxonne  avec  les  Bretons  du  Sud-Ouest  sous  le  nom  de 
West-Wealas,  Bret-Wealas.  Ce  n'est  qu'à  l'époque  où  les  rois 
de  Wessex  prennent  pied  sur  le  territoire  même  des  Cornovii - 
que  l'on  voit  apparaître  couramment  le  nom  de  Corn-weaJas 
qui  a  donné  Cornwal,  lequel  terme  par  fausse  application  à  la 

1.  Cf.  J.  Loth,  Vie  de  saint  Teliau  (Ami.  de  Brel.,  X,  p.  71-73). 

2.  Les  Cornovii  sont  tributaires  de  Wessex  au  ix^^  siècle;  mais  les  éta- 
blissements saxons  sur  leur  territoire  même  ne  paraissent  guère  antérieurs, 
d'après  les  chartes,  au  x«=  siècle. 

Revue  Celtique,  XXII.  7 


98  Bibliographie. 

CornoLiaille  armoricaine  a  été  traduit  par  Coniu-GaUiac.  La 
distance  du  territoire  ancien  des  Cornovii  à  la  pointe  des  Dum- 
nonii  n'est  pas  bien  grande  ;  par  les  Dobunni  qui  étaient  vrai- 
semblablement leurs  alliés  ou  clients,  à  en  juger  par  leur  cité  de 
Duro-Coniùviuni,  ils  n'en  étaient  séparés  que  par  une  tribu 
belge.  Par  les  Dobunni  ils  avaient  d'ailleurs  accès  à  l'estuaire 
de  la  Severn  d'où  il  leur  était  facile  de  passer  sur  le  territoire 
domnonien. 

Etaient-ils  établis  au  début  des  émigrations  sur  le  territoire 
où  nous  les  trouvons  authentiquement  à  la  fin  du  vu'^  siècle? 
Le  nom  de  Dumnonia  a  dû  être  un  terme  géographique,  le 
nom  d'une  région  contenant  des  peuplades  différentes.  Il  est 
remarquable,  en  effet,  que  des  noms  de  lieux  de  la  Cornouaille 
insulaire  se  retrouvent  non  en  Cornouaille  armoricaine,  mais 
en  Domnonia.  Si  le  Cbcnmcrch  du  Doniesdn\  hooh  pour  le 
Cornwal  a  un  équivalent  Ouimcrch  (au  moyen  âge  Kcliiiiicirb) 
dans  notre  Cornouaille,  en  revanche  le  pagus  Tricnrins  de  la 
vie  de  S.  Samson  paraît  bien  représenter  notre  Tirger  (Tircor)  ; 
or  on  trouve  dans  le  Donicûiay  hook  un  Tricoi  qu'il  fout  sans 
doute  lire  Tricor;  Ciihulian  du  Doniesday  Bock  panût  bien  iden- 
tique à  Ciihurieii  près  Morlaix.  Quant  aux  nombreux  noms  de 
paroisses  communs  aux  deux  pays,  ils  n'établissent  qu'une 
chose  avec  certitude,  c'est  que  l'organisation  paroissiale  en  Ar- 
morique  bretonnante  et  en  Cornwal  est  la  même  et  date  à 
peu  près  de  la  même  époque;  beaucoup  de  paroisses  sont  sous 
le  vocable  de  saints  vivants  au  V-'-vi*^  siècle.  La  plupart  n'ap- 
partiennent pas  en  propre  à  la  Cornouaille  anglaise.  Les  rap- 
ports ont  été  évidemment  continuels  et  intimes  entre  les  deux 
pays  pendant  toute  cette  période.  Voici  les  plus  caractéristiques 
de  ces  noms  de  paroisse  ;  tous  leurs  saints  patrons  sont  ho- 
norés en  Armorique  : 

Altar  Non 

S.  Austel  (saint  Austole) 

S.  Petroc 

S.  Brioc 

S.  Budoc  (P///  vitthek,  dans  la  Bciuuaiis  Mcriasek;  Budeaux, 
en  Devon) 

S.  Mcriadoc  (patron  de  Camborne) 


Bibliographie.  99 

S.  Clerc 

S.  Clcdcr 

S.  CorncJy  (patron  do  Carnac) 

S.  Car  en  toc  k 

S.  Corentinc 

S.  Doiiiiiiick  (probablement  à  rapprocher  de  notre  Sainl- 
Domineuc^ 

S.  Enodcr 

S.  Ervan  {Envan,  en  Tréguier,  est  un  nom  donné  indû- 
ment à  S.  Yves) 

S.  Fcock  (pour  saiui-Vcoc ,  ci.  Lan-veoc,  Trciiicoc,  Trcjf- 
Machciic^ 

S.  Gcrrans 

S.  Giilwal 

S.  Gunwallow  (Winwaloe) 

S.  Giuiticar  (cf.  Plu-vii^)icr) 

S.  Gu'ithian  (mieux  Go^ian) 

S.  Kca  (cf.  Saint-Quay) 

Landcii'cdnacb  (dédié  à  S.  Winwaloe) 

LiixiiUcn  (=  Les  Siilien;  cf.  Plusulicii) 

S.  Mcicaii  (cf.  S.  Meen  ;  PJoeven,  au  moyen  âge,  Ploe- 
Mccrnen 

Petrockstoiu 

S.  Michael  en  Carhais 

Paul  (cf.  Paul,  près  Carhaix) 

Perran  (cf.  Loc-Pe~raii,  Port-Louis) 

S.  Sampson 

Sithney  (cf.  Gutsseny  pour  Giuic-Sc~iii) 

Toiuednach  (dédié  à  S.  Winwaloe) 

S.  Tiidy 

S.  JVcnn  (cf.  Saint-Guen) 

S.  Winnoiu  {sanctus  Winiaviis,  honoré  en  Armorique). 

Il  semble  que  le  nom  des  Cornovii  n'ait  remplacé  pour  le 
pays  qu'ils  occupent  le  terme  de  Durnnonia  qu'après  la  con- 
quête du  Devon  par  les  Saxons.  Ce  qui  est  frappant,  c'est  qu'on 
ne  remarque  en  Cornwal  aucun  grand  établissement  religieux 
ayant  des  apparences  d'antiquité  et  exerçant  en  pays  britto- 
nique  une  grande  influence  et  une  grande  action,  comme  c'est 


100  Bibliographie. 

le  cas  pour  le  pays  de  Galles.  Tout  y  parait  importé  et  en 
quelque  sorte  de  fraiche  date.  Si  les  Cornovii  étaient  établis 
sur  la  pointe  de  la  Domnonia  au  moment  de  l'exode,  ils  de- 
vaient létre  depuis  assez  peu  de  temps. 

Le  point  capital  à  relever,  c'est  que  le  breton  armoricain 
forme  avec  le  comique  un  groupe  absolument  intime  vis-i-vis 
du  gallois.  Le  nom  breton  des  deux  Cornouaille,  KcrnèiO, 
gallois  Cernyw,  comique  Kcniow,  remonte  exactement  à  Cor- 
novii ou  Carnôvja. 

Le  sud  du  pays  de  Galles  a  dû  entrer  pour  une  part  impor- 
tante dans  l'émigration  à  en  juger  par  les  vies  de  saints  et  aussi 
par  le  nom  de  Léon,  vraisembl  iblement  importé  de  Caer-Leon 
ar  Wysc.  Les  monastères  gallois  ont  joué  un  rôle  considérable 
en  Armorique.  C'est  d'eux  que  sortent  les  fondateurs  de  mo- 
nastères de  la  péninsule  et  non  de  la  Cornouaille.  Le  nom  na- 
tional des  Gallois  (sing.  Cyiiiro  :=*  Conibrox,  plur.  Cyiiiry  = 
Coiihrogcs)  semble  avoir  appartenu  à  un  groupe  émigré  en 
Cornouaille  armoricaine.  Un  des  comtes  de  Cornouaille  porte 
le  nom  de  Diles  Heiijiior  Ccnihre  (Diles,  le  porte-parole  des 
Kciiibir)'  :  Kenibrc  représente  1res  exactement  le  gallois  Cvinry. 

Les  Bretons  du  Nord  de  l'ile  doivent-ils  compter  parmi  les 
émigrants  ?  Ils  n'ont  guère  envoyé  authentiquement  et  tardi- 
vement que  saint  Ivi  -.  Saint  Gildas  de  Ruys,  d'après  son 
hagiographe,  viendrait  à'Arechila,  pays  de  Strat-Clut,  nom  in- 
téressant Ç''  Are-clôl(i)  \  mais  cette  vie  pourrait  bien  avoir  con- 
fondu deux  personnages  différents  :  le  saint  armoricain  et 
l'auteur  du  De  Excidio  Britmuiia  et  de  VEpistola.  Le  nom  au- 
thentique du  saint  armoricain  ne  peut  être  en  aucune  façon 
Gildas.  Gildas  eût  donné  Giolas.  Si  ÏJ  long  est  pour  è  long 
représentant  ei,  ai  vieux  celtique,  on  eût  eu  en  vieux-breton 
Givehas,  en  breton  moderne,  en  vannetais  et  cornouaillais 
Goneotas.  Que  si  on  suppose  une  voyelle  tombée  entre  Geil  et 
tas,  on  aurait  en  tout  cas  Goiiellas  et  non  Gweltas  (avec  il  con- 
sonne): cLgih'lef,  voir,  et  au  contraire  i^^one,  sauvage  =  veido-. 


1.  Cf.  J.  Loth,  Oncstoiu.,  p.  115. 

2.  C'est  le  patron  de   Logiiivy,    de  Pontivy,    et    Saint-Ivy-Church    en 
Wilkshirc. 


Bibliographie.  loi 

La  forme  du  ix'-'-x'-'  siccle  Gn'cltas  du  nom  du  saint  de  Rluiys  a 
dû  amener  l'identification  des  deux  noms  et  par  suite  des  deux 
saints.  De  plus,  il  me  paraît  dilHcile  que  le  Gildas  du  De 
Exciiiio  sorte  du  nord  ;  dans  son  Epistola,  il  nomme  Constan- 
tinus  roi  de  Damnonia,  \'orteporius  roi  des  Demetae;  Maglo- 
cunus,  que  nous  savons  avoir  été  roi  de  Gwynedd.  Le  pays 
d'Aurelius  Conanus  ne  nous  est  pas  sûrement  connu.  Celui  de 
Cunoglasos  est  probablement  le  pays  de  Galles  :  c'est  le  Cinglas 
des  généalogies  galloises  du  ix''  siècle  prétendu  descendant  de 
Cuneda^  Le  Jéremie  insulaire  paraît  ne  connaître  que  l'ouest 
et  le  sud  de  l'ile. 

Nous  n'avons  aucune  indication  nette  au  sujet  des  Bretons 
établis  dans  le  Vannetais.  Pour  eux,  non  plus  que  pour  les 
Bretons  de  Riothamus,  on  ne  peut  même  recourir  à  une  con- 
jecture plausible.  Il  est  évident  que  les  premiers  émigrants  ont 
dû  venir  du  sud-est.  Si  nous  n'en  avons  pas  d'indice  dans  les 
noms  de  lieux,  c'est  que  tout  ou  à  peu  prés  a  disparu  dans  la 
zone  insulaire,  devenue  anglo-saxonne.  Les  chartes  anglo- 
saxonnes  ne  peuvent  guère  nous  renseigner,  les  premières  étant 
du  début  du  vii^  siècle.  Le  dialecte  de  Vannes  est  très  différent 
des  autres  et  paraît  à  priori  indiquer  un  courant  différent 
d'émigration  ;  mais  les  différences  ne  sont  pas,  en  général, 
très  anciennes  et  sont  loin  d'être  fondamentales,  sauf  en  ce  qui 
concerne  l'accent.  L'accent  lui-même  d'ailleurs  a  évolué  de- 
puis l'époque  romaine. 

De  quelle  façon  s'est  opéré  l'établissement  des  Bretons  en 
Armorique  ?  De  la  f.içon  la  plus  pacifique,  d'après  M.  de  La 
Borderie.  Il  ne  nie  point  qu'il  n'y  ait  pu  y  avoir  quelques  ti- 
raillements entre  les  émigrants  et  les  indigènes;  mais  ceux-ci 
étaient  peu  nombreux;  la  péninsule  était  a  peu  près  déserte; 
les  forêts  en  occupaient  le  centre,  et  le  pourtour  avait  été  dé- 
vasté de  fond  en  comble  par  les  Saxons.  Que  les  côtes  aient 
eu  la  visite  des  pirates  germains,  Saxons,  Frisons,  au  V-'  siècle, 
cela  n'est  pas  douteux;  mais  il  est  vraiment  excessif  de  leur 
attribuer  une  destruction  à  peu  près  totale  du  pays:  rien  n'au- 
torise à  le  supposer.  Les  ruines   d'édifices  gallo-romains  que 

I.  J.  Loth,  MubiiiOi^ioii,  II,  p.  507. 


102  Bibliographie. 

l'on  rencontre  en  si  grand  nombre  seraient  leur  fait,  d'après 
M.  de  La  B.  A  mon  avis,  beaucoup  sont  dues  au  temps.  Comme 
les  Francs,  comme  leurs  frères  du  pays  de  Galles,  les  Bretons 
avaient  peu  de  goût  pour  les  villes  et  caslra  gallo-romains.  Les 
chefs  Bretons  les  plus  connus  ont  leur  Us  ou  résidence  seigneu- 
riale entourée  de  fossés  et  de  retranchements  au  milieu  de  bois 
ou  d'endroits  isolés  d'une  défense  facile.  Ce  que  le  temps  n'a 
pas  abattu  et  le  hasard  détruit  est  tombé  pendant  les  guerres 
entre  Francs  et  Bretons,  les  guerres  intestines  des  tribus  bre- 
tonnes ou  des  princes  bretons  dans  la  même  tribu,  que  nous 
savons  avoir  été  fréquentes  et  sérieuses,  et  vraisemblablement 
aussi  à  la  suite  de  luttes  entre  indigènes  et  Bretons.  Quant  aux 
forêts,  si  elles  étaient  plus  considérables  qu'aujourd'hui,  c'est 
une  grave  exagération  que  de  les  montrer  couvrant  tout  le 
centre  de  la  péninsule.  La  forêt  dite  centrale  elle-même  était 
composée  de  très  nombreuses  et  vastes  clairières,  comme  en 
font  foi  un  nombre  de  noms  de  paroisses  d'origine  gallo-ro- 
maine: l'évêché  de  Saint-Malo  n'est-il  pas  pour  une  grosse  part 
formé  par  le  fameux  Pa^^iis-trans-silvam  ? 

C'est  en  vain  qu'on  objecte  à  l'auteur  le  témoignage  si 
formel  de  l'évêque  de  Vannes,  Regalis.  Lorsque  Weroc  eut 
fait  sa  paix  -.wnc  Ebrachaire  (vers  590)  et  eut  quitté  Vannes, 
l'évêque  entouré  de  son  clergé  et  des  habitants  du  pays  (pa- 
ireusibus)  expliqua  ainsi  sa  conduite  au  représentant  du  roi  des 
Francs:  «  Nihil  nos  nostris  dominis  culpabiles  sumus,  nec 
unquam  contra  utilitatem  eorum  superbi  exstitimus,  scd  in 
captivitatc  Britanuonini  posili  crravi  jiigo  snhditi  snniiis.  Selon 
l'auteur,  la  ville  de  \'annes  étant  possession  tranqueet  formant, 
à  cette  époque,  la  limite  du  vannetais  breton,  les  plaintes  de 
Regalis  ne  prouveraient  rien:  ce  sont  des  Gallo-Francs  qui 
parlent.  On  pourrait  objecter  que  ces  Gallo-Francs  sont  sim- 
plement des  Gallo-Romains  soumis  aux  Francs  plus  direc- 
tement que  ceux  qui  restaient  au  milieu  des  Bretons  mais 
qu'ils  étaient  de  même  race,  de  même  religion  qu'eux.  Weroc, 
maître  de  la  zone  de  \'annes,  a  traité  les  GalIo-Romains  de 
cette  zone  comme  lui  ou  ses  prédécesseurs  avaient  vraisembla- 
blement traité  les  indigènes  avec  lesquels  ils  s'étaient  trouvés 
en  contact.  Il  ne  faut  pas  ici  invoquer  entre  les  Bretons  et  les 


Biblioompliic.  \o] 

Gallo-Roniains  dWrmofiquc  des  liens  de  parenté  que  Thistoire 
peut  jusqu'à  un  certain  point  établir  mais  qui  n'existaient  plus 
visiblement  :  les  deux  groupes  ne  parlaient  pas  la  même  langue  ; 
les  païens  étaient  nombreux  encore  en  Armorique  tandis  que 
les  émigrants  étaient  sûrement  chrétiens.  Les  Bretons  d'Ar- 
morique  sont  une  race  violente,  belliqueuse,  aguerrie,  exces- 
sive en  tout,  comme  les  Gallois,  au  témoignage  de  Giraldus 
Cambrensis.  Les  meurtres,  les  pillages,  les  guerres  civiles,  les 
excès  de  toute  sorte  sont  aussi  fréquents  dans  leur  histoire  que 
les  traits  d'héroïsme  moral.  Ils  n'hésitent  pas  à  réduire  en  es- 
clavage les  Gallo-Romains  des  pays  de  Nantes  et  de  Rennes. 
Le  christianisme  de  leurs  ennemis  ne  pèse  pas  plus  à  leurs  yeux 
que  celui  des  Scots  pour  Coroticus  d'après  VEpistohi  de  Patrice, 
que  celui  des  Angles  pour  Catwallon,  au  témoignage  de  Bède  . 
Nomenoe  l'a  suffisamment  prouvé.  Comment  supposer  par 
conséquent  qu'ils  aient  eu  le  moindre  égard  pour  des  popu- 
lations à  moitié  païennes  ?  Le  témoignage  d'Ermold  le  Noir 
vient  à  l'appui  des  paroles  de  Regalis  et  les  éclaire  d'une  vive 
lumière.  On  peut  accorder  qu'il  puisse  y  avoir  quelque  exagé- 
ration, dans  les  plaintes  dont  il  s'est  fait  le  complaisant  écho, 
mais  il  n'a  pu  les  inventer;  ce  sont  bien  les  Armoricains  mêlés 
aux  Bretons  qui  parlent.  Ils  nous  montrent  les  Bretons  ac- 
cueillis par  eux  parce  qu'ils  sont  chrétiens;  puis  peu  à  peu 
s'emparant  des  terres  de  leurs  bienfaiteurs,  les  traitant  avec 
liauteur  et  dureté  et  enfin  non  contents  du  sol  qu'ils  ont  in- 
dûment accaparé,  se  jetant  sur  le  rovaumemême  des  Francs^ 
D'ailleurs,  même  sans  ce  commentaire,  les  paroles  de  Regalis 
sont  décisives.  L'explication  de  M.  de  La  B.  n'a  en  effet 
quelque  valeur  que  si  on  admet  avec  lui  que  Vannes  n'est  pas 
englobé  dans  une  zone  occupée  par  les  Bretons,  que  si  Vannes 
forme  effectivement  la  limite  du  territoire  des  Bretons.  D'après 
lui,  les  Bretons  n'auraient  occupé  le  \'annetais  oriental  jusqu'à 
la  Vilaine  que  fort  tard.  Ils  n'auraient  commencé  à  s'y  glisser 
qu'à  partir  de  799  et  ne  s'y  seraient  solidement  établis  que 
plus  tard  :  c'est  après  la  fondation  de  l'abbaye  de  Redon  qu'ils 
auraient  pénétré  dans  la  péninsule  de  Guérande  (II,  p.  31-32, 

I.  Ap.  Pertz,  Mon.  Genn.  hisl.  script.,  II,  p.  .^90. 


104  Bibliograplnc. 

619).  Un  fait  historique  cependant  semble  contredire  cette 
théorie  :  c'est  que  quand  saint  Félix,  évêque  de  Nantes,  va  in- 
tercéder en  579  pour  ses  ouailles  auprès  de  Weroc,  il  le  trouve 
à  Aula  Quiriaca  qui  est  sûrement  Guérande,  ou  dans  les  en- 
virons. Il  est  vrai  qu'on  peut  admettre  que  l'occupation  n'a 
été  que  momentanée.  A  détaut  de  témoignages  historiques  di- 
rects, nous  avons  un  moyen  infoillible  de  trancher  la  question  : 
c'est  de  consulter  les  noms  de  lieux.  Les  noms  de  f midi  en -ac 
ont  été  surpris  par  les  Bretons  en  pleine  évolution  romane; 
cette  évolution  qui  les  a  amenés  à  -é  dans  la  Bretagne  française 
s'est  arrêtée  à  -ac  dans  la  zone  bretonnantc.  Aqiiiniacns  a 
donné  Acii^m'  dans  le  Rennais  et  Ai^uiniac  dans  le  \'annetais. 
Les  Bretons  les  ont  trouvés  sous  la  forme  -aco-,  -iaco-.  Pour 
qu'ils  les  aient  trouvés  sous  cette  forme,  il  faut  qu'ils  aient  oc- 
cupé les  f midi  dans  la  seconde  moitié  du  V  ou  dans  le  com- 
mencement du  VI''  siècle  au  plus  tard.  Dès  le  milieu  du 
vi^  siècle,  ils  les  eussent  trouvés  sous  la  forme  -i^ii^o-,  -iago-  ou 
même  -ego-,  -iego-.  Ces  noms  nous  seraient  arrivés,  par  con- 
séquent, sous  la  forme -<"\' ou  -/  et  non  sous  la  forme  -ûc^.  Or, 
ces  noms  en  -ac  sont  très  nombreux  tout  justement  dans  le 
Vannetais  oriental  et  dans  la  partie  du  Nantais  au  delà  de  la 
A'ilaine occupée  par  les  Bretons.  Il  est  donc  sûr  que  dans  toute 
cette  zone,  à  l'époque  de  Regalis  et  même  plus  d'un  siècle 
avant,  les  Bretons  dominaient  ou  tormaient  la  classe  domi- 
nante. Là,  comme  ailleurs,  comme  dans  le  Vannetais  occi- 
dental, les  indigènes  étaient  mêlés  aux  émigrants  et  ne  se  sont 
fondus  que  lentement  avec  eux.  Ici  encore  les  noms  de  lieu 
sont  nos  meilleurs  témoins.  Près  de  Guérande  est  le  gros 
bourg  de  Saille.  On  y  parlait  breton  il  y  a  peu  de  temps. 
Saille  est. anciennement  Saliacitiii.  Pour  que  ce  nom  ait  évolué 


I.  J.  Lotli.  Moh  laliiif,  p.  2)  et  suiv.  Un  autre  argument  tout  aussi  dé- 
cisif, c'est  qu'au  vi^  siècle  révolution  qui  transformait  les  sourdes  intervo- 
caliques  en  sonores  et  les  sonores  en  spirantes  était  achevée.  Dés  $^8,  lùviitii 
est  devenue  loita  (Yonne)  (Scluicliardt,  Ton;/.,  I.  p.  121).  Or,  les  noms 
gallo-romains  des  territoires  en  question  ont  encore  la  sourde  intacte,  ainsi 
que  la  sonore. 

Pour  a  devenu  e  (lï),  cf.  Meyer-Lùbke,  Giminiunie  des  langues  roiii.,  l, 
p.  571. 


Bihliograpliic.  105 

d'une  façon  romane,  il  tant  que  en  pleine  occupation  bretonne 
on  }•  ait  parlé  roman.  Il  en  est  de  même  de  Séné  qui  est  au- 
jourd'hui en  pleine  zone  bretonnante,  sur  le  golfe  du  Mor- 
bihan. Le  nom  français  des  habitants  est  Sctia<^o,  en  breton 
Séiiet^^du',  nom  évidemment  formé  sur  Scnacuni,  Beiiic,  près  du 
Faouët,  est  vraisemblablement  identique  à  Beniay  et  suppose 
BcniacuDi;  Rai  cm'  près  Pontscorff  paraît  identique  à  Rtulcnac 
dans  le  Morbihan  français.  Mais,  dira-ton,  comment  les 
Francs  ont-ils  pu  laisser  s'établir  dans  un  pa3's  qui  leur  était 
directement  .soumis  et  qu'ils  surveillaient  jalousement  une 
population  dont  ils  avaient  les  plus  graves  raisons  de  se  méfier? 
La  réponse  est  des  plus  simples.  En  admettant  avec  moi  que 
les  émigrations  bretonnes  ont  commencé  dès  430-440,  peut- 
être  avant,  et  qu'elles  ont  dû  être  dès  cette  époque  très  consi- 
dérables, comme  en  fait  foi  le  nombre  des  combattants  de 
Riothamus,  on  se  l'explique  sans  peine.  Les  Bretons  aban- 
donnés par  l'administration  romaine,  tout  en  ayant  conscience 
de  leur  nationalité,  se  souviennent  peut-être  néanmoins  qu'ils 
ont  été  les  sujets  de  Rome;  Ronie  jouit  encore  à  leurs  yeux 
d'uncertain  prestige  administratif  et  religieux.  Forcés  d'éniigrer, 
ils  se  portent  sur  un  pays  d'empire  abandonné  à  lui-même.  Leur 
établissement  n"a  donc  pas  le  caractère  violent  de  celui  des  Saxons 
dans  l'île.  L'administration  romaine  qui  n'a  plus  guère  d'action 
directe  sur  la  péninsule  ne  peut  concevoir  d'ombrage  de  la 
présence  de  sujets  d'empire  sur  ce  point.  Ce  serait  plutôt  pour 
elle  un  appui  que  ces  nouveaux  venus  aguerris  par  cinquante 
ans  de  guerre,  et  l'appel  d'Anthemius  à  Riothamus  le  montre 
bien.  Les  Bretons,  de  gré,  de  force  quand  il  le  faut,  s'étendent 
bientôt  sur  la  plus  grande  partie  de  la  péninsule.  Dès  la  fin 
du  règne  de  Clovis,  ils  ont  pris  pied  sur  le  territoire  des  évê- 
ques  de  Rennes,  comme  en  fait  foi  l'épisode  des  prêtres  Lovo- 
catus  et  Catihernus.  Nous  avons  vu  qu'à  la  même  époque  ils 
avaient,  au  Sud,  franchi  la  Vilaine.  Quand  les  Francs  se  pré- 
sentent comme  légitimes  représentants  et  héritiers  de  l'admi- 
nistration romaine  dans  la  péninsule,  c'est-à-dire  à  la  fin  du 
règne  de  Clovis,  ils  sont  en  présence  d'un  fait  accompli  :  ils 
ont  à  gouverner  une  population  mixte  de  Bretons  et  de  Gallo- 
Romains  également  et  théoriquement  sujets  de  l'empire.  Ni 


io6  Bibliographie. 

les  uns  ni  les  autres  ne  songent  à  repousser  une  autorité  qui 
leur  parait  légitime  :  nous  avons  des  témoignages  concordants 
d'auteurs  mérovingiens  et  d'hagiographes  bretons  que  les 
Bretons  reconnaissaient  l'autorité  des  rois  Francs,  et  que  ceux- 
ci,  de  leur  côté,  admettaient  la  suprématie  des  Bretons  dans 
les  territoires  occupés  par  eux.  Même  dans  le  Vanneta's 
oriental,  il  est  clair  que  la  classe  aristocratique,  possédante, 
est  bretonne.  Ce  n'est  qu'au  cours  du  vi"  siècle  que  les 
Bretons,  mus  par  le  sentiment  national,  poussés  par  un 
besoin  d'extension  qu'ils  ne  satisferont  que  par  la  conquête 
définitive  des  pays  de  Rennes  et  de  Nantes,  engagent  ou- 
vertement contre  les  Francs  une  lutte  qui  ne  se  terminera 
que  par  la  victoire  décisive  de  Nomenoe  à  Ballon  sur  Charles 
le  Chauve. 

Il  me  semble  que  M.  de  La  B.,  dans  sa  conception  de 
l'émigration  bretonne,  a  été  quelque  peu,  à  son  insu,  in- 
fluencé par  ses  idées  personnelles  et  qu'il  a  transporté  au 
v^-vi'=  siècle  son  idéal  de  la  société  et  de  la  nation  bretonne, 
idéal  très  noble  d'ailleurs  et  qui  n'a  jamais  été  peut-être  com- 
plètement atteint.  Chaque  bande  d'émigrants  lui  apparaît 
comme  ordonnée  en  une  sorte  de  théorie  parfaitement  réglée  : 
c'est  l'union  fort  désirable  et  ici  réalisée  du  trône  et  de  l'autel, 
en  prenant  ces  termes  comme  des  symboles  des  pouvoirs  civils 
et  religieux.  «  Le  pion j  dit-il,  c'est  proprement  et  primitivement 
la  petite  colonie  formée  par  la  bande  bretonne  émigrée,  s'éta- 
blissant  au  sortir  des  barques  fugitives  dans  un  coin  désert  de 
l'Armorique  sous  la  direction  d'un  brave  guerrier,  chef  Icin- 
porel,  d'un  pieux  moine,  chef  spiriliicl  de  cette  petite  société 
formée  sur  la  terre  d'exil  par  la  communauté  du  malheur 
(I,  p.  281).  »  La  fusion  ou  au  moins  l'union  dans  les  mêmes 
sentiments  patriotiques  des  deux  éléments  ethniques  de  la  pé- 
ninsule, les  Gallo-Romains  et  les  Bretons,  il  les  place  trop  tôt; 
elle  ne  s'est  guère  réalisée  pleinement  qu'au  x'  siècle. 

Les  institutions  civiles  et  religieuses  des  Bretons  émigrés 
sont  exposés  avec  grands  détails  et  d'une  fliçon  en  général 
concluante.  La  question  des  évêchés  avant  Nominoé  est 
traitée  magistralement.  Peut-être  pourrait-on  trouver  que 
l'auteur  accorde  une  suprématie  excessive  avant  Nominoé  à 


Bibliographie.  107 

Dol  :  la  supériorité  du  siège  de  S.  Sanison  me  paniît  avoir  été 
plutôt  morale  qu'effective  ^ 

Sur  une  seule  question  à  laquelle  Tautcur  me  parait  attacher 
une  importance  excessive,  je  suis  d'un  avis  nettement  opposé. 
D'après  lui,  le  pion  (plchs)  serait  une  institution  particulière  à 
la  Bretagne,  une  des  conséquences  les  plus  remarquables  de 
l'établissement  des  Bretons  en  Armorique.  On  ne  trouverait 
rien  de  semblable  ni  en  Cornouaille  anglaise,  ni  dans  le  pa\'s 
de  Galles.  Le  pion,  colonie  bretonne,  d'après  le  passage  cité 
plus  haut,  a  à  sa  tête  un  machticrn,  qualifié  souvent,  dans  le 
Cartulaire  de  Redon,  de  priiiccps  pleins.  Ce  mactiernaî  est  une 
dignité  héréditaire.  Toujours,  d'après  l'auteur,  le  mot  plcbs 
dans  les  cartulaires  de  Redon  et  de  Landevenncc  n'aurait  rien 
de  commun  avec  la  plehs  ecclésiastique  mentionnée  dans  les 
conciles  du  ix''  siècle,  qui  n'était  autre  chose  que  l'archiprétré 
ou  doyenné  rural-.  Cette  institution  décrite  au  tome  I  est  ex- 
posée àSQC  de  grands  détails  au  tome  II  (p.  246-247,  cf. 
p.  142,  176).  Ce  sont  les  mêmes  vues  générales,  mais  avec 
d'importantes  restrictions:  p.  246,  l'auteur  reconnaît  qu'il  y 
a  des  prcsbyter  pleins,  et  cela  dès  la  première  moitié  du 
ix^  siècle.  Il  y  aurait  toutefois  entre  la  plehs  de  nos  cartulaires 
et  la  pkbs  ecclésiastique  cette  différence  que  la  plehs  bretonne 
ne  correspond  pas  toujours,  comme  la  plehs  ecclésiastique,  à 
un  doyenné  rural  au  moyen  âge.  Ce  n'est  pas  là  une  différence 
essentielle  :  ne  voyons-nous  pas  qualifier,  dans  le  Cartulaire 
de  Redon,  de  plehs,  en  territoire  non  bretonnant,  en  plein 
ix^  siècle,  des  paroisses  comme  'fur rie  (Thourie,  près  Rhetiers) 
qui  n'ont  jamais  formé  de  doyenné  rural  ?  Le  iiiachliern  est-il 
un  personnage  si  spécial  à  la  Bretagne  ?  Est-ce  également  un 
caractère  spécial  à  la  Bretagne  que  la  plehs  ait  désigné  d'abord 
une  circonscription  civile?  La  question  des  paroisses  rurales 
en  Gaule  a  été  traitée  tout  dernièrement  de  la  façon  la  plus 
claire  par  M.  Imbart  de  La  Tour  5.  Il  ressort  de  ce  travail  très 
documenté  que  les  premières  églises  ont  été  fondées   dans  le 

1.  Je  crois  l'avoir  démontré  dans  mon  travail  sur  V  H  migra  lion  Ivetouiie, 
p.  205-212. 

2.  Tome  I,  p.  281,  note  2. 

5.  Les  paroisses  rurales  dans  l'ancienne  France  (Rc\uq  historique,  1896-1898). 


io8  Bibliographie. 

viens  ou  caslnim  par  le  grand  propriétaire,  laïque  ou  clerc; 
dans  Yager  cccksiae  par  l'évcque;  dans  les  loca  deserla,  par  des 
moines  ou  des  reclus.  Les  prêtres  qui  desservent  ces  sortes  de 
paroisses  sont  soumis  d'abord  à  un  simple  patronage  laïque  ; 
puis  ce  patronage  se  transforme  en  propriété.  L'église  rurale 
devient  rcs  privaia;  l'église  baptismale  peut  être  donnée, 
vendue,  achetée.  Au  ix"^  siècle,  \q  viens  piiblicits,  la  paroisse  de 
l'archiprêtre,  tombe  entre  les  mains  d'un  grand.  La  sujétion 
est  générale  :  comme  l'évêché,  comme  l'abbaye,  la  paroisse  a 
son  seigneur.  Au  viii"'  siècle,  le  droit  de  propriété  est  nette- 
ment établi  :  le  doniiniis  devient  le  senior.  Peu  à  peu  la  circon- 
scription laïque  et  la  circonscription  ecclésiastique,  le  domaine 
et  la  paroisse  (plebs  ou  paroehia)  se  sont  confondus.  Ce  que 
M.  Imbart  de  La  Tour  a  constaté  en  Gaule,  d'autres  l'ont 
constaté  en  Angleterre  :  Taylor  a  établi  que  les  limites  des 
inanors  anglais  décrites  dans  les  chartes  correspondent  exac- 
tement aux  paroisses  ^  En  Bretagne,  c'est  la  même  histoire. 
L'église  est  fondée  par  un  chef  ou  un  évêque,  par  exemple 
Plescop,  près  Vannes  (Plebs  cpiseopi)  fondé  par  l'évêque  de 
Vannes.  Elle  l'est  dans  un  viens  comme  PIondalnw:^cau,  appelé 
en  breton  Gnitalvi^é  (*\icus  Telmedovius),  ou  dans  un  easlrnm 
comme  Plongaer,  attenant  à  Carhaix  (Pion  Caer  =^  pJebCastri) . 
Les  moines  fondent  des  kuvi;  les  solitaires  des  loe.  Les  Mar- 
tyria  eux-mêmes  se  retrouvent  dans  les  Mer:^er  (les  Merthxr 
gallois).  Comme  ailleurs,  la  paroisse  devient  la  propriété  d'un 
grand  :  qu'il  s'appelle  niaehliern,  cela  ne  change  rien  à  l'affaire. 
La  même  chose  se  produit  en  Galles,  au  témoignage  de  Gi- 
raldus  Cambrcnsis.  Le  maehticrn  d'ailleurs  est  non  seulement 
appelé  prineeps  plebis,  mais  même  senior.  Il  peut  y  en  avoir  plu- 
sieurs dans  la  même  paroisse.  Il  y  en  a  qui  semblent  représenter 
l'autorité  centrale,  bretonne  ou  franque:  Portitoe  et  Uuorbili, 
dans  une  charte  de  830,  portant  le  titre  de  vassi  doininiei-. 


1.  An  analvsisofthc  Domcsday  Survey  ofGloucestershire,  Bristol,  1887, 
p.  4). 

2.  Cf.  J.  Loth  L'Emi^r.  biit.,  p.  218-220,  Maehticrn  3i  pris  en  gallois  le 
sens  de  chef,  roi.  En  breton,  si  on  lui  donne  le  sens  précis  de  représentant 
du  chef,  SOUS-CHEF,  il  a,  semble-t-il,  son  vrai  sens  :  il  paraît  composé  de 
mach,  caution,  et  de  tient,  chef. 


Rihliogiaphie.  109 

M.  de  La  Bordcric  invoque  à  rappiii  de  sa  théorie  le  carac- 
tère des  noms  composés  où  entre  le  mot  pion  :  ce  qui  prouve, 
à  son  avis,  que  le  pion  a  été  formé  par  un  chef  avec  son  clan 
ou  sa  clientèle,  c'est  que  ce  terme  général  de  ploN  est  réguliè- 
rement suivi  d'un  nom  de  chef,  par  exemple  Ploii-Fnii^uiii. 
Or,  ces  noms  prouvent  tout  justement  le  contraire  et  suiliraient 
à  ruiner,  sans  autre  preuve,  toute  l'argumentation  de  l'auteur. 
Ploii  (hlcH,  plu,  pic)  est  parfois  suivi  d'un  nom  commun: 
Ploii-Magoar,  Ploii-Mogiicr,  le  plehs  de  la  muraille  (Maccria) ; 
Plen-nieiir  (Plchs  iniit^mi);  Plcii-hihan  (Plcbs  parva),  Plounc- 
Vi'Z  (Plcbs  nova);  Pkmguerucau  (Plebs  Coniovia) ;  Plou-gaslel 
(Plcbs  CastcUi);  Plongiicr  (Plebs  Castri)  ;  Plelan,  PoiiUan  (an- 
ciennement Ploclan):  Plcbs  Lannae:  lanii,  monastère);  Plcscop 
(Plebs  episcopi);  P lobanalec  (Plehs  aux  genêts').  Pour  les  autres 
composés  de  pion,  le  nom  suivant  ploii  est,  presque  toujours, 
///;  noni  de  saint,  ce  qui  suffit  mieux  que  toute  autre  preuve  à 
démontrer  le  caractère  essentiellement  ecclésiastique  de  la 
plebs.  Je  n'excepte  même  pas  Plon-Fragan.  Fracan,  en  effet,  à 
tort  ou  à  raison,  a  ceint  l'auréole,  comme  le  prouNe  Saint- 
Frcgan  en  Léon.  Voici  une  liste  de  ces  composés  : 

Plon-gnenonal  (S.  Goiival,  mieux  Cononal  est  son  patron) 

Plestin  (Plebs  lestin  :  S.  Justin) 

Plcngnenenc,  Plogonncc  (S.  Concc) 

Plcumelcnc,  Pluinclec  (S.  Maeloc,  S.  Melcc) 

Ploeruiel ;  Plonar~cl  (S.  Arthmael) 

Ploncour,  Plounconr  (S.  Enewor) 

Plonbe-^rc  (Plebs  Pétri) 

Plocrdnt  (S.  Iltut) 

Ploncdern  (cf.  Lannedern  ;  S.  Edcni) 

Plombée  (S.  Iii:{ec ;  S.  ludoc) 

Plougonhn  (S.  Coulm,  S.  Columba) 

Plouignean  (S.  Winniaw  ou  lunaw) 

Plonniiliau,  Plntnelian  (S.  Meliau) 

Plonnevcnler  (S.  Neventer) 

Plocvcn  (Ploe  Mcguen  :  S.  Mewen) 

Pludual  (S.  Tutwal) 

Plnherlin  (S.  Iserninus) 

Plumandan  (S.  Maudan  :  d.  Laii-vandan) 


I  10  Bibliographie . 

Phimcriial,  Pliiinaugal  (S.  Maelcat) 

Pliimieur  (S.  Maioc,  M(\k:d.  Lanveoc) 

Plusiilicn  (S.  Sulicn) 

Pln::jinct  (S.  Dunôt) 

Phivigner  (S.  Gzuiiigtier) 

Ploiigiiicl  (S.  Kicl  :  Chichis,  un  des  comgagnons  de  S.  Paul 
(Aurélien) 

PkdcUa{c)  (S.  Teliau) 

Enfin,  l'origine  mcnic  du  mot  est  significative:  la  forme  la 
plus  ancienne  est ploib  qui  est  devenu,  suivant  la  composition, 
phk'ii,  ploHCii,  plan,  plo,  pieu,  plu,  pic;  ce  mot  représente  exac- 
tement plçbc.  Il  désigne  en  Léon  plus  spécialement  les  gens  de 
la  campagne,  par  opposition  à  ceux  du  bourg  (gwic).  Dans  une 
glose  du  x"^  siècle,  le  mot  i'rn-hIobioii  (ploebion)  désigne  les 
gens  attachés  à  la  glèbe.  En  Galles  et  en  Cornouailles,  le  mot 
qui  a  parfois  (chez  les  poètes  gallois)  le  sens  de  nation, 
peuple,  a  couramment  et  n'a  plus  que  le  sens  de  paroisse.  Dans 
la  liste  des  paroisses  (plivxfau)  de  Galles  publiées  par  la  Myv. 
Archacology,  plusieurs  noms  de  paroisses  sont  précédés  du  mot 
phuxf  exprime  ou  indiqué  par  P.  Dans  un  texte  comique,  la 
Beiuuans  Meriasek,  la  paroisse  de  Buthec  (Bô^ec)  est  dite  Plu 
(plou)  Vutbek.  On  peut  se  demander  pourquoi  le  mot  plou 
est  resté  attaché  au  nom  qui  le  suit,  en  Armorique,  tandis 
qu'il  en  reste  séparé  en  Cornwal  et  en  Galles.  La  raison  en 
est  qu'en  Cornwal  et  en  Galles,  le  mot  plou  (phvyf  et  plu)  est 
d'un  usage  courantdans  le  sens  de  paroisse,  tandis  qu'en  Armo- 
rique il  n'est  plus  depuis  longtemps  emplo3'é.  Le  composé 
syntactique  intermittent  est  devenu  un  composé  véritable  et 
permanent  du  jour  où  on  n'a  plus  eu  conscience  de  la  valeur 
du  premier  terme.  Le  fait,  en  Armorique  même,  n'est  pas 
sans  exception.  Plusieurs /)/^^^.f  ne  sont  pas  caractérisées  par  la 
présence  de  plou. 

A  ces  considérations,  j'ajouterai  quelques  critiques  ou  re- 
marques de  détail. 

Tome  L  —  P.  241.  Le  royaume  de  Rhegeil  serait  dans  le 
Nord  de  l'île.  Il  est  sûrement  dans  le  Sud   (Revue  Celtique, 

1900.  P-  335)- 


Bibliographie.  1 1  i 

Ibid.,  note  4.  Stitit-CliiXii  est  une  mauvaise  lecture:  il  faut 
Strat-Clut  (Cl ut  =  Clôia).  Riivoiioc  ne  peut  être  Relii^oiiiitiii  : 
c'est  un  dérivé  de /?//c'(7îc'// ;  au  w"^  s\cde  RiiiiKiiiii  =■  *Roiiiâiins, 
un  des  fils  de  Cunedda;  c'est  un  district  bien  connu  du  pays  de 
Galles.  —  Scllavir  représenterait  Selgovae  :  ScUovir  n'a  jamais 
existé.  — Le  royaume  d'£/t/<v/  :  je  suppose  qu"il  s'ag\\:d'Eic}d!ii, 
du  Gododin  :  ce  nom  ne  peut  venir  d'Itiiiui. 

P.  4,  245  et  455.  M.  de  La  B.  distingue  entre  les  noms  de 
Cuinbrie  et  Cambriae  :  Camhrie,  c'est  le  pays  de  Galles  ;  Cum- 
hric,  la  Bretagne  du  Nord,  plus  spécialement  le  Citmherland. 
Les  deux  noms  sont  identiques  ;  tous  lesdeux  viennent  de  Com- 
brog-es  (mieux  *Coiiibivo;-Js  ou  *Coiiibrogia).  On  ne  trouve 
Cambria  qu'au  moyen  âge 

P.  306^  note  2.  M.  de  La  B.  a  raison  de  rejeter  l'étymologie 
qui  fliit  venir  Laiigiiciix  et  Trcgumix  de  Laii-Giielhciioc  et 
Tref-Gttcthenoc .  En  revanche  il  a  tort  de  tirer  Guchiic  de  Trcf- 
Giichnc,  de  JVocduc,  Gu'i\iic  :  Laii-guchuc,  Trcf-giicbuc  sont  pour 
Lnii^acor,   Tref-Gacoc.  Le  saint  est  Caioc,  *Ceoc  (Revue  Celt., 

P.  313.  P()/~rt/  (Plounevez  Porzai)  viendrait  de  Po)\-Coct. 
Por~ay  représente  Por-oed  et  Porlhoe^,  pluriel  de  portb,  portus  '. 

P.  338.  Dunniouia  viendrait  de  dounni,  profond,  et  de  iieint, 
plur.  de  nanl,  vallée.  C'est  une  étymologie  de  lettré  faite  sur 
dxfnein,  forme  galloise  régulière  de  Dunuumia. 

Gherent  (lisez  Gereiiit^  se  serait  distingué  à  la  tête  des 
Dumnonéens(5 19-520)  contre  les  Saxons:  suit  ime  citation  de 
M.  de  La  Villemarqué,  Bardes  Bretons,  p.  4,  3,  7,  11.  Cette 
citation  est  un  contre-sens.  Le  Gereint  dont  il  s'agit  est  pro- 
bablement le  roi  de  Dunmonia  auquel  Adhelm  écrit  au  com- 
mencement du  VIT'  siècle. 

P.  344.  Au  lieu  de  Careiikhial,  lisez  Garent  mail,  mieux 
Garant  mail  =  *Caranto-maglos.  C'est  le  même  nom  que  le 
Carautmael  (pour  Garant. fael)  de  l'élégie  de  Gxnddylan. 

P.  361.  Briac  a  donné  son  nom,  non  seulement  à  Bourbriac, 
Sainl-Briac,  mais  encore  à  Lopriac  (Loe-Briac)  en  Kervignac  et 
Lopriac  en  Langonnet  (Morbihan). 

I.  J.  Loth,  Cljiest.,  p.  226. 


I  I  2  Bibliographie. 

P.  371.  Lavocalus  ne  signifie  pas  cjni  se  bat  connue  un  lion  : 
c'eût  été  dans  ce  cas  Lcvocalus.  Lou  est  à  rapproclier  de  go-lou, 
lumière. 

P.  374.  Liban  ne  peut  être  identifié  avec  lairn  ;  iaïun  est  la 
forme  galloise  du  breton  actuel  eeun  qui  peut  remonter  à  une 
forme  vieille-bretonne  *iôn.  lahan  représente  bien  lohanms; 
lahan  a  donné  lann,  Jean  ;  Yahan  est  encore  usité  en  haut- 
vannetais. 

P.  395.  Cacr-Hacs.  Cacr  est  due  à  une  tentative  étymolo- 
gique. On  prononce  Cacr,  Kcr,  tandis  que  partout  on  pro- 
nonce Carcs,  Carèxs  ou  Carcs.  Ce  nom  se  retrouve  dans  plu- 
sieurs villages  du  Morbihan,  dans  Carhays  (Cornouaille  an- 
glaise). Le  second  terme  aes  est  le  nom  de  deux  paroisses  du 
pays  de  Galles:  Yr  Acs  fach,  Yr  Acs  fnvr  (Myv.  Arch,  2"=  éd., 
p.  749):  c'est  évidemment  un  nom  commun.  Quant  à  car, 
cf  carmacs  (le  terrain,  domaine  aux  parents  :  prononcez ra/Tw). 

P.  498.  M.  de  La  B.  a  raison  de  foire  de  saint  Ivy  le  patron 
de  Poutivvet  de  Loî^uivy,  et  de  repousser  l'usurpation  de  saint 
Devv,  suffisamment  favorisé  d'ailleurs.  On  prononce  en  effet 
Pondivi  et  Logivi;  si  Diwx  était  le  second  terme,  on  aurait 
Pontivi  et  Lot  ivy.  (^Lotiiy  existe  ;  cf.  Lantivy  pour  Nant-Dcici, 
comme  Lancarfan  pour  Nant-Caifan). 

P.  569.  Il  est  sûr  que  le  patron  de  Lancieux  (Lan-sicii)  est 
le  disciple  de  S.  Brieuc,  appelé  dans  la  vie  de  Brioc  {AnaL 
BoU.  Il,  p.  186-187)  Simaus  et  par  surnom  Sinionis.  M.  de 
La  B.  corrige  avec  raison  Simaus  en  Siviaus  (mieux  Siuuia- 
vus^.  Siviavus  est  la  forme  hypocoristique,  Si-morus  pour 
Siîoo-nwrus,  la  forme  pleine.  Quant  à  Sicu,  il  remonte  plutôt  à 
*Siwôc  (cf  Brioc  et  Brioniaglos). 

P.  568.  Conober  serait  distinct  de  Cuno-nwr,  l'un  signifiant 
Cono,  le  Court,  l'autre  Cono,  le  Grand.  Conober  serait  Conoo 
ou  Canao,  le  comte  de  Vannes,  l'allié  de  Chramne.  Conober 
peut  être  une  forme  de  Cononior,  due  aux  Francs,  par  fausse 
étymologie  franque,  d'après  des  noms  comme  Rici-nier  ;  le  b 
n'est  pas  une  difficulté.  Il  est  sûr  que  -ber  n'a  rien  à  faire  avec 
berr,  court.  Quant  à  Conoo,  c'est  peut-être  la  forme  hypocoris- 
tique de  Couo-mor.  Au  point  de  vue  historique,  il  semble  qu'il 
faille  séparer  d'abord  Conober  de  Conoo;  ils  meurent  à  des  dates 


Bibliographie.  1 1 5 

différentes  ;  et,  en  outre,  de  Conohcr  aussi  bien  que  de  Couoo, 
on  devrait  séparer  Gwcw/t)///.s- :  ce  dernier,  comme  le  fliit  juste- 
ment remarquer  M.  de  La  B.,  est  chef  du  Poher  et  usurpateur 
de  la  Doinnonia,  mais  il  ne  possède  pas  le  vannetais  breton. 

Tome  II.  —  Page  5.  M.  de  La  B.  remarquant  que  dans  un 
acte  de  801  concernant  Langon,  sur  la  Vilaine,  il  y  a  des  si- 
gnataires portant  des  noms  bretons  et  des  noms  germaniques, 
en  conclut  que  les  deux  races,  Francs  et  Bretons,  commen- 
çaient à  se  mêler  sur  cette  limite.  Or,  en  principe,  dans  le 
Cart.  de  Redon,  toutes  les  personnes  qui  ne  portent  pas  de 
noms  bretons  portent  un  nom  germanique:  en  conclura -t-on 
qu'il  n'y  a  plus  en  Armorique  que  des  Bretons  et  des  Francs  ? 
Il  n'est  pas  douteux  que  la  grande  majorité  des  personnes  à 
nom  germanique  ne  soient  des  Gallo-Romains,  en  Armorique 
comme  dans  la  plus  grande  partie  de  l'ancienne  Gaule.  Par 
analogie,  il  est  très  vraisemblable  que  bon  nombre  d'individus 
à  nom  breton  ne  l'étaient  pas  de  langue. 

P.  11-12.  La  demeure  de  Morman,  l'adversaire  de  Louis  le 
Débonnaire,  aurait  été  Minc-Morvon  en  Langonnet.  C'est  bien 
peu  vraisemblable.  La  dernière  bataille  se  livre  en  Priziac  et  la 
guerre  se  termine  dès  que  l'EUé  est  atteint.  Il  est  donc  certain 
que  le  fort  de  la  résistance  était  le  vannetais  occidental  et  que 
Morman  est  un  chef  de  Broweroc.  Dès  lors,  il  est  singulier  que 
sa  principale  demeure  soit  en  Cornouaille.  Il  y  a  des  positions 
en  Priziac  qui  répondent  mieux  que  Mine-Morvan  à  la  des- 
cription d'Ermold.  En  outre,  Witcar,  le  moine  franc  était, 
d'après  le  récit,  voisin  de  Morman,  ce  qui  tendrait  à  prouver 
que  la  résidence  habituelle  du  chef  breton  devait  être  plus  à 
l'Est.  Quant  au  nom  de  Mine-Morvan,  il  ne  prouve  pas 
grand'chose.  Morvan  est  un  nom  fort  répandu;  il  y  a  un 
Mane-Morvan  en  Lignol,  des  Kennorvan,  des  Vilk-Morvan,  un 
peu  partout. 

P.  67.  L'auteur  reproduit  le  fameux  tribut  de  Nominoe  du 
Barzaz-Breiz.  En  note,  il  nous  apprend  que  M.  de  La  Ville- 
marqué  avait  trouvé  dans  la  soi-disant  version  populaire  de 
ce  chant,  non  Nomenoiou,  mais  Navinc'ou  ou  Navinoti.  Pour- 
quoi dans  ce  cas  avoir  écrit  Nomenoiou?  Il  est  de  plus  assez 
Revue  Celtique,  XXII.  8 


1 14  Bibliographie. 

étrange  que  M.  de  La  Villcmarqué  ne  sût  pas  exactement  s'il 
a  entendu  N(ivi)u'on  ou  Naviiion.  A  mon  avis,  il  n'a  entendu 
ni  l'une  ni  l'autre.  Niiiiûnoc  ou  Noniïnoe  est  un  dérivé  de 
Nûiinn  ou  Noiinn  (vieux-gallois  Kuiiiin,  devenu  AVi'y;;),  et  il 
a  évolué  en  Ncvcnoc^. 

P.  99.  M.  de  La  B.  a  bien  raison  de  se  refuser  à  suivre  l'abbé 
Duchesne  dans  ses  fiintaisies  linguistiques  qui  transforment 
Rcstcrcahius  en  Bcrloaldus,  et  Scvcrinus  en  Scrgius.  Rcstovahius 
est  peut-être  à  lire  Rcito-valdus,  qui  représenterait  Reilhical, 
nom  bien  breton  (forme  vieille-brittonique  *RcctuvaJos). 

P,  130.  M.  de  La  B.  lit  Caiu  dou  pont  dans  une  charte  de 
837-85  I  et  y  voit  du  français  :  le  champ  du  pont.  Le  texte  porte 
Camdonpont .  Une  graphie  dou  pont,  à  cette  époque,  paraît  en 
outre  peu  vraisemblable. 

P.  177.  Le  mot  trifocaliuni  (Cart.  Red.,  App.,  p.  354, 
charte  de  833},  sorte  de  siège,  est  glosé  par  le  breton  isiomid. 
Il  faut  sans  doute  lire  iscouiid,  qui  répond  exactement  au  gallois 
ysgeniydd  et  esgeiiiydd,  traduit  par  Lhwyd  par  banc. 

P.  192.  Le  ran  serait  le  chef-lieu  du  domaine.  Cette  inter- 
prétation me  paraît  contredite  par  les  chartes.  Ran  équivaut  à 
villa  et  représente  un  domaine  plus  ou  moins  étendu,  comme 
il  ressort  d'ailleurs  des  textes  cités  par  l'auteur,  p.  223  (cf. 
p.  205). 

P.  262.  Saint  Bern  aurait  été  tiré  par  les  Bretons  de  Paicru  : 
c'est  impossible.  Palcni  a  donné  partout   Padarn  ou  Pedern. 
Quant  à  Bcrn  ou  Barn,  Mcrn  ou  Main,  on  le  trouve,  comme 
l'auteur  le  dit  justement,  dans  divers  noms  de  lieux. 
P.  265.  Au  lieu  de  Ruilcit,  lisez  Rivilcn. 
P.  278.  Ar^iviu  est  dans  la  charte  Arthuuiu. 
P.  289,  401.  lec'b  est  très  inexactement  transcrit  par  Icrh. 
Il  eût  mieux  valu  abandonner  ce  terme  employé  à  contre-sens. 
P.  390.  Lesncvcn  n'a  rien  à  faire  avec  Evcn,  comte  de  Léon. 
Le  mot  est  composé  de  Les  et  Neven  =  Nùniiii  :  Nonicnoe  est 
un  dérivé  de  ce  nom. 

J.   LOTH. 
(A  suivre.) 

I.  J.  Loth,  Chrest.,  p.  223. 


CHRONIQUE 


SOMMAIRE:  I.  Le  "  Dialogue  des  Vieillards  »,  nouvelle  édition  par  M.  Wliitley  Stokes 
—  11.  Les  Ciirmind  G<2delica  dt^\.  A.  Cannichael.  —  III.  Esquisse  d'une  grammaire 
du  vieil  irlandais,  par  le  P.  Hogan.  —  IV.  Recueil  des  noms  gaéliques  de  plantes, 
par  le  même.  —  V.  «•  Le  peuple  Gallois  »,  par  MM.  John  Rhys  et  David  Brenmore 
Jones.  —  VI.  "  Histoire  de  l'île  de  Man  «,  par  M.  A.-\V.  More.  —  VII.  «  Gens 
de  Bretagne  »,  par  M.  Olivier  de  Gourcuff.  —  VIII.  Poèmes  d'Egan  O'Rahilly  pu- 
blics par  le  Rev.  Patrick  S.  Dinneen.  —  IX.  ..  Contes  irlandais  »  traduits  par 
M.  G.  Dottin.  —  X.  Premier  volume  par  M.  G.  Bloch  de  l'»  Histoire  de  France  » 
entreprise  par  M.  Lavisse.  —  XL  «  Histoire  illustrée  de  la  France  »,  par  MM.  le 
vicomte  de  Caix  et  Albert  Lacroix.  —  XII.  Le  celtique  dans  le  «  Dictionnaire  gé- 
néral de  la  langue  française  ».  —  XIII.  L'édition  du  T'Un  bn  Cnailngi,  par 
M.  E.  Windisch.  —  XIV.  Concours  pour  deux  prix  offerts  par  la  Caledonian  mé- 
dical Society.  —  XV.  Poésies  lyriques  de  Geoffroy  Keating.  —  XVI.  Poèmes  irlan- 
dais publiés  par  M.  T.-O.  Russel.  —  XVII.  Valeur  phonétique  des  syllabes  prétoni- 
ques dans  le  Tain  du  Livre  de  Leinster.  —  XVIII.  Le  roman  de  Tristan  et  Iseut.  — 
XIX.  Saint  Samson  en  Angleterre.  —  XX.  Le  folklore  du  Pays  de  Galles  et  de  l'île 
de  Man.  —  XXI.  Les  Celtes  dans  Paulys  Realaicyclopaedie.  —  XXII.  Les  Celtes 
dans  un  nouvel  ouvrage  de  M.  0.  Schrader.  —  XXIII.  Le  celtique  dans  le  Thé- 
saurus linguae  latinae.  —  XXIV.  Les  Velauni  dans  les  Inscriptiones  graecae  ad 
rem  romanam  pertinentes.  —  XXV.  Noms  propres  d'origine  celtique  dans  les 
chartes  de  Saint-Benoit-sur-Loire. —  XXVI.  Les  monnaies  de  Lusitanie.  —  XXVII. 
Les  noms  de  lieu  ligures,  gaulois  et  gallo-romains  dans  les  provinces  rhénanes  sui- 
vant M.  Cramer. —  XXVIII.  Une  inscription  gauloise(.^)  découverte  par  M.  Plicque. 

I. 

Il  vient  de  paraître  une  livraison  nouvelle  du  .savant  recueil  dû  à  la  colla- 
boration érudite  de  M.M.  E.  Windisch  et  Whitloy  Stokes.  Elle  contient  le 
«  Dialogue  des  Vieillards  »  ou  mieux  «  avec  les  vieillards  »,  AcaUamh  na 
senôrach,  438  pages,  in-8,  et  forme  la  première  partie  du  tome  IV  des 
Irische  Texte  ' . 

Le  «  Dialogue  des  vieillards  »  part  d'une  conception  merveilleuse  :  un  peu 
avant  la  fin  du  iii^  siècle  de  notre  ère,  trois  batailles  meurtrières  avaient 
détruit  presque  complètement  la  milice  à  la  tête  de  laquelle  s'étaient  illustrés 
Oisin  ou  Ossian  et  Find,  son  père.  Vingt  guerriers  seulement,  les  deux 
héros  Ossian  et  Find,  plus  dix-huit  autres  moins  célèbres,  avaient  échappé 
à  la  mort,  et  ces  vingt  hommes  vivaient  encore  quand,  près  d'un  siècle 
et  demi   plus  tard,    saint  Patrice  vint    évangéliser  l'Irlande.  Ils  devaient 

I.  Librairie  S.  Hirzel  à  Leipzig. 


I  i6  Chronique. 

avoir  alors,  les  plus  jeunes  environ  cent  soixante-dix  ans,  les  plus  âgés 
deux  cents.  C'étaient  donc  des  «  vieillards  »  comme  dit  le  titre.  Cailte  se 
convertit  au  christianisme  et  accompagna  Patrice  dans  une  longue  excursion 
en  Irlande,  lui  racontant  les  légendes  qui  se  rattachaient  à  chaque  localité 
quelconque,  montagne,  forteresse,  forêt,  lac,  source,  etc. 

M.  Whitley  Stokes  n'est  pas  le  premier  éditeur  de  ce  document  qui  a  déjà 
été  publié  avec  une  bonne  traduction  par  M.  Standish  Hayes  O'Grady  en 
1892  dans  saSilva  Gadelica,  p.  94-233  du  tome  1  (Irish  Texls)  et  p.  111-265 
du  t.  II  (Translations  and  notes)  K  Mais  des  quatre  manuscrits,  incomplets 
chacun,  qui  nous  ont  conservé  cette  vieille  composition  chrétienne, 
M.  O'Grady  n'a  connu  qu'un  seul,  qui  date  du  xv^  siècle,  et  il  a  reproduit 
ce  ms.  avec  une  telle  négligence  qu'on  peut  dire  qu'il  n'y  a  presque  aucune 
ligne  sans  au  moins  une  faute  de  copie.  M.  Whitley  Stokes  s'est  attaché  à 
nous  donner  un  texte  exact,  avec  les  variantes  des  mss.,  et  aussi  complet  que 
possible.  Sur  les  8005  lignes  que  comprend  le  texte  édité  par  lui,  i  147, 
si  j'ai  bien  compté,  c'est-à-dire  plus  du  huitième,  manquent  dans  l'édition  de 
M.  Standish  Hâves  O'Grady.  Quant  à  la  traduction,  M.  Whitley  Stokes  ne 
la  donne  que  pour  les  passages  laissés  inédits  par  M.  O'Grady;  pour  le  reste 
il  renvoie  au  livre  du  savant  irlandais,  un  des  hommes  qui  connaissent  le 
mieux  sa  langue  nationale.  M.  Whitley  Stokes  se  borne  à  signaler,  quand 
il  y  a  lieu,  quelques  erreurs  quant  au  sens  précis.  Le  volume  se  termine: 
1°  par  des  notes,  qui  contiennent  les  corrections  à  la  traduction  de 
M.  O'Grady  et  un  supplément  aux  variantes  données  au  bas  des  pages  ; 
2°  par  quatre  glossaires,  le  premier  des  choses,  le  second  des  noms  de  per- 
sonnes, le  troisième  des  noms  de  lieu,  le  quatrième  des  mots  irlandais,  qui 
se  trouvent  dans  VAcallanih,  et  qui  manquent  dans  le  dictionnaire  irlandais 
de  M.  Windisch,  hische  Texte,  t.  I,  p.  337-869;  cet  index  des  mots  irlan- 
dais a  soixante  pages  et  paraît  contenir  environ  deux  mille  mots.  Cette  li- 
vraison nouvelle  des  hische  Texte  est  appelée  à  rendre  de  grands  services 
aux  celtistes. 


II. 

Les  Ccirmina  Gadelica  de  M.  Alexandre  Carmichael  sont  de  courts  poèmes 
gaéliques  d'Ecosse,  recueillis  par  l'éditeur  dans  la  tradition  populaire;  cet 
ouvrage,  imprimé  sur  beau  papier,  format  in-4,  a  paru  en  deux  volumes, 
xxxii-359  et  xi-350  pages2.  Le  texte  néo-celtique  est  accompagné  d'une  tra- 
duction anglaise  en  regard.  L'auteur  a  divisé  ces  petits  morceaux  en  cinq 
séries:  1°  invocations,  achaine;  2°  saisons,  aimsire;  3°  travaux,  oibre;  4°  in- 
cantations, uihe;  5°  mélanges,  measgain.  Suit,  sous  le  titre  de  notes,  un  dic- 
tionnaire des  mots  que  l'auteur  a  considérés  comme  les  plus  intéressants  et 
sur  lesquels  il  a  pensé  avoir  quelque  chose  à  enseigner  à  ses  lecteurs. 

L'ouvrage  se  termine  par  une  liste  de  deux  cent  seize  noms,  ces  noms 

1.  Cf.  Revue  Celtique,  t.  XIV,  p.  207. 

2.  Norman  Macleod,  25,  George  IV  Bridge,  Edinburgh. 


Cliion'uiuc.  117 

sont  ceux  des  Highlandcrs  sous  I.i  dictcc  desquels  M.  Carmiehacl  a  écrit 
les  poèmes  qu'il  publie. 

Ces  poèmes,  composés  la  plupart  sous  l'influence  du  christianisme,  ne 
contiennent  pas  beaucoup  de  réminiscences  de  la  vieille  littérature  payenne. 
Il  y  en  a  cependant  quelques-unes.  Ainsi,  t,  I,  p.  8,  on  attribue  à  une  nou- 
velle mariée  «  la  beauté  d'Emer  »,  c'est-à-dire  de  la  femme  du  héros  épique 
Cûchulainn,  «  la  tendresse  de  Darthula  »,  la  Derdriu  irlandaise,  cette  sym- 
pathique veuve  de  Noise,  fils  d'Usnech,  «  le  courage  (?)  de  la  robuste 
Medb  »,  la  célèbre  reine  d'Ulster,  épouse  d'Ailill;  mais  dans  le  même  cou- 
plet on  dit  à  la  jeune  femme  qu'elle  a  «  les  vertus  de  Brigite  »,  la  fameuse 
sainte  irlandaise,  et  «  la  foi  de  Marie  »,  la  mère  de  Jésus.  La  fête  payenne 
et  jadis  druidique  de  Beltene,  i^r  mai  (Glossaire  de  Cormac  dans  Tbree 
irish  Glossivii's,  p.  6,  cf.  p.  xxxv),  a  inspiré  une  invocation  à  la  Trinité, 
t.  I,  p.  182,  et  une  prière  à  Marie,  t.  I,  p.  186.  La  superstition  payenne  du 
nombre  neuf  est  associée  au  nom  de  Marie  et  de  son  fils  divin  qui  fut  «  lavé 
par  sa  mère  dans  neuf  rayons  du  soleil  »,  t.  I,  p.  52,  54,  56  (cf.  les  neuf 
vagues  du  tome  II,  p.  90,  qui  sont  identiques  aux  neuf  vagues  de  la  préface 
à  l'hymne  de  Colman  dans  le  Liber  hymiionun:  Goidelica,  p.  121,  151  ;  The 
irishLiBER  hymnorum,  I,  25;  II,  13).  C'est  dans  une  barque,  sur  le  sommet 
de  la  vague,  que  le  chrétien  écossais,  une  fois  mort,  gagne  son  dernier  sé- 
jour; cette  barque  est  celle  sur  laquelle  le  Condla  du  paganisme  irlandais 
partit,  enlevé  à  son  père  par  la  déesse  de  la  mort  (Windisch,  Kitr:{gefasste 
iriscbe  Grammatik,  p.  121);  mais,  au  lieu  d'une  déesse,  c'est  un  ange  qui 
conduit  le  chrétien  écossais,  t.  1,  p.  92.  Une  recette  pour  fabriquer  un 
philtre  amoureux  est  payenne,  elle  consiste  à  prendre  au  cimetière  trois  os 
d'un  vieil  homme  '  et  à  les  réduire  en  cendres,  mais  c'est  le  dimanche  qu'il 
faut  faire  cette  opération  magique,  et  le  choix  de  ce  jour  est  inspiré  par  le 
christianisme. 

L'index  final  ne  ren%'oie  pas  aux  textes  qu'il  explique.  Il  est  facile  de  voir 
par  là  que  le  vieil  auteur,  malgré  son  zèle,  est  un  débutant  et  n'a  pas 
grande  notion  des  lois  qui  s'imposent  à  tout  ouvrage  d'érudition.  Exemple: 
à  la  page  304  du  tome  II,  un  article  de  cet  index  est  consacré  au  «  fils  de 
la  mer  »,  mac  ai:  Lir.  Après  avoir  vu  cet  article,  je  me  suis  rappelé  avoir  lu 
précédemment  le  texte  gaélique  qui,  dans  l'ouvrage  de  M.  Carmichael,  con- 
cerne ce  personnage  mythologique  si  connu.  La  page  304  du  tome  II  ne 
renvoie  pas  à  ce  passage;  j'ai  perdu  beaucoup  de  temps  à  le  chercher, 
jusqu'à  ce  qu'enfin  j'ai  retrouvé  au  même  tome,  p.  122,  123  «  les  neuf 
sources  du  fils  de  la  mer  »  tiaôi  tohaiche  Mhic-an-Lir .  Le  fils  de  la  mer  est 
le  dieu  Manannan  de  la  mythologie  irlandaise  (Tbree  irish glossaries,  p.  xxxiv, 
xxxv,  5 1  ;  Griiitm  library,  n°  4,  The  voyage  o/Braii,  p.  44  et  suivantes,  etc.). 
Un  des  articles  intéressants  qui  manque  à  ce  glossaire  est  celui  que  l'auteur 
aurait  dû  écrire  sur  \tfalh-fith  ou  fith-fath,  c'est-à-dire  sur  l'incantation  qui 
rendait,  croyait-on,  la  personne  invisible.  Une  formule  de  cette  incantation 

I.  L'emploi  magique  des  os  est  mentionné  par  la  glose  du  Senchus  Mor, 
Ancient  Latvs  and  Iiisli tûtes  of  Ireland,  t.  I,  p.  180. 


I i8  Chronique. 

a.  été  publiée  par  M.  Carmichael,  t.  II,  p.  25,  une  plus  ancienne  a  été  con- 
servée 'çixx\c  Liber  Hy))iuorum  (Goidelica,  p.  149-156;  Iiische  Texte,  I,  52-58; 
The  irish  Liber  Hymnorum,  I,  133-135;  II,  49-5')  où  e'I^'  s'appelle  en 
latin  Lorica,  en  irlandais /ij(7/;y/a(/rt,  notation  au  xie  siècle  du  fath-filh  ou 
fith-fath  de  M.  Carniicliael. 

A  propos  de  cette  incantation,  M.  Carniicliael  raconte  la  légende  écos- 
saise suivant  laquelle  la  mère  d'Ossiaii  était  tantôt  femme  et  tantôt  biche.  On 
peut  consulter  sur  cette  légende  Campbell,  Leahhar  lui  Feiiiiie,  t.  I,  p.  198- 
200;  on  y  trouvera  cité  un  collaborateur  du  nom  de  Carniicliael,  l'auteur 
du  livre  que  nous  annonçons  ici  ;  à  son  tour,  M.  Carniicliael  renvoie  à 
Campbell,  mais  sans  nous  dire  la  page.  Cette  légende  a  été  suggérée  par  le 
nom  même  d'Ossian,  en  vieil  irlandais  Oissin,  diminutif  de  oss,  cerf.  Le 
héros  portant  un  nom  qui  veut  dire  «  petit  cerf»,  naturellement  l'idée  est 
venue  que  sa  mère  était  la  femelle  d'un  cerf,  une  biche  ;  l'explication  par 
une  incantation,  y;//;-/a//;,  a  été  imaginée  après  coup.  Toutefois  le  héros  à 
lâchasse,  rencontrant  une  biche  qu'il  veut  tuer,  qui  l'arrête  en  lui  disant: 
«  je  suis  ta  mère  »,  qui  le  conduit  dans  une  grotte  où  elle  redevient  femme, 
une  mère  avec  son  fils  qu'elle  fait  manger  et  boire,  c'est  le  sujet  d'un  joli 
récit  que  les  conteurs  écossais,  traduits  par  M.  Carraichael,  ont  fait  avec 
talent. 

Le  but  que  je  me  propose  par  mes  critiques  n'est  pas  de  déprécier  l'œuvre 
du  laborieux  auteur;  je  crois  au  contraire  avoir  montré  par  quelques  exem- 
ples l'intérêt  qu'il  oflfre  pour  les  Celtistes. 

III. 

Sous  le  titre  de  Oullines  oj  the  Grammar  of  Old-irish  xvith  Text  and  Voca- 
hulary,  le  Rév.  Edmund  Hogan  S.  J.,  fellow  of  the  Royal  University  of 
Ireland,  a  publié  une  grammaire  abrégée  du  vieil  irlandais  avec  textes  et 
glossaires  '.  La  grammaire,  48  pages,  consiste  principalement  en  paradigmes 
et  en  nomenclatures  de  mots  rangés  dans  l'ordre  des  parties  du  discours. 
Elle  me  paraît  en  général  fort  exacte.  Voici  quelques  observations.  P.  8, 
note,  l'auteur  parle  de  iut,  notation  de  l'article  devant  5,  sans  ajouter  qu'alors 
s  ne  se  prononce  pas,  est  iiiorlificata,  einorliia  (Grammatica  cellica,  2^  éd., 
p.  44,  211,  215;  Windisch,  Kurigefaste  hische  Grammatil:,  p.  41,  §  172); 
son  silence  est  motivé  ;  en  efîet,  dans  le  ms.  de  Milan,  comme  on  peut  le 
voir  chez  Ascoli,  Ghssarium  palaeo-hiheriiicum,  quand  l'article  se  termine 
par  un  t,  Vs  initial  du  mot  suivant  n'est  pas  pointé;  pour  qu'il  soit  pointé, 
c'est-à-dire  annulé,  il  faut  que  l'article  soit  terminé  par  à.  Ainsi:  au  datif 
singulier  dint-sruth  et  oc-ond-sruib-siii,  p  CCLXXVIII,  int-sainriud  et  ind- 
sainriuth,  p.  ccxxvil  ;  au  génitif  singulier  iiit-srothocliiid-srotho,  p.  CCLXXViii 
qui  se  trouve  aussi  dans  le  Priscien  deSaint-Gall,  35  b  (Gr.  celtica^,  p.  52). 
Toutefois  la  règle  est  contredite  dans  le  ms.  de  Saint-Gall  pour  int-sillah 

I.  Dublin,  The  Gaelic  Leaguc,  Saly,  Bryers  and  Walker,  1900,  in-8, 
vu- 158  pages. 


Chronique. 


119 


avec  s  pointée.  25.7,  et  ind-iillab  sans  point  sur  Vs,  26  a  (Gr.  Celtica-, 
P    212). 

P.  10,  il  me  semble  difficile  d'admettre  que  bctho  soit  le  vocatif  singulier 
de  /'///;  «  monde  »  ;  et  que/«/5  «  île  »,  adaii;  «  nuit  »  soient  des  thèmes  en  / 
comme  sûil  «  œil  »;  betho  est  un  génitif  singulier,  quant  à  inis  «  lie  », 
adaig  «  nuit  »,  ce  sont  deux  de  ces  thèmes  en  ;V,  dont  Biigit,  identique  au 
sanscrit  brhan,  est  un  type  curieux,  et  qui  sont  étudiés  par  M.  Brugmann, 
Grundriss,  t.  II,  p.  315-519,  526,  573,  741.  Le  P.  Hogan  exagère  beaucoup 
les  conséquences  de  la  doctrine  exposée  par  M.  Thurneysen,  Zeitschiift  de 
Kuhn,  t.  XXVIII,  p.  146.  Il  y  a  été  entraîné  par  une  erreur  de  la  Giamma- 
lica  celtica,  2^  édition,  p.  250,  252,  où  le  génitif  inse,  iriseo  «  de  l'île  »,  le 
datif  inis  «  à  l'île  »  sont  placés  parmi  les  thèmes  féminins  en  /. 

Les  textes  imprimes  aux  p.  50-75  sont  empruntés  aux  Anakcta  Bollaii- 
diana,  t.  II,  p.  218-258,  aux  p.  96-116  du  tirage  à  part  contenu  dans  la 
!■■<=  livraison  des  Documenta  de  S.  Patricio,  publiée  parle  P.  Hogan  en  1884 
et  aux  p.  135-159  de  la  2=  livraison.  Le  glossaire  est  la  reproduction 
exacte  de  V index  et  ghssarium  hibcrnicum  qui  termine  la  seconde  livraison  des 
Documenta  de  S.  Patricio,  1889;  il  renvoie  aux  pages  des  i""*:  et  2"'= 
livraisons,  pages  qui  dans  la  grammaire  dont  nous  rendons  compte  portent 
des  numéros  différents.  A  l'usage  de  ceux  des  lecteurs  de  la  Revue  Cel- 
tique qu\  voudraient  se  servir  de  la  Grammaire  du  P.  Hogan,  nous  donnons 
la  concordance  suivante  que  nous  avons  écrite  sur  notre  exemplaire  : 


Outlines 

Outlines 

of  the 

of  the 

Documenta 

Grammar 

Documenta 

Grammar 

P.     96.      . 

50 

P.    109. 

.          65 

97.     . 

SI 

no. 

.          64 

98.      . 

52 

III. 

•          65 

99.      . 

53 

112. 

66 

100.      . 

54 

115. 

•        67 

ICI.       . 

55 

114. 

68 

102.       . 

•         56 

115. 

.        69 

105.       . 

57 

116. 

70 

104.       . 

•         58 

135- 

71 

105.       . 

59 

156. 

72 

106.       . 

60 

137- 

73 

107.       . 

61 

138. 

74 

108.      . 

62 

139. 

75 

Aux  pages  76-79  sont  réunis  des  extraits  du  ms.  de  Wûrzburg.  On  peut 
y  relever  quelques  fautes  d'impression.  Ainsi,  p.  76,  1.  24,  au  lieu  dcdùnn, 
lisez  dunn  a  à  nous  »,  leçon  de  la  Gr.  C.^,  p.  996,  et  de  M.  Zimmer,  Glossae 
hibernicae,  p.  74;  mais  il  y  a  une  meilleure  leçon,  celle  de  M.  Whitley 
Stokes,  TIk  old  irish  Classes,  p.  69,  274  (I»  ad  Corinthios,  XII,  27.  Wb.  12  b 
12),  duini  «  de  l'homme  ». 


1 20  Chroni.jiie. 

P.  76,  1.  3  3,  au  lieu  de  ulliiii,  lisez  allii  «  il  est  »  ;  il  s'agit  de  Wb.  31  c, 
15;  Ad  Tituni,  II,  II;  Wliitley  Stokes,  p.  185-,  Zimmcr,  p.  187. 

P.  77,  1,  I,  au  lieu  de  ropad,  lisez  robad  «  serait  »,  Wb.  3  c  28;  fld  Ro- 
manes, VII,  10;  Zimmer,  p.  17;  Whitley  Stokes,  p.  14;  Gr.  C.^,  445. 

Le  P.  Hogan  a  pour  règle  de  séparer  les  uns  des  autres  les  mots  dont  la 
réunion  forme  chaque  composé  syntactique,  quoique  ces  mots  ne  soient  pas 
séparés  dans  le  nis.  On  ne  peut  blâmer  ce  procédé  dans  un  livre  élémen- 
taire; il  fiicilite  au  commençant  l'intelligence  du  texte;  mais  il  est  bon  ce- 
pendant que  le  commençant  sache  en  quoi  le  ms.  diffère  de  l'imprimé:  on 
arrive  à  ce  résultat  par  l'emploi  de  la  petite  barre  horizontale  qu'on  appelle 
en  français  division  ;  c'est  ce  qu'a  fait  le  P.  Hogan  en  un  cas,  p.  76,  1.  3, 
fù-alaile  (lisez  fri-alaik)  «  envers  l'autre  »  et  en  trois  cas,  p.  77,  1.  24,  2) 
et  35,  co  ngni-som  frhn-sa  «  il  coopère  à  moi  »,  adib  moga-si  «  vous  êtes 
serviteurs  vous  »  ;  mais  partout  ailleurs  dans  ces  deux  pages  rien  n'indique 
que  les  éléments  de  chaque  composé  syntactique,  séparés  l'un  de  l'autre 
dans  l'imprimé,  soient  réunis  en  un  seul  mot  dans  le  ms. 

Ces  quelques  critiques  de  détail  ne  m'empêchent  pas  de  féliciter  le 
P.  Hogan  de  son  utile  publication. 

IV. 

On  doit  au  même  auteur  le  volume  intitulé  Luihhleahhrân  ',  titre  qu'on 
pourrait  traduire  «  petite  nomenclature  botanique  »  ;  c'est  un  recueil  des 
noms  gaéliques  de  plantes  usités  tant  en  Irlande  qu'en  Ecosse.  Il  est  di- 
visé en  deux  parties,  chacune  par  ordre  alphabétique.  La  première  partie 
donne  les  noms  gaéliques  suivis  chacun  de  la  traduction  anglaise,  la  seconde 
les  noms  anglais  accompagnés  chacun  de  la  traduction  gaélique. 

C'est  le  travail  le  plus  complet  qui  existe  sur  le  sujet.  Il  est  tellement 
complet  qu'on  y  trouve  même  quelques  mots  étrangers  à  la  matière  spé- 
ciale dont  il  s'agit  ;  ainsi,  p.  9,  hrô,  génitif  hrcoi  «  meule  de  moulin  », 
probablement  parce  que  les  meules  de  moulin  sont  posées  sur  une  char- 
pente en  bois,  et  p.  27,  deanam  «  faire  »  parce  qu'on  dit  «  faire  une  vigne  ». 

D'autre  part  certains  renvois  à  la  bible  manquent  un  peu  de  précision  ; 
l'usage  est  de  citer  le  verset.  Le  P.  Hogan  ne  cite  ordinairement  que  le  cha- 
pitre; exemple:  «  le  champ  des  semailles  et  de  la  moisson  »,  aimsear  an 
t-iioïchuir  agiis  an  fôgiiiar.  Genèse,  VIII;  pour  trouver  le  numéro  du  verset, 
22,  il  faut  parcourir  le  chapitre  VIII  delà  Genèse,  du  verset  i  au  verset  22, 
ou,  ce  qui  est  plus  court,  ouvrir  le  Focloir  gaoidhilgc-sacs-bearla  de  Thomas 
de  Vere  Coneys  à  la  page  323,  au  mot  siokuir,  et  on  y  lit  le  renvoi  complet, 
c'est-à-dire  le  n°  22  du  verset,  que  le  P.  Hogan,  ou  plus  exactement  ses 
collaborateurs,  MM.  John  Hogan  et  John  C.  Maclean,  par  économie  de 
temps  et  d'encre,  ont  laissé  au  fond  de  leur  écritoire. 


I .  Un  volume  in-i  2  de  xii-i  37  pages,  Gill  and  Son,  Dublin  ;  David  Nutt, 
Londres;  Oliver  and  Boyd,  Edinburgh. 


I 


Chronique.  i  2 1 

Il  y  a  dans  ce  livre  beaucoup  de  choses  intéressantes.  Il  est  étrange,  par 
exemple,  de  voir  que  Conaiie,  nom  d'homme  bien  connu,  serve  à  désigner 
deux  végétaux,  le  solitaire  et  l'osier.  Le  nom,  d'homme  Gorman  est  de 
même  un  nom  de  plante.  Le  nom  français  du  persil  subsiste  intact  en  Ir- 
lande, on  dit  en  anglais  parsley. 


L'ouvrage  que  MM.  John  Rhvs  et  David  Brcnmore-Jones  ont  intitulé  77;(' 
urlsb  pcople  ^  est  parmi  les  publications  celtiques  de  l'année  1900  une  de 
celles  qui  méritent  le  plus  d'être  lues.  Elle  est  divisée  en  treize  chapitres: 
I.  Ethnologie  antique  du  Pays  de  Galles;  II.  La  question  picte;  III.  La  Bre- 
tagne romaine;  IV.  Première  période  de  l'histoire  des  Cymry;  V.  Histoire 
du  pays  de  Galles  depuis  Cadwaladr  jusqu'à  la  conquête  normande;  VI.  Les 
anciennes  lois  et  coutumes  du  Pays  de  Galles;  VII.  Histoire  du  pays  de 
Galles  de  1066  à  1282;  VIII.  Histoire  des  lois  et  des  constitutions  du  Pays 
de  Galles  depuis  1282;  IX.  La  propriété  foncière  dans  le  Pays  de  Galles; 
X.  Mouvement  religieux;  XI.  Progrès  de  l'enseignement;  XII.  Langue  et 
littérature  du  Pays  de  Galles;  XIII.  État  actuel  des  campagnes  dans  le  Pays 
de  Galles.  Appendix  A.  Liste  de  Cautrcvs  et  de  Cyiincih  ;  B.  Syntaxe  pré- 
arvenne  du  celtique  insulaire  ;  G.  Liste  des  seigneuries  réunies  pour  former 
des  comtés  ou  ajoutées  aux  comtés  existant  par  le  statut  27  du  roi  Henri  VII. 
D.  Note  sur  les  lois  galloises. 

Il  y  a  deux  points  sur  lequel  je  ne  partage  pas  les  doctrines  de  M.  Rhys 
qui  sont  soutenues  dans  ce  livre  avec  grand  talent. 

La  première  est  que  les  Pietés,  c'est-à-dire,  comme  on  le  voit  par  une 
carte  placée  en  face  de  la  page  75,  les  populations  de  la  partie  septentrio- 
nale de  la  Grande-Bretagne  dans  la  Géographie  de  Ptolémée  n'étaient  pas 
celtiques,  mais  avaient  une  origine  préaryenne.  Ces  populations  portent 
chez  l'auteur  grec,  1.  III,  c.  3,  §  8,  9,  les  noms  suivants:  'E;:lo'.o'., 
Kc'p't)V£;,  Kocwvî;,  Kapvovscy.ai,  Ka'.prjvoi,  Kopvaoû'.oi,  KaXrjoovtoi,  A^zâvrai, 
Ao-jvo'.,  Sac'prai,  Oja/.oijLâyo'.,  O'jsv'zwv:;,  Ta;^aÂO'. 2.  On  ne  peut  contester 
que  les  noms  de  Kopvaoj-.o'.  et  i];j.£pTat  ne  soient  celtiques.  Kopvaoû'.o'.  est  le 
nom  d'un  peuple  breton  habitant  le  centre  de  l'Angleterre  moderne  et  chez 
lequel  était  une  ville  qui  portait  le  nom  celtique  Dêva,  Arjoûa,  §  11,  au- 
jourd'hui Chester,  bâtie  sur  la  Dee,  autrefois  Dcva  (§  2),  «  divine  »,  rivière 
homonyme  de  la  ville.  Quant  à  Smntai,  tout  celtiste  connaît  le  nom  de  la 
déesse  Ro-smerta,  parédre  du  Mercure  gaulois.  Or  les  KopvaoJio'.  et  les 
ilaipTa'.  sont  les  deux  peuples  qui  habitaient  le  plus  au  nord  de  la  Grande- 
Bretagne.  Chez  les  Ta;X«Ào'.  se  trouvait  une  ville  appelée  Dêvana^  Ar)oûava, 


1.  Londres,  T.  Fisher  Unwin,  Paternoster  square,  un  vol.  in-8,  xxvi- 
678  pages,  avec  deux  cartes. 

2.  La  citation  est  faite  d'après  l'édition  donnée  à  la  librairie  Didot  par 
Charles  Mùlleren  1883,  p.  93-95;  cf.  édition  Wilberg,  1833,  p.  '07'>  ^'^i- 
tion  donnée  par  Nobbe  chez  Tauchnitz,  1843,  ^  ii-i5>  t-  h  P-  jo,  71. 


122  Chronii]ue. 

aujourd'hui  Abcrdcen,  sur  une  rivière  du  nom  dc  Dt'va,  Ar/jja,  la  Dec 
(§  4).  La  ville  et  la  rivière  portent  des  noms  celtiques.  KaXr.oov.o-.,  nom  de 
la  plus  connue  de  ces  peuplades  septentrionales,  dérive  d'un  thème  kalcdon- 
auquel  on  a  aucune  raison  pour  refuser  une  origine  celtique  surtout  quand 
on  a  sous  les  yeux  le  passage  où  Dion  Cassius,  XVI,  5,  nous  donne  le  nom 
évidemment  celtique  du  Calédonien  'ApY^vTo-/.o;o;,  dont  le  second  terme 
est  une  forme  masculine  du  celto- latin  troxa,  signifiant  en  celtique  «  pied  », 
c'est-à-dire  l'extrémité  la  plus  basse  du  membre  inférieur,  et  désignant  en 
latin  la  «  hanche  >•,  c'est-à-dire  la  partie  la  plus  haute  du  même  membre. 
I^e  français  «  cuisse  »  qui  est  le  même  mot  a  pris  un  sens  intermédiaire,  de 
même  l'allemand  hàchse. 

Je  ne  crois  nullement  aux  conséquences  tirées  du  droit  successoral  attribué 
au  neveu  fils  de  la  sœur,  droit  qui  serait  une  survivance  de  la  matriarchie 
primitive  et  préaryenne.  En  Angleterre,  on  a  préféré  la  descendance  fémi- 
nine de  Jacques  II  à  sa  descendance  masculine,  serait-ce  de  la  matriarchie? 
Jules  César  a  pris  pour  héritier  C.  Octavius,  petit-fils  de  Julia,  sa  sœur? 
était-ce  de  la  matriarchie  ?  Tibère  était  le  beau-fils  d'Auguste,  était-ce  de  la 
matriarchie?  Les  filles,  d'abord  exclues  de  la  succession  chez  les  Francs,  v 
ont  été  admises  par  l'effet  de  l'affection  du  père;  voir  à  ce  sujet  la  formule 
CXXXVI  de  Rozière,  Recueil  gcncral  des  formules,  t.  I,  p.  174;  Marculfe,  II, 
12  (éd.  Zeumer,  p.  85);  le  droit  qui  appelle  les  fils  seuls  à  la  succession  y 
est  qualifié  d'hnpiclas;  de  là  le  droit  des  femmes  aux  couronnes  royales  au 
moyen  âge  et  dans  les  temps  modernes. 

Mais  revenons  au  droit  celtique.  Les  neveux  par  les  femmes  héritaient 
en  droit  irlandais,  les  témoignages  à  ce  sujet  ont  été  étudiés  par  moi  ail- 
leurs trop  longuement  pour  que  je  les  expose  ici  ' .  Quand  il  a  été  question 
d'élire  un  roi  chez  les  Pietés,  on  a  pu  quelquefois  prendre  le  fils  de  la  sœur 
par  préférence  au  fils  du  roi  défunt;  le  fils  de  la  sœur  devait  être  souvent  le 
plus  âgé,  le  plus  expérimenté  des  deux.  Dans  la  notion  primitive,  le  droit 
héréditaire  absolu  n'existait  pas  pour  les  rois  :  reges  ex  nobilitaie  ...  sumuiit, 
comme  dit  Tacite,  Geniiauin,  chap.  7  ;  on  choisissait  primitivement  qui  l'on 
voulait  dans  un  certain  groupe  aristocratique.  Cf.  ci-dessus,  t.  XVI,  p.  120. 

Je  ne  crois  donc  pas  qu'il  y  ait  dans  les  avantages  accordés  au  neveu  fils 
de  la  sœur  un  effet  d'un  usage  préaryen  qui  aurait  dans  la  famille  donné 
aux  femmes  pietés  la  supériorité  sur  les  hommes. 

duand  le  bâtard  est  désigné  par  le  nom  de  sa  mère,  il  est  inutile  de  sup- 
poser pour  expliquer  ce  fait  une  survivance  de  la  soi-disant  matriarchie 
préaryenne. 

Le  roi  épique  d'Ulster,  Conchobar,  était  bâtard  comme  le  fut  au  xi^  siècle 
de  notre  ère  un  personnage  historique,  Guillaume  le  Conquérant,  duc  de 
Normandie  et  roi  d'Angleterre  ;  on  crovait  savoir  qui  était  le  père  de  Guil- 
laume, le  père  de  Conchobar  était  théoriquement  inconnu,  sa  mère  seule 
était  connue,  on  le  surnommaii  «  fils  de  Ness  »,  ttiac  Nessa;  Ness  était  le 
nom  de  sa  mère.  J'ai  plusieurs  fois  rencontré  un  ancien  officier  qui  avait 

l.   Cours  de  littérature  celtique,  t.  VII  et  VIII. 


chronique.  i  2  ; 

joué  un  rôle  secondaire  dans  les  aventures  de  Napoléon  III  avant  184JS;  il 
s'appelait  Aladenise,  c'est-A-dire  «  fils  à  la  Denise  »  ;  j'entends  parler  sou- 
vent d'un  Monsieur  Alapetite,  c'est-à-dire  «  fils  à  la  petite  »,  cela  veut  dire 
«  fils  de  père  inconnu  »  ;  il  n'y  a  là  aucune  trace  de  matriarchic.  C'est  sim- 
plement le  souvenir  d'une  bâtardise  remontant  à  plusieurs  générations.  Le 
nom  de  famille  noble  «  de  Bastard  »  a  la  même  origine. 

Fir  Doniininii  «  hommes  de  la  déesse  Domnu  »,  nom  de  peuple,  serait 
encore  aux  yeux  de  M.  Rhvs  une  trace  de  matriarchie  primitive.  En  trou- 
verons-nous une  aussi  dans  Roiiianus,  Romain,  dérivé  de  Roma,  (iea  Foiiia, 
'dans  'AOrjva'.oi,  nom  d'un  peuple,  qui  adorait  la  déesse  'AOr)v?, ? 

Suivant  M.  Rhys,  l'usage  néo-celtique  de  commencer  la  phrase  par  le 
verbe  est  d'origine  préarienne.  J'ouvre  César,  De  bello  gallico,  et  livre  l'^r, 
c.  6,  §  I,  je  lis  :  Eraut  oninino  itiuera  duo;  c.  9,  §  i  :  Relinquebatitr  tiiia  pcr 
Scqtianos  via;  la  phrase  dans  ces  deux  exemples  commence  par  le  verbe, 
c'est  l'ordre  néoccltique.  Au  début  du  livre  I",  César  suit  l'ordre  français 
en  commençant  par  le  sujet:  Gallia  est  omnis  divisa  iit  parles  1res;  k  la 
Gaule  est  tout  entière  divisée  en  trois  parties  ». 

Quand  la  chute  des  finales  a  fait  disparaître  la  distinction  si  claire  que 
ces  finales  établissent  entre  les  différentes  fonctions  des  mots,  on  a  remédié 
à  cette  perte  en  déterminant  la  fonction  des  mots  par  leur  place  dans  la 
phrase  ;  en  français  on  commence  par  le  sujet  dans  les  propositions  princi- 
pales quand  elles  ne  sont  pas  interrogatives,  par  le  verbe  dans  les  propo- 
sitions principales  interrogatives  quand  le  sujet  est  un  pronom  ;  on  peut 
mettre  le  verbe  avant  le  sujet  dans  les  propositions  subordonnées,  quand  le 
sujet  est  un  substantif;  on  dit  «  Pierre  veut  »,  «  veut-il?  »,  «  ce  que  veut 
Pierre  ».  En  néo-celtique,  c'est  toujours  le  verbe  qui  commence.  Le  phé- 
nomène est  moderne,  sans  racines  dans  le  passé  comme  le  phénomène 
français.  Dans  le  Book  of  Deir  (Whitley  Stokes,  Goidelica,  2"  éd.,  p.  108 
et  suivantes)  presque  toutes  les  phrases  commencent  par  le  sujet  :  prenons 
la  première  phrase  :  Colum-cille  octis  Drostân,  mac  Cosgreg,  a-dalta,  tan- 
gator,  «  Columba  et  Drostân,  fils  de  Cosgrach,  son  élève,  allèrent  »  ; 
l'ordre  des  mots  est  le  même  qu'au  début  du  De  bello  Gallico  et  que  dans 
l'usage  français  :  Gallia  est  omnis  divisa  in  partes  très  «  La  Gaule  est  tout 
entière  divisée  en  trois  parties  ». 

En  gallois  et  en  irlandais  on  a  aujourd'hui  la  règle  qui  veut  que  i'adjectif 
se  place  toujours  après  le  nom  ;  mais  en  vieil  irlandais  il  en  peut  être  au- 
trement :  adjeclivum  Jlexionis  expers  saepius  praeinissiim  invenitur  sid)stantivo 
(Gr.  C2.,  p.  918).  La  règle  actuelle  est  donc  moderne,  encore  n'cst-elle  pas 
absolue,  puisque  l'adjectif  possessif  précède  le  nom.  On  cherche  donc  à  tort, 
dans  cette  règle,  une  survivance  d'une  langue  préarvenne. 

Je  ne  conteste  pas  qu'il  y  ait  eu  en  Grande-Bretagne  et  en  Irlande  une 
population  préaryenne,  mais  je  ne  puis  voir  dans  les  phénomènes  que  je 
viens  de  signaler  des  traces  encore  persistantes  de  l'influence  exercée  par 
cette  population  sur  les  conquérants  aryens. 

Enfin  M.  Rhys  prétend  qu'une  partie  des  populations  celtiques  de  la 
Grande-Bretagne  appartenaient   au  rameau   goïdéHque  à  l'époque  de  Ptc- 


1 24  Chronique. 

Icmce.  Les  Xovanlae,  NojâvTat  (1.  II,  c.  5,  5  S)  auraient  été  Goïdc-ls,  tandis 
que  les  Trinovanlcs,  Tp-.vojavtc;  (§  11),  étaient  brittons;  je  ne  vois  pas  bien 
pourquoi  cette  différence:  le  nom  d'une  des  villes  des  Xm-attlag,  Lucopibia, 
Aojzo-'.oia,  proteste  par  son  p  contre  la  thèse  de  M.  Rhys;  ce  p,  étranger  à 
l'alphabet  goïdel,  ne  peut  être  que  britton. 

M.  Rhys  corrige  en  Dumnonii  le  nom  des  Damnonii,  Aa[j.vov;o'.  de  Pto- 
!émée  (§  7),  c'est,  suivant  lui,  le  même  peuple  que  les  Dtninionii,  Ao'ja- 
vclvioi,  du  §  1 3  ;  je  ne  conteste  pas  cette  identification,  pas  plus  que  l'identité 
des  Dnmiwuii  avec  les  Fir  Doiiitian  des  textes  irlandais;  mais  la  question 
pour  moi  est  de  savoir  s'il  est  vrai  que  les  Dtiinnouii  aient  été  Goïdels, 
comme  iM.  Rliys  le  prétend.  S'ils  étaient  Goïdels,  comment  se  Aiit-il  qu'avec 
le  nom  de  DoiiDionia  ils  aient  apporté  dans  la  Bretagne  française  un  dialecte 
breton  ? 

Si  j'ai  tant  insisté  sur  les  points  sur  lesquels  je  suis  en  désaccord  avec 
M.  Rhys,  c'est  à  cause  de  la  grande  valeur  de  tous  les  travaux  de  ce  savant 
confrère  et  de  la  légitime  autorité  qui  s'attache  à  eux;  mon  but  n'est  pas 
de  déprécier  l'excellent  et  savant  ouvrage  sur  le  titre  duquel  son  nom  figure 
avec  celui  de  M.  David  Brvnmor  Jones. 

VI. 

L'histoire  de  l'île  de  Man,  A  historyof  the  isleof  Man,  par  M.  A.  W.  More  1 , 
est  un  livre  bien  fait,  mais  dans  lequel  la  partie  celtique  est  presque  tout 
entière  une  conclusion  tirés  de  textes  irlandais,  comme  le  dit  l'auteur,  p.  80: 
Tbe  ft'citlar  history  of  the  isîe  of  Man  diiring  the  celtic  period  is  an  absolute  blank, 
there  beiiig  no  triistuwlhy  record  of  auy  event  luhatez'er  before  the  incursions  of 
the  Northmen,  L'histoire  de  l'île  de  Man  ne  commence  qu'en  l'année  798 
avec  les  premières  incursions  normandes.  Les  Normands  s'y  établirent 
comme  conquérants  vers  la  fin  du  ix^  siècle  et  en  restèrent  maîtres  jusqu'en 
1266,  année  où  le  roi  de  Norvège  vendit  l'île  de  Man  au  roi  d'Ecosse;  puis 
Edouard  I'-'',  roi  d'Angleterre,  s'en  empara  en  1290  au  plus  tard.  La  plus 
grande  partie  de  l'ouvrage  de  M.  More  est  l'histoire  de  l'île  de  Man  sous  la 
domination  anglaise. 

VIL 

Gens  de  Bretagne,  par  Olivier  de  Gourcuff-,  critique  théâtral  au  Pays,  ré- 
dacteur en  chef  de  la  Revue  de  Bretagne,  est  une  collection  de  morceaux  de 
littérature,  les  uns  en  vers,  les  autres  en  prose,  qui  n'ont  aucun  rapport 
avec  l'érudition  celtique. 


1.  Londres,  T.  Fisher  Unwin,   Paternoster  Square,  2  vol.  in-8,  xi-vi- 
1026  pages  et  une  carte. 

2.  Paris,  E.  Lechevalier,  59,   quai  des  Grands-Augustins,  un  vol.  in-8 
de  xv-564  pages. 


Chronique.  125 


VIII. 

La  Irish  Ti'xt  Society  continue  ses  utiles  et  intéressantes  publications.  Elle 
vient  de  faire  paraître  un  volume  de  poésies  jacobites:  Dâiita  Aoilhagdin  ûi 
Rathailk  «  TJk'  poeins  ofEgan  O'Rahilly  »  ',  auteur  qui  écrivit  de  1696a  1726. 
Ce  volume  se  termine  :  1°  par  un  appendice  formé  de  poèmes  également 
jacobites,  mais  dus  à  d'autres  auteurs;  2°  par  un  glossaire  des  mots  rares. 
Ces  mots  ne  sont  pas  tous  inconnus,  tel  est  atiias  qui  désigne  les  soldats 
anglais  dans  un  vers  de  la  page  6  : 

Fâ  smait  naiiiaid  is  ai'iias  is  méirleach 

L'Irlande  est  «  sous  la  domination  d'ennemis,  de  soldats  mercenaires  et 
de  voleurs  ». 

L'éditeur  traduit  awa^  par  «  mercenaries  ». 

On  trouve  ce  mot  à  la  page  94  où  il  s'agit  d'un  Irlandais  qui  a  pris  parti 
pour  les  Anglais  conquérants.  Cet  Irlandais  est  mort  et  enterré. 

L'auteur  s'adresse  à  la  pierre  qui  recouvre  le  cadavre  de  cet  ennemi  : 

Féd  ghoile  ta,  a  reaiiiair  leac,  aiiius  tar  Sionnainn  thâinig 

«  Sous  ton  ventre  est,  o  très  grosse  pierre,  le  soldat  iinrcenaire  qui  vient 
d'au  delà  du  Shannon  ». 

L'éditeur  traduit  ici  aiiiiis  par  reprohate,  reprouvé.  Il  vient  de  le  mettre  en 
enfer  (p.  92)  : 

ta  se  a  n-iffrionn  dà  phianaid 
idir  sgata  diabhal  d.i  ghriosadh 

Le  malheureux  hérétique  est  mort  subitement  : 

«  il  est  en  enfer  à  peiner 

«  entre  troupes  de  diable  à  griller.  » 

Amas  est  un  mot  étudié  par  O'Donovan  dans  son  supplément  à  O'Reill)', 
1877,  p.  571.  O'D.  le  traduit  par  soldier,  mercenary  soldier,  cf.  Windish, 
Irische  Texte,  t.  I,  p.  563,  au  mot  amos.  Un  des  plus  anciens  exemples  de 
cette  expression  est  le  génitif  pluriel  nan-amiis  glosant  le  mot  satilitiiiii  pour 
salellitiiin  au  vers  4)  de  l'hymne  Alttis  prosator  attribuée  à  saint  Columba 
(J.-H.  Bernard  et  R.  Atkinson,  The  irish  Liber  hyninoriDn,  t.  I,  p.  75  note; 
Whitley  Stokes,  Goidelica^,  p.  69).  Dans  ce  texte,  ainiis  désigne  les  com- 
pagnons de  Satan.  Cependant  le  sens  n'est  pas  «  reprouvé  »,  il  est  «  satel- 
lite, soldat  ». 

Ce  volume  est  intéressant  pour  qui   veut  étudier  la  langue  littéraire  e  t 

I.  London,  David  Nutt,  Long-Acre,  57-59,  un  vol.  in-8  de  lxii- 
364  pages. 


1 26  Chronique. 

l'état  d'esprit  des  Irlandais  à  la  fin  du  xvn«  siècle  et  au   commencement 
du  XVIII^'. 

IX. 

M.  G.  Dottin  vient  de  réunir  en  un  volume  ses  traductions  françaises  de 
contes  irlandais  '.  Elles  avaient  déjà  paru  dans  les  Annales  de  Bretagne.  Ces 
contes  ont  été  recueillis  en  Irlande  par  un  savant  bien  connu,  M.  Douglas 
H\-de.  Ils  sont  au  nombre  de  trente-cinq,  tous  fort  intéressants.  Voir,  par 
exemple:  p.  177-184,  ce  qu'est  devenu  dans  l'opinion  populaire  moderne 
le  Cailte  du  «  dialogue  des  vieillards  »  ;  voir  aussi,  p.  189-190,  comment 
s'est  transformée  la  légende  de  la  biche  mère  d'Oissin  ou  Ossian.  Des 
femmes  prennent  la  forme  d'oiseau,  p.  164-165,  comme  dans  le  Serglige 
Conciûainn.  Finn  mac  Cumhail  etCûchulainn  apparaissent  chacun  dans  ces 
récits  populaires,  l'un  aux  p.  145-148,  I7)-I77,  179,  180,  182,  184-190, 
l'autre  aux  p.  160,  161.  Il  est  curieux  de  voir  comment,  p.  11 5-1 18,  a  été 
transformée  la  légende  épique  qui  fait  enlever  par  Diarmaid  la  femme  de 
Find. 

X. 

Le  tome  I^""  de  VHistoire  de  France  entreprise  par  M.  Lavisse  2  vient  de 
paraître.  Il  a  pour  auteur  M.  G.  Bloch,  professeur  à  l'Université  de  Lyon, 
chargé  de  la  conférence  d'histoire  ancienne  à  l'école  normale  supérieure. 
Son  sujet,  ce  sont  les  origines,  la  Gaule  indépendante  et  la  Gaule  Romaine. 
Les  ouvrages  vieillis  d'Amédée  Thierry  sont  dans  ce  volume  mis  au  courant 
de  la  science  moderne.  On  ne  peut  regretter  qu'une  chose,  c'est  l'absence 
de  renvoi  aux  sources.  Les  textes  mis  aux  bas  des  pages  par  les  deux  Thierrv 
conserveront  longtemps  encore  une  valeur  à  leurs  livres  arriérés.  Mais 
celui  de  M.  Bloch  me  paraît  sur  tout  point  représenter  l'état  actuel  de  l'éru- 
dition historique.  Il  n'y  aurait,  ce  me  semble,  à  y  critiquer  que  des  détails 
accessoires,  comme,  p.  65,  Boadicée,  pour  Boiidicca  (Tacite,  Annales,  1.  XIV, 
<^-  315  35)  57;  Agricûla,  16);  p.  190,  Carpenloracle  pour  Carpentorate  ou 
Carbantorate  (Corpus  inscriptionum  latùiarinn,  t.  XII,  p.  147),  et  Cenielenum 
pour  Cenienelnni  (ibid.,  t.  V,  p.  916).  C'est  pour  la  grande  publication 
entreprise  par  M.  Lavisse  un  excellent  début. 

XI. 

Le  second  volume  de  VHistoire  illustrée  de  la  France  par  le  vicomte  de 
Caix  et  par  .\lbert  Lacroix  a  pour  sous  titre  «  La  Gaule  Romaine  »  î.  Il  a 

1.  Contes  irlandais  traduits  du  gaélique  par  G.  Dottin.  Paris,  Welter, 
in-8,  vi-276  pages. 

2.  Paris,  Hachette,  in-8,  456  pages. 

3.  Paris,  Paul  Ollendorf,  in-8,  xvi-372  pages,  volume  orné  de  312  gra- 
vures et  de  16  cartes. 


chronique.  127 

les  qualités  comme  les  dcfauts  du  tome  le""  dont  nous  avons  rendu  compte 
l'année  dernière,  t.  XXI,  p.  1 15.  Il  se  lit  facilement;  de  nombreuses  images 
l'agrémentent,  mais  parmi  ces  images  il  y  a  un  choix  à  faire:  les  unes  re- 
produisent exactement  des  monuments  antiques,  d'autressont  ou  des  œuvres 
d'imagination  ou  des  copies  inexactes.  Sont  œuvre  d'imagination  la  gravure 
qui  fait  face  au  titre  et  qui  représente  Auguste  et  les  députés  de  la  Gaule 
réunis  à  Lyon,  les  gravures  où  l'on  voit  des  Romains  construire  un  pont 
sur  le  Rhin  (p.  89),  un  druide  du  haut  d'un  dolmen  appeler  les  Gaulois  à 
la  révolte  (p.  120),  Plautius  et  son  armée  opérer  leur  descente  en  Grande- 
Bretagne  (p.  123),  etc.  A  la  page  67,  la  reproduction  du  dieu  cornu  du 
musée  de  Cluny,  fig.  47,  n'est  pas  exacte,  la  légende  est  cernvnnos  avec 
double  H  et  non  cernvnos  avec  n  simple  (Corpus  inscriptioniim  latinaruni, 
t.  XIII,  p.  467),  et  cette  faute  a  pénétré  dans  le  texte,  p.  65,  col.  i. 
Comme  lapsus  analogues,  citons,  p.  46,  Ageiidkuin  «  Sens  »,  pour  Age- 
dincum  (C.  /.  L.,  t.  Xlli,  p.  445),  Belisana,  p.  64,  pour  Bclisama  (Revue 
Celtique,  t.  III,  p.  159),  Boadicée,  p.  135,  pour  Boudlcca.  Ce  qui  est  plus 
grave,  c'est  la  confusion:  d'Autun  avec  Bibracte,  p.  109;  de  Nancy  avec 
Nasium,  p.  46  ;  c'est  d'avoir  présenté  Epona  comme  une  déesse  de  l'abon- 
dance, protectrice  des  champs,  p.  70,  cf.  p.  65,  et  d'avoir  ignoré  la  relation 
qui  existait  entre  elle  et  les  chevaux  (Revue  Celtique,  XVI,  355-356);  c'est 
d'avoir,  p.  125,  dans  une  carte,  mis  les  Scotts  dans  la  Grande-Bretagne,  à 
l'extrême  nord,  au  premier  siècle  de  notre  ère.  Ce  livre,  grâce  aux  images, 
plaira  plus  à  certaines  personnes  que  le  volume  plus  scientifique  de  M.  Bloch, 
qui,  par  son  format  en  apparence  petit  in-quarto,  paraît  sortir  de  la  même 
officine  que  les  savants  et  peu  amusants  in-quarto  de  Tillemont  ou  que 
ceux  de  l'Institut  de  France. 


XII. 

Le  Dklionnaire  général  de  la  langue  française  ' ,  commencé  par  MM.  Adolphe 
Hatzfeld  et  Arsène  Darmesteter,  vient  d'être  terminé  par  M.  Antoine 
Thomas.  Les  deux  premiers  auteurs  sont  m.orts,  et  le  monument  littéraire 
qu'ils  ont  entrepris  semble  être  une  stèle  funèbre  élevée  sur  un  double  tom- 
beau. Les  dernières  livraisons  qui  portent  les  nos  29-32,  contiennent  un 
Traité  de  la  forvuttion  de  la  langue  française.  Les  §  3  et  4,  p.  i  i-i  3,  sont  con- 
sacrés à  l'élément  celtique.  C'est  écrit  avec  prudence;  cependant  j'y  ai  lu 
avec  étonnement  le  gaulois  hrolta.  Il  faudrait  crotta  (Fortunat,  Carmimi, 
1.  VII,  c.  8,  vers  64).  L'irlandais  correspondant,  crotou  mieux  no//,  dont  le 
double  /  est  établi  par  le  dérivé  croltichthcr,  glosant  le  latin  cilhariiatur  de 
la  vulgate  h  ad  Corinthios,  c.  XIV,  v.  7  (ms.  de  Wùrzburg,  fol.  12  c, 
glose  45;  Whitley  Stokes,  The  old-irish  glosses,  p.  71  ;  Zimmer,  Glossae  hi- 
bernicae,  p.  78).  La  variante  chrotta  de  trois  mss.  de  Fortunat  (édition  Léo, 
p.  65,  note)  est  due  à  la  prononciation  franque  du  c  initial,  comme  l'ont 


I.  Paris,  Delagrave,  in-8,  xxviii-2272-300  pages. 


1 28  Chroni(]ue. 

fort  bien  vu  M.  Schadc,  Altdeutsches  WôrUrbuch,  2^  édition,  t.  I,  p.  426, 
et  M.  Holder,  AUceltischcr  Sprachschati,  t.  I,  col.  11 76  (cf.  Windisch, 
Irische  Texte,  t.  I,  p.  454;  \Vhitlc\-  Stokes,  Urkelliscber  Sprachschati,  p.  99). 
Ainsi  le  français  «  rote  »  sans  gutturale  initiale  est  dû  à  la  prononciation 
franque  chrotta  ou  *hiotla  du  celtique  crolta.  La  gutturale  initiale  comme 
le  double  /,  sont  confirmés  par  le  gallois  crwth  (Silvan  Evans,  Dictiouary 
of  the  JVehb  Laugiiage,  3c  partie,  p.  956,  937;].  Rhys,  Lectures  oti  u'eish 
Pbilology,  2e  éd.,  p.  61,  114,  116,  127). 

XIII. 

Nous  sommes  heureux  d'annoncer  que  l'impression  du  Tain  bô  Cûailngi, 
par  M.  Windisch  est  commencée.  Elle  comprend  une  traduction  allemande 
et  un  texte  irlandais  en  regard.  On  sait  que  l'analyse  de  M.  Zimmer,  couvrant 
trente-trois  pages  de  la  Zeitschrift  de  Kuhn,  t.  XXVIII,  p.  442-475,  a  pour 
base  deux  mss.  seulement,  le  Lebor  iia  h-Uidre,  et  le  livre  de  Leinster.  La 
traduction  de  M.  Standish  Haycs  O'Grady  comprenant  chez  Eleanor  Hull, 
The  Ciichtillin  Saga,  les  117  pages,  11 1-227,  ^  ^'^"^  ^^^'^^  d'après  un  manus- 
crit de  l'année  1800 i,  copié  lui-même  sur  un  ms.  de  l'année  1730.  L'éta- 
blissement du  texte  a  été  fait  par  M.  W.  sur  une  base  plus  large  que  la  pre- 
mière de  ces  deux  publications  et  plus  solide  que  la  seconde.  L'impression 
atteint  la  page  184,  correspondant  :  1°  à  la  p.  450  de  M.  Zimmer,  la  hui- 
tième de  son  analyse,  2°  à  la  p.  157,  la  quarante-septième  de  M.  O'Grady. 
La  traduction,  p.  184,  s'arrête  à  la  p.  69,  col.  i,  1.  21,  du  Livre  de  Leinster, 
c'est  à-dire  à  la  dix-septième  page  sur  cinquante-deux.  On  sait  que  le  texte 
commence  dans  ce  ms.  à  la  page  $5  et  finit  à  la  page  104.  Il  semble  que 
près  du  tiers  de  l'ouvrage  de  M.  Windisch  est  passé  sous  la  presse. 

XIV. 

Je  suis  prié  d'insérer  l'annonce  suivante  signée  de  M.  S.  Rutherford 
Macphail,  M.  D.  et  datée  de  Rowditch,  Derby,  15  novembre  1900: 

Through  the  generositv  of  His  Excellency  the  late  Dr.  R.  H.  Gunning, 
the  Calcdonian  Médical  Societv  hâve  pleasure  in  announcing  Two  Prizes, 
of  the  value  ofTwENTV  Pouxds  and  Ten  Pounds  respectively,  for  Essays 
on  some  Celtic  subject  —  Ethnological,    Historical,  Philological,   or  Mé- 
dical, under  the  foUowing  conditions  :  — 
I .   The  Essays  shall  be  written  in  English. 
2     The  compétition  for  thèse  Prizes  shall  be  open  to  ail  comers. 
3 .    Within  the  range  of  Celtic  subjects  indicated  above,  competitors  will 
be  allowed  perfect  freedom  in  choice  ob  subject.  The  Committee 
suggest  the  following  as  suitable  titlcs  :  — 

(a)  «  Ancient  Médical  Manuscripts  —  Gaelic  or  Irish.  » 


I.  British  Muséum,  Additional  18748. 


Chronique.  129 

(h)  «  The  Origin,  Languagc,  Social  Habits,  and  Traditions  of 

the  Insular  Picts.  » 
(i)  «  Tlic  Influence  of  Scenerv  and  Climatc  on  tlu  Music  and 

Poetr}-  of  the  Highlands.  >> 

4.  The  judgment  of  tlie  Assessors  and  Sub-Coniniittee  shall  be  hnal. 

5 .  The  successfiil  Essavs  shall  become  the  property  of  the  Society,  and 

shall  be  publishcd  in  the  Calcdoiiian  Médical  Journal. 

6.  Essavs  sent  in  compétition  shall  bear  a  motto  only,  the  name  and 

address  of  the  writer  to  be  enclosed  under  seal. 

7.  Essavs  to  be  sent  undcr  cover  to  the  tindersigned  by  ist  Januaiy,  1902, 

endorsed  «  Celtic  Prize.  » 
Voir  la  signature  et  l'adresse  plus  haut. 

XV. 

Geoffroy  Keating,  né  vers  1570  et  mort  en  1650,  est  surtout  connu  par 
son  histoire  dTrlande,  Fortis  feasa  air  Eirin,  «  Connaissance  de  science  sur 
l'Irlande  »,  dont  il  y  a  des  traductions,  mais  dont  on  attend  encore  une 
édition  complète  dans  le  texte  original  irlandais.  On  a  de  lui  deux  traités 
de  piété:  «  Clef  au  bouclier  de  la  messe  »,  Eochair  sciatli  an  aifrionn;  «  Les 
trois  dards  de  la  mort  »,  Tri  hior-i^baoithc  an  bhâis,  le  dernier  publié  avec 
un  glossaire  par  M.  Robert  Atkinson  en  1890  {Revue  Celtique,  t.  XI,  p.  376). 
On  savait  qu'en  outre  il  avait  lait  des  vers:  Harris,  The  hislory  of  the  ivriters 
oj  Ireland,  1764,  p.  106,  mentionne  de  lui  deux  poèmes;  O'Reilly,  Tran- 
sactions of  the  Hiberno-celtic  Society,  vol.  I,  part  I,  1820,  p.  cxcix,  en  signale 
trois.  Deux  ont  été  publiés  en  183 1  par  James  Hardinian,  Irish  Minstrelsy, 
or  Bardic  Kemains  of  Ireland  \  dans  cet  ouvrage,  l'un  de  ces  poèmes  est  accom- 
pagné d'une  traduction  en  vers  anglais,  t.  II,  p.  218-221,  l'autre  est  resté 
sans  traduction,  t.  II,  p.  378-380.  Enfin  deux  poèmes  de  Keating  ont  été 
édités  postérieurement. 

La  Gaelic  League  vient  de  donner  à  Dublin  un  recueil  aussi  complet  que 
possible  des  compositions  poétiques  de  cet  auteur  :  Dânta,  anihrjin  is  caointe 
Seathrûin  CèitinK  L'éditeur  signe  Eoin  Cathmhaolach  mac  Giolla  Eoin.  Il 
a  réuni  dix-huit  pièces,  dont  douze  inédites. 

Il  reconnaît  que  deux  de  ces  compositions  poétiques,  les  n"s  1 1  et  13, 
peuvent  émaner  d'un  auteur  différent  de  celui  auquel  il  en  donne  la  pater- 
nité, et  il  v  en  a  une  troisième  que  je  crois  attribuée  par  erreur  à  Keating, 
c'est  le  chant  d'amour  qui  porte  le  n°4,  p.  21,  et  qui  a  été  publié  avec  tra- 
duction en  vers  anglais  par  Hardiman,  t.  I,  p.  290-295  ;  llardiman,  t.  I, 
p.  364,  indique  un  auteur  qui  n'est  pas  Keating. 

Cinq  autres  pièces  étaient  connues  jusqu'ici  : 

Le  no  I  avait  été  publié  au  1. 1,  p.  88,  d'une  traduction  de  Keating,  His- 
toire d'Irlande,  qui  a  paru  à  Dublin  en  1859. 


I.   Dublin,  1900,  un  volume  in- 12  de  225  pages. 
Revue  Celtique,  XXIl. 


1 50  Clnoniqiic. 

Le  n"  2  est  clicz  O'Rcilly,  p.  cxciv,  le  n°  4  des  œuvres  de  Keating,  et 
a  été  édité  par  Hardiman,  t.  II,  p.  218-220. 

Le  no  3  est  cliez  O'Rciily,  le  n°  6  des  œuvres  de  Keaiing. 

Le  no  7  est  chez  O'Reilly  le  no  5  des  œuvres  de  Keating,  et,  sauf  la 
strophe  IX,  il  a  été  imprimé  par  Hardiman,  t.  II,  p.  378-380. 

Le  no  9  est  mentionné  par  Harris,  p.  106,  sous  le  titre  de  An  Elegy  on 
Ihe  Dcalh  of  the  Lord  Decies. 

Le  no  1 1  a  paru  dans  le  Gaclic  Journal,  no  37,  p.  68. 

Je  n'ai  pas  eu  le  talent  de  retrouver  dans  le  volume  dont  je  rends  compte 
la  pièce  que  Harris  intitule  :  A  Burlesque  on  his  servant  Symon. 

L'éditeur  débute  par  une  étude  sur  le  mètre  des  vers,  il  donne  l'indication 
des  mss.,  les  variantes  qu'ils  offrent;  il  termine  par  un  glossaire  des  mots 
intéressants  et  par  deux  index,  l'un  des  noms  de  lieu,  Tnatre  des  noms  de 
personne. 

Cette  publication  mérite  des  éloges. 

XVI. 

La  Revue  Celtique  a  reçu  de  M.  T.-O.  Russel  un  recueil  de  poésies  lyri- 
ques irlandaises,  intitulé  :  Fior  ChLiirseach  na  h-Eireaun,  «  The  true  harp 
«  of  Erin,  a  collection  of  some  most  popular  folk-songs  and  short  poems 
«  in  the  irish  language  together  with  many,  which  hâve  never  before  been 
«  published,  with  an  Appendix  '.  »  Les  morceaux  publiés  sont  au  nombre 
de  75.  La  plupart  du  temps  l'auteur  ne  donne  aucune  indication  bibliogra- 
phique; par  exemple  pour  la  pièce  par  laquelle  il  débute,  p.  1-2,  il  dit 
qu'elle  est  de  Cearhhallan,  c'est-à-dire  de  Carolan,  mais  sans  ajouter  qu'elle 
a  été  publiée  en  183 1  par  Hardiman,  Irish  Miiistrelsy,  t.  I,  p.  74-77,  avec 
une  traduction  en  vers  anglais.  Il  nous  apprend  que  la  pièce  par  laquelle 
il  termine,  p.  133-136,  se  trouve  dans  le  Livre  de  Lismore,  mais  il  ne  dit 
pas  qu'elle  a  été  donnée  plus  exactement  par  M.  Whitley  Stokes,  Anecdota 
Oxoniensia,  «  Lives  of  Saints  from  the  Book  of  Lismore  »,  p.  16,  avec  une 
traduction,  p.  164.  M.  T.-O.  Russel  prend  avec  les  vieux  textes  irlandais 
les  mêmes  libertés  que  M.  Standish  Hayes  O'Gradv. 

XVII. 

Un  jeune  anglais,  M.  Edmund  Croby  Quiggin,  bachelor  of  Arts,  âgé  de 
vingt  cinq  ans,  ancien  élève  du  Gonville  and  Caius  Collège  à  Cambridge, 
aujourd'hui  lecteur  pour  l'anglais  à  l'Université  de  Greifswald,  a  eu  la 
bonne  idée  de  suivre  les  cours  de  M.  H.  Zimmer  à  cette  Université  et  a 
dédié  à  son  savant  maitre  une  thèse  de  doctorat  2.  L'objet  principal  de  cette 

1.  Dublin,  Gill  and  Son,  1900,  in-12,  viii-136  pages. 

2.  Die  lautliche  Geltung  der  vortoniger  Wôrter  und  Silben  in  dem  Book 
of  Leinster  Version  der  Tdin  hô  Cuahige,  Greifswald,  Julius  Abel,  1900, 
in-8,  62  pages. 


Chronique .  i  ^ i 

tlicsc  est  l'ctiido  des  syllabes  prctoniqucs  dans  le  texte  du  7^!/';/  hô  CuaiJngi, 
tel  que  nous  l'a  conservé  le  Livre  de  Leinster. 

L'auteur  commence  par  poser  en  principe  ceci,  c'est  qu'à  la  date  où  lut 
écrit  le  Livre  de  Leinster,  xii'-"  siècle,  la  mutation  des  sonores  /',  ni,  d,  g  en 
spirantes  se  produisait  déjà,  quoiqu'elle  ne  fût  pas  encore  notée. 

M.  Zimmer  a  publié,  il  y  a  environ  sept  ans,  dans  le  t.  XXXII  de  la 
Zeitschift  de  Kuhn,  p.  198  et  suivantes,  la  onzième  de  ses  études  celtiques, 
Keltisclx  Shidien,  où  il  traite  la  question  de  savoir  à  quelle  date  ont  com- 
mencé les  mutations  des  consonnes  en  irlandais,  non  seulement  les  muta- 
tions des  quatre  sonores  dont  nous  venons  de  parler,  mais  par  exemple 
celle  de  r/"qui  s'est  transformé  en  une  simple  aspiration  puis  a  disparu.  Il 
est  évident  que  ces  changements  se  sont  produits  dans  la  prononciation 
avant  de  s'opérer  dans  l'écriture.  Une  notation  qui  représentait  la  pronon- 
ciation de  l'époque  où  les  Irlandais  adoptèrent  les  caractères  latins  avec  leur 
valeur  phonétique  du  temps,  vi''  siècle  de  notre  ère,  se  maintint  tradition- 
nellement par  une  sorte  de  routine,  malgré  les  modifications  successives  de 
la  prononciation. 

Le  premier  exemple  que  donne  M.  Zimmer  est  emprunté  à  la  vie  de  saint 
Columba  par  Adamnan,  mort  en  704,  t.  II,  c.  8  (édition  Reeves,  p.  114, 
Metcalfe,  p.  134).  Adamnan  est  mort  en  704.  Donc,  pense  M.  Zimmer,  dès 
le  VIF  siècle,  le  nom  écrit  au  génitif  par  Ptolémée,  Bou-ojîvoa  fl.  II,  c.  2, 
§  6,  éd.  MùUer,  t.  I,  p.  79,  1.  4),  par  Bède,  1,  IV,  c.  4,  Boii-finde  (seconde 
édition  de  Bède  par  Holder,  p.  172)  se  prononçait  au  nominatif /ioew^.  A 
cette  thèse  il  y  a  une  petite  difficulté,  c'est  que  nous  n'avons  pas  le  ms.  au- 
tographe d'Adamnan.  Le  plus  ancien  ms.  existant,  celui  de  Schafthausen, 
est  de  la  main  d'un  certain  Dorbbeneus  (éd.  Reeves,  p.  242,  cf.  p.  xiv, 
381).  Reeves  suppose  que  ce  personnage  serait  identique  au  Dorben i  das  An- 
nales d'Ulster  (édition  Hennessy,  t.  I,  p.  162)  et  des  Annales  de  Tigernach 
(éd.  Whitley  Stokes,  Revue  Celtique,  t.  XVII,  p.  223),  qui  serait  mort  en 
712  (?)  après  avoir  été  abbé  d'Ia  (lona,  mieux  lova)  pendant  cinq  mois;  il 
en  conclut  que  le  ms.  de  Schafthausen  est  du  commencement  du  viii^  siècle. 
Ce  ms.  peut  être  sensiblement  postérieur. 

M.  Zimmer  affirme  que  i?oi'»rf  est  l'orthographe  d'Adamnan  mort  en  704, 
et  qu'elle  remonte  au  vii':  siècle  ;  nous  n'eu  savons  rien.  Il  n'y  a  pas  de 
preuve  de  la  chute  de  l'/médial  dans  le  nom  de  cette  rivière  avant  le  livre 
d'Armagh,  ix^  siècle  (Whitley  Stokes,  Tlie  iriparlite  Life,  t.  II,  p.  3 10,  334, 
333  ;  Hogan,  Mouumenla  de  S.  Palricio,  p.  65,  91,  92).  M.  Zimmer  a  donc 
eu  parfaitement  raison  défaire  prendre  à  son  élève  comme  sujet  d  étude  un 
ms.  dont  la  date  est  certaine. 

M.  Edmund  Crosby  Q.uiggin  a  divisé  son  sujet  en  trois  sections  :  1°  mots 
distincts  prétoniques,  non  compris  les  prépositions,  p.  8 ,  2°  prépositions 
avant  le  nom,  p.  22;  5°  prépositions  en  composition  avec  le  verbe,  p.  36. 
Il  a  traité  ce  triple  sujet  d'une  façon  fort  intéressante.  Il  paraît  conclure  que 
dès  le  xii«  siècle  l'irlandais  se  prononçait  à  peu  près  exactement  comme 
aujourd'hui.  Je  n'en  suis  nullement  convaincu.  Du  xii=  siècle  au  xix*",  je  ne 
parle  pas  encore  du  xx^,  il  y  a  eu  une  transition  et  des  degrés  successifs. 


1  3  2  chronique. 

XVIII. 

M.  J.  Bcclicr  vient  de  publier  une  restitution  en  français  moderne  du 
vieux  roman  français  de  Tristan  et  Iseut,  \n^  siècle  '.  Cet  ouvrage  mettra 
la  masse  du  public  lettré  à  même  d'apprécier  l'origine  de  cette  célèbre  com- 
position. Le  primitif  auteur,  Chrestien  de  Troves.  est  mort,  paraît-il,  entre 
1195  et  1198.  Il  avait  présente  à  la  mémoire  l'histoire  de  Mathilde,  f:llc 
d'Henri  I'-'"',  duc  de  Normandie,  roi  d'Angleterre,  reconnue  solennellement 
héritière  du  trône  par  les  prélats  et  les  barons  d'Angleterre  le  25  dé- 
cembre 1126,  mariée  à  un  époux  peu  fidèle,  Geofroi  Plantagenet,  duc 
d'Anjou,  qui,  du  chef  de  sa  femme,  eut  sur  le  duché  de  Normandie  des 
prétentions  en  partie  réalisées.  Chrestien  savait  auasi  comment  en  1152, 
Henri  II,  fils  de  Mathilde,  roi  d'Angleterre,  11 54-1 189,  était  devenu  par  un 
mariage  duc  de  Guyenne,  à  la  place  du  roi  de  France  Louis  VII,  et  cela 
du  chef  dune  fille  seule  héritière  d'un  duc  précédent. 

On  connaît  le  distique  beaucoup  plus  moderne: 

Bella  gérant  alii,  tu,  felix  Austria,  nube. 
Nani  quae  Mars  aliis.  dat  tibi  régna  Venus. 

II  y  a  dans  l'histoire  de  l'Europe  occidentale  deux  périodes,  celle  du  règne 
de  Mars  est  la  première,  la  seconde  est  celle  du  règne  de  Vénus.  Pendant 
les  périodes  mérovingienne  et  carolingienne  et  au  début  de  la  période  capé- 
tienne. Mars  a  régné  à  peu  près  sans  partage,  de  là  est  née  la  geste  de 
Charlemagne.  Au  xii^  siècle  le  règne  de  Vénus  a  commencé  ;  la  «  Table 
ronde  »,  telle  que  Chrestien  de  Troie  l'a  conçue,  en  est  la  forme  épique  et 
romanesque. 

De  l'iiistoire  de  Mathilde,  reconnue  héritière  du  royaume  d'Angleterre 
en  1 1 26,  provient  une  des  idées  fondamentales  du  roman  de  Tristan  :  Iseut 
est  héritière  du  roi  d'Irlande,  elle  portera  la  couronne  à  son  futur  mari. 
Tristan  a  gagné  au  péril  de  sa  vie  le  droit  au  mariage  et  à  la  couronne  ; 
.soumis  à  son  devoir  comme  vassal  du  roi  Marc,  ce  qui  est  une  idée  féodale 
française,  il  refuse  la  femme  et  la  royauté;  un  philtre  le  contraint  à  prendre 
la  femme.  La  puissance  du  philtre  est  doctrine  reçue,  non  seulement  dans  la 
littérature  grecque  à  laquelle  le  mot  est  emprunté,  mais  aussi  dans  la  litté- 
rature latine,  témoin  par  exemple  Ovide,  Ars  amatoiia,  1.  II,  v.  106-107  : 

Non  data  profuerint  pallentia  philtra  puellis  : 
Philtra  nocent  animis  vimque  furoris  habent. 

Chrestien  savait-il  en  outre  l'histoire  de  cette  Athénienne  qui  fit  mourir 
un  homme  en  lui  donnant  un  philtre  et  que  l'Aréopage  acquitta  lui  tenant 
compte  de  sa  bonne  intention?  On  peut  consulter  à  ce  sujet  le  traité  apo- 
crvphe  d'Aristote,  'lIOv/.wv  ili-^xkwi,  1.  I,  c,  16  (17)  -. 

1.  Le  roman  de  Tristan  et  Iseut,  traduit  et  restauré  par  Joseph  Bédier, 
préface  de  Gaston  Paris,  Paris,  P.  Sevm  et  Rey,  in- 12,  285  pages. 

2.  Édition  Didot,  t.  II,  p.  143. 


chronique.  i  5  ^ 

Mais  il  est  inutile  de  faire  intervenir  ici  le  pseudo-Aristote.  La  littérature 
latine  suffit.  On  a  dû  dire  à  la  reine  Mathildc  que  si  son  mari  la  négligeait, 
un  philtre  en  était  la  cause,  et  cela  a  été  pour  elle  une  consolation.  De  là, 
le  philtre  qui,  dans  le  roman,  ôte  la  liberté  à  Tristan  et  à  Iseut.  Inutile  de 
recourir  sur  ce  point  à  une  tradition  celtique. 

Il  n'v  a  de  celtique  que  quelques  détails,  par  exemple  «  pays  des  vi- 
vants »,  p.  99,  en  irlandais  li'r  iia  m-beo  (Windisch,  Irische  Texte,  t.  I, 
p.  135).  De  même,  la  maison  de  verre  située  entre  le  ciel  et  la  lune  où 
Tristan  veut  conduire  la  reine  (p.  252),  est  la  chambre  aux  brillantes  fe- 
nêtres où  Mac  Oc  emmena  Etain  Echraide  (Windisch,  Irische  Texte,  t.  I, 
p.  150;  H.  Zimmer,  Zeitschrift  de  Kuhn,  t.  XXVIII,  p.  587).  Le  château 
enchanté  de  Tintagel,  qui  disparait  deux  fois  par  an,  est  imité  de  celui  qui 
appartenait  au  magicien  irlandais  Cûroi,  et  qu'une  incantation  rendait  inac- 
cessible toutes  les  nuits  quand  le  maître  était  absent  (Fled  Biicrend,  §  80; 
Windisch,  Irische  Texte,  t.  I,  p.  295  '  ;  George  Henderson,  Fled  Bricreiid, 
The  feast  of  Bricriu,  p.  102,  105). 

Mais  d'autres  détails  sont  de  provenance  différente.  Telles  sont,  sur  le 
navire,  la  voile  blanche,  signe  joyeux  de  réussite,  et  la  voile  noire  qui  au- 
rait annoncé  Tinsuccès,  p.  271,  279,  281  ;  cette  idée  paraît  empruntée  à  la 
légende  de  Thésée.  Thésée,  montant  sur  un  navire  pour  aller  en  Crète 
combattre  le  Minotaure,  emportait  deux  voiles,  une  noire,  [As'Xav  iiti'ov,  qui 
devait  servir  en  cas  de  défaite,  une  blanche,  î^t-ov  Xsuzov,  pour  faire  con- 
naître de  loin  au  retour  la  victoire  (Plutarque,  Thésée,  c.  17,5  6-7). 

Le  jugement  par  le  fer  rouge,  p.  177-187,  est  un  usage  fort  répandu  au 
moyen  âge,  tant  en  Normandie  que  chez  les  Anglo-Saxons  et  dans  les  ré- 
gions voisines.  Sur  cette  coutume  barbare  on  peut  consulter  le  Glossaire  de 
Ducange  au  mot  Ferrum  condensa.  Ce  genre  de  preuve  n'a  nullement  une 
origine  celtique. 

Le  fond  du  poème  de  Tristan  et  Iseut  est  franco-normand  et  féodal  ;  il 
est  ce  qu'exigeaient  les  moeurs  franco- normandes  du  temps;  autrement  il 
n'aurait  pu  obtenir  de  succès  à  la  date  à  laquelle  il  a  été  composé,  et  dans 
le  milieu  auquel  le  destinait  la  langue  dans  laquelle  il  a  été  écrit. 

XIX. 

Les  hagiographes  et  les  biographes  bretons  racontent  la  vie  d'un  certain 
Samson,  gallois  d'origine,  qui  aurait  au  vie  siècle  fondé  l'évêché,  puis  ar- 
chevêché, de  Dol  (voyez  Albert  le  Grand  «  Les  vies  des  saints  »,  éd.  Ker- 
danet,  p.  409-427;  Lobineau  «  Les  vies  de  saints  »,  éd.  in-fol.,  p.  95-109; 
Levot  «  Biographie  bretonne  »,  t.  II,  p.  832-853).  Saint  Samson  n'est  pas 
moins  connu  dans  le  Pays  de  Galles  (voyez  Robert  Williams,  A  biogra- 
phical  Dictionary  of  eminent  Welshiiieu,  p.  468-469;    Rees,  An  Essay  on  the 

1.  M.  Zimmer  propose  de  corriger  demilhir  «  aussi  noir  »  en  deinilhir 
«  aussi  rapide  ». 

I.  Édition  Havre,  t.  III,  p.  444. 


I  54  Chronique. 

li'dsh  Saillis,  p.  228-229).  On  a  de  lui  quatre  vies  latines  dont  la  plus  an- 
cienne paraît  être  celle  que  D.  Plaine  a  publiée  en  1887.  Il  semble  certain 
que  saint  Sanison  a  existé,  qu'il  a  fondé  à  Dol  un  monastère,  qu'il  en  était 
abbé,  qu'il  avait  été  sacré  évéque;  mais  de  là  il  ne  se  suit  pas  qu'il  eût  juri- 
diction épiscopale  sur  un  diocèse,  surl'archidiocèse  de  Dol  tel  qu'il  existait 
au  xviii'^  siècle.  Mg""  Ducliesne,  ce  terrible  homme,  a  fort  ébranlé  le  trône 
archiépiscopal  de  saint  Samson  («  Les  fastes  épiscopaux  de  l'ancienne 
Gaule  »,  t.  II,  p.  581-582).  M.  F.  Duine  a  été  en  Angleterre  recueillir  les 
traces  laissées  en  ce  pavs  par  le  culte  de  saint  Samson.  De  là  une  brochure 
de  44  pages  où  il  nous  donne  les  résultats  légendaires  d'un  voyage  authen- 
tique ". 

-\X. 

Nous  recevons  à  l'instant,  Ccltic  Foiklorc,  Wehh  uni  Mivix,  par  M.  John 
Rhvs.  C'est  une  encyclopédie  des  traditions  populaires  du  Pays  de  Galles  et 
de  l'ile  de  Man^.  On  ne  peut  guère  analyser  cet  important  ouvrage.  Il  es: 
divisé  en  douze  chapities  où  sont  réunies  les  légendes  qui  concernent  : 
1°  les  fées  des  eaux,  2°  la  vengeance  des  fées,  5°  les  fées  à  tout  autre  point 
de  vue,  4°  le  folklore  de  l'île  de  Man,  5°  les  traditions  d'origine  Scandinave 
qui  persistent  dans  le  comté  de  Lincoln,  6°  le  folklore  des  sources,  7°  les 
victoires  du  monde  aquatique,  inondations  merveilleuses,  etc.,  8°  les  lé- 
gendes galloises  concernant  les  cavernes,  9°  celles  qui  prétendent  expliquer 
des  noms  de  lieu,  10°  les  difficultés  que  présente  l'étude  scientifique  des  tra- 
ditions populaires,  iio  la  philosophie  du  folklore,  12°  l'influence  de  la  race 
sur  le  folklore  et  le  mythe.  Vingt-quatre  pages  à  trois  colonnes  d'index  fa- 
cilitent les  recherches.  Comme  exemples  des  sujets  divers  traités  dans  cet 
ouvrage,  signalons  les  traces  modernes  des  fêtes  celtiques  :  du  i^""  mai, 
p.  20,  226,  295,  507-511,  517,  526,  546,  691  ;  du  ler  août,  p.  15,  256, 
237,  512;  du  ler  novembre,  p.  202,  205,  224-226,  515,  516,  320,  321, 
529,  686.  Le  nom  du  dieu  Liii^ii-s,  d'où  Liigu-Juuimi,  persiste  en  Galles 
dans  les  composés  plus  modernes  :  Diii-IIe  pour  Diit-lleti,  «  forteresse  »  de 
LttgK-s,  et  Xant-llc  pour  Waiil-lleii,  «  vallée  »  «  ruisseau  »  de  Ltigu-s,  p.  345. 
On  peut  reconnaître  le  nom  du  dieu  Kodoiis^  -oitlis,  en  irlandais  Nuada, 
Nuadat,  non  seulement  dans  le  Liidd  1=  NiuiJ  de  la  littérature  galloise  du 
moyen  âge,  mais  aussi  dans  le  Ludgate  de  Londres,  en  gallois  ancien 
Porlh-hid  comme  nous  l'apprend  Geoflfroi  deMonmouth,  Historia  Britoniim, 
1.  III,  c.  20  5,  où  Lud  est  transformé  de  dieu  en  roi. 

La  place  de  ce  nouveau  livre  de  M.  Rhys  est  marquée  dans  la  bibliothèque 
de  tous  les  cehistes. 


1.  Saint  Samson  et  sa  légende.  Rennes,  Francis  Simon,  1900. 

2.  Oxford,  Clarendon  Press,  1901,  2  vol.  in-8,  XLVi-7 18  pages. 

5.  Juxta  portam  illam  quae  adhuc  de  nomine  ejus  Porthlud  britannice, 
saxonice  Ltidesgata  nuncupatur. 


Chronique.  \  5  j 


XXI. 

Le  septième  demi-volume  de  la  nouvelle  édition  de  Pai/lys  Rcal-eiicyclo- 
pacdie  dirigée  par  M.  George  Wissowa,  vient  de  paraître  ;  la  partie  celtique 
V  est  fort  bien  traitée  par  iMM.  Hùbner,  Ilim  et  Mûnzer.  M.  Holder,  Alt- 
celtischiT  Sprachschat:^  avait  beaucoup  facilité  leur  tâche. 

XXII. 

M.  O.  Schrader,  professeur  à  l'Université  d'Iéna,  est  l'auteur  d'un  livre 
sur  la  comparaison  des  langues  et  l'histoire  primitive,  SprachvcrgJeicbinig 
utid  Urgeschichu-,  qui  a  eu  deux  éditions,  l'une  en  1885,  l'autre  en  1890'. 
C'est  lui  qui,  en  1894,  avec  le  concours  du  botaniste  A.  Engler,  a  (ait.  pa- 
raître la  sixième  édition  de  l'ouvrage  si  connu  de  Victor  Hehn  sur  «  les 
«  plantes  cultivées  et  les  animaux  domestiques  en  ce  qui  concerne  leur 
«  venue  d'Asie  en  Grèce,  en  Italie  et  le  reste  de  l'Europe  »,  Kidturpflmtien 
iiiid  Haiishiere  in  ihren  Uebergaitg  ans  Asien  nach  Griechenland  tiiid  Italien 
sowie  in  das  iibrige  Europa^.  La  Revue  Celtique,  t.  XVI,  p.  255,  a  dit  un 
mot  de  cette  édition.  Le  même  auteur  vient  de  publier  sous  une  forme 
nouvelle  le  premier  des  deux  ouvrages  dont  nous  venons  de  parler.  Dans 
cet  ouvrage  les  matières  étaient  rangées  dans  un  ordre  méthodique  ;  au- 
jourd'hui il  nous  les  offre  dans  l'ordre  alphabétique  allemand.  Il  v  aura 
deux  volumes,  le  premier,  A-M,  a  seul  paru  5.  Les  Celtes  et  les  langues 
celtiques  occupent  dans  ce  volume  une  place  importante.  L'auteur  connaît 
même  la  Revue  Celtique,  d'après  laquelle  il  cite,  p.  545,  un  article  de 
M.  Collinet4.  Cependant  quelques  articles  pourraient  être  développés  par 
des  indications  celtiques  qui  font  défaut.  Ainsi,  p.  255-256,  M.  Schrader 
traite  de  l'amitié  par  le  sang,  Bhitsfreundschajt  chez  les  Germains  ;  il  ne 
parle  pas  de  cette  amitié  chez  les  Celtes  ;  il  aurait  dû  lire  au  tome  XXVIII 
de  la  Revue  de  Kuhn,  p.  463,  cf.  456,  ce  que  raconte  M.  H.  Zimmer  de  la 
Blutsfreuudschaft,  ou  Blutshruderschaft,  de  Cûchulainn  et  de  Ferdiad.  Sui- 
vant M.  S.,  p.  206,  l'âne  européen,  originaire  d'Afrique,  est  arrivé  d'abord 
en  Grèce  et  en  Italie,  de  là  plus  tard  chez  les  Celtes  et  chez  les  Germains, 
Il  ne  cite  pas  les  passages  d'Aristote  «  Génération  des  animaux  »  et  «  His- 
toire des  animaux  >>  qui  établissent  qu'au  iv^  siècle  avant  J.-C,  l'âne  n'était 
pas  encore  complètement  acclimaté  en  pays  celtique. 

Dans  son  article  sur  l'exposition  des  enfants,  il  ne  dit  rien  des  Celtes  ; 
évidemment  il  n'a  pas   lu  dans  les  Cojileuls  du  Livre  de  Leinster,  p.  31,  la 


1.  lena,  Hermann  Costenoble,  in-8,  xii-684  pages. 

2.  Berlin,  Gebrùder  Borntrâger,  in  8,  xxvi-625  pages. 

5.  Realkxikon  der  indogermanischen  Alttrtum^knnde,  Gruudii'ige  eiiier  Kultur- 
und  volkcrgeschichte  Alteuropas.  Strasburg,  Karl  J.  Trubner,  1901,  in-8, 
560  pages. 

4.  Revue  Celtique,  t.  XVII,  p.  321-336. 


1^6  Citroniju:. 

traduction  par  M.  Atkinsoii  du  joli  rccit  qui  raconte  comment  CairpreCinn- 
caitt  fit  exposer  ses  enf;ints.  Il  a  étudié  très  sérieusement  le  savant  livre  de 
M-.  Whitley  Stokes,  Vikdtischer  Sprachschati,  on  le  voit  par  les  étymologies 
qu'il  emprunte  à  cet  ouvrage  ;  il  cite  les  Irish  Glosscs  du  même  érudit  ;  il 
s'est  aussi  servi  du  dictionnaire  publié  par  M.  Windisch  au  t.  I  des  Irische 
Texte,  mais  quand  viennent  les  questions  de  droit  celtique,  on  voit  qu'il  n'a 
pas  lu  les  Ancuut  Laivs  oj  Ireland  qu'il  aurait  dû  citer  '  par  exemple  à  propos 
de  l'achat  des  femmes  qu'on  veut  épouser,  Braitl-kauJ,  p.  109-110,  cf. 
Heiralb,  p.  353  ;  on  peut  signaler  le  même  silence  à  propos  du  divorce,  Ehe- 
scheidiiug,  p.  160-162  ;  et  cependant  il  est  question  de  divorce  dans  le  Seiichus 
Mâr^.  M.  Schrader  aurait  dû  aussi  sur  le  même  sujet  consulter  les  lois  gal- 
loises K  Il  cite  les  livres  de  MM.  M.  Voigt  et  B.-W.  Leist;  je  me  suis  trop 
servi  des  écrits  de  ces  deux  savants  pour  ne  pas  approuver  l'honneur  qu'il 
leur  rend;  mais  ce  n'est  pas  chez  eux,  c'est  principalement  dans  les  textes 
juridiques  irlandais  et  gallois  qu"il  faut  étudier  le  droit  celtique. 

XXIII. 

La  première  livraison  du  Thésaurus  liiiguae  latiuae,  entrepris  par  cinq 
Académies  allemandes,  vient  de  paraître  à  la  librairie  Teubner.  On  ne  peut 
qu'applaudir  au  zèle  éclairé  auquel  nous  devons  cette  savante  publication. 
Le  celtique  y  tient  une  place,  bien  qu'on  ne  puisse  guère  v  remarquer  l'em- 
preinte d'une  œuvre  originale  à  ce  point  de  vue  particulier.  Dès  la  pre- 
mière page  la  préposition  irlandaise  d,  ua  est  présentée  comme  identique 
au  préfixe  latin  au-  (par  exemple  dans  au-fero);  c'est  la  doctrine  de 
M.  Brugmann,  Grundriss,  t.  I,  deuxième  édition,  p.  200,  qui  l'a  empruntée 
à  M.  Whitley  Stokes,  Urkellischer  Sprachsch(il{,  p.  22. 

On  aurait  de  ia  peine  à  découvrir  dans  le  nouveau  Thésaurus  beaucoup 
d'additions  importantes  à  V Allcellischer  Sprachschat:(  de  M.  A.  Holder,  à 
moins  qu'il  ne  s'agisse  de  publications  postérieures  à  ce  savant  ouvrage. 

On  peut  comparer,  col.  46  du  Thésaurus,  les  articles  Aballava,  Abellio, 
avec  les  articles  correspondants  chez  M.  Holder,  t.  I,  col.  5  ;  l'article  Abal- 
lava  du  Thésaurus  renvoie  à  un  article  de  M.  Hûbner,  Paulys  Realeucyclo- 
paedie,  t.  I,  col.  1 3,  qui  date  de  1893  et  qui  est  pac  conséquent  postérieur  à 
la  première  livraison  de  M.  Holder,  1891  ;  de  même  l'article  ^/W//o,  col.  65 
du  Thésaurus,  renvoie  au  t.  XIII  du  Corpus  inscriplionuni  latinaruni,  tandis 
que  M.  Holder  dans  sa  première  livraison  ne  parle  que  des  recueils  français 
qui  ont  précédé  ce  t.  XIII  du  C.  I.  L.  encore  en  préparation  en  1891.  A 
l'article  Ahnoha  de  M.  Holder,  col.  8,  le  Thésaurus,  col.  112,  n'ajoute  que 
deux  mauvaises  leçons  des  mss.  de  Tacite;  dans  la  4^  édition  de  C.  Holm, 

1.  Ancient  Laws  and  Inslilutes  of  Irelaud,  t.  Il,  p.  346;  t.  III,  p.  314; 
t.  IV,  p.  62. 

2.  Aucient  Laws  and  Institutes  of  Ireland,  t.  Il,  p.  562,  588,  592,  396,  400. 

3.  Aneient  Laws  and  Institutes  oJ  IVales,  édition  in-folio,  p.  38-40, 
44-46,  etc. 


Chronic]uc.  1 37 

t.  Il,  Tcubiicr,  18S3,  p.  220,  dcrnicre  ligne,  on  trouve  en  note  ces  mau- 
vaises leçons,  les  génitifs  Arnobae  ou  Arbonae,  dont  je  ne  devine  pas  l'intérêt. 


XXIV. 

La  première  livraison  des  Inscriptioxes  graecae  ad  res  romakas 
PERTINENTES  '  donne  à  la  page  1 1 ,  sous  le  n"  9,  le  nom  de  peuple  à  l'accu- 
satif O'JiXaûviO'j:.  Cette  forme  établit  que  veïaiinio-  était  le  thème  du  nom 
etlniique  dont  le  nominatif  pluriel  Vehuni  figurait  sur  le  monument  de  la 
Turbie,  Alpes-Maritimes 2.  Vdaiini  par  un  seul  /  final  au  lieu  de  Velatinii 
par  deux  i  est  une  orthographe  latine  fréquente;.  Le  monument  de  la 
Turbie  date  de  Tan  6  avant  notre  ère  et  il  n'y  en  a  que  des  ruines.  Le  mot 
Velainii  est  du  nombre  de  ceux  que  nous  ne  connaissons  que  par  Pline, 
1.  III,  §  137;  il  ne  se  trouve  point  parmi  les  fragments  de  l'inscription  qui 
existent  encore.  Mais  il  n'y  a  pas  de  raison  pour  contester  à  ce  sujet  l'exac- 
titude des  éditions  de  Pline. 


XXV. 

Le  premier  fascicule  du  Recueil  des  chartes  de  l'abbaye  de  Saint- 
Benoit-sur-Loire,  par  MM.  M.  Prou  et  A.  Vidier  vient  de  paraîtrez.  On 
y  trouve  quelques  noms  de  lieu  intéressants.  Ainsi  dans  un  testament  de 
l'année  651,  Litmanis  (p.  5)  paraît  identique  au  nom  d'homme  gaulois 
Litn-wanis  (Hokier,  Altcelliscber  Sprachschali,  t.  II,  col.  249).  Le  UceUiis 
viens  du  même  testament,  p.  6,  porte  un  nom  probablement  identique  au 
premier  terme  de  Uxdlo-dunuui  chez  Hirtius,  De  hello  gallico,  1.  VIII,  c.  32, 
40.  Le  terriloiiuni  Folabrense  dans  des  chartes  de  893  et  de  898,  p.  89,  90, 
tire  probablement  son  nom  d'un  antique  Voh-hriga,  aujourd'hui  Volesvre, 
Saône-et-Loire,  homonyme  d'une  ville  d'Espagne,  Vol'ohriga  (Ptolémée, 
i.  II,  c.  6,  §  40)  ou  Valabrica,  d'où  le  dérivé  Valah  icensis,  C.  I.  L.,  II, 
5561 5  ;  M.  Hùbner,  p.  894  de  ce  volume,  observe  avec  raison  que  la  cor- 
rection proposée  par  Miiller  au  texte  de  Ptolémée,  Avo-hriga  pour  Voh- 
brt'ga  sera  difficilement  admise.  Signalons  encore,  p.  69,  d'après  une  charte 
de  876,  Isriiin  fluvinni,  masculin  d' Isra,  l'Oise,  qui  est  au  moyen  âge  une 
va  iante  d'Isara  (Holder,  t.  II,  col.  74,  75);  dans  le  même  diplôme,  un 
autre  nom  de  rivière  Biirbuiicia,  probablement  un  déiivé  de  la  racine  fléchie 
BORV  d  où  Borvo,  -oiiis  écrit  Burbiine  dans  la  légende  d'une  monnaie  méro- 


1.  Paris,  E.  Leroux,  iç.oi,  in  8,  128  pages. 

2.  Corpus  hiso iptioiriin  laiiiiarinii,  t.  V,  p.  906,  907. 

3.  Précis  de  la  déclinaison  latine  par  AI.  F.  Bùcheler,  traduction  de 
L.  Havet,  p.  64. 

4.  Paris,  Picard,  1900.  in-8,  208  pages. 

5.  Comparez  le  nom  de  Valabrègue,  Gard,  écrit  au  xii«  siècle  Volobriga, 
Folobrica,  Germer-Durand,  Dictionnaire  iopographiqiie  du  département  du 
Gard,  p.  2)2.  Voyez  aussi  Revue  Celtique,  t.  XIII,  p.  280. 


158  Chronique. 

vingicnnc  (Holùer,  t.  I,  col.  632).  Boledoiio  dans  une  charte  de  796,  p.  24, 
peut  être  un  plus  ancien  Botto-dimiim,  à  conclure  de  Botlus  (Holder,  t.  I, 
col.  496). 

XXVI. 

M.  J.  Lcite  de  Vasconcellos  a  inséré  dans  les  Procès -ver  baux  et  Mémoires 
du  Couvris  iitlcriialioiial  de  Xtiniisi)iali(]iie  tenu  à  Paris  en  1900,  un  article 
sur  les  Monnaies  de  la  Lusitanie  portugaise.  Une  de  ces  monnaies  est  celle 
à'Ehord,  nom  probablement  ibérique,  mais  que  l'on  pourrait  considérer 
comme  le  féminin  du  gaulois f/jz/roi  (Holder,  AUceltischer  Sjnachschalx^,  t.  I, 
col.  1402).  Une  des  villes  dont  parle  M.  L.  de  Vasconcellos,  Baesuris,  et 
non  Aesuris  (Hùbner,  Monunienta  linguae  ibericae,  p.  135,  no  180),  a  une 
désinence  ibérique,  cf.  Gracchuris  {Wxxhnar^  ibid.,  p.  66,  n"  65).  Le  nom  de 
ville  Gracchuris  est  un  mot  ibérique  dérivé  du  latin  Gracchus,  on  peut  le 
comparer  à  Flavio-briga,  nom  géographique  gaulois  d'Espagne,  dans  lequel 
le  premier  terme  est  latin. 

XXVII. 

M.  Franz  Cramer,  oberlehrer  au  gymnase  de  Dùsseldorf,  vient  de  publier, 
sur  les  noms  de  lieu  des  provinces  rhénanes.  Rhkinische  Ortsna.mex  ', 
une  étude  qui  ne  pouvait  manquer  de  me  sembler  très  intéressante,  à  moi, 
car  l'auteur  paraît  en  général  accepter  mes  doctrines,  bien  que  suivant 
M.  E.  Schrôder,  Gôttingische  gelehrte  Anieigeii,  octobre  1900,  p.  783,  mes 
livres  se  divisent  en  deux  catégories,  les  uns  trouvant  chez  les  gens  compé- 
tents une  opposition  qui  ne  comporte  que  quelques  réserves,  les  autres 
impitoyablement  repoussés  par  tous  les  savants.  M.  Cramer  adopte,  par 
exemple,  comme  M.  Deecke,  la  thèse  que  j'ai  émise  sur  la  présence  des 
Ligures  dans  le  bassin  du  Rhin,  avant  l'arrivée  des  Celtes. 

Son  mémoire  est  divisé  en  trois  parties:  1°  noms  ligures  (p.  5-20), 
2°  noms  celtiques  et  gallo-romains  (p.  20-113),  3°  développements  sur 
cinq  noms  de  lieu  particulièrement  intéressants  (p.  1 14-15  5).  Suivent  les 
index. 

Un  nom  qui  paraît  bien  liç^ure  est  près  de  Trêves,  Kersch,  au  ix^  siècle 
Carasco.  La  Thur,  affluent  de  l'Ill.  en  Alsace,  semble  avoir  le  même  nom 
que  la  Dora  Baltea  et  la  Dora  Riparia  en  Piémont:  Dorp,  plus  au  nord,  ré- 
gence de  Dùsseldorf,  est  la  forme  moderne  d'un  plus  ancien  Dur-ipa,  pour 
Dur-apa,  dont  le  premier  terme  a  la  même  origine.  L'ancien  nom  de  la 
Sauer  en  Alsace  est  Sura,  également  nom  d'une  rivière  du  département  de 
la  Drôme.  Saravus,  nom  de  la  Saar,  paraît  un  mot  ligure  formé  avec  un 
suffixe  -avo-  qu'on  trouve  également  dans  Taravo,  nom  d'une  rivière  de 
Corse,  et  dont  la  forme  féminine,  -ava,  apparaît  dans  Ausava,  aujourd'hui 
Oosbach,  nom  d'un  affluent  de  la  Kyll  et  d'un  village  près  de  Trêves. 


I.  Librairie  Ed.  Lintz  à  Dùsseldorf,  un  volume  in-8  de  175  pages. 


chronique.  139 

L'auteur  divise  les  noms  celtiques  et  gallo-romains  en  quatre  catégories  : 
i"  noms  celtiques  conservés  par  la  littérature  antique,  2°  noms  latins  at- 
testés par  la  même  littérature,  3°  noms  celtiques  recueillis  dans  les  docu- 
ments postérieurs  à  l'empire  romain,  4°  noms  latins  relevés  dans  les  mêmes 
documents. 

Parmi  les  noms  celtiques  nous  citerons  Birten,  régence  du  Dûsseldorf, 
qui  serait  un  ancien  Viro-diinuDi,  un  homonyme  de  Verdun. 

Voici  trois  critiques:  nous  ne  croyons  pas  que  le  suffixe  -isco-,  p.  61, 
soit  plus  ligure  que  celtique.  P.  53,  note,  M.  Cramer  paraît  ignorer  que 
Betriacus  ou  Bediiacus  (Pline,  1.  X,  §  135,  Tacite,  Histoiiae,  1.  Il,  c.  25) 
est  une  mauvaise  leçon  pour  Bebriaciis  {Revue  Celtique,  t.  XVII,  p.  297). 
P.  93,  je  ne  crois  pas  qu'il  existe  un  suffixe  -giliiiii;  la  plus  ancienne  forme 
de  la  finale  dont  il  s'agit  est  o-ialiiin  ;  ialiun  est  le  second  terme  de  noms 
composés,  et  la  doctrine  la  plus  vraisemblable  paraît  être  celle  de  M.  Thur- 
neysen  :  -ialitin  est  identique  au  gallois  ial  «  espace  découvert  »,  c'est  un 
synonyme  de  iiiagiis,  champ. 

XXVIII. 

M.  Mowat  vient  de  me  communiquer  un  mémoire  de  M.  Plicque  :  Luc, 
DIEU  DE  l'or  chez  LES  G.\ULOis,  qui  a  paru  à  Vichy  en  1892.  Ce  que  ce 
travail  au  titre  bizarre  offre  d'intéressant  est  l'inscription  inexpliquée 

APROXIOS 

1ERE 

.  ESO 

Elle  se  trouve  sur  une  statue  de  Mercure  avec  l'inscription  : 

.MERCURIO 
ET  AUGUSTO 
S  A  C  R  U  .M 

I!  n'y  a  aucune  preuve  que  ce  Mcrniriiis  s'appelât  en  gaulois  Liigus.  Quel 
rapport  y  a-t-il  entre  iere  et  ieiirii,  entre  eso  et  Esiis  ?  Il  est  à  désirer  que  le 
monument  soit  étudié  par  un  épigraphiste  plus  compétent  que  M.  Plicque 

POST-SCRIPTUM. 

J'ai  inséré,  p.  79,  un  savant  article  de  M.  L.  Duvau  sur  la  prononciation 
du  gaulois.  Il  ne  se  suit  pas  de  là  que  j'accepte  ses  conclusions.  Dans  un 
prochain  numéro  je  répondrai  à  mon  érudit  collaborateur. 

Paris,  le  29  janvier  1901. 

H.  d'Arbois  de  Jl'bainville. 


PÉRIODIQUES 


SOMMAIRE:  I.  Zeitschrift  fâr  celiische  Philologie.  —  II.  La  Revue  Bretonne.  — 
III.  Studies  and  notes  in  Philology  and  Littérature  (Harvard  University).  —  IV. 
Proceedings  of  the  Royal  Irish  Academy.  —  V.  Annales  de  Bretagne.  —  VI.  Bul- 
letin archéologique  du  Comité  des  Travaux  historiques.  —  VU.  Roinania.  — 
VIII.  Transactions  of  the  Devonshire  Association  for  the  Advancement  of  Science. 

—  IX.  Journal  of  the  Royal  Institution  of  Cornwall.  —  X.  An  Gaodhal  (The  Gael  . 

—  XI.  Supplément!  periodici  ail  Archivio  glottoiogico  italiano.  —  XII.  Man.  A 
Monthiy  Record  of  Anthropological  Science.  —  XlII.Celtia.  A  pan-celiic  Monthly- 
Magazine. —  XIV.  Zeitschrift  fur  alte  Geschichte.  —  XV.  Zeitschrift  fur  deutsche 
Wonforschung.  —  XVI.  Zeitschrift  fur  vergleicliende  Sprachforschung.  —  XVII. 
Revue  épigraphique.  —  XVIII.  Publications  of  the  Modem  Language  Association 
of  Air.erica.  —  XIX.  Revue  des  études  grecques  —  XX.  Revue  historique  de  Pro- 
vence. —  XXI.  Revue  archéologique.  —  XXII.  The  Journal  of  the  Society  of  An- 
tiquaries  cf  Ireland.  —  XXIII.  The  Journal  of  the  Royal  Socieiy  of  Antiquaries  of 
Ireland.  — XXIV.  Revue  d'Ardenne  et  d'Argonne.  —  XXV.  Feiz  ha  Breiz. 


I. 

Zeitschrift  fur  celtische  philologie,  t.  III,  deuxième  livraison.  — 
Nouvelle  édition  par  M.  Whitley  Stokes  du  morceau  intitulé  Cath  Cairun 
Coiiaill  «  Bataille  de  Carn  Conaill  »,  déjà  publié  par  M.  Standish  Hayes 
O'Grady;  c'est  en  effet  une  partie  des  Mion-aiiiiala  «  Fragmentar}-  Annals», 
615-710,  que  M.  O'Gradv  a  données  dans  sa  SUva  Gadclica,  volume  de 
textes,  p.  590-415,  volume  de  traductions,  p.  424-4.19.  La  récension  mise 
au  jour  par  M.  O'Grady  (p.  596-401  du  tome  I,  p.  451-457  du  tome  II),  a 
été  tirée  par  lui  d'un  ms.  du  xv^  siècle,  British  Muséum,  Egerton  1782. 
M.  Whitley  Stokes  reproduit  le  texte  inséré  aux  p.  11 5-1 17  du  Lebor  na 
hUidre,  écrit  vers  iioo,  il  donne  les  variantes  du  Livre  de  Leinster, 
p.  276-277,  xiie  siècle,  et  du  Livre  jaune  de  Lecan,  p.  152,  xivc  siècle. 
Dans  la  bataille  de  Carn  Conaill,.  Guaire  Aidne,  roi  d'une  partie  du  Con- 
nauglit,  fut  battu  par  Diarmait,  roi  suprême,  fils  d'Aed  Slane;  cette  bataille 
aurait  été  livrée  en  649,  suivant  le  fragment  d'annales  publié  par 
M.  O'Grady;  en  648,  si  nous  adoptons  la  chronologie  de  William  Hen- 
nessy,  Chroiiicum  Scotorum,  p.  91  ;  en  643,  si  l'on  en  croit  les  Annales  des 
Quatre  Maîtres,  édition  d'O'Donovan,  t.  I,  p.  260;  en  642,  si  l'on  préfère 
la  doctrine  des  Aimais  of  Clonniacnoisc,  édition  Murphv,  p.  loj.  Il  est  parlé 


Périodiijues.  141 

de  cette  bataille  dans  les  Annales  de  Tigernach,  édition  de  M.  Whitley 
Stokes,  Rivut-  Celtique,  t.  XVII,  p.  189,  et  à  la  p.  64  des  fragments  d'An- 
nales publiés  en  1860  par  O'Donovan  pour  Vlihh  Archaeoloç'ical  ami  Ccltic 
Society.  Le  texte  irlandais,  édité  par  M.  ^^'llitle\■  Stokes,  est  suivi  d'une  tra- 
duction anglaise  due  à  ce  savant  celtiste. 

Édition  priiiccps  par  le  même  de  VAmra  SeiuHii  «  Eloge  de  Senân  », 
composition  imitée  de  VAmra  Choliiiinb  Chilli  «  Eloge  de  saint  Columba  », 
que  M.  Whitley  Stokes  a  publié  dans  le  t.  XX  de  la  Revue  Celtique.  L'édi- 
tion de  V Amia  Seuâin  est  donnée  par  l'érudit  écrivain  d'après  le  ms.  H.  2. 
17,  col.  852-857,  du  Trinity  Collège  de  Dublin,  xvc-xvie  siècle.  Saint 
Senan,  fondateur  du  monastère  à' luis  Calhaig,  aujourd'hui  Scattery-islaud, 
île  du  Shannon,  comté  de  Clare  en  Munster,  aurait  vécu  au  vi^  siècle.  Son 
nom  apparaît,  sous  la  date  des  i^r  et  8  mars,  dans  les  Martyrologes 
d'Oengus  (éd.  Wh.  Stokes,  p.  lv,  lvi,  lx,  cxli),  et  d'O'Gorman  (éd.  \Vh. 
Stokes,  p.  46,  50).  Des  vies  de  ce  saint  ont  été  publiées  notamment  par 
Bolland  (Mars,  t.  I.  p.  761-778),  par  le  P.  De  Smcdt  {Acla  Saucioiuui  Hi- 
herniae,  p.  757-7)8),  et  par  M.  Whitlev  Stokes  {Lires  of  Saiuls  froni  the 
Book  of  Lismore,  p.  )4-74,  201-221)  '.  Il  est  question  de  ce  saint  au  futur 
dans  la  Vie  Triparlile  de  saint  Patrice  (éd.  Wh.  Stokes,  p.  166,  206).  Son 
éloge  aurait  été  composé  au  vii=  siècle  (?)  par  Dallan,  auteur  prétendu  de 
VAtnra  Choluiiuh  Chilli,  qui  paraît  postérieur  à  cette  date,  ainsi  qu'il  semble 
résulter  d'un  mémoire  de  M.  Strachan  (Revue  Celtique,  t.  XVII,  p.  41). 

Mélanges  extraits  de  mss.  irlandais  par  M.  Kuno  Meyer.  Le  plus  impor- 
tant de  ces  extraits  est  un  texte  du  Tochmarc  Eniire  la  Coinculaind ,  où  l'on 
voit  comment  Cûchulaind  devint  l'époux  d'Emer.  Ce  texte  est  celui  du 
British  Muséum,  ms.  Harleyen  5280,  fol.  27  a— 55  h,  xv^  siècle.  Dans  la 
Revue  Celtique,  t.  XI  (et  non  IX),  p.  442-455,  M.  Kuno  Meyer  avait  donné 
un  fragment  important  de  ce  morceau  d'après  le  ms.  d'Oxford,  Bibliothèque 
Bodlèyenne,  Ravviinson,  B.  512,  xive-xv^  siècle,  fol.  117  a— 118  a. 

Etude  sur  la  diphtongue  au  en  irlandais  et  en  gallois  et  sur  le  groupe  shu 
en  gallois  par  M.  Willy  Foy. 

Les  diphtongues  terminées  en  u  dans  les  langues  celtiques  par  M.  E.  Zu- 
pitza. 

A'o  avec  fonction  relative  en  irlandais  par  M.  Strachan. 

Dissertation  de  M.  H.  Zimmer  sur  un  passage  corrompu  du  Tâin  ho 
Cûailugi,  Livre  de  Leinstcr,  p.  55,  col.  i,  1.  48. 

Étude  de  M.  E.  Ernault  sur  les  mots  bretons  get,  gant,  rak,  meurhet,  a, 
da,  douaren. 

Mémoire  de  M.  Nicholsonsur  la  langue  des  Pietés  continentaux.  L'auteur 


T.  Il  était  fils  de  Gerrchend  et  de  Coimgell  suivant  la  vie  irlandaise  éditée 
par  M.  Whitley  Stokes,  d'Erchauus  et  de  Coewgella  dans  la  vie  latine  pu- 
bliée par  le  P.  de  Smedt,  Erchauus,  en  irlandais  Erchan,  est  une  forme  hy- 
pocoristique  de  Gerrchend.  Senan  serait  du  nombre  des  alii  luulti  qui  avec 
Ciaran,  Columba,  etc.,  ont  formé  le  deuxième  ordre  des  saints  irlandais, 
Haddan  and  Stubbs,  Councils  and  ecclesiastical  Documents,  t.  II,  p.  295. 


142  Périodi(jnes. 

prétend  y  donner  une  traduction  de  l'inscription  de  Rom,  publiée  par 
M.  Jullian,  Revue  Celtique,  t.  XIX,  p.  170-173.  Je  crois  que  M.  Nicliolson 
a  été  bien  hardi  et  aurait  mieux  fait  d'attendre. 

Trente  lettres  adressées  par  Zeuss,  auteur  de  la  Giaiinnaticu  cellica,  à 
Christian  Wilhelm  Gluck,  auquel  on  doit  un  mémoire  célèbre  sur  les 
noms  gaulois  chez  César.  La  première  lettre  concerne  TétN^moiogie  du  nom 
de  lieu  Lauriacitni,  aujourd'hui  Lorch,  en  Wùrtenbcrg  et  en  haute  Au- 
triche: un  appendice  <à  la  lettre  10,  traite  de  l'étymologie  du  nom  de  l'Oise 
et  de  l'Isère,  Isiira.  Signalons  aussi  dans  la  dernière  lettre  ce  qui  est  dit  du 
mot  aiiilnuiiis. 

Texte  et  traduction  d'une  satire  irlandaise  copiée  par  M.  R.  Henebry 
dans  le  ms.  Renehan  70  du  Collège  ecclésiastique  de  .Vlaynooth  en  Irlande; 
ce  petit  poème  débute  par  un  singulier  mélange  d  irlandais  et  de  latin  : 

Aithnidh  dhonih  hoino  re  haoi, 

«  Je  connais  un  hoiimic  de  science.  » 

Plus  bas,  nomen,  capiit  et  rex.  L'intérêt  de  ce  morceau  est  dans  les  mots 
étranges  qu'il  contient.  Un  glossaire  copié  dans  le  ms.  les  explique  ;  tel 
owhal  «  poète  ».  Cet  article  est  daté  de  Washington  (cf.  p.  118,  149). 

Mémoire  de  M.  L.-Chr    Stern  sur  le  subjonctif  en  gallois. 

Suivent  les  comptes  rendus  critiques.  Le  premier,  par  M.  J.  Strachan,  a 
pour  objet  la  traduction  du  Fled  Bricreiid  donucc  par  M.  George  Henderson 
{d.  Revue  Celtique,  XXI,  p.  IC9-110).  Le  second  concerne  le  travail  de 
M.  Rousselot  sur  «  les  articulations  irlandaises  «  (cf.  Revue  Celtique, 
t  XXI,  p.  130). 

IL 

La  Revue  Bretonne,  numéro  spécial  publié  à  l'occasion  des  fêtes  de 
l'Union  régionaliste  bretonne  de  Guingarap,  rend  compte  d'un  concours 
de  poésie  bretonne,  où  M.  Emile  Ernault,  évidemment  fort  compétent,  a 
été  pris  pour  juge.  Les  pièces  couronnées  sont  imprimées  avec  traduction 
en  regard.  Quelquefois  elles  valent  mieux  que  la  traduction.  Ainsi: 

Fouken  dan  avel  digor, 
En  pehini  on  ganet, 
Nag  a  wech  dirak  da  zor 
Bugel  em  euz  c'hoariet  ! 

C'est-à-dire  littéralement  : 

«  Chaumière  au  vent  ouverte, 

«  Dans  laquelle  je  suis  né, 

«  Q.ue  de  fois  devant  ta  porte 

«  Enfant  j'ai  joué!  » 

"Voici  la  traduction  donnée  par  la  Revue  Bretonne: 

«  Chaumière  ouverte  à  tous  les  vents,  où  je  suis  né,  que  de  fois  dans 
«  mon  enfance  n'ai-je  pas  joué  devant  ta  porte  !  » 


Pciiodiqucs.  14:; 

C'est  le  sens,  mais  c'est  plat,   reproche  qu'on   ne  peut  adresser  au  texte 
breton. 


III. 

Studies  akd  Notes  in  Philology  and  Literature  piihJished  uiiâer  the 
direction  oftbc  modem  Laugitage  Defxirtiiteiits  of  Harvard  Uiiiversily,  vol.  \'II, 
p.  185-205.  —  Mémoire  de  M.  Arthur  C.-L.  Brown  sur  la  «  table  ronde  » 
avant  Wace  qni  en  parle  dans  son  Brut  terminé  en  1155: 

Fist  Artus  la  Roonde  Table. 

Lazamon  dans  son  B//// composé  environ  cinquante  ans  plus  tard  raconte 
avec  détails  comment  et  pourquoi  cette  table  fut  fabriquée  par  un  menuisier 
cornouaillais.  Elle  fut  ronde  pour  éviter  qu'il  y  eut  un  haut  bout  et  un 
bout  bas,  c'est-à-dire  de  bonnes  places  à  côté  de  mauvaises,  et  par  consé- 
quent des  querelles  causées  par  le  choix  de  ces  places.  L'auteur  pense  que 
Lazamon  a  emprunté  cette  légende  à  la  tradition  celtique  et  il  en  rap- 
proche, p.  195,  le  texte  de  Poseidonios  (Athénée,  IV,  36),  où  l'on  voit  les 
Celtes  assis  en  cercle  à  leurs  repas,  /3cOr,vTai  èv  y.'jy.Xto;  c'était  la  conséquence 
de  la  forme  circulaire  des  maisons  (Strabon,  1.  IV,  c.  4.  §  3). 

IV. 

Proceedings  of  THE  RoYAL  Irish  Academy,  vol.  VI,  no  I,  p.  36-78. 
—  Mémoire  de  M.  J.-P.  O'Reilly  sur  la  colonisation  milésienne  considérée 
en  ses  relations  avec  l'exploitation  des  minerais  d'or.  L'auteur  possède  en 
géologie  des  connaissances  qui  me  font  défaut,  il  a  beaucoup  travaillé  son 
sujet,  mais  je  ne  puis  adopter  sa  doctrine,  puisque  suivant  moi  les  Milé- 
siens  arrivant  d'Espagne  appartiennent  à  la  mythologie  évhémériste  et  non 
à  l'histoire. 


Annales  de  Bretagne,  t.  XV,  n"  4.  —  Fin  de  l'étude  de  M.  Ferdinand 
Lot  sur  la  Vita  Merlini  de  Gaufrei  de  Monmouth  (cf.  Revue  Celtique,  t.  XXI, 
p.  257).  Voici  la  conclusion  :  «  Ce  poème  est  fiiit  de  pièces  et  de  morceaux, 
«  entre  lesquels  Gaufrei  a  eu  peine  à  trouver  un  lien.  Il  n'est  arrivé,  et  com- 
«  bien  péniblement,  à  une  certaine  unité  de  composition  qu'en  déformant 
«  d'une  part  des  poèmes  gallois  sur  le  barde  Myrddin,  aujourd'hui  perdus,  de 
V  l'autre  les  récits  sur  le  fou  Lailoken  ».  — ■  Notes  d'étymologic  bretonne 
par  M.  Emile  Ernault.  —  Mémoire  de  M.  Baring-Gould  sur  les  Cornavii,  les 
Otadini  et  la  Bretagne  armoricaine.  —  Chanson  bretonne,  Kloarek  Saiit-Ger- 
men,  publiée  par  M.  Vallée.  —  Suite  des  chansons  bretonnes  de  la  collection 
Penguern,  éditées  et  traduites  par  M.  Pierre  Leroux.  — Je  n'ai  que  du  bien  X 
dire  de  ces  articles,  sauf  celui  de  M.  Baring-Gould  qui,  suivant  moi,  est  de 
la  dernière  faiblesse.  Il  reproduit  cette  vieille  rêverie  de  savants,  que  le  nom 


144  Périodiques. 

de  la  Cornouaillc  anglaise  provient  de  ce  que  le  pays  a  la  forme  d"une  corne, 
comme  si  les  noms  populaires  avaient  pour  base  les  canes  de  géographie,  et 
comme  si  le  mot  corn  avait  jamais  signifié  v  cap  »  dans  les  dialectes  brit- 
tons  (Robert  Williams,  Lexicon  cortiii-hrilaiinicinn,  p.  66  ;  D.  Silvan  Evans, 
DictioiHiry  of  Ihc  luehh  Ltingtidi^e,  t.  I,  p.  875-877).  M.  Baring-Gould  dit, 
p.  548,  que  suivant  le  Glossaire  de  Cormac  édile  par  M.  Whitley  Stokes  en 
1862,  les  Gaels  se  sont  assujettis  les  Bretons  jusqu'à  la  Corne;  il  n'indique 
pas  la  page,  c'est  la  page  29,  article  mogheiine,  où  la  Cornouaille  anglaise 
est  appelée  Itr  Brelan  Corun,  c'est-à-dire  terre  des  Bretons  Cornavi.  Cornu 
est  un  génitif  pluriel,  au  génitif  singulier  nous  aurions  cuirn.  Cornn  est 
dans  le  Glossaire  de  Cormac  la  notation  irlandaise  au  génitif  du  gallois 
Ci'rnyw  =^  Con;(7i'/, originairement  pluriel.  Les  Coinavi  qu'on  appelle  en  gé- 
néral Cornavii  par  deux  /  avec  une  orthographe  plus  savante  qu'exacte, 
étaient  non  pas  des  Germains  mais  des  Belges  venus  par  mer  du  sud- 
est,  c'est-à-dire  d'une  région  qui  est  depuis  longtemps  germanique,  mais  qui 
à  l'aurore  de  l'histoire  ne  l'était  pas  encore  devenue.  C'est  à  peu  prés  ce  que 
disent  les  Triades  à  ceux  qui  veulent  comprendre. 

T.  XVI,  no  I.  —  L'épenthèse  des  liquides  en  breton  par  M.  Emile  Er- 
nault.  Suite  des  contes  irlandais  de  M.  Douglas  Hyde  par  M  G.  Dottin. 
Les  airs  des  Gwerziou  de  Luzel  par  M.  F.  Vallée.  Recherches  dialectales 
bretonnes,  les  noms  propres  de  Plogoff  par  M.  J.  Loth.  Tous  ces  articles 
seront  lus  avec  profit. 

T.  XVI,  no  2.  —  Suite  du  mémoire  de  ^L  E.  Ernault  sur  les  étymologies 
bretonnes.  —  Note  de  M.  J.  Loth  sur  les  Coruovii  et  la  patrie  de  saint  Pa- 
trice. Il  rejette  avec  raison  l'hypothèse  de  M.  Baring-Gould  qui  fait  des 
Cornovii  des  Germains. 


VI. 

Bulletin  archéologki'.e  du  Co.mité  des  Tr.\v.\ux  historiques  et 
SCIENTIFIQUES.  —  Année  1900,  i^^  livraison,  p.  xxxiii:  inscription  prove- 
nant de  Cadenet  (Vaucluse)  ;  c'est  une  dédicace  inédite  au  dieu  L.xnovalus; 
p.  15,  marque  de  potier,  trouvée  à  Boulbon  (Bouches-du-Rhône)  :  M.  es- 
svvivs  EMPIVIVS.  Sur  le  nom  divin  Lanovalus,  voir  Holder,  Altceltischer 
Sprachschal:;^,  t.  II,  col.  142  (1897),  cf.  Rnnie  Cdlique,  t.  XXI,  p.  346.  .\ 
Essuvius,  comparez  Esuvius,  Holder,  ihid.,  t.  I,  col.  1476-1.478. 

VII. 

Ro.\L\NiA,  juillet  1900.  —  -Mémoire  de  M.  F.  Lot  sur  le  roi  Hoel  de 
Kérahès,  Ohes  h  vieil  harhè,  les  chemins  d'Ahès.  et  la  ville  de  Carhaix. 
Dans  le  roman  de  Tristan  et  Iseut,  le  roi  Hoel  de  Kérahès  ou  Carhaix,  est 
père  d'Iseut  aux  blanches  mains,  rivale  disent  la  blonde  qu'un  philtre 
amoureux  a  fait  l'amante  fatale  de  Tristan.  Suivant  M.  F.  Lot,  Ahès  = 
Osismi.  Cette  doctrine,  exposée  avec  la  science  et  le  talent  ordinaire  de 
l'auteur,  paraît  au  premier  abord  fort  séduisante.   En  Bretagne,   Car-haix, 


Périodiques.  145 

nom  dont  la  soconilc  partie  serait  un  ternie  antique  de  géograpliie,  consti- 
tuerait un  pendant  au  nom  de  ville  gallois  Car-marthen  dont  le  second  élé- 
ment est  identique  au  celto-roniain  Mari-dumnn  (Ma;;oouvov,  chez  Pto- 
lémée,  1.  II.  c.  5,  §  12;  édition  Mùller,  p.  loi,  1.  4;  cf.  J.  Rhys,  Early 
Britain,  2<^  édition,  p.  295).  La  chute  de  IV  intervocalique  ou  son  rempla- 
cement par  /;  dans  Ahes  =  Osisini,  est  conforme  à  une  loi  posée  par  la 
Grauiinaticd  Cflliai,  2c  édition,  p.  125.  Mais  bien  que  MM.  Kûbler  et  Meu- 
sel  aient  adopté  l'orthographe  Osisnii,  il  n'est  pas  certain  qu'il  ne  faille  pas 
lire  chez  César,  avec  double  s,  Ossisiiii,  comme  nous  l'apprend  M.  Holder 
{AUcfllischer  Spracbschati,  t.  II,  col.  889),  et  \'s  double  se  maintient  en  néo- 
celtique {Gr.  C-,  p.  120-121).  Si  Ossisiui,  'Oi'a'j.io-,  chez  Ptolémée,  est  un 
doublet  d"Q(iT''(ov;;  et  A''Q.i-':a.'.v.  chez  Etienne  de  Byzance  le  double  s 
à'Ossimi  =--  st,  et  aurait  évidemment  persisté.  Une  critique  du  mémoire  de 
M.  F.  Lot  a  été  publiée  par  M.  J.  Loth  dans  la  Roinania  d'octobre  et 
M.  F.  Lot  a  répondu  à  son  presque  synonyme  dans  la  même  livraison. 

VIII. 

Tr.WSACTIONS  OF  THE  DeVON'SHIRE  ASSOCIA  ITOX  FOR  THE  .\UVANXE.\n;XI' 

OF  sciEN'CE,  t.  XXXII,  p.  341-389.  —  Calendrier  des  saints  de  Devon  et 
de  Cornwall  dressé  d'après  les  dates  des  fêtes  d'églises,  de  chapelles,  de 
villages  et  d'après  les  dates  des  foires,  par  le  Rév.  S.  Baring-Gould,  qui  a 
mis  en  tête  une  bibliographie  des  martvrologes  et  calendriers  du  monde 
chrétien  occidental. 


IX. 

Journal  of  the  Royal  Institution'  of  Cornwall,  vol.  xlvi.  —  Le 
Rév.  S.  Baring-Gould  a  publié  dans  ce  volume  un  discours  prononcé  par 
lui,  en  qualité  de  président,  en  une  assemblée  de  la  Société  qui  manifeste 
son  existence  en  éditant  le  recueil  dont  nous  venons  de  donner  le  titre.  Ce 
discours  a  pour  sujet  les  saints  celtiques.  Il  en  parle  à  peu  près  exclusivement 
d'après  les  textes  irlandais  :  Livre  de  Lismore,  Silva  Gadclica,  Vie  tripar- 
ti te,  etc. 

Le  même  auteur  a  inséré  dans  ce  volume  un  fragment  d'un  catalogue  al- 
phabétique des  saints  qui  ont  rapport  avec  la  Cornouaille  anglaise,  y  com- 
pris la  liste  des  églises  et  chapelles  qui  leur  sont  consacrées.  Ce  fragment 
commence  à  la  lettre  D  et  finit  avec  la  lettre  G  incluse.  Le  nom  de  chaque 
saint  est  suivi  d'une  courte  biographie,  malheureusement  sans  indication 
de  sources. 


X. 

An  Gaodhal.  —  Le  récit  épique  irlandais  «  Aventures  du  grand  jeune 
«  homme,  fils  du  roi  d'Espagne  »,  An  iiiacaonib  niôr  mac  righ  na  h-Eas- 
paiiie,  dont  l'impression,  texte  et  traduction  anglaise,  avait  commencé  en 

Revut  Celli^uc,  XXII.  10 


146  Périodiques. 

mai  dernier,  t.  XIX,  n"  5,  p.  139  {Rn'ue  Celtique,  t.  XXI,  p.  252),  vient 
d'être  terminé  dans  len»  12,  du  même  volume,  décembre  1900,  p.  342-545. 
Le  no  d'octobre  contenait  une  pièce  de  vers  écrite  en  irlandais  par  feu  le 
Rév.  Eugène  OGrowney,  alhair  Eogan  O'Granihiia  (d.  Rexiie  Celtique, 
t.  XXI,  p.  429);  c'est  une  traduction  du  chant  américain  «  La  bannière  se- 
mée d'étoiles  ».  The  star  st^atii^leJ  Ixiuner,  le  drapeau  des  Etats-Unis  d'Amé- 
rique. Ce  morceau  étant  destiné  à  être  chanté,  un  supplément  au  n"  de  dé- 
cembre nous  donne  la  musique  sur  les  paroles  irlandaises.  Le  n"  de  jan- 
vier 1901  donne  à  la  p.  23  le  portrait  de  M.  Fred  Norris  Robinson,  ancien 
élève  de  M.  R.  Thurnej'sen,  à  Fribourg  en  Brisgau,  et  aujourd'hui  pro- 
fesseur de  langue  celtique  à  Harvard  University,  Cambridge,  Massachusset. 
M.  Robinson  va,  parait-il,  prochainement  publier  divers  textes  irlandais, 
un  au  moins  de  ces  textes  concernera  le  roi  Niall  aux  neuf  otages,  mort 
au  commencement  du  v«  siècle  après  J.-C. 

XI. 

ScppLEMEXTi  PERiODici  all'  Archivio  glottologico  itai.iaxo,  Sep- 
tième livraison'.  —  Mémoire  de  M.  Ascoli  sur  les  adjectifs  pronominaux 
cacb,  cech  ;  uach,  iiech.  Ce  savant  mémoire  est  dédié  à  M.  \\'hitlev  Stokes  à 
l'occasion  du  soixante-dixième  anniversaire  de  sa  naissance  (cf.  Revue  Cel- 
tique, t.  XXI,  p.  250-251). 

XII. 

M.^N,  A  .MONTHLY  Record  of  Axthropological  Science,  publication  de 
VAuthropoIogical  Institute,  3,  Honover-square,  Londres,  no  i,  janvier  1901. 
—  Note  de  M.  J.  Rhvs  sur  la  superstition  des  puits  miraculeux  dans  l'Ir- 
lande moderne. 

XIII. 

Celtia,  a  pax-celtic  Monthly-Magazin'e.  —  Commencement  d'un 
dictionnaire  anglais-irlandais-gaélique  d'Ecosse-mannois-gallois-breton.  — 
Texte  et  traduction  par  M.  T.-O.  Russel  du  passage  du  Livre  de  Leinster, 
p.  126,  où  il  est  raconté  comment  débuta  dans  la  vie  Moran  Mac  Maen. 

XIV. 

Zeitschrift  fur  alte  Geschichte  herausgegcbeii  von  August  Hettler, 
t.  I.  —  Mémoire  de  M.  F. -P.  Garofalo  sur  les  Tétrarchies  des  Galates. 
L'auteur  admet  avec  M.  Perrot,  Revue  Celtique,  t.  I,  p.  179-192,  qu'au 
temps  de  saint  Jérôme,  546-420,  on  ne  devait  plus  parler  gaulois  en  Ga- 
latie.  Je  n'en  suis  pas  tout  à  fait  convaincu  ;  cf.  Bloch,  dans  VHistoire  de 
France  de  Lavisse,  t.  I,  p.  588,  et  Cramer,  Rheinische  Ortstmnien,  p.  21. 


I.  Turin,  Ermanno  Loescher,  1900,  in-8. 


PirioJiijiies.  147 


XV. 

Zeitschrift  fur  Deutsche  W'ortforschuxg.  liera usgegeheii  von  Fried- 
rich Kluge,  t.  I,  p.  65.  —  Suivant  M.  Eduard  Wôlfflin,  le  plus  ancien 
exemple  de  docca  «  cloche  »,  se  trouve  dans  la  vie  de  saint  Cokimha  par 
Adamnan,  1.  III,  c.  51;  par  conséquent  celte  mention  date  probablement 
des  dernières  années  du  vii^  siècle  ;  c'est  la  confirmation  de  la  doctrine  de 
M.  Kluge  {Etxntoh^ischcs  Wociicrhiich,  5e  édition,  p.  141,  142,  au  mot 
Glockt'),  qui  croit  que  ce  mot  est  d'origine  celtique,  mais  n'a  pu  en  découvrir 
d'exemple  antérieur  au  viii'-'  siècle.  M.  E.  Woelfflin  ne  donne  pas  exacte- 
ment son  renvoi  à  la  vie  de  saint  Coiumba  ;  au  lieu  de  c.  31,  lisez  c.  23  (édi- 
tion Reeves,  p.  234  ;  Metcalfe,  Pinkertoii's  Lives,  t.  I,  p.  204).  Le  mot  docca 
se  trouve  aussi  dans  la  même  vie,  1.  I,  c.  8  (Reeves,  p.  33  ;  Metcalfe,  p.  89). 
Clocca  paraît  être  le  terme  propre  pour  désigner  les  cloches  à  main,  de  forme 
carrée,  emplovées  dans  les  monastères  irlandais  et  importées  de  là  sur  le 
continent.  —  P.  150-193,  les  noms  de  la  semaine:  1°  à  Babylone  etNinive, 
par  P.  Jensen  ;  2°  chez  les  Sémites,  par  Th.  Nôldeke;  3°  chez  les  Grecs, 
par  A.  Thumb;  4°  chez  les  Albanais,  par  le  même;  5°  chez  les  Romains, 
par  Gundermann  ;  6°  chez  les  Celtes  par  R.  Thurneysen,  qui  traite  le 
sujet  avec  sa  compétence  ordinaire;  7°  chez  les  néo-latins,  par  W.  Meyer- 
Lubke.  —  P.  238,  mémoire  de  O.  Schrader  sur  les  mots  anchorngo  et  hrâca. 
De  la  comparaison  du  mot  gaulois  hnlca  «  culotte  »,  avec  le  mot  anglo- 
saxon  broc,  vieux  Scandinave  hroh,  vieux  haut  allemand  bnioh,  même  sens, 
et  avec  le  latin  siiffragincs  «  jarrets  »  =  * sub-frâg-in-es,  c'est-à-dire  ce  qui 
est  sous  le  croupion,  *frâg,  il  résulte  qu'il  a  existé  une  racine  pleine  indo- 
européenne bhnlg,  dont  la  forme  réduite,  développée  par  intercalation  d'//, 
se  trouve  dans  le  latin,  frango.  Elle  a  été  employée  pour  désigner  le  vête- 
ment qui  couvrait  l'articulation  la  plus  haute  du  membre  inférieur.  Le 
nom  indo-européen  était  *bhrâga,  mot  apporté  probablement  avec  le  vête- 
ment dans  l'Europe  orientale  par  les  Scythes  et  transmis  par  eux  aux  Ger- 
mains avant  la  première  substitution  des  consonnes.  Après  cette  substitution, 
ce  mot  devint  en  germanique  brâka,  prononcé  broc,  brâk  par  les  Anglo- 
Saxons  et  par  les  Scandinaves.  C'est  la  forme  que  les  Gaulois  adoptèrent 
avec  le  vêtement.  Le  vieux  haut  allemand  brnoh  représente  un  étage  plus 
récent  du  développement  phonétique;  comparez  les  bnigoubra^  des  Bretons 
avec  ^'  breton  égal  /;  haut  allemand. 


XVI. 

Zeitschrh-t  fur  vekgi.f.ichi;xde  Spr.\chforschung  .\uf  dem  Gebiete 
der  indoger.\i.\nischex  Sprachen,  t.  XXVII.  —  Savant  mémoire  de 
M.  R.  Thurneysen  sur  le  verbe  celtique,  1°  la  particule  ro,  p.  52  ;  2°  le  dé- 
ponent et  le  passif  en  r,  p.  92;  5»  le  prétérit  en  /,  p.  11 1. 


1 48  Périodiciues. 


XVII. 

Revue  lpigraphiciue,  publiée  par  M.  Espcrandicu,  n''  99,  octobre,  no- 
vembre, décembre  1900.  —  P.  151.  Dédicace  au  dieu  gaulois  Bdiniis.  Elle 
a  été  trouvée  à  Gréasque,  Bouches-du-Rliône.  C'est  une  des  traces  épigra- 
phiques  peu  nombreuses  du  culte  de  ce  dieu  en  Gaule.  En  dépit  d'Ausone, 
Professores,  V,  7-14,  les  inscriptions  ont  surtout  offert  son  nom  hors  de 
Gaule,  voyez  HolJer,  Altcellischer  SprachscJjal-,  t.  I,  col.  571-573.  — 
P.  133  154.  Deux  dédicaces,  deo  anvalo  ou  anvallo  par  un  gutuater. 
Elles  ont  été  récemment  trouvées  à  Autun.  Le  dieu  Aitvahts  ou  Anvallns 
était  inconnu,  on  n'avait  jusqu'ici  rencontré  que  le  nom  divin  dérivé  écrit 
au  dti\\{  Anvahniiacii.  Pour  les  exemples  du  gaulois  \iX\msi  g  ut  uater,  voyez 
Holdcr,  t.  I,  col.  2046.  La  seconde  des  dédicaces  nouvellement  décou- 
vertes est  faite  par  le  gutuater  Norbaneiiis  Thalhis  dont  le  gentilice  Korha- 
neiiis  est  dérivé  de  Norba,  -aiios,  nom  de  la  ville  de  Narbonne,  avant  qu'elle 
fût  conquise  par  les  Gaulois,  qui  l'appelèrent  *Xarhti,  -otios,  d'où  le  latin 
Xarbo,  -ouis.  La  première  forme,  Norba,  est  attestée  par  Hécatée  de  Milet, 
cité  par  Etienne  de  Byzance  (Holder,  t.  II,  col.  689).  —  P.  i  ?6-i4i.  Dieux 
de  la  Gaule  par  Allmer,  suite:  Maires  Kemetiales,  Detis  Neriiis,  Kert., 
Nymphae. 

XVIII. 

PlBLICATIOXS   OF  THE  MODHRX    LaNGLAGE    AsSOCI.\TION    OF  A.MERICA, 

vol.  XV;  New  séries,  vol.  VIII  ',  p.  xxxi-x.\xix.  —  Lettre  de  M.  Charles 
P.  Monaghar,  secrétaire  de  Vlrish  Hhlorkal  Society  of  Maryhiiid,  à  Balti- 
more; cette  lettre  est  intitulée:  TheRcvival  of  the  Gaelic  Laiiguage.  L'auteur 
considère  comme  base  de  ce  renouvellement  les  efforts  faits  par  la  Society  for 
the  Preservalion  of  the  Irish  Langiiage,  fondée  à  Dublin  en  1877,  puis  les 
travaux  du  Rév.  Eugène  O'Grawney,  né  en  1863,  dans  une  partie  de  1  Ir- 
lande où  personne  ne  parle  irlandais,  et  qui  tout  jeune  se  prit  d'amour  pour 
la  vieille  langue;  il  apprit  l'irlandais  au  collège  de  Maynooth  où  il  entra 
en  1882  et  où  il  resta  six  ans.  Devenu  prêtre  en  1869,  il  fut  à  la  tète  du 
Gaelic  four  lia],  comme  co-directeur  à  paitir  de  cette  date,  comme  seul  di- 
recteur à  partir  de  1891.  En  1894,  déjà  malade,  il  alla  chercher  un  climat 
plus  doux  en  Arizona,  aux  confins  de  la  Californie,  où  il  est  mort  en  oc- 
tobre 1900.  La  Revue  Celtique  a  parlé  de  ses  livres.  A  côté  de  la  Gaelic 
League  de  Dublin  qui  publie  deux  journaux  :  Au  claidheauih  soliiis  «  L'épée 
de  lumière  »,  et  le  Gael  c  fonnial,  il  v  a  une  Gaelic  League  d'Amérique  pré- 
sidée par  le  Rév.  Richard  Henebry,  élève  de  M.  Henri  Zimmcr,  le  célèbre 
professeur  de  Greifswald.  Le  Rév.  Richard  Htnebry  est  professeur  d'ir- 
landais dans  la  chaire  fondée  à  l'Université  catholique  de  Washington  par 


I.   Baltimore,  in-8,  igeo,  vii-491-LXXXi  pages. 


Périodiques.  1 49 

VAncienl  Ordcr  of  Hibeniiaus,  association  de  pauvres  gens  qui  ont  souscrit 
50000  dollars  ou  250000  francs,  et  Miss  Mary  Moran,  de  Baltimore,  a 
ajouté  10  000  dollars,  50000  francs. 

XIX. 

Revue  des  études  grecques,  t.  XIII,  p.  450-465.  —  Mémoire  de 
M.  Francesco  P.  Garofiilo,  intitulé  «  Observations  sur  les  Galates  ou  Celtes 
d'Orient  ».  C'est  un  bon  résumé  de  ce  que  les  auteurs  anciens  nous  appren- 
nent sur  l'invasion  des  Celtes  en  Grèce  et  sur  leur  passage  en  Asie. 

XX. 

Revue  HisTORia.UE  de  Provence,  fe  année,  no  i.  —  M.  Clerc  traite 
«  Des  Ligures  dans  la  région  de  Marseille  ».  Il  s'est  trop  servi  de  mes  écrits 
pour  que  je  puisse  porter  sur  son  mémoire  un  jugement  impartial. 

XXI. 

Revue  archéologique,  année  1900.  —  Dans  la  revue  des  publications 
épigraphiques  relatives  à  l'antiquité  romaine  par  MM.  Cagnat  et  Bcsnier, 
on  trouve  mentionnés  quelques  noms  celtiques  intéressants.  Ainsi,  dans  le 
numéro  de  septembre-octobre,  des  inscriptions  trouvées  dans  l'empire  d'Au- 
triche, vallée  de  la  Leitha,  nous  donnent  les  noms  de  personnes  suivants: 
Oclo  Mai^iiricis,  Bussiiro  Attiiae  lihertiis,  Suadrii  Adnaini,  Venisa  Domioiiis 
_/[;//«],  Gaura  Domioiiis  J\ilia],  Aiiuca  Civnhrissae  J[Uia],  Belatiisa  Caiiti  ]\i- 
bertiis]  Boins,  Comalus  Verciovi /[iliiis].  Une  inscription  de  Koengcn  W'ùr- 
tenberg  offre  les  premières  lettres  simiel  du  nom  géographique  Stniielocfiiiia, 
une  autre  les  dernières  médiales  iiieloceiies  du  dérivé  Siimeloceiwnsis.  Le  nu- 
méro de  novembre-décembre  nous  présente  un  nouvel  exemple  du  nom 
d'homme  Ulattius  trouvé  en  Italie  à  Acqui,  près  de  Turin,  et  reproduit 
une  inscription  lue  sur  une  plaque  de  bronze  au  castcllum  de  Laugenheim 
dans  le  limes  qui  délimitait  la  Rétie  septentrionale,  on  y  trouve  mentionnée 
la  cohors  prima  Bit[urigiim\. 

XXII. 

The  Journal  of  the  Royal  Society  of  Antiquaries  of  Irelakd, 
5<=  série,  vol.  X,  part.  3.  —  Exploration  par  M.  S.  A.  d'Arcy  de  deux  habi- 
tations lacustres  près  de  Clones.  L'auteur  v  a  trouvé  des  objets:  joen  pierre 
probablement  néolithique,  2°  en  bronze,  5°  en  fer,  une  épée  de  fer,  ce  qui 
paraît  indiquer  une  occupation  très  prolongée  depuis  les  temps  les  plus 
anciens  jusqu'à  une  date  relativement  récente,  attestée  notamment  par  un 
soulier  de  cuir.  —  Mémoire  de  M.  Marcus  Keane  sur  la  belle  cloche  qui 
aurait  appartenu  à  saint  Senan  et  qui  remonterait  au  w^  siècle,  si  on  en 
croit  la  tradition.  —  .Mémoire  de  M.  J.-C.  Buckley  sur  la  croix  monunien- 


ijo  Périoiiic]iies. 

talc  de  pierre  dite  de  saint  Tola.  —  Note  de  M.  Stewart  Macalister  sur  les 
dernières  lettres  de  l'alphabet  ogamique,  elles  tireraient  leur  origine  des 
voyelles  romaines  o,  v,  i,  e,  a. 

XXIII. 

Revue  d'Ardewe  et  d'Argonxe,  no  de  novembre  1900.  —  Notice  par 
M.  P.  Collinet  sur  les  inscriptions  romaines  du  département  des  Ardenncs; 
inscription  inédite  où  nous  trouvons  le  nom  d'homme  A/t'j5/c//5  déjà  connue 
par  une  inscription  de  l'empire  d'Autriche  en  Carinthie,  voyez  Holder,  Alt- 
cellisclhT  Spiacbscbati,  t.  II,  col.  576. 

XXIV. 

Feiz  ha  Breiz.  —  Parmi  les  questions  dont  cette  revue  s'occupe,  il  y  en 
a  deux  qui  peuvent  être  de  la  compétence  de  la  Revue  Celtique  et  qui  en 
tout  cas  méritent  qu'on  en  parle  à  nos  lecteurs. 

Je  recevais  il  y  a  quelques  jours  la  visite  d'un  jeune  bachelier  d'ensei- 
gnement moderne,  qui  une  fois  sorti  du  collège  s'est  mis  à  apprendre  le 
latin.  Il  est  fils  d'un  instituteur  communal  non  congréganiste.  Son  père, 
qui  en  fait  de  langue  ne  savait  que  le  français,  se  trouva  un  jour  mis  à  la 
tète  d'une  école  primaire  rurale  dans  un  groupe  de  population  qui  ne  parlait 
que  breton.  Les  enfants,  ne  comprenant  rien,  n'apprenaient  rien.  Il  se  mit 
bravement  à  étudier  le  breton,  il  fit  sa  classe  en  breton  et  ses  élèves  furent 
en  grand  nombre  reçus  au  certificat  d'études.  Mais  un  jour  vint  un  ins- 
pecteur, qui  rappela  ce  maître  au  règlement.  «  Vous  devez  faire  votre  classe 
«  en  français,  l'emploi  de  toute  autre  langue  vous  est  détendu.  »  L'insti- 
tuteur voulut  résister.  11  fut  envoyé  avec  avancement  dans  une  commune 
où  tout  le  monde  parlait  français  et  où  son  breton  ne  pouvait  plus  lui  servir 
à  rien.  Il  y  a  de  cela  une  trentaine  d'années. 

Je  ne  suis  pas  instituteur  primaire.  Je  professe  en  français;  et  j'aurais 
bien  de  la  peine  à  faire  autrement  ;  mais  quand  je  me  trouve  en  face  d'un 
élève  anglais  auquel  le  sens  d'un  mot  français  échappe,  il  m'arrive  quel- 
quefois de  lui  dire  le  mot  anglais  et  je  ne  crois  pas  commettre  un  crime. 
je  penche  donc  à  croire  que  les  auteurs  de  Fei\  ha  Brci:^  ont  raison  lorsqu'ils 
demandent  que  le  maître  puisse  se  servir  du  breton  pour  expliquer  les  lois 
de  la  grammaire  française  aux  petits  Bretons  qui  ne  savent  pas  le  français. 

Il  y  a  un  point  sur  lequel  je  ne  puis  partager  les  idées  qui  paraissent  do- 
miner chez  Messieurs  les  auteurs  de  Feiz  ha  Breiz;  c'est  qu'il  faudrait  im- 
poser aux  Bretons  une  orthographe  uniforme,  comme  l'Académie  l'a  fait 
pour  le  français.  Mais  pour  avoir  une  orthographe  uniforme,  il  serait  préa- 
lablement nécessaire  de  parler  et  d'écrire  une  langue  unique.  Le  français 
est  le  dialecte  parisien  que  Paris  capitale  a  imposé  à  la  France  entière.  Or 
il  v  a  en  Bretagne  plusieurs  dialectes  et  aucun  n'a  le  droit  ni  le  moyen 
d'écraser  les  autres.  La  Bretagne,  d'ailleurs,  ne  possède  pas  un  groupe  de 
littérateurs  bretons  qui  puisse  avec  une  autorité  incontestée,  comme  l'Aca- 


Périodicjues.  1 5 1 

demie  française,  exercer  la  contrainte  morale  que  cette  Académie  a  jusqu'ici 
pratiqué  victorieusement  sur  tous  les  Français  lettrés.  La  plupart  de  ceux 
qui  raisonnent  sur  l'orthographe  breton  ne  n'ont  pas  plus  de  titres  scienti- 
fiques que  de  titres  littéraires.  Savent-ils  seulement  pourquoi  ker  sécrit  si 
souvent  par  /.•  barré,  et  non  par  c  comme  ils  le  voudraient.  Je  l'ai  dit  dans 
le  t.  XXI  de  la  Rn'in-  Celtique,  p.  256.  Le  prétexte  pour  rejeter  la  lettre  A- 
est  que  la  lettre  k  est  germanique  !!!  Et  l'alphabet  grec?  et  l'alphabet  latin? 
et  l'inscription  gauloise  de  Novare,  la  plus  ancienne  inscription  celtique 
probablement  qui  existe?  et  les  monnaies  gauloises?  Mais  trancher  une 
question  sans  étude  préal.ible  est  plus  commode  que  de  l'étudier.  Étudier 
est  si  ennuveux  1 

Paris,  le  5 1  janvier  1901 . 

H.  d'Arbois  de  Jub.\inville. 


/.(■  Proprii'lairi'-Géraiit  :  Veuve  E.  Bouillon'. 


Chartres.  —  Imprimerie  Durand,  rue  Fulbert. 


C  E   LT  I  C  A 


I.  —  Cai.edoxium  monstrum 

Au  deuxième  livre  de  son  beau  poème  consacré  à  l'éloge  de 
Stilicon,  Claudien  représente  les  diverses  nations  de  l'Empire, 
que  l'heureux  général  a  délivrées  de  la  terreur  des  Barbares, 
venant  le  prier,  dans  le  temple  même  de  Rome,  d'accepter 
le  consulat  (400  ap.  J.-C).  Chacune  de  ces  nations  person- 
nifiées est  décrite  et  le  poète  lui  prête  un  discours.  L'Espagne 
porte  une  couronne  d'olivier  et  une  robe  pailletée  de  l'or  du 
Tage;  la  Gaule,  tenant  deux  javelots  à  la  main,  se  distingue 
par  sa  chevelure  blonde  et  le  torques  qui  orne  son  cou.  Puis 
c'est  le  tour  de  la  Bretagne  tatouée  : 

Inde  Caledonio  velata  Britannia  monstre, 
Ferro  picta  gênas,  ciijus  vestigia  verrit 
Caerultis  Océanique  tvstnin  mentitur  amictus  ' . 

Ces  vers  sont  d'autant  plus  intéressants  que  l'art  antique  ne 
nous  a  conservé  aucune  figure  personnifiant  la  Bretagne.  Il  en 
existait  cependant,  témoin  cette  dédicace  de  York  :  Britanniae 
sanctae  P .  Nikomcdes  Aug(iistoruiii)  ii(oslronini)libertiis^,  et  cette 
autre  du  Noricum  :  \N]oreiae  re\g(inae)  c]t  Britannia(e)^.  Mais 
les  images  que  consacraient  ces  dédicaces  ont  disparu.  Les  au- 
teurs des  articles  Britannia,  dans  le  Lexicon  de  Roscher  et  dans 

1.  Claudien,  De  laiidib.  Stilich.,  II,  247.  Le  V(aiicanus)  2809  a  Calidonio, 
le  Mediceus  a  Calcedonio  (Claudien,  éd.  Jeep,  t.  I,  p.  23g. 

2.  Corp.  inscr.  lat.,  Vil,  252. 
5.   Ibid.,  III,  5300. 

Revue  Celtique,  XXII.  1 1 


1 54  Salomon  Riin.uh. 

la  Rcal-Eucyclopadie  de  Pauly-Wissown,  ont  bien  rappelé  ces 
inscriptions  et  quelques  autres  (dédiées  aux  Britannac  maires 
et  au  Gcuiits  ternie  Brilannicae),  mais  n'ont  pas  mentionné  à 
cette  occasion  les  vers  de  Claudien. 

Le  passage  cité  ofîre  une  dillîculté  qui  a  tort  embarrassé  les 
commentateurs  :  qu'est-ce  que  le  luouslre  calédonien  dont  est 
voilée  ou  revêtue  la  Bretagne  ?  What  ihal  calcdonian  nionster 
was,  écrit  Camden',  /  ani  iitlerly  ig)iorant.  Sur  quoi  Gough, 
l'éditeur  de  Camden,  met  en  note  cette  observation  ridicule: 
A  very  Utile  attention  to  ihe  ivbole  passage  vouid  hâve  toJd 
M.  Camden  that  Claudian  meanî  ihe  men  and  not  ihe  beasts  of 
CaJedonia  and  ralled  iheni  monsiers  in  ihe  same  sensé  that  an 
European  niight  speak  of  the  présent  Cherohees  or  Sonih-sea  savages. 
Il  est  difficile  de  pousser  plus  loin  la  déraison!  — Dans  l'édition 
Variorum  de  Claudien  donnée  par  Lemaire,  on  lit:  Ouidnani 
intelligendnm  sit  per  Caledoniuni  monstrum,  non  salis  constat. 
Barihins  ignolam  fera  m  fuisse  putal.  El  poterat  sane  tnonstri  aligna 
species  fingi,  CaJedoniique  maris  proprium  haheri,  quuni  tota  sep- 
ienlrionalis  plaga  niiraculorum  plena  ah  Romanis  existimaretnr 
(Tac,  Ann.,  II,  24).  Le  commentaire  rappelle  ensuite  que 
Juvénal  (X,  14)  qualifie  la  baleine  de  Britannica  et  que, 
d'après  Burmann,  une  note  sur  le  manuscrit  de  Leyde  porte  : 
monstro,  id  est  cete.  Mais  comme  Li  déesse  Bretagne  est  vêtue 
d'une  robe  bleue  {caerulus  ...  amiclus\  la  dépouille  d'une  ba- 
leine pouvait  tout  au  plus  orner  sa  tête,  ce  qui  n'est  pas  aisé  à 
concevoir.  Heinsius  a  voulu  lire  vallata  Britannia  ponto,  conjec- 
ture à  rejeter  ainsi  qu'une  autre,  proposée  parle  même  savant: 
vectaia  Britannia  monstro.  Gesner  et  Burmann  ont  pensé  qu'il 
s'agissait  de  la  dépouille  d'un  ours  et  ont  rappelé,  à  ce  propos, 
le  vers  de  Martial  {Spect.,  7),  seul  témoignage  de  l'existence 
de  l'ours  en  Calédonie  : 

Xtiila  Caledouio  sic  pcctora  praebuit  iirso. 

Mais  le  commentateur  se  demande  avec  raison  si  un  ours 
peut  bien  être  qualifié,  même  en  poésie,  de  monstrnm. 

Il  me  semble  que  l'explication  cherchée  doit  partir  de  ce 

I.  Camden,  Britiuniia,  éd.  Gough,  t.  III,  p.  367. 


Cr!ti(\i.  1^5 

principe  que  ClauJien  voulait  être  compris,  sans  qu'il  fût 
besoin  de  commentaires,  par  les  lecteurs  de  son  temps. 
Nous  avons  donc  à  nous  demander  ce  que  les  mots  Calc- 
doniiiin  inoiistriini  devaient  signifier  le  plus  naturellement  pour 
eux. 

Le  nom  romain  de  l'Ecosse,  Calcdonia,  se  présente  souvent, 
dans  les  meilleurs  manuscrits,  sous  la  forme  Calidonia.  Même 
dans  l'unique  et  médiocre  manuscrit  de  VAgricola  de  Tacite, 
on  trouve  plus  fréquemment  Calidonia  que  Caledoiiia^  ;  Nen- 
nius  (c.  56)  écrit  encore  Silva  Cclidonis.  M.  Rhys  pense  que 
la  désignation  indigène  pouvait  être  Calido,  génitif  Calidinos, 
d'où  Caildoin  dans  Di'inchaildcn  ou  Diinhdd,  et  en  brythonique 
ancien  Calido,  génitif  Calidonos,  devenu  Cch'ddon  dans  Coed 
Ceh'ddon,  la  forêt  calédonienne-. 

D'autre  part,  la  Calédonie  était  surtout  connue  des  Romains 
par  l'épaisse  forêt  qui  en  couvrait  une  grande  partie,  Cale- 
doniim  silvae^^,  Calcdonii  liici'*,  silva  CaJidoniac^,  salins  Cali- 
donius^.  L'armée  de  Septime  Sévère,  dans  la  campagne  qu'elle 
y  fit,  s'avançait  en  abattant  des  arbres?.  Ptolémée  appelle  cette 
forêt  KxKr^zir.z;  opj\j.i:;  elle  s'étendait  probablement  de  l'ouest 
du  district  de  Menteith,  dans  les  environs  de  Loch  Lomond,  à 
travers  le  pays  entier  jusqu'à  Dunkeld'^. 

Florus  dit  que  César  poursuivit  les  Bretons  dans  les  forêts 
calédoniennes,  Calcdouias  scciiiiis  insilvas9.  Or,  c'est  à  peine 
si  César  a  passé  la  Tamise;  donc,  pour  Florus,  Caledonius  était 
simplement  synonyme  de  Britannicus.  Cette  extension  du  sens 
de  Caledonius  est  presque  de  règle  chez  les  poètes  romains  de 
l'époque  impériale.  Ainsi  Valerius  Flaccus  parle  de  YOceanus 


1.  Hùbner,  art.  Calcdonii  dans  Pauly-Wissowa,  Real-EncycL,  p.  1348.  Je 
rappelle  qu'un  des  meilleurs  manuscrits  de  Claudien  porte,  au  vers  cité, 
Calidonia. 

2.  J.  Rhys,  Early  Brilain,  p.  283. 

3.  Eumène,  Paiieg.  Constant.,  7. 

4.  SU.  Italie,  III,  597. 

5.  Pline,  Hist.  Nat.,  IV,  102;  Florus,  III,  10,  18. 

6.  Florus,  I,  17,  3  :  Martian.  CapclL,  VI,  666. 

7.  "TXa;  TJav'ov,  Dion,  LXXVI,  13. 

8.  Rhys,  Early  Brilain,  p.  225. 

9.  Florus,  III,  10,  18. 


1  ^6  Salomon  Reinach. 

CalcdouÏHS  ';  Stacc  écrit,  dans  un  passage  où  il  est  évidemment 
question  de  la  Bretagne  insulaire  en  général  : 

Ottanta  Calaloiios  atlollct  gkvia  cainpos!^ 

Martial  flut  même  de  Cakdoiiitis  une  simple  épithète  de 
Britanuus  : 

Quinte,  Caledoiiios  Ovidi  visiire  Britatiiws. . .  î 

De  même  Claudien,  dans  le  Oiiaîrièmc  consulat  d'Honorins, 
dit  du  comte  Théodose  : 

lUe  Caîedoiiiis  posiiil  qui  castra  pruiiiis...  a 

Or,  nous  savons  par  Ammien  i\Iarcellin>  que  le  comte  Théo- 
dose n'a  guère  dépassé  Londres,  où  il  avait  son  quartier  général. 
Il  résulte  de  ce  qui  précède:  i°  que  l'expression  Cakdûniuvi 
monstrum  devait  éveiller,  tout  d'abord,  l'idée  d'une  forêt  ha- 
bitée par  des  animaux  sauvages  ;  2°  que  cette  forêt  n'était  pas 
proprement  le  Saltus  Calcdonius,  mais  une  région  beaucoup 
plus  vaste,  assimilée  poétiquement  à  toute  l'île  de  Bretagne. 

L'édition  de  Stace  que  j'ai  sous  les  yeux  imprime  Calxdo- 
iiios  ...  cainpos.  Ce  n'est  là  qu'une  bévue;  mais  la  confusion 
de  la  Calédonie  et  des  champs  de  Cahdon,  célèbres  par  la 
chasse  de  Méléagre,  doit  être  très  ancienne.  Ainsi  s'explique, 
comme  je  l'ai  conjecturé  il  y  a  dix  ans^,  la  légende  rapportée 
par  Solin/,  d'après  laquelle  Ulysse  aurait  abordé  en  Calédonie 
où  un  autel,  portant  des  lettres  grecques,  attestait  son  passage. 
Pour  justifier  l'existence,  dans  le  nord-ouest  de  l'Europe,  d'un 
pays  désigné  par  un  nom  hellénique,  il  était  naturel  que  l'au- 
teur suivi  par  Solin  —  peut-être  Pythéas  ou  Timée  —  fît 
intervenir  Ulysse,  le  grand  voyageur,  dont  on  signalait  aussi 
des  souvenirs  en  Germanie,  à  Asciburgium  ^,  et  à  l'extrémité 


1.  Val.  Flacc,  Argon.,  I,  9. 

2.  Stace,  Silves,  V,  2,  142. 

3.  Martial,  X,  44,  i. 

4.  Claudien,  De  IV  Cons.  Honor.,  27. 

5.  Ammien,  XXVII,  8. 

6.  Revue  Celtique,  1890,  p.  165. 

7.  Solin,  XXII,  I. 

8.  Tacite,  Geriu.,  3. 


Ccltica.  157 

de  l'Armoriquc,  où  l'on  disait  qu'il  avait  évoque  les  morts  ^ 
Un  antiquaire  anglais,  Powell,  n'hésitait  pas  à  écrire,  en  1770, 
que  les  Romains  avaient  appelé  Calidoiiia  les  parties  boisées 
de  la  Bretagne  en  souvenir  de  la  forêt  de  Calydon-.  Ce  rap- 
prochement de  noms  est  trop  facile  pour  n'avoir  pas  été  tenté 
fort  anciennement. 

Le  sanglier  envové  par  Artémis  pour  dévaster  les  champs  de 
Calvdon  en  Étolie  était  bien  un  moiistruiii,  puisqu'il  fallut, 
pour  en  venir  à  bout,  toute  une  armée  de  héros.  Il  me  semble 
évident  que  le  public  lettré  du  temps  de  Claudien  devait  en- 
tendre, par  Calidonium  nionstntiii,  un  sanglier  de  taille  énorme; 
il  y  avait  là  comme  un  jeu  de  mots  érudit  qui  ne  pouvait  offrir 
d'ambiguïté  pour  ses  lecteurs. 

On  se  figure  fort  bien  la  Bretagne  personnifiée  portant  sur 
sa  tête,  comme  un  voile  (velala),  la  dépouille,  c'est-à-dire  la 
hure  d'un  sangfier.  L'emploi  du  nom  d'un  animal  pour  dési- 
gner sa  dépouille  était  familier  aux  poètes  latins;  témoin  Sé- 
nèque,  qui  dit  d'Hercule:  Armatus  venit  leone  et  hydrâ^,  pour 
signifier  qu'il  porte  la  peau  du  lion  de  Némée  et  celle  de 
l'hydre  de  Lerne. 

Le  sanglier,  totem  et  emblème  des  Celtes  continentaux,  est 
également  un  animal  sacré  et  symbolique  en  Bretagne.  Il  est 
fréquent  sur  les  monnaies  insulaires,  en  particulier  sur  celles 
des  Iceni-t  et  au  revers  des  pièces  de  Cunobelin  5  ;  ailleurs,  il 
apparaît  souvent  à  l'état  de  synibole  accessoire.  «  Iii  the  Irans- 
niiilalions  luhich  the  txpes  sa  fréquent  I\  umlenuentj  dit  sir  J.  Evans, 
the  boar  is  often  joitnd  occupying  the  place  of  soiiie  olher  adjiinct. 
It  occtirs  heneath  the  horse,  or  above  his  back,  or  eveii  supplaiits  the 
horse  or  bitll.  »  Sur  une  monnaie  de  style  barbare,  le  même 
numismate  a  cru  reconnaître  la  partie  supérieure  d'une  en- 
seigne surmontée  d'un  sanglier^,  type  qui  se  trouve  sur  les 


1.  Claudien,  In  Rufiii.,  I,  124. 

2.  Arctjaeologia,  t.  11(1773),  p.  241. 
}.  Sénèque,  Herc.fur.,  46. 

4.  J.  Evans,   Tfie  Coins  of  Uk  Ancient  Brilons,  Londres,    1864,  p.   120, 
126,  24s.  266,  322,  523,  331,  352,  354,  401. 

5.  Ibid.,  p.  121,  222;  cf.  pi.  XII,  4. 

6.  Evans,  T/je  Coins,  etc.,  Supplem.,  Londres,  1890,  p.  447  (pi.  K,  no  13). 


I  5 s  S-ilomon  Riinacli. 

pièces  gauloises  de  Dubnorix  et  des  Aulerques  Eburovices  ', 
ainsi  que  sur  un  bas-relief  de  Metz-.  Plusieurs  statuettes  de 
sangliers  en  bronze,  certainement  de  fabrique  indigène,  ont  été 
recueillies  à  Hounslo\v3.  Un  sanglier  (silhouette  gravée)  dé- 
core le  milieu  du  grand  bouclier  découvert  dans  la  rivière  Wi- 
tham4.  Dans  le  nord  de  l'Angleterre,  on  trouve  souvent  des 
sangliers  sculptés  en  relief  sur  des  stèles:  citons  un  autel  de 
Cilurnum,  avec  un  sanglier  au  galop  >;  une  pierre  de  ^'indo- 
lana  avec  l'inscription  leg.  XXV(akria)  v(iclri.\)  et  un  san- 
glier^; un  autel  d'Amboglanna  avec  dédicace  des  soldats  de 
la  même  légion  au  dieu  Cocidius  et  l'image  d'un  sanglier  au 
galop';  un  autel  d'Ebchester,  avec  dédicace  Dco  Viiiri  et,  sur 
les  tranches,  un  oiseau  d'une  part,  un  sanglier  de  l'autre^; 
une  stèle  de  Mayport  avec  dédicace  de  la  XX^  légion  et  san- 
glier au  galop9;  une  autre  de  Netherby,  sans  autre  sculpture 
qu'un  sanglier  au  repos  devant  une  stèle'".  En  commentant  ce 
dernier  objet,  Bruce  fait  observer  que  le  sanglier  était  l'em- 
blème de  la  XX^  légion  et  ajoute:  Wriiers  of  ihe  ïast  ceniiiry 
regarded  it  as  an  einhJcin  of  Caledonia.  Ces  vieux  archéologues 
n'avaient  sans  doute  pas  tort.  La  XX"  légion,  cantonnée  en 
Bretagne  depuis  l'époque  de  Claude'%  peut  bien  avoir  eu,  dès 
l'origine,  le  sanglier  pour  insigne,  puisque  le  sanglier  est  aussi 
un  des  vieux  emblèmes  militaires  romains;  mais  il  n'est  pas 
invraisemblable  que  son  insigne  se  soit  confondu  avec  celui 
des  Bretons  indigènes,  comme  il  figure  sur  des  dédicaces  de 
légionnaires  aux  divinités  du  pays. 

Alors  que   le  sanglier  est  d'un  usage  si  fréquent  dans  les 
monuments  de  la  Bretagne  insulaire^  l'ours  n'est  mentionné, 

1.  Hucher,  Art  gaulois,  pi.  III  et  LXXIV. 

2.  S.    Reinach,    Catal.    sommai re  du    Musée   de   Saint-Gci  iiiaiu,    p.    46 
(iT^  II 566). 

5.  Franks,  Proceedings  of  the  Soc.  of  Aiitiqiiaries,  1865,  p.  7  (25  mars). 

4.  Horae  Feralc;,  pi.  XIV. 

5.  Lapidarium  septentrionale,  ï\°  114. 

6.  Ihid. 

7.  Ibid.,  no  574. 

8.  Ibid.,  no  666. 

9.  Ibid.,  n°  892. 

10.  Ibid.,  no  787. 

1 1.  Voir  l'art.  Legio  du  Dict.  des  Antiq.,  p.  1088. 


C<7//(\! . 


i$9 


en  relation  avec  ce  pays,  que  dans  le  seul  vers  cité  plus  haut 
des  Spectacles  de  Martial.  Il  semblerait  donc  préférable  de  re- 
connaître un  sanglier  dans  le  CaIcdo)iiiiin  iiioiislnuii  de  Clau- 
dien,  même  si  nous  n'avions  pu  alléguer,  à  l'appui  de  cette 
opinion,  la  vraisemblance  dune  confusion  très  ancienne  entre 
la  Calédonie  et  les  champs  de  Calydon. 


II. 


Ux  Dieu  au  mailllt  i.\iiîi:rbh 


Il  a  déjà  souvent  été  question,  dans  la  Revue  Cellique,  du 
dieu  gaulois  au  maillet,  depuis 
le  mémoire  initial  de  M.  de 
Barthélémy,  qui  fut  comme  le 
parrain  de  ce  dieu  %  jusqu'à 
celui  où  j'ai  établi,  à  la  suite  de 
M  Michaelis,  que  le  dieu  au 
maillet  s'était  appelé  Sucellus, 
du  moins  dans  une  partie  de  la 
Gaule-.  Je  ne  reviendrais  pas 
sur  le  sujet  si  je  n'avais  qu'à  si- 
gnaler quelques  exemplaires 
nouveaux  de  ce  type,  dont  il 
existe  encore  nombre  de  spéci- 
mens inédits  dans  les  collections 
provinciales  et  privées.  Mais 
celui  que  je  veux  faire  connaître 
aux  lecteurs  de  la  Revue  se  dis- 
tingue de  tous  ceux  dont  il  a  été 
question  jusqu'à  présent  par 
deux  caractères  également  cu- 
rieux :  il  a  été  découvert  en  Dane- 
mark et  il  est  imberbe  (fig.  i). 

Le  Danemark  et  la  partie  mé- 
ridionale de  la  Suéde  ont  fourni  un  certain  nombre  d'objets 


\  'M 


n 


j^ 


^^^X 


FlG.     1. 


Dieu'au  maillet  découvert  en 
Danemark. 


1.  Revus  Celtique,  1870,  p.  i  et  suiv. 

2.  Ibid.,  1895,  p.  45. 


i6o  Soloinon  Remach. 

—  statuettes  et  vases  de  bronze,  monnaies,  verreries  —  qui 
sont  évidemment  de  fabrication  romaine-.  Pour  nous  en  tenir 
aux  statuettes,  je  crois  que  la  liste  suivante,  disposée  par  sujets, 
n'est  pas  loin  d'être  complète: 

Zcus.  Partie  supérieure  d'une  figurine  représentant  Zeus  en 
marche,  type  rare,  découverte  à  Fionie  (^Aarbogcr,  1900,  p.  67). 

—  Buste  de  Zeus  trouvé  au  Slesvig  {Mém.  de  la  Soc.  des 
Antiq.  du  Nord,   187 1,  p.  vi,   i). 

Mars.  Statuette  du  type  connu  dit  Mars  ullor,  de  Sélande 
(Montelius,  Temps  préhist.  de  la  Suède,  fig.  220).  —  Autre 
Mars  d'un  tvpe  plus  rare,  de  Fionie  {Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq. 
du  Nord,  1 871,  pi.  V,  2). 

Vénus.  Statuette  du  type  connu  dit  Yènus  geni tri. x,  d'Œland 
(Montelius,  fig.  214).  —  Vénus  demi-nue,  de  Fionie  ÇMéni. 
de  la  Soc.  des  Antiq.  du  Nord,   1871,  pi.  III). 

Éphèhc  nu  debout  [Apollon?)  Statuette  de  Fionie  (Méni., 
1871,  pi.  I). 

Ephèbe  nu  assis  (Mercure?)  Statuette  de  Langeland  (Jbid., 
pi.  VI,  2). 

Génies.  —  Deux  génies  demi-nus,  le  premier  tenant  une 
patère,  découverts  l'un  dans  TUpland  (Montelius,  fig.  213), 
l'autre  au  Jutland  {Mém.,  1871,  pi.  II). 

Lare.  Statuette  du  type  romain  connu,  trouvée  à  Fionie 
(Aarboger,  1900,  p.  75). 

Prêtre  imberbe  ou  prétresse,  avec  couronne  radiée,  du  Jutland 
{Mém.,  1871,  pi.  VII).  Imitation  barbare  d'un  modèle  clas- 
sique. 

Homme  debout  tenant  une  rame,  statuette  du  Jutland  (Mém., 
1871,  pi.  VIII).  Les  traits  et  la  chevelure  bouclée  de  ce  per- 
sonnage rappellent  beaucoup  les  bronzes  gallo-romains  de  style 
indigène. 

Taureau.  Statuette  d'Œland  (Antiquités  suédoises,  fig.  370). 

Sphinx.  Statuette  de  Sélande  (Mém.,  187 1,  pi.  V,  i). 

De  ces  quinze  statuettes,  il  n'en  est  aucune  dont  on  puisse 
I.  Montelius,  Temps  préhist,  en  Suède,  trad.  S.  Reinach,  p.  153. 


Cfltica .  1 6 1 

affirmer  qu'elle  provienne  d'Italie  ;  les  meilleures  ressemblent 
aux  produits  courants  de  l'art  romain  provincial.  L'une  d'elles 
(l'homme  avec  la  rame)  est  probablement  gallo-romaine;  une 
autre  (le  prêtre  radié)  est  barbare,  sans  qu'on  puisse  suggérer 
une  provenance.  En  tous  les  cas,  la  rareté  de  ces  figurines  suf- 
firait à  prouver  qu'elles  sont  des  objets  d'importation,  au  même 
titre  que  les  verreries  et  les  monnaies  romaines;  l'hvpothèse 
d'une  fabrication  locale  de  statuettes  de  bronze  ati  Danemark 
est  absolument  inadmissible. 

A  ces  quinze  statuettes  est  venu  s'ajouter,  eu  1900,  un 
exemplaire  du  dieu  gaulois  au  maillet,  découvert  à  Fionie,  qui 
a  été  publié  dans  les  Aarboger  par  M.  Blinkenberg^ 

L'attitude  et  le  costume  sont  absolument  conformes  à  ceux 
des  nombreux  petits  bronzes  représentant  le  même  dieu  que 
j'ai  énumérés  et  figurés  en  1895  :  le  bras  droit  abaissé,  le  bras 
gauche  élevé,  le  corps  vêtu  d'une  blouse  serrée  à  la  taille  par 
une  ceinture  nouée,  un  manteau  agrafe  sur  l'épaule  droite  et 
retombant  sur  le  dos.  Grâce  au  bronze  de  Pernaud,  seul  intact 2, 
et  aux  bas-reliefs,  nous  savons  que  le  bras  gauche  levé  tenait 
la  hampe  d'un  maillet  et  que  le  bras  droit  abaissé  tenait  un 
vase.  Dans  l'état  où  se  présente  la  figurine  de  Fionie,  on  ne 
pourrait  pas  placer  un  vase  dans  la  main  droite;  cela  s'explique 
sans  doute  parce  que  la  main  a  subi  une  torsion,  apparente 
même  sur  la  photographie. 

Ce  qui  est  absolument  nouveau,  c'est  la  physionomie  du 
dieu.  Alors  que  tous  les  exemplaires  signalés  jusqu'à  présent, 
au  nombre  de  plus  de  cent,  sont  barbus  et  donnent  la  même 
impression  que  le  Jupiter  Sérapis  de  l'art  classique?,  le  dieu  au 
maillet  de  Fionie  est  un  éphèbe  souriant,  d'un  type  voisin  de 
ceux  de  Mercure  et  d'Apollon. 

Comme  tous  les  dieux  au  maillet  ont  été  découverts  en  Gaule 
ou  en  pays  celtique,  il  semble  évident  que  celui  de  Fionie  est 
sorti  d'un  atelier  gallo-romain.  S'il  est  imberbe,  contre  l'usage 
constant,  c'est  que  l'atelier  en  question  destinait  cette  figurine 

1.  Aarboger,  1900,  p.  75. 

2.  Bronzes  figurés,  p.  138. 

3.  La  divinité  de  la  stcle  de  Nolay  est  certainement  féminine  :  c'est  la 
parédre  du  dieu  au  maillet  {Bron:(es  figurés,  p.  171J. 


i62  Salomoii  Rciiuhli. 

à  un  pays  où  le  dieu  du  tonnerre  était  conçu  comme  jeune, 
tandis  que  la  Gaule,  comme  l'Italie  et  la  Grèce,  scie  figuraient 
sous  les  traits  d'un  homme  fliit  ou  d'un  vieillard. 

La  découverte  du  vase  de  Gundestrup,  de  fabrication  indu- 
bitablement Scandinave,  très  différent  de  tous  les  produits 
gallo-romains  ^  nous  a  fourni  la  preuve  que  plusieurs  concep- 
tions mythologiques  de  la  Gaule  romaine  se  retrouvaient  dans 
la  mythologie  du  Nord.  Il  y  a,  toutefois,  une  différence  im- 
portante et  de  même  ordre  que  celle  que  nous  avons  signalée: 
le  dieu  accroupi,  à  cornes  de  cerf,  est  imberbe  sur  le  vase  de 
Gundestrup  2,  alors  qu'il  est  barbu  dans  les  monuments  gallo- 
romains  5. 

Les  archéologues  qui  se  sont  occupés  avant  moi  du  dieu  au 
maillet,  notamment  M.  Gaidoz^,  ont  insisté  sur  l'analogie  de 
ce  type  avec  celui  du  dieu  Scandinave  Thor.  S'ils  ont  raison, 
l'assimilation  a  dû  être  faite  dès  l'époque  romaine;  les  Scandi- 
naves auront  reconnu  Thor  dans  le  dieu  tonnant  des  Gaulois, 
comme  une  autre  de  leurs  divinités,  dont  nous  ignorons  le 
nom,  dans  le  dieu  gaulois  cornu  et  accroupi,  Cernunnos.  Mais 
si  le  Thor  Scandinave  était  conçu  comme  un  éphèbe,  les 
images  du  dieu  au  maillet  fiibriquées  en  Gaule  ne  pouvaient 
convenir  aux  habitants  du  Danemark  ;  on  comprend,  dès 
lors,  qu'ils  en  aient  commandé  une  variante  imberbe  à  leurs 
fournisseurs  gallo-romains  ' . 

Mais  Thor  était-il  conçu  sous  les  traits  d'un  éphèbe  ?  Dans 
la  mythologie  germanique  de  date  récente,  la  seule  dont  nous 
ayons  quelque  connaissance  directe,  Thor  est  un  dieu  jeune, 
pourvu  d'une  barbe  rousse^.  On  peut  douter  que  ce  dernier 

1.  Xordiskd  Fortidsiiiinder,  t.  II  (seule  publication  complète). 

2.  Jlnd.,  pi.  IX. 

5.  Broit:j:s  fyiiirs,  p.  185  et  suiv. 

4.  Revue  ai chéol.,  1890,1,  p.  172,  176. 

5.  L'existence  de  ces  «  fournisseurs  gallo-romains  »  est  mise  hors  de 
doute  par  la  découverte,  faite  au  Vestmanland,  d'un  vase  de  bronze  avec 
dédicace  à  Apollon  Grannus  (Montelius,  op.  laitd.,  fig.  212),  comme  aussi 
par  celle  de  plusieurs  objets  émaillés  de  fabrique  gallo-romaine  (Montelius, 
op.  laiid.,  p.  160). 

6.  Mogk,  ap.  Paul,  Griiiidriss,  t.  I,  p.  1092:  «  Von  grosscm  IVuchsc,  schô- 
ih'iit  Aiitlit~,  jun^  ...  ïdvraU  ahcr  viit  rotciii  Barlc.  »  L'identification  de  Thor 
avec  Jupiter  et  Hercule  ne  nous  apprend  rien  sur  son  tvpe  pli\-sique;  tou- 


Ccltica. 


165 


^ 


trait  soit  primitif;  on  peut  aussi  foire  observer  que  l'art  an- 
tique ne  prête  jamais  de  barbe  aux  dieux  juvéniles  et  que, 
par  suite,  alors  même  qu'un  Danois  eût  «  commande  »  en 
Gaule  un  dieu  ait  maillet  jeune,  mais  barbu,  l'artiste  n'aurait  pu 
le  satisfaire  sans  créer  un  type,  comme  celui  de  Jésus  adulte, 
dont  l'art  gréco-romain  n'offre  pas  d'équivalent.  Sur  le  vase  de 
Gundestrup,    il   y    a    des 


personnages  barbus  et  des     f    -^^^  '     i'^^^'f.'ê  j 

personnages  imberbes;  les 
premiers  sont  tous  des 
vieillards,  les  seconds  des 
hommes  dans  la  force  de 
l'âge.  Même  le  dieu  qui 
lutte  avec  un  lion,  repro- 
duisant le  motif  classique 
d'Hercule  qui  combat  le 
lion  de  Némée,  est  im- 
berbe. Il  semble  donc 
qu'à  une  époque  anté- 
rieure aux  textes  qui  nous 
restent,  les  hommes  du 
Nord  aient  considéré  la 
face  imberbe  comme  un 
attribut  de  la  force  et  de 
l'activité  divine.  Evidem-  i-  •' 
ment,  ce  ne  sont  là  que  i 
des  hypothèses;  je  de-  ^^- 
mande  seulement  qu'on 
veuille  bien  reconnaître 
l'importance  du  nouvel  élément  qu'introduit  la  découverte  de 
la  statue  de  Fionie  dans  la  question  du  Thor  germanique 
et  de  ses  rapports  avec  le  Sucellus  gallo-romain. 

Par  la  même  occasion,  je  crois  utile  de  présenter  à  nos  lec- 
teurs un  bas-relief  du   musée  de    Besançon,    de   provenance 


M  '-l 


lljs-rclit't  dii   Mu^ce  Ue    r 


an  (,011. 


tefois,  lorsqu'on  lit  dans  Adam  de  Brème  (IV,  26):  Thor  citm  sceplro  Jovcdi 
simulare  videlitr,  on  pourrait  conclure  de  là  que  l'analogie  entre  les  deux 
dieux  tenait  moins  à  leur  apparence  qu'à  leurs  attributs.  Mais  que  vaut  un 
texte  d'Adam  de  Brème  r 


164  SAlomon  Reinach. 

comtoise  imprécise,  qui  a  été  publié  par  M.  A.  Vaissier  sous 
ce  titre  un  peu  singulier:  une  figuration  inédite  des  dieux  Mânes 
(tig.  2)'.  Il  s'agit  d'un  groupe  comprenant,  à  gauche,  une 
femme  drapée  qui  tient  un  vase,  à  droite  un  homme  en  blouse, 
le  bras  gauche  levé  et  tenant  un  vase  dans  la  main  droite.  La 
comparaison  de  ce  bas-relief  avec  celui  de  Sarrebourg^  prouve 
que  le  couple  représenté  est  celui  de  Sucellus  et  de  Nanto- 
svelta.  Les  deux  mêmes  personnages,  non  plus  debout,  mais 
assis,  paraissent  sur  une  stèle  découverte  en  1895  ^  Vertillum 
par  la  Société  archéologique  du  Châtillonnais  5. 

Salomon  Reixach. 


1.  Mè)ii.  de  la  Soc.  d'éinid.  du  Doubs,  1895  (t.  X),  p.  545. 

2.  Bien  gravé  dans  le  Guide  illustré  du  Musée  de  Saint-Germain,  fig.  52. 

3.  Rev.  archt'ol.,  1900,  I,  p.  142.  — Voici  la  liste  des  dieux  au  maillet, 
dont  j'ai  eu  connaissance  depuis  la  publication  des  Bronies  figurés  où  j'en  ai 
dressé  la  liste  :  Ch:r(?)  Musée  de  Bourges.  Statuette  de  bronze,  Méni.  de  la 
Soc.  des  A  ni  il],  du  Centre,  t.  XXI,  pi.  III,  p.  11.  —  Côte-d'Or.  Bas-relief  de 
l'ancienne  collection  Baudot  de  Panv-la-ville,  au  musée  de  Beaune.  Femme 
assise  tenant  une  corne  d'abondance,  à  côté  du  dieu  barbu  assis  tenant  vase 
et  maillet.  Moulage  à  Saint-Germain,  n°  55058.  — •  Bas-relief,  décrit  plus 
haut,  de  Vertillum.  —  Statuette  de  bronze  trouvée  à  Nuits,  vendue  à  Dijon 
avec  la  collection  Baudot,  aujourd'hui  chez  moi.  ■ —  Marne.  Terre  cuite 
blanche  de  la  collection  Habert  à  Reims  :  partie  supérieure  de  la  statuette 
d'un  dieu  barbu  tenant  un  maillet.  On  en  a  signalé  de  semblables  à  Bourg 
et  à  Cologne  (Bull,  de  la  Soc.  des  Antiquaires,  16  mai  1900;  Rev.  arch., 
1900,  II,  p.  461).  —  Haute-Saône.  Statuette  en  bronze  au  Musée  de  Chalon- 
sur-Saône;  le  dieu  tient  les  deux  bras  abaissés.  —  Savoie.  Partie  supérieure 
d'une  statuette  de  bronze  trouvée  à  Viuz  (Marteaux  et  Le  Roux,  Foie  ro- 
maine de  Boutac  a  Aqiiae,  Annecy,  1901,  p.  41,  fig.  4).  —  Alsace-Lorraine. 
Stèle  de  Sarrebourg  au  xMusée  de  Metz,  avec  Sucellus,  Nantosvelta  et  un 
corbeau  (Rev.  Celtique,  1S95,  p  45).  —  Suisse.  Statuette  de  bronze  à  la 
Barfùsslerkirche  de  Bàle  (Musée  d'antiquités). 


THE  DESTRUCTION   OE  DA   DERGA'S  HOSTEL  ' 


TOGAIL  BRUIDNE  DA  DERGA 

(LU.,   Facs.  86" 7^ 


6).  Bâ  mor  in  tene  adsûithe-  oc  Co?/air//;  cach  n-aidche3, 
.i.  tore  caille.  5('r/;^  ndoraiss  ass.  Intan  doniscide  (.i.  ro  berthi) 
crand  asa  thôib  ba  met 4  daig  lidairthaige  cach  tob  no  théiged 
asa  thâib  for  cach  ndorw5  5.  Ro  batdr  sccht  carpait  deac  di 
charptib  Conairc  fri  cach  ndor//j-  don  taig,  7  ba  airecnai  (.i.  ba 
folh/i)  dond  aes  bâtar  oc  fcrcsin  ^^  o  na  long;?//;  in  tsoillsi  môr 
sin  tria  drochu  ~  na  carp^?/. 

6^.  Great  luas  the  firc  zubich  ivas  kiucUed  hy  Conaire  every  nî^^ljt, 
to  wit,  a  tore  caille  «  Boar  of  the  Wood  ».  Scvcn  outlcis  it  had. 
When  a  log  zuas  eut  ont  of  its  sidc  cvcry  flaïuc  thût  used  to  corne 
forth  at  each  oiitlet  was  as  big  as  the  bhi:;;e  of  a  (burning)  oratovy. 
There  were  seventeen  of  Conaire' s  chariots  at  every  door  of  the  house, 
and  by  those  that  were  looking  fro)n  the  vessels  that  great  light 
ii'as  clearly  seen  through  the  wheels  of  the  chariots. 

1.  V.  p.  9. 

2.  See  KZ.  XXX  99.  no  atàithea,  Eg.  atsuidc  H.  atothca  St. 

3.  n-oidchi  H.  n-aidchi  YBL.  9)b22. 

4.  meitYBL. 

).  intan  immorro  no  gluàisthca  crand  assa  thôib,  ba  meitithir  dam  nder- 
taighi  cccli  tobf  (52V)  no  téiged  dar  ccch  ndorus  de,  Eg.  INtan  d!/5nisguiti 
crant  asa  taob  ba  met  doigh  ndart/Vi  gacli  top  noteigcJ  for  gach  ndor2/5  don 
tig,  H.  ba  meit  daig  ndartaigc,  St. 

6.  ba  forréil  do  aes  na  faircsena  Eg.  don  aes  na  deiccsin  YBL.  ba  liecnai 
do  aes  na  forcsinoi,  H.  ba  hairecnae  do  aes  na  deicsin,  St. 

7.  droc/;/a,  H.  triaasna  drochu  YBL.  t/ia  dorcha  St. 


i66  117, ///()■  Slokrs. 

66.  Sam^ikc  l.it,  .1  Fir  rogain  !  ior  Ingcél,  cisi  suillsc  mor 

SLlCLlt  '  ? 

Noconom-tha-  a  samail,  for  Fer  ïogaiii,  acht  man\\)  daig  ' 
do  n'g.  Ni  tuca-t  dia  and  innoclu  in  fer  sin.  Is  liach  a  orguin>. 

Cid  allé  (.i.  dno)  libsc  a  rtathi//.v^  ind  fir  sin  Iii  tir  Ewjui  ? 
ol  Ingccl. 

IS  maith  x^iiUbitts,  or  Fer  ivgaiii.  Ni  tliaudchaid  "  ncl  dar 
grcin  0  gabais '^  flt2//j/ ;/.s-  [.i.  f/i  rc  loe  —  Eg.]  o  medôn  erraig 
comédon  ïoganiairj  7  ni  taudchaid9  banna  driichta  di  féor 
co  medon  lai,  7  ni  fascnann  '°  gaeth  ''  chairchech  cethrae'^  co 
nonae,  7  ni  fcrrûich '>  mac  tire  [ni  —  Eg.]  ina  t'iaith  achl^^ 
tarage)  tîrend'^  cacha  indse '7  o  cind  hWadiic  co  araile.  Ocus 
atat  secht  maie  thire  i  ngialnai  '^  fri  fraigid  ina  thig-seom  fri 
comét  '9  ind  rechtasin,  7  ata  ci'il-aittiri  iarna  chûl  .i.  Mac  locc, 
7  is  lie  taccair-°  tara  cliend  lii  tig  Co7/aire.  IS  ina  flaith  atdt  na 
tri  bairr  (or  Eri)id  À.  barr  dias  7  barr  scoth  7  barr  messa^'. 
IS  ina  ^aith  as  chombind  la  cach  ferguth  aTaûe-ociis  betis  téta 
m(';;dchrot,  ar  febas  na  câna  7  in  tsida  7  in  châincomraic  fail 


1.  cia  soillsc  mor  sût  Eg.  cisi  saillsi  mor  suut.  St.  sugul  H. 

2.  Nimtha  so  H.  Nimtha  St. 

5.  Nocliomthasa  a  shamail  mani  daig  YBL.  Xochonamtliasa  a    samail 

acht  menib  dalg,  Eg.  minap  doig  H. 

4.  nir  leirge  Eg.  ni  thuctha  YBL. 

5.  ar  is  mor  liach  a  olcc  do  dénamh,  Eg.  H.  omits.  is  liach  a  bith,  St. 
is  liach  YBL. 

6.  Cinnas  a  flathi/oa  libsi?  Eg.  cisi  turc»/ ta  flatha,   H.   cid  ahé  libsi  a 
tlaithi//ia  St. 

7.  tainic  St.  taudchad  YBL.  thudchaid  Eg. 

8.  rogab  St. 

9.  thuited  St. 

10.  fascna»/  LU.  fiiscnan  YBL.,  St.  fiiasgnànn,  H.  gluaisind,  Eg. 

1 1.  gaemgaeth  YBL. 

12.  cairchechji]  erboU  mil[i)  inniii,  Eg. 

13.  marbann  Eg.  foruicli  YBL.  forruich  H.  (=  for-ro-fich),  furaich  St. 

14.  OUI.  YBL.  H. 

I).  darag  Eg.  taroigh  H.  ag  St. 

16.  on  chind  YBL. 

17.  indise  YBL.  hindsi  H.  innisi  St. 

18.  hi  ngialluigecht  Eg.  i  ngiallus  St.  a  ngiallnoi  H.  ingiallnai  YBL. 

19.  imcoimet  St.  coimet  YBL. 

20.  ag  tâgair  H.  tacras  adal  St. 

21.  In  YBL.  Eg.  H.  and  St.  this  sentence  iollows  tlie  next. 

22.  achele  St.  araili  YBL. 


Thf  Pcftnicticn  of  Dd  Drrg^.'s  Hostfl.  167 

scchnon  '  na  hEiv//(/.  Ni  thucca  dia  and  innoclit  in  ter  sin.  Is 
liach  a  orgain-.  [  Is  croeb  triaiia  blàtli —  Eg.J  Is  mucc  rcmi- 
thuitî  mess.  Is  nôidiu'»  ar  âis.  Is  li'ach  garsecle^  dô!  » 

Ba  hé  mo  lith-sa,  for  Ingcél,  co  mbad  se  no  beth  and'^',  7 
robad  orgain  fo  araile  insin".  Ni  bu  **  andsu9  limsa  indâs '"  mo 
ath^7/>  7  mo  mathr7/V  7  mo  sccht  ndcrbrathir"  7  ri  mo  tiiuathi 
doratM^-sa  duibsi  '-  ria  tuidecht  i  n-athchor  na  dibf/gae^'. 

IS  fïr,  is  fir  !  or  in  t-âes  '4  uilc  rô  bâtar  immalle  frisna  d\her- 
gachu. 

66.  «  Canst  thon  sav,  O  Fer  rogaiii,  what  ihal  ^^rcat  ligbt 
yondcr  rcscmhics  ?  » 

«  I  cauuot  Jiken  it  lo  aiigbt  »,  niisiucrs  Fer  rogain,  «  iiiiless  it 
he  ihe  fire  of  a  king.  May  God  not  br'uig  thaï  inan  there  lonight  ! 
'  Tis  a  pitv  to  destroy  him  !  » 

«  What  then  deemest  thon  »,  sa\s  Ingcél,  «  ()/"  ihat  iiian's  reigii 
in  the  land  of  Brin  ?  » 

«  Good  is  his  reign  »,  rcplicd  Fer  rogain.  «  Siucc  Jje  assnnicd 
the  kingship,  no  clond  has  veiled  the  snn  for  the  space  of  a  day  front 
the  middle  of  spring  to  t!)e  niiddle  of  antninn.  And  not  a  deiudrop 
fell  front  grass  till  niidday,  and  luind  luonld  not  touch  a  beast's 
tail  nntil  nones.  And  in  his  icign,  front  year's  end  to  year's  end, 
no  u'olf  has  attacked  anghl  save  one  bullcalf  of  cach  byre ;  and  to 
niaintain  this  rtile  there  are  seven  luolves  in  hostageship  at  the  side- 

1.  sethnu  YBL.  sechnén  Eg.  scthnoi  H. 

2.  turhrôd  Eg. 

3.  remituii,  H.  remetuit  YBL.  rc  tuitim  mesa  St.  ria  n-ithi  mcasa  H-. 

4.  noedead  St. 

).  garsccle  YBL.  H.  garscclc  Eg.,  with  ther  interlined.  garsecLa  St.  gair- 
seicle  H^.  garséle  LU. 

6.  comad  he  no  tocrad  and  hinocht  Eg.  bid  hc  dochorad  and  YBL. 
combad  he  no  tecmad  ann,  St. 

7.  Ba  hé  mo  Ht  sie,  bit  he  docoraJ  ann.  Bâ  hé  orcniii  fon  ailiii  dùn  H. 
Ba  argain  mâr  à  chele  hi,  St.  Ba  he  orgain  fon  aile  YBL. 

5.  nipo  Eg.  ni  ba  St. 

9.  ansu  YBL.  andsa  LU.  liindsa  St. 

10.  indasYBL.  andas  LU.  oldas  St.  oldâs  Eg. 

11.  nderbraitlire  St.  ndcrprait/;/ i  H. 

12.  ortap^///si  hmbsoi,  H. 

13.  ria  taidecht  inn  athchor  ndibeirgi  YBL.  96»  i.  ria  taidecht  in  atlicor 
ndibcrge,  St.  ria  :.o\gecJ}t  ind  athchMr  ndipcrge  H. 

14.  in  t-aes  denma  Eg.  in  t-aes  demna  7,  St. 


i68  Whilley  Slokes. 

luall  in  bis  hoiisc,  and  hchind  ibis  a  fiiribcr  scciirily,  cvcii  Mac- 
locc,  and  'lis  be  tbat  pleads  (for  ibeiii)  in  Conairc's  bouse.  In  Co- 
naire's  rcign  arc  îbe  ibrce  cnninis  on  Erin,  namcly,  croivn  of  corn- 
cars,  and  croiun  of  flawers,  and  crawn  of  oak  niast.  In  bis  rcign, 
loo,  cacb  man  decms  tbe  otber's  voicc  as  inelodions  as  tbc  sirings  oj 
lu  les,  hecause  of  tbc  excellence  of  tbe  laïc  and  tbe  peace  and  tbc 
goûdiuill  prevailino  ibrougbout  Erin.  May  God  not  bring  tbat  man 
ibère  tonigbl  !  'Tis  sad  to  destroy  bim.  'Tis  «  a  branch  through 
its  blossom  »,  'Tis  a  swine  that  falls  before  mast.  'Tis  an  in- 
fant in  âge.  Sad  is  tbe  sbortness  of  bis  lifc! 

«  Tbis  zvas  niy  luck  »  says  Ingcél,  «  tbat  he  should  be  tbere, 
and  tbere  sbould  be  one  Destruction  for  anolbcr.  Il  were  not  more 
grievous  lo  me  tban  my  fatbcr  and  my  motber  and  my  seven  bro- 
tbers,  and  tbe  king  of  my  countrx,  luboni  I  gave  up  to  you  before 
coming  on  tbe  iransfer  of  tbe  rapine.   » 

«  'Tis  truc,  'tis  truc  !  »  say  tbe  evildoers  ivbo  ivcrc  along  witb 
tbe  reavers. 

67.  Toscurethar  ^  bedg  na  dib^rgaig  a  Tracht  Fuirbthen-,  7 
dobcrat  cloich  cach  fir  léo  do  chur  chairnd,  ar  ba  si  deochair 
lasna5  fianna  hi  tossuch  ettv  orgain  7  maidm  n-imairic.  Corthe 
no  cl"ilantais4  intan  ba 'i  maidm  n-imairic.  Card^  mwiorro  îo- 
chcrtitis"  intan  ba^  n-orgain  [LU.  87^]  Carnd  ro  laiset9  iart)/// 
intan  sin,  uaire  ba  orgain.  Hi  cianfoc//i  on  tig^°  on,  ar  na  (or- 
chlôtis  7  na  haiccitis^'  on  tig^-. 

1.  Toschuirther  YBL.  Doscuirether  Eg.  T/«cuirethar  H.  Tucatar  St.  The 
«  na  dibergaig  »  seems  to  hâve  been  a  gloss  which  has  crept  into  the  text 
(Strachan). 

2.  fuirbthîn  YBL.  fuirbthe  Eg. 

3.  donitis  na  St.  boi  lasna  H.  no  bith  l.iisna  H2. 

4.  "dccrtais  St.  no  clandaiti's  YBL.  no  clandaidi's  H. 

5.  ba  YBL.  bad  LU. 

6.  carn  YBL.  carnn  St. 

7.  focherd.iitis  YBL.  fo:heirditis  Eg.  foardis  H.  focertais  St.  focerda- 
tais  H2. 

8.  ba  YBL.  St.  Eg.  H.  bad  LU. 

9.  Lisat  YBL.  St.  H.  lâsat  Eg. 

10.  trâigh  Eg. 

11.  arna  forclostis  7  na  hacatais,  H.  arni  fo/cloitis  7  arna  haiccitis,  St. 
arna  forclostais  7  na  aiccitis  YBL. 

12.  arna  fcrcloistis  7  na  f.iicitis  on  bruidin,  Eg. 


Tlic  Dcslniction  of  Lhi  Dirga's  Hostel.  169 

6y.  The  reavers  iiiake  a  siart  froin  the  S  Ira  ml  of  Fuirbtbe,  ami 
briii^  a  sfone  for  each  man  to  make  a  cairn  ;  for  this  luas  the  dis- 
tinction which  ai  frst  the  Fians  inade  hetiucena  «  Destruction  »  and 
a  «  Rout  ».  A  pillar-stone  they  iised  to  plant  luhen  there  would  be 
a  Rout.  A  cairn,  hoiuever,  they  uscd  to  make  zvhen  there  luould  be  a 
Destruction.  At  this  time,  then,  they  niade  a  cairn,  for  il  luas  a 
Destruction.  Far  froni  the  house  lu.is  this,  thaï  they  niighl  nol  be 
heard  or  seen  therefroni. 

68.  Ar  Jib  hit|h]aib  dorigset  a  carnd  .i.  ar  ba  bcs  carnd  la 
dib/rg,  7  da;/t)  co  fintdis  a  n-esbada  oc  Brudin.  Cach  oen  110 
thicflid  sldn  ûadi  no  btvad  a  cloich  asin  charnd,  co  forerais  im- 
morro  clocli[a]  in  lochta  no  niair[b]titis  occi,  conid  assin  ro  fes- 
satdr  a  n-esbada.  Co)nd  cd  àrmit  éolaig  in  tscnchassa  rcz/id  fer 
cach  clochi  lil  hi  Carnd  leca  ro  marbnit  dona  diU'rgaib  oc 
Brudin.  Conïd  din  charnd  sin  atbt'rar  Leca  i  n-Uib  Cellaig'. 

6S.  For  two  causes  they  buill  their  cairn,  natnely,  (Jirsl)  since 
this  was  a  cusloni  in  marauding ,  and,  secondly,  thaï  ihey  might 
find  eut  their  losses  al  ihe  Hostel.  Evcry  one  thaï  luould  conie  safe 
froni  il  would  tahe  his  stone  from  ihc  cairn:  ihus  the  stones  of  ihose 
that  were  slain  would  be  left,  and  ihcnce  they  would  knoiu  their 
losses-.  And  ihis  is  luhat  men  ski  lied  in  slory  recounî,  that  for  every 
stone  in  Carn  leca  there  was  one  of  the  reavers  killed  al  the  Hostel. 
From  that  cairn  Leca  in  Hiîi  Cellaig  is  (so)  called. 

69.  Atdither  tore  tened  la  nwccaib  Duind  desa  do  brith  ro- 
baid  do  Conairiu.  Con'id  hi  sin  céttenddl  robaid  dorigned,  7 
comd  di  adainter^  cech  tendal  robaid  cosindiu. 

IS  ed  armit  fairend  aile  co  mbad  i  n-aidchi  samna  no  irrtha 
orgain  Bvudne,  7  conïd  din  tenddil  ùt  lentar  tendal  samna  o  sin 
cosudiu,  7  clocha  hi  tcnid  samna-t. 


1.  Cellaib  LU. 

2.  Cf.  the  Persian  practicc  dcscribcd  by  Procopius,  cd.  Dindorf,  pp.  97, 
98;  and  sce  The  Academy  iox  August  25,  1894,  p.  134. 

5.  adairtcr  LU. 

4.  YBL.,  Eg.  H.  and  St.  omit  §5  68  and  69,  and  the  verbal  forms  shcw 
tliut  thèse  paragraphs  are  latc  interpolations. 

Revue  Celhqiu,  XXII.  12 


lyo  Whiiliy  Slokes. 

6^.  A  i<.  hoar  of  a  firc  »  is  hindled  hy  ihc  sons  of  Doun  Désa  to 
giveiuarning  to  Conaire.  So  that  is  ihefirst  warnins^-heacon  that  bas 
been  made  (in  Eriii),  ûiuI  froni  it  lo  ihis  dn\  cvcry  luarning-heaam 
is  hindled. 

This  is  îvbat  oihcrs  rccounl  :  that  il  was  ou  the  cve  o/samain 
(All-Snints-dnx)  thc  destruction  of  the  Hostel  luas  wrought,  and 
that  froDi  yonder  bcacon  the  beacon  of  sa.màm  is  foJloiued  from  that 
to  this,  and  stones  (are  placed)  in  the  samain-/;r. 

70.  Doronsat  '  iarom  na  dib^Tgaig  comarli  bali  in  ro  Idsat- 
a  carnd'. 

Maith,  tra,  or  Ingccl  f/'isna  hcolchu,  cid  as  ncsam  4  dûn 
sund  ? 

Ni  anse,  Brudeii  ûi  Dcrgac  ^  rigbnugad'^  Wcrcnd. 

Bdtar  dôcho7  ém  tir  marhi  do  saigid  a  céli^  don  briidin  sin 
innocht9.  Basî  comarli  na  ndibt'rgach  x^roni  nech  [do  chor  Eg.] 
ûadib  do  déscin  '°  àûs  cinnas  ro[m|botii  and  ''. 

Cia  ragas  and  do  deicsin  in  tigi  P^^  [ol  càch  '']. 

Cia  no  ragad,  or  Ingcél,  acht  mad  mcssi,  l'iair^-^  iss  mé 
dliges  fiaclui. 

70.  Then  thc  rcavers  franicd  a  coiinsel  at  the  place  where  they 
had  put  thc  cairn. 


1.  Dogensat  YBL.  Dogensot  H.  gniset  St. 

2.  bali  irrolsac  YBL.  uaili  rolasit  H.  doronsat  St. 

3.  in  cardd,  Eg. 

4.  neasom  YBL.  nesa  St.  iss  nessam  Eg. 

5.  Bruiden  hui  da  Dergae  YBL. 

6.  Brui(/(v;  Da  Derga,  n'gbruidin  rigbrugad,  Eg.  Britden  hùi  Derga  ri- 
bruigew  H.  Bruiden  hui  Da  Dergx  rigbrugaid  YBL.  Bruiden  Da  D<Tgae  rig- 
brugad, St. 

7.  doichi  (pL  of  doich),  YBL.  dochai  H.  Ropud  doich  lind  Eg. 
cS.  a  chéle  YBL. 

9.  Ropud  doich  dind,  ol  Ingccl,  fir  maithi  dochum  a  ccli  don  Brudin 
sin  hinocht,  Eg. 

10.  deicsin  YBL.  dechsain  na  bruidni  St.  desgin  na  br/d/ne  H. 

11.  cinnas  robâs  isin  Bruidin  Eg.  cind/«  romboth  and  YiîL.  cinnuj  rom- 
both  innti  H.  cinn»i  robas  innti  St. 

12.  don  faircse  inti  Eg.  do  dfecsin  na  b/»dne  IL 

13.  ol  cauch  H. 

14.  huairi  YBL.  uair  St.  H. 


The  Pcstnution  of  Dd  Deiga's  llostel.  171 

«  prdl,  ibi'ii  »,  says  Iiii^cél  ta  tbc  guides,  «  ivhal  is  ncarcsl  to 
us  hcrc  ?  » 

«  Eas\  (io  sn\)  :  thc  HosUl  oj  Hua  Dcrga,  chicf-hospilaUcr  of 
Erin.  » 

«  Good  uwn  iiidecd  »  (saxs  IngccI)  «  lucrc  likclv  Io  scck  ihcir 
felloivs  at  that  Hostel  louigbt.  » 

This,  theti,  zuas  the  counscl  of  ihc  rcavers,  Io  sciul  oiic  of  ihciii 
to  see  hoiv  things  zuere  therc. 

«    IVho  will  go  there  to  espx  Ihc  bouse?  »  sa  y  s  cvcrxonc. 

«  fVbo  sbould  go  )),  sûvs  LigrcI,  a  but  I,  for  'lis  I  ibai  uni  cn- 
titled  to  dues.  » 

71.  Tothcit'  Ing(v7  do  tlioscébd  forsin  Brudin  cosin  sech- 
tmad  (//('  cosin  très)  mac  imlessan  na  hôensûla  ro  bôi  asa  etun 
do  chomm//i"  a  ruisc  isa  tech  do  admilliud  ind  rig  7  na  mac- 
côem  ro  bdtar  immi  isin  tig,  conda-dercacha-  t/îa  drocliu  >  na 
CAvpat. 

Ro  rdthaiged'i  ianvii  as[in]tig'  anall  Ingcél.  Docuirethar^' 
bedg  on  tig"  iarnd  rdtliugud. 

ji.  Ingcél  îvent  to  reconnottre  the  Hostel  luith  one  of  tbe  seveii 
(or  one  of  tbe  three)  pupils  of  the  single  eye  wbicb  stood  oui  of  bis 
forehead,  to  fit  bis  eye  into  ihe  bouse  in  order  to  destroy  tbe  king 
and  the  youihs  lubo  zuere  around  bini  Ibcrein.  Aud  Ingcél  saiv 
tbem  througb  the  zuheels  of  tbe  chariots. 

Tben  Ingcél  zuas  perceived  froni  the  bouse.  He  nialces  a  si  art 
from  il  after  being  perceived. 

"ji.  Téit  cor-rdnic   na  dibivga  bali  hir-rubatdr^.  Fochress9 


1.  Tact  H.  Tct  H2.  Totheit  YBL.  Do  tâet  Eg.  Luid  St. 

2.  coro  dercca  Eg.  co«dodfrcacha  H. 

3.  drochtai  H.  dorchu  St. 

4.  Rathaiger  St.  Rathuiger  Eg.'.  rathaigeth  H. 

5.  asin  tig  YBL.  St.  Eg.  asin  tigh  H. 

6.  Tacuiretliar  YBL.  Toc(ulredar  St.  Tocurelliar  Eg.  Tocurcthar  Eg.'. 

7.  bed[c)  de  on  tig  amach  St.  Eg.'. 

8.  i  mbatar  St.  Eg.'  i  rabatar  YBL. 

9.  focreas  YBL.  Eg.'  Focerd  H. 


172  W'hitlty  Stokes. 

cach  cûaird  imm  alailc  don  dib/>g'  fri  citsecln  ^  in  sccoil^  Ai- 
rig  na  diLv;gac  hi  tirmedôn  na  cuardae-^.  Batàr  hésidc  Fer 
gér5  7  Fer  gel  7  Fer  rogel  7  Fer  rogain  7  Lomna  druth  7 
l)igCL'l  Caech.  Sesiur^  im-medon  na  cuardae'.  7  luid  Fer  ro- 
gain dia  [t'jrithchomarc^. 

y2.  He  luenl  till  be  reached  the  reavers  iii  the  stead  luherein  ihey 
zuere.  Each  circle  of  thein  luas  set  nround  another  io  hear  the  tidings 
—  the  chiej's  of  the  reavers  being  in  the  very  centre  of  the  circles. 
There  zvere  Fer  gér  and  Fer  gel  and  Fer  rogel  and  Fer  rohain  and 
Lomna  the  Buffoon,  and  Ingcél  the  One-eyed  —  six  in  the  centre 
of  the  circles.  And  Fer  rogain  luent  to  qnestion  Ingcél. 

73.  Cinnas  sin,  a  Ingceoil  ?  îor^  Fer  rogain. 

Cip  indas,  ïor  Ingcél,  is  rigda  in  costud  :  is  [sjli'iagda '°  a 
sséselbe",  is  flaithemda  a  fûaim  '-,  Cia  bé,  céin  co  pé'5  ri  and, 
çébatsa  ^-^  a  tech  issinni  non-dliçrim '5.  Dothaet  cor  mo  di- 
hergà  ^^  de. 

Foracaibsemne '7   tri  làim  daitsiu  ^'^j    a  Ingceoil,  ft'rdat  co- 


1.  din  dibeirg  YBL.  Isi  annsin  dorônsat  na  dibergaich  tri  cirrchaill  dib 
imm  Inghél,  Eg. 

2.  heistecht  YBL.  eithseir/j/  St. 

3.  dona  dibiTCiicl}taib  frisna  hetsichtaip  ina  sq'V,  H. 

4.  cuarta  YBL.  Si.  cûartoi  H.  him-medôn  na  tri  circhull,  Eg. 

5.  gair  St.  YBL.  H.  St.  and  Eg.  omit  Fcrgor. 

6.  seisiur  doib  YBL.  seisir  doib  St. 

7.  cuarta  YBL.  St.  drcail,  Eg. 

8.  [f  Jreisncis,  Eg.  ritchomorc  Eg.' 

9.  uar  H. 

10.  shiagdo  H. 

1 1.  in  shéissilbe  Eg.  a  séselpe  H. 

12.  in  toirmm,  Eg. 

13.  bé  fo  na  be,  YBL.  St.  be  fo  na  be,  H.  be  fo  nâbe  Eg. '  cia  beith  cinco 
rab  Eg. 

14.  gebassa  YBL.  gebasa  St.  gébatsa  Eg.  gebotsai  H.  gebat  Eg.' 

I).  isin  ni  notdligim  H.  is  inni  dlegmait  St.  sinni  dlegmaitEg.'  is  inni  no 
dligim  YBL.  is  in  ni  dligim  St. 
16    dib<Tgi  YBL. 

17.  Faracbaisemne  YBL.  forfacboigsimne  em  H.  Faracbamarne  St.  Fora- 
chaibsem  Eg.  Fo;facbamairni  Eg.>. 

18.  deitsiu  YBL. 


The  Dcstnution  of  Dd  Dcrgas  Hostel.  173 

m.iliae  Conairi'-.  Nadn-iurmdis-  orgain  co  fcsmais  cia  no  beth 
inni  >. 

Qs/^,  in  dcrcacha-SLi  a  tech  5  co  maith,  a  Ingm)/7  ?  for^  Fer 
regain. 

Ro  là  mo  sùil-sc  lLiathchuaird7  and,  7  gebait^  im  fiachu 
amal  atà. 

7^.   «  How  is  ihai,  0  Ingcél?  »  asks  Fer  rogaiu. 

«  Hoii'evcr  il  be  »,  nnswers  Ingcél,  «  royal  is  ihc  ciistoiii  (?), 
hostfitl  is  thc  liiniitlt  :  kiiiglx  is  the  noise  thereof.  Wheiher  a  king  be 
there  or  not,  I  ici  II  îakc  the  hou  se  for  tuhal  I  hâve  a  right  lo.  Thence 
my  ttirn  of  rapine  conieth  9. 

«  We  hâve  left  it  in  ihy  hand,  O  Ingcél!  »  say  Conaire  s  fos- 
terbrolhers.  «  (But)  -we  shonhl  not  ivreah  the  Destruction  till  lue 
knoiu  u'ho  may  be  the  rein .  » 

«  Question,  hast  tijou  seen  the  honse  ivell ,  O  Ingcél  ?  »  asks  Fer 
regain. 

«  Mine  eye  cast  a  rapid  gla)ice  aronnd  it,  and  I  will  accept  it 
for  nix  dues  as  it  stands.  « 

74.  IS  deithbrr  diiit",  a  Ingm)/7,  ciâ  no"  [LU.  87'']  gabtha, 
ol  Fer  rogain  :  ar  n-aiti  uli  tîl  and^-,  ardri  Hen';/(/,  Co)ianc 
mac  Elersct'l/').  Ces/,  cid  atchondarc-su  '•i  isind  foclùi  ^'>  féinnida 
in  tige  fri  enech  [in]  rig'^  isind  Icith  anall?  » 

1.  ar  tri  comalui  Conaire  Eg.  fcrdnt  comaltai  Conaire,  YBL. 

2.  nat  n-iûrfamais  H.  nad  n-irniais  St.  nadniurmais  YBL.  nad  iûrmaiss 
Eg.  nach  n-iurmuis  Eg.  ' 

3.  nob'ad  inti,  Eg.  no  ueitli  innti,  H.  no  bcth  indti  YBL.  nobc/h  indi  St. 

4.  G'sc  H.  Eg. 

5.  in  ro  dcrcaissiu  in  tech,  Eg. 

6.  uar  H. 

7.  luathcuairt  St.  H.  Ro  lamusa  illuathcuairt  Eg.i  lûathchu;iirt  Eg. 

8.  gObat  Eg.  gebotsai  H.  gcbait  St.  gcbat  Eg'. 

9.  Hère  Zimmer  wo'.ild  (needlesslv,  I  tliink)  amend  the  Irish,  KZ. 
XXVIII,  566. 

10.  dait  YBL.  om.  Eg. 

11.  ro  YBL. 

12.  ar  n-aitirc  fil  and,  St.  ar  n-aitine  til  ann  Eg.  YBL.  Eg.'. 

13.  £/irsceoil  YBL.  Et/Vscéoil  Eg. 

14.  C^5c  cit  ata)«naircisie,  H.  G's/  cid   attho/zarca^siu  YBL.  cesc  cid  at 
coHnaccaiss  Eg. 

IS-  ochlai  Eg.  (ochlu  YBL.  St.  fochioi  H.  fochiai  H. 2  foclai  Eg.'. 
16.  îor  aghaidh  in  righ.  H.-,  f/i  heinech  rig  diii  leitli  anall  Eg.'. 


174  \VlntU\  Stokcs. 

J4.  «  Thon  maycsl  luell  acccpl  il,  O  Ingccl  »,  saith  Fer  rogain: 
the  fosierfather  of  us  ail  is  thcrc,  Erin's  averking,  Conaire  son  of 
Eterscélc.  » 

«  Question,  u'biil  snwesl  thon  in  0)e  chninpioii's  high  seal  of  ihe 
hanse,  fticing  tlje  King,  on  ihe  opposite  siâe  ?  » 


Imda  Chor.\u7/c  G);/dlo\gas 

7).  Atchondarc  and,  ol  se,  fer  gormainech  mdr  :  rose  nglan 
ngléorda  lais:  deitgen  eôir  [eomard  aicci  .i.  se  niamda  né- 
manda']:  aiged  fochâel  forlethan  |leiss,  Eg.]  lin-folt  find  ^ 
forordae  fair  :  ion\  |cain,  Eg.  |  choir  imhi5,  milech  airgit  inna 
brut  7  claideb  ôrduird-*  inna  Idim  :  sciath  co  côicroth  >  6ir 
fair  6;  sleg  côicrind"  ina  lâim  :  côinso^  choir  chain  chorcorda 
lais,  os  é  amulach^,  ailmt'/minach  in  fer  sin. 

Ociis  iarsin  cia  acca  and  ? 

TJh'  Rooni  of  Cor  mac  Condlo)igas. 

jj.  «  /  saiu  flk're  »,  says  higcél,  o  a  inan  of  noble  countenance, 
large,  icith  a  clear  and  sparkling  cye,  an  evcn  set  of  teeth,  a  face 
narrow  beloiu,  hroad  ahave.  Fair,  flaxen,  golden  hair  itpon  hiin, 
and  a  proper  fille t  around  il.  A  biooch  of  silver  in  his  niantle,  and 
in  his  hand  a  gold-hilted  siuord.  A  shield  luith  five  golden  circlcs 
npon  it  :  a  five-barbed  javclin  in  his  hand.  A  visage  just,  fair, 
rnddy  he  halh  :  he  is  also  beardless.  Modest-niinded  is  thaï  niaii  !  » 

«  And  after  that,  ichoni  saicest  thon  there?  » 


1.  sic  Eg.  dcittgen  coir  eomard  comgel,  St.  dcitgcin  coir  comart  coni- 
gcl  Eg.  I. 

2.  Li'nfoltt  finn  fota,  Eg.  linfolt  find  YBL.  St.  Eg.i.  lind  folt  LU.  linfolt 
finn  H.  Hr-. 

3.  foirtchi  coir  for  a  bullu  H.-. 

4.  ôrduirnd,  Eg.  orduirn  YBL.  ôirduird  LU.  orduirnii  H.  St.  Eg.>. 

5.  cùicriud,  Eg.  cocroth  H. 

6.  for  a  muin  H. 

7.  coicrennach,  Eg. 

8.  cainsiu  Eg.  côinsi,  H.  cainso  St.  cainsi  YBL.  cuindsi  H.^.  cainsioEg.  ^ 

9.  amulchach  YBL.  St.  H.-,  amulcach  Eg.  H.  Eg.'. 


The  Destruction  of  Dd  Deigas  Hostel.  175 


Imda  \6i  clli  ChORM(7/C 

76.  AtA'//narc  and  triar  fcr^  fris  aniar^  7  t/iar  f/is  anair,  7 
t/iar  ara-  bélaib  ind  iîr  chetnai.  Atar-let^  is  ôenmathair  7  ôcna- 
thair  dôih  [a  nonbur  —  Eg.].  It  é  comâesa,  comchore,  co- 
malli,  cosmaile  uli.  Cùlmongae  fo/'aib.  Bruit  ûanidi  impu  uli. 
Tanaslaide-^  ôir  iima  mbraw/7;.  Cùarscéith  chvcdiiniac  foraib. 
SIega  druimnecha  iiasaib>.  Calg^'  dct  il-làim  cach  tir  dib.  Ôen- 
reb  léo  uli  .i.  gabaid"  cach  fer  dib  rind  a  claid//'  ctcr  a  dd  mér 
7  imda-cuiret  immâ  mer,  7  nodd-sinet^  na  claid/A  a  n-c')cnur 
iar  sudi'^  Samailti  lat  insin,  a  Fir  rogain?  or  Inga'7. 

Thi  RooDi  of  Conuac's  niuc  coiiiradcs. 

jê.  «  Thcre  1  saiu  thrce  men  to  ihe  zuesl  of  Comme,  and  thrce  lo 
ihe  east  of  him,  and  thrce  in  front  of  the  sa  me  man.  Thou  zuonldsl 
deem  that  the  nine  of  theni  had  one  mother  and  one  father.  They 
are  of  the  sanie  âge,  eijually  goodly,  eqnally  beantiful,  ail  alike.  Thin 
rods  (?)  of  gold  in  thcir  manih's.  Bent  shields  of  l>ron:^e  they  bear. 
Ribhed  javelins  above  the  m.  An  ivory-hilled  siuord  in  the  hand  of 
each.  An  unique  feat  they  hâve,  to  luit,  each  of  theni  takcs  his 
sword's  point  betivcen  his  iivo  fingers,  a)id  they  twirl  the  sivords 
round  iheir  fingers,  and  the  suvrds  afterwards  extcnd  iheniselves 
by  îhemseJves.  Liken  thon  that,  O  Fer  rogain  »,  says  Ingcél. 

77.  Ni  anj-é^  damsa  a  samail,  ior  Fer  rogain.  Cornvrc  Con- 
dlongas '°  mac   ConcUohair  insin,   laech  as  dech  fil  iar^'  ci'il 


1.  YBL.  Eg.  and  H.  omit. 

2.  ar  Eg.  Eg.  I. 

5.  andar  latso,  Eg.  115M.  .A.ta  lat,  YBL.  St.  Ada-lat  H.  Eg.'. 

4.  Dcilgi,  Eg.  tanj5luidhe  H.  tanaslaidhi  YBL.  gô^"  2.  tanasslaidc  St.  ta- 
naeslaidca  Eg.'. 

5.  huaistib  Eg.  huastu  YBL.  Sleg  druimnecli  huasa,  St.  slcg  druiniiiccli 
os  detcolg  Eg.  '.. 

6.  Calgae  Eg.  cale  YBL. 

7.  gabuis  Eg.  gaipith  H. 

8.  imdosinet  St.  nadosinead  YBL.  nota  sinit  H.  uo  do  sinct  Eg.'. 

9.  intan  lecaitt  huaidib,  Eg.  iar  suidiu,  St.  YBL.  H. 

10.  Conloing«  St.  conloingcsu  Eg. 

11.  for  Eg. 


176  Whithy  Stokcs. 

sct'ith  hi  tir  Hcrciid .  IS  ailm<';;mnach  in  mac^  sin.  IS  fail  ni  atâ- 
gethar-  innoclu,  is  làth  gaile  ar  gaisced.  is  bri[u]gu  ar  tre- 
b[th]achas5.  ISé^in  nonbor  ucutfilî  immi-scom,  na  tri  Dùn- 
gusa  7  na  tri  Dôelgusa  7  na  tri  D[i]ang»5a6,  nôi  ccli7  Cor- 
maic  G)«longas  maie  Conchohair.  Ni  rubutar  firu  riam  ^  ar  a 
ndochur  7  ni  ros-anachtatar  riam  ar  a  sochur9.  IS  niaith  in 
lâech  fiiil  etorru  .i,  Corm^c  CondlongiZ5'°.  Tongu  a  toi//gr5 
mothiiath",  totiiâetsat  //ô/ndeiclicnbuir  la  Cornwc  inna  chct- 
churnscliu,  7  tothâetsat  nôi  ndcclienbair  là  nuiint/V,  cenmothâ 
fer  cechairm  dôib  7  fer  cech  firdib,  7  roindiid'^  Cornirtc  com- 
gnim  în  cach  n-ôenfer  ar  dor/zinaBruidne,  7  maidfid'3  biiaid 
rig  nô  rigdamnae  nô  airig  dibergae,  7  immaricfa  ek'id  do  [féin, 
Eg.j  cid  crechtach '-i  a  muinttT  uli^>. 

jy.  «  Easyy),  says  Fer  romain,  «  for  me  to  liken  theui.  Il  is 
Conchobar's  sou,  Comme  Comihvigas,  the  besl  hero  hehimi  a  shieîd 
in  the  land  of  Erin.  Of  modes t  miiid  is  thaï  boy!  Evil  is  ivhal  he 
d rends  tonigbn^.  He  is  a  champion  of  valour  for  feat s  of  arms:  he 
is  an  hospitalier  for  househohiing.  Thèse  are  yon  nine  ivho  surround 
him,  the  ihree  Di'ingusses,  and  the  three  Doelgusses,  and  the  three 
Dangusses,  ihe  nine  comrades  of  Corniac  ConJongas,  son  of  Con- 


1.  fer  YBL.  St.  Eg.  H.  EgJ. 

2.  isfail  madagetar  innocht  YBL.  mad  gocth.  innocht  Eg.  is  fael  mado- 
getar  indot/;/  H.is  fail  madageth<r;-  inoclit,  St.  is  fail  madogetlKj;-  innoct. 
Eg.'. 

3.  trcbtachas  Eg.  trebtach//5  St.  trebthochus  YBL.  trebthach«i  H.  trcab- 
tachus  Eg.  ' . 

4.  iat  dano  Eg.  is  iat  a  nonbor  Eg.'. 

5.  iuWet  H. 

6.  na  tri  d6elg//5a  7  na  tri  diangi/.';a  7  tri  àngiisa  Eg.  na  tri  Dung/«a  7  na 
tri  Diilgwa  7  na  tri  Dang/wai,  Eg.'. 

7.  coemchéli  Eg. 

8.  ni  rubatar  riam  firu,  YBL.  ni  rubatar  firu  riam  St.  riipatur  H.  rubad«r 
H. 2.  rubutar  Eg. '. 

9.  Oin.  Eg. 

10.  Om.  Eg.  Conloinges  St. 

11.  a  toingend  mo  thuatlia  YBL.  a  tong  mo  tliuath,  St.  Eg.'. 

12.  raindtjd  YBL.  Eg.  roindfi  St.  roinnfi  H.  roindfiu  Eg.'. 
15.  muirfid  Eg.  muidtid  St.  maidfid  YBL.  maoiihfi  H. 

14.  cithat  crechtnaigthe  H.  cid  crechtaigthi  YBL. 

15.  Eg.  omits  a  muintcr  uli 

16.  Cf.  S  105 


The  Destruction  of  Dâ  Derga's  Hostel.  \-j-j 

chobar.  Thc\  bave  ncvcr  slain  nicii  ou  accouiit  of  tbeir  iiiiserv,  and 
they  mx'cr  sparcd  thcm  on  accotiul  of  thcir  prosperity.  Gocd  is  tbe 
herowhois  aniong  thciu,  cvoi  Cormac  Coudlongas.  I  swear  u'hat 
niy  tribe  s-wcars^,  ni  ne  times  toi  will  fa  II  b\  Comme  in  bis  Jirst 
onset,  and  ni  ne  finies  ten  wil!  fall  by  bis  people,  bcsides  a  nian  for 
each  of  tbeir  zceapons,  and  a  manfor  each  of  iheniselves.  And  Cor- 
tnac  luill  sbare  proivess  ivitb  any  man  before  ibi  Hostel,  and  be 
will  boasi  of  victory  aver  a  king  or  croivnprince  or  noble  of  tbe  rea- 
vers ;  and  be  biniself  will  cbance  to  escnpe,  iboiigb  ail  bis  people 
be  li'ouuded  ». 

78.  Mairgiuras  in  n-orgain-sa!  for  Lomna  drûth,  cid  adâig  ^ 
ind  ôcnfir  sin,  Corm^r  Conà\ox\gas  mac  Concohair.  ,Ton- 
g//sa  a  toingt'.s")  mo  thiiath**,  for  5  Lomna  [Druth  —  Eg.] 
mac  Duind  Désa,  mad  messi  conised  mo  chomarli  ^  ni  aid- 
lébthai/  ind  orgiin  cid  daig^  ind  ôenfir  sin  namma,  7  ar  a  Ic- 
chet9  7  ar  a  febas  ind  Idich. 

yS.  ((  Woe  to  bini  icbo  sball  lureak  tins  Destruction  !  »  says 
Lomna  Dri'itb,  «  eveii  becaiise  of  tbat  one  man,  Cormac  Condlon- 
gas,  son  of  Concbobar.  «  /  sivear  ivbai  my  tribe  siuears  »^  says 
Lomna  son  of  Donn  Désa,  «  //'/  coitld  fulfil  my  counsel,  tbe  Des- 
truction u'onld  not  be  attemptcd  zuere  it  only  because  of  tbat  one 
man,  and  because  of  tbe  bero's  beauty  '°  and  goodness!  » 

79.  Ni  ch//mthi"  [a  tarmescc  — Eg.],  (or  Ingcél :  néla  fe- 


1.  i.  c.  his  tribal  god,  or,  pcrhaps,  liis  tribal  totem.  ((  The  Baperi  areconi- 
monly  called  Banokii,  tliey  of  tlie  porcupinc.  Tlieir  great  oath  is  tiiat  of  ka 
iioku  «  by  the  porcupine  ».  because  the  niajority  of  them  sin^,  to  use  the 
consecrated  phrase,  intimating  that  they  feast,  worship  or  révère  that  ani- 
mal ».  Folklore,  XII,  ^2. 

2.  foddigEg.  daig  YBL.  H.  dJig  St. 

5.  Tung  a  toing,  Eg.  Tongusa  <i  toing  Eg.'. 
4.  thuatha  YBL. 

).  uar  St.  H.  cl  Eg.  or  Eg.'. 

6.  condrissed  in  comarli,  Eg. 

7.  aidlipthcr  H.  aidlebthai  St.  haidlebthai  Eg.'. 

8.  fodJig,  Eg. 

9.  lôechdacht  Eg.  leichetYBL.  oé*»  28.  lecct  H.  leicet  Eg.'. 

10.  ara  lechet  .i.  ara  cainii  LU.  20»  2g. 

11.  cunià  YBL.  96'' 29.  Eg.'.  cuimci  Eg.  comci  H.  cumchi  St. 


178  Wliitley  Stokcs. 

mid  '  dof();tec;it -.  Fir  rigér  ngûasfes  î  da  //grûad  ngabair  géb- 
thair  f/is  la  lugi  Fir  rogain  ruidfes.  Ro  gab  do  gutb  maidm 
fc'rtsu,  a  Lonmac,  ol  Ingcél  :  at  drochlaech-su  7  rot  ctar-sa4, 
Néla  fémid  doforterfff . 

A[t]  nibia  basa  lecht  bas  brisccm  lurgu  mais  for  traig5 
maitne  [LU.  88-^]  do  thig  duind  matin  moch  imbàrach. 

AssLi  éc  ernbais  ar  thromsluaigthig^  coddet  co  teinnet  co 
dered  mbctiia. 

Ni  aisncbat  sin  na  senchaid[i]7  dul  damsa  ônd  org^////,  co- 
rom-mé^  nosn-6rr9.  » 

75?.  «  h  is  not  feasible  to  preveut  il  y>,  says  hif^cél:  «  clonds 
of  lueahness  corne  to  you.  A  keen  crâeal  icbich  ivill  cndanger  two 
chceks  of  a  fioal  luill  hc  opposed  hy  the  oaih  of  Fer  rogain,  luho  luill 
riin.  Thy  voice,  O  Lomna  »,  says  Ingcel,  u  haih  taken  breahing 
upon  thee:  thon  art  a  ivorthless  warrior,  and  I  hiow  tbee.  Clonds 
of  lueahiess  corne  to  you. 

to  a  lord' s  bouse  early  lomorrow  iiiorniiig. 
Easier  ...  deatb  on  a  beavy-bost-house  ...  to  the  ivorld's  end. 
Neither  old  nien  nor  hislorians  sball  déclare  thaï  I  quitted  the 
Destruction,  until  I  sball  zureak  it.  » 

80.  Na  haitlibéT  ar  n-einech'°,  a  Ingm)/7,  ïor  Gér  7  Gab//r 


1.  feimmid  YBL.  femdith  H.  feimmid  St.  fcimig  Eg. 

2.  dotecat  St.  dothecat  YBL.  dotegat  H.  dot(cc)ut  Eg. '. 

3.  nguanfeas  St.  nguaisfeas  YBL.  nguaisfis  H.  nguainfes  Eg.'. 

4.  rotetatar  YBL.  St.  rotfetat(zr  H 

5.  Atiiibia  bas  lechtoi  bus  brisgim  lurcoi  manaisi  tri  traig,  H.  Atnibia 
basa  lecht  bas  brisce  lurcu  mais  for  traig,  St.  Atmbia  bas".  lecht  bas  brisceam 
lurcu  manais  for  traig  YBL.  Atmbia  basalecht  brisgem  lurgu  mas  for 
traig,  H2.  Atmbia  bassa  lect  bas  b(riscem)  lurcu  mais  for  traig,  Eg.'. 

6.  tro  sluaigthib  St.  tromsluaigib  Eg.'.  Asse  cernmais  ar  tromsluaig 
tic  U.2. 

7.  ni  faisnebot  sin  nait  senchji/ei,  H.  ni  aisncbet  sin  na  seanchaid  YBL. 
ni  aisnebat  sin  naid  senchaid  Eg.  ' . 

8.  from  co-rop  me 

9.  gurumme  nosnoirr  Eg.  ' .  For  the  various  readings  of  Eg.  see  Ap- 
pendix  §  78. 

10.  Na  bcn  aithbiT  ar  ar  n-enech,  Eg.  IL-,  na  aidbtr  ar  n-ainech  YBL.  St. 


The  Dislniction  ofûà  Drr^a's  Hostd.  179 

7  Fer  rogain.   lurthar  ind  orgim  niani  ma  în  taiam  Jiùe\  co- 
nonro-nwrbtharni-  uli  occi. 

A;/go  5  dam),  is  deithlv/' daitsiu,  a  Ingccoil,  ïor  Lomiia-^  mac 
Diiind  Desa.  Ni  daitsiu  a  domaine  na  org;n'5.  BrVa  cend  rig 
ala-thûathe  lat  hartbe^  alailc,  7  toernae  "  as  do  thriur  derbra- 
ihiir  assind  ovgiiiii  À.  JngccI  7  Ecell  7  Dartaid  na  dibcrgae. 

Sa.  «  Reproach  not  our  boiiour,  O  hii:;ccl  »,  say  Gér  and  Gabiir 
ami  Fer  rogain.  «  The  Destruction  shall  be  wroughl  uiiless  tbeenrih 
break  under  it,  iintil  al!  of  us  are  slain  therebw  » 

«  Trulx,  theu,  thou  hast  reasoii,  O  Ingccl  »,  sa\s  Loonia 
Driith  son  of  Donn  Désa.  «  Xot  to  thee  is  the  loss  caused  by  the 
Destruction.  Thou  wilt  carrx  off  the  head  of  tlje  king  of  a  forcign 
country,  with  ihy  slaughter  of  another ;  and  thou  and  thy  brothers 
(will)  cscape  froni  the  Destruction,  even  Ingccl  and  Ecell  and  the 
Yearling  oj  the  Rapine.  » 

81.  IS  ansu  damsa  imworro,  ïor  Lom;w  drûth.  Mairg  damsa 
n'a  cach,  mairg  iar  câch!  h^  mo  chendsa  cetna9  imc[h]oi- 
cert[h]âr  and  in[n]ocht  iarsind  uair'°  ewr  fertsib  carpat  a\i'^  i 
comraicfét  diabolnâmait^-  .i.  focicherthar  insin  Bruidin^5  co  fd 
thri  7  dofoichfrthrtri4  eisse^5  co  fathri.  Mairg  no  thet^^,  mairg 


1.  midroe  St.  Eg.'.  mani  maidc  in  talam  Eg. 

2.  cononrobarbtharni    LU.    ai/ionrommarbtharni   YBL.    St.    nocorom- 
niartharsa  Eg.  coiionromàThtlmrncH.  cowonromarbtarni  Eg.'. 

3.  Is  go,  Eg.  Angoi  H. 
\.  Lonnas  druth  YBL. 

3.   Ni  duitseo  a  doirlhi/n'   nô  domaini   inna  airgni  sca  hinocht,  Eg.  ni 
duidsiu  a  domaine  na  hohcne  YBL.  ni  daitsiu  a  a  domaine  na  hoirgne  St. 

6.  la  airtbi  YBL.  lat  artbe  Eg.  lat  airtbe  St.  lat  airbiu  Eg.'. 

7.  docrnaba  Eg.  taerna  YBL.  tocrna  St.  to  erno  Eg.'.  doernabô.  H. 

8.  IS  hé  Eg. 

9.  ccto-  H.  céta  St  ,  .c.  YBL. 

!0.  cétab^tarand  iarnuâir  Eg.  ceta  imchoichertthar  YBL.  ceta  imcoichertar 
Eg.  I .  imchoicerthar  St. 

11.  ffrstip  carpot  airm  H. 

12.  diabol  namat  LU.  diabolnamaid  YBL.  96''.49,  na  diabulnâmait  Eg. 
ij.  isin  mbruidin  YBL.  St.  Eg.'.  lafithir  isin  liiBruidin  Eg. 

14.  cuirfithir  Eg.  no  foicerthar  St.  Eg.'. 

13.  esti  YBL.  H.  eisi  St.  eisti  Eg,  esli  H. 
16.  tlicit  YBL.  tcit  St.  Eg.'.  teit  7,  Eg. 


i8o  Whitlcy  Stokes. 

lasa  tiagârS  niairg  cos'  tiagar!  It|t]roich-  nothiagat,  it[t|r6ich 
citssa.  tiagat  >  ! 

Ni  fil  ndd  rô  damsa,  ol  Ingchel,  inid-^  mo  maihnr  7  mo 
aihar  7  mo  sechl  nderbrathrt;>  [7  ri  mo  thuaithe  —  H.]  orta- 
bair-si  limsa.  ni  fail  ni  ndd  ïàeliisa  o  sin  inond^. 

Cid  finbarc  totessc^  treu/,  ol  Gcr  7  Gab//r  7  Fer  rogain, 
iLirt[h]ar  lat  ind  orgain  innocht. 

Mairg  dos-b^Va^  fô  lamaib  nàmat  »,  ïor  Lomna.  Ocus  cia 
acca  and  iarsin  ? 

Si.  «  Harder,  haïuever,  it  is  for  me  «^  sa\s  Lomna  Dii'ith: 
«  zL'oe  is  me  hefore  every  one  !  zvoe  is  me  after  every  one!  'Tis  m  y 
head  that  will  he  first  tossed  about  thre  tonight  after  an  hour 
among  the  chariot-shafts,  where  dcvilish  foes  luill  vieet.  It  will  be 
flung  into  the  Hosiel  thricc,  and  thrice  will  it  be  flung  forth.  Woe 
(to  him)  that  cames  !  woe  (to  him)  with  whom  one  goes  !  woe  (to 
hiiii)  to  u'hom  0}ie  goes  !  IFretches  are  they  that  go  !  wretchcs  arc 
they  to  zuhom  they  go  !  » 

«  There  is  nothing  that  luill  come  to  me  »,  says  Ingcél,  «  in 
place  of  my  mother  and  my  fathcr  and  m\  seven  brothers,  and  the 
king  of  my  district,  whotn  ye  destroyed  with  me.  There  is  nothing 
that  I  shall  not  endure  henceforward.  » 

«  Though  a  ...  shonld  go  through  thein  »,  say  Gér  and  Gabur 
and  Fer  rogain,  «  the  Destruction  will  be  ivrought  by  thce 
tonight.  » 

«  Woe  (to  him)  who  shall  put  them  under  the  hands  of  focs  !  » 
says  Lomna.  «  And  whom  sawest  thou  afterwards?  » 


1.  tiagthar  YBL.  t'aghar  Eg 

2.  troich  H.  troig  YBL. 

5.  IS  troich  téit,  is  troich  cos"  tiagar  Eg.  (i)troich  teit  itroig  cusa  tiagar 
YBL.  cossa  tiagar  St.  gusA  tiag»r  H  2.  ana.  (ti)agair  Eg.i. 

4.  hi  n-inad.  Eg.  indi  St.  inid  YBL.  iniit  Eg.'. 

5.  nderbraithir  YBL.  ndcrbrathiJ/V  St. 

6  Ni  fail  ni'  nad  fôel».'>'a  osin  himach  cid  niôr  a  domain  duinne  na  airgni, 

Eg. 

7.  doteist'J  trt7u  (?)  \BL.  tôesad  trcothu,  Eg.  treot,  H.  toteissfi/trcut  St. 
Eg.'. 

8.  Iss  niairg  dalta  diles  deirbc;idi   dobiVa  fo  lamaib  a   nâmat  n-allma- 
rach.  Es.  maire  dobt'ra  fa  laniu  namutt,  Ea;.'. 


The  Destruction  of  Dâ  Dcr^a^s  Hostd.  i8i 

Imda  \a  Crutuxecii  ixso 

82.  Atrcz/narc  and  iiiidae  7  t;iar  [adboliiK'ir,  Eg.  |  indi,  t/'i 
dondi'ir  mor.i,  tri  criiind-bt'ntha  fi'raib,  it  he  |cc')iri  —  Eg.] 
comlcbra  f('/'  cul  7  étun  '.  tri  gerr-chochaill  diibac  impu  co 
ulni  -.  cciniiidi  '  tlna  ior  [s]na  cochlaib.  Tri  claidib  duba  dimôra 
Ico,  7  tcora  dubboccôti  luisaib,  7  tcord  dubslcga  Icthanglassa 
uassaib.  Rcmithir-*  inb/V  cairi  c/'and  cachae  dib.  S:\mctillc  lat 
sin,  a  Fir  rogû in 

The  RooiJ!  of  ihc  Picis,  tins. 

S2.  «  /  siTii'  auothcr  rooiii  thcrc,  u'ilh  a  hiii^c  trio  in  it  :  thrcc 
brùwn,  big  mcn  :  three  round  heads  of  hair  on  iheni,  even,  cqnaUy 
long  at  napc  and  forebead.  Three  short  bhick  coivls  aboiU  iheni 
(reaching)  to  their  elboivs  :  long  hoods  were  on  the  eoiuls.  Three  black, 
hiige  s'U'ords  the\  had,  and  three  blach  shieJds  ihey  bore,  ivith  three 
dark  broad-green  javelins  akn'etheni.  Thich  as  ihespit  of  acaldron 
■was  the  shaft  of  each.  Liken  thon  tJnit,  O  Fer  rogain  !  » 

83.  IS  andsa  damsa  a  samail.  Ni.s-fct/o'sa>  i  n-Hevind  m 
t;iar  sin,  acht  manid  lié  in  t/iar  ucut  di*^'  Cruithentûaith  dodeo- 
chatar  for  longais  asa  tir  condi\-ûl7  hi  tcgloch  Conairi.  It  é  a  n- 
anmand  :  Dubloingcs  mac  Trebiiait  7  Trebudit  mac  hiii 
Lonsce^  7  Curnach  mac  m  Faich9.  Tri  lâich  ata  dech  gaibthe  '° 
gaisced  la  Cruîh3)itûaith  in  triar  sin.  Dofaethsat^'  nô/ ndechen- 
bor  léo  ina  chétch//mscliu,  7  dofiieth  fer  cech  airm  léo^^  cen- 

1.  Hère  there  is  a  lacuna  in  Eg.  down  to  5  97- 

2.  ulnib  YBL.  huilind  St.  huill;//  H. 

3.  7  ccndidi  YBL.  7  cennide  H. 

4.  reimir.  St.  Eg.'.  remitir  YBL.  rcimithzVH. 

5.  ni  fetar  St.  Eg.'.  ni  kdursa  YBL.  ni  fhcti;?-.sa  H. 

6.  manid  iat  in  triar  ùt  do  St.  minad  iatt  in  triar  ucud  di  H. 

7.  condofilct  H.  coiidoCû  Eg.'. 

8.  Loingsigh,  H.  Loinsce,  St. 

9.  Fiaich  YBL.  H.  St.  Eg.'. 

10.  A  Middlc-Irislî  corruption  of  "'(///'/<',  prcs.  ind.  relative  plural  of^aW;//. 
Sec  Strachan,  CZ.  H,  488,  IIL  413. 

11.  Totaetsot  H.  dofoethsat  Eg.'. 

12.  dathaed  fer  cach  airm  doib,  YBL.  dolaeth  fer  gach  airm  doib,  H.  do- 
foeth  fer  cecli  airm  doib  Eg.  '. 


i82  Whitlcy  Stokcs.    - 

motha  a  fer  fessin,  7  rt^nraindfct  comgnim  f/'i  cach  triar  '  isin 
BrLi(////_,  7  maidtît-  biuiiJ  rig>  ;/(>  airig  dibrrg[e],  7  immaricfli 
élôd  dôib  iarsin  cid  at  ci'ccluaig4.  Mairg  iiiras  in  n-orgain  cid 
daig  in  trir  sin  namma!  » 

Tongz/do  dia  tongé^  mo  ihiuith,  mad  ino  choniarle  dogncthc 
and  ni  iurthaî  ind  orgaiii,  (or  Lomna  Dn'ith. 

Ni  c//mcaid^,  for  Ingccl  :  ncla  fcniid  dofortccat".  Fir  ngcr 
[njgûasfes  7r[l.]^.  Ociis  cia  acca  and  iarsin  ? 

Sj .  «  Hard  it  is  for  Die  (lo  find)  ihcir  Ukc.  I  kiiou'  iiot  in  Erin 
thaï  trio,  uiilcss  it  be  \on  trio  of  Pictland,  luho  zvent  into  exile from 
iheir  country,  and  arc  (naw)  in  Conairc's  houschold.  Thèse  are 
thtir  imnies  :  Diddonges  son  of  Trchùat,  and  Trchi'tal  son  of  Hûa- 
Lonsce,  ovd  Curnach  son  of  Hi'ia  Fâich.  Tl}e  ihree  zuJw  are  hest  in 
Pictland  al  ta^tng  arms  arc  tbat  trio.  Ninedecads  ici  II  f ail  at  their 
hands  in  their  Jirst  cncounter,  and  a  nian  luill  fall  for  each  of  thcir 
lueapons,  hesides  cm  for  each  of  themsilvcs.  And  thcy  luill  share 
prou'css  with  evcry  trio  in  the  Hostcl.  Thcy  wiîl  boasi  a  victory  aver 
a  king  or  a  chief  of  the  reavers;  and  they  luill  aftcrwards  escape 
though  luounded.  Woe  to  hini  who  shall  lureak  the  Destruction, 
though  it  be  only  on  acconnt  of  fhose  three  !  » 

Says  Lomna  Drnth:  «  /  szaear  to  God  luhat  ni\  tribe  swears, 
ifmy  counsel  luere  taken,  the  Destruction  luould  never  be  zurought.  » 

«  Ye  cannot  »,  says  Ingcél:  «  clouds  of  zueakness  arecoming 
to  you.  A  keen  ordeal  which  zvill  endanger,  etc.  And  zi'hnni  sazuest 
thon  there  afterzvards  ?  » 


1.  n-oinfer  H.  Eg.'.  n-ocnfer  St. 

2.  maeidfit  H. 

5.  H  inserts:  no  riglidamn.ii,  St.  no  rigdamna,  Eg.'  no  rigdamnai 

4.  crechtnaig  YBL.  creo'nndiVtheH.  crechtdnaig.  St.  cid  crechtnaigh  Eg.'. 

5.  sic  YBL.  St.  Eg.'.  hiurfuithe  H.  iurfaitho  LU. 

6.  cuimce  H.  cumg?e,  St.  c»mgai  YBL.  cuingaid  H.-,  chumcai  Eg.'. 

7.  dotccat  St.  dothecat  YBL.  dotegat  H.  dotegait  H. 2.  tatecùt  Eg.'. 

8.  nguaisfeas  yrL  YBL.  fir  nger  ngua(is)fes  da  ngruad  ngabair  gcbthair 
fris  la  luigc  Fir  romain  ruidfes.  rogab  do  guth  maidm  fortsa,  a  Lomna,  ar 
Ingcct.  at  drochlaechsu  rotctatar  neUt  femid  dotccat  yrL  St.  Fir  nger  nguais- 
fes  etc.  H. 2.  fir  ngcr  nguainfes  etc.  Eg.  ' . 


The  Destruction  of  Dâ  Dcroj's  Hostel.  185 

[Imda  \a  Cuslf.wach] 

84.  |LU.  88'']  Atrh(';/narc  and  inid.ii  7  n(i;/borindi '.  mongae 
findbudi  fcraib,  it  c  conialli  -  uile.  Bruit  brccliga  '  impu,  7  noi 
tinne  cctharchôire  c//mtachtai  uasaib.  Bâ  Icôr  suillsc  isind  rig- 
thig  a  cumtach  lil  h'rsna  tinnib  cetharchôrib  hisin.  Sam^/V/c-i 
lat,  a  Fir  rogain. 

Ni  anse  damsa  a  sxm.ail,  ïor  Ver  wi^nin.  NJ»bor  CMilcanach 
insin  doroachtâtàr5  co  Conaire  ar  a  airscélaib  a  Si'd  Brcg. 
It  é  a  n-anmand:  Bind,  Robind,  Riarbind,  Sibc^\  Dibc  ", 
Deichrind^,  Umal,  Cumal,  Cial]glind9.  It  é  c//jlennaig  ata 
dech  fil  isin  domon.  Dofoethsat'"  nôi  [lijdeichenbtJr  Ico,  7  fer 
cech  airm,  7  fer  cech  hr,  7  maid/à/  cach  fer  dib"  buâid  rig  '-'  nô 
airig  dib^rge,  7  immaricfa  clûd  d6ib'>  iarom  asind  orgain,  ar 
bid  imguin  friscdth'^  imguin  f/iu.  Gênait  7  ni  génaiter'5,  ûair 
is  a  sid'^  dôib.  Mairg  iûras  in  n-orgain  cid  dâig  ind  nonhulr 
sin  [nammà]  ! 

Ni  cz/nicid'/,  îor  Ingcél.  ncla  {ciiiDiid  àofovtecat.  Ocus  iarsni 
cia  acca  and  ?  » 

77';'  Rooni  of  ihc  Pipers. 

S^.  Therc  I  hebehl  a  rooiii  luilh  iiiiie  iiien  in  it.  Hair  fair  and 
yellow  was  on  thein  :  they  ail  are  equally  beautifnl.  Mantles  spec- 

1.  inti  YBL.  innti  H.  innti  II.-. 

2.  comailli  YBL.  comailliu  EgJ.  comaillc  comcrotha,  H. 

3.  brcclaf/j/na  H.  St.  brcic  liga  YBL.  brecligdai  H. 2.  breclachtai  Eg.'. 

4.  Samail  YBL.  97^  35. 
3.  dorochtatar  St.  YBL. 

6.  Nibe  H.  YBL.  Ribe  St.  Ribi  I-g.i. 

7.  Tibe  St.  Dibi  H.  Tibi  Eg.i. 

8.  Dcchrid  St.  Deichrid  Eg.'. 

9.  Ciallgrinn  YBL.  Cialglind  St.  Eg.'. 

10.  Doihoetsat  St.  dothaedsad  YBL   Totaetsat  H.  Tothocths.u  Eg.  1. 

11.  For  7  fer  ...  dib  H.  lias:  ina  o'/cuinnsgle  7  niaoidtit 

12.  H  inscris  :   no   righdamnai  :   St.   m  rigdomna;,  H. 2  110  righdanilina, 
Eg.'  110  righdhamhnac 

13.  H.  inscrts  :  cidat  crechtnaigûû 

14.  sgaiho  H.  scaitEg.'. 

15.  genither  YBL.  genaitlit-r  Eg.'  gcnfaitlicr  H. 2. 

16.  sidhuib  H.  sidaib  St. 

17.  cumgc  H.  c»mgid  St.  c«mcit  Eg.'. 


1 84  Whitley  Stokei. 

hied  with  cohmr  ihey  luore,  and  abave  thcm  ivere  ninc  hagpipes, 
four-iiined^,  ornaviented.  Enoiigh  lighl  in  the palace  were  ihe  orna- 
nicnt  on  those  four -tuncd  pipes.  Liken  ihou  theni,  0  Fer  romain.  » 

«  Easy  for  nie  to  liken  theni  y),  says  Fer  romain.  «  Those  are  the 
tiine  pipers  ihat  came  to  Conaire  out  ofthe  Elfmoiind  of  Bregia,  be- 
caiise  of  the  noble  taies  about  him.  Thèse  are  their  names  :  Bind, 
Robind,  Riarbind,  Sibè,  Dibè,  Deichrind,  Uniall,  Cumal,  Ciall- 
glind.  They  are  the  best  pipers  in  the  world.  Nine  enneads  will 
fall  before  theni,  and  a  nian  for  each  of  their  lueapons,  and  a  nian 
for  each  of  theniselves.  And  each  ofiheinivill  boast  a  victory  aver  a 
kifig  or  a  chief  of  the  reavers.  And  they  will  escape  from  the  Des- 
truction; jor  a  conflict  with  theni  will  be  a  conflict  ivith  a  shadoîv. 
They  u'ill  slay,  but  they  will  iiot  be  slain,  for  they  are  out  of  an 
elfmound.  Woe  to  him  luho  shall  wreak  the  Destruction,  though  it 
be  only  because  of  those  nine! 

«  Ye  cannot  n,  says  Ingcél.  «  Clouds  of  ivcahiess  come  to 
xou  »^  etc.  «  And  a  fier  that,  zvhoni  sawest  thon  there?  » 

Imda  t//^sig  teglaig  CoUAUii 

85.  Atchon?/^7;r  and  imdai  7  ôenfer  inti.  Mael  garb  -  ïor 
SLiidiu'.  Cia4  focerta  iniach  fi'aduball  ftv  a  mail 5  ni  fochriched^ 
ubuU  dib  îor  Idr,  acht  no  giuglad"  each  ubuU  (or  a  finna.  A 
brat  rolômar  taris  isin  tig.  Cach  n-imresain  bis  isin  tig  im 
SLiidiu  nô  ligi^is  in[n]a  réir  tiagait9  uli.  Dof6ethsad^°  snat|h]at 
isin  tig  ro  ccchlastai  a  totim  intan  labrasbcos.  Dubc/;rand  môr 
uaso,  cosmail  fri  mol  mulind  cona  sciathaib  7  a  chendraig"  7 
a  irmtiud^-.  Sam^/7/t' lat,  a  Fir  rogain,  insin. 

1.  This  seems  to  refer  to  the  tuning  ofthe  chanter,  of  the  two  shortcr 
reed  drones,  and  ofthe  longcst  drone,  four  in  ail. 

2.  hgarb  St. 

3.  sic  YBL.  siiiu  St.  Kg.',  suidi  LU. 

4.  o  YBL. 

5.  muil  YBL.  St.  môil  H.  nihuil  Eg.'. 

6.  foichread  YBL.  foicridh  H.  Eg.'.  foichred  St. 

7.  rogiulflJ  YBL.  no  giulad  H.  St.  no  giugbJ  Eg. '. 

8.  luide  [Icg.  luige)  H.  ligca  Eg.'. 

9.  thiaga/7  H.  tiagat  Eg.2. 

10.  Dia  faetsad,  H.  Dia  foetsat,  St.  dia  foetsadh  Eg.'. 

1 1.  cendairg  Eg.  ' . 

12.  irmitiud  St. 


Tlu  Dtstiuctiori  of  Dû  Deiga's  Hostel.  185 

77.'i'  Rooiii  of  Couairc's  Majordomo  ' . 

S).  "  Thcrc  I  saw  a  ivoiii  zrith  oiir  iinvi  iii  il.  Roni^h  cropl 
hair  iipoii  hiiii.  Thoii^h  a  sack  of  crah-applcs  shoiihl  Ir  /linii^  011 
his  bt'ihi,  iiol  one  of  thciii  icoiild  fall  ou  thc  Jloor,  but  cvcry  applc 
wouhi  slick  ou  his  hair.  His  flcccy  inaulic  tuas  ovcr  hiin  iii  ihe 
housc.  Evcrx  quancl  ihcrciu  ahoul  scal  or  hcd  coincs  to  his  décision. 
Shoiild  a  necdlc  drop  in  ihc  housc,  ils  fall  luoiihi  hc  hcard  'when  he 
spcaks.  Abùve  hiui  is  a  hu^c  black  Irce,  likc  a  uiillshafl,  luith  its 
pûddlcs  and  ils  cap(?)  and  ils  spikc.  Likcu  ihoii  hint,  O  Fer  ro- 
main !  » 


86.  Ni  ause  damsa  611.  Tuidle-  U\ad  insin,  rcchtaire  te- 
ghiii;  CoiL\ir\.  IS  écen  aurthuasacht  a  brQlk''  ind  tir  sin:  fer 
fo//nic  suide  7  lige  *  7  biad  do  chach  >.  IS  i  a  lorg  theglaig  foil 
ûasa.  Feis  libsi^  in  fer  sin.  Tong/<  a  tougcs7  mo  thûath,  bit  lia 
[a]  mairb  leis  na  horgni^  andâte^  a  mbi.  Tothàethsat '"  a  thri 
comlin"  lais,  7  dofiieth  féin  and'-.  iMairg  iuras  ind  orgai)i'\ 
7  r/. 

Ni  c/zmcid  '•*,  (or  Ingccl.  Nek  fem/J  dofor/m//.  Cia  acca  and 
iarsin  ? 

S6.  «  Easy  for  uic  is  ihis.  Tuidh'  of  Ulaid  is  hc,  ihc  steward  of 
Couaires  househohi.  'Tis  nccdful  to  hearlrii  to  ihe  décision  of  that 
niau,  ihe  man  thaï  ru  les  seat  and  bed  and  food  for  each.  'Tis  his 
household  staff  that  is  above  hiui.  Thaï  man  zvill  fght  îcilh  yon.  I 

1.  Cf.  thc  \VeIsh/)t'« -/('//«. 

2.  Taidlc  YBL.  ()j^  i  St.  Toigli  H.  TaidleaEg. '. 

3.  brctlii  YBL.  bretliri  H. 

4.  luighe  H.  luigiu  Eg.'. 

5.  H.  adds:  isin  tig,  F. 

6.  flicth  lipsi,  H.  feth  libsi  YBL.  tx^d  libsi,  St.  foed  libsi  Eg.'. 

7.  toingti  H.  toinges  St. 

8.  orgain,  St. 

g.  oldait  H.  andata  YBL. 

10.  Dotaelsat  H.  totoctsatt  Eg. '. 

11.  chomlond.  St.  YBL. 

12.  7  dotliactli  and  fodcisin  YBL.  7  dotaet  anii  fodesin  H.  7  tctoetad  and 
fadeisiti  Hg.'. 

15.   H.  inscrts  :  cit  daig  ind  hr  sin. 
14.  ciiunicait  St.  c/micait  Eg.'. 

Revue  Cellitjuc,  XXU.  13 


i86  Wliitley  Stokes. 

siuear  ivhal  ni\  Iribc  swcars,  thc  dead  al  iJ)c  Destruction  (slain)  hy 
hiiii  will  hc  iiioir  niimcrous  ihaii  thc  Jiv'nig.  Thricc  bis  iiiinibcr 
u'ill  fall  h\  hiiii,  and  hc  hiniscif  will  fall  thcrc.  Woc  to  him  who 
shall  wrcak  thc  Destruction  !  etc. 

«  Yc  cannot  »,  sa\s  Im^ccl.  «  Clonds  of  wcakiicss  coinc  upon 
you.  What  saïucsl  ihoii  ihcrc  aftcr  ihal?  » 

Imda  Maie  œciit  cathmiled  Con.WRE. 

87.  Aiconiiarc  :ind  imJac  n-aile  7  tn'nr  indi.  tn  muil'  mi- 
drccht-.  nioah^  dib  in  mael  medonach.  Mûad-blosc  bnicnacli, 
bairend-chorp'K  bàirncch,  bcimiicch,  balc-buillech  5  benas  ar 
m)/cétaib  hi  caih-c[h|omlond.  C/andsciâth  odoriarndac^'fliirco 
mbilchotat"co7;dùalaf();'sa*^  talla  certchossairccthri  ndrong  ndc- 
chenbair  ndedbol  for  atairsciu  tharlethair'^.  Taul  fair  fortrcnd, 
fodomain  cairi '° choir  chutr//mmae  cct[h]ri^'  ndam,  tollchri'iis 
toUv/bud  '-  im  cheth[e]ôra  '5  mucca midisi  inna midchrôes  môr- 
thaltu.  Atàt  f/ia  di  n-aircliind  n-airidi  dî  noc  chûicsesscliuracli 
cuti7/;/'/niae  dingbàla  tri  ndrong  ndcchcnbair '^  [LU.  89^'!  ccch- 
tar  a  dd  trènchoblach. 

Gai  laiss  gormrûad  glacthomside  (or  a  chrund  comaccmaic. 
Ro saig  iar  traig  (or  clethi  A';/id  tri  talmain  tairissidar.  Foriarnd  '> 
fliir  diibderg,  drûchtach.  Cclhri  traigid  tronithomsidi'''  cter  a 
dan(ao)g  imfàebair'7. 


1 .  môil  H . 

2.  midrech  St.  Eg.'.  mirdeacht  YBL.  midre(7.'/  U.-. 

3.  nioam  YBL.  H.  Eg.'.  môam  St.  moom  H.-. 

4.  Bairennchoir  l\.-. 

5.  H  adds:  lais 

6.  iarnaidi  St.  iani.u  YBL.  iariuiidi  H.  iarnaidc  Eg.'. 

7.  coihat  LU.  chotut  St.  YBL.  codât  H. 

8.  forsna  YBL. 

9.  tarrlethinV  H.  thairlcthair.  St.  lairlctair  Eg.'. 

10.  core  côi[r]  coUnlKjyc  H.  choiri  YBL.  coiria  Eg.'. 

11.  ccitheorai  H.  ccitliri  YBL. 

12.  thoUbc/biid,  St.  tolllv/botli  H. 

15.  cetlieora  YBL.  ccthcorai  H.  tcorai  Eg.'. 
i.\.  H.  adds  ndcdbi;/- 

15.  Fail  iarn,  H.  fiiil  iarnn,  St.  Eg.:. 

16.  trethoimsidi  YBL.  trctoimsidc  St.  trotomsidc  Eg  '. 

17.  it(T  a  dana  ogh  iinthaebuir  YBL.  eter  a  di  n-ua^  des  n-imfa'.-b«/r  H 
iter  a  da  naug  imfaebair,  St.  itt/-  a  da  n-ug  iniibebair  Eg.  ' . 


The  Destruction  of  Dâ  Derga's  Hostel.  187 

T/iclia  traigcd  tronithoinsiJi  in[ii|a  ■  chiid////'  glondbcimncch 
o  cliibdc[ijs  co  iarndord -.  Tadbat  tûidic  tcnridi  t()/c)snac  'l'ech 
Midcluïarda  o  clcithib  co  talniandae^ 

Trcnccosc  adchiii '.  [Bccc]  nach  imrala>  l'iathbàs  oc  ini- 
caissiû'^  in  trir  sin.  ni  fail  ni  bas  dccmaicci  ~. 

Dias  niâel  and  sin  ini  fer  co  folt""^.  Dà  loch  ini  sliab  ">>  :  da 
seclii"'im  rolaig'':  dà  nôine'-  hina  de  dclgib  scîach  ior  roth- 
chomlai''  occaib,  7  is  cosniail  limsa  fri  côelglais'i  n-usci'» 
f()/-sa"^  taitni  grian  7  a  trcba;/'"  ûadi  sis,  7  scchc  i  n-ecr//.s' '*^ 
iarna  chul,  7  turi '9  rigthaige  co  ndeilb  làgin  nu')ir  uassac. 
Dagcre  cuinge  sesrige  a  c/'and  fil  indi-°. 

Samaillc  lat  sin,  a  Fir  rogaiii} 

The  Rooiii  of  Mac  ccchi,  Coiiaiir's  haltlc-soldicr. 

Sy.  Therc  I  bchehi  niiolbcr  rooni  luilh  a  Irio  iii  il,  thnr  Ini/J-fu- 
rioiis-^  nobles:  ihebiggest  of  theni  in  ll.'e  niidcile,  irrx  iioisw..,  roek- 
hoiiieii,  (lu^ry,  sniiling,  dealiii^  strong  bJoivs,  zvho  beats  niiie  Ijiiii- 
dredin  battle-coufliel .  A  wooden  shield,  dark,  covered  zuilh  iroii,  he 
bears,  wilh  a  hard  ...  ri  ni,  (n  shiehl)  -u'hereon  woiild  fil  lik'  proper 
liller  ofj'onr  troops  of  len  zueaklini^^s  on  ils  ...  of ...  lenlljer.  A  ... 

1.  ina  H.  inna  St. 

2.  iarnorn  YBL.  iarndornn,  St.  iTiarndornn  M.  hiardornn  Eg.'. 

3.  talmain  St.  Eg.'. 

4.  trcn  a  ecosc  atciu  H. 

5.  Bec  nac/;amraloi  H.  Becc  nach  imrala  YBL. 

6.  imchaisin  St.  H.  Eg.'. 

7.  dccmuccu,  St.  Eg.'. 

8.  fuit  YBL.  St. 

9.  YBL.  97'' 51  iiiserts:  do  drumcla  tuindi  tulguirmi.  Ainl  St.  dadrumchhi 
tiiindc  tiilguirme. 

10.  scchid  St.  scichi  H. 2.  scichid  Eg. '. 

11.  Ni  uil  ni  bus  decmaici  dip  indas  in  dias  macloi  sin  imon  (cr  co  folt. 
Da  loch  im  ral((/V,  da  shcichi(/  im  hsl/o/'  H. 

12.  noi  H.  noeinc  Eg.'.  YBL.  noci  St. 

13.  for  rothconiloi  rigthigc.  H. 

14.  cloenglais  St.  caelglais  YBL. 

1 5.  n-7/5cide  H. 

16.  f>isi  H. 

17.  srcban  IL  St.  Eg.  ' .  trcban  YBL. 

18.  in  incchrus  St.  in  inccras  Eg.'. 

19.  tauri  YBL.  St.  tairiu  Eg.'. 

20.  inntci  H. 

21.  inid-rccht  lit.  «  of  half-furics  ». 


1 88  Whitley  Stokes. 

hoss  Iht'iroii,  thc  cicplh  of  n  cnhhvii,Jjl  lo  cooJc  four  oxcn,  a  hoUaw 
iiiaîv,  a  forçai  boiliiii^',  with  four  swiih'  in  ils  iniJ-iiuiu'  j^rrat...  At 
bis  lu'o  siiioolh  siilcs  tire  two  fivc-thwnrlcd  hojisjil  for  thrcc  parties 
of  teii  in  cach  of  bis  iivo  slron^  fJeels. 

A  spear  be  batb,  blne-red,  band-fillinf^,  on  ils  puissani  sbaft. 
Il  sirelcbes  nloiii^  ibe  ïujII  on  ibe  roof  and  resis  on  ibe  j^roiind.  An 
iron  point  upon  il,  dark-red,  drippin^.  Fonr  auiply-incasurcd  feel 
helween  ibe  two  points  of  ils  edi^e. 

Tbirty  ainply-nieasiired  fcet  in  bis  dcadly-slrihini^  sword  front 
dark  point  to  iron  bill.  Il  sbews  forlb  fiery  sparks  zcbicb  il!  a  mine 
ibe  Mid-coiirl  House  froin  roof  to  i^ round. 

('Tis  a)  sirong  countenance  tbat  I  see.  A  swoon  froin  borror  al- 
niost  hefell  mewhilc  staringal  ibose  tbree.  Tbere  is  notbing  strangcr. 

Two  tare  bills  zuere  tbere  by  ibe  nian  witb  bair.  Tiuo  loiigbs 
b\  a  niounlain  of  tbe  ...  of  a  blue-fronted  luave :  two  bides  by  a  tree. 
Two  boats  near  tbeni  full  of  tborns  of  a  lubile  tborntree  on  a  circular 
board.  And  tbere  seems  to  me  (somewbat)  like  a  slender  stream  of 
waler  on  ivbicb  tbe  sun  is  sbining,  and  ils  trichle  down  front  it, 
and  a  bide  arranged  bebind  it,  and  a  palace  bouse-posi  sbaped  like 
a  great  lance  above  it.  A  good  weigbt  of  a  plougb-yoke  is  tbe  sbaft 
tbat  is  tberein.  Liken  iboii  tbat,  0  Fer  rogain! 

88.  Ni  rt//^t'  limMi  s.xmail,  [ior  Ver  rogain.  —  H.  Eg.^]  M</c 
cecht  mac  Snàidi  teichid  ^  insin,  cathmilid  Conairc  maie  Eiers- 
ceoil.  IS  maith  in  lâech  Mac  cccht.  Inn.i  thotam  5  chotulta  ro  bôi 
flicn  inna  imdai  intan  atrlio^/narciiissiiH.  In  dias  mael  im  fer 
co  toit'  atr('//narcsu,  it  c  a  dà  glun  imma  clicnd.  In  da  loch 
im  sliab''  aicondarc^  [ann,  St.  |  at  c  a  di  sùil  imma  srôin.  In  di 
sechi^"^  im  rolaiii9  aicondarc  it  c  a  dà  n-o  imma  chend.  In  dà 


1.  damsoi  H.  damsaSt.  Hg.'. 

2.  tlieiched  YBL.  mac  snoidti  sciclicd  H.  tcged  St. 

3.  toihom.  St.  tatham  H.  totliuiii  Hg.'. 

4.  atcondairccsu.  St.  atiho/marc  siu  YBL.  dtcoinvircaist:  H. 

5.  fuit  St. 

6.  Tàlaig  H. 

7.  adchondarcaisi  YBL. 

8.  seichid  St.  seicid  Eg.'. 

9.  shliab  H. 


Thi-  Destruction  of  Dû  Dcrfia's  Hostcl.  189 

côicscis[c//;'ach  '  —  YBL.]  (or  rothchomlae-  atcoiidarc  at  c  a 
(Ji  hrôic  f('/'  a  scfath'.  In  côelglais  •  uscn  at("('//d^7;r  r('r[s]a  taitni'^' 
g/lan  7  a  ti\l\i//7  l'uidi  sis  iss  é  brccht/ad^  a  claid/7'  siir^  In 
tseclic  i  n-ccriis  "■■  atn);/d(//r  lîl  iarna  clu'il  is  î  truaill  a  claid/7' 
insin.  In  tnri  rigthigi  AUwidnir  is  i  a  làgin  soin  sin  da;/(>,  7 
cressaigtili  "  sconi  in  gai  sin  co  comraicct  a  da  n-ind,  7  do- 
léice  aurchur  a  riada'-di  intan  as  n-ail  dô.  Is  maith  in  laecli 
Mac  ceclit  !  '^ 

SS.  «  Eiisx,  iiit'sci'iiis,  to  liki'ii  hiiii  !  That  is  Mac  cccht  son  of 
Snaide  Tcichid ;  Ihc  hatlle-sohiicr  of  Coiiairc  son  ofEtcrscc'l.  Good  is 
thc  hcro  Mac  ccchl  !  Siipine  bc  luas  in  bis  rooui,  in  bis  slccp,  ivbcn 
tboii  bcbcldcst  bini.  Tbc  liuo  harc  bills  ivbicb  ibou  saïucsl  hy  tbe  inan 
witb  bair,  tbcse  are  bis  tiuo  knecs  by  bis  bcad.  Tbc  hvo  longbs  hy  l/jc 
moiintain  ivbicb  tbou  saïucst,  ibese  arc  bis  two  eyes  hy  bis  nosc.  Tl.'c 
tîuo  bides  by  a  tree  ivbicb  tboii  sawest,  tbcse  are  bis  two  cars  h\  bis 
head.  Tbetiuofive-tbwarted  boa t s  on  a  circnlar  hoard,  lubicb  iIjou 
sau'cst,  tbese  are  bis  two  sandals  '4  on  bis  sbicld.  Tbe  slcndcr  slrcani 
of  luater  lubicb  tbou  sawest,  lubereon  tbc  s  un  sbincs,  and  ils  Iricklc 
doiun  froni  it,  tins  is  t])e  flichcriug  of  bis  sivord.  Tbc  bide  lubicb  tbou 
sau'cst  arrangcd  hebind  bini,  tlmt  is  bis  sword's  scahhard.  TIk  pa- 
lace-bousepost  lubicb  tbou.  saïucsl,  tbat  is  bis  lance;  and  bc  hran- 
disbes  ibis  spear  till  its  two  ends  niccl,  and  Ijc  burls  a  u'ilful  (?) 
cast  of  it  wben  bc  pi  cases.  Good  is  tbe  bcro,  Mac  cecbt  !  » 

1.  cuicsescumc/;  H. 

2.  for  rothcomloi  rigthigi  H. 

5.  H.  inserts:  in[d.i|  dromclo  tuinnc  tulguirmc  A\.cou>iarcaiscA\.  iat  a  da 
mhalaigh  core  cutromoi  tarsnoi  a  gn/^e  dergi  dathaillc. 

4.  claenglais  St.  Eg.'.  chaelglais  VBL. 

5.  uisgithi  H. 

6.  frisi  taitnc  H.  fc/sataitnc  St. 

7.  sreban  H.  Eg. '.  trebain,  St. 

8.  mbrechtrad  St.  mbrcctradh  Eg.'. 

9.  insin  St.  Eg.'. 

10.  inn  ineoas  Eg.  '. 

11.  i.  e.  crcisaigilh  -I-  /,  literallv  <f  brandishes  it  ».  So  cressaigtti-e  and  gaJ}il:- 
ai.  In  ni  cliotl-ai  7  ni  loingtli-e  1  92  infra,  the  affixed  pronoun  seems  in  the 
nom.  sg. 

12.  a  riara  St.  a  riara  YBL.  98».  a  riarai  H.  Eg.'. 

15.  YBL.  98a  5  adds  :  IN  da  drumcla  thuindi  tiilguirini  atciiondaircw  and 
it  iat  a  da  malaig  choiri  ciiulriimae  tarrsnii  a  gnuisi  dcirgi  dathailli. 

14.  Hencc  we  may  suppose  that  the  /';  de  or  .sandal  iicrc  rcfcrrcd  to  was 
lastencd  to  thc  foot  by  fivc  transverse  straps  or  thongs. 


190  Whitley  Stokes. 

89.  Tothàctsat  '  se  clict  ina  chctch/miscliu  hiis,  7  fer  cach 
airni  dô,  ccnmothà  a  fer  fodessin -,  7  roy/rainti^  comgnim 
Oi  cach  n-ôenier  isin  Bviuliii,  7  niaiclfid  buâid  rig-»  uô  airig  di- 
h(Tgi  ar  dovus  Brud//c.  Cktis  iminàricia  élùd  dô  cid  c/echt- 
naij^the^.  Ociis  intan  iinmàricfa  dt'/'  tuidccht  f'/aib  asin  tig/, 
bit  lir  bc)|ni|niand  ega  7  fér  fer  faicli'.lii  7  rcnna  ninie  f »/•  leth- 
chind  7  ior  letliclocind  7  càipfc/'  n-incindi  7  f'r  cnàmradach^7 
dâisse  do  ior  n-apaigib  combrutib9  laiss  iarna  scàiliud  do  lô  na 
fuithairbi'". 

S(j.  «  Six  ]}it)idrcd  will  fa  II  h\  hini  in  bis  fusl  ciiroiiiitcr,  and 
a  man  for  cach  of  bis  ivcapons,  bcsidcs  a  nian  for  binisclf.  Ami 
bc  u'ill  sharc  prawcss  luilb  cvcry  oiw  in  Ibc  Hosicl,  a.id  be  will 
boasl  of  trinnipb  avcr  a  king  or  chief  of  thc  rcavcrs  in  front  of  tbe 
Hosicl.  Hc  U'ill  cbancc  lo  cscapc  ibougb  luonndcd.  And  irbcn  bc 
sball  cbancc  lo  conic  npon  you  oui  of  ibc  bouse,  as  nunuious  as 
bailsUvics,  and  grass  on  a  grccn,  and  slars  of  bcavcn  will  hc  \our 
clovcn  bcads  and  skulls,  and  ibc  dois  oj  \our  hrains,  your  boncs 
and  Ibc  bcaps  of  your  bou'cls,  crusbcd  hy  bini  and  scaltcrcd  ibrougb- 
oul  ibc  ridgcs.  » 

90.  Techit"  iarom  dar  téora  fuithairbi '-  la  crith  70111011 
Maie  cecht. 

Gabsait  na  haittiri  eiorro  aOi.si'3  .i.  Ger  7  Gab/<;'  7  Fer  ro- 
oain. 


1.  dotactsat  H.  Tothactsa[t]  St.  Totoctlisat  Eg.'. 

2.  fesin  H.  fodcisin  Bg.'. 
5.  conroinnfc  St. 

4.  7  maoithfith   bùaith   rig  no  rigdamnoi  H.  7  maidli  biiaid  ng  110  rig- 
danina,  St.  7  moidfid  buaidh  rig  (no  rig)danniai  Eg.^. 

5.  crechtach  St. 

6.  7  intan  immàricla  clûd  cid  crcclitnaigtiic  LU. 

7.  7  intan  imaric/i?  do  tuidct/.»/  foraib  isin  tig,  VBL.  9S->  10.  7  intan  inia- 
ricfoi  dô  toidiv/;/  (onùh  aniach  asin  tigh,  H. 

8.  cnaimrcthach  YBL.  St.  H.  Eg.'.  cnanibruglu  H.-. 

9.  combrutliaib  YBL.  combruithib  St.   miono  mionbruidlitci,  H.  com- 
bruiti  IL^. 

10.  fuithribi  YBL.  \\.-.  tuthuirbip  IL  fLiithrib  St.  tuitiibiu  Eg.'. 

11.  Teichsitt  H.  Tcigsit  St.  YBL.  Tcigsid  l'g.  : . 

12.  foitli;ibi  YBL.  St.  futhurbe  H.  fuitnbca  Eg.'. 
15.  afVit(h)isi  YBL.  alVithisilL 


The  Destruction  of  Dâ  Dt7t,M'5  Hostel.  191 

Mairg  iuras  in  n-ovi;ni)i  '  !  (or  Lonina  dndh.  F/'iscichset  (or 
cenna  dib. 

Ni  ch/nncid-,  (or  Ingcél  :  ncla  feniiii/(/ dofor/fVr// >. 

Ango  [LU.  S<)^]  d:\iio,  a  Ingccoil,  (or  Lonina  mac  Duind 
Dm  :  ni  deit  ntà  a  domai//t'  na  org;/t'.  Mairg  damsa  ind  or- 
gain,  ar  bid  hc  cctchend  rosia  i  mBriu//;/  mo  ciiend-sa. 

IS  andso-*  damsa,  or  IngaV,  is  i  mo  orgain  doruidcd  and. 

Ango  da//(',  (or  Ingccl,  atm-bia  basa  lecht  bas  briscem  a[n]d> 
yrl^.  Ociis  iarsin  cia  acca  and  ? 

90.  Thcn  zuith  trcinbliiig  ami  tcrror  of  Mac  cccht  Ihey  flce  over 
three  riiigcs. 

Thc\  took  thc  plciigcs  aiiioiig  ihcni  aga'nP,  cvcii  Gcr  aiui  Gahur 
and  Fer  regain. 

«  Woc  lo  bini  ihat  shall  ivrcak  ihc  Dcstntclion!  »  says  Lomna 
Dr  ni  h  :  «  your  heads  luill  départ  front  you.  » 

«  Ye  cannol  »,  says  Ingcél  :  «  cloiids  of  weakness  are  coining  lo 
you  »  etc. 

«  Trtie  indeed,  O  Ingcél  »,  says  Lonina  Drilth  son  of  Donn 
Dcsa.  «  Not  unto  thec  is  tbc  loss  caused  by  the  Destruction.  Woe  is 
me  for  the  Destruction,  for  tbcfirst  head  tbat  zvill  reacb  tbc  Hostel 
lui  H  be  mine!  » 

«  'Tis  barder  for  me  »,  says  Ingcél  :  «  'lis  my  destruction  tbat 
bas  been  ...  tbere. 

«  Truly  tben  »,  says  Ingcél,  «  tnaybe  I  sball  be  the  corpse  tbat     ' 
is  frai  lest  tbere  y>,  etc. 

And  afterivards  wboin  sawest  tbou  tbere?  » 


1.  YBL.  adds:  cid  daig  ind  ocnlir  sin.  St.  adds  :  cideg  ind  ocnfir  sin. 
Eg.  1  adds:  gid  daigh  in  ocnfir  sin,  Kg  '.  H.  adds  :  cith  dcg  ind  oinfliir  sin 
nama  7  ara  leceth  7  ara  fcb»5. 

2.  ciiimge  H.  c;micid  St.  YBL.  ciniick  Eg. '. 

3.  dotccat  St.  totecutEg.'. 

4.  annsu  YBL. 

).   bas  briscem  lurcu  mais  YBL. 

6.  ni  dct  domaine  na  horcne.  Mairg  7rL  IS  annsai  damsai  is  mo  ccndsai, 
is  mo  cendso  ccta-imcliocc/tar  ann  iarsan  uair  cUr  fc/stip  carpul  ait  a  com- 
ruicfu  d'ydhtilnâmait  À.  lociceiuir  isin  mhriiJiii  co  bho  tri  7  dofoc<?rtliar  esti 
co  bo  t/i,  etc.  H.  and  (with  trifling  variations  in  spclling)  St.  and  Eg.'  ut 
supra. 

7.  sec  i  46  supra,  p.  47. 


192  Whiilcy  Stoka. 


I.MDA  Tii  wac  G'//.\iKi-;  .1.  Obai.l  7  Obi. in  7  Corp/t 

91.  Auviiddic  and  iiiui.ic  7  t/iar  inti  .i.  tri  niÔLthôchiig,  7 
t/i  bruit  sirccdai  impii.  'l'éor.i  hrctiiassa  ôrdai  inna  mbrattaib. 
Tcora  monga  ûrbudi  tc'raib.  Intan  folongat  abairbthiu  '  tac- 
moing  in  mong  orbudi  dôib  co  brainc  a  n-inidac.  Inbuid  co- 
)iôc\\n  a  rose  -  rc/zôcaib  in  toit  ^  n';/nàch  isliu  rind  a  n-i'iac '. 
Cassithir  rethe  copad.  Côicroth  6ir')  7  caindcl  rigthigc  ùas  cach 
ae.  Nach  duni  fil  isin  tig  artaccssi^  S'-"-'''  7  r^iiîiii  7  brctliir. 
Sanirt///('  lat  [sin|  a  Fir  n^v////  |ol  IngccY  —  IL] 

The  Rooni  of  Coiinirc's  thrcc  sons,  Oball  and  Ol'lin  and  Corpir. 

pi.  «  Thcrc  I  Ih-I.h'ld  a  rooni  ivilh  a  Irio  in  it,  la  ivit,  thrce 
iendcr  siripJings,  wcar'uh^  thrcc  silkcn  nianlh's.  In  ihcir  manllcs 
ivcrc  ihrce  golden  hrooches.  Thrce  golden-ycllow  niancs  wcrc  on 
ihcni.  When  ihcy  nndcrgo  hcadcleansingf?)  Ihcir  gohkn-yelloiu 
niane  reaches  thc  edge  of  thcir  haunches.  When  ihey  raise  their  cyc 
il  mises  Ihe  hair  so  ihnl  it  is  not  hiver  than  thc  tips  of  their  cars, 
(and  it  is)  as  cnrlv  as  a  rani's  Ijcadf?).  A...  of  gold  ami  a 
palacc-fiainbean  above  cach  of  tijcni.  Every  onc  icho  is  in  thc  honse 
sparcs  tljcni,  voice  and  deed  and  luord.  Liken  tijou  that,  O  Fer  ro- 
gain  ))_,  says  Ingcél. 

92.  Rochi  7  Fer  rogain  co  mbo  Hiiich  a  brat  (or  a  bélaib^, 
7  ni  hctas''  guth  assa  chind  co  t/ian  aà  haidchi. 

A  bcccu'",  or  Fer  rogain,  is  deithbi'r  dam  a  ndognîu  ! 
Oball  7  Oblini  7  Corpn  Findmôr^',  tri  maicrig  Herend  insin. 

1.  abairbtc  H.  abairbtiu  H.-  Eg. '.  aiiibarthiu  Eg. 

2.  riisco  H.  riisca  Eg.'.  roscc  Eg. 

5.  rofolt  YBL.  folu  fandclcclitach  forôrda  Eg. 

4.  a  n-o  H. 

5.  cuic  roith  n-oir,  \lg.'.  .u.  roith  ôir  Eg. 

6.  ardoccs  H.  artaceisi  YBL.  Eg.'.  artaircisi  Eg. 

7.  Ro  chich  St. 

8.  See  the  Acallam  iia  Senôiinh  (Ir.  Tii\te,  IV),  U.  1521,  1952,  2859, 
3266.  3579,  and  cf.  the  Iliad,  IX,  570:  oîjovto  o:  oi/.yjrs:  /A) -.t.. 

9.  fêtas  YBL.  etas  H.  hct»j-  Eg. 

10.  bccco  YBL.  becoi  H.  bccu  St.  Eg.'.  bcclui  LU.  baechu  Eg. 

1 1.  Corp/i'  nviic  YBL.  Corpri  musc  St.  Coirprc  musc  St.  Carp/v  Mûicc  Eg. 


The  Destruction  of  Dâ  Dergas  Hostel.  19; 

Ron-ni.iirg  masa  fir  in  sccl  ',  ordat  maie  Duind  Dc.ut.  IS 
niaith  in  t/iar  lil  isind-  imdài.  Gnâsa  ingcn  nir/cd.icht  Ico, 
7  c;idc  bràthar,  7  gala  iiiathganina,  7  brotha  Iconiaii  \  Cach 
ôen  bis  ina  ngnàis  7  inna  Icpaid  ni  clunlai  7  ni  loingthc  '  [hi 
sâniaij  co  ccnd  nomaidc,  iar  scarad  iViu  asa  >  n-ingnais.  It  niathi 
ind  aie  ina  n-âcs!  Dothâetsat^  tri  dechenbâir  la  cach  n-ai  dib 
ina  cctcliuniscle7,  7  fer  ccch  airm,  7  a  tri  fir  fcssin.  Ociis  do- 
fâeth  in  très  fer  dibseoni  and.  Mairg  iuras  in  n-orgain  fôbitbin 
in  t/ir  sin*^  ! 

Ni  c/zmcid,  fcT  Ingct'/;  ntla  (ciiiiiiid  t\ofo)tccat,  ~c.  Ociis  cvi 
Ail  a  iarsin  ? 

5?2.  Fer  romain  ivept ,  so  ihat  bis  niant  le  in  fronl  o/  hini  becaine 
moisi.  And  no  voiee  was  gotlen  ont  of  bis  bead  till  a  ibird  of  ibe 
nifiht  (bad  passed). 

«  O  Unie  oiies  »,  saxs  Fer  roi^ain,  «  /  bave  t^ood  reason  fv 
u'bat  I  do!  Tbose  are  ibree  sons  of  Ibe  king  of  Friii  :  Oball  and 
Ohline  and  Corpre  Findinor.  » 

«  //  ^^rieves  us  if  ibe  laie  be  trite  »,  sax  Ibe  sons  of  Doiin  Désa. 
«  Good  is  ibe  trio  in  tbat  rooni.  Manners  of  ripe  niaidens  bave 
tbey,  and  bearts  of  brotbers,  and  valours  of  bears,  and  furies  of 
lions.  Wbosoever  is  in  ibeir  conipanv  and  in  tbcir  coueb,  and  parts 
front  tbeni,  be  sleeps  not  and  cals  not  al  ease  lill  ibe  end  oj  uitte 
days,  front  lack  of  ibeir  coinpanionsbip.  Good  are  ibe  youlbs  for  Ibeir 
âge!  Tbrice  ten  luill  fa  II  bx  eaeb  of  Ibeni  in  ibeir  Jirsl  encounler, 
and  a  nian  for  eaeb  lueapon,  and  ibree  inen  for  tbeinselves.  And 
one  of  ibe  ibree  ivill  fall  ibere.  Becatisc  of  ibal  trio,  ivoe  lo  biin  tbat 
shall  lureali  tbe  Destruction  !  » 

«  Ye  cannot  »,  says  Ingccl  :  «  cloitds  of  lueakness  are  coiiting  lo 
y  ou  etc.  And  wboni  saïuest  ibou  aflcnuards  ?  » 

1.  Romairg  masarsccl  VHL.  Ronniairg  niasa  iir  a  mbitli  and,  Eg. 

2.  isinii  YBL.  isin  H.  St.  insind  LU. 

}.  leomain  YBL.  brotha  loiina  leoman  Eg.  Hcrc  anotliL'r  Licuna  in  W. 
4.  loi//gi  hi  s.ima;  YBL.  loiigje  hi  sanic'E  St.  ni  longai  hi  sainiea  Eg.'.  ni 
fOKtuil  7  ni  loing  for  congain  cridhc,  \\.-.  ni  cotail  7  ni  loing  i  s.ime  Eg. 
).  ara  YBL.  St.  ar  ihgnas  Eg. 

6.  Totoctsat  St.  Totactsat  Eg.'.  Totactlisat  Eg. 

7.  cétcumschu  St.  Eg.'.  cetc/nnscH  YBL. 

8.  7  dothoct  dias  dib  and.   Mairg   iiirrt^  in   n-orcHm  cid  fobith  na   deisi 
sin!  YBL.  983^2.  7  totoctsat  dias  dib  ann.  Mairg  etc.  St.  Eg.'. 


194  Whitley  Slokcs. 

ImDA    NA    l'OMORACH 

93.  Atù';/d</;c  and  inidac  7  t/iar  inti  .i.  t;iar  ùatlimar  anc- 
targnaid  trcclicnd'. 

T;i  fothucht  foniôrach  nad  ndclb  duinc  nduiiicgin 
f('ra  ndrcich  du|a|ichni-  diulatliar 
rodalcr  lond  lathrastar 
laiiohcnd  t/i  lorg  linliaclach 
o  urbél  co  ûac  > 

rcchtairc  miiad-*  muintcr  ccr/;  cétglonnaig 
claidib  t/'i  slûag  sclgatar 
rosélt  ar5  borg  mbùrcdach^' 
BrLu///t'  Da  Dergae  turchoniruc. 
Sàmaillc  lat  [sin,]  a  Fir  rogahi. 

The  Rooiii  of  ihc  Foniorinns. 

<)).  I  hchcld  ihcre  a  room  wilh  a  trio  in  il,  lo  icit,  a  trio  hor- 
rible, iinbcard-of,  a  triad  oj champions,  etc. 

Likoi  ihoti  ihat,  O  Fer  roijain? 

94.  Is  aiidsa  damsa  a  samail  on.  Ni  fet///'sa  di  feraib  Hc- 
rcnd  nach  di  feraib  betha,  manip  c/'  in  triar  thuc^  Mac  cecht  a 
tirib  na  l^'omôre  ar  galaib  ôcnfer9.  Ni  f/ith  do  Fom6rib'°  fer 
do  chomruc  (ris,  co  tucc  [LU.  90*]  in  t/iar  sin  l'iadib,  awda- 
til  hi  tigG'//a/re  hi  ngiallnae  nar'  coillet  ith  na  blicht  i  nHcrind 

1.  trecheann  YBL.  trccenn  Hg.i.  trcchcnn  St.  =  trcchcng,  as  to  which 
sce  Fcl.  Oeng.  Sep.  16  and  gloss.  I  leavc  untranslated  the  rcst  of  this  para- 
graph,  as  I  understand  only  a  few  words  of  it.  In  the  ms.  the  nine  Unes 
are  not  divided.  AU  save  tlie  fifth  end  in  a  trisyllable.  For  the  readings  of 
Eg.  see  Appendix. 

2.  duaithni  YBL. 

5.  aua  St.  Eg.2.  uoe  YBL.  This  scems  to  mean  that  the  Foniorians  had 
three  rows  of  teeth  cxtending  from  mouth  to  ear. 

4.  niuaid  YBL.  St.  nuiaidh  Eg.'. 
y.  ar  YBL.  rosehar  St. 

6.  brog  mburcthach,  St.  Eg.i.  borg  nibuireadach  YBL. 

7.  nianid  ial  St.  mainidh  iat  Eg.'. 

8.  Hère  relativity  is  expressed  by  «  aspiration  »  of  the  /.  dasfiic  Eg. 

9.  enlir  YBL.  ar  galaid  oenfer  St. 

10.  Li  Fonioiri  YBL.  Eg.'.  la  Fornore  St.  Eg. 


Titc  Dcsliiiction  of  Da  Dcrga's  Hostel.  195 

tar  a  câin  tcchta  ccin  bes'  Coiiiiirc  hi  llaithi/^f-.  IS  dcithlvr  cid 
grain  a  n  inkuissiip.  T/i  Uiirg  fiacal  '  o  lu'ii  diarailiu  inna 
cind».  Dam  co  tinniii  iss  (-i/  niir(.i.  cuit)  cacli  lir  dib,  7  is  ccna 
in  niir  shi  dobcrat  inna  nibcolo  co  tcit  scch  a  n-inilind  sis. 
Cuiinni  chnània  (.i.  ccn  ait  intib)  uli  in  t/iar  sin.  To//<;//'^'  a 
toing('.uno  ihiialh  bit  lia  a  niniairb  Icn  na  org/zc"  andàta  a  nibi. 
Toth[o]ctsat^'^  .vJa'/lacch  Ico  inna  cetch/niiscli^,  7  fer  ccch  airni, 
7  a  t;iar  fcssin,  7  màidlït  bûaid  rig  iià  airig  dibfrgi.  Ociis  ni 
bâ  mô  ;/()  6  mir  //ô  6  dùrnn  jiô  o  lùa^"  mair[b]fcs  cach  fer  léo. 
Dâig  ni  léicttr  airm  léo  isin  tig,  uaire  is  in  n-giallnai  "  1/i 
tVaigid  atà[a]t'-,  arnâ  dcrnat  midcnom  issin  tig.  Tongii  a  tongc.f 
mo  th//<///.'^  dia  mbeth^j  gaisccd  ft^raib  arnonsligfitis  cot/lan'i. 
Mairg  iun?^-  in  n-org^?///  fo  ndaig  !  ni  comrac  fri  scguinni'j. 
Ni  ch/nncid,  for  IngaV^  7rl.  Octts  iarsin  cia  acca  and? 

<?^.  «  'Tis  hard  jor  me  la  likcii  ihal  (trio),  Ncilhcr  of  ihc  iin'ii  of 
Eriti  iior  of  ihc  mcn  of  thciuorld^^  do  I  kiioiu  il,  iinlcss  il  hc  iIk  Irio 
thaï  Mac  cccht  brought  ont  of  Ihe  land  of  ibc  Foinoriaiis  l'y  dinl  of 
duels.  Kot  oiic  of  the  Fomorians  was  fourni  to  fighl  hini,  so  hc 
broiighî  aiuay  thosc  thrce,  and  they  are  in  Conairc's  bouse  as  sureties 
ihat ,  u'bilc  Conaire  is  reigning,  the  Fomorians  destroy  neither  corn 
nor  niilk  in  Erin  beyond  ibcir  fair  Iribute.  Well  niay  iheir  aspect 
bc  loatbly!  Three  roivs  of  teetb  in  tbeir  heads  from  one  car  to  ano- 
ther.  Anox  luilba  bacon-pig,  this  is  the  ration  of  eacb  of  ibem,  and 
that  ration  which  they  put  inlo  iheir  months  is  visible  till  il  comes 

1 .  tar  in  cain  tet7;/ai  ccn  mbcs  Eg.  1 . 

2.  flaitlî  YBL.  rigi.  St.  richiuEg.'. 

3.  n-imchaisco  YBL.  n-imcisiu  St.  n-im:aissi  W.-.  n-imchaissin  Eg. 

4.  fiaclai  YBL.  Eg.'.  fiaclai  St.  d'fuiclaibh  H. 2. 

5.  6n  chlùais  co  'raile  ina  cennaib  W.-.  ônn  6  co  araile  Eg. 

6.  Toingim  St. 

7.  ond  orgiiin  YBL. 

8.  Totôethsat  St.  Totoettsat  Eg.i. 

9.  Cf/chunscléo,  St.  ci'/cliuinnscleo  Eg.  1. 

10.  Ocus  ni  ba  mo  mir  na  dorn  no  lau  YBL.  7  ni  ba  mô  mi'r  ina  dorn  na 
lau  St. 

11.  giallu  YBL.  is  i  ngiallai  St. 

12.  ataat  St.  YBL.  l'^g.'. 

13.  Toingim  do  dia  a  toingcs  mo  thuatha  dia  mbcith  YBL. 

14.  Eg.  '  adds:  an  tsluaigh 

15.  scganna  YBL.  seguinne  St.  Eg.'.  scgunnu  l:g. 

16.  i.  c.  the  Continent  of  Europe. 


196  •  Whiliy  Slokcs. 

doivn  piist  tht'ir  iinirls.  Bodics  oj  bouc  (i.  e.  icithoiit  a  joint  in 
iheiii)  ail  ihosc  thrcc  havc .  I  siucar  u'hal  in\  Iribc  siuears,  more  u'ill 
hc  killcii  by  iheni  ni  thc  Dcslritclion  ihiin  ibosc  ihcy  Icavc  alivc. 
Six  hundrcd  zvarriors  ivill  Jall  by  ihciii  in  ibcir  Jirsl  conjlict,  atid 
a  nian  for  each  of  iheir  iveapons,  and  onc  for  cach  of  ihc  ihrec  ihem- 
selvcs.  And  tbc\  ivill  boast  a  trinniph  ovcr  a  king  or  chicf  of  Ihc 
rcavcrs.  Il  luill  noi  be  niorc  tban  wilh  a  bilc(?)  or  a  bloiv  or  a  kick 
ihtit  cach  of  Ihosc  nuii  ivill  kill ,  for  no  amis  arc  allowcd  theni  in  ihc 
hoitsc,  sincc  thcy  arc  in  «  hoslai^H'ship  al  Ihe  ivall  »  lest  thcy  do  a 
niisdecd  ihcrcin.  I  siucar  ichal  ni\  Iribc  siccars,  if  lhc\  had  arnionr 
on  Ihcn,  ihcx  îvonld  shix  us  ail  bal  a  Ihird.  ll'oc  lo  hini  ihat  shall 
îurcak  Ihc  Dcslritclion,  bccausc  il  is  noI  a  combat  a_i^'aiiisl  slni^- 
gards  (?) 

((  }V  cannot  »,  says  higccl  de.  »  And  u'honi  saivcst  thon  ihcrc 
a  fier  thaï?  » 

Imda  Muxri;mar  (.1.  Maie  Gkrrcixd)  7  Birdkrg  waic  Ruaix  7 
Mail  y\aic  Thlbaikd 

95.  Atcondr//r  and  inidiie  7  triar  indi.  Tri  dondtir  môra, 
tn  dondhr/Ttha  forai b  :  buind^  cholbthae  remrae  léo,  remithir^ 
medon  fir  cach  bail  dib  :  t/i  dondfuilt  chassa  fcraib  co  remor- 
chind.  Téora  lenna  brecderga  impu,  tri  duibsccith  co  tûag- 
milib  ôir,  7  tcora  slega  coicrindni  5  ûasaib,  7  cliùdcb^  dct  [il- 
laim  YBL.]  cach  fir  dib.  IS  si  rcb  dogniat  dia  chidbib  :  tb- 
cherdat  5  i  11-ardae,  7  focherdat^  na  trualli  ina  ndiaid,  7  noda- 
samaigeM/-/  isna  trua////'  riasiu  thdirset  talmain'"^.  Fochcrdât 
da/w  na  trual//  7  na  daidbiit  ina  ndiaid,  7  atethdt9  na  tru[a]l// 
a)//da-samaigt'/rtr^''  impu  a  n-ocnur  riasiu  tâirset  t^hnain.  Sa- 
mailtc  \at  si)i,  a  Fir  rogaiii. 

1.  buinni.  St.  buindiu  Eg.'.  aie  bondcolbthat;  Eg. 

2.  rcimithir  Eg.  rcmir.  St.  reiniir  Eg.'. 
5.  cuicrinde,  St.  cuicrindi  YBL.  Eg.'. 

4.  colg,  St.  colg.i  Eg.  cloidib  YBL. 

5.  foscerd.id  St.  foscerdat  YBL.  toscertat  Eg.'.  focertat  Eg. 

6.  foscerdat  St.  Eg.  foavtat  YBL.  foscertat  Eg.'. 

7.  nadasamaiget  YBL.  notasamaiget  St.  nodosàmaiget  1-g.  rotasamaiget 
na  cLiif///'  Eg. '. 

8.  talam  YBL. 

1.).  adcthat  St.  Eg.'.  atcthat  VBL. 
10.  ûwidasa'iiaigc/  YBL.  ci?»idsaniaigct  St.  conidh  saniaigit  Eg.'. 


The  Di-stniction  of  Dd  Dcrgas  Hosttl.  197 


Thi'  Rooni  of  Mtiurcniar  son  of  Gencl)cnn  '  ami  BirJcnr  son  oj 
Riian  ivhl  Mal  son  of  Tclbami. 

<;/.  (^  I  hclh'Jd  a  rooni  ll.hir,  luilh  a  Irio  in  il.  Tiircc  l'iown, 
hig  men,  n'ili)  lljrtr  l'io'wn  ih'iuis  of  sijort  i.uiir.  TI)iiJc  caif-boltonis 
(ankli's?)  lijt'\  ijihi.  As  tljick  as  a  nuvi's  waist  was  eacl)  of  li.iciy 
litnhs.  Tljirc  hraïun  and  cnricd  niasses  of  Ijair  upon  lljeni,  ivitlj  a 
ihick  head  :  lljree  cloalcs,  rcd  ami  spccldcd,  lljcy  icoir  :  lin  ce  l>iad' 
sJjïeids  îuilJj  ciasps(?)  of  i^oid,  and  lijree  Jive-harhed  javeiins;  and 
eaelj  Ijad  in  hand  an  ivory-iniled  sword.  Tins  is  fijc  feat  tiny  per- 
forni  witl)  tijeir  sivords  :  lijey  tljroiv  tijon  Ijigij  up,  and  lik'y  lijroiv 
ti)c  scabbards  after  tijeni,  and  lije  swords,  l>eJ'ore  reacinng  tije 
ground,  piace  tljeniscivcs  in  iIjc  scabbards.  Tl)en  tijcy  ti)row  tije  scab- 
bards (Jirsl),  and  li?c  swords  after  iijeni,  and  tije  scabbards  nieel 
tije  swords  and  piace  tijonseives  round  lijeni  before  lijey  reacij  lije 
ground.  Liiien  tijoii  timt,  O  Fer  rogain  !  » 

96.  Ni  anse  damsa  n  samaii.  Mal  mac  Tclbaind  7  Muinre- 
mor  mac  Gerrcind-  7  Birdcrg  mac  Rûaiii'.  Tn  rigdaninae, 
tri  Idith  gaile,  tri  Idich  ata  dcch  iar  cûl  gascid  i  n-Her/;/i/.  To- 
thaetijsat-i  cet  lâech  Ico  ina  cctchwmscliu,  7  cônroindfct  >  com- 
gnim  fri  car/;  n-ôenfer  isin  Brudin,  7  mïidjit  buaid  rig  nâ  airig 
dii'erge,  7  immdricfa  clûd  dôib  iarom.  Nipu  orta*^  ind  orgr//;/ 
cid  dâig  in  trir"  sin. 

Maii'lg]  iuras  in  n-org<^//// !  (or  Lom;/(7t':  ba  tcr|i|  biuiid  a 
n-anacail  oldâs  hiuiid  a  ngona.  Cénmair  noda-anscJ  ^,  mairg 
noda-géna9  ! 

Ni  CMmthi'°,  (or  IngrJ/  71'.  Ocns  cia  acca  and  iarsin  ?  » 


1.  a  compound  likc  P^ayjzisaÀo;. 

2.  Geirrgind  YBL.  Ergind  St.  Eirrgind  Hg   hnincind  Et: 

3.  Ruaid  YBL.  St.  Ru.iid  Eg.  Ruai'dli  Eg.V 

4.  Tothoctli  YBL.  Totoet  St.  Eg.i.  Dotdcth  Eg. 

5.  fO)/araiiidfct  YBL.  conrainlet  St. 

6.  Nib  iurlha  YBL.  horta  St.  Eg.i. 

7.  triair  St. 

8.  110  da;/iscd  St. 

9.  nodagcna  YBL.  nodogcna  LU.  nodogcnai  Eg.'. 
10.  cuimgi  St.  cumchi  YBL.  cînncitEg.'. 


198  WhitUy  Stokes. 

<)().  «  Easy  for  me  to  likoi  ihciii  !  Mal  son  of  Telhaud,  ami 
Mniucmar  son  of  Gcrrccnn,  and  Biiilen;;  son-  of  Riian.  Thrcc 
crown- prince  s,  three  champions  of  valonr,  ihree  herocs  thc  bcsl  hchind 
wenpons  in  Erin  !  A  biindred  bcrocs  u>iU  fall  by  iheni  in  iheir  first 
co)ijlict,  and  ihey  luilJ  share  prowess  zuilh  evcry  man  in  thc 
Hoslel,  and  ihey  luill  boasl  of  thc  victory  avcr  a  kini^  or  chief  of 
ihc  reavers,  and  aflenuards  they  tuill  chance  lo  cscape.  The  Dés- 
ir nclion  should  nol  be  larought  euen  because  ofthose  three.  » 

«  I^Foe  lo  him  that  shaJI  wreak  thc  Destruction!  »  says  Lonina. 
«  Bel  ter  ivere  the  victory  of  saving  ihem  ihan  the  victory  of  slaying 
Iheiit!  Happx  he  -who  should  save  iheni!  Woe  to  him  thaï  shall 
slay  Iheni  !  » 

«  //  is  nol  feasible  »  says  Ingcel,  cic.  «  And  aflenuards  whoni 
saïuesl  ihou  ?  » 

Imda  C('//aill  Chekxaig. 

97.  Auvndarc  and  i  n-iindac  ch/niitachtac  fer  as  chdinem" 
do  laechaib  Hcreiid.  Brat  caschorcra^  iinbi.  Gilithir  sneclitae 
ind-ala  grûaid  [LU.  90'']  do,  brccdergithir  sion'>  a  ngri'iad  n- 
ailc'K  IS  glasidir  buga  ind-ala  suil.  IS  dubithir  drLiim>  ndâil 
in  tsùil  aile.  Méit  cliab^  bûana  in  dosbili  fînd  fo/orda?  fil  fair. 
Benaid^  braini  a  da  imdac  (.i.  a  da  Icss).  IS  cassidir  rethe 
coppad^>.  Cia  dofo/te'"  miach  di  chnoib  dcrgfuiscib'^  ïor  a  mul- 
lach  '-  ni  foichrcd  cnoi  dib  for  lar  '^  [aclit  a  tbssugud  '  t  ar  dro- 


1.  cai'mem  Eg.  caime  YBL.  cainemh  Eg.i. 

2.  corcra  YBL.  corcrai  Eg.'.  cass  corcra  Eg. 
5.  sian  sleibe  St.  sian  slebhiu  Eg.'.  sian  YHL. 

4.  Gilit/j/r  snechta  ccchtar  a  da  grûad  indara  fccht,  in  fecin  aili  brccc- 
dcirgithir  sian  sleibe,  Eg. 

5.  druimmni  Eg.  druimnc  Y1^)L.  druimni  St.  druininca  E-g.'. 

6.  cliab  Eg.  cleib  St.  Eg.'.lcg.  cliicib,  as  in  ['  58.  or  Mcitithir  cliab 

7.  finnbuidi  fc/orda  Eg.  dosbile  lînd  fororda  fuilt  St. 

8.  co  mbcnand  f /  i  braincc  na  imdad,  Eg. 

9.  cocmcoppad  Eg.  copad,  St.  YBL. 

lu.   no  dortaithea  Eg.  ma  dodortce  St.  cia  doratt  tliai  Eg.'. 

11.  donna  der[g]f<iisci  Eg.  divgiuiscib  YBL.  dergfuiscuib  St.  dorciuiscthib 

Eg.'. 

12.  a  muWach  a  diinn  cleclitaig  chassbuidi  Eg. 

13.  ni  rosscd  cnù  dib  lar  Eg. 

14.  Eg.  iossiidug 


The  Destruction  of  Dâ  Dergas  Hostel.  199 

hiib  7  ar  clecluaib  7  ar  claidinib  in  fuilt  sin  —  Eg-]-  Claid('A 
ôaluirn  ina  hiim.  Sciath  crôdcrL:;  ro  brcccad  do  seiiimi7;///aib  ' 
lindruini  et<T  cclannu- ôir.  Slcg  t'ota  [tromni,  Eg.  |  trcdruini- 
necb  :  reinithir>  ciiing  n-imccbt/aid  1  a  craïul  tîl  indi'».  Sa- 
miiillc  Lu  sin,  a  F/V  roi^^iiiii. 

The  RooDi  of  CoiiiiJI  Ccniarb. 

5?7.  There  I  bchehi  in  a  dccoraied  rooni  ibejhiirsl  man  of  Erin's 
hcroes.  Hc  worc  a  tiifted  purpk  cloak.  White  as  siityiu  was  one  of 
bis  cheeks,  thc  olher  ivas  red  and  spechled  lihc  foxk^lovc.  Bluc  as 
hyacinlh  -was  one  of  bis  eyes,  dark  as  a  siagbcctk's  hack  was  ibe 
olbi'r.  Tbc  busby  bead  offair  i^oldcn  bair^  upon  bini  was  as  large- 
as  a  vea ping-basket,  and  it  toucbes  tbecdgcof  bis  banncbcs.  Il  is  as 
ciirly  as  a  rani's  bead.  If  a  sackfui  of  red-sbelled  nuls  were  spilt  on 
ibe  crown  of  bis  bead,  not  one  of  ibeni  woii/d  fill  on  îbe  floor,  bal 
reniai n  on  fbe  books  ainl  plaits  and  szuordlels  of  ibal  bair.  A  gohl- 
billed  szL'ord  in  bis  band  :  a  blood-red  sbield  wbicb  bas  been  speckled 
ivilb  rivets  of  wbite  bron:^e  belween  phites  of  gold.  A  long,  beavx, 
tbree-ridged  spear:  as  tbick  as  an  on  1er  yoke  is  ibe  sbafl  ibal  is 
in  il.  Liken  ibou  ibal,  O  Fer  rogain  !  » 

98.  Ni  anse  danisa  on  a  saniail,  ar  rofctartar"  lir  Hcrend 
an  ngein  sin^.  Comûl  Ccrnach  mac  Amorgcin  insin.  Dorcc- 
maing  immalc"?  fri  Conaire  ind  inbuid-se.  IS  c  charas  Conaire 
sech  cdcb,  fobitli  a  cliosmailiwja  f/is  ar  tcbas  a  chrotha  7  a 
delba'°  [isa  dcnma,  Eg.].  IS  mâith  in  lacch  fil  and,  Coir.xll  Ccr- 
naeb.  IN  scîath  crôdcrij  sin  fil  ar  a  durnd  ''  ro  brecad  do  sem- 


1.  semandaib  YBL.  St.  lisemunuib  Hg.'  scmm;uiiinib  fi'rglana  Eg. 

2.  cclanda  YBL.  Hg.'  (ex  aith-dainia}),  cdann'm  Kg.   cclannu  St. 

3.  rcmir  St.  rcimithir YBL.  99*  i.  rcimhir  Eg.'. 

4.  n-imechtair  YIÎL.  St.  n-imcctair  Eg.'.  n-oill  in^ect/aiii  Eg. 

>.  in  cranJ  comtliL'nd  colgdirecli  fil  inti,  Eg.  a  crand  lil  innti,  St. 

6.  literaliy  «  thc  lair  golden  bush  (ilos)  of  a  great  trcc  (bile)  ». 

7.  Rotctatar  I:g.  roteatatar  YBL.  rofctatar  St.  rofcatatar  Eg.'. 
K.  in  fer  sin  .i.  Conall  côcni  Cernât/;  mac  allait  Amargin  Eg. 
9.  Darrccniaing  immalcith  St.  dorrecmaing  inimaillc  Eg.' 

lu.  dciba;  YBL.'dcalbac  Eg.'. 

II.  ina  durnn,  Eg.  ara  durn,  St.,  ara  druini  YBL.  ior  a  durn  Eg. '. 


200  Wliitley  Stokes. 

majinaih  findruini  '  conld  brcc,  ro  nôesiged  ainm  dô  -  hi  Ullii 
A.  m  Bricriu  Coz/aill  ChcvnaigK 

Tongit  a  toing«  mo  thualh  «,  bid  iinda  brôcn  dérg[fola] 
tairse  innocht  ar  doi7/.s-  [na]  Brudm'.  In  tslcg  druimncch  ^  sin  til 
ûasa  bidsochaidi  forsa  ndâilfc  deoga  tonnaid''  innoclu  ar  doriis 
I  na]Brud/;f  7.  Atâ|a]t  scchl  ndoruis  asin*''  tig  7  arricfa9  CoiiâW 
Ccniûch  b[e]ith  for  car/;  doriis  dib,  7  ni  bia  a  thcsbaid  ar '"  nâch 
dor//.f  ".  'ïuihi'u'lhsdt  trier'/  la  Coz/all  ina  clictch//mscliii'-,  cen- 
motiia  ter  c:\ch  airm,  7  a  fer  fcssin,  7  conrâi//////''  A'wgnini  f/'i 
car/;  n-ocn  isin  BrLu////'+,  7  intan  immaricfa  tuidecht  '5  do  f(';aib 
asin  tig'^^  beit  lir  bommand  cga  [7  fer  for  faithchi  7  reiina 
nimi,  Eg.  Eg.']  for  Icthchind  7  îor  lethclo/r/m/ '"  7  fer  cnâma 
fô  déis  a  claid//',  7  immaricfa  élûd  dô  cid  créchtacli.  Mairg 
mvûs  in  n-orgain  (odi'iig  ind  hr  sin  namma  !  '^ 

Ni  cumgid'9,  for  IngrrV.  Nék  7r.  Orz/jr  iarsin  cia  àcca} 


1 .  fi'nddruinc  St. 

2.  a  hainm  da«o  St.  Eg.'. 

3.  Eg.  adds:  Ainm  aili  di  and,  Lâmtapad  Co«aill  Geniaig  ara  t/icci  ozus 
ara  atlilaimc  gabair  7  imniivthir  in  sciath  sin  Conaill  Curiniig^. 

4.  Toing/w  a  toing^'^^  me  thuatha  YBL. 

5.  fadcsin  St.  fadcissin  Eg.'.  drùchtach  Eg. 

6.  tondaig  YBL.  tonnaigh  Eg.'.  tromneimi  tonnaig,  Eg.  tonda  H.-. 

7.  St.  adds:  Da  Bcrga,  Eg.  Da  Dcrga,  and  Eg.'  Da  Dircai. 

8.  isin  YBL.  for  St.  Eg.'. 

9.  Atat  .uii.  ndorais  foruig.  immaricfa,  St  Eg.'.  Atat  .uii.  ndorais  fo;sin 
mbruidin  7  aricfao,  Eg. 

10.  as  St. 

11.  ni  bad  tesbaid  as  cac/;  ndor//5  YBL.  ar  ccch  ndûr»5  Eg. 

12.  cetchunnsclco  YBL. 
I  5  .  comrainnfe  St. 

14.  St.  inserts:  7  maid//(/  buaid  rig  110  rigdamna  ;/t)  airig  dibirgc,  and  so 
Eg.i,  with  trifling  changes. 

15.  élud  St.  Eg.'. 

16.  Toethsatt  .ccc.  la  Coj/all  ina  cctcuindscli  ccinmot.it  a  brathbcimend  ar- 
chena,  ocus  primlaech  cer/;airmm  di  armaib,  oc»^  mâidlïd  echt  n-ard  do  nach 
n'g  116  rigdomna  iiô  airig  dib^ga,  7  intan  doficfa  himmacli  roindfid  comgnim 
f/i  cech  n-ocnlcr  isin  Bruidin,  Eg. 

17.  Adcr  h'tbiloicind  St.  has:  7  caip  f;ir  n-incliindi  7  far  cnaimrothacli,  taisi 
do  far  n-apaigib  combruithib  lais  iarna  scailiud  do  (ona  fuithribc.  Mairg  etc. 
So  Eg.'  with  tritling  changes.  For  thc  corresponding  passage  in  Eg.  see 
Appendix. 

18.  St.  adds:  fo;- Lomna  Druth,  friscichfet  |leg.  -set]  far  cenda  dib 

19.  c7/mcid  YBL    cumcit  Eg.'. 


The  Destruction  of  Dd  Dert^a's  Hostel.  201 

(jS.  «  I:as\  for  me  to  likeii  hitii,  for  ihc  mai  of  Eriii  kiioiu  thaï 
siion.  Thaï  is  Coiuill  Ccnitirh,  son  of  Ai}iori^cu .  Hc  bas  chauccd  lo 
/'(•  tiloiii^  u'ilh  Couairc  al  ibis  l'niic.  'Tis  bc  ifboiii  Coiiairc  loves 
bc\ond  cvcr\  oiic,  bcraiisc  of  bis  rcscinhUtnce  to  biiii  in  oooducss  of 
for  m  and  sbapc.  Goodl\  is  ibe  bero  ibal  is  ibere,  Conall  Ccrnacbf 
To  tbat  bloodrcd  shicJd  on  bis  Jisl,  zvbicb  bas  becn  spccklcd  wilh 
rivets  of  wbite  bron:^e,  ibe  Ulaid  bave  given  a  fanions  uanie,  to 
U'it,  tbe  Bricriu  of  Conall  Cernacb. 

[Anolber  naine  for  it  is  Conall  Cernacb's  Lâmthapad,  becanseof 
tbe  ijuickness  and  rcadiness  luitb  irbicb  tbat  sbield  of  Conall  Cer- 
nacb is  sei::^ed  and  luielded^  —  Eg.J 

/  siuear  lubat  my  tribe  swears,  plenteons  luill  he  tbe  rain  oj 
red  hlood  over  it  to-night  before  tbe  Hostel  !  Tbat  ridged  spear  above 
biiii,  inany  zvill  there  bc  nnto  wboni  to-nigbt,  before  tbe  Hostel,  it 
u'ill  deal  drinks  of  dealb.  Seven  doonuays  there  are  ont  of  tbe  bouse, 
and  Conall  Cernacb  ivill  conlrive  to  be  at  each  of  tbeni,  and  front 
no  doorzrax  will  he  be  absent.  Three  huudred  u'ill  fall  by  Conall 
in  bis  first  confiict,  besides  a  iiian  for  eacb  (of  bis)  vjeapons  and 
one  for  hiniself.  He  ivill  sbare  prowess  ivitb  every  one  in  tbe  Hostel, 
and  u'hen  be  shall  happen  to  sally  tipon  \on  froni  tbe  bouse,  as 
nunierous  as  hailstones  and  grass  on  green  and  stars  of  heaven  will 
be  yoiir  half-beads  and  cloven  skulls,  and  yoiir  bones  under  tbe 
point  of  bis  siuord.  He  luill  succeed  in  escaping  ibougb  wounded. 
Woc  to  him  tbat  sball  wrcak  tbe  Destruction,  were  il  but  for  tins 
Vian  only!  » 

«   Ye  cannot  y),  says  Ingccl.  «  Clouds  etc. 

And  after  tbat  lubom  sawest  thou  ?  » 

Imda  Conaire  fkssin 

99.  kiconàarc  and  imdac,  7  bd  cdimiu  -  a  c//mtacli  oldâta' 
imdada  in  tigi  olchcna.  Scolbrat  '  n-airgdidi  inipe,  7  c//intaigc 
isind  imdae.  Ata);/d^//r  t;iar  n-inni.  In  dias  ini[ni|cclit;ach  di'b, 
lînnadiblinaib,rt';/a  foltaib7  ajni  |brataib>,  7  itgilithirsncchtac. 

1.  As  to  Conall  CcnvâcWs  Làmlbapacl,  sec  also  LL.  i07-'3. 

2.  cainiu  YliL.  coimiii  Eg.'. 

5.  oldàat,  Eg.  oldata  YBL.  St.  oKiaata  Hg.'. 

4    scol  YBL.  St.  Eg.'. 

5.  mbrataib  YBL.  St.  mbruta  Eg.'. 

Revue  Cet  tique,  XXII.  14 


20  2  Wliitlcy  Stokes. 

RiidiuJ  roàhiiiul  fo  ^ri'iad  ccclit;ir  n-ac.  Môctluklach  etorro 
iin-nicdon.  l^riith  7  gnini  riiirccli  lais  7  comarli  sciicliad'. 
lîrat  at(('»narc  iinbi,  is  cubes  onis-  cco  cctamain.  Is  [s|ain  dath 
7  ccosc  cacha  liùari  tadbat'  fair:  dildiu  cacli  dath  alaiUii.  At- 
aviddirroiU  n-ôir  isin  brut  ara  bclaib,  adcomaic  lu'ia  snicch  cô 
a  iniHnd-t.  IS  cosmail  f/i  tùidlig)  n-ôir  fc/losctlii  dath  a  fuilt. 
D'i^'  ncoch  atcondiiir  de  dclbaib  bctha  is  i  delb  as  aldcm  dib. 
Aicoiidarc  a  claid'7'  n-ôrduird"  occo  this.  Ro  bôi  airthcr*^  làmc 
din  ch'idiiih  Oia  truaill  ancchtair.  A  n-airt/.vr  làmi9sin  fer  110 
bid  i  n-airthiiir  \)iô\  11-iarthar  —  Rg.]  in  tigi  tis  ccbad '°  frigit" 
tVi  foscod  in  claid/7'.  Is  binni[u]  '-  bindfogrogod  '5  in  claid/A  ol- 
das'-i  bindfog//;'  na  c/olcnd  n-ordac  [LU.  9 r^]  fochanat  ccol 
isind  rigthig. 

The  Kooiii  oj  Conairc  Jjinisclf. 

()().  Thcrc  I  hcJk-hl  a  rooiii,  iiiorc  l'citulifitlly  ikcoratcd  than  thc 
olber  rooiiis  of  ihe  bouse.  A  silvery  cnrlain  around  il,  ami  (there 
ivere)  ornaments  in  ihe  rooni.  I  heheld  a  trio  in  it.  The  ouler  luv 
of  theni  ivere,  bolh  oJ  ihem,  fair,  luith  their  hoir  and  eyelashes  ;  and 
ihey  arc  as  hright  as  snoiu.  A  very  Jovely  bhish  on  ihe  cheek  of 
each  of  ihe  t-wain.  A  tender  lad  in  the  uiidsl  hciween  ihem.  The 
ardour  and  energy  of  a  king  bas  he,  and  ihe  counsel  of  a  sage.  The 
nianlle  I  saw  around  hini  is  even  as  ihe  misi  of  Maydax.  Diverse 
are  ihe  hne  and  setnhiance  each  niomcnl  sheivn  npon  ii.  Lovelier  is 
each  hne  lba)i  ihc  oiher.  In  froni  of  hini  in  the  iiuinth'  I  hehehi  a 


1.  hsenchad  Eg.'.  For  the  varions  readings  of  Eg.   in  11.   î-6  see  Ap- 
pendix  §  99. 

2.  cosmail  is,  Eg.  coibcs  7,  Y15L.  ciibcis  7,  St.  Eg.'. 

3.  doadob.intar  Ivg. 

4.  Eg.  adds  :  ro  soich  in  roth  sin. 

5.  taidiig  Eg.  tuidlig  YBL.  St.  tuidligh  Eg.'. 

6.  Do  YBL.' 

7.  n-orduirn,  YBL.  ndorduirn,  St.  n-orduirnn  Eg.'.  ôrduirnd  Eg. 

8.  fot  airthcr  Eg. 

9.  in  t-hed  làimi  Eg.  in  t-artliiv  lainii  YBL. 

10.  dobcrat  Eg.  gebad  YBL.  St.  gcbadh  Eg. '. 

11.  in  frigliit  VBL.  in  0  igit  Eg.  fnggit  St. 

12.  bindiu,  YBL.  St.  binniu  Eg. 

13.  tindfogrugud  Eg.  binfogliraid  St.  binntog/aidh  Eg. '. 

14.  inda  Eg.  oldas  Eg.'. 


Ti  e  Destruction  ci  Dâ  Dergas  Hostcl.  20^ 

îC'Ik'cl of golii  iL'hich  rcachcil  fioni  his  chiii  la  bis  uiivcl .  The  colour 
of  bis  bair  u'iis  lilcc  tbc  shccn  of  snicllcil  i^ohl.  Of  ail  ibcîvorld's 
foniis  tbtil  I  Ik'bi'hi,  this  is  ibe  iiiosi  hcaiilifiil.  I  saiv  bis  i^ohlcii- 
bilicd  i^liiivc  liou'ii  hcsidc  biiii.  A  fon'iviii's  Iciit^lb  of  ihc  suvrd  -mis 
oitlsidc  tbe  scabhard.  Tbal  forcmm,  a  iiutii  doiun  in  ibc  froiil  of 
ibc  bouse  coiild  sec  a  flcsbivonn  hy  ihc  sbadoîc  of  ibe  sword  !  Swcclcr 
is  ibc  tiu'lodioiis  souuding  of  Ibe  sivord  ibnii  ibe  nieJodioiis  souud  of 
ibe  s^oldeii  pipes  ibal  accowpany  m  11  sic  in  ibe  palace.  » 

100.  IS  and  asLv/tsa^  f('/'  Ingù7,  ac  a  dcscin-  : 

a.  Atchiu  flaitli  n-drd  n-airegdae 
asa'  bith  buillcch  bùredacli 
bruclitas  rôimsc  robortae  ^ 
rcchtbruth  càin-cruth  ciallathar. 

/'.  Atchiu  clothrig  costodach) 

cotngaib  inna  clicrtraind  choir  chonichctbiiid  ■' 
o  c/;/'und  co  fraig  fo  a  suidi[u|7. 

c.  A[t]chiu  a  mind  findflatha'^ 
a'//id  in  rccht  ruirech  rathoi'dan9 

ruithcn  a  gnius[e]  comdctac  (;/('  comdcntae)  ". 

d.  Atchiu  a  da"  ngrûaid'-  ngormgchi'5 
con\à  fri  fùaniun  tînd  fuinechdae 
fo/'dath  s6erdath'4  sncchtaidc 

di  dib  si'iiHb  scllizlassaib 


1 .  adbfrtsa  Eg.'. 

2.  oca  deicsi[n]  YBL.  oca  dciscin  Eg.  oca  dcicsiii  St.  occa  docsiu  Eg.'. 
5.  os  Eg.  St.  Eg.i.  as  YBL. 

.}.  romsi  robarta  Eg.  roimsc  robartai  YBL.  roimsi  robi/;tai  Eg.'. 

5.  costudach  Eg.  costadacli  Yl^L.  Eg.'.  costadhach  St. 

6.  comchcthbiiid  LU.  conicctfaid  Eg.  comcctbiiid  St.  comhcctbiiid  Eg.'. 

7.  fo  suidiu,  lig.  Eg.i.    fo  suidhiu  YBL.  fo  suidiu  St. 

S.   Atchiu  a  mind  (inn  flathcmon  Eg.  Atchiu  a  mind  (înd  fl.  Eg.'. 
9.  rathordaiii  Eg.  rathortan  Eg.'. 

10.  a  gnùisi  cocmdatac  Eg.  a  gnuisi  coimdeta;,  YBL.  a  gnuisc  comdeta;, 
St.  a  gnuisi  conidetac  Eg.  ' . 

1 1 .  nda  LU. 

12.  ngruad  YBL.  St.  ngruad  Eg.'. 
15.  a  da  hgrùad  ngclcoraa  Eg. 
14.  socrda  Eg.  forda;  sacrdath  St. 


204  Whitley  Stokes. 

ghnun  a  rose  robuga  ' 

teinniu  a  cluiinscliu  -  câintocLid  > 

it('r  clcthchor  1  ndiib  nJoLlabrat  >, 

r,  Atchîu  [a]  ardroth  n-imnaissc'' 
imm  a  chend  [coir]  cocorsc 
coind  fri  fultu  fr\ihccnns7 
f('/'dath  n-6rda  n-ollmaisse 
til  ûas  a  Kvrad  buidcclias^. 

/".  Atchiu  a  brat  nerg9  n-ildathach 
nôitcch  1°  siric  srethchisse 
sluind  ar  delbthor  ndîmaisse  " 
dind  6v  aiu'derc  ail[i]bcnd'^ 
alathûaith  ndronaicdi  '>. 

g.  Atchiu  delg  n-and  oUadbol 
de  ôr  uili  intlaisse 
lassaid'-^  ar  luth  hmésci 
lainne  o  chuaird  corcorgemniach 
càera  crethir  comraicthe 


1.  glaini  a  rose  ruibnigc  no  robuige  Eg.  gloiniu  a  rose  robuidi   YBL. 
glaiiiiu  a  rose  robuide  St.  robiiidca  Eg.  ' . 

2.  ehuindsi  Eg.  cluiindscliu  YBL.  caintocaid  Eg.  '. 
5.   chaintiieud  YBL.  c;iintoceud  Eg. 

4.  clcchtclior  St.  eloehtcor  Eg.  eleeteor  Eg. '. 

5.  dôel  abraitt  Eg. 

6.  a  ardrotli  n-immaisi  Eg.  artrot  n-imnaissi  Eg.'. 

7.  f/ithceriis  Eg.  St.  Eg.'.  frithcchr»5  YBL. 

8.  fail  uas  a  barr  buidceliass  Eg. 

9.  ndf'rg  YBL.  ndt-rg  Eg.  n-erc  St.  ndereEg. '. 

10.  nothcch  YBL.  noothceh  St.  nocthoach  Eg.'.  noetceh  Eg. 

11.  de  sluind  ar  dclbthor  ndcnnniaissi  Eg.  i;c->i.  sluinn  ar  ddbaetlw 
n-innmaise,  St.  sluind  ar  dclbthar  ndiinaisi  YBL.  sluind  ar  dealbthrt/n-ind- 
maisi  Eg.'. 

12.  ailibenn  Eg.  ailibeand  YBL.  dian  ôr  aurderg  ailbenii.  St.  dia  nor 
aurderg  Eg.'.  diannor  aurdrcie  ailbcand  YBL. 

15.  alatuâithc  dronaiedc  Eg. 

14.  lasfaid  Eg.  lasaid  YBL.  St.  Eg.'. 

15.  laind  a  euaird  eorrgommaeh  Eg.  lainne  a  ehuairt  choreairgeniaeh 
YBL.  lainde  a  cuairt  coreairgeniniaeh,  St.  laindc  a  euairdd  coreairgemaeh 
Ep.i. 


77/ (■  Destruction  of  Dd  Dcrga's  Hoslel.  205 

(V;/gaib  ar  drcich  ndcndniaissc 
et(V  a  dâ  gclgûalannchor  '. 

/;.  Atcliiu-a  Icinc  ligdac  linidc 
iOiiïd  f/'i  srcband  sircchtach  ^ 
scâthderc  scco  dcilb  ildat[h]aig4 
ingclt  SLiL/  >  sochaidc 
cot[n]gaib^'  ar  mcit  muincnohor/ 
s6erth//5  ar  néim  imdenam^ 
ôr9  t/i  siric  srethchisse 
o  adbrund  co  urgluuc'^. 

/.  Atchiu  a  chlaidr/'  n-orduirn  n-intlaisse 
iiia  tindiiich''  tindargit" 
aisncid''  ar  cheirr  côicroth 
cotnd  f/'i  cruâid  n-aurdairc  n-ai,st(T'^. 

y.   Atchiu 'i  a  sciath  n-ct/oclit  ii-âilcnda 
f^iil  lias  '^  drongaib  dimes 
tréih//r  di  6r  oiblcch 
ar  th//r'"  scéo  bil  banbruth 
fiTOsnai  litli  ^^  li'iachct. 


1.  a  da  gelgûalaind  choir  LU.  91'  22.  a  da  gelgualaind  choir  St.  a  da  gel 
guallannchôr  Eg.  a  di  gcigualainn  choir  Eg.'.  Cf.  osa  gel  giialaitdcbor  LL. 
72M7. 

2.  atcondrtrc  Eg. 

5.  sirrectacli  Eg.  Eg.'. 

4.  illathaig  Eg.  illdathaig  St.  Eg.'. 

5.  suiU  YBL.  suile  St.  Eg.i.  sûhi  Eg. 

6.  cotiigeib  Eg.  cotagaib  St.  cotgaib  YBL.  Eg.'. 

7.  muinechor  Eg.  muinencor  Eg  ' . 

8.  imdenuni  YBL.  imdénum  Eg.  imdcnani  Eg.'. 

9.  oir  YBL.  St.  ôir  Eg.'.  oui.  Eg. 

10.  co  urgualaind  nô  co  a  urglune  YBL.  co  aurgkiinc  St.  Eg.'.  co  ur- 
guailH  110  co  hirgluni  Eg. 

11.  inntiuch  Eg.  intiuch  St.  aintec  Eg. '. 

12.  find  argit  tU.  findargait  Eg.  findarcit  Eg.'. 
15.  aishdeith  YBL.  St.  aisndcich  Eg.'. 

14.  to«id  fri  cernao  cruaid  casra  aissnéid  ar  chcirnd  côicroith  Eg.  ro;;id  fri 
cuairdd  n-aurdairc  n-aist?V  St.  co«id  f;  i  cruaid  n-aurrdric  n-aister  YBL.  coind 
f/i  cuaird  n-urdairc  n-aisttv,  Eg.'. 

1 5 .  alcoiidarc  a  sciath  nétrocht  nâclcnda  Eg. 

16.  huasa  YBL.  St.  St.'. 

17.  ara  thul  Eg.  ara  ur  YBL.  ar  tliaur  St.  ar  tuar  Eg.'. 

18.  frisnài  hi  hth  E<î. 


2o6  VVhitUy  Stokes. 

k.  Tiiri  di  ôr  '  intlassi 

hini  rig  fris  dcss  dingabar 
iVi  tricth  tailc  taurgaib- 
r();/id  fri  cernu  crûadchassa  5 
t/'i  cet  chorac-»  comlâna 
iiasind  rurig  rathruanaid  > 
f/'i  boidb  hi  liibrôi  b(Vtas|  a] '^ 
is[inj  Brudin  brôntig/  a[t|cliiu. 

AtchÎLi  fl^/V/;  w-ard. 

«  100.  «   Thcn  »,  (jitoth  Iiii^cél,  «  /  .uiitl,  gi^x''^o  "'  ^•'""  •' 
a.   /  sec  a  high,  statcly  prince,  etc. 
h.  I  sec  a  fanions  ici iig,  etc. 

c.  I  sec  bis  ivhite  prince' s  diadeiii,  etc. 

d.  /  sec  bis  tivo  hJue-hrigbl  cbeeks,  etc. 

e.  /  sce  bis  bigb  icbcel  ...  round  bis  bead  ...  ivbicb  is  over  bis 
yeJloiv-cnrJy  bair. 

f.  /  see  bis  niantle  red,  inany-coJonred,  etc. 

g.  /  see  ibereiii  a  biige  hroocb  of  gold,  etc. 

h.   /  see  bis  beauliful  lineii  frock  ...  froni  niikie  lo  hnee-caps. 
i.    /  see  bis  sword  golden-bilted,  inlaid,  its  in  sciihlhird  ofivbite 
silvcr,  etc. 

'].    I  see  bis  sbield  hrigbt,  cbnlkv,  etc.  ^. 
k.   A  loiver  of  inlaid  gold,  etc. 

loi.  ^7.  Ro  bôi  iar('/;/9  in  môethôclach  ina  chotlud'°,  y  a 


1.  diôrda  Eg.  di  ôr  St. 

2.  fri  tech  tailcc  taurcabair  Eg.  Cri  t/iath  tailc  taurgaib  YBL.  f/i  trieach 
tailc  taurgaib  St.  fri  triccli  lailc  taurcaib  Eg.'. 

3.  cornu   crûadchassa,    Eg.   YBL.  cornu  cruadclussa   St.  cernai  cruad- 
cassa  Eg.>.  cronu  crûadchassa  YBL. 

4.  coire  côre,  Eja;.  coirrc  conilana  YBL.  courai  conilanai  Eg.'. 

5.  rathrunigli  YIJL.  radrunaid  St.  raith  rûanaid  Eg.  rathrunaigh  Eg.'. 

6.  i  nibroo  Iwthasa  Eg.  lii  nibrai  bertas  Eg.'. 

7.  isin  bruidin  brôntaigh  Eg.    isin  bruidin  brontig,    YBL.   brontaig  St. 
nibrontuich  I:g.' . 

8.  For  sonic  unluckv  guesswork   purporting  to    bo  a  translation  of  the 
wholc  of  this  pic-ce,  sec  O'Curry's  ^ianllers  tiiid  Ciislonis,  III,  142. 

9.  Hcre  F  bjgins,  and  H  recommences  with  Kol'oi. 
10.  in  maethôghzi:/;  ani/a  sin  Es:. 


The  Destruction  oj  Dà  Dcrij^a's  Hostel.  207 

chossa  i  11-iiclu  ind-aKi  lir  7  a  cliciul  i  n-iiclit  araile.  Don'usaig^ 
lAivni  assa  chotlud,  7  at/(M'acht,  7  ro  chacliain  in  laid-sc  : 

«  Gâir  Ossair  (.i.  eu  C();/aire).  assir-  cluiiiiall.  goingair  00c 
ini-nuillach  Thuil  Gossi?.  gdcth  ûar  tar  lâcbiu  1  cslind.  adaig 
do  thogail  n'g  ind  adaig-sc^. 

!'.   Cotlais  af/idisc  7  diuchtrai.s  ass,  7  canais  in  rctoric-se^': 

[LU.  91'']  «  Gâir  Ossir  (.i.  nicssan  Ccz/airc).  ossar"  chu- 
mail,  cath  ro[n]dlom^.  docradv»  tûathe.  togail '"  Bruidni. 
broncha  tianna.  lir  gûiti.  gôith  "  imômain.  imôrchcr  slcg. 
sâcth  ccomluind.  ascuir  tige.  Tcniuir  las.  Ic/ba  u-aniuil. 
conigné'-  cdiniud  Coiiairc.  coil  ctiia.  litli  ngala//d.  gair  cgem. 
orgain  n'g  Hcnv/^/.  carpait  hi  cucligi  '^  doch/aitc'i  rigTemrach. 
[fessa[it]  guil  gairc.  Gâir  Ossair  —  Eg.  | 

c.  Asbivt  in  tresfecht''. 

Domm-drtas'6  imncd.,  ininicd  siabrai  slùag  fàcn.  falgud 
ndmat.  comrac  fer  for  Dothrai.  doc/;niite  rig  Temrach.  i 
n-oitid  ortac.  [fessât  guil  gdre.  Gair  Osar  —  Eg.] 

San"i(//7/('  Ict,  a  Fir  ro^aiii^  cia  ro  chdchain  in  laid  sin. 


1.  Co  ro  d/iiid  Eg.  doriussaig  YBL.  Doriiirsuid  H.  St.   Doriursaidh  F. 

2.  osar  YBL.  osair  H.  ossar  F. 

5.  im  muallach  tuili  goissi  YBL.  i  nuiallach  tuil  gacisi  H.  iin-muUach 
tuil  goisi,  F.  immullacli  thuil  goisi  St. 

4.  facbur.YBL.  faep»/-  H.  focbur,  F.  Facbar  St. 

5.  Gair  Osair  inso  Osair  cauniall  goin  gair  ooc  hi  nuillucli  thuil  géissi 
gaeth  huar  tar  iocbar  cislind  adaig  do  togail  ng  ind  adaig  sco  Icssat  guil 
gaire.  Gair  Ossair  Eg. 

6.  co  clos  ni  arithisc,  YBL.  F.  Co  clos  ni  afritliisie  IL  Roraid  doridisi  Eg. 
co  clos  ni  arithissi  St. 

7.  osair  IL  Osar  Eg. 

8.  ro;;dloni  Kg.  YBL.  H.  St.  F. 

9.  dcorad  YBL.  doerath  F.  dacrath  H.  d('crat  Eg. 
10    tail  F.  H.  YBL.  Eg.  St. 

1 1.  gô'itQ  gocth  Eg.  goite  goit  F.  guiti  goith  YBL.  goitc  gacth  IL 

12.  Ont.  Eg.  coignc  H.  F.  congnc  St. 

15.  a  cuicligiu  F.  hi  cuicligi  YBL.  St.  acuiohdlic  II. 

14.  drochuiti,  H.  dochruiti  F. 

15.  YBL.  99'' 34  inserls:  Gair  Osair,  Osair  t:«nioll  conibaig  anrad  oie  inn 
orcain,  orcuin  iurthar,  orta  c«/-aid,  clacntar  lir,  fadbaidlhcr  laith  gaili  bui- 
read  iroiiithrcsa  toigebthar  gairi.  Aiid  H.  inscris:  Gair  Ossair,  osair  comoll, 
combaid  anradh,  oie  ind  orcuin,  orcuin  iurt/;rt/-,  ortai  curaid,  clacntar  fir, 
facnt(/r  fir,  ladbuilhi-r  laith  goili,  gair  in  trcsoi,  toccpthar  gair. 

16.  Domtarfas  H.  Domarsad  YBL.  Domiarfàs  Eg. 


2o8  Whitlcy  Stokcs. 

10 [ .  a.  Noïc  ibc  icudcr  icanior  luas  asiccp,  luilh  bis  fect  in  thc 
lap  ()/  OHC  of  thc  iîvo  iiicii  and  his  hcad  in  thc  lap  oj  thc  othcr. 
Then  hc  au'oke  ont  oJ  his  slccp,  and  aiosc,  and  chantcd  this  lay  : 

«  Thc  hoii'l  of  Ossar  (Condirc's  do<;)...  cry  of  ivarriors  on  ihc 
snmniil  of  Toi  Gcissc  ;  a  cohi  irind  ovcr  cdgcs  pcrilous  :  a  night 
lo  dcsiroy  a  kiiii^'  is  this  ni^^hl .  » 

b.  Hc  slcpl  airain,  and  aiuokc  tljcrcont,  and  san:^  this  rhctoric  ; 

«  Thc  hoii'l  of  Ossar  (Conairc's  hipdoi^)...  a  bat  tic  hc  annoiin- 
ccd  :  enslavcnicnt  of  a  pcoplc  :  sach  of  thc  Hostcl:  niournful  are  thc 
champions:  nicn  wonndcd:  ivind  of  tcrror  :  hnrling  of  javclius: 
trouble  of  n)ifair  fi^bt  :  n'rcck  of  Jjouscs  :  Tara  icaslc:  a  forcii^n  bc- 
ritai^H' :  likc  (is)  lanicnliiii^^  Conairc:  dcstrnclion  of  corn  :  fcast  of 
amis:  cry  of  scrcains :  destruction  of  Erins  l<i}ii^ :  chariots  a-lot tcr- 
ing:  oppression  of  tbe  king  of  Tara  :  hunentations  will  ot'cr- 
come  iaugbler:  Ossar' s  boivl.  » 

c.  Hc  said  thc  third  tinic  : 

«  Trouble  hath  hecn  sbcwn  to  nie:  a  ninltitudc  of  cives:  a  host 
supinc  :  focs'  prostration:  a  coujlict  ofnienon  thc  Dodder'  :  oppress- 
ion of  Tara' s  liing:  in  youlb  b:  ivas  destroyed:  lamentations  -will 
overcome  laughter  :  Ossar' s  Ijoiul.  » 

«  Likcn  thon,  O  Fer  rogain,  hini  lubo  ha';  siing  that  lay.   » 

102.  a.  Ni  anse  cLimsa  a  s;ni]ail,  i'or  Fer  rogain:  ni  ésce  ccn 
rig^  6n  \mniorro:  is  c  ri  as  anem  7  as  ordnidcni  7  us  chàinem' 
7  as  chumachtonH  thànic  i  ndomon  uli>.  Is  hc  ri  as  bhitliem 
7  as  minem  7  as  becda^  dodanic7  .i.  Co/zaire  Môr  mac  Eters- 


1.  A  small  river  ncar  Dublin,  which  is  said  to  Iiavc  passcJ  througli  tlie 
Brudeii. 

2.  rige  Eg.  riga  YBL.  righo  H.  rig.  St. 

5.  câcmem  Eg.  coinem  F.  chaincni  YBL. 

4.  CLimaclitacha  Eg.  cuiiKn/.'/achamh  F.  ciiinachtachom  YBL.  St.  cumta- 
c/;/acham  H. 

5.  riam.  Isc  in  mor  mâllau  môerda  f/i  muintir  7  f/ia  cairdiu.  IS  0  ini- 
morro  in  t-agarb  ccennais  fria  naimthib  [leg.  nàinitib]  7  cchtrannaib  i 
nhiuiir  catha  7  comlaind,  Eg. 

6.  bccdam  H.  bcgda  F.  becdœ  YBL. 

7.  tanic  a  ndoniii/i  riam  H.  is  c  da»o  ri  as  ccndsa  7  as  mîniu  7  is  bccmt'H- 
wnaigi  tàraill  tal///(i/«,  Eg. 


Tlic  PcsHiiction  of  Dâ  Der^a's  llosicl.  209 

ceôil,  is  c  tll  and,  ardii  Hcnv/d  uli  '.  Nicon  tîl  locht  and-  isind 
fir  sin,  ct('/- cliriith  7  dcilb  7  dcchclt,  ctivnicit  7  chôrac  7  c[hjii- 
tr///;;mac,  L'(tci-)  rose  7  toit  7  gili  S  etrr  gâis-i  7  alait;>  7  erla- 
brae,  ère/-  arni  7  cirriud  7  ccosc,  ctrr  ani  7  inmuid  7  ordan, 
et(V  ci'i^nas  7  «^aisciud^'  7  ccni'l. 

/'.  Màr  a  ôitiu  ind  tir  chàldac  t('/baith  7  (('y/idralà  ar  i;nini 
ngaiscid.  Màd  dia  ndcrsaigtluT^  a  bruth  7  a  gai  o  bcit  tianna 
fer  nEn'//(/  7  Alban  dô  ar  tliig,  ni  iurtiiar  ind  orgiiin  ccin  bcs 
inni'>.  Totliôctsat '"  se  clict  la  Conairc  riasiu  rosia"  a  àrm,  7 
totiiôetsar  sccht  '-  cet  lais  ina  chctcliz/niscliu  iar  saigid  '>  a  airm. 
Tong« '-^  do  Dia  a  toingt'.s'i  mo  zhiialh,  niani  gabthar  dcog  de 
céin  co  bcth  '^  nâch  ^7  aile  isin  tig  chenaertf/;/  é  a  ôenur,  [no  gé- 
baJ  som  in  Bruidin  conas-toirsed  cobair  —  Eg.  |  tanairs^J  •'^  in 
ter  6  Thuind   Chlidna    7  o  Thuiiui    Essa   Ri'iaid,  sibsi  ocon 

c.   Atat -"  nôi  ndorais  td/sin-'  tig,  7  dotaeth--  a'7   lacch  lais 

1.  Eg.  inscris:  Ni  fil  nacli  loclit  nô  nacli  aiiiin  isind  [1  |ir  sin  do  ncocli  is 
ailbéim  aiccenta  do  chî/rp  diiiniu  o  bond  co  a  baithiss  acht  ro  dcaiscaig  do 
cet/;  deilb  duiniu,  Eg. 

2.  Ncchantuil  tra  loclit  na  anim  Eg.  Ni  tuil  locJil  isind  <ir  sin  H.^ 

3 .  ociis  roscc  7  jngili  Eg. 

4.  gnais  H. 

5.  alaid  St. 

6.  ctzV  crgna  ocns  crodacht,  Eg.  'Wcr  crgna  7  gaiscc*/  St.  \Xcr  gnais  7  gais- 
ciud  YBL. 

7.  Môr  aicci  in  iir  sin,  nialla  in  dcgduini  Icnniaigi  |lcg.  Icnbaide),  Eg, 

8.  ndcrsaigti'y  F.  YBL.  St.  n-cirsuigtc/-  II.  dcrscaigthcr  LU. 

9.  inti  YBL.  innti  H.  intiu  H.  Mad  andsidc  invnoi  10  dia  n-éirgc  a  bruth 
7  a  Icrg,  cia  no  bcitis  fianna  VicrciDi  ixciis  Alban  i  mBruidin,  7  seissium  a 
lioenar,  nochon-iurfaitis  ind  argain  ccin  no  bclh  som  istigh.  Mairg  iun(5 
ind  argain  ccin  bes  inti,  Eg. 

10.  Dotuetsat  F.  Dothoetsat  YBL.  St.  Totactsat  H, 

11.  rosoa  YBL.  St.  laid  F.  riachtain  H. 

12.  se  YBL.  ui.  F.  .uiii.  Eg.  se  cet  eli  H. 

13.  rochtain  Eg.  riachtam  H.  soigid  F. 

14.  Tungu  YBL. 

I  j.  tongihi  H.  toi/zg  F. 

16.  ce  ni  bt'/h  F.  ceni  beth  YBL. 

17.  nech  St. 

18.  darnarscd  Eg.  tairsed  F.  St.  tanairst'i/  YBL. 

19.  YBL.  omits  sibsi  etc.   H.   lias  ;  tairsit  in  ier  a  Tig  Duinn  7  o  Tuind 
Tuaide  7  Clidhna  7  Esa  Ruaid. 

20.  Ata  YBL. 

21.  asin  YBL. 

22.  dothoeth  YBL.  dotaetsat  H.  tothoet  St.  dofoeth  Eg. 


2  10  Wliitley  Stokes. 

ccch  dorais  ',  7  intan  ro  scàig  do  cliâcli  is'tig  airlv/t  a  gascid  is 
and  fochichcr  som  -  ar  gniin  n-aithcrgaid ',  7  diamairi-*  dô' 
tuidccht^  f()/aib  asin  tig,  bit  lir  bommand/  ega  7  fer  (or  fagthi^ 
for  lethchind  7  ior  Icthchlocind  7  ior  cnàinired  fo  fâcbur  a 
chlaid/7'. 

li.  IS  dochu  liinsa  nimmaricfa  dô  niidccht  asin  tig9.  Is  in- 
main  laissconi  in  dias  lîl  imbi  isind  inidae  '°  .i.  a  dà  aiti,  Dris 
7  Snithi.  Tothôctsat'-  tri  côccait  hiech  la  ccchtar  de'-  i  ndor//^ 
na  Brud//t''>^  7  ni  bâ  sire  t/aigid"  ùaid  ille  7  innond  [airm  — 
H.]  hi  tôetsat. 

e.  Mairg  iun/.v  in  n-orgain  '>  cid  dàig  na  dessi  sin  7  na 
Hatha  lîl  etorro  f.i.]  ardri  Henv/J,  Co/niire  [Mér]  mac  Htcrs- 
ceôil.  Bâ'^  lîach  dibdud  na  ilatha  sin,  [LU.  92^]  for  Lomna 
Drûtlî  n\ac  Duind  désa  '7. 

/.   Ni  c/micid,  for  Ingcél:  néla  femmid  doforfecat  7rl. 

g.  IS  deithbtT  duitsiu,  a  Ingceoil,  for  Lomna  [Druth  — 
YBL.]  mac  DLii[n]d  Désa.  Ni  dàit  '^  aui  a  domain  na  orgnc'9, 


1.  gachiv  dor/(/.s  dip  H.  cach  doi7//5  YBL. 

2.  fodchicher  seom  YBL    fodcichersom  St.  H.  fotcicher  som  F. 

3.  n-;ikticrgaib  YBL.  St.  nait/;fAgiiib  H.  n-aithcrraig  LU. 

4.  diambarich  H.  dia/niiairi  St.  diawmairi  F.  diaiiiari  YBL.  for  <//(7  n-im- 
luari,  s.  conj.  sg.  5  oi  iiiiiiiariciin. 

5.  do  LU.  YBL. 

6..  tiiidccht  YBL.  thuidecht  LU.  St.  toigfc/;/  H. 

7.  is  ann  raga  som  ar   gnim  n-atheraig  a  gaisc/'J,  oc//i  dia  tecmad  do 
tuidect  l(i/aib  ammach  asin  tigh  bat  lir  bommanna,  etc.  Eg. 

8.  H.  inscris  :  7  rcndo  nime:  St.  7  rcnna  nimc  :  F.  7  rendai  nime 

9.  toidhtv/;/  fo/uib  asin  tig  amach  H.  tuidecht  do  isin  tig  YBL. 

10.  imdaid  Eg. 

11.  Dofoethsat,  Eg.  Totaetsat  H.  Dothoctsad  YBL.  Tothoetsat  F. 

12.  kisin  ccr/;/ar  nde,  H. 

13.  ar  dor/(j-  niBra/'i/nc  H. 

14.  sircm  troig  H. 

15.  ind  orcain  F.  ind  orciiiii  H. 

16.  bid  H. 

17.  For  thc  rcst  of  this  §  H  lias  only  :  Ni  ditsi  dom((('//e  na  horcne.  Maire 
damsai  ria  cach  (MS.  ciach)  is  maire  iaroach.  is  mo  cennso  7rl.  Agtis  iarsin 
cia  aco  ann?  St.  bas:  ni  deit  a  domain  na  borgne.  Muilhfe  bûaid  rig  no 
rigdanina  110  airig  dilwgiv.  Is  annsu  damsa  ini?»o;/o,  (or  Lonina  Druth. 
^L^irg  damsa  ria  cach,  mairg  iar  cach,  ar  is  mo  ccnn-sa  ccta-inichoicerthar 
ann  iarsind  iiair  (iWr  fcrtsib  7rl.)  7  iarsin  cia  acca  and?  Sic  F. 

18.  duit  Eg.  dcit  St. 

ic).  hoirgnc.  Ncla  f.  Eg. 


Tlic  Destruction  of  Dd  Der^ds  Hoslel.  21  i 

ar  bcra  ccnd  rig  ahi-tluuitlie  lat,  7  doernaba  tessin.  IS  andso 
damsa  chcna,  ar  bid  nie  cota  '-ortàbthar  ior  Brudin  -. 

h.  Ango  da//(',  f^v  Ingû'7,  adfia  basa  ledit  bas  brisciuiii>,  jr. 
OiKS  cia  acca  and  iarsin? 

102.  a.  «  E(tsy  for  iiic  lo  likcii  hiiii  »,  says  Fer  roi^diii.  «  A"(' 
«  conlJict  luilhoul  a  king  »  tins.  Hc  is  thc  inost  splcmiid  ami  noble 
and  Ik'iiulifiil  and  niighty  king  tijat  ijas  conic  iiilo  thc  luijoic  world. 
Ht'  is  lijc  niildcsl  and  gentlcst  and  most  pcrfccl  king  t/ja!  Jnts  coiiic 
toit,  n'en  Conairc  son  of  Etcrsccl.  'Tis  Ijc  lijal  is  avcrking  of  ail 
Erin.  Tivre  is  no  dcfcct  in  llml  inan,  lubclhcr  iti  forni  or  sJiapc  or 
vcstnrc  :  'w/k'l/.h'r  in  .s"/-('  or  Jilncss  or  proportion,  u'hctljcr  in  cyc  or 
hair  or  hrigJjtncss,  u'Ijclhcr  in  wisdoiiror  skill  or  cloqucncc,  wljctlk'r 
in  ZL'capon  or  dress  or  appcarance,  zulk'tJjcr  in  splcndonr  or  abun- 
dance  or  dignity,  u'/jcther  in  knowJedge  or  valonr  or  kindrcd. 

b.  Great  is  thc  tcndcrncss  of  ibe  slccpy  simple  man  lill  be  bas 
chanccd  on  a  deed  of  valonr.  (But)  if  bis  fury  and  bis  courage  be 
azuakened  luben  tbe  cbampions  of  Erin  ami  Alba  are  at  bini  in  t/jc 
bonse,  tbe  Destruction  luill  not  be  ivrougbt  so  long  as  be  is  tberein. 
Six  bnndred  icill  fall  by  Conairc  before  be  sball  attaiti  bis  arms, 
and  sevcn  bundred  -will  fall  b\  biin  in  bis  Jirst  coiijlicl  after  at- 
taining  bis  arms.  I  s-wear  lo  God  lubat  iny  tribe  siucars,  unless 
drink  be  takenfrom  bim,  tboiigb  tbere  be  no  one  else  in  tbe  bonse, 
but  hc  alone,  be  luonld  bold  tbe  Hoslel  unlil  belp  luould  rcacb  it 
iL'hich  tbe  man  would  prépare  for  bim  froni  tbe  Wave  of  Clidna-^ 
and  thc  Wave  of  Assaroc  >  (lubilc)  ye  (are)  at  tbe  Hoslel . 

c.  Nine  doors  tbere  are  to  tbe  bonse,  and  at  eacb  door  a  bnndred 
warriors  luill  fall  by  bis  band.  And  lubcn  cvery  one  in  tbe  bonse 
bas  ceased  to  ply  bis  lueapoti,  'tis  tben  bc  ivill  resort  lo  a  deed  of 
arms.  And  if  be  cbancc  to  come  npon  yoii  ont  of  tbe  bonse,  as  nn- 
merous  as  bailstoncs  and  grass  on  a  green  luill  be  yoiir  balves  oj 
beads  and  yonr  cloven  sknlls  and  yonr  bones  iinder  tbe  edge  oj  bis 
sicord. 


1.  cena  LU. 

2.  for  ar  ...  Briiidin  YBL.  has  muithfi  ri.  isansu  ri. 

3.  YBL.  100»  20  adds  :  kirga  niaiiais 

4.  in  thc  bay  of  Glandorc,  co.  Cork,  Rcv.  Cclt.,  XV,  438. 
).  at  Ballyshannon,  ce.  Doncgal,  Rev.  Cclt.,  XVI,  33. 


212  W'hitlcy  Slokis. 

J.  '77.S  iiiy  opinion  thaï  hc  ivill  not  chance  lo  gel  ont  of  the 
Ijoiisc.  Dear  lo  hini  are  ihe  livo  ihal  arc  zuith  hini  in  the  rooni,  his 
lu'O  foslerers,  Dris  and  Snilhe.  Thrice  Jifty  icarriors  luill  Jall  he- 
fore  each  of  iheni  in  front  of  the  Hostel,  and  not  farthcr  that  a  fixH 
froni  hini,  on  Ihis  side  and  that,  ici  II  they  (too)  fa/l. 

e.  «  IVoc  to  hini  u'ho  shall  lureak  the  Destruction,  ivere  it  oiily 
becausc  of  that  pair  and  the  prince  that  is  betiueen  thein,  the  over- 
king  of  Erin,  Conaire  son  of  Elerscél  !  Sad  luere  the  qitenching  of 
that  reign!  »  says  Lonina  Dri'ilh,  son  of  Donn  Désa. 

f.  «  Ye  cannot  w^  says  Ingcél.  «  Cloiids  ofiveakness  are  coniing 
to  yoii  ))^  etc. 

g.  «  Good  cause  hast  thon,  0  Iiigccl  »,  says  Lonina  son  of  Donn 
Désa.  «  Not  unto  thee  is  the  loss  caused  hy  the  Destruction  :  for 
thon  îuilt  carry  ojj  the  head  of  the  king  of  another  conntry,  and 
lliyself  u'ill  escape.  Hoiuheit  'lis  hard  for  nie,  for  I  shall  he  the 
first  lo  he  slain  al  Ihe  Hostel.  » 

h.  «  A  las  for  nie!  »  says  Ingcél,  «  peradvenlure  I  shall  bc 
the  fr ailes  1  corpse,  etc. 

And  luhoni  saïuesl  thon  afierwards  ?  » 

Imda  na  culchometaide 

103.  «  A.u-on<\arc  and  da  fer  dcac  îor  cliathaib  airgJidib  im- 
môii  n-imda  sin  [in  rig  —  Eg.J  immdciuiird.  Mongii  findhudi 
foraib.  Lente  glassa^  impu.  It  é  comaldi,  comchrôda -,  com- 
dclba.  ŒùM)  co  [n-eltaib  —  Eg.]  dét '-  il-laini  car/;  tir  dib,  7 
nis-tcilget4  sis  tier,  acht  it  é3  cclilasca^  iil  [ina  Idmaib  7]  im- 
mon  imdûi^  sin  immàcuaird.  Sumaille  let  sin,  a  F/V  rogani. 

The  Rooni  of  Ihe  Reargiiards. 
10).   There  I  saiu  tiuelve  inen  on  silvery  hardies  ail  aroiind  ihat 


1.  lene  glas,  YBL.  léintc  glassa  Eg. 

2.  chôme; otha  YBL.  corne» otha  H.  St.  Hg. 

3.  i(i//det  YlîL.  St.  awdctt  F.  co  «-imdorn  dct  H. 

.).  ni  Iccait  lîg.  nis-teilcct  YBL.  St.  nistulcil  H.  nistclcolt,  F. 

3.  acht  hed  YBL. 

6.  echalsea  St. 

7.  Sic  Eg.  YBL.  inna  lamwaib  St.  ina  laini  IL  inna  lamlia  F. 

8.  inidha  H. 


The  Destruction  of  dâ  Derga's  Hosicl.  21 5 

rootn  of  ihc  kiiii^.  Lii^hl  ycllow  Innr  idis  on  Ihcin.  Bhic  kilts  thc\ 
luorc.  Eijiiiilly  bcaitlifitl  wcrc  lhc\,  djnally  Jmnly,  cqually  shapcl\. 
Au  ivorx-hiJtcd  sword  in  ciirh  nutii's  hiiihl,  and  ihcy  ûisl  thcni  noi 
d&wn  ;  but  il  is  ibc  horsc-rods  in  tljcir  hands  thaï  arc  ail  roioid  Ihe 
rivin.  Likcn  thon  ihat,  O  Fer  rogaiii.  » 

104.  Ni  anse  damsa  6n:  comctaide  rig  Tcmracli  andsin  ^  It 
é  a  n-anmand  :  tri  Luind-  Liphc,  7  t/i  Airt  Atha  cliaili,  7  vi 
Biidir  Bûagnige'  7  t/i  Trenfir  Chûilne».  Tong//  a  toingw  mo 
thiialh,  bât  ili  mairb  occo  immon  mBruJ///  >,  7  immâricfa  clud 
dôib  ass  cid  at  crechtnaig//;/.  Mairg  luvas  in  n-orgain  fodcig 
inna  buidn[c]  sin.  Ociis  iarsin  cia  acca  and? 

104.  Easy  for  me  (lo  say).  The  hing  of  Taras  gnardsnieu  are 
their.  Thèse  are  their  naines  :  three  Londs  of  Liffey-phiin  :  ihrcc  Arts 
of  Ath  cliath  (Dublin):  ihree  Buders  of  Biiagnech  :  and  thrcc 
Tréniers  of  Ciiilne  (Cuilenn  ?).  I  s-wear  luhai  niy  Iribe  sivears, 
(slain)  ihat  niany  will  be  ihe  dead  by  iheni  around  the  Hoslel . 
And  they  will  escape  front  it  allhongh  they  are  woniuled.  Woe  lo 
hiin  who  shall  ivreak  the  Destrnclion  (were  it  only)  bccause  of  thaï 
band  !  And  aftenvards  ivhoni  saïuest  thon  there?  » 

LÉ   TRI   FLAITH   M(7C   COXAIRE  ASA  SAMMAIL  SO 

105.  Atcondarc  and  mac  brecdcrg  i  mbrut  chorcra,  ata  oc 
sirchôi^  isin  tig.  Baie  hi  fail  in  tricha  cet  gabthai  cach  fer  a 
ucht  i  n-iicht.  Atâ  iawm  7  cathâir  glas  airgdidi  fo  a  suidiu"  (or 
lâr  m  tige  [ocns  se,  Eg.|  oc  sirchôi'^.  Angô^  d-Mio  it  brônaig  a 


1.  coiiietaidi  n'g  Ere//»  insin,  Eg.  cometaighe  rig  Tcniracli  iiinsiii  H. 

2.  Luirg,  Eg.  Luin  Eg. 

3.  Bu.iidhnigi  Eg.  Buaidiiighi  F.  Buaidncidlii  YBL.  l'iuiidlinighc  U.  Buai- 
dnigc  St. 

4.  Cûailcni  H.  Cuilnc  St.  Eg. 

5.  Tonga  do  Dia  tongi/it  mo  tuath,  bid  lia  iiiairb  na  horcnc,  II.  Tong» 
yrl.  bit  lia  a  mairb  yrl.  VPjL. 

6.  sirciiiu  Vl'L.  sirchûi  St.  Eg.  sirchôi  H. 

7.  catliair  glassairgit  tbe,  Eg.  cathair  glas  argidi  fo  a  suidhiu  YBL. 

8.  ingo  YBL.  St.  F.  Oui.  H. 


2  I  4  Whitlcy  Stokes. 

thcglach  occ  a  clôistin'.  Tyi  fiiilt  fo/sin  mac  sin  :  it  c  t;i  fuilt 
(')ii  .i.  folt  ûani-  7  folt  corcorda?  y  folt  fc'/orda.  Nocon  fet//;sa-» 
indat  il<:;nc  dochuirth(V>  in  toit  fair  nô  indat  [in  tri  gncc  — 
Eg.]  fuilt '^'  failct  fair.  Aihl  ro  fctar7  is  f[:i]il  ni  adagcZ/wr  in- 
noclu'"^.  Atr('//d^//r  t/i  côcctu  mnc  f()/'9  cathàirib  argdidib  immi, 
7  ro  bdtàr  .xu.  hon-sinmc  "Ml-lâim  in  mnic  brccdc[ijrg '=  sin, 
7  delg  sciath  a  cind'-  cach'5  sinini  dib,  7  ro  bàmârni  .xu. 
feraib'-*  7  ar  côic  sùili  dcc  dcssa  do  chàcchad  dô'^,  7  in  sccht- 
mad  mac  imblcscn  ro  boi  im  chind-sa  do  chaechad  do'^',  ol 
Ingrt'V.  Samaillc  \et  si/;,  a  Fir  rogai)i  ? 

Lé  fri  flaiih  son  of  Conairc,  whose  lihencss  Ibis  is. 

10  j.  There  I  Ivhchi  a  vcd-jrcchlcd  boy  in  a  pur  pic  cloah.  Hc  is 
alîuays  awailîng  in  thc  bouse.  A  slcad  lubercin  is  ibc  (king  of  a) 
cantred^'î,  zuboni  eacb  man  Iakcs  fvoiii  bosoiii  lo  hosoni. 

So  bc  is  li'ilb  a  bine  silvcry  cbair  inidcr  bis  scal  in  ibe  niidsl  of 
ibc  bouse,  and  be  ahways  a-ivailing.  Tru/x  tben,  sad  are  bis  boiise- 
bold  Jislening  to  bim  !  Tbree  beads  of  bair  ou  ilmt  box,  and  ibese 

1.  Is  bronach  in  toglacli  ic  a  clôistin  sin,  Es;,  it  bronaicli  a  tcglach  oc  a 
cillais  YBL.  At  brônaig  a  icglacb  oc  a  cluais  H.  it  bronaig  a  tcgiacli  occa 
chinais,  St.  at  bronaich...  chluaiss,  F. 

2.  uainidi  YBL.  uainidhc  H.  luianidc  Eg.  hnainide  St. 

3.  buidicorcrai  YBL. 

4.  Ni  cou  fetarsai  H.  Nocho  n-ctarsa  Eg.  nochanfctarsa  St. 

5.  docuirithiV  St.  dochuirithcr  YBL.  docuircthar  Fg.  H. 

6.  fo  indat  tri  fuilt  YBL.  fa  andai  t/i  fuilt  H.  fi  inda  tri  fuilt,  St. 

7.  forrosfetar  YBL. 

8.  is  fil  ni  adagen  ...  i»nocht  YBL.  Dofuil  ni  atagcre  hinocht,  Eg.  is 
fael  madogctar  Anocht  H.  is  fil  ni  nvidigelbar  St.  is  fil  niagcn  innochd  F. 

9.  fo  YBL.  St. 

10.  bondsimmni  Eg.  bonsibne  YBL.  .u.  bocsimni  diV  luac/.vo  H.  bocsibnc 
St.  bogsibne  F. 

11.  breccdeirg  Eg.  brecdc/Vg  H. 

12.  sciach  i  cind  sciach  YBL.  sgi.icli  a  cinn,  H.  sciacli  hi  cind  F.g.  sciach 
i  cind  ccch  hsibnc  dibh  F. 

13.  cccha  Eg.  ca(7;a  St.  gâcha  H. 

14.  sic  St.  This  may  bc  addcd  to  Pcdcrsen's  list  of  instrumentais  uscd  wi- 
thout  possessive  pronouns,  Cclt.  Zeitsch.,  Il,  379.  ro  bamairne  .xu.  iir,  Eg. 
ro  uabmairni  .u.  fir  dcg,  H.  robamarn(i|  ar  .u.  teruibh  doacc,  F. 

I  ) .  ro  coechastar  Eg.  do  coechai/  doa  F. 

16.  ros-côcchastar  Eg.  do  coecha./  doa  F.  do  chaechad  dô,  St. 

17.  The  Irish  hère  is  obscure,  and  probably  corrupt.    For  tricha  cet,  cf. 

S 138. 


The  Destruction  oj  dâ  Dcrga's  Hostcl.  215 

are  thc  threc  :  (;ircii  hair  and  piirple  hair  aud  aJl-^oIdcn  hair.  I 
kiiOîL'  ;/('/  u'helhcr  ihey  arc  maux  appcar'auccs  u'bi'ch  ihc  hair  rc- 
ceives,  or  lubclhcr  ihcy  arc  thrcc  hinds  ofhair  ivbirh  arc  (iialiirally) 
npon  hiiii.  But  I  IciiLnu  ihal  evil  is  ihc  ib'uh^  bc  drcads  toiiigbl  '.  / 
l'cbcld  ibricc  Jiftv  boys  on  silvcrn  cbairs  around  hiin,  and  ibcrc 
u'crc  fiflecii  bulrnsbcs  in  tbc  band  of  ibiil  rcd-frcckled  boy,  ivilb  a 
iborn  at  tbc  end  of  cacb  oJ  tbc  riisbcs.  And  we  luerc  fijtccn  nicn, 
and  oitr  fijtccn  rigbl  cycs  ivcrc  blindcd  by  bini,  and  bc  blindcd  onc 
of  tbc  scvcti  piipils  U'bicb  iras  in  niy  bead  »  saitb  Lh^ccl.  «  Hast 
tbou  bis  libc,  O  Fer  roi^ain  ?  » 

(To  bc  continued). 

W'hitlev  Stokes. 


I.  Cf.  §  77  supra. 


DE    QUELQUES    NOMS    DE    LIEUX    FRANÇAIS 

D'ORIGINE  GAULOISE 

(S^  SCI  h)  1  . 


ABEILLAN 

AbeiUau,  nom  d'une  commune  de  THérault,  n'est  pas  men- 
tionné avant  1059,  où  l'on  trouve  caslrmii  de  AhcUuo,  forme 
manifestement  fautive  pour  AbcUano.  Le  /'  provençal  postule 
nécessairement  un  p  primitif.  Nous  sommes  donc  reportés  à  un 
type  *Ap)liiniiis,  du  gentilice  Ap'iliiis,  donné  par  Holder. 


ADISSAX 

Il  V  a  dans  l'Hérault  une  commune  appelée  Adissaii,  dont  le 
nom  n'apparaît  qu'en  1323,  sous  la  forme  Dcyssanuin,  et  un 
hameau  appelé  L'Adissc,  souvent  ccx'\t  La  Disse,  qui  figure  dans 
le  cartulairede  Gellone.  depuis  le  commencement  du  ix*^  siècle, 
sous  la  forme  Adiciaumu.  Ces  deux  vocables  actuels  ont  ma- 
nifestement la  même  étymologie  -.  Le  d  médial  remonte  né- 
cessairement à  un  /,  ce  qui  nous  reporte  à  un  type  latin  *  At'i- 
cianus  ou  *Alîlliiinus.  Je  ne  trouve  pas  de  gentilice  exactement 
correspondant  dans  Holder,  qui  donne  Aicttius,  Alissius, 
Alitla  et  Alillo. 

1.  Voir  Rn'ih'  Celtique,  XX,  p.  i  et  45S. 

2.  Le  dcpl.Kcment  de  l'accent  tonique  qui  a  transformé  la  forme  proven- 
çale Adissa,  accentuée  sur  la  finale,  en  Adisse  est  très  récent  ;  la  toponymie 
méridionale  offre  beaucoup  d'exemples  analogues. 


De  quelques  noms  de  lieux  français.  217 


ARCISSAS 

Arcissc  est  le  nom  J\ine  commune  de  l'Isère  et  d'un  hameau 
de  l'Orne,  commune  de  Corhon.  Il  y  a  dans  l'Eure-et-Loir  un 
hameau  dit  Arcisscs,  commune  de  Brunelles.  Un  hameau  de 
la  Creuse,  commune  de  Bosmoreau,  s'appelle  Arcissas  et  cette 
forme  figure  dans  le  cartulairc  de  l'abbaye  du  Palais  dès  le 
xii^  siècle'.  On  a  identifié  Arcissc  àc  l'Orne  avec  la  villa  dite 
Arsicius  àins  le  polyptique  de  l'abbé  Irminon-.  La  constance 
de  l'orthographe  du  cartulaire  du  Palais  me  fait  croire  que  la 
forme  primitive  de  Arcissas  est  * Arcicias  et  qu'il  a  existé  un 
£:entilice  Arcicitis  à  côté  de  Arsiciiis. 


BALLEDENT 

M.  Holder  enregistre  les  noms  de  lieux  Balalcdo,  Balatûninni 
et  BaJatonna.  Il  fluit  certainement  y  ajouter  * Balatenno,  nom 
primitif  d'un  chef-lieu  de  commune  de  la  Haute-Vienne  dit 
aujourd'hui  Ballcdcnl  et  au  xii'-"  siècle  Biihidcn',  Balladcn-^, 
Baladent'^.  La  même  désinence  se  retrouve  dans  Scrotouio, 
aujourd'luii  Sardciit  (Creuse). 


BAZELAT 

La  commune  de  la  Creuse  qui  porte  aujourd'hui  le  nom  de 
Ba^elat  est  appelée  en    1257  Bah^ac'^.  Il  faut  rapprocher  ce 


1.  Bibl.  nat.,  nouv.  acq.  lat.  225,  fol.  15  et  suiv.  Aujourd'hui  l'ortho- 
graphe flotte  entre  Arcissas  et  Arsissat;  la  carte  du  Ministère  de  l'Intérieur 
porte  Archissas,  forme  fautive. 

2.  XII,  .|),  éd.  Longnon,  p.  172. 

3.  Cartul.  d'Aureil,  charte  CXXVII. 

4.  Ibid.,  charte  CCCXX,  et  Leroux,  Molinier  et  Thomas,  Doc.  hist.  con- 
ceriiaiil  la  Maiche  et  le  Limousin,  tome  I,  p.  137. 

5.  Cartul.  d'Aureil,  charte  CXXIV. 

6.  Arch.  de  la  Creuse,  H  238. 

Revue  Celtique,  XXII.  1 3 


2i8  A.  Thomas. 

nom  de  celui  de  Bala:^',  près  de  Vitré  (Ille-et-ViLiine),  Le 
type  commun  ne  peut  guère  être  que  * Btihiliiiciis\  d'un  gen- 
tilice  hypothétique  *BaliUiiis.  On  trouve  Balai iilla  comme 
nom  de  femme,  à  côté  de  Belalulla,  qui  est  plus  fréquent.  De 
même  que  l'on  a  Cintius  m  Ciiiliillus,  on  peut  supposer  *5rt- 
laliiis  à  côté  de  BaJatuUus. 


BENASSAY 

Le  nom  de  B-juassav  (Vienne)  apparaît  dès  889  sous  la  forme 
Bcnaciacuni.  Il  est  impossible  de  le  confondre  avec  Banna- 
ciaco,  qui  ligure  sur  des  monnaies  mérovingiennes  du  vii'^  siècle 
et  qui  a  pour  correspondant  actuel  Banassac,  nom  d'une  com- 
mune de  la  Lozère  et  d'un  hameau  de  la  Creuse,  Banassat , 
nom  de  deux  hameaux  de  la  Creuse,  etc.  Il  faut  supposer  un 
gentilice  gaulois  *^f'//(/(7'//.s,  qui  fait  songer  au  fameux  lac  Bc- 
naciis  de  la  Cisalpine. 


BLAUDEIX 

iM.  Holder  a  relevé  chez  Strabon  et  Etienne  de  B3'zance  le 
nom  d'une  ville  de  Phrygie  dite  Wi.xjlzz.  Le  caractère  gaulois 
de  Blauâûs  est  confirmé  par  l'existence,  dans  la  Creuse,  d'une 
commune  du  nom  de  Blaiideix,  autrefois  siège  d'une  comman- 
derie  de  l'ordre  du  Temple.  Blaudcix  est  écrit  BJaudcis  en 
1282 -.  Je  ne  vois  pas  d'autre  type  possible  que  *Blaudiscits 
pour  rendre  raison  de  cette  forme.  Presque  tous  les  noms  de 
la  Creuse  qui  se  terminent  aujourd'hui  en  cix  doivent  remonter 
à  d'anciens  types  gallo-romains  en  iscus.  Je  me  bornerai  à  citer 
Le  Joiirdaiicix,  commune  d'Arrènes,  au  xu''  s\ic\c  Jordanisiutii 
et,  en  roman,  Jordamsc'^. 


1 .  A  distinguer  de  BaJadilia^o,  mentionné  dans  la  cliarte  4  du  cartiilaire  de 
Conques  et  identitîc,  sans  aucune  vraisemblance,  avec  Baniac  par  l'éditeur. 

2.  Arcli.  delà  Haute-Vienne,  fonds  de  Tévèclié  de  Limoges. 

3.  Cartul.  de  Bénévcnt,  Bibl.  nat.  lat.  171 16,   fol.  95.  —  Cf.  ci-dessous 
les  articles  InJrois  et  XalcchiS. 


De  (juehjiics  noms  de  lieux  français.  219 


CHAMBEZON 

Cha}}ibe:^m  est  le  nom  d'une  commune  de  la  ILuite-Loirc, 
canton  de  Blesle,  arrondissement  de  Brioude.  La  forme  la  plus 
ancienne  qui  nous  soit  parvenue  de  ce  nom  est  Chaiiibedoii, 
qui  tigure  au  xii^  siècle  dans  le  cartulairc  de  Sauxillanges^  Les 
textes  postérieurs  donnent  Ojamlh^on  et  Chmnbe:(o,  avec  chute 
de  Vn  finale  en  roman.  Le  type  primitif  peut  être  *Caiuhido- 
iinni,  *Canibedonuni,  *Camhidouc)n  ou  *  Caiiibcdoiicin-  ;  mais  la 
saine  phonétique  interdit  d'y  voir  soit  Cambodnnuin,  soit  Cani- 
bidoiiiiuni.  Le  même  nom  paraît  se  retrouver  dans  Chambéon 
(Loire),  qui  tigure  plusieurs  fois  dans  le  cartulaire  de  Savigny 
sous  la  forme  adjective  Cciiiibcldoiiciisis,  Cniiibcdoiieiisis. 


CHAMBONCHARD 

Cbawboiichnrd  est  le  nom  d'une  commune  du  canton  d'Evaux 
(Creuse),  située  sur  le  Cher5.  Adémar  de  Chabannes  mentionne 
le  château  de  Chambonchard,  castcUiiin  Cainboiictircin  K  II  est 
évident  que  c'est  un  mot  composé,  dont  le  dernier  élément  est 
le  nom  de  la  rivière  du  Cher  sous  sa  forme  indigène  Char, 
conforme  à  l'appellation  gauloise  Caris 'i.  Le  premier  élément 
est  Caniboii,  et  non  Cnjiibo  comme  le  dit  M.  Holder,  qui  a  un 


1.  Cf.  Remania,  VI,  263. 

2.  Cf.  la  forme  Cervedoue  (à  l'ablatif)  cmployc  par  Fortunat  pour  Ceivon 
(Nièvre). 

3.  On  trouve  la  forme  francisée  Chavibovcher  dans  une  assiette  d'impôts 
de  1557  (Leroux,  Molinicr  et  Thomas,  Doc.  hist.  concernant  la  Marche  et  le 
Limousin,  II,  51). 

4.  M.  Chavanon,  p.  150,  imprime  Gn//'('/;a«(v;/ d'après  le  nis.  latin  5927, 
mais  c'est  une  mauvaise  leçon.  Le  ms.  5926  porte  correctement  Canl'on- 
caretii.  Une  faute  d'un  autre  genre  a  transformé  le  mot  en  Cambonearetn 
dans  la  Chronique    de   Bernard  hier,  telle  que  l'a   publiée  Duplès-Agier, 

P-4I-  .  . 

5.  Cette  rivière  prend  sa  source  dans  la  commune  de  Chard  (Creuse)  et, 
dans  les  premières  communes  qu'elle  arrose,  elle  s'appelle  le  Char.  Naturel- 
lement, le  d  de  Chard  est  une  fantaisie  cacographique. 


2  20  A.  Thomas. 

article  Caïuho-caris,  et  qui  imprime  Chamhouchard ,  au  lieu  de 
Chanibonchard.  Il  ne  m'appartient  pas  de  décider  si  camhon 
peut  être  un  substantif  et  si  Camboucaris  peut  signifier  en  gau- 
lois «  la  courbure  du  Cher  »  ;  toujours  est -il  qu'aux  environs 
de  Chambonchard  le  Cher  forme  ertectivement  un  coude  assez 
prononcé  du  sud-est  au  nord-ouest. 


CHANTREZAC 

ChLViIrc'-nc,  commune  du  département  de  la  Charente, 
figure  dans  la  Chronique  d'Adémar  de  Chabannes  sous  la  forme 
Canircc'hh'oisis  cccJesia^.  M.  Holder  enregistre  *CanlriciiKiim, 
où  il  voit  une  contraction  pour  *Canlariciacus  ou  *  Cniilc- 
riciacmii,  dérivé  d'un  gentilice  *  Cantcricius  non  attesté. 
Tout  cela  ne  repose  sur  rien  de  sérieux.  La  forme  vulgaire 
Chant re:;j.ic,  avec  un  ~  doux,  prouve  que  la  graphie  attestée 
Cantreciacum  est  pour  *CanlreHaciiiii.  Il  faut  donc  admettre  un 
gentilice  gaulois *G7////v//w5^  probablement  dérivé  de  Cantrius. 
On  sait  que  Caiitrins  se  trouve  sur  mainte  inscription. 
Quoique  ces  inscriptions  n'appartiennent  pas  à  la  Gaule, 
M.  Holder  enregistre  Canlrius  et  Caninis  :  je  suppose  qu'il  a 
ses  raisons.  A  côté  de  *Cantrclius,  il  fout  aussi  admettre  *G7//- 
îriiiiiis,  d'où  Cbantrigné  (Ma3'ennc),  qui  correspond  à  un  an- 
cien *  Caniriniacns. 


DARKAC 

La  forme  romane  primitive  du  nom  de  la  commune  de 
Z)fl'///^zt(Haute-\'ienne)est  Adciiiac-.  Cette  forme  nous  reporte 
clairement  à  un  type  *  Atc'nuuiis.  Holder  enregistre  Atcrnos, 
mais  seulement  pour  taire  remarquer  que  c'est  un  nom  latin  ^. 


1.  J.  Lair,  Études  critiques.  II,  p.   145. 

2.  johanih's  d'Aderuac    figure  comme   témoin   dans   une  donation    faite 
vers  1120  à  la  Maison-Dieu  deMontmorillon,  Bibl.  nat.  lat.  18599,  p.  402. 

3.  On  sait  qu'une  ville  du  Samnium  portait  le  nom  iXAteruuni  et  qu'il 
y  avait  aussi  en  Italie  un  fleuve  appelé  Ateruus. 


De  (jiiel.jiits  noms  de  lieux  français. 


221 


C'est  possible;  en  tout  cas  Atcruus  a  été  en  usage  en  Gaule 
comme  nom  de  personne,  puisqu'un  nom  de  lieu  en  dérive'. 


ESSOUVKRT 


Une  foret  de  la  commune  de  La  Chapelle-Baton  (Cha- 
rente-Inférieure) s'appelle  Essouverl.  Elle  est  nommée,  dans  la 
charte  313  du  cartulaire  de  Saint-Cyprien  de  Poitiers,  Exol- 
venius  silva.  Il  est  difficile  de  ne  pas  voir  dans  *  Exolvenios  un 
nom  gaulois,  dont  le  dernier  élément  serait  venios,  aune. 


EYMOUTIERS,    HAINS,    HEM 

Le  nom  de  lieu  celtique  Ageiilitiii  se  retrouve  aujourd'hui  dans 
trois  noms  de  lieu  d'aspect  très  différent  :  Le  Bokij  d'Hciii  (pro- 
noncé Lcbourdaii)  dans  la  Creuse,  Eymoiilicrs,  dans  la  Haute- 
Vienne  ^,  et  Haiiis  dans  la  Vienne.  Holder  n'a  relevé  que 
Agcnti  monasteriiim,  d'où  Eymouliers,  autrefois  Acniiiosticr. 
Adémar  de  Chabannes  veut  parler  d'Eymoutiers  quand  il  dit 
«  monasterium  Sancti  Stephani  Agenfense  »  ou,  plus  simple- 
ment, «  ecclesia  Agento»i.  C'est  aussi  Eymoutiers  qui  est  ap- 
pelé Ageiitum  dans  un  acte  du  8  août  959,  publié  par  la  Gallia 
christ iana^.  Au  x^  siècle  également,  nous  avons  la  forme 
Agentiim,  qui  devient  plus  récemment  Haeiititni,  et,  en  langue 
vulgaire,  Aeiil,  pour   désigner  Hai)is'>.  Enfin   Hem,   dans  la 


1.  Il  est  possible  que  Daruat,  liaiiicau  de  Saint-Sylvain-Bas-le-Roc 
(Creuse)  ait  la  même  étymologie  que  le  Dainac  de  la  Haute- Vienne.  La 
charte  112  du  cartulaire  de  Brioude  mentionne  le  nom  de  lieu  Adaruaciis, 
dont  j'ignore  la  forme  moderne. 

2.  11  y  a  aussi  un  Eyvioiilicrs  dans  la  Charente,  mais  je  ne  sais  quelle  en 
est  l'étymologie. 

5.  Édit.  Chavanon,  p.  158  et  172.  L'éditeur  a  bien  reconnu  qu'il  s'agis- 
sait d'Eymoutiers  à  la  p.  138,  mais  à  la  p.  172  il  a  cru  que  Ageiito  désignait 
Ahun  {Ai^cdumim).  Lcpieposilus  Ainlensis  qui  figure  dans  une  charte  de  1  108 
publiée  par  M.  Altred  Leroux  {Chartes,  chroniques  et  nicinoriaiix,  p.  25)  est 
un  prévôt  d'Eymoutiers  et  non  d'Aven. 

4.  Tome  II,  instr.,  col.  168-169! 

5.  Redet,  D/c:/.  top.  de  ta  Vienne. 


22  2  A.  Thomas . 

Creuse,  est  appelé,  depuis  le  xiii'  siècle,  AhentuDi  ',  en  latin, 
utAhciil,  en  langue  vulgaire.  On  trouve  même  Acntoisiseccksia 
et  eccicsia  de  Aenlo  appliqués  à  Aycn  (Corrèze),  mais  la  forme 
ordinaire  est  trr/t'5/rt  de  Acnno,  qui  remonte  à  AgennuniK 


GORCE 

Le  nom  de  lieu  Gorce  est  extrêmement  répandu  dans  le 
massif  central  de  la  France  et  déborde  même  un  peu  vers  le 
sud-ouest.  Employé  au  singulier  ou  au  pluriel,  avec  ou  sans 
article,  écrit  par  r  ou  par  s,  francisé  ou  resté  provençal  dans 
sa  désinence  du  pluriel  {Gorce,  Gorse,  Gorses,  Gorsas,  Les  Gar- 
ces, Les  Gorceix,  Lagorce,  etc.),  il  s'étend  sur  plus  d'une  quin- 
zaine de  départements  :  Ardèche,  Aveyron,  Cantal,  Charente, 
Charente-Inférieure,  Corrèze,  Creuse,  Dordogne,  Gironde, 
Indre,  Haute-Loire,  Lot,  Lot-et-Garonne,  Puy-de-Dôme, 
Vienne  et  Haute-Vienne.  Il  a  à  côté  de  lui,  comme  diminutif, 
Gonrsole,  qu'on  trouve  dans  la  Charente,  la  Corrèze,  la  Creuse, 
la  Dordogne,  etc.  Le  plus  anciennement  mentionné  de  tous 
ces  lieux  serait  Gorses,  chef-lieu  de  commune  du  Lot,  qui  figure, 
appelé  Gorcias,  dans  une  charte  de  755,  si  ce  document  était 
authentique;  malheureusement  le  document  a  été  fabriqué,  au 
xi^  siècle  probablement,  par  les  moines  de  Figeac,  qui  l'ont 
mis  sous  le  nom  de  Pépin  le  Bref.  Il  importe  peu,  à  notre  point 
de  vue.  Il  est  certain  que  Gorce  (avec  un  0  ouvert)  ne  peut 
venir  que  de  *Gorcia  ou  *Gortia-i.  Or,  dans  une  partie  de  la 
région  sur  laquelle  s'étend  le  nom  propre  qui  nous  occupe 
(Creuse,  Corrèze,  Haute- Vienne,  Indre,  etc.),  on  emploie 
aussi  le  nom  commun  gorço,  gorce,  avec  les  sens  de  «  haie  vive, 
haie  sèche,  buisson,  lieu  rempli  de  mauvaises  herbes  ou  de 

V 

1 .  Pouillc  du  diocèse  de  Limoges  conserve  aux  archives  de  la  Creuse  ; 
charte  de  1282  aux  archives  de  la  Haute-Vienne. 

2.  Assiette  d'impôt  de  1477  aux  Arch.  nat.  P.  1563,  cote  1241. 

3.  Leroux,  Chartes,  chroniques  et  mémoriaux,  p.  30,  51,  32,  34,  35,  36, 
57.  58,  39.  40,  41,  42,  43.  44,  4),  46  et  47. 

.  4.  C'est  ce  que  montre,  par  exemple,  le  -  de  hi  forme  Gor:^a,  qui  figure, 
vers  hi  lin  du  xi^  siècle,  dans  la  charte  259  du  Cartulaire  de  Vigeois. 


De  quehjius  noms  de  lieux  franç<iis.  22J 

décombres  ».  Il  est  évident  que  les  deux  séries  n'en  font 
qu'une  et  il  est  probable  que  nous  devons  )■  reconnaître  le 
celtique  *i^\vto-,  allongé  à  l'aide  d'un  suffixe  latin  en  *gorlia. 
Mistral  a  donc  raison,  en  somme,  de  rapproclier  le  limousin 
^'•fn'iî  du  bas-breton  ^'rt/'^  «  haie  »'. 


INDROIS 

Ulihirois  est  une  rivière  qui  se  jette  dans  l'Indre  à  Azay- 
sur-Indre  (Indre-et-Loire).  Quelques-uns  écrivent  Indroye,  au 
lieu  de  Iiidrois-  ;  mais  c'est  une  fantaisie  moderne.  Les  an- 
ciennes formes  du  nom  de  cette  rivière  sont  :  Audreis,  Andro- 
sitis,  Audrisciis,  Andcrisciis,  Aiigerisciis,  AiigeliscusK  On  sait 
que  le  nom  primitif  de  l'Indre  est  Anger-^:  la  bonne  ortho- 
graphe du  mot  français  serait  Aindrc,  comme  cc'uidrc,  de  cin- 
gerc,  ou  l'ancien  \cvhe  Jraiiidir,  de  frangere.  Il  est  clair  que  le 
nom  de  VIndrois  est  dérivé  de  celui  de  V Indre  au  moyen  du 
suffixe  iscus,  iscos'».  On  peut  inscrire  sûrement  Angcriscos  dans 
le  Trésor  du  vieux  gaulois.  Il  ne  faut  pas  hésiter  non  plus, 
il  me  semble,  à  voir  dans  ce  suffixe  iscos  un  suffixe  diminutif 
identique  au  suffixe  grec  ir/.::.  Le  rapport  sémantique  de  In- 
divis à  Indre  est  manifestement  le  même  que  celui  de  Loiret  à 
Loire  et  de  Peiitc-Crciise  (au  moyen  âge  Crosetd)  cà  Creuse,  etc. 
Que  les  celtisants  fassent  leur  profit  de  cette  très  simple  obser- 
vation^. 

LE    MAINE,    LE    MANS 

C'est  à  Jules  Quicherat  que  revient  le  mérite  d'avoir  ex- 

1.  Le  nom  de  la  célèbre  abbaye  de  Gor::^e,  près  de  Metz,  énoncé  Gorlia 
en  795,  doit  avoir  la  même  étymologie. 

2.  Notamment  La  Grande  Encyclopédie. 

5.  Mabille,  Xolice  sur  les  divisions  territoriales  de  la  Ton  rai  ne  (Par  i^,  1866), 
p.  162. 

4.  Super  Jlnviuni  Angereni,  Grégo'iri:  de  Tours,  Vit.  patruin,  18,  i. 
).  La  désinence  iscus  donne  régulièrement  en  français  ois  et  plus  récem- 
ment ais.  Exemples:  dais,  anciennement  dois,  de  discns. 

6.  Comparez  ce  que  dit  du  suffixe  iscos  M.  D'Arbois  de  Jubainville,  p.  546 
et  suiv.  de  ses  Recherches  sur  l'origine  de  la  propriété  foncière. 


2  24  '4.  Thomas. 

pliqué  pourquoi  nous  disons  Ij:  Mans,  avec  l'article,  en  par- 
lant du  chef-lieu  de  la  Sarthe'.  Le  nom  du  peuple  gaulois  des 
Cenonianiii  est  devenu  Celoiiiaiini  par  dissimilation,  d'où  *Cel- 
»iûiis,  qui  a  dû  être  la  forme  romane  primitive.  Puis,  la  pre- 
mière svllabc  a  été  confondue  avec  le  démonstratifs/  et  rem- 
placé par  l'article  la,  le.  Il  n'y  a  pas  à  revenir  là-dessus.  Ce 
que  je  veux  faire  remarquer,  c'est  que  Le  Mans  remonte  à  Cc- 
noiiumnis  avec  deux  n,  car  si  le  type  étymologique  n'avait  eu 
qu'un  seul  ;/,  il  aurait  abouti  h*  Le  Mains.  M.  Holder  a  donc 
raison  d'instituer  deux  articles  distincts  dans  son  Altcellischcr 
Spi-achschal~,  l'un  pour  les  Cciioiiiaiii  de  la  Cisalpine,  l'autre 
pour  les  Cencmanui  de  la  Transalpine. 

Dans  le  texte  de  son  Allas  historique  de  la  France,  p.  102, 
M.  Longnon  écrit:  «  Le  nom  vulgaire  Le  Maine  ne  dérive 
pas  du  vocable  latin  Cenomaniciim,  mais  de  la  variante  Ceno- 
mania  ».  Je  ne  comprends  pas  pourquoi  M.  Longnon  excom- 
munie ainsi  le  suffixe  icum,  à  qui  l'on  doit  la  formation  de 
tant  de  noms  de  provinces:  Auvergne,  Chalonge,  Commin^e, 
Médoc,  Périgord,  Rouer gue,  Sain  longe,  U:^ège,  Vcla\,  de  Arver- 
nicuni,  Calalaunicum,  etc.  Tous  ces  noms  sont  masculins  à 
l'origine  et  le  sont  restés,  sauf  Auvergne  et  Saintonge^.  Maine 
peut  remonter  à  [Ceno]nia)iiiicuni,  au  même  titre  que  domaine 
à  dominicuni.  M.  Longnon  admet  lui-même  que  Langoine, 
que  l'on  trouve  une  fois,  au  xiii*^  siècle,  pour  désigner  la  pro- 
vince de  Langres,  vient  de  Lingonicum,  et  que  Touraine,  pri- 
mitivement Toroine,  Toroigne,  représente  Turonicnm. 

MUSSIDAK,    MONCEAUX 

Dans  son  Dictionnaire  topographique  de  la  Dordogne,  lei»aron 

1.  Traite  de  la  jonnation  des  noms  de  tit'iix,  p.  24. 

2.  Sahitoiige,  écrit  Centonge,  csl  masculin  dans  les  poésies  de  Bertran  de 
Born  ;  et  je  nie  souviens  d'avoir  entendu  dire  /(■  Sabitonge  dans  la  Creuse. 
Pour  l'Auvergne,  l'ancien  genre  semble  avoir  disparu  complét'imcnt  de  nos 
jours. 

3.  Atlas,  p.  95  et  lOi.  L'emploi  de  Touraine  au  féminin  dans  la  Vie  de 
saint  Martin  de  Peain  Gastineau  {Tote  Toroinne,  6409)  peut  faire  songer  à 
Turonia;  mais  l'hvpothèse  d'un  changement  de  genre,  dû  à  l'apparence  fé- 
minine de  la  désinence  française,  est  plus  vraisemblable. 


Di  ijiulijiies  noms  de  lieux  français.  225 

de  Gourgues  a  eu  la  làclieuse  idée  de  supposer  que  le  lieu  ap- 
pelé Miilsùloiiiini  dans  la  Fie  de  saint  Géraud  d'Aurillac  pourrait 
être  Miissiiiiiii.  Il  a  eu  beau  mettre  un  point  d'interrogation  ; 
l'erreur  a  fait  son  chemin.  J.  Quicherat  a  transformé,  par  amour 
de  l'art,  MulscJonitin  en  * MulscdnmiDi  S  et  M.  Meyer-Lùbke 
lui-même  ne  doute  pas-  que  * MiiJscduuuiii  ait  pu  aboutir  à 
Mussidan.  Or  Miissidan  est  en  ancien  provençal  Moissida,  avec 
l'accent  tonique  sur  la  finale,  qui  est  devenu  aujourd'hui  dans 
le  patois  local,  avec  déplacement  d'accent,  Moiiissido.  M.  Meyer- 
Lùbke  est  aussi  convaincu  que  moi,  j'en  suis  sûr,  qu'un  d  in- 
tervocalique,  dans  la  région  du  Périgord,  provient  infailli- 
liclement  d'un  /  primitif  et  que  Mussidan  ne  peut  que  s'être 
appelé,  à  l'époque  gallo-romaine,  *Moscitaun}u,  * Moxitiinmii, 
* MiiscUanuni  ou  *Mii.\îlanniiiK  Comment  s'appelle  aujourd'hui 
la  localité  que  le  biographe  de  saint  Géraud  désigne  par  le  nom 
de  Mnlscdoiimn  ?  Il  y  avait  en  Limousin,  au  x^  siècle,  un  Miil- 
scdoiiNiii,  lequel  est  aujourd'hui  Monceaux,  orthographe  bar- 
bare qui  a  remplacé  le  Molsco  du  moyen  âge.  Ce  Monceaux, 
situé  prés  d'Argentat  (Corrèze),  n'est  pas  tellement  loin  d'Au- 
rillac  qu'il  ne  puisse  se  trouver  en  cause. 


NALECHES 

Nalèches  est  un  hameau  de  la  commune  de  Mouticr-Ro- 
zeille  (Creuse),  dont  le  nom  n'est  pas  mentionné  dans  les  do- 
cuments du  haut  moyen  âge.  La  chute  d'un  a  initial  est  si  fré- 
quente dans  la  région,  qu'il  est  très  vraisemblable  que  Nalèches, 
en  patois  Naleichas,  autrefois  Naleschas,  remonte  à  un  type 
* AuaJiscas,  comme  Naillal  remonte  à  Aiialiacus,  qui  figure 
sur  une  monnaie  mérovingienne.  Le  suffixe  féminin  isca  n'est 
pas  rare  dans  la  Creuse.  On  peut  citer  notamment  Barboncchas 
(*Borkviiscas),  La  Faiiconècbe  (* Falconisca),  Fransèches  (""Fraii- 

1.  Giry  donne  aussi  «  Mulccdonuiti  pour  Mtilccdiinnni  n  conmic  nom  An- 
z\K:n  àcMitssidtvi,  dans  son  Trailc  de  diploiii.,  p.  383,  d'après  J.  duiclicrat. 

2.  Die  Iktivnnig  im  Gallischcn,  p.  35  et  34. 

3.  Adcmar  de  Chabanncs  tire  du  nom  de  Mussidan  l'adjectif  A/o.vci/cf-- 
lie  lis  is. 


2  26  .4.  Thomas. 


ciscas),  Goudeuaiche  (*Gotoiiiscas),  Goiiiurhcis  (*Goiiiscas  ou 
*  Aconiscas),  Galcchcs  (*  Gai  lisais),  La  Martiiicchc  (*  Mar- 
tinisca)  '. 


REMENEUIL 

Rciiicnciiil  est  un  hameau  de  la  \'ienne,  qui  n'est  pas  men- 
tionné avant  1037.  A  cette  date,  il  est  appelé  RomamcuJiis.  Il 
ne  tant  pas  hésiter  à  reconstituer  la  forme  primitive  *  Roiiia- 
uoialitiii.  C'est  un  intéressant  exemple  de  la  combinaison  du 
suffixe  ialiiin  avec  le  nom  d'homme  Romauus.  L'affaiblis- 
sement de  la  syllabe  initiale  10  en  rc  se  retrouve  dans  Le  Re- 
landais, quartier  de  Loudun,  en  1278  Rolaiideys;  dans  La 
Relandière,  en  1402  Rollandeiia  ;  dans  Le  Remigeonx  et  La  Re- 
Diigêre,  autrefois  Romejos  et  Roinii^ere,  du  latin  riimcx,  combiné 
avec  les  suffixes  osas  et  aria  ;  dans  Reinilly,  autrefois  Ro- 
inillec,  etc.  Tous  ces  noms  appartiennent  à  la  Vienne. 

A.  Thomas. 


I.  Cf.  D'Arbois  de  Jubainvillc,  Rcihcrcbcs  sur  la  proprie'lé  foncière,  p.  ^47 
et  suiv. 


SULLA  POPOLAZIONE  DELLE  GALLIAE 

NEL  TEMPO  DI  CESARE 


Non  é  inutile  forse  fermarci  brevemente  sulla  questione  del 
numéro  degli  abitanti  del  regioni  Galliche,  o  meglio  délie 
Très  Galliae,  che  Cesare  sottomise  a  Roma  e  poi  alT  impero 
suo.  Di  taie  importante  e  difficile  questione  si  occupô  giâ  uno 
dei  piûdotti  e  geniali  Maestri  délia  storia  dell'  antichità,  /.  Bc- 
locb  (nella  sua  classica  opéra  «  Die  Bevôlkerungder  griech-rom. 
Welt  ))),  il  quale  in  un  piû  récente  studio'  ritorna  sullo  stesso 
argomento  per  chiarire  e  confermare  il  suo  sistema  e  le  pro- 
prie opinioni. 

L'unica  fonte  cui  dobbiamo  sul  proposito  attingere,  é  ccrta- 
mente  Cesare,  il  solo  che  potesse  avère  materiale  sicuro, 
benclîé  non  privo  talora  di  esagerazione.  Prima  di  lui  non  si 
potevano  avère  che  notizic  vaghe  e  incerte,  com'  é  quella  di  Po- 
sidonio  (apd.  Diodor.  V,  25),  che  dâ  per  numéro  massimo  di 
abitanti  200  mila  e  per  minimo  50  m.  per  ogni  cantone  Cel- 
tico-. 


1.  Die  Bcvôlkerung  Gallicns  zur  Zeit  Cacsars,  in  rliciu.  Miisciiiii.  N.  F. 
LIV  C1899),  5,  pp.  414-445. 

2.  Qucste  duc  cifrc,  tanto  la  massima  qiianto  la  miiiima,  si  dcvono  rifc- 
rirc  non  ai  soli  capaci  di  portarc  le  armi,  ma  a  tutti  gli  abitanti  (d. 
O.  Hirschfelil,  Die  Haeduer  und  Arverner  unter  rôm.  Herrscliaft,  in  Sit- 
zungsbcr.  d.  Kôn.  Preuss.  Akad.  d.  Wiss.  zu  Berlin,  LI  (1897),  p.  1101 
\=  Estr.  p.  3I,  n.  I  —  e  contro,  Beloch  mem  cit.,  p.  415,  nota),  corne  si 
rileva,  scnz'  altro,  dalla  stessa  espressione  generica  di  Diodoro.  — •  La  no- 
tizia  di  Strabone  (IV  2,  5  ;  cf.  i,  n),  che  200  m.  siano  stati  i  soli  Ar- 
verni  combattenti  contro  i  Romani  nel  121  a.  C,  é,  molto  probabilmente, 
derivata  da  erronea  confusione  con  quella  di  Posidonio  (vcdi  Hirschfeld  1.  c); 


2  28  Francesco  P.  Garofalo.     - 

Scrveiidosi  quindi  dcllo  scrittorc  dclhi  guerra  Gallica,  e  pre- 
cisaiiientc  di  duc  o  trc  indicazioni,  il  Prof.  Beloch  vuole  ri- 
ccrcarc  c  dctcrminarc  la  popola/.ioiic  Gallica  in  quel  tempo. 


La  prima  notizia  si  rifcrisce  al  censo  degli  Helvetii  e  socii 
prima  dcll'  emigrazionc  dcll'  a.  58  c  a  qucllo  posteriore  alla 
sconfitta  di  Bibracte  dello  stcsso  anno  (b.  G.  I,  29).  La  cifra 
dci  partent!  era  di  368  mila  (263  m.  Helvetii,  ^G  m.  Tulingi, 
14  ni.  Latovici,  23  m.  Raurici  [s.  Rauraci]  e  32  m.  Boii).  La 
cifra  dei  reduci  era  di  iio  mila.  Il  Beloch  '  accetta  la  seconda 
ma  riduce  di  molto,  fin  sotto  a  150  m.,  a  112  m.  la  prima 
citra.  Onde  désunie  il  rapporte  fra  la  popolazionee  l'area,  cioé 
di  7,  5  circa,  e  di  6  o  6,  5  per  kmq.,  secondoché  si  consideri 
l'epoca  antécédente  o  susseguente  al  niovimento  Elvetico  ;  e 
vorrebbe  in  ciô  trovare  un  punto  di  appoggio  per  valutare  la 
popolazionc  di  tutta  la  Gallia,  che  sarebbe  da  3  a  4  milioni  e 
piû.  Ci  é  facile  pcrô  osservare,  che  se  é  ammissibile  l'indica- 
zionc  su!  numéro  dei  ritornati,  non  lo  é  meno  l'altra  sul  nu- 
méro degli  emigranti.  Nessun  motivo  serio  c'impone  di  ridurre 
taie  cifra,  giacché  la  grande  differenza  fra  i  due  nunieri,  fra 
368  m.  e  121  m.  circa  (o  forse  130  m.  circa)-,  si  puô  spiegare 


corne  c  inammissibilc  e  prodoua  cvidentemcnte  da  arbitrario  calcolo  l'altra 
dei  400  m.  Arvcrni  opposti  a  Ccsarc  (IV  2,  5) 

Del  resto  cosi  interpretaiido  rindicazione.  per  quanto  generica,  di  Posi- 
donio,  non  vi  sarebbe  molta  differenza  fra  essa  e  le  cifre  date  da  Cesare  suUa 
popolazione  degli  Helvetii  (Ycdi  mio  lavoro  sugli  Helvetii,  2^.  ediz., 
1900,  p.  48,  n.  70)  e  su  quella  dei  cantoni  minori,  alleati  di  questi. 

1.  P.  416.  —  Egli  crede  che  88  m.  fossero  i  soli  Helvetii  ritornati,  ma 
non  esclude  che  tutti  i  no  m.  dopo  l'a.  58  dimorassero  ncl  territorio  degli 
Helvetii,  cioé  le  genti  dei  cantoni  affini,  conie  anche  prima  dell'  emigra- 
zione.  Onde  aumcnterebbe  un  poco  la  densitâ. 

2.  Cioé  fra  il  numéro  di  tutti  i  partenti,  e  il  numéro  dei  reduci,  iio  m., 
piû  quello  dei  Boii  superstiti  clie  andarono  altrovc  (forse  circa  11  m.),  e 
inoltre  forse  quello  dei  Raurici  rimasti  che  probabilmente  non  ritornarono 
nellc  sedi  primitive  (cf.  mio  lav.  sugli  Helvetii,  p.  47,  n.  60)  e  che  si  pos- 
sono  valutare  a  circa  8  m.  Qiiesti  numeri  1 1  m.  e  8  m.  circa  si  ricavano  in 
base  al  rapporto  1/3  fra  il  numéro  dei  partenti  (356  m.)  e  qucllo  dei  re- 
duci (110  m.)  Helvetii  e  soci  :  cioé  dividendo  per  3  i  32  m.  (numéro  dci 
Boii  partenti)  e  i  25  m.  (numéro  dei  Raurici  partenti). 


SulLi  popolazionc  delL'  Galli.ic.  229 

non  soltanto  pcr  sconfitte  e  altre  pcrdite,  ma  anclie  pcr  fuga 
o  per  stanziamento  iiltrove'.  Pertanto  il  calcolo  dovrebbc  farsi 
quanto  ai  soli  Ilclvctii,  suUa  base  di  263  m.,  o  —  supponcndo 
corne  abitanti  nello  stesso  territorio  i  Tulingi  e  i  Latovici  — 
313  m.  iMa  é  del  tutto  incerto,  anche  se  si  ammetta  la  stesso 
territorio  elle  il  Beloch  assegna  agli  Helvetii';  perché  non  si 
sa  se  tutti  costoro  abitassero  dentro  quel  confmi,  ed  é  nioho 
verosimile  —  teniito  conto  délie  condizioni  d'allora  —  che 
molti  siano  venuti  nell"  occasione  dell'  emigrazionc,  dalle  terre 
poste  di  ki  dal  Reno3.  Se  pertanto  non  si  puô  conoscere, 
nemmeno  approssimativamente,  la  densitd  délie  stirpi  Elve- 
tiche,  tanto  meno  ciô  piio  valere  per  le  Gallie  in  générale. 
Neppure  puô  applicarsi  il  rapporto,  che  si  ricaverebbe  dal  nu- 
méro délia  popolazione,  la  quale  ritornô  ad  abitare  in  quel 
territorio,  cioé  no  m.  o  94  m.  circa  o  86  m.-i;  perocché  po- 
trebbe  valere  solo  per  il  paese  cui  si  riterisce,  e  non  per  le  altre 
regioni  délia  Gallia,  ben  diverse  dalle  terre  degli  Helvetii,  che 
non  poco  spopolate  erano  dopo  l'a.  58. 

In  conclusione,  la  studiata  notifia  di  Cesare,  per  qiianlo  in  se 
siessa  prc:^iosa,  non  puô  in  nessun  modo,  né  da  sola  né  insieme 
con  altre,  giovare  a  risolvere  la  questione  che  c'  intéressa. 

* 
*  * 

Altro  fondamento  alla  determinazione  délia  popolazione  di 
tutta  la  Gallia  si  é  voluto  trovare  nella  lista  dei  continsenti  mi- 


1.  Vedi  mio  lavoro,  p.  48,  11.  65.  Dove  ho  dctto  che  Cesare  lia  omcsso 
ciô  pcr  ingrandirc  il  merito  suo  c  far  crcdcre  che  le  pcrdite  fossero  deri- 
vate  da  scontitta,  corne  l'intese  Appiano  (Celt.  I,  3),  che  fa  niorire  circa 
200  m.  di  qucsti  barbari. 

Nulla  poi  v'cra  d'inipossibile  che  una  si  grande  moltitudiiie  di  più  di 
300  m.  si  sostentasse  nella  marcia  (cf.  articolo  nel  Boll.  di  filol.  classica,  V 
(1898),  n"6,  p.  136  sg.  —  Che  in  gran  parte  contiene  opinioni  accettabili). 

2.  Cf.  perô  mio  cit.  libro  sugli  Helvetii,  p.  44  sg. 

3.  Cf.  ibid..  p.  49. 

4.  110  m.  sono  tutti  i  rediici.  Ma  da  taie  cifra  si  puû  togliere  quella  dei 
Tulingi  e  Latovici  ritornati  (1/3  dei  50  ni.  Tulingi  e  Latovici  partenti  :  V. 
pag.  précédente,  n.  2).  Cioé  circa  16  m.,  ovvero  quella  anche  dei  Raurici 
superstiti,  se  veraniente  essi  ritornarono  nella  précédente  loro  contrada  (cioé 
circa  8  m.  —  V.  nota  indicata).  Onde  rimarrebbero  :  94  m.  o  86  m.  circa. 


2^0  Francesco  P.  Carafalo. 

litari,  chc  si  dovcvano  fornirc  ail'  cscrcito  fédérale  Gallico 
nella  générale  sollevazione  contre  Cesare  nell'  a.  52  (b.  G. 
MI,  73  sg.),  in  connessîone  con  l'altra  lista  dei  contingcnti 
dellc  popohuioni  Belgiche  ncl  57  (b.  G.  II,  4). 

Quanto  a  quest'  ultinia  notizia  di  Cesare,  osservianio,  chc 
qui  c  menzicMiato  nel  complcsso  un  esercito  di  piû  di  300  m. 
forniato  non  da  tutti  i  27  cantoni  Belgici,  ma  da  soli  1 5  o  20 
circa  confederati  %  e  si  dice  che  le  for/e  intere  di  questi  popoli 
erano  maggiori,  ciô  ch*  é  ricordato  espressamente  per  i  Bel- 
lovaci  cd  é  sottinteso  pcr  quasi  tutti  gli  altri  -. 

Da  tali  cifre  molti  hanno  voluto  «  tout  court  »  ricavare  la 
popolazione  délie  genti  Belgiclie  e  da  questa  passare  a  fissare 
quella  di  tutte  le  Galliche,  cioc  fondandosî  sul  totale  306  m., 
aumentandolo  —  in  base  al  rapporto  di  5/5  (cioé  di 
60000  :  100 000  per  i  Bellovaci)  —  a  510  m,,  che  sarebbe 
l'insieme  di  tutti  gli  uomini  armati,  e  poi  —  fondandosi  sul 
poco  sicuro  rapporto  di  1/4  —  desumendone  la  popolazione 
totale  degli  abitanti,  in  piû  di  2  milioni,  e  portandola  final- 
mente  a  poco  meno  di  3  milioni  (con  l'aggiunta  di  altre  genti 
Belgiche  non  menzionate  da  Cesare)  >  ! 

Secondo  noi  perô,  le  cifre  date  da  Cesare  —  pur  ammesso 
che  abbiano  relazione  solamente  col  territorio  e  con  la  popo- 
lazione  di  ciascuna  gente4  —  non  possono  servire  menoma- 
mente  come  criterio  fondamentale.  Alcune  sono  evidentemente 
esagerate  (Cosi  per  i  Nervii,  i  Bellovaci,  i   Suessiones)î,  e 


1.  Se  aggiungiamo  i  cinque  dipendenti  dai  Nervii  (b.  G.  V,  39)cqualche 
altro  sottomesso  a  uno  dei  maggiori  fra  i  15. 

2.  Cosi  per  i  Nervii,  chc  in  quest'  anno  stcsso  compariscono  in  60  m. 
(b.  G.  II,  28),  e  benché  quasi  tutti  distrutti  (ibid.),  sono  ricordati  piû 
tardi  (b.  G.  V  e  VI  passim;  e  VII  75,  5).  Ciô,  s'intcnde,  sempre  secondo 
Cesare. 

3.  Intorno  aile  opinioni  degli  scrittori,  specialmcnte  Francesi,  suUa  po- 
polazione,  cf.  il  lavoro  del  compianto  niio  aniico  D""  H.  MoUiàc  di  Lione, 
Recherches  sur  l'évaluation  de  la  population  des  Gaules  et  de  Lugdununi, 
Lyon,  1892,  p.  22  sgg.  Vedi  anche  G.  Bloch,  in  Hist.  de  France  di  E.  La- 
visse,  p.  54  sg. 

4.  Escludendo  altre  considerazioni  —  che  non  sarebbero  poi  assurde  — 
di  prossimita  maggiore  o  minore  al  luogo  delLi  guerra  coi  Romani. 

5.  Vedi  Beloch,  p.  425  sg.,  che  giustamente  spiega  perché  Cesare  talora 
abbia  esagerato  il  numéro  dei  Nervii,  e  per  conseguenza  quello  dei  Bello- 


Sulla popoliuionc  dcUe  Galliac.  231 

nessiina  é  sicura.  Oltracciô  Cesare  le  rifcrisce  non  a  tutte  le 
forze^  ma  solo  a  contingent!  ;  e  s'  ignora  il  rapportotVa  il  con- 
tingente e  l'esercito  intero-. 

Manca  inolrre  di  base  la  relazione  che  si  é  voluta  stabilire 
tra  le  cifre  dei  contingenti  Belgici  nel  57  e  quelle  di  alcune 
délie genti  Belgiche  nel  52  '. 

Infatti  le  cifre  dell'  a.  52  han  riguardo  a  una  bcn  diversa  oc- 
casione,  a  quella  di  aiutare  WM'cingetorige  in  un  teatro  dis- 
tante dai  paesi  Belgici  in  pro'  di  una  causa  che  non  li  poteva 
interessare  quanto  la  difesa  del  proprio  territorio,  cinque  anni 
prima.  Onde  quelle  sono  meno  elevate  délie  altre  del  57,  e 
non  v'ha  ncssuna  ragione  per  anteporle  a  qucste  solo  perché 
fil  fonicdo  sceglicre  le  meno  elevate.  Anche  le  prime  possono  essere 
fondate  «  auf  von  Caesar  eingezogenen  Erkundigungen  »  come 
le  altre;  ciascuna  ammissibile  in  relazione  al  proprio  paese, 
senza  doversi  capricciosamente  confondere.  Sul  presunto  rap- 
porte di  1 :  3  tra  i  contingenti  e  tutte  le  forze  militari,  parle- 
remo  pii'i  innanzi. 

Eliminiamo  percio  anche  questo  secondo  voluto  punto  diap- 
poggio,  e  trattiamo  dell'  ultimo,  consistente  nelle  indicazioni 
del  numéro  dei  soldati  Galli  nella  grande  rivolta  dell'  a  52. 


L'illustre  Prof.  Bcloch  comincia  (p.  419  sgg.)  dal  riferire 
le  cifre  secondo  le  migliori  edizioni,  scguendo,  quasi  dovunque, 
il  testo  ch'  é  dato  dall'  ediz'.  del  Nipperdey  e  del  Dinter  t.  Del 


vaci  e   Suessioncs  ;   e  mostra  l'impossibi-lit  i  di  fatto  che  qucsti   trc  popoli 
avessero  lante  forzc. 

La  popolazionc  dei  Bellovaci,  anche  sulla  base  di  100  m.  soldati,  po- 
trebbc  creder.si  e  di  molto  infcriorc  a  400  m. 

1.  Secondo  l'opinionc  del  B.  (p.  424)  e  di  ahri  prccedcnti  (p.  es.  dello 
Schayes,  La  Belgique  et  les  Pavs-Bas  avant  et  après  la  domination  ro- 
maine, Bruxelles,   i85<S,  t.  I). 

2.  Il  rapporto  di  3  :  5  va  per  i  soli  Bellovaci  (Caes.).  Per  altri  in  Caes. 
non  é  detto.  Onde  cade  tutto  l'edificio  costruito  su  quel  rapporto  genera- 
lizzato. 

5.  Come  fa  il  B.  (425).  Q.uindi  sono  inutili  questa  sua  comparazione  e  la 
tabella  ivi  posta. 

4.   R  vittoriosamente  il  B.  (422,  nota)  confuta  il  giudizio  di  O.  Hirsch- 


2^2  Francesco  P.  Garofalo. 

rcsto  pcr  la  qucstionc  dclle  cifre  hanno  poco  interesse  quelle 
del  testo,  perché  le  cifre  differenziano  di  poco  '.  La  lista  é 
prescntata  secondo  la  maggiore  o  minore  importanza  del  con- 
tingente, eccettoché  in  ultimo  -.  Si  ha  il  totale  di  circa  piû  di 
250  m. 

Basandosi  su  tali  dati,  il  B.  vuolc  da  queste  cifre  ricavarc  il 
numéro  délie  forze  complète,  e  da  qucsto  ultimo  poi  il  nu- 
méro di  tutti  gli  abitanti  >. 

Per  giungere  a  risultati  sicuri  —  e  sempre  relativamente  — 
vuole  trovare  il  rapporto  fra  il  contingente  e  tutto  l'esercito, 
che  crede  sia  di  1/3  (perché  con  lo  studio  di  queste  cifre  di 
Cesare  e  anche  col  paragone  con  la  densitâ  délia  popolazione 
délia  vicina  Narbonensis,  vicne  alla  conclusione,  che  il  rap- 
porto medio  debba  essere  di  1/3);  e  l'altro  fra  tutto  l'esercito  e 
tutta  la  popolazionc,  chelissaa  1/4.  Onde  présenta  (p.  43  i  sg.) 
un  quadro  délie  civitates  del  paese  Celtico  propriamente  detto, 
aile  quali  si  riferiscono  i  predetti  contingenti  dell'  a.  52  e  che 
divide  in  5  catégorie  secondo  il  contingente  (da  35  m.  a  5  m.). 
Notata  la  popolazionc,  determinata  col  metodo  precedente- 
mente  accennato,  e  l'area  rispcttiva  di  ogni  popolazionc  (de- 
sunta  dalla  supcrhcie  degli  odierni  départ,  relativi,  ciô  che  nel 
complesso  non  é  crroneo  ed  é  quasi  preciso),  esponc,  in  or- 
dine  discendente,  la  densitâ  média  di  ogni  gentc»  e  in  fine  la 
densitâ  média  di  tutta  la  regione,  che  il  B.  fissa  in  circa  9,  i, 
per  una  popolazionc  in  média  di  2780000  circa  (la  quale 
cifra  si  puô  ricavare  anche  moltiplicando  le  cifre  dei  contin- 

fcld  (1.  c.  in  pag.  i,  n.  i)  che  i  suoi  calcoli  siano  fondati  sopra  un  testo 
non  privo  di  crrori  e  niale  acconciato. 

1 .  Specialmente  quanto  ai  Senones,  li  lascia  al  no  6  e  li  cancella  al  n'^  i  > 
perché  erroneamente  ripetuti  (E  anche  cancella  «  sena  Andibus  »).  Relati- 
vamente ai  Lemovices,  egli,  scgiiendo  i  più  recenti  editori,  li  conserva  gius- 
tanicnte  al  n"  10;  e  quanto  ai  Lexovii  di  n°  25,  non  si  décide  né  a  lasciarli 
né  a  toglierli.  Del  resto  anche  una  gente  Lemovices  era  probabilmente  Ira 
le  Aremoricae  civitates,  corne  ha  dimostrato  Max.  Dclochc  [in  Mém.  de  la 
Soc.  des  antiq.  de  France,  XIII  (1856)]. 

2.  Cioé  al  n"  29,  per  le  Aremoricae  civitates,  che  hanno  un  contingente 
superiore  a  molti  di  quelli  indicati  prima  (cf.  Beloch,  421). 

3.  Cosi  procède  ora  il  B.,  e  quindi  più  regolarmente  che  non  ncUa  sua 
«  Bevôlkerung  ». 

4.  Non  comprendiamo  perché  il  B.  usi  la  forma  «  Nitobriges  »  invece 
di  «  Nitiobriges  ». 


SulLi  popohizione  Jelle  Calliac.  25^ 

gcnti  pcr  3X4  cosi  e  ottLiicndo,  2748  000)  ^  Ne  dcduce  poi 
chc  le  regioni  piû  popolose  sono  le  prossime  alla  Pioviiicia, 
quelle  sitiuue  al  Sud-Ouest  sino  alla  foce  délia  Garonna,  verso 
Nord  lungo  la  Loire,  la  Senna  fino  al  Pas  de  Calais  ;  e  le 
nieno,  verso  il  Nord-Ouest,  e  il  Nord-Est  lungo  il  Reno. 

Tutto  cic)  vale  per  la  Celtica  particolarniente  intesa.  Ma 
anche  per  il  Belgio  e  l'Aquitania  il  Beloch  détermina  la  popo- 
lazione.  E  in  tutto  stabilisée  5700000,  di  cui  4  1/2  milioni 
perle  Très  Galliae  (Cioé  meno  di  3  mil',  per  la  Celtica  pro- 
pria, I  1/4  mil.  per  il  Belgio,  e  400  m.  per  l'Aquitania  — 
calcolata  quest'  ultima  quantitâ  sulla  base  di  10  per  kmq., 
ciô  ch'  é  verosimile,  in  relazione  aile  cifre  ammesse  dal  B.  per 
gli  altri  paesi). 

Tutta  questa  ricerca  delProf.  Beloch  —  fatta  con  la  piû  pro- 
tonda  conoscenza  délia  storia  antica  e  anche  délia  tradizione 
dei  tempi  successivi  —  mérita  non  poche  osservazioni. 

Le  cifre  dei  contingenti  —  ammettiamo  quelle  date  dal  B.- 
—  hanno  valore  approssimativo,  chi  più  5,  chi  meno.  Il  rap- 
porto  sopracennato  di  1/3  é  stato  ricavato  direttamente(p.  423) 


1.  L'esenipio  degli  Edui,  col.  quale  il  B.  (p.  429  sg.  e  438  sg.)  vuole 
confermare  il  suo  sistema,  niostrando  che  le  cifre  dedotte  col  primo  metodo 
(5  700000)  si  avvicinano  a  quelle  desunte  dalla  cifra  degli  Edui  (6  1/4  mi- 
lioni), ci  parc  dei  tutto  inutile  ;  poiché  quest'  altro  calcolo  é  in  sostanza 
fondato  sulla  stessa  base  di  1/3  circa  e  di  1/4.  Anzi  é  meno  ammissibile  la 
média  di  io(?)  pcr  kmq.,  che  si  vuole  applicare  a  tutte  le  Gallie  solo  per- 
ché gli  Edui  erano  nel  centre  délie  regioni  Galliche. 

2.  Anche  su  qucsto  punto  si  potrebbe  fare  qualche  osservazione.  Cosi 
quanto  al  contingente  dei  Raurici  e  Boii  (ch'  é  fissato  a  4  m.  ciascuno  nella 
edizione  dei  Kùbler),  non  é  necessario  porlo  a  2  m.,  anzi  a  cifra  minore 
(B.,  p.  422),  in  base  alla  proporzione  fra  il  contingente  degli  Helvetii  nel  52 
(8  m.)  e  la  popolazione  degli  Helvetii  (265  m.)  c  dei  Raurici  e  Boii 
(52  m.  -|-  25  m.  :=  ))  m.),  prima  dell'  emigrazione  dei  58.  .\mmesso  pure 
un  rapporte  costante  fra  i  contingenti  dei  52  ela  popolazione  rispettiva  (V. 
innanzi),  si  deve  tuttavia  notare,  che  le  osservate  cifre  délia  popolazione 
degli  Helvetii,  Raurici  e  Boii  sono  date  per  l'epoca  antécédente  ail' emigra- 
zione dei  58,  c  che  le  cifre  dei  Raurici  e  Boii  nel  52  potevano  essere  ben 
differenti,  perché  non  solo  potevano  riferirsi  ai  superstiti  dei  j8,  ma  ad 
altri  che  si  trovarono  o  loro  si  aggiunsero. 

3.  Comc  quella  degli  Edui.  —  Che  Cesare  abbia  dato  notizie  approssi- 
mativo, si  vede  p.  es.  da  ciô  che  agli  Edui  e  agli  Arverni  dava  la  stessa 
cifra,  benché  la  loro  popolazione  fosse  di  quantit.i  diversa.  Non  si  pu6 
quindi  nulla  aftermare  sui  rapport!  di  popolazione  edi  densitj  fra  questi  due 
grandi  Cantoni  (cf.  Beloch,  p.  430). 

Revut  Celtique,  XXII.  16 


2  54  Francesco  P.  Garofalo. 

dalle  cifrc  relative  agli  Hclvetii;  e  indirettaniente  (p.  427  sg), 
dalla  média  presiinta  délia  popolazione  délia  vicina  Provincia  e 
calcolando,  che  in  base  al  rapporte  di  1/2  si  avrebbe  il  minimo 
délia  média  c  in  base  a  quelle  di  1/4  si  avrebbe  invece  il  mas- 
simo  (mercé  esempi  opposti  di  Cantoni  pii'i  popolati,  cioé  dei 
Rutcni  e  Arverni,  e  di  altri  meno,  cioé  di  quelli  dell'  Aremo- 
rica),  e  che  perciô  non  resterebbe  che  il  rapporte  medio  1/3. 

L'argomento  diretto  non  regge.  Perocché  la  cifra  del  con- 
tingente degli  Helvetii  nel  52,  ch'  é  8  m.,  cioé  circa  i/ii  o 
1/13  o  anche  1/14  délia  popolazione  totale  ritornata  nel  58 
(ch'  é  di  86  m.  o  di  94  m.  circa  o  di  no  m.  —  V.  indietro 
pag.  3,  n.  4),  non  piiô  applicarsi  con  certezza  agli  altri  con- 
tingenti,  i  quali  potevano  variarc  pcr  tante  ragioni'.  In  ogni 
modo  esso  va  da  i/ii  a  1/14  circa.  Inoltre  dalle  cifre  sugli 
Helvetii  non  si  puô  conoscere  il  rapporte  générale  fra  il  con- 
tingente e  tutta  la  popolazione  atta  aile  armi  (che  per  gli  Hel- 
vetii é  di  circa  1/3  —  cioé  da  i/ii  X  4  a  i/'i4  X  4),  non 
soltanto  perché  non  é  sicuro  il  rapporte  1/4  fra  la  popolazione 
armata  e  Tintera  (V.  avanti),  ma  per  la  semplice  ragione,  che 
qiiesto  rapporte  (1/4)  Cesare  l'attribuisce  agli  Helvetii  prima 
ch'  emigrassero,  non  dope  la  battaglia  di  Bibracte,  dopoché 
certamente  il  rapporte  dovette  alterarsi-. 

L'altro  argomcnto,  l'indirette,  é  in  gran  parte  accettabile. 
Qualche  riserva  c'  é  da  fare  solamente  rispetto  alla  cempara- 
zione  con  la  densitâ  di  popolazione  délia  Narbonensis';  e  del 
reste  il  Beloch  stesse  ne  tiene  conte ^.  Inoltre  é  da  osservare 
che  non  é  sicure  il  rapporte  1/4,  come  era  vedreme. 


1.  Vedi  niio  lavoro  sugli  Helvetii,  p.  72,  nota  c. 

2.  Perché  morirono  in  maggior  numéro  gli  armati,  etc. 

5.  Che  il  B.  (}26  sg.)  pone,  in  raftVonto  di  quella  dell'  Italia  continen- 
tale (che  stabilisce  in  circa  2  milioni.  —  come  egli  dimostra  anche  studian- 
dola  neir  epoca  migliore  dcU'  Impero  e  durante  il  Rinascimento,  e  valu- 
tandola  con  validissime  cousiderazioni,  desunte  da  profonde  cognizioni  sto- 
richc  e  topografiche),  in  circa  12  per  knu].;  e  in  15  quasi  la  densità  délia 
popolazione  d,'lle  regioni  più  fertili.  Talc  média  dev"  essere  in  générale  su- 
periore  a  quella  dei  cantoni  délie  Très  Galliae. 

4.  Non  escludendo  la  possibilit.i  che,  essendo  o  volendosi  ammettere 
maggiore  la  popolazione  délia  Narbonensis  e  dell'  Italia,  lo  fosse  pure 
quella  délie  Gallie.  Ma  anche  in  tal  caso  la  differenza  nel  totale  non  sa- 
rebbe  grande  (Cioé  fra  5  700000  e  non  più  di  6  milioni). 


Snlla  popolazione  licUc  GaUiac.  235 

Il  rapporte  1/4  tm  le  cifrc  dclP  escrcito  c  di  tutta  la  popo- 
lazione, anche  se  valesse  per  gli  Helvetii',  non  potrebbe  am- 
mettersi  per  tutte  le  Gallie.  Anzi  é  preferibile  il  rapporto  1/3  -. 
E  la  prova  che  il  B.  ha  voluto  trovare  nclle  cifre  concernenti 
gli  AdiiatLici  %  dato  pure  che  esista  un  rapporto  fra  gli  armati 
e  tutti  gli  abitanti  e  che  non  sia  piuttosto  un  rapporto  del 
tutto  casuale^,  non  ha  nessun  valore,  perché  il  rapporto  é 
non  di  1/4,  una  di  1/3  >,  e  quindi  potrebbe  conferniare  la 
nostra  opinione. 


Concludendo,  dopo  di  aver  ridotto  ad  un  solo  i  punti  di  ap- 
poggio  délia  présente  questionc,  e  questo  mcdesimo  circon- 
dato  da  non  poche  restrizioni,  possiamo  aftermare,  che  i  ri- 
sultati  ultimi,  cui  perviene  il  Belocii,  se  non  sono  e  ncssuno 
prétende  che  siano  assoluti,  nel  complesso*^  non  sono  privi  di 
valore  realmente  scientitîco. 


1 .  Mentrc  non  c  infondato  il  sospetto  che  Cesare  stesso  abbia  ricavato 
dalla  cifra  générale  qiiesta,  servendosi  di  questo  rapporto  1/4  che  si  présenta 
altrove  (cf.  mio  libro  sugli  Helvetii,  p.  49,  n.  73). 

2.  Perché  basta  togliere  2/3  (fra  donne,  vecchi,  fanciuUi...)  trattandosi 
di  paesi  bellicosi  come  le  Gallie  di  allora. 

3.  Cioé  19  m.,  contingente  rniiitare  (b.  G.  Il,  4,  9)  e  57  m.  (=-^  4  m.  + 
55  m.  :  b.  G.  II,  33),  popolazione  tutta. 

4.  Mentre  non  si  puô  affermare  che  19  m.  siano  tutti  gli  armati  (Caes. 
II,  4,  9  dice  che  sono  un  contingente  soltanto).  Del  resto  s'  ignora  quanti 
fossero  gli  armati  fra  i  57  m.  rilugiatisi  nell'  oppidum  (b.  G.  id.,  29-33). 
Il  rapporto  puô  essere  accidentalc. 

5.  Fra  57  m.  e  19  m.  (V.  précédente  nota  3).  E  non  so  perclié.  il  B. 
(424.  427.  431,  n.  i)  pone  1/4. 

6.  Sui  particolari  altre  riservc  dovremmo  fare,  oltre  di  quelle  sopra  es- 
poste.  Per  alcune  civitates  il  B.  (p.  433)  nota  che  la  média  é  inammissibile. 

Quanto  alla  valutazione  délia  popolazione  Belgica,  che  il  B.  (p.  436  sg.) 
fissa  in  1  1/4  mil.  (e  forse  iino  a  i  1/2)  in  tutto,  calcoiando  le  contrade  oc- 
cidentali,  piû  popolate,  in  ragione  di  13  perkmq.,e  le  altre  in  ragionedié, 
si  potrebbe  osservare:  Che  Cesare  (de  b.  G.  II,  4  —  per  l'a.  57)  da  ai  Belgi 
contingenti  assai  piû  elevati  che  non  per  l'a.  52,  che,  per  quanto  esagerati 
siano  e  si  vogliano  ridurre,  sono  sempre  —  come  sopra  si  é  provato  —  su- 
periori,  forse  del  doppio,  e  devono  preferirsi  (In  oltre  il  B.  tra  le  varianti 
délie  cifre  in  b.  G.,  VII,  75  preferisce  le  niinori  :  Cosi  per  i  Nervii,  Atre- 
bates,  Morini,  Ambianij.  Onde  seguendo  il  metodo  del  B.,  dej^-esi  elevare 
la  citra  délia  popolazione  totale,  ma  —  secondo  noi  —  non  di  molto, 
perché  il  rapporto  fra  armati  e  abitanti  dev' essere  di  1/3,  non  di  1/4. 


2^6  Francesco  P.  Garofalo. 

Si  puo  quindi  valutare  a  circa  sci  milioni  la  popolazione  di 
tLitie  le  Gallic  verso  la  meta  del  I  secolo  a.  C,  popolazione 
elle  aunientô  sempre.  Su  taie  sviluppo  ulteriore  promette 
un'  altra  monografia  lo  stesso  Prof.  Beloch,  ch'  é  certamente 
une  dei  pochissimi  veri  cultori  di  siffatti  studi. 

Prof.  Francesco  P.  Garofalo. 


L'm    IXTERVOCALIQ.UE   EN    CELTIQUE 


Dans  le  Grundriss  de  M.  Brugmann,  t.  I,  2^  édition,  p.  377, 
on  lit,  «  §  418:  Lois  communes  du  celtique  insulaire.  i°  m 
«  entre  voyelles,  et  quelquefois  en  contact  avec  consonnes 
«  sonores,  devient  spirante  bilabiale  nasale  :  en  vieil  irlandais 
«  celte  lettre  nouvelle  ne  se  distingue  pas  de  1'/»  qui  persiste 
«  sans  changement  ;  en  irlandais  moderne  apparaît  m  pointé, 
«  //■/,  ou  ;///;  ;  en  gallois,  comique,  breton  d'abord  /;/,  puis  v  (11), 
«  /,  en  breton  depuis  le  xvii''  siècle  Jiv  (nv).  La  nasalisation  a 
«  été  abandonnée  dans  une  partie  du  domaine  linguistique, 
«  (Osthoff,  Morphologischc  Uiitcrstichiiiii^cii,  t.  V,  p.  113).  » 

Le  titre,  Lois  conniinfies  du  celtique  insulaire,  exclut  le  celtique 
continental.  Mais  ensuite  on  lit,  p.  378,  remarque  2  :  «  Le 
«  passage  d'w  à  nasale  spirante  était  peut-être  une  loi  géné- 
«  raie  du  celtique.  Comparez  le  '/À\}.[j.vi:,^t  opo;  de  Strabon  au 
«  Cevenna  ou  Cehenna  de  César  (Holder,  Sprachschat:^,  col.  880). 
«  De  même  la  notation  alternative  Ditbno-  et  Dniniio-rix  mé- 
«  rite  attention  car  elle  peut  désigner  un  son  intermédiaire 
«   entre  b  et  ///.  » 

«  C'est  une  communication  de  M.  Thurneysen  »,  qui  est 
en  contradiction  avec  la  thèse  de  M.  Brugmann  ci-dessus. 

Je  fais  grand  cas  des  travaux  de  M.  Thurneysen  qui  m'ont 
beaucoup  appris,  mais  il  y  a  quelques  points  sur  lesquels  je  ne 
partage  point  ses  doctrines,  et  ici  se  trouve  une  de  ces  opinions 
que  ]r.  ne  puis  accepter  malgré  les  efforts  de  M.  Duvau  pour 
la  défendre  (ci-dessus,  p.  79-83). 

KiiJ.[j.vni  ne  peut  être  cité  puisque  dans  ce  mot  1'/;/  est 
double  et  que  Vin  double  persiste  dans  les  langues  néo-cel- 
tiques : 


2^8  H.  D'Arbois  de  Jnbainville. 

irlandais,  gallois,  breton  uunii  =  Dianima  «  mère  »  ; 

irlandais  moderne  coiiiiiiiciisi^  ou coiinhnicasg,  coimeasg,  gallois 
cyniniysg,  breton  kcmiiicsk  «  mélange  »  ; 

vieil  irlandais  commcil,  irlandais  moderne  coiiiiincd  owcoimh- 
méd,  co'uiuncad  ou  coinihiiiéad  «  e^gal  »,  gallois  c\iuiuaiut,  breton 
h' nient  «  autant  »  ; 

gallois  rv/;/mrt<'//.;  «  nourri  avec  un  autre  ». 

Le  maintien  de  1'///  double  est  une  règle  posée  dans  la 
Granimalica  ccUica,  2"  édition,  p.  41,  113.  De  deux  m  qui  se 
suivent  dans  l'intérieur  d'un  mot,  le  premier  se  change  ordi- 
nairement en  //■/  ou  nih  en  irlandais  moderne,  parce  qu'il  est 
placé  entre  voyelle  et  consonne  sonore,  le  second  ni  est  une 
consonne  sonore. 

Aujourd'hui  1'/;/  intervocalique  s'artaiblit  en  îiv,  en  v  ou  en 
h  en  breton,  en  ///  ou  ////;  ^  hv  ou  v  en  irlandais,  en  v  noté  / 
en  gallois. 

Mais  les  Gaulois  prononçaient  ///  1'/;/  intervocalique,  et  cet 
m  s'est  maintenu  intact  en  France  dans  . 

Le  Mans  (Sarthe),  Cenonianni; 

Lemenc  (Savoie),  Lcmincum  ; 

Limoges  (Haute-Vienne),  Lemovices  ; 

Limours  (Seine-et-Oise),  Lcniausus  ; 

Nemours  (Seine-et-Marne),  Neniausus; 

Nîmes  (Gard),  Nemansus. 

Vermandois,  nom  de  province,  àc  *  FiTontandiwnsis,  dérWc 
de  Veroniandid. 

En  Allemagne  dans  : 

Marmagen  (Prusse  rhénane),  Maycoinafnis  ; 

Neumagen  (Prusse  rhénane),  Navioniagns  ; 

Nims,  aflluent  de  la  Moselle  (Prusse  rhénane),  Neiiicsa. 

Au  rovaume  des  Pays-Bas,  dans  : 

Nijmegen,  Nimwegen^  Nimègue  (Gueldres),  Naviomagiis. 

En  Espagne,  dans  : 

Osma  (Alava),  Uxania  Barca  ; 

Osma  (Soria),  Uxania  Argacla; 

Sasamon  (Burgos),  Segisanio. 

En  Italie  : 

Lomello  (Pavic),  LannieUinn. 


L'm  inttnocdlitjiic  en  ccltii]uc.  259 

Quand  1'///  iiitcrvocalique  a  disparu  en  français  dans  les 
noms  de  lieu  celtiques,  c'est  un  //,  plus  exacienieiit  une  nasa- 
lisation, et  non  lui  v,  qui  l'a  remplacé. 

On  peut  citer  un  grand  nombre  de  noms  de  lieu  dont 
-liiagiis  est  le  second  terme  : 

Argenton  (Cher),  Argciito-magus; 

Cranton  (Cher),  Caraiilo-iiingns  ; 

Chassenon  (Charente),  Cassino-inagus  ; 

Ciran  (Indre-et-Loire),  Ciso-iiiagtis  ;  '' 

Clion  (Indre),  Claudio-uiagus  ; 

Mouzon  (Ardennes),  Moso-magus  ; 

Nijon  (Vosges),  Novio-magiis  ; 

No}'on  (Oise),  Novio-magus  ; 

Nyons  (Drômc),  Novio-nmgus  ; 

Ron,  dans  Pon-d-ron  (Oise),  Ralo-iiuigtis  ; 

Tournon  (Indre-et-Loire),  Tiinio-iiiagHs; 
auxquels  il  faut  ajouter  un  nom  de  lieu  où  1'/;/,  comme  l'/^dans 
les  noms  qui  précèdent,  représente  une  simple  nasalisation  : 

Riom  (Pu\-de-Dc)me),  Rigo-iimgiis. 

Uni  il  la  même  valeur  dans  : 

Reims  (Marne),  Reiiii, 
qui,  en  breton,  aurait  donné  roenv,  cf.  breton  rocnv  «  rame  » 
du  nom  commun  latin  réunis;  et  dans  : 

Cambray,  de  Camaraciis. 

L'/y/  s'est  assimilé  à  l'w  suivant  dans  Giiniimni,  variante  Ga- 
runna  «  Garonne  »  {De  hcUo  gallico,  1.  I,  c.  i,  §  2,  7)  ;  dans 
Rodnmna,  Roanne  (Ptolémée,  1.  II,  c.  8,  §  11,  éd.  Didot, 
p.  218,  1.  4),  au  moyen  âge  Rodanna  (Longnon,  Allas  bislo- 
riqne  de  la  France,  p.  196)'.  Je  crois  ces  mots  d'origine  ligure, 
mais  les  Gaulois  les  ont  adoptés  antérieurement  à  la  période 
romaine. 

L';/  s'est  assimilé  à  1'//;  précédent  dans  Inlraiiinac,  Hn- 
trammes^. 

M.  Duvau,  p.  80,  pense  que  l'étude  de  Vin  intervocalique 
ne  peut  être  séparée  de  celle  du  d  barré  en  gaulois,  il  part  donc 


1 .  Le  français  automne  à'aiitoniiiiis  se  prononce  autonne  par  deux  it  =  nin. 

2.  Charles  et  1-roger,  Gesta  Aldrki,  p.  69,  100,  127,  cf.  p.  xi,  xvi. 


240 


H.  D'Arbois  de  Juhainville. 


de  cette  croyance  que  le  d  barré  du  gaulois  est  la  notation 
d'un  d  intervocalique,  ce  qui  n'est  nullement  prouvé  ;  le  plus 
vraisemblable,  à  mes  yeux,  est  que  ce  (/  barré  est  la  notation 
du  groupe  ss  =  Is,  st.  M.  Rhys  a  proposé  iis.  Le  d  barré  est 
double  dans  vingt-deux  des  exemples  donnés  par  M.  Holder 
{AUicUischcr  Spnuhschal:^,  t.  I,  col.  121 1,  1212);  or,  quand 
les  explosives  sonores  sont  doubles,  elles  échappent  à  l'affiii- 
blisscment  appelé  par  Zeuss  injcdio,  Gr.  Cell.,  2'' éd..  p.  59,60. 
M.  Duvau  dit  aussi  qu'il  fout  tenir  compte  de  la  place  de 
l'accent  ;  mais  Neniansiis  accentué  sur  la  syllabe  qui  précède 
Vin  donne  «  Nimes  »,  et  accentué  sur  la  syllabe  qui  suit  Vin 
il  est  de\enu  «  Nemours  »,  toujours  avec  ni  en  français.  Dans 
Renii,  «  Reims  »,  l'accent  est  sur  la  syllabe  qui  précède  Vni, 
à^wsCcnomanni,  «  Le  Mans  »,  l'accent  frappe  la  syllabe  qui  suit 
Vm.  Uni  gaulois  dans  les  deux  cas  conserve  une  valeur  nasale 
en  français. 

Comminges,  mieux  Comminge  =^  Convcnicum,  allégué  par 
M.  Duvau  n'a  aucun  rapport  avec  la  question.  Dans  Com- 
minges Vni  est  double  et  non  simple  comme  dans  Le  Mans, 
Nîmes,  Nemours,  Reims,  etc.  Convenkinn  dérivé  du  latin 
Convenue  est  devenu  successivement  suivant  les  lois  de  la  pho- 
nétique locale  *  Conhcnicum,  *Comhcnicnni\  *  Commcnkitni, 
d'où  le  plus  récent  Comminge,  par  abus  Comminges. 

Le  changement  du  groupe  mh  en  mm  est  une  loi  du  gascon 
et  du  catalan-. 

Je  n'admets  pas  que  Bormo  et  Ki[j.[j.v>z)  soient  des  mots  cel- 
tiques, je  les  crois  ligures  et  j'ai  pris  cette  idée  chez  K.  Mùl- 
lenhoff,  Deutsche  Altertiimskumie,  t.  Ill,  p.  176,  180,  184; 
Bcrvo  et  Cebenna  sont  pour  moi  des  mots  celtiques  substitués 
par  étymologie  populaire  aux  vocables  primitifs.  Borvo  dérive 
de  BOR//,  forme  pleine  fléchie  de  la  racine  pleine  normale 
BHER('y,  d'où  le  breton  hirvi  (participe  hervet)  «  bouillir  »,  en 
gallois  beru'i,  en  irlandais  moderne  beaibhaim   «  je  bous,  je 


1.  Rufinus,  episcopus  ccdesie  Combcnice.    Souscription  du  concile  de 
Maçon  de  58).  F.  xMaassen,  Concilia  aevi  Mciwiiioici,  p.  175,  1.  i. 

2.  W.  Mever-Lùbke,  Grammaire  des  langues  romanes,  traduction  Rabiet, 
t.  I,  p.  447.  ' 


L'm  inteivoCiitiijiic  en  celtique.  241 

fonds  ^),  où  /'/' =  //  (compare/  la  règle  de  la  Grniiniiiiliùi  irl- 
tica,  2^  édition,  p.  60,  maintien  du  h  entre  r  et  voyelle). 

MM.  Thurncysen  et  Duvau  prétendent  que  les  doublets 
dubno-,  liuiiiiio  «  profond  »  s'expliquent  par  la  prononciation  i' 
du  A  et  de  T/// dans  ces  deux  mots;  mais  l'assimilation  du  h  sous 
forme  d'ni,  à  1';/  suivant  n'est  pas  un  phénomène  spécial  au 
celtique.  On  le  trouve  dans  d'autres  langues  où  le  changement 
d'm  en  l'est  inconnu.  On  trouvera  les  exemples  chez  Brugmann, 
Gnnidriss,  t.  I,  2"  édition,  p.  661  :  grec  73[;.viç  «  respectable  », 
participe  de  -i'zt\).r.  «  je  respecte,  je  crains  »,  \):)y.z\).y.'.  pour 
^va:;j.a'.  «  je  fais  la  cour  à  une  femme  »,  cf.  le  béotien  3^.vx 
«  femme  »  ;  —  p.  675  :  latin  scaiiii'uiii  «  banc,  escabeau  »,  cf. 
scabellum,  même  sens;  Saumiuiii,  nom  du  territoire  habité 
par  les  Sahiiii ;  ombrien  tiriniin  «  in  tahcniacnlo  »,  cf.  Irchcil 
«  versatur  »  ;  —  p.  692,  vieil  et  moderne  irlandais,  comparez 
l'irlandais  inuà,  génitif  singulier  de  kni  «  femme  »;  dans  xuiâ, 
ni  initial  persiste  encore  aujourd'hui  quand  l'influence  du  mot 
précédent  n'exige  pas  son  changement  en  ///  ou  ////;  =  v.  Dans 
l'irlandais  moderne  doiha'ni  donibaiii  «  profond  »,  en  gaulois 
diihno-  dnnino,  d'une  racine  diihub,  dhub  d'où  le  gotique 
diups,  l'anglais  dccp,  l'allemand  licf,  le  lituanien  duhus,  V m  est 
devenu  lii,  nih  =  c'  parce  qu  il  est  intervocalique.  On  doit  ex- 
pliquer de  la  même  fliçon  1'///^  /;//;  de  l'irlandais  moderne  oiiiaii 
omban  «  terreur  »,  en  gaulois  obno-  puis  onino-  (Brugmann, 
Grnudriss,  t.  I,  2*^  édition,  p.  518,  692). 

Il  ne  faut  pas  confondre  deux  règles  qui  n'ont  aucun  rapport. 
Dans  plusieurs  dialectes  germaniques  ))in  primitif  est  devenu 
bu,  jn,  comparez  au  grec  z-.i\).y.  «  bouche  »,  le  gotique  slibini, 
l'anglo-saxon  slefn,  le  vieux  frison  slifnr  «  voix  »,  en  allemand 
slinune,  Brugmann,  Grnudriss,  I,  2"  éd.,  p.  383.  Mais  ici  1'/// 
est  primitif,  tandis  que  dans  l'irlandais  doi'nain  Viii  tient  lieu 
d'un  b  primitif  indo-européen,  comme  dans  l'irlandais  iniià 
ni  remplace  un  b  primitif  celtique. 

Je  ne  puis  donc  admettre  l'exactitude  de  la  doctrine  de 
M.  Thurneysen  telle  qu'on  la  retrouve  chez  M.  Brugmann, 
Grundriss,  t.  I,  2"^  édition,  p.  692  :  «  b  dans  le  groupe  celtique 
«  primitif  bn,  en  indo-européen  bn,  bbn,  gtni,  est  devenu  en 
«  celtique  primitif  une  spirante  (c'est-à-dire  v).  En  irlandais 


242  H.  D'Arhois  Je  Jubdiimlle. 

«  nous  trouvons  hi  notation  ;///;:  lii-tloiiiiii)i  «  profond  »,  de 
«  *  dithni-,  gallois  moderne  chvfu,  même  sens,  gaulois  Dubiio- 
«  /7.V,  Diimno-rix,  primitif  * dhubiw;  onniii  «  crainte  »  pour 
«  *obiio-,  gallois  moderne  ojii,  même  sens,  gaulois  Ex-obnus, 
«  Ex-oinnus,  primitif  *()/'/;;w- ;  ninà  «  de  la  femme  »  qui  est 
«  le  génitif  de  ben  el  qui  tient  lieu  d'un  primitif  ij/nw5  »,  où, 
en  vertu  qu'une  loi  celtique  b  est  substitué  à  gn. 

M.  Brugmann  parait  croire  ici  que  1';//  initial  de  muà  se 
prononce  v,  c'est  une  erreur.  Cet  m  se  prononce  ///,  comme 
1'/;/  initial  du  datif  singulier  nniaoi,  et  du  datif  pluriel  mnàibh 
du  même  nom,  bcn,  aujourd'hui  bcaii  «  femme  »,  au  nominatif 
singulier.  Ce  fait  suffit  pour  démolir  la  seconde  thèse  de 
M.  Brugmann  et  pour  établir  l'exactitude  de  la  première,  ci- 
dessus,  p.  237. 

M.  Duvau  croit  trouver  une  confirmation  de  cette  seconde 
thèse  dans  le  rapprochement  de  l'irlandais  ucni,  ucamh  «  ciel  » 
en  gallois  nef,  en  breton  [;/]('//"t',  avec  le  slave  ncbo  «  ciel  »  ; 
mais  ce  rapprochement  paraît  n'avoir  aucune  valeur  scienti- 
fique :  le  slave  mho  «  ciel  »  appartient  phonétiquement  au  même 
groupe  que  le  sanscrit  uàbhas  «  brouillard,  vapeur  »,  que  le 
grec  v£s;ç  «  nuage  »,  d'une  racine  nebh  dont  dérivent  aussi 
le  latin  nebnla,  l'allemand  nehel  «  brouillard  »  et  le  vieil  irlan- 
dais lu'l  =  *  iieblo-s  «  nuage  »  ;  c'est  une  expression  empruntée 
à  la  nature  physique.  L'irlandais  ueni,  ueaiiih,  et  les  formes 
brittoniques  du  même  mot,  tiennent  lieu  d'un  primitif  * nemos, 
représentant  une  idée  religieuse,  qu'on  trouve  aussi  dans  les 
notations  sanscrite  et  latine  du  même  mot,  en  sanscrit  nâmas 
«  révérence,  adoration  »,  en  latin  ncmus  «  bois  sacré  ».  Le 
ciel  et  les  bois  sacrés  sont  également  le  séjour  des  dieux.  Au 
moyen  âge  chrétien  on  disait  encore  en  Irlande  qu'une  des  plus 
anciennes  populations  de  l'ile,  les  gens  de  la  déesse  Dana, 
Ti'iatha  de  Danann,  c'est-à-dire  les  dieux,  étaient  venus  du  ciel, 
de  niiii  {Lebor  na  hUidrc,  p.  16,  col.  2,  1.  31),  do  iiiiii  (Livre 
de  Leinster,  p.  10,  col.  2,  1.  12).  De  la  même  racine  vient  le 
substantif  gaulois  ;7é'///('/o;/  «  temple  »,  en  vieil  irlandais  noiicd, 
et  l'adjectif  irlandais  ucined  «  sacré,  noble  »  (Brugmann, 
Gntndriss,  t.  I,  2"  éd.,  p.  374,  375,  377).  Fid  neimed  «  bois 
sacré  »  (Whitley  Stokes,  Togail  Troi,  p.  19,  1.  732,  733)  est 


//m  intcrioCiiliijiie  en  ccltiijiic.  245 

la  tniduction  du  latin  iit'iiiiis,  dans  l'expression  iiciiins  Dianae 
(Ovide,  Fastes,  1.  III,  vers  261  ;  Pline,  1.  XXXV,  §  52).  Dans 
Togiiil  Tivi,  c'est  à  Zeus  qu'est  consacré  le  bois  sacré,  et  par  les 
mots  :  rncossciraii  . . .  fni)iciiuid  do  loib,  ociis  a  dclb  in  dca  i-sind 
ibidnciuiud  t.ill,  l'auteur  irlandais  prétend  rendre  les  mots 
suivants  de  Dares  Phrvi^ius,  livre  I\' :  Arani  Jovi  staluamque 
cotisccravil  (jcà.  Ferdinand  Meister,  p.  6,  1.  11,  12).  Le  sens 
religieux  de  ncni,  uoiicd  est  donc  certain,  il  ne  s'agit  ni  de 
nuages,  ni  de  brouillard  comme  dans  le  groupe  de  mots  auquel 
appartient  le  slave  iicho. 

Ainsi  la  thèse  si  savamment  soutenue  par  M.  Duvau  ne  m'a 
pas  convaincu. 

H.  d'Arbois  de  Jubainville. 


CORRESPONDANCE 


Mon  cher  Confrère, 

En  lisant,  dans  le  dernier  fascicule  de  la  Revue  Celtique, 
l'article  de  M.  J.  Loth  sur  l'Histoire  de  Bretagne  de  M.  de  La 
Borderie,  j'y  ai  rencontré  une  phrase  dont  j'aurais  à  me  plaindre, 
si  j'étais  d'un  naturel  susceptible.  «  M.  de  La  Borderie  a  bien 
«  raison  de  se  refuser  à  suivre  l'abbé  Duchesne  dans  ses  flni- 
«  taisies  linguistiques  qui  transforment  Rcstùvaldus  en  Bci- 
«  loaldus  et  Sevcriniis  en  Sergius.  »  Ces  paroles  médiocrement 
gracieuses  signifient,  pour  le  public,  que,  m'étant  aventuré 
sur  le  terrain  de  la  linguistique,  j'ai  considéré  les  noms  Reslo- 
valdus  et  Bcrtoahius,  Scveriims  et  Sergius  comme  pouvant  être 
dérivés  les  uns  des  autres,  par  les  transformations  ordinaires 
du  langage. 

Ce  serait  en  effet  de  la  haute  tantaisie. 

Mais  en  est-il  ainsi  ?  Est-ce  cela  que  i'ai  prétendu  ? 

Je  pourrais  me  borner  à  renvoyer  M.  Loth  à  mes  Fnsles  épis- 
copiiiix,  t.  II,  p.  26S  et  suiv.,  où  je  me  suis  exprimé  assez 
clairement,  je  crois,  sur  le  cas  de  Restoald  ou  Bertoald.  Mais 
puisqu'on  ne  ma  pas  compris,  faute  peut-être  de  m'avoir  lu, 
il  sera  bon  de  revenir  en  quelques  mots  sur  cette  question. 

Festinien,  archevêque  de  Dol  par  la  grâce  du  prince  breton 
Nominoé,  mais  désireux  d'obtenir  du  pape  Nicolas,  avec  le 
pallium  romain,  la  contirmation  de  cette  situation  irrégulière, 
adresse  une  demande  à  Rome,  en  alléguant  des  précédents. 
Suivant  lui,  le  pape  Séverin  aurait  jadis  consacré  comme  ar- 
chevêque un  de  ses  prédécesseurs  appelés  Restoald,  et  le  fait  serait 


Correspondance.  245 

consigné  dans  les  G<'.s7(7  pontijîcuni,  c'est-à-dire  dans  le  Liber 
poitificalis.  Le  pape  répond  qu'il  y  est  allé  voir  et  que  la  vie  de 
Séverin  ne  contient  rien  de  semblable. 

On  jugera  comme  on  voudra  de  la  légitimité  de  Festinien 
et  de  ses  prétentions.  Mais  je  pense  que  ce  prélat  était  en  pos- 
session de  sa  raison  et  qu'il  n'aurait  pas  allégué  au  pape  un 
livre  aussi  connu  à  Rome  que  les  Gcsta  pontificmii  s'il  n'avait 
pas  trouvé  dans  ce  livre  au  moins  l'apparence  d'un  argument 
en  sa  faveur.  Il  est  vrai  que  les  Gesla  poulificiiiii  ne  parlent 
jamais  ni  de  Dol,  ni  de  la  Bretagne  armoricaine.  Mais  on  y 
trouve  la  phrase  suivante  :  Hic  ordinavil  Bertoalditin  Britanniac 
arihicpiscopiini.  Il  s'agit  ici,  non  d'un  évéque  de  Dol,  mais  d'un 
évéque  de  Cantorbéry  ;  mais  ni  le  texte,  ni  le  contexte  ne  per- 
mettent de  distinguer  entre  les  deux  Brctagnes,  et  Festinien  a 
pu  croire  qu'il  mettait  la  main  sur  un  de  ses  prédécesseurs. 
Quelle  qu'ait  été  sa  sincérité  réelle,  je  demande  à  M.  Loth,  et 
là  est  toute  la  question,  s'il  connaît  dans  le  Liber pmtificaJis  un 
autre  texte  auquel  puisse  être  rapportée  l'allégation  de  Fes- 
tinien. 

Comme  je  suis  sûr  qu'il  n'en  trouvera  pas  et  qu'il  ne 
voudra  pas  taxer  Festinien  de  folie,  je  conclus  qu'il  sera  de 
mon  avis. 

Seulement  le  texte  relatif  à  1'  «  archevêque  de  Bretagne  » 
ne  se  trouve  pas  dans  la  vie  de  Séverin,  mais  dans  celle  de 
Serge  P"".  Le  pape  Nicolas  a  eu  raison  de  dire  qu'il  ne  trouvait 
rien  dans  la  vie  de  Séverin.  Il  faut  donc  admettre  ou  que  son 
secrétaire  a  lu,  dans  la  lettre  de  l'évéque  de  Dol,  Severinus  au 
lieu  de  Sergius,  ou  que  Tévéché  de  Dol  avait  confondu  ces 
deux  noms  de  papes. 

Cette  confusion,  qu'elle  se  soit  produite  à  Dol  ou  à  Rome, 
est  la  carte  forcée.  Ai-je  besoin  d'ajouter  qu'elle  n"a  rien  à  voir 
avec  une  transformation  linguistique  ? 

Quant  à  Bcrtoald  changé  en  Restoald,  il  est  possible  que  la 
faute  remonte  à  la  correspondance  originale  ;  il  est  tout  aussi 
admissible  qu'elle  soit  le  fait  de  quelque  copiste  des  temps 
postérieurs,  ou  même  de  quelque  éditeur.  Je  n'en  saurais  rien 
dire,  car  nous  n'avons  point  encore  de  texte  critiquement  établi 
des  lettres  de  Nicolas  I". 


246  Correspondance. 

En  somme  il  n'y  a  ici  que  des  cacographies  de  copistes  ou 
des  lectures  incorrectes.  M.  Loth  peut  l'admettre,  sans  crainte 
aucune  pour  les  bonnes  traditions  de  la  linguistique,  dont  je 
vénère  en  lui  un  dépositaire  éminent. 

Agréez,  etc. 

L.    DUCHUSNE. 


BIBLIOGRAPHIE 


J'ai  fait  paraître  en  1899  un  volume  intitulé:  La  civilisa!  ion 
lies  Celtes  et  celle  de  l'épopée  hoinériquc.  M.  Salomon  Reinach  a 
publié  la  môme  année  dans  la  Chronique  des  Arts  et  de  la  Cu- 
riosité un  article  très  bienveillant  sur  cet  ouvrage.  Dans  cet 
article  l'auteur  a  fait  un  certain  nombre  de  critiques  que  je 
crois  devoir  porter  à  la  connaissance  des  lecteurs  de  la  Revue 
Celtique'.  M.  Salomon  Reinach  est  un  archéologue  trop  émi- 
nent  pour  que,  lorsqu'il  s'agit  d'archéologie,  je  ne  croie  pas 
qu'en  un  grand  nombre  de  cas  il  ne  puisse  avoir  raison  contre 
moi. 

«  P.  56,  M.  d'Arbois  étudie  le  rôle  des  chiens  de  guerre 
chez  les  Gaulois  et  ajoute  qu'ils  sont  inconnus  à  la  littérature 
homérique.  Sans  doute  ;  mais  ils  sont  bien  connus  de  l'art 
gréco-ionien,  qui  reflète  les  traditions  de  Tépoque  homérique; 
on  les  trouve  figurés  sur  les  sarcophages  de  Clazomène  et  sur 
beaucoup  de  vases  archaïques.  (Voir  la  Revue  des  Etudes  grec- 
ques, 1895,  P-  ^75-)  Il  y  ^  1-^  "J"^'  analogie  de  plus  entre  le 
monde  proto-hellénique  et  le  monde  gaulois. 

«  P.  174,  M.  d'Arbois  dit  que  «  Lucain  atteste  la  notoriété 
en  Gaule  de  ce  dieu  qu'il  appelle  Teutates.  »  On  a  démontré, 
au  contraire,  dans  la  Revue  Celtique,  dirigée  par  M.  d'Arbois, 
que  le  Teutates  de  Lucain  est  un  dieu  local  et  qu'il  est  cité 
comme  tel  par  le  poète  romain. 

«  P.  232,  l'auteur  se  trompe  complètement  quand  il  dit  que 
les  Celtes  du  temps  de  César  inhumaient  leurs  morts;  ils  les 
brûlaient  et  c'est  pourquoi  nous  possédons  si  peu  d'objets  de 

I.  Ce  sont  exclusivement  les  critiques  que  j'ai  cru  devoir  réimprimer  ici. 


248  Bibliographie. 

cette  époque.  On  a  découvert  des  traces  d'incinérations  cel- 
tiques en  Picardie,  en  Normandie,  au  mont  Beuvray  et  dans  le 
Gard.  A  la  même  page,  M.  d'Arbois  dit  qu'à  l'époque  néoli- 
thique l'usage  dominant  a  été  l'incinération:  c'est  exactement 
le  contraire  de  la  vérité.  L'incinération  ne  se  répandit  en  Gaule 
qu'à  l'âge  de  bronze:  elle  tendit  à  disparaître  pendant  le  pre- 
mier âge  du  fer,  revint  en  honneur  au  second  âge  du  fer  et 
s'etiaça  définitivement  vers  le  m''  siècle  après  J.-C.  M.  d'Arbois 
a  eu  tort  de  citer  à  ce  sujet  feu  Jules  Quicherat,  alors  que  le 
témoignage  de  ses  propres  yeux,  au  cours  d'une  promenade 
rapide  au  musée  de  Saint-Germain,  aurait  suffi  à  le  renseigner 
exactement. 

«  P.  325,  M.  d'Arbois  combat  l'identification  des  vierges 
gauloises  de  Sena  avec  Circé  et  ses  compagnes  —  identification 
qui  a  été  proposée  dans  la  Revue  CcUiqiic,  t.  X\'III,  p.  i  — 
en  disant  que  Circé  n'est  pas  vierge.  Sans  doute,  au  sens  phy- 
siologique du  mot  ;  mais  Circé  n'est  pas  mariée  et  les  filles  de 
l'ile  de  Sena,  qui  ne  le  sont  pas  davantage,  se  montrent  tout 
aussi  hospitalières  que  Circé  envers  les  étrangers.  Pomponius 
Mêla,  le  seul  auteur  qui  nous  parle  d'elles,  atteste  qu'elles 
ne  rendent  d'oracles  qu'à  leurs  amants  (dcditas  navi>^antilu(s). 
C'est  du  moins  ainsi  que  je  comprends  le  passage. 

«  P.  341,  De  ce  que  le  bouclier  gaulois  était  très  grand,  il 
ne  résulte  nullement  qu'il  fût  «  très  lourd  »,  car  il  était  en 
bois,  avec  une  simple  armature  de  métal. 

«  P.  367,  M.  d'Arbois  hésite  à  croire  que  les  Gaulois  eus- 
sent des  armes  de  fer  en  390,  à  la  bataille  de  l'Allia,  parce 
qu'aucun  texte  ne  l'affirme.  Mais  on  n'a  vraiment  pas  besoin 
pour  cela  des  textes.  Nous  connaissons  quantités  de  sépultures 
gauloises  contemporaines  de  la  bataille  de  l'Allia  et  même  an- 
térieures ;  or,  on  n'y  rencontre  jamais  d'armes  de  bronze. 

«  P.  374,  l'auteur  trouve  «  inutile  d'insister  sur  le  collier 
dont  se  parait  le  guerrier  gaulois  et  qui,  en  Grèce,  était  réservé 
aux  femmes.  »  Il  aurait  flillu,  au  contraire,  insister  sur  cette 
question  du  torques  ;  si  les  textes  grecs  et  latins  du  iv^  et  du 
iii^  siècle  avant  J.-C.  l'attribuent  aux  guerriers  gaulois,  les 
tombes  gauloises  du  vi"'  et  du  v"'  siècle  prouvent  qu'il  était  ex- 
clusivement porté  par  les  femmes.  Je  crois  que  les  Gaulois  n'ont 


Bibliographie.  249 

adopte  le  torques  comme  ornement  viril  qu'à  l'imitation  des 
Htrusques,  gens  etiéminés. 

«  En  terminant,  je  dois  dire  que  le  beau  livre  de  M.  d'Ar- 
bois  ne  doitdécourager  personne  de  traiter  à  nouveau  le  même 
sujet.  Il  y  a  encore  bien  des  analogies  entre  l'industrie  grecque 
la  plus  ancienne  et  l'industrie  celtique  qu'il  n'a  pas  eu  occa- 
sion de  signaler.  Ces  analogies  sont  surtout  frappantes  dans  la 
décoration  dite  géométrique,  dans  l'emploi  des  fers  à  cheval 
concentriques,  etc.  Il  est  probable  que  plusieurs  d'entre  elles 
sont  de  simples  rencontres,  comme  la  ressemblance  qu'on  a 
récemment  observée  entre  une  graviu'e  sur  os  de  renne  décou- 
verte en  France  et  un  très  ancien  vase  trouvé  à  Athènes  ; 
mais  avant  d'exprimer  une  opinion  à  ce  sujet  il  faudrait  pos- 
séder un  tableau  complet  des  analogies  accidentelles  ou  autres, 
et  c'est  là  un  travail  bien  digne  de  tenter  la  plume  d'un  ar- 
chéologue sachant  manier  la  plume  et  le  crayon.  » 

Mon  devoir  comme  directeur  de  revue  était  de  porter  à  la 
connaissance  des  lecteurs  de  mon  livre,  autant  qu'il  m'est  pos- 
sible, cette  savante  contradiction.  Cependant  il  y  a  quelques 
points  sur  lesquels,  en  qualité  d'auteur,  je  garde  mon  opinion  K 

H.    D'A.    DE  J. 
I.  Et  moi  aussi.  —  Salomon  Reixach. 


Revue  Celliijue,  XXII.  17 


CHRONIQUE 


SOMMAIRE:  1.  Mort  de  M.  de  La  Borderie.  —  H.  de  M.  Emile  Htibner.  —  III.  Car- 
tulaire  de  Gorze.  —  iV.  Le  tyran  Domiiianus.  —  V.  Mémoire  de  M.  Strachan  sur 
les  temps  passés  en  vieil  et  moyen  irlandais.  —  VI.  Monnaie  de  Verica,  fils  du 
roi  breton  Commius.  —  VII.  Version  galloise  inédite  d'epities  de  saint  Paul.  — 
VIII.  Les  anciens  forts  d'Ecosse.  —  l.X.  La  légende  de  saint  Brendan.  —  X.  La 
collection  Morel. 

I. 

Les  études  celtiques  vieiineiit  de  fliire  une  grande  perte  par  la  mort 
presque  simultanée  de  M.  Arthur  Le  Moyne  de  La  Borderie  et  de 
M.  Emile  Hùbner. 

M.  Arthur  Le  Moyne  de  La  Borderie,  décédé  le  17  février  dernier  à 
Vitré,  Ille-et -Vilaine,  avait  atteint  l'âge  de  75  ans.  Il  devait  à  sa  fortune 
inie  position  indépendante.  Il  a  consacré  à  l'histoire  de  la  Bretagne  près  de 
cinquante  ans  d'une  vie  laborieuse.  Le  couronnement  de  cette  carrière  scien- 
tilique  a  été  son  Histoire  de  la  Bretagne,  trois  volumes  grand  in-8,  1896- 
189g,  contenant:  1°  iv-592,  20111-556,  3"  iv-617  pages.  Malheureusement 
cet  ouvrage  est  inachevé  ;  il  se  termine  à  l'année  1 564.  Deux  autres  volumes 
devaient  le  suivre:  t.  IV,  1564-1532;  t.  V,  1532-1789. 

Il  a  été  précédé  d'un  grand  nombre  de  travaux  moins  considérables  dont 
nous  allons  citer  quelques-uns  : 

Annuaire  historique  et  archéologique  de  Bretagne,  année  1861,  in-i2,  xx- 
248  pages.  Le  principal  article  «  Notions  élémentaires  sur  l'histoire  de  Bre- 
tagne »  depuis  les  origines  jusqu'au  ix<-*  siècle,  première  partie,  a  154  pages. 
Nous  citerons  aussi  un  autre  article  :  «  Anciennes  divisions  ecclésiastiques 
de  la  Bretagne  »,  14  pages. 

Annuaire  historique  et  archéologique  de  Bretagne,  1862,  in-12,  XXVIII- 
2)2  pages,  comprenant  la  suite:  1°  des  «  Notions  élémentaires  »  jusqu'au 
ixe  siècle;  2°  des  «  Anciennes  divisions  ecclésiastiques  ». 

Le  Carlulaire  de  Redon,  réponse  à  quelques  critiques  de  M.  de  Courson, 
1865,  in-8,  38  pages. 

Géographie  gallo-romaine  de  l'Arniorique.  Diahlintes,  Curiosolites  et  Coriso- 
pites,  in-è,  1881,  33  pages. 

Études  historiques  bretonnes.   L'Historia  Britonum,  attribuée   à  Nenuius,  et 


Chronique.  25 1 

/'Histori.i  Britannica  luv?»/ Gt-o/Z/w  i/i' A/o/;;//o»//.',  1883,  in-8,  131  pages.  Cf. 
Reviw  Celtique,  t.  VI,  p.  118. 

Etudes  historiques  hrelotines.  Les  deux  saiiils  Caïadec,  légendes  latines  iné- 
dites, 1S85,  in-8,  51  pages.  Cf.  Revue  Celtique,  t.  V,  p    501. 

Etudei  historiques  bretouues.  Les  véritables  prophéties  de  Merlin,  1885,  in-8, 
81  pages.  Cf.  Revue  Celtique,  t.  VI,  p.  126. 

Vie  inédite  de^aint  Malo  écrite  au  ix<=  siècle  par  Bili,  publiée  avec  notes  et 
prolégoinèues  par  le  R.  P.  Fr.  Plaine  O.  S.  B.  —  Autre  vie  de  saint  Malo 
écrite  au  i\^  siècle  par  un  anonyme,  publiée  avec  notes  et  observations  par  Arthur 
de  La  Borderie,  1884,  iii-8,  177  pages.  Cf.  Revue  Celtique,  t.  VI,  p.  384. 

Inauguration  du  monument  élevé  îi  D.  Lobiueau  ...  Relation  de  la  céré- 
monie. Eloge  historique  de  Dom  Lobineau,   1886,  in-8,  71  pages. 

Histoire  de  Bretagne.  Critique  des  Sources.  Les  trois  vies  anciennes  de  saint 
Titdual,  texte  latin,  commentaire  historique,  1887,  in-8,  134  pages.  Cf.  Revue 
Celtique,  t.  X,  p.  233. 

Etudes  historiques  bretonnes,  deuxième  série.  Critique  hagiographique,  S.  Clair 
et  S.  Yves.  La  grande  guerre  de  la  succession  de  Bretagne  au  xive  siècle,  1888, 
in-8,  vi-257  pages. 

Recueil  d'actes  inédits  des  ducs  et  princes  de  Bretagne  (\i^,  .\ii^',  .\iue  siècles), 
1888,  in-8,  326  pages. 
Cartulaire  de  l'abbaye  de  Landevennec,  1888,  in-8,  xi-218  pages. 
Essai  sur  la  géo^^raphie  féodale  de  la  Bretagne,  1889,  in-8,  195  pages. 
Histoire  de  Bretagne.  Critique  des  sources.  Saint  Maude\,  texte  latin  des  deux 
vies  les  plus  anciennes,  etc.,  1891,  in-8,  71  pages.  Cf.  Revue  Celtique,  t.  XII, 
p.  411. 

La  Bretagne  et  son  histoire.  Leçon  d'ouverture  du  cours  d'histoire  de  Bretagne 

professé  à  la  Faculté  des  Lettres  de  Rennes  (4  décembre  iSc/o),  1891,  in-8,  2opages. 

Histoire  de  Bretagne.  Critique  des  sources.  Saint  Goulven,   texte  de  sa  vie 

latine  ancienne  et  inédite.  Publié  avec  notes  et  commentaire  historique,  1892,  in-8, 

250  pages.  Cf.  Revue  Celtique,  t.  XIII,  p.  410. 

Histoire  de  Bretagne.  Critique  des  sources.  Saint  Hervé,  texte  latin  de  la  vie 
la  plus  ancienne  de  ce  saint  publié  avec  notes  et  commentaire  historique,  1892, 
in-8,  extrait  des  Mémoires  de  la  Société  d'émulation  des  Côtes-du-Nord, 
t.  XXIX,  p.  251-304.  Cf.  Revue  Celtique,  t.  XIII,  p.  410. 

M.  de  La  Borderie  est  l'auteur  de  l'introduction  en  soixante-seize  pages 
du  volume  intitulé:  Monuments  originaux  de  l'histoire  de  saint  Yves,  1887, 
in  "4,  Lxxvi,  315  pages.  Cf.  Revue  Celtique,  t.  VIII,  p.  395. 

Tous  les  ouvrages  dont  je  viens  de  parler  sont  arrivés  dans  ma  biblio- 
thèque ex  dono  auctoris.  J'avais  été  condisciple  de  La  Borderie  à  l'École  des 
Chartes  en  1850.  Q.uoiquc  nous  fussions  du  même  âge,  j'étais  en  première 
année  et  lui  en  troisième.  Nos  relations,  commencées  sur  les  bancs  de 
l'école,  n'ont  pas  cessé  depuis.  Cependant  il  ne  m'a  pas  envoyé  tous  ses 
livres.  En  voici  qui  ont  un  intérêt  au  point  de  vue  celtique  et  dont  je  ne 
connais  que  les  titres  grâce  à  des  catalogues  :  Les  Bretons  insulaires  et  les 
Anglo-Saxons  du  V<^  au  VI'^  siècle,  1873,  in-12,  272  pages.  —  L'Imprimerie 
en  Bretagne  au  XV<^  siècle,  1878,  in-4,  1 54  pages.  —  Correspondance  historique 


2^2  Chronique. 

des  Bèui'dictius  bretons,  1880,  in-8,  528  pages.  —  Éludes  bretonnes.  Gtldas  et 
Merlin,  1884,  in-8,  584  pages.  Cf.  Revue  Celtique,  t.  VI,  p.  410.  —  Archives 
du  bibliophile  breton  (Histoire  de  l'imprimerie  en  Bretiiijne  nu  XV h  siècle), 
1880-1885,  3  vol.  in-8  de  200  pages  chacun. 

Sorti  de  l'École  des  Chartes  le  premier  de  son  cours  en  1852,  La  lîor- 
derie  était  devenu  correspondant  de  l'Académie  des  Inscriptions  et  Belles- 
Lettres  en  1883,  membre  libre  de  la  même  Académie  en  1889.  Il  a  dirigé 
la  R.tuie  de  Bretagne  et  de  Vendée,  il  a  présidé  la  Société  des  Bibliophiles 
Bretons.  Il  a  fait  gratuitement  un  cours  d'histoire  de  Bretagne  à  la  Faculté 
des  Lettres  de  Rennes.  11  laisse  un  des  modèles  les  plus  honorables  du 
savant  désintéressé.  Je  regrette  vivement  que  la  mort  ne  lui  ait  pas  laissé 
le  temps,  non  seulement  d'achever  son  histoirt  de  Bretagne,  mais  aussi 
d'accomplir  une  promesse  qu'il  m'avait  faite,  c'était  de  publier  un  recueil 
complet  des  textes  hagiographiques  latins  concernant  la  Bretagne. 

II. 

M.  Emile  Hùbner,  mort  à  67  ans,  le  21  février  dernier,  était  professeur 
de  philologie  classique  à  l'Université  de  Berlin.  Ses  principaux  ouvrages  ont 
au  point  de  vue  des  études  celtiques  une  importance  fondamentale.  Ce  sont  : 

Inscriftioiies  Hispaniae  latinac,  formant  le  t.  II  du  Corpus  inscriptiouum 
latinarum  publié  par  l'Académie  de  Berlin,  un  volume  in-folio,  1869,  avec 
un  supplément,  1892,  le  tout  contenant  cv,  1224,  48  pages. 

Inscriptiones  Hispaniae  christianac,  un  volume  in-4,  1871,  contenant  xvi, 
120  pages. 

Inscriptiones  Brilanniae  latinae,  formant  le  t.  VII  du  Corpus  inscriptionum 
latinarum,  publié  par  l'Académie  de  Berlin,  un  volume  in-folio,  1875,  con- 
tenant XII,  2,  345  pages. 

Inscriptiones  Britanniae  chrislianae,  un  volume  in-4,  1876,  contenant 
XXIV,  TOI,  5  pages. 

Exempta  scripturae  epigraphicae  latinae  a  Caesaris  diclatoris  morte  ad  aetatem 
Justiniani,  un  volume  in-folio,  188),  contenant  Lxxxiv,  458  pages.  On  y 
trouve  en  grand  nombre  des  noms  d'homme  d'origine  celtique. 

Mouunwnta  linouae  ibericae,  un  volume  in-folio,  1895,  contenant  cxi.iv, 
264  pages.  En  dépit  du  titre,  un  certain  nombre  de  noms  d'origine  celtique 
figurent  dans  ce  volume,  aussi  important  pour  l'histoire  des  populations  cel- 
tiques que  pour  celle  des  populations  ibériques  en  Portugal,  en  Espagne  et 
dans  la  France  méridionale.  Cf.  Revue  Celtique,  t.  XV,  p.  137. 

III. 

M.  A.  d'Hcrbomez  vient  de  publier  sous  les  auspices  de  la  Société  des 
Antiquaires  de  France  en  exécution  du  testament  d'Auguste  Prost  le  Car- 
tulaire  de  Gorze,  ms.  826  de  la  Bibliothèque  de  Metz.  On  peut  y  signaler 
quelques  noms  celtiques  ou  gallo-romains:  p.  120,  Modover  =  *  Mogto- 
briga  =  *Mogeto-bri(;a,  aujourd'hui  Moyeuvre,  Alsace-Lorraine,  ancien  dé- 
partement de  la  Moselle,  arrondissement  et  canton  de  Thionville;    p.  43, 


Chronique.  255 

vilhiiu  luvnitu'  Quittciaco,  Quincy,  Meuse,  arrondissement  et  canton  de 
Montmédy;  p.  93,  Patriniago  que  l'auteur  suppose  être  Prény,  Meurthe- 
et-Moselle,  arrondissement  de  Nancy,  canton  de  Pont-A-Mousson,  etc.  Un 
nom  ligure  est  Biiriasctis,  p.  201,  avec  des  variantes  celtiques,  finis  Biiri- 
ciaga,  villa  Biiriago.  p.  loi,  204,  445,  aujourd'hui  Buret,  commune  de 
Walville,  Alsace-Lorraine,  ancien  département  de  la  Moselle,  arrondis- 
sement de  Metz,  canton  de  Gorze.  Dorniiicuin,  p.  175,  185,  —  qui,  suivant 
l'auteur,  p.  494,  serait  Dornot,  Alsace-Lorraine,  ancien  département  de 
la  Moselle,  arrondissement  do  Metz,  canton  de  Gorze,  —  peut  être  aussi 
uu  mot  ligure. 

IV. 

Feu  De  Witte,  membre  libre  de  l'Académie  des  Inscriptions  et  Belles- 
Lettres,  a  publié  en  1S62  un  volume  in-4  de  202  pages  et  XLIX  planches, 
intitulé  :  Rixhcrches  sur  les  eniperctirs  qui  ont  régné  dans  les  Gaules  au  troisième 
siècle  de  l'ère  chrétienne.  Ces  empereurs  sont  au  nombre  de  cinq  :  Postumus, 
258-257  ;  Victorinus,  265-268;  Marins,  267;  Esuvius  Tetricus  père  et 
EsuviusTetricus  tîls,  268-273.  A  cette  liste  il  fout  ajouter  Domitianus,  262; 
on  vient  de  l'apprendre  grâce  à  une  note  lue  par  M.  Babelon  à  l'Académie 
des  Inscriptions  dans  la  séance  du  29  mars  dernier.  N'ayant  pu  assister  à 
cette  réunion  je  prends  dans  le  Journal  Le  Temps  le  résumé  de  la  lecture  de 
M.  Babelon  : 

«  M.  Babeton  communique  une  notice  due  au  colonel  Allottede  la  Fuye 
qui  relate  la  découverte  d'une  monnaie  de  bronze  du  tyran  Domitianus, 
contemporain  de  Gallien  et  de  Tetricus.  Cette  découverte  a  été  faite  par 
M.  Félix  Chaillou  dans  sa  propriété  des  Cléons,  canton  de  Verton  (Loire- 
Inférieure). 

«  Ce  Domitianus  était  devenu  populaire  parmi  les  soldats,  à  la  suite  de  sa 
victoire  en  lUyrie  sur  Macrien. 

«  Il  était  alors  lieutenant  d'Aureolus,  général  de  Gallien,  et  aucun  texte 
ne  nous  affirmait  qu'il  eût  pris  la  pourpre.  La  nouvelle  monnaie  trouvée  aux 
Cléons,  Loire-Inférieure,  met  ce  fait  hors  de  doute;  elle  nous  atteste  égale- 
ment que  ce  nouvel  Auguste  fut  proclamé  par  ses  soldats  probablement  en 
Gaule,  peu  après  l'an  262.  Son  pouvoir  dut  être  aussi  éphémère  que  celui  du 
forgeron  Marius.  » 

La  victoire  remportée  sur  Macrien  par  Domitianus  est  mentionnée  deux 
fois  par  Trebellius  PoUion,  Gallieni  duo,  c.  2,  §6;  Tyranni  triginta,  c.  13. 

De  la  communication  faite  par  M.  Babelon  il  résulte  qu'il  y- a  un 
sixième  nom  à  ajouter  aux  cinq  noms  d'empereurs  gaulois  mentionnés  par 
M.  De  Witte. 

V. 

Dans  la  séance  tenue  le  i^r  février  par  la  Philological  Society,  M.  Strachan 
a  lu  un  mémoire  sur  les  temps  passés  en  vieil  et  moyen  irlandais,  notam- 
ment sur  la  différence  entre  asrubart  et  asherl,  le  premier  ayant  le  sens  de 
plus-que-parfait,  le  second  celui  de  parfait.  C'est  la  doctrine  de  MM.  Zimnier, 

Revue  Celtitjuc,  XXII.  1 7 . 


2  54  Chronique. 

Thurneysen,  Sarauw.  Le  prétérit,  asbert  «  il  dit  »,  est  le  temps  de  la  nar- 
ration (cf.  Revue  Celtique,  t.  XXI,  p.  130;  t.  XXII,  p.  147). 

VI. 

Le  21  février,  en  séance  de  la  Société  de  Numismatique  de  Londres, 
M.  Grueber  a  communiqué  une  monnaie  d'argent  du  chef  breton  veric(a) 
c(o.\i.Mii|  FJiLivs]  ornée  au  revers  d'une  tète  laurée  semblable  à  celle  c'es 
monnaies  de  l'empereur  Tibère.  Cette  monnaie  a  été  trouvée  en  Angle- 
terre, près  de  Challow,  Berkshire. 

VII. 

L'archidiacre  D.  R.  Thomas,  de  Saint-Asaph,  va  publier  par  souscription 
une  version  galloise  des  épitres  à  Timothée,  Titus  et  Philémon,  écrite  au 
XYi"^  siècle  par  l'évèque  Richard  Davies. 

VIII. 

Dans  la  séance  de  la  Biitish  Archaeological  Association  tenue  le  5  avril, 
M.  Patrick,  secrétaire  honoraire,  a  donné  lecture  d'un  mémoire  de  Miss 
Russel  sur  quelques  forts  de  pierre  brute  en  Ecosse.  Un  de  ces  forts  est  celui 
de  Craig  Phadraig.  Ce  fort  serait  identique  à  celui  de  Loch  Ness  où  saint 
Columba  alla  faire  visite  au  roi  des  Pietés.  Il  ne  présente  pas  de  traces  vi- 
sibles de  vitrification. 

IX. 

La  légende  de  saint  Brendan  est  en  ce  moment  le  sujet  d'une  conférence 
hebdomadaite  de  M.  G.  Paris.  Nous  en  parlerons  dans  une  prochaine  li- 
vraison. 

H.  d'Arbois  de  Jub.mnville. 
Paris,  le  jo  mars  1901. 


X. 

Le  Musée  Britannique  vient  d'acquérir,  à  Reims,  une  très  importante 
collection  d'antiquités  gauloises,  dont  une  partie  était  exposée  au  Petit  Pa- 
lais en  1900.  M.  Morel,  qui  l'avait  formée  en  explorant  les  tombes  gauloises 
de  la  Champagne,  en  a  fait  connaître  autrefois  les  principaux  monuments 
dans  un  bel  album  en  couleurs  intitulé  :  La  Champagne  souterraine.  Par 
l'acquisition  delà  collection  Morel,  le  Musée  Britannique  comble  une  lacune 
très  regrettable  dans  ses  riches  séries  archéologiques  et  s'assure  désormais 
le  second  rang  (le  premier  appartient  au  Musée  de  Saint-Germain)  pour 
l'abondance  et  l'importance  des  monuments  appartenant  au  second  âge  du 
fer  gaulois. 

Salomon  Reinwch. 
Paris,  le  26  avril  1901. 


PÉRIODIQUES 


SOMMAIRE:  I.  The  Journal  cfihe  royal  Society  of  Aniiquaries  of  Ireland. —  II.  Mé- 
moires de  la  Société  royale  des  sciences  de  Bohème.  —  III.  Boleiin  de  la  Real 
Academia  de  la  Historia.  —  IV.  Entre  camarades.  —  V.  Sitzungsberichte  der  K. 
Académie  der  Wissenschaften  in  Wien.  —  VI.  Folklore.  —  VII.  Celtia.  —  VIII. 
Analecta  Bollandiana.  —  IX.  Romania. 


I. 

The  Journal  of  the  Royal  Society  of  AxTiatARiES  of  Irelakd, 
vol.  XXXI,  première  livraison,  31  mars  1901.  —  Mémoire  par  M.  Thomas 
J.  Westropp  sur  les  restes  préhistoriques  observés  par  lui  dans  le  Gare  nord- 
ouest.  Il  s'agit  de  forts  construits  en  pierre.  Je  ne  saisis  pas  bien  le  sens 
que  l'auteur  attribue.au  mot  préhistorique,  quelle  date  approximative  veut- 
il  indiquer  par  cette  e.xpression?  —  Nouvelle  lecture  proposée  par  M.  Rliys 
pour  l'ogham  de  Gigha  :  og.ma  maq.i  tigerxi.  Le  nominatif  correspondant 
à  maqi  tigenia  serait  le  gallois  mechdeyiii,  le  breton  niachtiern,  dont  le  premier 
terme,  racine  mak,  n'aurait  pas  été  développé  au  moven  du  suffixe  -uo.  Te- 
gernacus  pour  *tigeruacits,  en  irlandais  Tigernach  ',  serait  la  forme  hypocoris- 
tique  de  maqos  tigerni.  — Essai  par  M.  H. -T.  Knox  d'une  identification  des 
noms  de  lieu  mentionnés  dans  les  collections  de  Tirechan.  L'auteur  com- 
mence par  une  exposition  de  ses  idées  sur  la  chronologie  de  saint  Patrice  ; 
je  ne  puis  les  admettre  puisque  notamment  je  ne  crois  pas  que  ce  célèbre 
apôtre  ait  été  à  Rome.  Q.uant  aux  noms  modernes  qu'il  propose,  je  n'ai 
aucune  opinion.  —  Extrait  de  Froissard  concernant  le  purgatoire  de  saint 
Patrice. 

II. 

Mé.moires  de  LA  Société  royale  des  Sciences  de  Bohème,  classe  des 

sciences  PHILOSOPHId'.ES,    HISTORiaUES    ET   PHILOLOGIQ.UES,   I9OO.  —  LcS 

origines  romanes.   La  première  personne  du  pluriel    en  gallo-roman  par 
M.  F.  Geo  Mohl.  D'où  vient  Vo  de  «  chantons  »  ?  le  latin  canUlmits  exige- 

I.  Cf.  Rhys,  Lectures  on  ■^•ehh  philohgy,  2«  édition,  p.  209,211,  385,  386; 
Hùbner,  Inscriptiones  Britaimiae  Christiauae,  n°^  34,  58. 


2^6  Périodiques. 

rait  une  autre  voyelle.  Cet  o  est  emprunté  à  la  première  conjugaison  cel- 
tique :  *  Iwioiiiosi,  *  beromos  ou  *beromo  «  nous  portons  »  ;  *canoniosi,  *ca- 
nonius  «  nous  chantons  »  •  ;  c'est  une  faute  de  latin  commise  par  une  partie 
des  Gaulois  ;  comparez  la  faute  pot-csti  pour  pot-est  dans  la  tablette  magique 
de  Chagnon  signalée  par  M.  JuUian,  Académie  des  Inscriptions,  1897, 
p.  177-186. 

M.  Molli  reconnaît  la  désinence  gauloise  de  la  première  personne  du 
pluriel  dans  une  partie  de  l'Italie  septentrionale,  même  au  sud  du  Pô  jus- 
qu'à Rcggio  ;  elle  fait  défaut  dans  la  Provence  latinisée  de  bonne  heure  et, 
ajouterons-nous,  plus  ligure  que  gauloise  ;  cette  désinence  est  générale  dans 
le  français  du  nord. 

Il  y  a  quelques  points  sur  lesquels  je  me  sépare  de  l'auteur. 

Je  distingue  les  Taurisci  gaulois  des  Tautini  ligures. 

Je  considère  comme  très  puissante  l'influence  des  écoles  romaines  en 
Gaule.  Le  succès  dans  ces  écoles  était  pour  l'aristocratie  gauloise  la  condi- 
tion sine  qua  non  de  l'accession  aux  fonctions  publiques,  c'est  à  elles  qu'est 
dû  le  rapide  triomphe  du  latin  sur  le  gaulois;  et,  les  nobles  gaulois  n'ayant 
pas  l'habitude  de  faire  manger  les  domestiques  à  la  cuisine,  les  domes- 
tiques se  sont  bientôt  fait  honneur  de  parler  le  langage  des  maîtres.  La  vanité 
a  sur  l'homme  une  si  grande  influence!  M.  Mohl  allègue  la  persistance  du 
polonais  malgré  la  conquête  russe,  mais  le  polonais  a  une  littérature  écrite 
dont  elle  est  fière;  la  Gaule  n'en  avait  pas  ;  et  les  Romains,  meilleurs  psy- 
chologues que  les  Russes  le  sont  en  Pologne,  n'ont  pas  comme  les  Russes 
commis  la  faute  de  prétendre  imposer  en  Gaule  leur  langue  par  la  force  et 
comme  une  sorte  d'humiliation  en  provoquant  ainsi  la  résistance.  Les  Gau- 
lois se  sont  fait  honneur  de  savoir  parler  latin,  de  connaître  la  langue  de  la 
civilisation  et  de  la  suprématie  politique.  L'histoire  de  la  Gaule  à  ce  point 
de  vue  doit  être  comparée  à  celle,  non  de  la  Pologne,  mais  des  populations 
payennes  de  la  Sibérie. 

III. 

BoLETiN'  DE  LA  Re.\l  Academia  DE  LA  HiSTORL\,  t.  XXXVIII,  2=  Cahier, 
février  1900.  —  Édition  par  le  P.  Fidel  Fita  des  canons  inédits  d'un  concile 
tenu  à  Oviedo  vers  l'année  900.  On  y  voit  apparaître  un  évéque  siégeant  in 
Britavia  (p.  116);  il  s'appelait  Teodesindiis  qu'il  faut  corriger  en  Rudesindus 
(Ganis,  p.  50,  51).  Il  s'agit  du  siège  épiscopal  breton  d'Espagne  bien  connu 
des  celtistes.  On  a  jusqu'ici  admis  que  le  titre  d'episcopiis  Britoniensis  avait 
disparu  en  683  ;  il  survivait  plus  de  deux  cents  après.  Rudesindus  portait 
aussi  le  titre  d'episcoptis  Dumiensis  (Espana  Sagrada,  t.  XVIII,  p.  66-70,  313). 

IV. 
Entre  Camarades  publié  par  la  Société  des  anciens  élèves  de  la  Faculté 

I.  M.  Mohl  écrit  à  tort  hcrouie,  canome;  cf.  Brugmann,  Grundriss,  t.  II, 
p.  1354. 


PnioJi<]ue.s.  257 

tics  Lettres  de  rUnivcrsilc  de  Paris,  1901.  —  De  qiulques  faits  dinlluencc 
consonantiqiie  à  distance  en  gaélique  par  G.  Dottin.  Intéressants  exemples 
i"  de  dissimilation,  2"  d'assimilation,  3"  d'interversion,  tels  i"  rt/(;/7(' pour 
alailt-  ('  autre  »,  2»^  diudadh  en  dialecte  de  Munster  pour  dingadh  «  glousser  »  ; 
^'^ coisrcihiid,  du  latin  coiisccrulio  avec  cliangement  de  suliixe;  béarla,  forme 
moderne  de  /v7/v  «  langue  ». 

V. 

SlTZUNGSBERICHlE  DES  KaIS.    ACADEMIK  DER  WlSSENSCHAFTEN    IK   WlHN. 

Philosophisch-historische  Classe.  Tome  CXLIII. —  L'accent  en  gaulois 
p.ir  Wilhelm  Mever-Lùbke.  AL  Thurneysen.  un  des  savants  qui,  en  ces 
dernières  années,  ont  fait  faire  aux  études  celtiques  le  plus  de  progrès,  a 
émis  Popinion  que  le  celtique  primitif  accentuait  l'initiale  de  tous  les  sub- 
stantifs. Cette  doctrine  paraît  être  celle  qui  a  prévalu  depuis.  Je  ne  l'ai  jamais 
admise.  Suivant  moi,  la  syllabe  accentuée  en  celtique  primitif  est  celle  qui 
est  devenue  finale  dans  les  langues  modernes  '  ;  le  dialecte  breton  du  van- 
netais  a  seul  conservé  l'accent  primitil  ;  l'accent  irlandais  sur  l'initiale,  l'ac- 
cent breton  et  gallois  sur  la  pénultième  sont  tous  deux  relativement  mo- 
dernes. Nîmes  de  Xcimxusus,  Gap  de  Uapinciiin  conservent,  non  l'accent 
gaulois,  mais  l'accent  ligure-.  Traitant  le  même  sujet,  mais  au  point  de  vue 
exclusif  du  gaulois,  M.  W.  Meycr-Lùbke  arrive  à  cette  conclusion  que  le 
gaulois  nous  est  connu  trop  incomplètement  pour  permettre  l'établissement 
d'une  règle  certaine,  mais  qu'en  cette  langue  les  noms  composés  accentués 
sur  la  syllabe  finale  du  premier  terme,  comme  Vidû-casses  a  Vieux  »,  Bilû- 
l't^es  «  Bourges  »,  conservent  probablement  l'accent  indo-européen,  qu'en 
général  les  noms  de  lieu  gaulois  portent  l'accent  sur  la  pénultième  quand 
elle  est  longue,  sur  l'antépénultième  dans  le  cas  contraire.  Aux  exemples 
réunis  par  M.  Meyer-Lùbke  on  peut  ajouter  la  forme  moderne,  Ccnlnlc,  du 
nom  d'homme  gaulois  Cintiilliis. 

Le  savant  romaniste  dans  le  cours  de  son  mémoire  adresse  à  M,  Holder 
et  à  moi  quelques  critiques  qui  ne  me  semblent  pas  justifiées. 

Ainsi  il  prétend  qu'il  n'existe  aucune  raison  pour  considérer  comme  long 
le  second  a  d\4lirbates.  C'est  que  M.  Meyer  Lùbke  ignore  le  rapprochement 
du  thème  gaulois  alreba-  avec  un  thème  irlandais  de  la  seconde  conjugaison 
dont  \'(i   final  est  primitivement  long  :   alreba  (habitat,  possidct,   coiilinel), 

1.  Sauf  quelques  voyelles  hystérogèncs. 

2.  Ou  peut-être  ibère.  M.  J.  Lcite  de  Vasconcellos  me  fait  observer  que 
le  nom  du  grand  fleuve  d'Espagne,  l'Ebre,  est  en  latin  Hibc rii s  (LuaVin,  Si- 
lius  Italiens,  Claudien,  Avicnus);  or,  de  l'espagnol  Ebro,  il  résulte  que  ce 
terme  géographique  latin  était  accentué  sur  l'antépénultième,  quoique  la 
pénultième  fut  longue.  Ebro  d'Hîbirùs  est  la  résultante  de  la  même  loi  que 
Gap  de  Uapiiiciiiii  et  que  Nîmes  de  Nemaiisiis.  L'orthographe  grecque  "l'^r,-, 
au  génitif  'I^>rj;or,  ne  peut  être  alléguée:  quand  il  s'agit  des  régions  occi- 
dentales de  FFurope,  la  notatipn  latine  est  toujours  plus  exacte  que  la  no- 
tation grecque. 


2)8  Périodicjucs. 

Grannnalica  ccltica,  2^  cd.,  p.  554<i  et  note;  utichat  (habitant),  ibidem, 
p.  10  a. 

Il  reproche  à  M.  Moldcr  de  donner  Dcvoiia  comme  forme  primitive  de 
Dii'ona  «  Cahors  »,  c'est,  dit-il,  une  assertion  sans  preuve.  Mais  il  est  par- 
faitement clair  que  les  Gallo-Romains  ont  dans  un  certain  liombre  de  noms 
remplacé  par  la  prononciation  latine  la  prononciation  gauloise  du  même 
mot.  C'est  ainsi  que  Boilio-iassiS  est  devenu  Badio-iasscs,  Baiocasses  «  Bayeux  ». 
Divona  est  le  même  mot  que  Dèvaiia,  d'où  Aberdeen  en  Ecosse  ;  cf.  Divo- 
diirnni  pour  Dcuo-diiruin  par  l'inHuence  du  latin  dii'us.  D'ailleurs  le  Aojr.'ova 
«  Cahors  »  de  Ptolémée,  1.  II,  c.  7,  ^9,  éditions  donnt-es  chez  Dido», 
p.  204;  Tauchnitz.  p.  100;  Baedeker,  p.  134,  par  Mùller,  Nobbe  et  Wil- 
berg,  doit  être  corrigée  en  Ar,ojova  ^=-  Divona,  correction  nécessaire  au  Bi- 
bona  de  la  Table  de  Peutinger. 

Je  persiste  à  croire  que  1';/  de  -diinnn  dans  les  noms  composés  est  long. 
Le  gallois  dir  «  fort,  certain,  sur  »,  qui  employé  substantivement  signifie 
«  force,  certitude  »  et  le  breton  dir  «  acier  »  supposent  un  celtique  primitif 
dûio-.  C'est  le  gallois  (/«;•  qui  vient  du  latin  diiius.  Dora,  traduisant  oslcinn 
pour  05////»/,  dans  le  dictionnaire  d'Endlicher,  est  excellent.  Mais  Isarnodoi  uni 
«  porte  de  fer  »  dans  la  vie  de  saint  Oyand  écrite  au  vi^  siècle  '■  est  sans 
valeur,  puisque  cette  traduction  date  d'une  époque  où  l'on  ne  parlait  plus 
gaulois.  Isarno-  lui-même  est  germanique  et  non  gaulois:  le  breton  hoinint 
«  fer  ))  exige  un  primitif  (Va; //o-.  Le  changement  de  diiiuni  en  doruin  n'est 
pas  plus  étonnant  que  celui  de  dfiniini  en  doniini  ;  cf.  Diiro-storuni  et  sa  va- 
riante Do/o^/o; /////,  Holder,  t.  I,  col.  1586. 

Au  sujet  de  ce  mot  dnuiini  M.  Meyer-Lùbke  a  peine  à  comprendre  qu'il 
soit  traduit  tantôt  par  «  montagne  »,  tantôt  par  «  forteresse  ».  S'il  était  aussi 
bon  archéologue  que  grammairien,  il  saurait  qu'en  grand  nombre  les  for- 
teresses gauloises  étaient  situées  sur  des  montagnes,  en  sorte  que  la  confu- 
sion des  deux  sens  «  forteresse  »  et  «  montagne  »  était  toute  naturelle. 

La  note  i  de  la  page  6  contient  au  moins  trois  erreurs:  caiant  et  dechant 
ne  peuvent  être  irlandais,  dechinad,  aujourd'hui  dcachnilhuih,  vient  non  de 
dccemctos,  mais  de  *dcknjnuitos,  plus  tard  *dckanialos. 


VI. 

FoLK-LoRE,  t.  XII,  no  I.  —  Mémoire  d'Hléonor  Hull  sur  les  tabous  ou 
geasa  du  vieil  irlandais.  C'est  un  travail  d'ensemble  sur  un  sujet  qui,  me 
semble-t-il,  n'a  été  que  partiellement  traité  jusqu'ici. 


I.  Saint  Ovand,  Entendus,  mourut  en  516  ou  517  {Bibliotheca  hagio^ra- 
phica  latina,  publiée  par  les  Bollandistes,  p.  401);  cf.  Bruno  Krusch,  Siiip- 
tornin  rciiini  nuTovin^^icariDn  toniiis  III,  p.  126.  On  trouve  à  la  page  154  le 
texte  dont  il  s'agit:  Ciii  vetiista  pai;atiitas  ob  celebii  latent  claiisuramqiie  foi  lis- 
siniani  stipt'rtiliosisfinii  tenipli  Gallica  lingua  Isanordoi  i,  id  est  feriei  ostii,  in- 
didil  nonieu.  La  GùUiea  lingua  f\t:  l'auteur  est  le  burgunde. 


Périodiques.  259 


VII. 

Celtia,  mars  1901.  —  Le  7  février  dernier,  le  D'  Maclean  a  fait  à  l'Uni- 
versité de  Glascow  un  exposé  de  l'histoire  des  études  celtiques  depuis  cin- 
quante ans.  Il  m'y  adresse  une  critique  parfaitement  fondée  quand  il  dit  que 
j'ai  eu  tort  de  négliger  l'Ecosse  dans  le  relevé  de  mss.  irlandais  que  j'ai 
publié  en  1883.  J'ignorais  alors  quelles  richesses  possède  en  fait  de  manus- 
crits irlandais  la  patrie  de  mon  docte  critique.  Depuis,  bien  des  savants 
m'ont  reproché  cette  lacune.  Je  regrette  de  n'être  pas  allé  visiter  la  biblio- 
thèque des  avocats  d'Edimbourg.  Mon  Essai  d'mt  catalogue  de  la  littérature 
épique  de  l'Irlande,  qui  a  été  imprimé  à  mes  frais  et  avec  lequel  j'ai  perdu 
de  l'argent,  est  incomplet.  —  Suite  du  dictionnaire  anglais-gaélique-man- 
nois-gallois-breton  :  d'ackuoiuledgiueiit  à  adjective.  —  La  partie  gaélique  du 
Livre  de  Deir,  3e  édition,  par  M.  T.-O.  Russell.  Une  traduction  anglaise 
accompagne  le  texte.  C'est  une  reproduction  de  celle  de  M.  Whitley  Stokes 
{Goidelica,  2^  édition,  p.  106-121),  à  de  très  légères  variantes  près.  —  Vo- 
cabulaire gallois-breton  par  M.  F.  Vallée. 

Avril  1901.  Suite  du  dictionnaire  anglais-gaélique,  etc.:  à'adjoiu  à 
advertiser.  —  Continuation  du  vocabulaire  gallois-breton  de  M.  F.  Vallée. 
—  Errata  de  M.  T.-O.  Russel  à  son  édition  du  Livre  de  Deir.  —  Intéres- 
sants articles  bibliographiques. 

VIII. 

An-.\lect.\  BoLi.ANDi.WA,  t.  XX,  fascicule  i.  —  Ordinairement  j'évite  de 
rendre  compte  de  livres  que  je  n'ai  pas  reçus  soit  en  don,  soit  moyennant 
payement.  Je  fais  exception  pour  le  mémoire  de  iM.  Ludwig  Traube,  Per- 
loiia  Scotorum  que  je  trouve  annoncé  aux  p.  103-106  de  la  livraison  dont  je 
viens  de  donner  le  titre.  Péronne,  aujourd'hui  petite  ville  de  France  du  dé- 
partement de  la  Somme,  eut  une  abbaye  irlandaise  qui  paraît  avoir  duré 
du  milieu  du  septième  siècle  à  l'année  880.  L'irlandais  saint  Fursy,  abbé 
et  fondateur  de  l'abbaye  de  Lagny,  fut  enterré  à  Péronne  entre  les  années  641 
et  642.  Saint  Foillan,  frère  de  saint  Fursv,  devint  abbé  de  Péronne  avant 
632.  Vers  673-691,  on  y  trouve  l'abbé  irlandais  saint  Ultan  ;  entre  673(?) 
et  706  l'abbé  irlandais  Cellanus. 

IX. 

Ro.MAS'lA,  t.  XXX.  —  Deux  mémoires  de  M.  Ferdinand  Lot  :  I.  Nou- 
velles études  sur  la  provenance  du  cycle  arthurien,  relations  d'Arthur  avec  la 
Cornouaille  anglaise,  le  Pays  de  Galles  et  l'Ecosse.  II.  Le  cri  de  la  bête 
dans  le  Daniel  du  Stricker. 

Besançon,  le  17  avril  1901. 

H.  d'Aubois  de  Jubainville. 


ERRATUM. 

P.  45.  1.  9  et  14.  (//(  lieu  tic  Lazanioii.  liici  Layamoii. 


Le  Proprichiiit'-Gcrûiil :  ^'eLlvc  E.  Bouillon. 


Chanres.  —  Imprimerie  Durand,  rue  Fulbert. 


L^ELÉMENT   GAULOIS 

DANS     LA     LANGUE     FRANÇAISE 


Feu  Arsène  DARMESTETER 


LES  ROMAINS  ET  LES  GAULOIS 

Des  peuples  d'origines  diverses  habitaient  le  pays  limité  par 
la  Méditerranée,  l'Océan,  les  Pyrénées,  les  Alpes  et  le  Rhin: 
c'étaient  au  Nord  et  au  centre  les  Belges  et  les  Celtes,  deux 
grandes  tribus  de  la  famille  gauloise;  au  Sud-Ouest,  entre  les 
Pyrénées,  l'Océan  ci  la  Garonne,  les  Aquitains  ou  Ibères  qui 
s'étendaient  antérieurement  jusqu'aux  Cévennes  et  au  Rhône. 
Entre  le  Rhône  et  les  Alpes  étaient  les  Ligures  qui  de  l'autre 
côté  des  Alpes  possédaient  le  Nord  de  l'Itahe,  la  Gaule  Cisal- 
pine. Les  Ligures  étaient  d'origine  gauloise^,  les  Ibères 
n'étaient  pas  indo-européens.  Enfin,  sur  les  côtes  de  la  Médi- 
terranée florissaient  des  colonies  grecques  dont  la  plus  illustre 
était  Marseille.  Sur  les  bords  du  Rhin,  au  Nord-Est,  les  Ger- 
mains faisaient  des  incursions  dans  la  Belgique.  Marseille  et 
son  territoire,  les  Ligures,  les  Ibères,  les  Celtes,  les  Belges 
formaient  autant  de  peuples  divers,  indépendants,  se  subdivi- 
sant en  une  foule  de  peuplades  et  de  cités  ayant  leur  auto- 

I.  Mûllenhoff  les  croyait  Anariens.  Suivant  d'autres  ils  sont  indo-euro- 
péens, probablement  du  groupe  italiote.  —  Note  de  la  rédaction. 

Rivue  Cdliqut,  XXII.  i8 


262  Feu  Arsène  Darmesieter.- 

nomie,  en  guerre  les  unes  avec  les  autres,  et  quelquefois  unis 
pour  combattre  des  ennemis  communs.  \'ers  l'an  60,  en 
dehors  de  la  Narbonnaise,  on  comptait  60  États  différents, 
9  dans  l'Aquitaine,  dans  la  Celtique  14,  entre  la  Garonne  et 
la  Loire,  22  entre  la  Loire  et  la  Seine  (la  Seine  comprise), 
dans  la  Belgique  15.  Chez  les  Aquitains  ou  Ibères,  c'étaient  les 
Ausci  qui  avaient  la  prcdominence  politique  avec  Elimberris 
pour  capitale  (plus  tard:  Augusta  Auscorum).  Dans  la  Gaule 
centrale,  les  Arvernes  et  les  iî!duens  se  disputaient  l'hégé- 
monie, et  plus  tard  les  .-Eduens  et  les  Séquancs;  dans  la  Bel- 
gique, les  Suessiones. 

Quelques-unes  de  ces  peuplades,  en  très  petit  nombre, 
avaient  des  rois  héréditaires  ;  la  plupart  formaient  des  répu- 
bliques aristocratiques  où  le  pouvoir  appartenait  aux  prêtres 
(druides)  et  à  la  noblesse  (équités).  Celle-ci  avait  sous  elle 
une  troupe  nombreuse  de  clients  et  de  serviteurs  (ambacti)  ; 
elle  se  donnait  un  magistrat,  chef  suprême  nommé  à  l'élec- 
tion :  tel  était  le  Vergobret  des  iî!duens.  Quant  au  peuple. 
César  nous  le  montre  réduit  à  une  condition  voisine  de  l'es- 
clavage, sans  droit  ni  participation  aucune  aux  affaires.  «  Ac- 
cablé du  poids  des  dettes  et  des  impôts,  victime  des  violences 
de  l'aristocratie,  il  reconnaît  lui-même  sa  servitude  et  subit 
de  la  part  des  nobles  une  autorité  semblable  à  celle  que  les 
maîtres  exercent  sur  leurs  esclaves  «  (B.  G.,  VI,  13).  Nous 
reviendrons  sur  cette  situation  du  peuple,  situation  qui  nous 
expliquera  bien  des  choses  lors  de  la  conquête. 

Nous  ne  dirons  rien  de  la  religion,  des  moeurs  et  des  insti- 
tutions des  Gaulois  avant  la  conquête.  Leur  civilisation  était 
assez  avancée.  Ils  habitaient  dans  des  cabanes  de  planches  et 
d'osiers,  formaient  des  villages  ouverts  ou  des  villes  enceintes 
de  murs  de  pierres.  S'ils  ignoraient  l'art  d'aménager  et  d'orner 
leur  intérieur,  mangeant  à  terre,  assis  ou  couchés  sur  des  peaux 
de  bêtes  sauvages,  ils  aimaient  briller  au  dehors,  parant  leurs 
vêtements  et  leurs  armes,  portant  des  épées  et  des  boucliers 
ciselés  et  dorés,  des  bracelets  et  autres  bijoux.  Ils  préféraient 
la  chasse  à  l'agriculture,  surtout  dans  le  Nord,  entretenaient 
des  pâturages  et  s'adonnaient  spécialement  à  la  charcuterie. 
Toute  l'Italie  se  fournissait  de  jambons  et  de  viandes  salées  au- 


L'élément  gaulois  dans  la  langue  française.  26^ 

près  d'eux.  C'étaient  les  premiers  charcutiers  du  monde.  La 
tradition  de  cet  art  a  été  conservée  par  leurs  descendants 
d'Arles,  de  Bayonne,  de  Lyon,  de  Troyes  et  de  Mayence.  Ils 
exploitaient  les  mines,  travaillaient  les  métaux  et  surtout  les 
métaux  précieux.  Les  Romains  introduisirent  chez  eux  la  vigne 
qui  y  prit  une  merveilleuse  extension. 

Quelles  étaient  les  langues  parlées  en  Gaule  ?  César  en  re- 
connaît trois,  comme  il  reconnaît  trois  peuples,  la  langue  des 
Aquitains,  celle  des  Celtes  ou  Gaulois,  celle  des  Belges  (B. 
G.,  I,  i).  Pline  admet  la  division  de  la  Gaule  en  trois  peuples  : 
de  l'Escaut  à  la  Seine,  de  la  Seine  à  la  Garonne,  de  la  Garonne 
aux  Pyrénées  (IV,  17,  105),  De  même,  Pomponius  Mêla 
(III,  20).  Ammien  Marcellin,  au  iv^  siècle,  reproduit  le  té- 
moignage de  l'historien  grec  Timagène,  qui  vivait  au  i^''  siècle, 
et  rapporte  qu'autrefois  la  Gaule  était  divisée  en  trois  peuples 
différents  par  les  institutions  et  les  lois,  comme  par  la  langue 
(XV,  II,  i).  Mais  Strabon,  le  géographe  grec  si  judicieux  et  si 
exact,  remarque  expressément  que  seuls  les  Aquitains  dif- 
fèrent essentiellement  par  l'aspect  physique  et  par  la  langue 
des  autres  habitants  de  la  Gaule  :  ils  ressemblent  bien  plus, 
dit-il,  aux  Ibères  qu'aux  Gaulois,  et  quant  au  reste  des  habi- 
tants de  la  Gaule,  ils  ne  se  ressemblent  pas  entièrement  entre 
eux  par  leurs  usages  et  leurs  idiomes;  mais  que  les  différences 
qui  les  séparent  sont  petites  (Strabon,  IV,  i,  i)!  Tacite  (Agri- 
cola,  II)  dit  que  les  Bretons  ressemblent  beaucoup  aux  Gau- 
lois et  que  leur  langue  n'est  guère  différente  de  celle  qui  do- 
mine dans  les  Gaules. 

En  effet,  les  travaux  les  plus  récents  de  l'érudition,  les  re- 
cherches de  MM,  Roger  de  Belloguet,  Zeuss,  d'Arbois  de 
Jubainville,  etc.,  ont  mis  hors  de  doute  ce  fait  qu'en  Gaule 
régnaient  deux  langues,  celle  des  Aquitains  ou  Ibères,  aujour- 
d'hui l'euskara  ou  basque,  et  celle  des  Gaulois,  parlée  avec 
des  différences  dialectales  plus  ou  moins  sensibles  par  les 
Belges  et  les  Celtes. 

Les  Ibères,  sortis  vraisemblablement  de  l'Espagne,  avaient 
occupé  le  Sud  de  la  France,  et  peut-être  tout  le  littoral  de  la 
Méditerranée  jusqu'au  Nord  de  l'Italie,  car  on  a  retrouvé  leurs 
traces  et  un  souvenir  de  leur  passage  dans  l'onomastique  an- 


264  l^eu  Arsène  Darmesîcicr. 

cienne  de  hi  vallée  supérieure  et  des  rives  du  Pô  (voir  surtout 
l'inscription  alimentaire  de  Felcia).  Du  moins  leur  présence 
est  établie  sûrement  dans  la  région  transgaronienne  à  l'époque 
romaine,  et  de  nos  jours  encore  entre  l'Ebre  et  l'Adour;  elle 
est  encore  visible  à  l'époque  de  l'arrivée  des  Romains,  dans  le 
Roussillon  et  le  Bas-Languedoc,  où  même  de  nos  jours,  la  to- 
ponomastique  des  vallées  du  Tech,  du  Tet  et  de  l'Agly  en  ont 
conservé  quelques  souvenirs.  Ces  Ibères  sont  les  Basques  et 
n'appartiennent  pas  à  la  famille  indo-européenne. 

Quant  aux  Ligures  ou  Liguses,  A'.vjsr,  ils  étaient  sûrement 
indépendants  des  Ibères  :  partout  où  la  tradition  historique 
les  représente  comme  occupant  les  pays  sans  s'être  mêlés  aux 
Ibères,  on  ne  rencontre  aucun  des  radicaux  caractéristiques 
iliouiri  (=  ville),  propres  aux  pays  ibériens,  radicaux  que  le 
vocabulaire  géographique  ancien  fait  figurer  dans  la  compo- 
sition des  46  noms  pour  l'Espagne,  l'Aquitaine  et  le  Rous- 
sillon (voir  la  liste  donnée  dans  les  Comptes  Rendus  de  la 
classe  de  philosophie  et  d'histoire  de  l'Acad.  des  Se.  de 
Vienne,  LXVII,  365-6).  On  n'en  trouve  pas  la  moindre  trace 
dans  l'onomastique  du  pays  génois,  la  patrie  même  des  Li- 
gures, c'est-à-dire  la  région  où  ils  se  sont  pour  toujours  établis. 

Les  témoignages  de  l'antiquité  classique  nous  les  montrent 
également  établis  dés  le  vi'^  siècle^,  et  même  dès  le  ix"-"  siècle 
avant  J.-C.  (Hésiode),  établis  sur  la  rive  droite  du  Rhône,  et 
par  toute  la  Provence,  d'où  sans  doute  ils  auraient  refoulé  les 
Ibères  vers  l'Ouest  dans  le  Languedoc.  Les  Celtes  resser- 
rèrent leur  domaine  entre  cette  région  et  la  Provence. 

Les  noms  géographiques  des  Ligures  dont  la  forme  est  cer- 
taine, s'expliquent  facilement  parle  Gaulois.  Il  paraît  donc  que 
les  Ligures  sont  une  branche  de  la  famille  gauloise,  et  c'est 
comme  tels  qu'ils  sont  aujourd'hui  considérés'.  L'éminent  phi- 
lologue de  Milan,  M.  Ascoli,  demande  au  gaulois  l'explication 
de  nombreux  phénomènes  linguistiques  des  dialectes  du  Nord 
et  de  l'Italie,  dialectes  parlés  par  les  descendants  des  Ligures. 

Quant  aux  Gaulois,  Galli,  TxXKy.,  FaXâ-ra'.,  nous  n'avons  pas 
ici  à  parler  de  leur  origine  ni  de  leurs  migrations.  Disons  seu- 

I.  Doctrine  contestée.  —  Note  de  la  rédaction. 


L'élément  oaulois  dans  la  langue  française.  265 

lement  que  des  derniers  travaux  qui  leur  ont  été  consacrés,  il 
semble  résulter  que  leur  établissement  en  Gaule  était  relati- 
vement récent,  et  qu'ils  dataient  de  5  ou  6  siècles  au  plus. 
D'où  venaient-ils  ?  A  quel  rameau  de  la  grande  flimille  indo- 
européenne appartenaient-ils  ?  On  ne  peut  répondre  à  ces 
questions. 

Nous  allons  maintenant  faire  rapidement  l'histoire  de  la 
conquête  de  la  Gaule  par  les  Romains.  Cette  histoire  est  néces- 
saire pour  comprendre  comment  la  Gaule  perdit  si  vite  sa  langue 
pour  devenir  romaine. 

En  154  avant  J. -G.,  des  Ligures  ayant  attaqué  les  établis- 
sements marseillais  d' Antipolis  et  de  Nicia,  Marseille,  amie  et 
alliée  de  Rome,  envoie  au  Sénat  une  députation  pour  lui  de- 
mander aide  et  secours.  Les  députés  s'en  retournent  avec  trois 
commissaires  :  Flaminius,  Popilius  Lenas  et  L.  Pupius, 
chargés  d'examiner  la  situation  du  pays.  Les  Ligures  s'oppo- 
sent à  leur  débarquement  à  Agytna  (Gannes  ?)  et  blessent 
Flaminius.  Alors  le  consul  Q..  Opimius  à  la  tète  d'une  armée 
tranchit  l'Apennin  et  ks  Alpes,  bat  les  Ligures,  et  donne  aux 
Marseillais  une  partie  de  leur  territoire. 

En  125  les  Ligures  reviennent  à  la  charge.  Le  consul  Fulvius 
Flaccus  d'abord  seul,  puis,  en  124,  aidé  du  consul  G.  Sextius 
Galvinus,  leur  fait  subir  plusieurs  défaites.  La  métropole  des 
Salluvii,  tribu  ligurienne,  est  détruite  et  Sextius  fonde  un 
castellum  auquel  il  donne  le  nom  d'Aquae  Sextiae;  ce  fut 
plus  tard  une  ville,  Aix  (122).  G'est  en  122  que  se  place 
donc  le  premier  établissement  romain  de  la  Gaule  transalpine. 

Teutomalius,  roi  des  Salluvii  battus,  va  se  réfugier  chez 
les  Allobroges  qui  venaient  d'ailleurs  de  dévaster  le  territoire 
des  ^î!dui  «  alliés  du  peuple  romain  ».  Les  Romains  déclarent 
la  guerre  aux  Allobroges  qui  réclament  le  secours  de  leurs 
patrons  les  Arvernts  et  de  leur  roi,  le  riche  et  puissant  Bituit. 
Domitius  Ahenobarbus  et  après  lui  Q..  Fabius  Maximus  écra- 
sèrent les  Gaulois  au  confluent  du  Rhône  et  de  l'Isère,  et 
30000  légionnaires  firent  périr  plus  de  100  000  barbares.  Les 
Allobroges  et  leurs  voisins  terrifiés  se  soumirent  et  la  Nar- 
bonnaise  fut  conquise.  Une  colonie  romaine  fut  établie  à  Nar- 
bonne,  Narbo  Martius  en  118  et  des  généraux  revêtus  de  l'im- 


266  FLuAi:>èiu  Diimitstetti. 

perium  curent  la  provincia  de  la  Gaule  transalpine,  c'est-à- 
dire  le  commandement  militaire  de  cette  région,  sans  que 
celle-ci  fût  bien  délimitée  à  l'Est,  au  Nord  et  à  l'Ouest. 

Vers  l'an  iio,  il  y  avait  en  Narbonnaise:  i.  Une  seule  co- 
lonie romaine,  Narbo  Martius  Atacinorum  ;  2.  Des  castella  ou 
praesidia,  çpcup-.a,  avec  garnison  romaine  à  Aquae  Sexticie,  à 
Tolosa,  et  probablement  dans  quelques  autres  lieux;  3.  Mar- 
seille et  ses  colonies  qui  avaient  leur  autonomie,  en  qualité  de 
foederatae  populo  romano.  4.  Les  villes,  bourgades  et  terri- 
toires des  Salluviens  et  des  Ligures  sujets  et  dedititii  du  peuple 
romain,  5.  Enfin,  \d.  provincia,  c'est-à-dire  le  gouvernement 
militaire  à  circonscription  mal  déterminée,  des  préteurs  ro- 
mains. 

En  102,  la  terrible  invasion  des  Cimbres  et  des  Teutons 
vient  s'arrêter  et  succomber  sous  les  coups  de  Marius,  dans  la 
vallée  d'Aix. 

Les  peuples  de  la  Narbonnaise,  terrifiés  par  cette  invasion, 
reconnaissent  dès  lors  en  Rome  une  protectrice  qu'ils  appren- 
nent à  respecter. 

Nous  passons  rapidement  sur  l'histoire  de  la  Narbonnaise 
de  l'an  102  à  l'an  59,  époque  du  consulat  de  César. 

Les  propréteurs  se  suivent  régulièrement.  En  83,  Valerius 
Flaccus  triomphe  des  Celtibères  et  des  Gaulois;  il  donne  à  plu- 
sieurs Gaulois  le  titre  de  citoyens  romains,  entre  autres  au 
gaulois  Caburus  qui  devient  C.  Valerius  Caburus  et  dont  le 
fils,  C.  Valerius  Procillus  qui  parlait  latin  et  gaulois,  servit  à 
César  d'interprète  dans  ses  rapports  avec  l'allemand  Arioviste 
qui  parlait  aussi  gaulois  (B.  G.,  I,  47,  53). 

Pendant  la  guerre  d'Espagne,  où  Pompée  combat  Sertorius, 
les  Gaulois  de  la  Narbonaise  se  soulèvent  et  s'enrôlent  dans 
le  parti  de  Sertorius.  Pompée,  pour  récompenser  Marseille  de 
sa  fidélité,  ajoute  au  domaine  que  Rome  lui  avait  déjà  attribué 
sur  la  rive  gauche  du  Rhône,  Arelate,  Avennio,  Cabellio,  etc., 
des  terres  enlevées  aux  Helvii  et  aux  Volcae  Arecomici  sur  la 
rive  droite  du  fleuve.  Fonteius  est  laissé  comme  proconsul  de 
la  Narbonaise,  et  il  y  commet  des  exactions  dignes  de  Verres. 
Cicéron  le  défend  et  le  sauve.  On  voit  dans  ce  plaidoyer  de 
Cicéron  comment  les  Romains  s'insinuaient  et  pénétraient  au 


L'élément  gaulois  dans  la  langue  française.  267 

milieu  des  Gaulois  :  «  La  Gaule  est  remplie  de  négociants  ro- 
mains et  de  citoyens  romains.  Aucun  Gaulois  ne  fliit  d'atiaires 
sans  eux  ;  il  ne  circule  pas  en  Gaule  une  seule  pièce  d'argent 
qui  ne  soit  portée  sur  les  livres  des  citoyens  romains  (Pro 
Fonteio,  4)  K 

En  6r,  nouvelle  défliite  des  AUobroges  qui  avaient  fait  une 
incursion  dans  la  Gaule  Narbonnaise. 

En  60,  les  Suèves  d'Arioviste  franchissent  le  Rhin  et  atta- 
quent les  iEduens,  alliés  des  Romains  :  cette  lutte  amène  une 
conflagration  générale  qui  menace  la  Narbonnaise. 

La  Gaule  alors  était  divisée  en  deux  fédérations  ayant  à  leur 
tète,  l'une  les  vEduens,  et  l'autre  les  Arvernes,  avec  les  Se- 
quanes  comme  alliés.  Ces  peuples  se  disputaient  le  protectorat 
de  la  Celtique  quand  les  Arvernes  et  les  Séquanes  engagèrent 
comme  mercenaires  des  Germains.  15000  passèrent  le  Rhin, 
mais  attirés  par  la  fertilité  et  la  richesse  du  pays  d'autres  arri- 
vèrent et  ce  fut  une  véritable  invasion.  Les  ^Eduens  voulurent 
les  arrêter  :  ils  furent  écrasés.  Mais  les  Séquanes,  vainqueurs 
iwcc  les  Germains  des  ^îiduens,  furent  plus  maltraités  que  les 
vaincus,  car  Arioviste  leur  imposa  ses  hordes,  s'empara  de  leurs 
terres  et  les  traita  en  peuple  conquis. 

Les  choses  en  étaient  là  quand  César  reçut  du  Sénat  en  59 
la  Narbonaise  et  la  Cisalpine  avec  la  Gallia  comala,  c'est-à-dire 
la  Celtique  et  la  Belgique  à  conquérir. 

Les  Romains  distinguaient  alors  la  Gallia  iogata,  ou  Gaule 
Cisalpine,  Gaule  Ligurienne,  tout  à  tait  romanisée  à  cette 
époque,  hOallia  bracata  ou  Narbonnaise,  et  la  Gallia  coiiiata, 
comprenant  le  reste  de  la  Gaule,  c'est-à-dire  le  pays  compris 
entre  le  Rhin,  l'Océan,  les  Pyrénées  et  la  Province  ou  Nar- 
bonnaise. 

La  situation  était  fiivorable.  Dans  la  Gaule  chevelue  s'opé- 
raient alors  de  grands  changements.  Dans  chaque  cité,  dans 
chaque  bourg,  dans  chaque  famille,  dit  César,  il  y  avait  deux 
partis.  Les  druides  et  les  nobles,  en  effet,  se  sentaient  menacés 
dans  leurs  privilèges  par  les  sourdes  révoltes  du  peuple  qui  ré- 


I .  Gaule  dans  ce  texte  signifie  la  province  de  Gaule  transalpine  où  la 
Gaule  barbare  n'était  pas  comprise.  —  Note  de  la  rédaction. 


268  Feu  Arsc'ic  Daimestcter^ 

clamait  sa  part  de  liberté.  De  nouvelles  républiques  se  for- 
maient livrées  à  tous  les  orages  que  soulevaient  les  ambitions 
rivales.  Vers  le  temps  du  consulat  de  César,  un  chef  arverne 
avait  péri  sur  le  bûcher  pour  avoir  tenté  de  rétablir  la  royauté 
proscrite,  et  en  ce  moment  trois  nobles  chez  les  Helvètes,  les 
Séquanes  et  les  ^îiduens  conspiraient  la  chute  des  nouvelles 
institutions  démocratiques. 

Aces  déchirements  intérieurs  s'ajoutait  l'anarchie.  Tous  ces 
peuples  étaient  rivaux,  chaque  année  la  guerre  éclatait  quelque 
part.  Ces  peuples  n'avaient  point  de  communauté  d'intérêts, 
et  partant  il  n'existait  point  pour  eux  de  patrie  gauloise.  La 
patrie  était  locale,  était  de  la  cité,  non  du  pays,  ce  n'était  pas 
la  Gaule. 

César  exploita  habilement  ces  divisions  et  cette  anarchie, 
qui  lui  venaient  si  bien  en  aide. 

Les  Helvètes  flitigués  des  continuelles  incursions  des  Suèves 
voulaient  émigrer  sur  les  bords  de  l'Atlantique,  César  les  re- 
foule dans  leurs  montagnes,  marche  ensuite  contre  les  Suèves, 
les  met  en  fuite  et  force  Arioviste  à  repasser  le  Rhin.  En  une 
campagne  ()8),  il  avait  terminé  deux  guerres  formidables. 
Mais  les  Belges  effrayés  du  voisinage  des  légions  romaines, 
votent  la  levée  en  masse.  Les  ^Eduens  et  les  Rèmes,  trahissant 
les  Belges,  passent  aux  Romains  qui  viennent  facilement  à 
bout  d'une  armée  désorganisée  par  la  trahison.  La  coalition  est 
dissoute;  César  dompte  ensuite  ces  peuples  les  uns  après  les 
autres,  les  Suessions,  les  Bellovaques  et  les  Ambiens  se  sou- 
mettent immédiatement.  Les  Nerviens  luttent  héroïquement, 
et  finissent  par  être  écrasés.  De  600  sénateurs,  il  en  sur- 
vécut trois;  de  60000  combattants,  500.  La  Belgique  était 
domptée.  Pendant  ce  temps,  Crassus  avec  une  légion  sou- 
mettait la  Celtique.  Dès  la  seconde  campagne  la  Gaule  pa- 
raissait soumise  (57).  César  quitte  la  Gaule  laissant  sept  lé- 
gions au  nord  de  la  Loire,  pour  surveiller  l'Armorique,  et  une 
légion  dans  le  Valais  pour  ouvrir  une  route  entre  la  Celtique 
et  l'Italie.  Mais  l'Armorique  se  soulève,  César  revient  de  l'Il- 
lyrie  écraser  les  Vénètes  dans  une  formidable  bataille  navale. 
Leur  noblesse  périt  dans  les  supplices,  la  population  fut 
vendue;  d'autres  peuplades  à  l'Ouest  firent  leur  soumission  et 


L'elc ment  gaulois  dans  la  langue  française.  269 

les  légions  romaines  victorieuses  parcoururent  la  Gaule  en- 
tière, des  Pyrénées  à  la  mer  du  Nord. 

L'année  suivante  fut  signalée  par  des  campagnes  en  Ger- 
manie et  en  Bretagne  ;  César  voulait  isoler  la  Gaule  et  montrer 
qu'elle  n'avait  rien  à  attendre  de  ses  voisins.  La  guerre  parais- 
sait finie  :  elle  n'avait  pas  encore  commencé.  Les  peuples,  en 
effet,  avaient  jusqu'ici  combattu  séparément,  chacun  pour  sa 
patrie  locale.  Ils  comprirent  que  l'intérêt  de  chacun  était  l'in- 
térêt de  tous. 

Un  premier  soulèvement,  dirigé  par  l'Eburon  Ambiorix,  le 
trévère  Indutiomar  et  le  Sénonais  Accon,  entraîne  le  Nord  et 
l'Est  de  la  Gaule,  sauf  les  ^Eduens  et  les  Rèmes  traîtres  à  la 
cause  nationale. 

Malgré  la  soudaineté  du  soulèvement,  César  et  ses  lieute- 
nants Q.  Cicéron  et  Labienus  triomphèrent  des  Gaulois,  Indu- 
tiomar périt  dms  une  bataille,  Accon,  vaincu  et  fait  prisonnier, 
fut  exécuté.  Ambiorix  seul  parvint  à  s'échapper.  Mais  ce  soulè- 
vement n'était  que  le  prélude  d'un  autre  plus  vaste  encore.  Il 
partit  du  pays  des  Carnutes,  tous  les  Romains  établis  à  Cena- 
bum  furent  égorgés,  et  le  même  jour  la  nouvelle  en  fut  portée 
par  des  crieurs  jusqu'à  Gergovie,  chez  les  Arvernes.  Un  jeune 
noble,  Vercingétorix,  se  fit  investir  du  commandement  mili- 
taire, provoqua  la  réunion  d'un  conseil  suprême  des  villes 
confédérées  et  entraîna  les  Arvernes  et  le  centre  de  la  Gaule 
qui  jusqu'ici  étaient  restés  étrangers  à  la  lutte. 

Nous  n'avons  pas  à  raconter  cette  lutte  épique  où  le  génie 
de  Vercingétorix  parut  un  instant  triompher  de  César,  et  qui 
finit  par  la  tragédie  d'Alesia  (5  r).  Je  veux  seulement  faire  re- 
marquer que  dans  ce  vaste  soulèvement  de  la  Gaule,  un  tiers 
encore  des  habitants  s'abstint,  les  nombreuses  peuplades  de 
l'Aquitaine,  celles  de  la  Belgique  rhénane  et,  dans  le  cœur  du 
pays  celtique,  les  Rémois,  les  Lingons,  les  Trévères  et  les 
Bellovaques. 

La  chute  d'Alesia  fut  le  signal  de  la  soumission.  Les  der- 
niers mouvements,  ceux  de  l'agonie,  chez  les  Bituriges,  les 
Carnutes,  les  Cadurques,  furent  rapidement  et  cruellement 
réprimés.  La  conquête  de  la  Gaule  s'acheva  au  milieu  des  mas- 
sacres et  des  carnages.  La  plus  grande  partie  de  la  noblesse, 


270  Feu  Arsène  Darnustcter. 

une  bonne  partie  de  la  population  avait  succombé.  Mais  Rome 
s'étendait  maintenant  jusqu'au  Rhin,  à  la  mer  du  Nord  et  à 
l'Atlantique.  «  Durant  huit  années  de  guerre,  dit  Plutarquc, 
César  avait  forcé  plus  de  800  villes,  subjugué  300  nations, 
vaincu  3000000  de  combattants,  dont  un  million  avait  péri 
sur  le  champ  de  bataille,  et  un  million  était  réduit  en  eschv- 
vage.  » 

La  Gaule  domptée  par  les  armes,  il  passa  aussitôt  une  année 
à  la  gagner  et  à  lui  faire  oublier  sa  défiiite  (50).  Point  de  con- 
fiscation, ni  d'impôts  onéreux,  point  de  mesures  violentes  et 
vexatoires.  La  Gaule  chevelue  fut  réduite  en  province  romaine; 
mais  les  villes  conservèrent  leurs  lois  et  leur  gouvernement, 
et  le  seul  signe  de  la  conquête  fut  un  tribut  de  40  millions  de 
sesterces.  En  44,  il  la  divisait  en  trois  parties,  la  Narbonnaise 
confiée  à  Lepidus,  la  Belgique  confiée  à  Hirtius  et  la  pro- 
vince centrale  confiée  à  Munatius  Plancus. 

Quelques  années  après,  Marseille  prit  parti  pour  le  Sénat  et 
Pompée  contre  César.  Réduite  par  Trebonius,  elle  se  rendit, 
à  la  merci  du  vainqueur  qui,  en  lui  laissant  sa  liberté,  détacha 
d'elle  plusieurs  de  ses  colonies,  Agde,  Antibes,  Arles,  pour  en 
faire  des  colonies  romaines,  fonda  le  Forum  Julii  (Fréjus),  port 
nouveau  dont  la  prospérité  fut  fatale  à  l'ancienne  cité  pho- 
céenne, et  qui  devint  une  des  grandes  stations  navales  de 
l'Empire  et  le  premier  port  militaire  de  la  Gaule.  Marseille  ne 
se  releva  pas  de  cette  malheureuse  guerre,  et  bientôt  la  répu- 
blique déchue  se  consola  par  l'étude  des  lettres,  et,  après  avoir 
été  la  rivale  de  Carthage,  se  fit  la  rivale  d'Athènes. 

Auguste  acheva  l'œuvre  de  César. 

Mais  avant  d'étudier  les  mesures  décisives  par  lesquelles 
Rome  assura  la  romanisation  de  la  Gaule,  il  est  nécessaire  de 
se  rendre  compte  de  l'état  moral  de  la  Gaule  après  la  conquête. 

Ce  n'est  pas  sans  étonnement  qu'on  voit  César,  aussitôt 
après  la  conquête,  lever  une  légion  tout  entière  parmi  les 
Gaulois  de  la  Narbonnaise,  la  légion  de  FAlouette,  et  appeler 
à  siéger  au  sénat  des  Transalpins  qui  changeaient  ainsi  la  saie 
et  les  braies  de  leurs  ancêtres  contre  le  laticlave  romain.  Cf. 
Cicéron,  Famil.,  IX,  13  :  «  in  urbem  nostram  est  infusa  pere- 
grinitas,  nunc  vero  etiam  bracatis  et  transalpinis  nationibus. 


L'élément  gaulois  dans  la  Lwgue  française.  271 

utnullum  vetcris  leporis  vestigium  appareat.  »  Un  changement 
si  subit  est  tait  pour  surprendre.  Mais  deux  considérations 
permettent  de  rendre  compte  d'une  révolution  si  rapide. 

On  est  revenu  des  théories  de  H,  Martin  et  d'Amédée 
Tliierrv,  voyant  dans  les  Gaules  une  puissante  nationalité 
dont  tous  les  membres  se  reconnaissaient  comme  frères,  comme 
enfants  d'une  même  patrie.  Pour  les  Gaulois,  la  patrie  n'exis- 
tait pas  ;  c'est  Rome  qui  lui  apporta  cette  notion. 

Ce  que  le  Gaulois  aimait,  et  entendait  défendre,  c'était  son 
pagus,  son  coin  ;  les  divers  peuples  de  la  Gaule  pouvaient  être 
confédérés,  unis  par  une  certaine  communauté  d'intérêts;  ils 
ne  se  sentaient  pas  frères.  Les  liens  qui  unissaient  les  tribus 
gauloises  étaient  trop  lâches  et  trop  souvent  rompus.  Dans  la 
dernière  et  terrible  guerre  de  l'an  53,  on  put  croire  un  instant 
qu'avec  Vercingétorix  ces  efforts  généreux,  malheureusement 
trop  tardifs,  étaient  la  marque  d'une  certaine  communauté  de 
sentiments,  et  que  la  patrie  gauloise  venait  de  naître  ...  pour 
mourir.  Mais  un  examen  plus  froid  et  plus  impartial  des  faits 
nous  permet  d'affirmer  qu'il  n'y  avait  guère  autre  chose 
au  fond  de  ce  soulèvement  de  la  Gaule,  après  six  années  de 
guerre,  que  lintérèt  trop  évident  d'une  action  d'ensemble,  et 
que  cet  intérêt  avait  seul  resserré  les  liens  de  tous  ces  peu- 
ples, avait  converti  les  clientèles  en  ligues  et  réuni  la  masse 
des  guerriers  dans  une  confédération  qu'ils  auraient  dû  juger 
depuis  longtemps  nécessaire.  Que  de  difficultés,  que  de  dis- 
cordes n'avaient  pas  jusqu'alors  paralysé  l'action  simultanée  de 
toutes  les  forces  de  la  Gaule  !  On  employa  tous  les  moyens 
pour  aviver,  rapprocher,  enflammer  ces  éléments  étrangers  ou 
rivaux  :  la  force  et  la  violence,  comme  l'éloquence  et  la  per- 
suasion. On  montra  les  menaces  de  l'esclavage  pour  les  femmes 
et  les  enfiints,  de  la  mort  pour  les  hommes  ;  on  imposa  une 
discipline  redoutable  qui  frappait  de  tortures  et  même  de 
mort  les  hésitants  et  les  incertains.  Les  chefs  gaulois  font 
appel  aux  intérêts  privés  et  personnels,  jamais  à  la  patrie  gau- 
loise. Le  mot  patrie  ne  paraît  pas. 

Si  grand  que  fût  cet  effort,  si  beau  que  fût  le  spectacle  de 
cet  héroïsme,  on  ne  peut  oublier  que  ce  tableau  avait  ses 
taches.  Partout  César  trouva  des  défections  dont  il  sut   tirer 


272  .    Feu  Arsine  Dannesteter. 

grand  parti,  les  Ediicns  en  Celtique,  les  Lingons  et  les  Rémois 
en  Belgique.  Par  toute  la  Gaule  éclataient  ces  luttes  intestines 
qui,  renversant  les  rois  héréditaires,  amenaient  l'avènement 
d'une  aristocratie  jalouse  dont  les  membres  se  disputaient  le 
pouvoir  même  en  face  de  Tennemi,  comme  le  vergobret  Liscus 
et  Dumnonix,  ou  trahissaient  leur  pays  comme  le  druide  Di- 
viciac,  comme  Viridomar  et  Commius.  Le  Carnute  Tasgetius 
et  le  Sénon  Cavarinus  sont  comblés  des  bienfaits  de  César, 
Vertiscus,  Andebrogius  et  Iccius  livrent  les  Rémois  au  gé- 
néral romain;  le  Trévère  Cingetorix,  l'iîlduen  Convictolitavis 
demandent  son  secours  contre  les  leurs.  L'Arverne  Epasnactus, 
l'Helvien  Donnotaurus  se  dévouent  à  sa  personne.  L'Arverne 
Vertico  devient  l'espion  de  Q.  Cicéron.  Dans  la  lutte  dernière 
un  tiers  de  la  Gaule  reste  tranquille  et  refuse  de  combattre.  Ni 
les  nombreuses  peuplades  de  l'Aquitaine,  ni  celles  de  la  Bel- 
gique rhénane,  ni  dans  le  cœur  même  du  pays  celtique,  les 
Rémois,  les  Lingons,  les  Trévères,  les  Bellovaques  n'envoient 
de  contingent  à  Alesia.  Il  n'existait  en  Gaule  rien  de  compa- 
rable à  ce  lien  puissant  et  sacré  qui  s'appelait  à  Rome  patria. 
Il  n'y  avait  pas  une  patrie  gauloise,  mais  des  patries  gauloises. 
Or  ces  patries  locales,  Rome,  après  la  conquête,  eut  l'art  su- 
prême de  les  conserver,  bien  mieux,  de  les  développer.  Chaque 
peuple  était  attaché  à  sa  cité,  Rome  en  agrandit  les  droits,  en 
fit  de  véritables  communes  à  peu  près  indépendantes  et,  révo- 
lution bien  plus  profonde  encore,  supprimant  l'aristocratie  et 
son  gouvernement  oligarchique,  appela  le  peuple  à  la  libertés 
Déjà  Vercingetorix  avait  senti  le  besoin  de  briser  l'esclavage  de 
la  plèbe  gauloise,  et  de  lui  assurer  une  part  dans  le  gouver- 
nement local;  et  ce  sont  ces  principes  démocratiques  qui  lui 
avaient  assuré  un  concours,  jusqu'ici  inusité,  de  populations  si 
diverses.  Le  peuple,  après  la  conquête,  devint  libre  chez  lui, 
sous  l'administration  bienfaisante  de  Rome.  Voilà  pourquoi  il 
salua  avec  joie  un  état  nouveau  qui  répondait  à  ses  besoins  et 
à  ses  instincts.  Liberté,  indépendance,  égalité   communales. 


I.  Est-ce  exact?  Le  gouvernement  romain  assura  en  Gaule  comme  ail- 
leurs la  prédomincnce  de  l'aristocratie.  L'aristocratie  se  jota  par  intérêt  dans 
les  bras  des  nouveaux  maîtres.  ■ —  Note  de  la  rédaction. 


L'élément  gaulois  iians  la  langue  française.  27 j 

voilà  ce  que  les  Gaulois  avaient  voulu  détendre  les  armes  à  la 
main,  voilà  ce  que  Rome  leur  assura,  a\cc  les  bienfaits  d'une 
civilisation  supérieure,  et  les  avantages  d'une  paix  profonde. 

Voilà  pourquoi  la  Gaule  se  trouva  si  facilement  soumise,  et 
moralement  conquise.  Elle  comprit  rapidement  les  avantages 
de  ce  nouveau  régime,  et,  dépouillant  volontairement  et  pour 
jamais  son  caractère  national,  se  précipita  avec  ardeur  dans  la 
voie  nouvelle  que  Rome  lui  ouvrait. 

Quand  les  Espagnols  tirent  la  conquête  du  Mexique  ou  du 
Pérou,  ils  eurent  facilement  raison  de  peuples  à  demi  bar- 
bares, et  absorbèrent  rapidement  les  populations.  Et  cepen- 
dant après  la  conquête,  il  se  trouva  des  hommes  assez  attachés 
à  leur  ancienne  patrie  pour  en  conserver  le  souvenir,  en  écrire 
les  annales,  fût-ce  en  langue  espagnole.  En  Gaule  il  n'y  eut 
rien  de  pareil.  L'oubli  de  l'ancienne  patrie  fut  immédiat  et  ir- 
rémédiable. Nul  ne  songea  à  conserver  les  chants  des  ancêtres, 
à  raconter  seulement  l'histoire  de  la  lutte. 

En  27,  Auguste  convoqua  à  Narbonne  les  députés  de  toutes 
les  nations  gauloises,  fit  rédiger  dans  cette  assemblée  un  dé- 
nombrement général  qui  servit  de  base  à  la  répartition  et  à 
l'assiette  des  impôts  et  promulgua  des  mesures  décisives  pour 
effacer  en  Gaule  les  restes  du  passé  et  l'assimiler  au  reste  de 
l'Empire.  Les  vieilles  fédérations  furent  brisées,  les  clientèles 
de  peuple  peu  a  peu  détruites  ;  les  divisions  naturelles  de  race, 
de  sang,  de  topographie  firent  place  à  des  divisions  administra- 
tives arbitraires.  La  Narbonnaise  était  suffisamment  disciplinée 
à  la  domination  romaine  ^,  elle  ne  fut  point  touchée,  mais  la 
Gaule  chevelue  fut  partagée  en  trois  provinces  nouvelles  : 
l'Aquitaine,  la  Lyonnaise  et  la  Belgique. 

L'Aquitaine  s'étendait  des  Pyrénées  non  plus  jusqu'à  la  Ga- 
ronne, mais  jusqu'à  la  Loire  et  aux  Cévennes.  La  Lyonnaise 
s'étendait  entre  la  Loire,  les  montagnes  du  Forez,  le  haut 
Rhône,  la  Saône,  la  Marne  et  les  collines  qui  séparent  la 
Seine  de  la  Somme;  la  Belgique  était  comprise  entre  ces  col- 


I.  Strabon,  parlant  des  Cavares,  de  la  Narbonnaise  (I.  IV,  c.  i,  §  12): 
(i.£TaxE'.[jL£vO'j;  ~o  -Àc'ov  c!;  tov  ttôv  Pfij'j.a'''jjv  tj-ov  /.xi  trj  yÀoiTTr)  /.a!  xoT; 
p;0'.;,  T'.và;  oï  y.x:  -r^  noX'.tiia. 


274  ^^"  ^^rsîne  Darmesieier. 

lines,  la  Marne,  la  Saône,  le  Rhône,  les  Alpes,  le  Rhin,  la 
mer  du  Nord  et  la  Manche.  La  Narbonnaise,  enfin,  s'étendait 
de  Toulouse  à  Genève,  bornée  par  les  Pyrénées,  la  Méditer- 
ranée, les  Alpes,  le  Rhône,  les  Cévennes,  la  haute  Garonne. 

Les  trois  provinces,  si  bizarrement  taillées,  et  la  Narbon- 
naise, furent  divisées  en  60  cités  qui  avaient  chacune  sous  leur 
dépendance  plusieurs  pagi  ou  cantons  et  la  plupart  des  petits 
peuples  furent  réduits  à  la  condition  de  simples  cantons,  su- 
bordonnés à  la  cité  voisine. 

Les  vieilles  cités  gauloises  qui  avaient  joué  un  rôle  dans  la 
guerre  contre  César  et  qui  avaient  formé  comme  les  centres 
des  mouvements  populaires,  Gergovia,  Alesia,  Bratuspantium, 
Uxellodunum,  restèrent  en  ruines  et  disparurent  si  bien  qu'au- 
jourd'hui même  il  est  difficile  d'en  reconnaître  les  traces.  A 
quelque  distance  de  ces  villes,  on  en  construisit  d'autres  pour 
les  taire  oublier  :  Augustonemetum  (Clermont)  s'éleva  près  de 
Gergovia,  Caesaromagus  (Beauvais)  près  de  Bratuspantium, 
Noviodunum  descendit  dans  la  vallée  de  l'Aisne  et  devint  Au- 
gusta  Suessionum  (Soissons).  Augustodunum  (Autun)  se  sub- 
stitua à  Bibracte  (Mont-Beuvray),  Augusta  Auscorum  (Auch) 
à  Elimberris.  Les  capitales  des  Trévères,  des  Lémoviques,  des 
Turons,  des  Andes,  se  nommèrent  Augusta  Treverorum, 
Augustoritum  (Limoges),  Augusta  Turonum,  Juliomagus 
(Angers),  et  toutes  ces  villes,  avec  des  noms  romains,  reçurent 
des  colons  romains. 

Auguste  se  garda  bien  d'étaWir  l'égalité  par  toutes  les  par- 
ties du  territoire;  au  contraire,  il  fonda  une  habile  et  savante 
hiérarchie  de  privilèges  et  des  conditions  diverses  qu'il  se  ré- 
servait de  modifier  selon  ses  intérêts  et  ses  plans.  Il  y  eut 
d'abord  des  fédérés  ou  alliés  qui  avaient  conservé  toutes 
leurs  institutions  et  ne  devaient  guère  que  le  service  militaire. 
C'étaient  les  Marseillais,  les  Voconces  dont  les  chefs-lieux 
étaient Vasio  (Vaison)  et  Lucus  Augusti  (Luc,  près  de  Die); 
les  iEduens,  frères  du  peuple  romain,  les  Carnutes  dont  les 
vainqueurs  semblaient  avoir  respecté  l'opiniâtre  défense  ;  les 
Rèmes  et  les  Lingons  qui  étaient  récompensés  de  leurs  dé- 
fections. 

Venaient  ensuite  les  libres  ou  autonomes  qui,  saut  le  paie- 


L't'lt'meiit  gaulois  dans  la  langue  française.  275 

ment  d'impôts,  se  gouvernaient  librement,  comme  les  fédérés. 
Tels  étaient  les  Nerviens,  les  Suessions,  les  Silvanectes,  les 
Leukes,  les  Trévères,  les  Meldes,  les  Santons,  les  Bituriges, 
les  Arvernes. 

Le  reste  des  peuples  de  la  Belgique,  de  la  Lyonnaise  et  de 
l'Aquitaine,  était  réduit  à  la  condition  de  sujets  provinciaux; 
pour  la  noblesse,  cette  situation  était  inférieure,  pour  le  peuple 
supérieur,  à  celle  qu'ils  avaient  dans  la  Gaule  indépendante. 

Au-dessus  de  ce  triple  degré,  s'élevaient,  surtout  en  Nar- 
bonnaise,  les  colonies  romaines  et  les  colonies  de  droit  latin  et 
italique.  Sous  Auguste,  les  habitants  de  Narbonne,  de  Béziers, 
de  Fréjus,  d'Orange  et  d'Arles  jouirent  du  droit  de  citoyens 
romains,  ainsi  que  Lyon,  capitale  de  la  Lyonnaise  nouvelle- 
ment construite  sur  l'emplacement  du  bourg  gaulois  de  Lugu- 
dunum.  Aix,  Valence,  villes  de  fondation  récente,  Toulouse, 
peut-être  Carcassonne,  Carpentras,  Cavaillon,  Nîmes,  furent 
des  colonies  de  droit  latins  :  Vienne  des  Allobroges,  Augusta 
des  Tricastins  (Saint-Paul  des  trois  chcâteaux),  Augusta  des 
Auskes(Auch),  Lugudunum  des  Convènes(Comminges),  Apta 
Julia  (Apt),  Alba  Augusta  (Aps  près  Viviers)  furent  grati- 
fiées des  mêmes  privilèges  sans  recevoir  de  colons  italiens  dans 
leur  sein.  Le  droit  colonial  et  les  institutions  italiennes  se  ré- 
pandirent ainsi  d'abord  dans  la  Narbonnaise,  puis  dans  les 
autres  provinces.  Il  entrait  dans  la  politique  des  Césars  de 
faire  désirer  aux  peuples  gaulois  cette  transformation  comme 
une  précieuse  ftveur,  et  de  faire  briguer  aux  particuliers  le 
titre  de  citoyen  romain  comme  un  objet  de  haute  ambition. 

Le  ministre  et  le  gendre  d'Auguste,  Agrippa,  contribua  plus 
que  personne  à  l'œuvre  de  rénovation.  Il  sillonna  la  Gaule  de 
routes  et  éleva  ces  indestructibles  chaussées  dont  nous  admi- 
rons encore  les  restes  épars,  et  qui  entamèrent  les  vieilles  et 
impénétrables  forêts  gauloises.  Sur  le  forum  de  Lyon  s'éleva 
un  milliaire  où  aboutirent  les  routes  de  l'Italie  et  d'où  parti- 
rent quatre  grandes  voies  lancées  vers  le  Khin,  le  Pas-de- 
Calais,  l'Atlantique  et  les  Pyrénées.  La  plus  ftmeuse  de  ces 
chaussées  était  celle  de  Lyon  au  Pas-de-Calais  qu'elle  attei- 
gnait à  Gessoriacum  (Boulogne-sur-Mer).  De  ces  quatre 
grandes  voies,  dont  la  direction  était  combinée  pour  leur  faire 


276  Feu  Arsène  Darmcsicter. 

traverser  le  plus  grand  nombre  de  cités  possible,  se  détachaient 
une  multitude  de  rameaux  secondaires  qui  multipliaient  les  re- 
lations entre  les  diverses  parties  du  pays.  A  ces  grandes  artères 
s'ajoutaient  les  rivières  dont  le  cours  était  remonté  ou  des- 
cendu par  des  milliers  de  bâtiments. 

Ce  progrès  matériel,  si  prompt,  si  énergique,  dut  frappe'' 
les  Gaulois.  Avec  leur  rapide  intelligence,  ils  comprirent  les 
avantages  inappréciables  de  cette  savante  et  puissante  réorga- 
nisation; et  le  mouvement  intellectuel  suivit  bien  vite  ce 
progrès.  Ils  briguèrent  l'honneur  de  devenir  romains.  Ils 
quittèrent  leurs  noms  gaulois  pour  prendre  des  noms  romains. 
On  voit  telles  inscriptions  où  le  personnage  porte  un  nom 
romain  tandis  que  son  père  a  encore  un  nom  gaulois,  par 
exemple  l'inscription  de  Cenabum,  qui  est  du  i"  siècle,  Lucius 
Cornélius  Magnus,  Atepomâri  filius,  civis  Senonius,  curator 
Cénabensium  (Rev,  ArchéoL,  1865,  I,  p.  408-411).  L'em- 
pereur Claude  constate  que  les  Gaulois  sont  déjà  moribus,  ar- 
tibus,  affinitatibus  nostris  mixti  (Tacite,  Annales,  XI,  24;  cf. 
Senèque,  De  benefic,  VI,  19),  et  il  accorde  aux  nobles  Gaulois 
le  jus  honorum  qui  leur  permettait  d'entrer  au  Sénat,  en  leur 
imposant  toutefois  strictement  l'usage  du  latin  (Suétone, 
Claude,  XVI).  Galba  et  Othon  suivirent  cet  exemple  et  ac- 
cordèrent le  droit  de  cité  à  divers  peuples.  Caracalla  acheva 
l'œuvre  de  ses  prédécesseurs  en  donnant  le  droit  de  cité  à  tous 
les  sujets  de  l'Empire  (Digeste,  I,  v,  17  ;  Novelle,  LXXVIII,  5). 
La  Gaule  est  couverte  d'inscriptions  latines  élevées  par  des 
personnages  portant  les  noms  de  Julius,  de  Claudius,  de  Fla- 
vius, c'est-à-dire  les  noms  des  empereurs  qui  leur  avaient 
accordé  le  jus  civitatis. 

Dès  le  premier  siècle  de  l'empire,  on  voit  nombre  de  Gaulois 
chargés  de  fonctions  publiques  civiles  ou  militaires.  Auguste 
nomme  le  gaulois  Licinus,  un  affranchi  de  César,  procurateur 
des  Gaules;  ce  procurateur  se  lit  détester  par  ses  compatriotes 
pour  ses  exactions. 

Julius  Africanus  de  Saintes  est  tué  comme  complice  de  Séjan 
en  3  I  ;  Valerius  Asiaticus  de  Vienne,  mort  en  47,  avait  été 
deux  fois  consul.  C.  Julius  Vindex,  propréteur  de  la  Lyonnaise 
sous  Néron,  descendait  d'une  fomille  rovale  de  l'Aquitaine. 


L'élément  gaulois  dans  la  Lingue  française.  277 

A  cette  époque,  on  voit  jouer  des  rcMes  politiques  à  Pom- 
peius  \'opiscus  de  \'ienne,  nommé  consul  par  Othon,  Anto- 
ninus  Primus  appelé  Bec  dans  sa  jeunesse,  de  Toulouse,  séna- 
teur et  commandant  de  la  j"  légion  de  Germanie,  le  Ba- 
tave  Julius  Civilis,  préfet  de  cohorte  et  revêtu  du  droit  de 
cité,  ses  amis  les  deux  Trévères  Julius  Classicus  et  Julius 
Tutor,  Julius  Sabinus  de  Langres,  qui  avaient  également 
des  commandements  militaires  importants  dans  l'armée  ro- 
maine. «  Vous  avez,  en  commun  avec  les  Romains,  les 
charges  et  les  avantages  du  gouvernement,  dit  Cerialis  aux 
Gaulois,  vous  commandez  vous-même  le  plus  souvent  nos  lé- 
gions; vous  gouvernez  ces  provinces  et  d'autres.  Point  d'ex- 
clusion, de  barrières  pour  vous  »  (Tacite,  Hist.,  IV,  74).  La 
Gaule  déjà  sous  Tibère  ou  Néron  était  déjà  si  romaine  qu'une 
garnison  de  i  200  hommes  suffisait  à  la  garder  (Josephe  B., 
II,  VI,  4),  alors  qu'en  Bretagne  il  fallait  deux  légions,  en  Ger- 
manie sept.  Les  soulèvements  partiels  tentés  ça  et  là  par  des 
patriotes  restaient  sans  écho  pu  étaient  combattus  par  les  Gau- 
lois eux-mêmes.  Les  ^Eduens  combattirent  contre  le  Boien 
Maricus,  et  Civilis  trouva  contre  lui  les  Séquanes.  Les  mou- 
vements militaires  des  iiT"  et  iV  siècles  en  Gaule  n'ont  plus 
rien  de  gaulois  et  ne  représentent  aucune  aspiration  vers  une 
nationahté  celtique;  ils  provenaient  d'un  particularisme  gallo- 
romain. 

La  Xarbonnaise  avait  été  la  première  à  devenir  romaine  et 
elle  l'était  déjà  au  moment  de  la  conquête.  Parmi  des  cen- 
taines d'inscriptions  latines,  on  n'a  trouvé  jusqu'ici  que  très 
peu  d'inscriptions  gauloises  et  encore  une  partie  sont  écrites 
en  lettres  grecques. 

Strabon  remarque  que  les  Cavares  qui  habitaient  entre 
l'Isère  et  la  Durance  ne  se  distinguaient  des  Romains  ni  par  la 
langue,  ni  par  le  genre  de  vie,  ni  par  leur  gouvernement'. 
Pline  dit  de  la  Narbonnaise  qu'elle  était  plus  véritablement 
l'Italie  que  la  province  (III,  4,  3 1).  Mais  les  autres  provinces, 
et  en  premier  lieu  l'Aquitaine,  suivirent  bientôt.  La  civilisation 
et  la  langue  latine  y  pénétrèrent  à  la  suite  des  légionnaires  et 

I .  Voir  plus  haut  la  note  de  la  page  273. 

Revue  Celtique,  XXII.  19 


278  Feu  Arsène  DiUmesteter.    . 

des  commerçants  romains.  L'Aquitaine  de  bonne  lieure  fut  re- 
nommée pour  la  pureté  de  son  langage. 

Un  des  moyens  les  plus  puissants  fut  la  fondation  d'écoles. 
Dès  le  premier  siècle  les  écoles  de  la  Gaule  sont  célèbres  et 
plus  florissantes  que  dans  toute  l'autre  province  de  l'Em- 
pire. Je  ne  parle  pas  des  écoles  de  la  Narbonnaise,  Marseille  la 
seconde  Athènes  «  magistra  studiorum  »  (Tac,  Agricola,  4), 
Narbonne,  Arles,  Vienne.  Mais  dans  les  autres  provinces, 
Lyon  avec  ses  célèbres  concours,  Besançon,  Autun,  Bordeaux, 
Auch,  Poitiers,  Reims  l'Athènes  gauloise  (vestrac  Athcnae  Du- 
rocortoro.  Fronton). 

De  ces  écoles  sortirent  des  lettrés  et  des  savants.  Juvénal 
vante  la  Gaule  féconde  en  avocats  (Sat.,  VU,  142;  XV,  m). 
Les  femmes  et  les  entants  lisaient  des  vers  latins  à  Vienne  (Mar- 
tial, VII,  87)  ;  Pline  se  vantait  que  ses  œuvres  fussent  connues 
de  toute  la  Gaule  (Epist.,  IX,  2).  La  jeunesse  gauloise  se 
livre  aux  études  libérales  (Galliarum  soboles  liberalibus  studiis 
operata,  Tacite,  Annal.,  III,  43).  Quant  aux  écrivains,  on  peut 
citer  L.  Plotius  le  Gaulois  qui  enseignait  à  Rome  (Cicéron, 
ap.  Suétone,  De  rhetor.,  2;  Quintil.,  Inst.  Orat.,  IL  4  fin), 
Antonius  Gnipho  «  nec  minus  gr;uce  quam  latine  doctus  » 
dont  César  et  Cicéron  entendirent  les  leçons  (Suét.,  Gramm., 
7),  P.  Valerius  Cato,  loué  comme  professeur  et  poète  (ibid.. 
Il),  le  célèbre  acteur  Q.  Roscius.  D'Atax  (dans  l'Aude)  était 
P.  Terentius  Varro  Atacinus,  l'auteur  d'ouvrages  didactiques 
et  traducteur  des  Argonautiques  d'Apollonius  de  Rhodes,  loué 
par  ses  contemporains  Horace,  Ovide,  Properce,  et  plus  tard 
par  Velleius,  Pline,  Quintilien  et  d'autres.  Le  poète  éîégiaque 
Cornélius  Gallus  est  de  Fréjus,  Trogue  Pompée  est  un  Vo- 
conce,  Domitius  Afer  est  de  Nimes.  Julius  Africanus  si  vanté 
par  Quintilien  est  également  Gaulois.  Je  ne  parle  pas  des  écri- 
vains des  siècles  postérieurs  qui  sont  très  nombreux.  Voyez 
Martial,  Epigr.,  VII,  88;  VIII,  72;  IX,  100.  Suétone,  111. 
Gramm.,  III,  Calig.,  XX;  Juvenal,  Sat.,  I,  44;  Ausone,  Pro- 
fessores. 

Ce  qui  prouve  la  rapidité  avec  laquelle  la  Gaule  devint  ro- 
maine, c'est  le  nonibre  considérable  de  monuments,  cirques, 
théâtres,  villes,  tombeaux,  inscriptions  dont  se  couvrit  le  sol. 


L'élément  gaulois  dans  la  langue  française.  279 

et  cela  dès  le  premier  siècle.  La  Gaule  est  après  l'Italie  la  plus 
riche  des  provinces  de  l'Empire  en  monuments  épigraphiques, 
en  inscriptions.  Non  seulement  les  grandes  villes,  mais  les 
plus  petites  cités  nous  en  présentent,  et  les  fouilles  contempo- 
raines ne  cessent  d'en  mettre  au  jour,  même  dans  les  coins  les 
plus  déserts  et  qui  semblent  aujourd'hui  les  plus  abandonnés, 
dans  les  vallons  les  plus  retirés  de  nos  montagnes.  La  plupart 
de  ces  monuments  datent  du  premier  siècle  de  l'ère  chrétienne. 
Sous  Auguste,  les  60  cités  de  la  Gaule  décrètent  l'érection 
d'un  temple  gigantesque  au  confluent  du  Rhône  et  de  la  Saône 
(à  la  pointe  de  Perrache),  temple  dédié  à  Rome  et  à  César  Au- 
guste, devant  lequel  s'éleva  la  statue  colossale  de  la  Gaule 
entourée  des  statues  des  60  cités  (Strabon,  IV';  T.-Live,  Peri- 
ochae,  87).  Cet  enthousiasme  se  communiqua  partout.  Aux 
villes  de  terre  et  de  bois  succèdent  des  villes  de  pierre  et  de 
marbre.  De  toutes  parts  s'élèvent  comme  par  enchantement 
des  forums,  des  basiliques,  des  aqueducs,  des  temples,  des 
thermes,  des  cirques,  des  amphithéâtres,  des  arcs  de  triomphe, 
des  chaussées.  La  Gaule  se  revêt  d'une  splendeur  monumen- 
tale qu'on  a  peine  à  rêver.  L'excès  va  si  loin  qu'Auguste  et  Ti- 
bère sont  forcés  d'instituer  des  ciiratores  auprès  des  conseils 
des  cités,  pour  veiller  à  leur  budget  et  les  empêcher  d'aller  à  la 
banqueroute. 

Tout  nous  montre  que  la  Gaule  se  résigna  à  sa  défaite,  en 
prit  immédiatement  son  parti,  oublia  sa  nationalité  pour  s'as- 
similer avec  toute  l'ardeur  et  la  furie  de  sa  nature,  à  Rome. 
Dès  le  premier  siècle,  la  Gaule  était  la  plus  riche,  la  plus  belle, 
la  plus  puissante  des  provinces  de  l'Empire. 

Q.u'advint-il  de  la  langue  ?  Rome  eut-elle  besoin  de  mettre 
en  œuvre  ses  moyens  habituels  pour  faire  disparaître  le  gau- 
lois, ces  moyens  auxquels  fiit  allusion  saint  Augustin  quand  il 
dit  que  :  «  Opéra  data  est  ut  imperiosa  civitas  non  solum 
jugum  vcrum  etiam  linguam  suam  domitis  gentibus  per  pacem 
societatis  imponeret,  per  quam  non  deesset,  imo  et  etiam 
abundaret  interpretum  copia  »  (Civit.  Dei,  XIX,  7). 

Voici  le  sens  de  ce  passage.  Saint  Augustin  dit:  La  diversité 
des  langues  rompt  la  société  des  hommes.  Deux  hommes, 
obligés  de  demeurer  ensemble,  s'ils  ne  parlent  pas  la  même 


28o  Feu  Arsène  Darmcstcter. 

langue,  seront  plus  étrangers  l'un  à  l'autre  que  deux  animaux. 
Mais,  dira-t-on,  Rome  n'a-t-elle  pas  tout  foit  pour  imposer  le 
latin  à  l'Empire,  ou  du  moins  pour  qu'on  eût  abondance 
d'interprètes  ?  Oui,  mais  pour  arriver  à  ce  résultat,  que  de  sang 
versé  !  que  de  guerres!  Et  ce  n'est  pas  fini,  puisqu'il  y  a  tou- 
jours des  barbares  à  combattre,  et  que  d'ailleurs  l'étendue  de 
l'empire  produit  des  guerres  civiles. 

Cf.  Plutarque,  Questions  platoniques,  X,  §  3  :   "Q:  zz/.v.  ;j.5 

•/pwv'ai. 

Cf.  Valère  Maxime,  II,  11,  2.  Magistratus  vero  prisci  quan- 
topere  suam  populique  romani  majestatem  retinentes  se  ges- 
serint,  hinc  cognosci  potest,  quod  inter  caetera  obtinendae 
gravitatis  indicia,  illud  quoque  magna  cum  perseverantia  cus- 
todiebant,  ne  Graecis  unquam  nisi  latine  responsa  darent. 
Quin  etiam,  ipsos  linguae  volubilitate,  qua  plurimum  valent, 
excussa,  per  interpretem  loqui  cogebant,  non  in  urbe  tantum 
nostra,  sed  etiam  in  Graecia,  et  Asia,  quo  scilicet  latinae  vocis 
honos  per  omnes  gentes  venerabilior  ditîunderetur. 

Pline  l'Ancien,  III,  6:  [Itnlia;  haec  terra]  numine  deum 
electa  quae,  ...  sparsa  congregaret  imperia,  ritusque  molliret, 
et  tôt  populorum  discordes  fcrasque  linguas  sermonis  com- 
mercio  contraheret  ad  colloquia,  et  humanitatem  homini  daret, 
breviterque  una  cunctarum  gentium  in  toto  orbe  patria  fieret. 

Voir  dans  Tacite,  Agricola,  21,  comment  les  Romains 
cherchent  à  romaniser  la  Bretagne:  «  Agricola  voulut  que 
ces  peuples  dispersés,  sauvages,  et  par  eux-mêmes  toujours 
prêts  à  la  guerre,  prissent  dans  les  plaisirs  le  goût  du  repos  et 
de  la  tranquillité.  Il  les  excite  par  des  exhortations  particu- 
lières, par  des  secours  publics,  à  construire  des  temples,  des 
places,  des  maisons,  louant  le  zèle  des  uns,  réprimandant  la 
résistance  des  autres.  L'émulation  produit  les  elîets  de  la  con- 
trainte. Il  cherche  à  polir  par  une  éducation  libérale  les  fils 
des  principaux  bretons.  Il  vante  leurs  dispositions  naturelles, 
les  met  au-dessus  des  talents  acquis  des  Gaulois;  et  ces  peuples 
qui  naguère  dédaignaient  la  langue  des  Romains,  se  passionnent 
pour  leur  éloquence.  Ils  se  parent  de  notre  costume,  portent 
la  toge,  adoptent  insensiblement  toutes  les  délicatesses  d'une 


L'clcnunt  gaulois  dans  la  langue  française.  281 

vie  dissolue,  bains,  portiques,  repas  somptueux.  Les  igno- 
rants, ils  appelaient  civilisation  ce  qui  était  une  partie  de  leur 
esclavage  ». 

Les  écoles,  les  tribunaux,  le  service  militaire,  qui  incorporait 
les  Gaulois  dans  les  légions  romaines,  l'administration  des 
cités  et  des  municipes  qui  devaient  se  faire  en  latin,  langue 
officielle,  tout  cela  trouvait  une  aide  puissante  dans  l'enthou- 
siasme avec  lequel  la  Gaule  allait  au-devant  de  Rome. 

Remarquons  d'ailleurs  que  les  Gaulois  n'avaient  pas  de  litté- 
rature écrite.  Sans  passé  auquel  ils  puissent  se  rattacher,  sans 
présent  qu'ils  eussent  à  pleurer  ou  à  regretter,  ils  pouvaient 
facilement  oublier  leurs  langues,  pour  apprendre  celle  de  leurs 
vainqueurs.  Enfin,  sous  le  nouveau  régime,  qui  donna  des 
droits  importants  aux  villes  et  abandonna  les  campagnes; 
celles-ci  se  dépeuplent  pour  aller  accroître  et  multiplier  les 
villes.  Cette  transformation  profonde  fliit  pénétrer  jusqu'au 
plus  profond  des  couches  de  la  nation  l'esprit  romain,  l'admi- 
nistration romaine,  la  langue  romaine. 

(La  siiilc  à  nu  prochain  numéro.) 


THE  DESTRUCTION   OF  DA   DERGA'S  HOSTEL  ■ 


TOGAIL  HRUIDNE  DA  DERGA 
^LU.,   Facs.  92"  541 


106.  ]>liaiisc  dcimsa  on  a  sûiiuiil.  Ro  chi-  Fer  rogain  co  tarlaic 
Il  dcni  fola  [dara  grûaidib  5  —  Eg.  |.  Dirsan  do  !  ol  se,  iss  ed  gein 
n-im[m]arbaga  fil  la  firu  Herciid  fn  fini  Alban  ar  gart  7  cruth 
7  dcilb  7  marcachas.  Is  liach  [a  guin  —  H.],  is  mucc  remitcit-» 
mess,  [is  nôidiu  ar  aeis.  H.].  Damna  flatha  as  dech  '  tânic 
Hfr///(/ ^'  insin.  Nôidiu/  G);/aire  maie  Etfvsccoli  .i.  Lé  fri^ 
rîaith  a  ainm.  Scrht9  mbliadna  fil  i[n]na  des.  Ni  indôig'^  lim 
cid  trii  ddig  "  na  n-ilgne[e]  filet  forsind  fuit  fil  foir,  7  inna 
ndath  I  LU.  92'']  n-écsamail  docorethar  |in  folr]  tair'-.  IS  é  a 
sainteglaclî  som  sin,  na  t/i  côicail  maccôem  fil  imbi. 

Mairg  iuras  in  n-org<//;/,  ior  Lomna,  cid  fôbithin  in  maie  sin  ! 

Ni  c//mcid'5,  ïor  Ingrc/ :  nehr  fc'//////id  doforUrat  7  ri.  Oiiis 
iarsin  cia  acca  and  ? 

1.  V.  p.  9,  16). 

2.  10  chich  YBL.  Roichi  St.  Ro  ci  1". 

5.   Sic  Eg.  H.  bas:  Ro  chi  Ftr  rog(j//(  co  mbo  lliuch  a  hrat  ara  bcl(//7'. 

4.  riaiu;  Eg.  remetuit  F.  YBL.  St.  rcmiluit  11. 

5.  is  fcrr  Eg. 

6.  taiiic  a  tir  nErenn  H.  taiw/r  tir  nHrind  YBL.  tanicc  tir  nEvciiit  Eg. 

7.  maccnâidiu  Eg.  luiidiu  F.  YBL. 

8.  fer  F.  YBL. 
q.  ocht  Eg. 

10.  Thefacsiniilc  lias  luindcig.  ni  hindoig,  Eg.  Ni  hindoigh  H.  ni  indoic  F. 

1 1.  djg  Eg.  diag  LU.  YBL.  diag  St. 

12.  daig  na  n-ilgnc  docuiritlicr  an  folt  Aiir  H.  dicg  na  n-ilgnc  docuirigh- 
th/V  in  foit  fair,  St.  diag  na  n-ilgna;  doch(/;>  in  iolt  fair  YEL.  F. 

n.  cums;!  H.  F>.  cluinicid  St.  cuimcitt  1-. 


The  Destruction  of  Dâ  Dergas  Hostel.  285 

w6.  «  Ens\'  for  me  to  likeii  hiin  !  »  Fer  romain  wepl  lill  he  sbed  ' 
bis  tears  of  hlood aver  bis  cbeeks.  ((  Ahis  for  bim  !  »,  qiiolb  be.  Tbis 
cbild  is  a  «  scion  of  conteiilioii  »  for  tbe  iiieii  of  Brin  ivitb  ibe  iiien 
of  Alba  for  bospitalily,  and  sbape,  and  for  ni  and  borseniansbip. 
Sad  is  bis  slangbter  !  'Tis  a  «  switie  ibaf  i^ocs  hefore  ma  si  »,  'tis 
a  habe  in  âge!  tbe  best  crozun -prince  tbai  bas  (cver)  come  inio 
Erin!  Tbe  cbild  of  Conaire  son  of  Etcrscél,  Lé  fri  jlaitb  is  bis 
naine.  Seven  years  tbere  are  in  bis  ai^e.  It  seems  io  me  very  likely 
tbat  be  is  misérable  becanse  of  tbe  maux  appcarances  on  bis  bair 
and  tbe  varions  bues  tbat  tbe  bair  assumes  upon  bim.  Tbis  is  bis 
spécial  bonsebold,  tbe  tbrice  fifty  lads  tbat  are  around  bim. 

«  IVoe  »,  says  Lonina,  «  to  bim  tbat  sball  lureab  tbe  Destruc- 
tion, luere  it  (only)  becanse  of  tbat  boy  !  » 

«  Ye  cannot  »,  says  Ingcél.  «  Clouds  of  lueakncss  are  coniijig 
on  you,  etc.  And  after  tbat  wbom  saivest  tbou  tbere?  » 

Imda  xa  nDalkman. 

107.  Atcondarc  and  sessiur  arbélalb  na  himdaJ-  cctna. 
Monga  rîndbudi  fcraib:  bruit  l'ianidi  >  impu^:  deilgicréda5  i 
n-aurslocud  a  mbrat.  It  é  Icthgabra^  am^//7  CbonaW  Cernach. 
Focheird  cach  fer  [dib,  Eg.]  a  brat  immdraile,  7  is  lùathidir 
rothàn  rhbûaled  7  :  is  ing  inda-àirthct  do  sûil  ^.  SAmaille  Ict  sin, 
a  F/r  rogain. 

Tbe  Kooin  of  tbe  Cnpbcarers. 
loj.    Tbere  I  siiw  six  meii  in  front   of  ihe  samc  room.    Fair 


1.  literally  «  yieldcd  »,  tartaic,  (xon\  to-air-ro-lcic. 

2.  na  imda  Eg.  na  himdha,  St.  na  hinidiie  H.  n.i  himdadh  F.  na  nini- 
dad  LU. 

5.  huaini  aille  Eg.  huainidi  YBL.  uainidi  H.  uainidhiu  T. 

4.  impaibh  F. 

5.  delga  cocmu  creduma  Eg.  dclcni  credai  H.  deilgo  creduma,  St. 

6.  Ic/hgapra  H.  lethghabar  .i.  lethcch  H.  3.  18,  p.  532.  Ictgabrai  F.  Ict- 
liglc'ore  Eg.  Cf.  Icthgobri  supra  S  5  '  • 

7.  mbuaileth  YBL.  mbualeth  St.  nibuailt'i/  H. 

8.  is  ing  indarthe'id  do  sûil  a  n-imclôechmôd  Eg.  is  ing  in  doarthet  do 
shuil  YBL.  is  ing  inda  airtcth  do  (sûil)  F.  Is  ing  ni  daarthcth  St.  is  ing  in 
doairthct  do  hsiiil  H. 


284  Wlinlry  S'okcs. 

yellaw  mancs  upoii  thcin  :  grccn  iiiaiitles  ahoul  thon  :  tin  brooches  al 
ihe  opcning  of  their  nianlles.  Half-horscs  (centaurs)  are  îhey,  like 
Coiuill  Ccrnach^.  Each  of  thcni  throius  his  nianîle  round  anothcr 
and  is  as  siuift  as  a  niill-u'beel.  Thinc  c\c  can  hardly  foUaiu  theiii. 
Liken  thon  those,  O  Fer  rogaiii  !  » 

108.  Xi  ^7;/.sv  damsa  on.  Se  cldlcnKiin  rigTcmra-  insin.  .i. 
Can  7  Brôen  7  Banna?,  Delt  7  Drucht  7  Dathen.  Nis-dér- 
ba;zd-*  dia  ndail  ind  reb  sin,  7  ni  ck'ii  a  n-intliucht  ocà  ndâil. 
It  matin  ind  ôic  fil  and.  Tothôelhsat  a  t/i  chumlundî  léo.  Con- 
râinfet^  comgnim  f/i  cach  scscr7  isin  Briuf/n^  7  aslûifet  airib^, 
Liaii"?  is  a  sîdib  ^°  dôib.  It  é  dalemain  ata'"  dech  fil  i  nHcrind 
insin  '-.  Mairg  iun7j-  in  n-orgain  fo  ndeig  sin  ! 

Ni  ch//mcid'3j  ïor  Ingcél.  Ncla  "jr.  Or//.f  iarsin  cia  acca  and  ? 

loS.  «  This  is  easyfor  me.  Those  are  the  King  of  Tara's  six 
cuphearers,  nameJy  l'an  and  Broen  and  Banna^"^,  Deltand  Drueht^'i 
and  Dathen.  Tbat  feat  does  not  binder  theni  front  their  skinking, 
and  it  hlunts  not  their  intelligence  thereat.  Good  are  ihe  warriors 
that  are  there  !  Thrice  their  nuniber  luill  fall  by  theni.  They  luill 
share  prowess  with  any  six  in  the  Hostel,  and  they  zvill  escape  from 
their  focs,  for  they  are  ont  of  the  elfmonnds.  They  are  ihe  best  cup- 
bearers  in  Erin.  Woe  to  hini  that  shall  ivreak  the  Destruction 
(ivere  it  only)  bec  an  se  of  thon  !  » 

«  IV  cannot  »,  sa\s  Ingcél.  «  Clonds  etc.  And  afier  that, 
u'honi  saii'csl  thon  livre  ?  » 


1.  the  ôcnmarcacl)  of  the  storvof  Cûchulainn's  dcatli,  Rcv.  Celt.,  III,  185. 

2.  rîg  Ere»;;  Eg.  rig  Temrach  YBL. 

3.  Buan  7  ^reg  7  Banno,  H.  Huaini  7  Broen  7  BanJu,  St. 

4.  Nis-tairmmescand  Eg.  nis  derban  YBL.  St.  H. 

5.  coinh'ii  Eg.  H.  coimiin  F.  an  t;ic//nikind  YBL.  a  tri  chomhn  St. 

6.  conroindfct  Eg.  conrainfet  YBL.  a);;roinnfit  H. 

7.  -sesiur  YBL.  sesir  St.  F.  scissiur  Eg.  set7;/  H. 

8.  ragait  fein  ass,  Eg.  aslûifet  toraib,  St.  asloifit  airib  H. 

9.  huaire  YBL.  St. 

10.  sid  Eg.  sidaib  YBL.  St    F.  sidip  H. 

11.  adad  YBL.  loo^'  13.  adda  St.  ada  F. 

12.  Ocus  is  fat  sin  dalemain  is  ferr  fîlett  in  Her///;;  Eg.  120-^2. 

1 3.  cumgi  H.  Eg. 

14.  i.  e.  Froth  and  Rain  and  Drop 

15.  i.  c.  Dew 


Tlie  Dfstnulioii  of  Dâ  Diiga's  llostJ.  285 

Imda  TuLciiiwi-  DRunii. 

109.  At("(';/d<?/v  ;ind  borrôchicch  arbclaib  na  imdac'  cctnae 
ivr  hir  in  tige.  Athis  niàili  tair.  l-innithir  canacli  slcbc  cach 
tiiina  âsas  t/iàna  chcnJ.  Unasca-  ôir  immà  ô^  Brat  brecligda 
inibi.  A'(i/  claid/7'  ina  l;iim4  y  nôi  scéith  airgdidi  7  ;/('/  n-ubla 
ôir.  Fcclicird  ccch  ai  dib  i  n-ardac,  7  ni  thuit  ni  dib  i'or  làr,  7 
ni  bi  aclnôen  dib  ior  a  bois,  7  is  c//mma  oais  timtliirecht  bcch^ 
il-lô^  ànli  cach  ae  sech  araile  SLias[7  anuas/.]  Intan  bâ  hanem^ 
dô  atf('//narc//3"9ocon  chlis^",  7  anv//  dorcchachasa"  fochartatàr 
gritlî '-  inimi  co  mbâtarft)y  lar  in  tige  uile. 

IS  and  asbiTt  ind  flaith^3  fil  isin  tig  frisin  clessamnach.  Co- 
tràncamniar  ôr'  bat  mac  bec  ^4,  7  ni  râla  do  cless  n-airiut'>  cosin 
nocht. 

Uch,  uch,  a  phopa  chain  Co/w/Ve,  [ar  se,  — Eg.]  is  deithbrr 
dam:  dom-recacha  ^^  sûil  féig  andiaraid,  fer  co  trian '"  maicc 
imp-»]lisen  foraicce  dul  nôi  ndro[n]g  '^.  Ni  méti  dosom  a  ndéi- 


1.  himdad  YBL.  himda  St.  himdadh  I-".  imdad  Hg.  himdi;i  II. 

2.  Unascach  St.  F.  H.  luuuiscacli  H'. 

5.  huîc  YBL.  St.  F.  o  II.  oib  Hi.  Eg.  oniits. 

4.  lamaib  YBL.  St. 

5.  andar-Iat  is  tîmthircclit  bcich,  Eg. 

6.  il-la«  YBL.  St.  a  Ic)  IL  i  loa  F. 

7.  sic  H. 

8.  hanem  H.  haincni  F.  iiaineam  St.  n-ancm  YBL.  hani  LU. 

9.  Intan  ropa  ânem  do,  Eg.  Ata';;«arcsa  intan  ba  n-anem  do  atclionnar 
csa,  YBL.  adconnan'sa  F.  Atco/zarcsa  Eg.  St.  atai«narcso  H. 

10.  chlius  YBL.  St. 

11.  rodercusa  fair  Eg.  dorrccocliasa  YBL.  dorrecachasa  St.  dorccach/zia  H. 
dorrccacassa  F. 

12.  focerd  airnigritli  YBL. 

13.  HiiEg.  flfl///;  YBL. 

14.  o  ropo  mcicc  bccca  sind  dibli'nib  Eg.  o  bini  mac  YBL.  Codorancaniar 
o  bi  mac,  H.  Cotrancamar  o  bi  mac.  St.  F. 

I).  ni  torchair  do  clcss  huait,  Eg.  ni  raloi  do  des  aiiit,  IL  ni  râla  do  cics 
n-airit  YBL.  ni  raba  do  clés  n-airiut  F. 

16.  rom-dèice  Eg.  romdcici  H'.  Domrccacai  F.  donnecacliai  IL 

17.  triun  YBL.  F.  Eg.  H^. 

18.  atamro«aircc  tria  fithissib  .ix.  ndrong,  Eg.  foraice  dol  nui  nd/ong,  H. 
foraicce  dul  noindrong  I'.  St.  f<i/aiccc  dul  noi  ndrong  YBL.  atanirc/znairc 
tria  lithisibii  (.i.  conairj  nui  ndoroch  (.i.  roth),  IL. 


286  Whiiley  Stokes. 

csin   [Hieg   il.J   aiidiardid  sin.    Fichit//'  catlia  de,  or  se.  Ro- 
fcssar  co  de  bratha-  bas  n-olc  ar  dorHs  Bruid/zc. 

The  Rooni  of  Tiilchinnc  thc  Juggler. 

lo^j.  «  Therc  î  hchehi  a  grcat  champion,  in  front  of  thc  sanie 
rooni,  on  thc  fJoor  of  thc  housc.  Thc  shamc  of  baldncss  is  on  him. 
Ul)itc  as  luountain  cotlon-grass  is  cach  hair  that  groivs  throiigh  his 
hcaii.  Earrings  of  gold  around  his  cars.  A  mantle  spéckkd,  coloured, 
hc  ivorc.  Ni  ne  siuords  in  his  hand,  and  ni  ne  silvcrn  shicids,  and 
ninc  appics  ofgold.  Hc  throivs  cach  of  thcin  upivards,  and  none  of 
thcni  falls  on  thc  gronnd,  and  tljcrc  is  only  onc  of  thcni  on  his 
pal  m;  cach  of  thcni  rising  and  falling  past  anothcr  is  just  likc 
thc  viovcment  to  and  fro  of  becs  on  a  day  of  bcauty.  WJjcn  hc 
ivas  swiftest,  I  behcld  him  at  thc  fcat,  and  as  I  iooked,  they  uttered 
a  cry  about  him  and  they  ivere  ail  on  thc  house-floor.  Thcn  thc 
Prince  luho  is  in  thc  housc  said  to  the  jugglcr  :  «  IVe  hâve  corne 
togcihcr  since  thou  luast  a  Utile  boy,  and  till  tonight  thy  jugg- 
ling  na'cr  failcd  thcc.  » 

(c  Alas,  alas,  fair  inastcr  Conairc,  good  cause  havc  I.  A  kccn, 
angry  cyc  Iooked  at  nie  :  a  inaii  with  the  third  of  a  pupil  which  secs 
thc  goingof  the  ninc  bands.  Kot  much  to  him  is  that  kccn,  lurathful 
sigJjt  !  Bailles  arc  fought  with  it  n,  saith  he.  «  //  should  be  knoiun 
till  doomsdax  that  iherc  is  cvil  in  front  of  thc  Hostcl.  » 

iio.  Gabais  'wxoin  na  claid/'///  inna  làim3,  y  na  scéith-^  airg- 
didi  7  na  ub/^p  ôir,  7  fochartatar^'  gi'iîli  i'^ibi  dorise/  co  mbâ- 
târ  fo/-lâr  [inj  tige  uile.  Dorât  im-moth^  anisin,  7  ro  léicachles 
n-iiad9,   7  asbtTt:  A  Fir  cbaille,  comérig!  nd  laig  a  slige''^, 


1.  tîcliithcr  YBL.  ficit/r  H.  Fechaitrr  Eg. 

2.  RofcsaithtT  co  dcred  riibratha,  Eg.  Rofessar  co  dcred  bratha,  St.  ro- 
fesar  co  deired  mbràtha,  F. 

3.  Gabais  iarum  a  clcsa  .i.  na  claidib  Eg. 
.|.  sgiatba  F. 

5.  hiiblai  YBL.  hiibloi  H. 

6.  focertat  Eg. 

7.  arithisc  YBL.  aOitisi  H.  arithisi  F.  doridise  Eg. 

8.  a  mod  Eg.  im-motlwr  YBL.  St.  a  motug»(f  H.  imon  teach  F. 

9.  a  clesa  huad  Eg. 

10.  aslcig  YBL.  aslig  H.  St.  F. 


Tiie  Destruction  of  Dû  Dcrga's  HostcL  287 

slii^airdbi  do  nuiic.  Fiii|n]t.ii  cia  tail  ar  doviis  tige  do  .iinli//.?  ' 
ter  mBriiid//i-. 

Atà-  ;uid,  or  se,  Fer  Ciuilngi  %  |  l'er  lei,|  1-er  gar,  Fer 
rôgel,  Fer  rôgaiii.  Dlonisait  gnim  nad  lohur,  logud  >  CoiiLiirc^ 
o  loic  nif/rcaib  Duind  Dcsa,  6  côic  comakaib"  carthachaib  [Co- 
naire,  Eg.J 

SAmniltc  lat  s/;/,  a  F/V  roi^aiii.  Cia  ro  chàchain  in  hiid  se? 

iio.  Tlk'ii  hc  îook  thc  swords  /;/  /;/.v  haiid,  and  Ibc  silvcrn 
shields  and  thc  applcs  of  gold  ;  and  agaiu  lln'y  uticrcd  a  cry  and 
lucre  ail  on  thc  floor  of  the  house.  That  ania~cd  h'un^,  and  hc  gave 
cn'cr  his  pla\  and  said  : 

«  O  Fer  caille,  avise!  Do  not  ...  ils  slanghler.  Saerijiee  lh\ 
pig  !  Find  oui  n'ho  is  in  front  of  thc  house  to  injure  ihc  nuii  of 
thc  Hostel.  » 

«  Therc  »,  said  hc,  «  are  Fer  Cualngi,  Fer  lé,  Fer  gar,  Fer 
rogel,  Fer  rogain.  They  hâve  announeed  a  deed  zchieh  is  not  feeblc, 
thc  annihilation  of  Conaire  h\  Donu  De'sa's  Jive  sons,  l'\  Conaire's 
fivc  loving  fosterhrothers.  » 

«  Lihen  thou  ihalj  O  Fer  rogain!  IVho  has  chanled  thaï  lay  ?  » 

iir.  Kl  anse  linisa  a  s:\mail,  or  Fer  rogain.  'Faulchinne^ 
rigdriith  "^  rig  Tcwj-ach  :  clessamnach  Con.iirc  insin.  Fer  comaic 
[LU.  93]  ''  môir  in  fer  sin.  Tothôetsat  tri  nt>//biiir  ina  chétchum- 
scli'-  leis,  7  a)//rainfe"'  comgnim  ir'i  cach  n-ôen'-+  isin  Brudin, 


1.  malins  LU.  ani!i//j  Eg.  YBL.  ainilcs  H.  F.  aimli«.v  St. 

2.  AtMU  H. 

5.  Cuailgc  YBL.  Cuailngnc  F. 

4.  sic  YBL.  H.  F.  Fer  10  St.  l-g. 

5.  logad  F.  loghudh  YBL.  mat//J  H. 

6.  Dlomsat  gnim  laisct  ar  logLid  Coiniiit  do  marbad  Lg. 

7.  comdaltaib  St.  F. 

8.  lit.  put  him  (dornt,  rectius  darat)  into  stupor  (iiiotl),  Ml.  6ii^  9). 

9.  Taulchaine.  St.  YBL.  Taulchinc  F.  Tuilchinne  Hg.  Taulchaini  H. 

10.  rigdruith  YBL. 

11.  In  tliis  and  thc  ncxt  page  of  LU.  thc  wiiting  is  in  onc  coliimn. 
12  C('/chumscliu  St.  cc/cuinscliu  F. 

13.  ro«raindi  YBL.  comrainfc  Eg.  toaroinnfî  H. 

14.  fri  g((c/j  n-aoinftv  H. 


288  Whitley  Slokes. 

7  imoKiricLi'  clûd  do  ass  cid  crechtnaigthc.  Cid  ni  chena  ni  bu 
ortai-  ind  orgtiin  cid  fobithin  ind  tir  sin. 

Céinmair  noda-ainsfr^J  !  (or  Lomna. 

Ni  c/micid  »,  (or  Ingccl-*.  [7  iarsin  cia  accai  and?  —  F.]. 

///.  «  Easy  for  me  lo  likcn  him  »,  says  Fer  rogain.  «  Taul- 
chinm  the cbii'fjuggler  of  ihe  King  of  Tara;  he  is  Conaire's  con- 
jurer. A  man  ofgreat  migbt  is  that  iiian.  Thrice  nine  will  fall  by 
him  in  bis  first  encounler,  and  be  will  sbare  proiuess  luitb  every 
one  in  ihe  Hoslel,  and  he  luill  chance  to  escape  therefrom  though 
îuounded.  Whai  then  ?  Even  on  account  of  this  man  (onl\)  the  De- 
struction shoiild  not  he  wronght.  » 

«  Long  live  heiuho  should  sparc  him!  »  says  Lomna  Dn'ith. 

«   Ye  cannot  »_,  j-^fv^  Ingcél,  etc. 

I.MDA  XA   MUCCIDI  5. 

112.  Ati"()//narc  t/iar  i  n-airthiur  in  tige,  tri  dubbc/vthae 
fcraib  :  tri  forti  ûanidi  impu  :  tri  dublcnna  tairsiu:  tri  gabiilgici 
uasaib  hi  tôib  fraiged  :  se  dubassi  dôib  ar  crund.  Cia  sût,  a 
Fir  rogain  ? 

«  Ni  anse,  ol  Fer  rogain  :  T/i  nuiccaidi  ind  rîg  sin,  Dub 
7  Dond  7  Dorcha  :  t/i  brathir,  tri  maicc  Maphir  Themrach. 
Ccinmair  nudn-ains('(f,  mairg  nodn-géna^'!  ar  bà  mô  bùaid  a 
n-anacail  oldas  a  ngona. 

Ni  c//mcid,  (or  (Ingcél  etc.) 

The  Room  of  ihe  Szuineherds. 

112.  «  /  beheld  a  trio  in  the  front  ofthe  honse  :  thrce  dark  crouni- 
tufts  on  them  :  three  grcen  frocks  around  fheni:  three  dark  mantles 
over  thon  :  three  forked  . . .  (?)  ahove  iheni  on  the  side  of  the  ïuall. 

1.  imniarawic  yrl.  YBL. 

2.  Facs.  LU.  mbuorta.  Nirbo  ort.-c  St.  nibo  ordctai  F.  (ihe  c  writtcn 
over  the  /).  nibo  orta;  YBL.  imaricli  7  ri.  nibo  H,  u'/j/V/;  ciidslicre. 

^   céin  nodaainS('(/  LU.   cenmair  nodnanSt'<f  YBL.   mongcnar  nodanst'i/ 
Eg.  iii''2.  nodnainsed  F. 
4.  add\?>L.  neh(  yrL 

S-  §§  112-125  ai'e  omitted  by  YBL.  F.  St.  and  §  112  is  omitted  by  Eg. 
0.  Icg.  noda-ainscd,  niairg  noda-gcnad. 


The  Destruction  of  Dâ  Derga's  Hostel.  289 

Six  hlack  gmivcs  the\  had  ou  thc  nidslK  Who  are  yen,  O  Fer 
roi^aiii?  » 

«  Easy  to  sa\  »,  aiiswers  Fer  roulai  11:  «  the  ihree  siuincherds  of 
the  kiuî^,  Diib  and  Doiui  and  Dorcba  :  ihrec  brothers  are  tbey,  three 
sons  of  Mapher  of  Tara.  Long  lire  he  ivho  shonld  protect  iheni  ! 
woe  io  hini  who  shall  s!a\  theni  !  »  for  gréa  1er  ivoiild  he  the 
tritimph  of  protect  ing  thein  than  (the  tiinniph)  of  shixing  theiu  !  » 

«   IV  cannot  »,  sa\s  higcél,  etc. 

Imda  xa  x-arad  x-airegda. 

113.  Atfo//narc  iriar  n-aili  ara  mbelaib  :  téora  bnna  ôir  îor 
airthiur  a  cind  :  teora  berrbrôca  impu  de  lin  glas  imdentai  di 
ôr:  tri  cochlini  corcrai  impu  :  tri  broit  chrédumi  ina  Idim. 
Samail[te]  let  sin,  i\V\r  rogain. 

Ros-fetar,  ol  se.  Cul  7  Frccul  7  Fcrcul,  tri  p/iniaraid  ind 
rig  sin,  tri  cornais,  tri  maie  Sidbi  7  Cuinge.  Atbcla  fer  cech 
airm  leo,  7  conrainfet  buaid  n-echta. 

The  Rooin  of  the  principal  Charioteers. 

II).  «  7  heheld  anotber  trio  in  front  of  thein:  three  plates  ofgold 
on  their  foreheads  :  three  short  aprons  tbey  -luore,  of  grey  linen  em- 
hroidered  zcith  gold  :  three  crinison  capes  ahont  theni  :  three  goads 
of  bron:^e  in  their  hands.  Liken  thon  that,  O  Fer  rogain  !  » 

«  I  hiow  thent  »,  he  ansiuered.  «  Cul  and  Frecul  and  Forçai, 
the  three  charioteers  of  the  King  :  three  oj  the  saine  âge:  three  sons  of 
Pôle  and  Yoke.  A  inan  unll  perish  hy  each  of  their  îueapons,  and 
ihey  will  share  the  triuinph  of  slaughter.  » 

Lvida  Cnusawm  \uiicc  Coucobmk. 

114.  Aiconnarc  imddi  n-aili.  Ocht//r  claidbcch  inti  7  màeth- 
oclâech  eiurro.  Mdel  dub  fair  7  belra  formend  leiss.  Co»tùaset 
des  na  Brudni  uli  a  ai;/delg.  Aildem  di  ddinib  hc.  Cdimsi  imbi 
7  bratgelderg.  Eo  dirgit  inna  brot. 

Rofet//»-sa  sin,  ol  Fer  rogain,  A.  Cuscraid  Mend  Mâcha 
macc  Co;/chobair  fil  hi  ngialnai  lasin  rig.  Achometaidi  \muu)rro 

I.   Some  part  of  thc  house  or  its  furniture  =  craund  siiiil  'j  115. 


290  WliitUy  Stokes. 

in  t-ocht///'  fil  imnii  .i.  da  l-hmJ,  da  Cli/////main,  da  Aed,  da 
Chrimthan.  Convômïet  comgnim  fri  ccch  n-ôen  isin  Brudin,  7 
immaricfa  clod  dôib  ass  f;'i  a  ndaltai'. 

The  Rooiii  of  Cuscrad  son  of  Conchobar. 

114.  I  beheJd  auolhcr  rooiii.  Thcrein  wcre  cight  swordsmen,  and 
aniong  îhcm  a  stripling.  Black  haïr  is  on  hiin,  and  ver\  stammcr- 
ing  speech  has  he.  AU  thc  folk  of  ihe  Hoslcl  listen  to  his  counsel. 
Handsoniest  of  mcn  he  is  :  hc  zvears  a  shirt  and  a  hrighî-red 
nuvilh',  ivith  a  brooch  of  silver  thcrein.  » 

«  /  knoiv  hini  »,  sa\s  Fer  rogain  :  «  'tis  C usera id  Menu  of 
Annagh,  Conchobar's  so}i,  zvho  is  in  hostageship  ivith  thc  king. 
And  his  gnards  are  those  eight  (siuordsnien)  around  hini,  naniely, 
huo  Flanns,  iwo  Ciunnmins ,  two  Aeds,  two  Crinithans.  They  will 
share  proivess  luith  every  one  in  the  Hoslcl,  and  they  u'ill  chance 
to  escape  froin  it  luith  iheir  fosterling.  » 

I.MDA  XA  FOARAD. 

115.  Atrhc);/narc  mî//bur  {or  craund  siûil  dôib.  N6i  coch- 
leni  impu  co  lubun  chorcnii  7  land  ôir  for  cind  cach  ae.  Nôi 
mbruit  inna  himaib.  [Samalte  —  Eg.  ii6''2]. 

Ro[sJfet///-sa  sin,  ol  Fer  rogain.  Riado,  Riamcobur,  Riade, 
Buado;/,  Bûadchar,  Buadgnad,  Eirr,  Iner-,  Argatlani  —  nôi  n- 
araid  foglomma  la  t/i  primaradu  ind  rig.  Atbela  fer  ccch-ai 
dib,  7r. 

The  Rooni  of  the  Under-charioleers. 

II).  I  beheld  ni  ne  mcn:  on  ihe  niast  icerethey.  Nine  capes  they 
îuore,  ivith  a  piirple  hop.  A  plate  of  gold  on  the  hcad  of  each  of 
ihem.  Nine goads  in  their  hands.  Liken  thon.  » 

«  I  knoiv  those  y> ,  quoth  Fer  rogain  :  ((Riado,  Riamcobur,  Riade, 
Buadon,  Bûadchar,  Buadgnad,  Eirr,  Ineirr,  Argatlani  —  nine 
charioteers  in  apprenticeship  luith  the  three  chief  charioteers  of  the 
king.  A  nian  luill  perish  at  the  hands  of  each  of  theni,  etc. 

1.  For  the  corrcsponding  passage  on  Eg.  116^  i  sce  Appendix  5  114  It 
is  followed  bv  a  description"  ofConaire's  threc  wizards. 

2.  Ineirr  Eç. 


The  Destnicliori  of  Dà  Dergas  Hostcl.  291 


Imda  \.\  Saxan'acii. 

116.  Aicoiinarc  isind  Icith  atudid  din  tig  no//bur.  Noi 
monga  forbaidi  foraib.  Noi  camsi  fogarti  impu.  Noi  lenn;u  ocr- 
erai tairsiu  ce»  delgae  indib.  Nôi  manaise.  Nôi  cromsccith 
déirg  l'iasaib.  [Samalthe,  Hg.  117'  i]. 

R//^-fetaniar,  ol  se,  .i.  Osait'  7  a  da  chomalta,  Osbrit - 
Lamfota  7  a  dà  chomalta,  Lindas  5  7  a  da  chomalta,  tri  rig- 
domna  do  Saxanaib  sin  file/  ocond  n'g.  Co/;rainfet  in  lucht  sin 
buàid  ng[n]ima,  7rl. 

Tl.h'  Rooni  of  ihe  Enc^JisJjDicii. 

116.  «  On  ihc  iioiihcni  sidc  of  thc  bouse  I  behehl  }iiuc  iiicii. 
Nine  very  yclloiu  mânes  lucre  on  Ihcni.  Niiie  linenf rocks  somewhat 
short  luere  round  them:  nine  pur  pic  plaids  over  them  luithout 
brooches  thtrein.  Nine  broad  spears,  nine  rcd  cnrvcd  shields  above 
them.  » 

«  We  knozu  them  »,  qnoih  he.  ((  Os-wald  and  bis  two  foster- 
brothers,  Osbrit  Longhand  and  his  two  fosterbrothers ,  Lindas  and 
his  tîvo  fosterbrothers.  Three  crown-princes  of  England  who  are 
zi'ith  the  king.  That  set  will  sharevictorious  prowess,  etc. 

Imda  \a  Riterf.d. 

117.  Atcondarc  triar  n-aili.  Teôra  mdela  foraib,  tri  lenti 
impu4j  7  tri  broit  hi  forcepul.  Sraigell  il-laim  cachae.  [Sa- 
mailte  jr\.  Eg.]. 

Kus-ktursa  sin,  ol  se.  Echdriiim,  [LU.  94]  Echriud,  Ech- 
rûathar,  tri  marcaig  ind  rig  sin  .i.  a  thri  ritiri.  Tri  brathir  iat, 
tri  maie  Argatroin'.  Mairg  iiiras  in  n-orcain  cid  fodaig  in 
trir  sin  ! 


1.  Ozaltt  Eg. 

2.  Ozbriit  Eg. 

3.  Ouït  Eg. 

4.  tcora  Icni  hi  cestul  fri  gelcnes  dôib  ]lg. 

5.  Argatroir  Eg. 


29  2  Whitley  Stokes. 

The  Rooin  of  ihc  Equcrries. 

I  ij.  «  /  behcJd  another  trio.  Threc  cropt  heads  of  hair  ou  tbeni, 
ihree  f rocks  ihey  luore,  and  ihrce  niant  les  îcrapt  (aroiind  thcni).  A 
■iuhip  in  the  hand  of  cach.  » 

«  I  knoiv  those  »,  quoih  he  (Fer  roi^ain).  «  Echdruim,  Echriud, 
Echrùathav,  the  ihree  horsevien  of  the  kin^,  that  is,  his  three  eqiwr- 
ries.  Three  brothers  are  they,  three  sons  of  Ar^atron.  Woe  to  h'un 
luho  shall  ivreak  the  Destruction,  ivere  it  (onlx)  hecause  of  that 
trio. 

I.MDA   XA   mBrEt[h]eMAX. 

ii8.  Kiconnarc  triar  n-aili  isind  imdaiocaib.  Fer  cdin  rogab 
a  mdelad  hi  cetad'.  Di  oclàig  leis^  co  mongaib  foraib.  Téora 
lenda  c;/mmascdai  impu5.  Eo  argit  i  mbrot  cacchnai  dib.  Tri 
gascid  ûasaib  hi  f^aig.  SamaiH  let  sin,  a  Fir  rogain. 

R//i-fetar  son,  ol  se.  Ferg»^  Ferde,  Fer  fordae,  7  Domaine 
Mossud,  t7'i  brithemain  ind  rig  sin.  Mairg  iuras  in  n-orcain 
cid  fodeig  in  trir  sin  !  Atbéla  fer  cacha?  dib. 

The  Rooni  of  the  Jndges. 

II S.  I  beheJd  another  trio  in  the  rooni  h\  theni.  A  handsome 
[leg.  bahi^  nian  icho  had  got  his  baidness  newiy.  B\  him  weretiuo 
young  nien  with  mânes  npon  theni.  Three  niixed  plaids  they  vjore. 
A  pin  of  silver  in  the  niant  Je  of  each  of  them.  Three  suits  of 
arniour  above  them  on  the  luaJl.  Liken  thon  that,  O  Fer  rogain  !  » 

«  /  knoiu  those  »,  qiwth  he.  «  Fergus  Ferde,  Fergus  Fordae  and 
Domaine  Mossud,  those  are  the  king's  three  jndges.  Woe  to  him 
li'ho  shall  zvreak  the  Destruction  luere  it  onl\  because  of  that  trio  ! 
A  man  will  perish  by  each  of  them .  » 


1.  fer  nioel  rogabad  [leg.  rogab  a]  moclad  lii  cétud,  Eg.  iiCi^»  2. 

2.  da  ôclach  ieiss  Eg. 

5.  tcora  caimsi  impii  co  tcoraib  lannaib  ciimascdai  Eg. 

4.  Samailte  Eg. 


The  Dcsinu'ticn  of  Ihi  Deri^a's  Hostcl.  293 

Imdûi  na  C/utiri. 

1 19.  Axiviidnrc  mnhur  n-aile  tViu  anair.  Nôi  monga  crdeba- 
cha  cassa  fcvaib.  A^('/  mbroit  glassa  luascaig  impu.  Nôi  ndelce  ôir 
ina  mbrataib.  Nôi  tailge  glano  '  ininià  lama.  OrJnasc  oir  im 
ordain  cach  ac.  Auchuimriuch-  n-6ir  'm  o3  chach  lir.  Muince 
aircit  im  brdgit  cach  ae.  Nôi  mbuilc  co  //-inchaib  ôrdaib  uasib 
hi  tVaig  .i.  //ô/ flesca  findarcit  inna  lamaib.  [Samailte  Eg.]. 

Ro[s]fet//;'sa  sin,  ol  se.  Noi  crutiri  ind  rig  insin  [7  a  iiôi 
cniite  ùasaib,  Eg.].  Side  7  Didc,  Dulothe  7  Deichrinni,  Caii- 
mul  7  Cellgen,  Ol  7  Olenc  7  OlLh6i4.  Atbela  fer  cach  ac  Ico. 

The  Rooiii  of  thc  Harpcrs. 

Il  Cf.  «  Ta  ihc  east  of  ihein  I  hchchl  aiiolhcr  ciuicad.  Nhie 
hranchy,  ciirly  mânes  upon  theni.  Niiic  gre\,  floaliiig(?)  iiiaiitles 
ahout  them  :  ninc  pins  of  gokl  in  ihcir  manllcs.  Nine  ri)igs  of 
crxstal  round  thcir  amis.  A  thunihring  of  gold  round  cach  nmn's 
ihunih  :  an  car-tic  of  gold  round  cach  nian's  car  :  a  torque  of  silver 
round  cach  nian's  throat.  Nine  bags  luith  gohien  faces  abovc  them 
on  ihe  wall.  Nine  rods  of  luh'ite  silver  in  thcir  hands.  Liken  thon 
(them).  » 

«  I  knoiu  thosc  »,  quoth  he  (Fer  rogain).  «  They  arc  ihc  king's 
nine  harpers,  luilh  thcir  nine  harps  above  them:  Side  and  Dide, 
Dulothe  and  Deichrinnc,  Caumul  and  Cellgen,  01  and  Olcne  and 
Olchôi.  A  man  luill  perish  by  each  of  them.  » 

Imdai  na  Clesamnach 

120.  Atcondarc  iriar  n-aile  isind  airidi.  Teora  caimsi  hi 
foditib  (.i.  hi  cenglaib)  impu.  Sciatha  cethrocairi  ina5  kimaib 
co  tclaib  ôir  (oraih  7  ubla  airgit,  7  gai  bic  intlassi  leu, 

Ros-fet//rsa,  ol  se.  Cless  7  Clissine  7  Clessamun,  tri  cles- 

1 .  glan/ife  Eg.  1  1 7^  i . 

2.  eo  comrach  Eg. 

3.  i  n-6i  Eg. 

4.  Si'gae,  Dige,  Dcgrimc,  Emul,  Caumul,  Ccltgen,  Olac,  Olcliac,  Olc- 
nac,  Eg. 

5.  MS.  in  ina 

Revue  Celtique,  XXII.  20 


2Q4  !!'/;///()'  Stokes. 

samnaig  ind   rig  sin.    Tri  cornais,    tri   dcrbrathir,  tri   maicc 
Naffir  Rochlis.  Atbéla"  fer  cach  ae  léo. 

The  Rooni  of  ihc  Coujiircrs. 

120.  «  I  saiv  nnolhcr  Irio  on  ihc  dais.  Three  bedgowns girt  about 
thon.  Four- cor ncrcd  shichls  in  iheir  hands,  luith  bosses  of  gold 
npon  thon.  Applcs  of  silver  ihey  had,  and  small  inlaid  spears.  » 

«  /  hnoiu  Ihcin  »,  saxs  Fer  rogain.  «  Cless  and  Clissinc  and 
Clcssamun,  ihc  king's  ihrcc  conjurcrs.  Thrcc  ofihc  sa  nie  âge  are  ihey  : 
three  brothers,  three  sons  of  Naffer  Kochless.  A  man  zuill  perish  by 
each  of  theiu. 

ImDAI   Tri   X-AXMHD   IXD   RIG. 

121 .  Atcondarr  triar  n-aili  hi  comfocràib  inidai  ind  rig  fcssin. 
Tri  broit  gornia  impu  7  tcora  caimsi  co  ndergintlaid  tairsiu. 
Arrocabtha  a  ngascid  ûasaib  hi  fraigid. 

R?/j'-fet//rsa  sin,  ol  se  .i.  Dris  7  Draigen  7  Aittit,  tri  anmed - 
ind  rig,  tri  maicc  Sccith  foilt.  Atbela  ter  cach  airm  léo. 

The  Rooin  of  iIjc  three  Lanipooners. 

121 .  «  I  beheld  anotber  triohard  by  the  rooni  of  thelung  himself. 
Three  bine  niantles  a  round  theni,  and  three  bedgoiuns  ivith  red  in- 
sertion over  thcm.  Their  anns  had  been  hung  above  theni  on  the 
luall.   » 

((  I  knozu  those  »_,  quoth  he.  «  Dris  7  Draigen  7  Aittit  (a  Thorn 
and  Branible  and  Fur:;e  »),  the  king's  three  lanipooners,  three 
sons  of  Sciai  h  foilt  k  A  nian  will  perish  bx  each  of  their  lueapons.  0 

Imdai  na  mBadb. 

122.  Kuondarc  triar  nocht  lii  cléthi  in  tigi.  A  tôesca  fola 
trethu,  7  sîvAJiemain  a  n-airHg  ara  mbraigti. 

R//jr-fet^rsa  sin,  ol  se:  tri  ernbaid  iiagboid  :  triar  orgar  la 
cach  n-aim  insin. 


1.  Atbéba  LU. 

2.  leg.  anmid  ?  anmeda  ? 
^.  Sciachfolt? 


The  Dtsiniction  of  Dd  Derga's  Hostel.  29^ 

The  Room  of  the  Baâhs. 

122.  «  /  hchcld  a  trio,  nakcd,  on  thc  rooftree  ofihc  ho  use  :  thcir 
jets  of  blood  (comiiig)  through  thcni,  ami  thc  ropcs^  of  thcir  sianî^i)- 
ter  ou  tlk'ir  lurJcs.  » 

«  Those  I  know  n,  saith  Ijc,  «  ihrcc  ...  of  awfui  bodiiig.  TIjosc 
arc  tl)c  thrcc  timt  arc  siaugijtcrcd  at  cvcry  tiiiic.  » 

Imda  \a  Fulachtori. 

123.  Atcotidarc  triar  oc  dcnam  fulochta  i  mhcrrbrckaib  in- 
tlassib.  Fer  tind  liath,  7  di  oclaig  'na  farrad. 

R//jr-fet/</'sa  sin,  ol  Fer  rogaiii.  Tri  primfulachtore  ind  rig  sin 
.i.  in  Dagdae  7  a  da  daltae  .i.  Séig  7  Segdae  da  mac  Rofir 
Oenbero.  Atbéla  fer  la  cach  n-ae  dib,  7r. 

TIjc  room  of  thc  Kitcljciicrs. 

12).  «  /  bei}cid  a  trio  cooJa'iig,  in  sljort  inlaid  aproiis:  a  fair 
grey  man,  and  tiuo  yoiiths  in  his  conipany. 

«  /  hiùiu  îJjosc  ))^  qiioth  Fer  rogain  :  «  tJjey  are  tlk'  King's  three 
chicf  kitcheners,  namely,  tljc  Dagdae  and  his  two  fosterlings,  Séig 
and  Segdae,  the  tiuo  sons  of  Rofer  Singlespit.  A  nian  will  perish  by 
each  of  the  ni  »_,  etc. 

L\IDA  \A   FiLED. 

124.  ktcondarc  triar  n-aili  and.  Téora  landa  ôir  tar  a  cend. 
Tri  broit  bric  impu  :  teora  camsi  co  ;idergintlaid  :  teora  bret- 
nassa  ôir  inna  mbrattaib  :  teora  bunsacha  uasaib  hi  fraig. 

Rofetwrsa  sin,  or  Fer  rogin  :  tri  filid  ind  rig  sin  .i.  Sui  7 
Rodui  7  Fordui:  tri  cornais,  tri  brathir,  tri  \waic  Maphir  Ro- 
chétail.  Atbela  fer  cech  fir  dib,  7  congeh:\.  cach  dias  bûaid 
n-oenfir  etorro.  Mairg  xwras  ind  orcain!  7r. 


I.  With  thcse  ropes  C.  H.  Tawney  comparcd  thc  Homcric  r.i^py.-'  ôXsOpoj 
II.  6,  143  :  Od.  22,  41  :  cf.  also  the  Anglo-saxon  Dha  feowere  f<cgcs  râpas, 
«  the  four  ropes  of  the  doomed  man  ».  Saloinon  and  Saturn,  cd.  Kemble, 
p.  164,  uridheiie  lucel-hlencan  «  twisted  chains  of  slaughter  »,  Elcne  47. 


296  Wliitlcy  Stokes. 

124.  «  /  behcld  anolhcr  trio  ihere.  Threc  plates  of gold  over  their 
heads.  Three  speckkd  niant  les  abotit  iheni  :  three  Uncn  shirts  with 
rcd  insertion  :  three  golden  hrooches  in  their  niant l es  :  three  ivooden 
darts  ahove  theni  on  the  wall.  » 

((  Those  I  Jciioiu  y>,  says  Fer  rogain:  «  the  three  poets  of  that 
king:  S  ni  and  Rodai  and  Ford  ni  :  three  of  the  sanie  âge,  three  bro- 
thers:  three  sons  of  Maphar  of  the  Mighty  Song.  A  inan  will  per- 
ish  for  each  of  iheni,  and  every  pair  ivill  keep  belween  them  one 
nian's  victory.  Woe  to  hini  zuho  shall  zvrcah  the  Destruction  !  »  etc. 

[LU.  95-^].  Imda  xa  Foschometaidi. 

125.  Kuondarc  and  dà  ôcldech  ina  sessoni  os  cind  ind  rig. 
Da  cromsciath  7  da  bendchlaidiub  mara  occo.  Lenna  di/'ca  im- 
pu:  deki  lindairgit  isna  brataib. 

Bun  7  MeccLin  sin,  ol  se,  da  chometaid  ■  ind  rig  in  sin,  da 
macc  Maffir  Thuill. 

r/.'('  Rooui  of  the  Servant-guards. 

I2J.  «  There  I  beheld  izuozuarriors  standing  over  the  king.  Tivo 
curved  shields  they  had,  and  lico  great  pointcd  siuords.  Red  kilts 
they  wore,  and  in  the  mantles  pins  of  ivhiic  silver.  » 

«  Bole  and  Root  are  those  »,  quoth  he,  «  the  king' s  tivo  gnards, 
tiL'O  sons  of  Mafer  Toll.  » 

Imda  na  Cometaidi  ind  Rig. 

126.  Ammdarc'  nonhàr  i  n-imdae  and  arbelaib  na  imdai 
cetnae.  Mongae  findbudi  (oro'ih.  Berrbr6ca5  impu,  7  cochléne 
brecca  7  scéith  béimnecha  foraib.  Claid/b4  dét  il-lâim  cach  fir 
dib,  7  cach  fer  dothdet  isa  tech  folôimetâr^  a  béim  cosna  claid- 
bib.  Ni  lomethar'^  nech  dul  dond  imdae  cen  airiasacht  dôib. 
Sa.mailte  \at  sin,  a  Fir  rogain. 

1.  MS.  chometaib 

2.  Hère  F.  YBL.  and  Eg.  recommence. 

3.  Bernbroga  YBL. 

4.  claidbi  YBL.  claid/7'  co  »-eltaib  Eg. 

5.  folaimtis,  Eg    120'' 2  foloimmetar  St.  F.  foloimetar  YBL. 

6.  laimather  Eg.  lomethar  F.  lometar  YBL.  lamaither  H'. 


The  Destruction  of  Dû  Dergas  Hostcl.  297 

Ni  anse  damsa  on.  T;i  Mochniatnig  Midi,  tri  Biiageltaig  ' 
Brcg,  tri  Sostaig-  Slcbc  Puait.  N(';/bor  comctaide  ind  rig  sin^ 
Tothikisdl  iiôi  ndechcnb.iir  léo  ina  cetc/miscl///,  yrl-^.  Mairg 
ÎLiras  in  n-org(////  fô  ndcig  sin  ! 

Ni  c//mcid.  ior  Inga'7.  Nf'A/  iciiimid,  7  ri.  Oc  us  iarsin  cia 
Accn  aihi  ? 

The  Rooiii  of  ihc  Kiui^'s  GuardsDieii. 

126.  «  /  hehehl  iiiiie  iiieii  iii  a  rooiii  ihcrc  in  front  of  thc  saine 
room.  Fair  ycUow  nianes  iipon  îbcni:  short  aprons  thcy  luore  and 
spottcd  capes  :  they  carricd  smitincr  shiehis.  An  ivory-hiltcd  siuord  in 
thc  hand  of  each  oftheni,  and  îvhoever  enters  ihe  honse  they  essay  lo 
sniitc  hini  luith  thc  siuords.  No  onc  dares  to  go  to  the  room  (of  thc 
King)  u'ithoiit  thcir  consent.  Liken  thon  thaï,  O  Fer  rogain  !  » 

«  Easy  for  nie  is  thaï.  Thrce  Mochnialnechs  of  Mealh,  three 
Buageltachs  of  Bregia,  ihrec  Soslachs  of  Sliab  Fnait,  thc  nine 
giiardsmcn  of  that  King.  Nine  decads  luill  fait  by  thcni  in  their 
firsl  conflicl,  etc.  IVoe  lo  hini  thaï  shall  ivreak  the  Destruction  hc- 
cause  ofthcni  (only)  ! 

«  Ye  cannot  »,  says  Ingcél.  «  Clouds  ofweakncss  etc.  Ami  luljoin 
saivest  thon  then  ?  » 

Imda  Nia  7  Bruthxi  .1.  da  foss  mési  Conxnu. 

127.  Atcondarc  imdae  n-ailc  u-and  7  dias  indi.  Itc  damdab- 
cha  5  balcremra.  Berrbrôca^  impu:  it  é  gormdonna/  ind  fir. 
Culmonga  cumvi  foraib;  ité  aurarda  for  étun.  It  lùathidir  rotli 
[mjbûali^  cechtar  de  sech  araili,  ind-ala  hai9  dond  imdai, 
alaile  don  tenid.  Samaille  \at  sin,  a  Fir  roo^ain. 


1.  buaideltaig  YBL. 

2.  Rostaig  St. 

5.  YBL.  and  Eg.  omit  this  sentence. 

4.  St.  and  YBL.  add  :  7  imrnariccfa  elud  F.  adds  :  7  immaricù  clud  jr]. 

).  toirnidi  Eg.   i  ^ob  2. 

6.  hernii  broca  E^. 

7.  donna  gornia  Eg.  gormdonda  YBL.  gormdoniiai  F. 

8.  roth  mbuailc  YBL.  F.  Eg.  roth  liibuailc  St. 

9.  indara  de  Eg.  indalaili  YBL.  indala  de  St.  F. 


298  WliitUy  Slokts. 

Ni  anse  damsa.  Nia'  7  Bruthni-,  da>  foss  mése-*  Conairc 
insin.  Is  i  dias  as  decii  fail5  i  n-HenW  im  less  a  tigernïe.  Iss 
c'd  fôrrra^'  duinni  dôib  7  aurarda  dia  fuit,  athigid  in/  tened^  co 
mcnic.  Ni  lil  isin  bitii  dias9  bas'°  tcrr  ina  ndàn  andàte.  To- 
th()('7^(7/  t/i  nt'//bor  Ico  ina  cétc»mscii,  7  rc)7?rainfet "  conignim 
fri  cach,  7  \mm:\ricfa  c\i(d dàih.  Ociis  iarsin  cia  acca  and? 

The  Rooiii  of  Nia  and  Bnilhnc,  Conaires  iiuo  luaiiers. 

I2J.  «  There  I  beheld  anothcr  rooDi,  and  a  pair  was  in  it,  and 
they  are  «  oxtubs  »,  stout  and  thick.  Aprons  they  zuore,  and  ihe  mcn 
were  darkand  broii'n.  They  had  short  hackhair  on  theni,  but  high 
iipon  Iheir  foreheads  They  are  as  siuift  as  a  watenuheel,  each  of 
iheni  past  another,  one  of  them  to  the  (King's)  rooni,  ihe  other  to 
ihefire.  Liken  thon  those,  O  Fer  rogain  !  » 

«  Easy  to  me.  They  are  Nia  and  Bruîhne,  Conaire's  iivo  table- 
servants.  They  are  the  pair  that  is  best  in  Erinfor  iheir  lord's  ad- 
vantage.  What  causes  brownness  to  them  and  height  to  their  hair  is 
iheir  fréquent  hannting  of  thefire.  In  the  ■ivorhi  is  no  pair  better  in 
iheir  art  ihan  they.  Thrice  nine  men  will  faïl  by  them  in  iheir  Jirst 
encounier,  and  they  ivill  share  proiuess  îuiih  every  one,  and  they  will 
chance  to  escape.  And  after  that  îvhoni  sawest  thon  ?  « 

ImDA   SeXCHA   7    DUBTHAIG   7    GOBXEXD   .\U7/Vc  LURGNIG. 

128.  Alcondarc  imdae  as  nesani  do'-  Conair<^  :  t/i  primldich 
inti  :  it  c  cctliatha.  Teora  Icnna  dubglassa  impu.  Remithir'> 


1.  Niadh  St. 

2.  Bruitne  F.  Bruithni  St. 

3.  dm  Kg. 

4.  du  foss  niessi  \BL. 

5.  is  iat  sin  dids  is  fcrr  fil,  Eg. 

6.  ibdera  F.  fodtva  YBL.  iotern  Eg. 

7.  naYBL. 

8.  aithighit  in  teinid,  F. 

9.  nisfil  isin  bith  dis,  YBL.  nistilisin  bith  dis,  St.  Nisfil  isin  bith  diass,  F. 

10.  as  Eg.  St. 

11.  comraindfct  Eg.  7  maidfit  yrl.  YBL. 

12.  St.  inserts  imnidœ.  F.  inscris  imdai.  Eg.  oniits  do. 

13.  Rcniir  St.  rcimir  F.  rcimithir  Eg. 


The  Di'iinicticri  of  Dd  Dcroa's  Hostcl.  299 

mcdôn  Hr  cach  bail  dib'.  T/i  claid/A  duba  dimôra  léo,  siathir^ 
claid(7'  ngarmnae  cach  ac.  No  didlastàis  tinnae  ïor  usciin.  Ld- 
gen  môr  il-laim  ind  tii"  iiicdônaig,  rôira  scmmcnd  trethe^. 
Dagere  cuinge  sesrige  a  crand  lil  indi.  Cressaigthc5  in  fer  me- 
dônach  in  làgni  sin*^,  iiigi  nd  tiagat  a  huirc  ecgi7  essi,  7  benaid 
ah  hurlond*^  f/ia  bais  co  fd  thri.  Lonchorc  môr  ara  mbélaib9, 
méit  chorc  colbthaige^".  Dublind  ûathmar  and  :  mescth^j  béos 
isin  duiblinn  isin'^ 

Mdd  chian  co  tairi  a  fobdud  [LU.  95^]  lassaid  ïor  a  crand^^. 
Indar-lat  is  derc^^  tentidc  bis  i  n-uacht//r  in  tige.  Samailte  lat 
sin,  a  F/r  roi^ain. 

The  Rooni  of  Seiicha  and  Diibihach  and  Gobai  11  soji  of  Litrguech . 

128.  «  /  bchcld  thc  rooiii  that  is  iicxl  lo  Coiiairc.  Tbree  chiej 
champions,  in  their  first  greyncss,  arc  therein.  As  thick  as  a  nian's 
ivaisî  is  cach  of  their  iinibs.  They  bave  three  black  swords,  cach  as 
long  as  a  weaver's  beani.  Thèse  swords  would  split  a  hair  on  water. 
A  great  lance  in  ihe  hand  of  thc  niidinost  inan,  with  fifty  rivets 
throligh  it.  The  shaft  fbcrcin  is  a  good  load  for  thc  yoke  of  a  plough- 
tcani.  The  midniosi  nian  brandishcs  that  lance  so  that  ils  cdge- 
stiids  (?)  hardly  stay  therein,  and  he  strikes  the  haft  thricc  against 
his  pal  ni.  There  is  a  great  boiler  in  front  of  theni,  as  big  as  a  calfs 
caldron,  ichercin  is  a  black  and  horrible  liquid.  Moreover  he  pi  an- 
ges it  (the  lance)  into  that  black  flnid.  If  its  qiienching  be  delaycd 

1.  dia  mballaib  Eg. 

2.  sithidir  Eg.  sithigtir  YBL.  sithir  St.  F. 

5.  notescfaitis  fuina  i  n-agid  srotha,  Eg.  no  dedhlaistis  finda  for  usciu, 
YBL.  no  dailastais  finna  îor  usce,  St.  no  do  ilsatais  F. 

4.  semand  trca  YBL    scim)»t'//n  crcdumai  F.  scn^nm  crcduma  St. 

5.  Cressaigis  Eg.  H'.  Crcsaigthi  YBL.  cresaigthc  St.  cressaigthiu  F. 

6.  nioirsin  YBL.  St.  F.  môr  sin  Eg.  mair  sin  H'. 

7.  a  huraicdi  Eg.  I2iai.  a  huirc  cicgi  YBL.  a  huirc  ccgi  St.  a  huirc 
eci  F.  apparently  synonvmous  with  soiiiiionl  «  rivets  ». 

8.  haurlonn  St.  haurlond  F. 

9.  ara  bélaib  Eg. 

10.  cholbthaigi  YBL. 

11.  mescthar  beos  comt'nic  in  slcg  mor  isin  dublinn  sin  Eg    mescth".? 
beo;<5  isin  duibUnd  sin,  YBL.  isi  dublinn  sin,  St.  isi  dubhn  isin  F. 

12.  Mad  chian  air  nadà  fothrucud  sin  dublassoig  [leg.    dub-Iassaid]  for 
a  crund,  Eg.  for  a  crunn  YBL.  St. 

15.  draicc  Eg.  drecc  YBL.  drcch  St.  F. 


po  Wliiiky  Stokcs. 

itjîaniescvi  ils  sbafl  (and  thcn)  thon  wouldsl  suppose  that  there  is  a 
ficry  drai^oii  in  ll)c  lop  of  tbe  hoitsc.  Likcn  thon  that,  O  Fer  ro- 
gain  !  » 

129.  Ni  anse.  Tn  laich  ata  dcch  gaibtlic'  gaisced  i  nWcxind 
À.  Sencha  macc  alaind-  Ail^lla  7  Y)y\hthach  Dôcl  \]\ad  7  Goib- 
ncnd  mrtrc  Lurgnig'.  Ocus  ind  Luiii  Clieltchair  maie  Uthidir-^ 
ft'rricht  5  hi  cath  Maigi  T«red,  iss  i  fil  il-làim  Y)và\)thig  Dûil^ 
\]\ad.  Is  bés  di  ind  reb  sin  [do  dénam,  Eg.]  intan  as  apaig" 
fuil  namat  do  thestin^  di,  is  écen  core  co  neim  dia  fdbdud9 
intan  f/isailtcrgnim  gona  duinc  di'°.  Manis-tairi  sin",  lassaid 
ar  a  durnd,  7  ragaid  tria  fer  a  himorchuir  no  t/ia  chomdid'- 
(jiô  chomsid)ind  rigthaige.  Mâd  fûasma'^  dob^'Vthar  di  niairlîd 
fer  cacii'4  fiuisma'S  6  bethir  ocond  reib  sin  di  on  trâth  coaraile, 
7  nisn-aidléba'^.  Ocus  mi\à  urcluir'7  mairfid  n(i//bor  cacha  ur- 
cliair^^,  7  bid  ri  no  rigdomna  nô  aire '5  dibrrgae  in  nômad  fer. 

Tong»  a  tongt'5-°  mo  thi'iatli,  bidsochaide  ft^rsa  ndailfe  deoga 
tonnaid-^  innoclit  ar  àorus  \\x  Brud;/('  ind  Luin  [sin]  Celtchair 
xwaic  Guth/c//r--.  Tong//  do  dia  tong<'5-5  mo  ihi'iath,  doto[e]tJr7/ 

1.  gabthaeYBL.  gjibthiu  F.  (Icg.  gaibtc?)  atn  Jech  iîlct  doneocli  gabas.  Kg. 

2.  uni.  St.  F. 

3.  Luirggnig,  St. 

1.   (juithichair  St.  F. 

).  in  Luinbà//  Celtchair  maie  Guth/i/Zr  fritli  Eg.  ind  luin  ba  Ccltcliair 
(with  tid  written  over  ac]  maie  Uitheochair  fo/riclit,  YBL.  101^34. 

6.  Dàil  St. 

7.  as  n-apaid  YBL.  is  apaid  F. 

8.  thestin  Eg.  testin  YBL.  tlicsin  LU.  thcsstin  St.  tcistin  H'. 

9.  badad  St. 

10.  dia  bâdud  intan  is  arithi  guin  duini  di    Eg.    dia  badud   intan   frisail- 
teretc.  F. 

11.  Mani  fagba  in  gai  sin  a  iVithalim  ina  Ibbairt  ncimi  Eg.  I2i-^  2. 

12.  coimtig  Eg,  choimt/>  YBL.  comtid  St.  comitid  F. 

15.  lûasnad  Eg.  fuasma  YBL.  fuasmad  St. 
14.  cacha  St.  cccli  V. 

\).  lùasnaid  Eg.  fuasma  YBL.  St. 

16.  nisnaidliba'St.  YBL.  F. 

17.  aurchur  St.  YBL.  inscris  legt/w/ . 

18.  cac/;  urchara,  YBL.  cach  aurchora,  St.  ccch  aurchara  F. 

19.  airig  St.  F.  YBL.  acrcch  Eg. 

20.  Tongusa  a  toing,  St.  Tong.  a  tong.  mo  tiniatlia  YBL. 

21.  tonnaig  YBL.  tondaidh  F. 

22.  Cuithechair  St.  Cuithichair  F. 
25.  Tong  do  dia  a  toing,  St.  F. 


Tlic  Destruction  of  Dâ  Dcrgas  Hostcl.  501 

chct  lasin  tn'ar  sin  ina  cmcluotiscliii,  7  a);/râinfe  '  comgnim- 
f/i  cach  triar  isin  Briu/Zn  innoclit,  7  iiiaid//J  bûaid  ri'g  ;w  airig 
diKvt,'-<7f,  7  immaricfii  elm/  dôib. 

Mairg  iunr.f  in  n-orgrt///^  fc/'  Lomna  Dn'uh,  cid  tôbitlnn  in 


t/iir  sni 


Ni  c//mcid,  îor  Ingâ'7,  71'.  Ociis  iarsin  r/(T  am/  a//(/? 

I2().  «  iT^j'v  /('  iVïV-  Tbrcc  hcrocs  zcbo  arc  hcsl  al  i^rasping 
iL'capons  il!  Eriii,  namcly,  Sciicha  îhc  bcaiitiful  soti  of  AiliU,  and 
DiibthachChafcrof  Ulaid,  and  Goihnenn  son  of  Liirgnech.  And  ihe 
Luin  0/  Celtchar  son  of  Uthider,  zuhich  tuas  foiind  in  thc  battle  of 
Mag  Tured,  this  is  in  thc  hand  of  Diibthach  Chafcr  of  Ulaid. 
That  fcat  is  usual  for  it  luben  il  is  ripe  to  pour  forth  a  focinan's 
blûod.  A  caldron  fiill  of  poison  is  needed  to  qiiench  il  luhcn  a  deed 
of  manslaying  isexpected.  Unlesstbis  coine  to  tbc  lance,  il  fiâmes  on 
ils  baft  and  will  go  tbroitgb  ils  bearer  or  ihc  niasler  of  llje  palace 
(wberein  it  is).  If  it  be  a  bloiu  that  is  to  be  givcn  ihcreby  it  luill 
km  a  Vian  al  every  bloiv,  luhen  il  is  at  llmt  fcat,  front  one  hour  to 
another,  thongb  it  may  nol  rcach  bini.  And  if  it  be  a  casl,  it  zuill 
km  nine  inen  at  every  cast,  and  one  of  ibe  niuc  will  be  a  king  or 
craïunprincc  or  chieftain  of  ihe  reavers  5 . 

«  /  sivear  whal  iny  Iribe  swears,  tljerc  -will  be  a  imillilitdc  iinlo 
ivhoni  tonigbl  tJ)c  Luin  oj  Celtchar  will  deal  drinks  of  dent  h  in 


1.  conroïndie  Eg.  ro;;rainfcd  VBL.  ùi»rainfc  St.  F. 

2.  caingnini  F. 

5.  This  and  the  prcceding  paragraph  suggested  thc  tbllovving  passage  in 
Ferguson's  Coiiary  : 

«  In  hands  of  Duftacli  is  the  iamous  laiiii 

Of  Kchar  son  of  Utcchar,  whicli  erst 

A  wizard  of  the  Tuath  De  Danann  brought 

To  battle  at  Moy  Tury,  and  there  lost: 

l'ound  after.  And  thcse  motions  of  the  spear 

And  sudden  salhcs  hard  to  be  restrained. 

Affect  it  oft  as  blood  of  enemies 

Is  ripe  for  spilhng  ;  and  a  cauldron  then 

Full  of  witch-brewage  needs  must  be  at  hand 

To  qucnch  it,  when  thc  homicidal  act 

Is  bv  its  blade  expccted  ;  quench  it  not, 

It  biazes  iip,  cvcn  in  thc  holder's  hand, 

And  throLigh  thc  holder  and  the  door-planks  through 

Fhes  forth  to  satc  itsclf  in  massacre. 

So  the  spear  ofDiomede  •ixrr^-.y.:  1/  -y.'/.i'j.r^'zv/ ,  II.,  VIII,  iii. 


^0  2  Wliitlcy  Stokes. 

froiil  of  thc  Hoslcl.  I  siucar  to  God  luhal  i)i\  Iribe  swcars  thaï,  in 
iheir  first  encounter,  three  hundred  willfall  by  that  trio,  and  they 
luill  sharc  proiuess  zvilh  cvery  three  in  the  Hostel  tonight.  And  they 
luill  boast  of  victory  over  a  Jcing  or  chief  of  the  reavers,  and  the 
three  luill  chance  to  escape.  » 

«  Woe  ))^  says  Lonina  Dn'ilh,  «  to  hini  ivho  shall  lureak  the 
Destruction,  were  it  (only)  because  of  that  trio  !  » 

«  Yc  cannot  »,  says  Ingcél,  etc.  «  And  aftcr  that,  ivhom  sawest 
thon  therc  ?  » 

Imda  Tri  N-AiT|ii|ECH  Fer  Falga. 

130.  Axconà.arc  and  imdac  7  tnar  inti.  Tnar  fer  îonrcn  fe- 
ramail^  fortamail  nacha  sella  duini  tairiselhar  fri  an  teôra  dre- 
cha  citchi.  androchta-.  ara  n-imômon  imcissin  ûath.  Imda- 
tuigethar5  celt  clithargarb  iïnna  connÀch.  a  chuirp  imchdit 
agrind  arruisc4  roamnais.  t/ia  frôech  finnu  î  ferb,  cen  étaige 
imtuige  co  certsdla  sis.  La  téora  monga  echda  uathmara  ségda^ 
co  slissu.  laich  luind  lùatar  dàxàbiul  bakbéimnechu  fri  bib- 
dadu.  bcim  bûrit^  f/'i  téora  s//5ta  iarndae9  con^c  secht  slabradaib 
trediialachaib  tréchissi,  comx  secht  ccndphartib  iarndaib^"  a^^  cind 
cacha  slabraidé.  trummithir  tinni  dcich  [mjbrudamna^-  cach 
n-ae.  Tri  dondfirmôra.  Culmonga  duba  echda  ^5  foraib  rosegat^4 
a  ndi  sàil.  Dâ  ndagt/-ian'J  damseichc'^''  [do  chriss  Eg.]  im-me- 

1.  ow.  YBL.  Eg. 

2.  anrachta  YBL.  androchta  l£g.  112*  2. 

5.  Imdotuighcdar  F.  imda  guigcthar  YBL.  ociis  ma  tuigethar  Eg. 

4.  imcaiihèr  grinn  a  ruisc  Eg.  imclianag  rind  aruisc  YBL.  loib  2.  im 
chath  agrind  a  ruisc,  St. 

5.  finntad  Eg.  finna  St. 

6.  slcga  Eg.  scgtha  YBL.  segta  St. 

7.  luatha  ar  claidbiu  Eg.  luath  ar  claidbiu  YBL.  St    F. 

8.  bcim  buirid  YBL.  beim  bruit  St.  bcim  buirit  F.  Burait  beim  H'. 

9.  l'arnaidib  Eg.  iarn(z/Jhi  H'. 

10.  iarnaidib  Eg.  iarnduib  St. 

11.  ar  Eg.  i  YBL. 

12.  dcgbruithc  damna  Eg.  degbhruite  domna  H',  mbruit  damnae  YBL. 
deich  brutlidamna;  St.  deich  brutlidamnai,  F. 

15.  culmonga  tiuga  bah  cclida  YBL. 

14.  no  segat  St. 

15.  Dagdocthan  St.  Dagduethan  F. 

16.  rosegat  an  druib  damda  damshcithi  YBL.  rosagat  a  hdi  sdil  fil  dà  hdag- 
trian  damscchc  Eg. 


The  Drsti action  of  L)d  Dcrga's  Hostcl.  505 

don  cach  ae,  7  it  rcmithir^  sliastac  tir  cech  dubdrolom  -  ceth- 
archoir  tt'/'da-dLÏna>.  ISs  ct/  étach  til  impu,  cclt  +  asas  trcu.  Ro 
cessa  trillse  >  dia  cùlmongaib,  7  sithrogait^  ia[i]nKl  sithrcmi- 
thir"  cuiiig  n-iiiieclitair  il-làini  cach  ae^,  7  slahrad'^  iarind'"  a 
cind  cacha  loirge  7  pistul  iairnd  [LU.  96^]  a[s]  sithremithir^^ 
cuing  n-i'iarmcdôin'-  a  cind  cecha  shhraid^^,  7  atàt  ina 
mbruc'-t  isin  tig,  7  is  leôr  grain  a  n-imcisin.  Ni  fil  isin  tig  nâ 
beth  ina  toimtin'5.  SAmailtc  laf  siii,  a  F/r  rogaiu. 

Tbc  Kooni  of  îbc  threc  Maux  Giants. 

ijo.  Thcrc  I  bcheld  a  ivoiii  luilh  a  trio  iii  it.  Thrcc  iiicii  iiiii^hty, 
manly,  ovcrlvariiii^,  -which  sce  110  onc  ahidiiig  at  tbcir  thrcc  hidcoits, 
crookcd  aspects.  A  fcarfnl  vic-w  hccaiisc  of  the  Icrror  of  îhcm.  A  ... 
dress  of  roiigh  haïr  covcrs  ihcm,  so  that  tbcir  bodies  ...  of  tbcir  sa- 
vageeyes  tbrougb  a  ...  of  cows'  bair,  ivilboiit  garnicuts cmurapping 
down  to  tbc  rigbt  bcels.  Witb  tbrcc  iiiaiics,  eqidnc,  aufnl,  majcstic, 
doiun  to  (tbcir)  sidcs.  Fierce  hcroes  lubo  ivicld  against  joemcn  bard- 
smiîing  swords.  A  blaw  tbey  give  luitb  tbrcc  irou  fiails  baving  seven 
cbains  triplc-tzuistcd,  îhree-edged^^,  witb  seven  iron  hiobs  at  ibe 
end  of  every  cbain  :  eacb  of  îbeni  as  heavy  as  an  ingot  of  îen  smelt- 
ings(?).  Tbrcc  big  brown  men.  Dark  cquine  hack-nianes  on 
tbcni,  lubicb  rcacb  tbcir  tivo  beels.  Tzoo  good  ibirds  of  an  oxbide  in 
the  girdle  round  eacb  onc's  luaist,  and  eacb  qnadrangiilar  clasp 

1.  remir,  St.  F.  YBL. 

2.  ndubdrolam  YBL.  dubdrolani  St. 

5.  foadûna  YBL.  foduna  F.  fosdûna  Eg. 

4.  gelt  Eg. 

5.  trf  trillsi  Eg. 

6.  isead  rogoet,  YBL.  .i.  sithrogait  Eg. 

7.  sithrcmir  St.  YBL. 

8.  7  ba  sithreimithir  cuiiig  n-imcct/aid  in  màtlorg  boi  hi  kiiin  cac/; lir,  Eg. 

9.  .ix.  slabrad  YBL. 

10.  iairn  YBL.  iarainn  Eg.  iariii  St. 

1 1.  sithremir  St.  F. 

12.  n-airmcdoin  Eg.  112IM.  ...  nicdoin  F.  n-ùanncdoin  St.  n-uarmcdoi« 
YBL. 

15.  cacha  slabraid  YBL.  St. 

14.  ataat  inna  mbrucc  YBL.  ataat  inna  brucc,  St. 

15.  Sic  Eg.  YBL.  foditin  LU.  Ni  fil  istig  nad  bcd  inna  fonitin,'St.  ina 
fomtin  F.  nad  bctli  inna  foimtin  YBL  nacli  bciti  ina  foimtin  (.i.  ina  n- 
oircill)  H'. 

16.  cis  .i.  taebar  H.  3,  iii,  p.  627. 


;o4  Whitlcy  Stokes. 

thaï  closes  il  as  ihick  as  a  inaii's  ihigh.  The  raimenl  that  is  round 
them  is  the  dress  that  graws  ihrough  them  ' .  Tresses  of  their  back- 
iiianes  were  spread,  and  a  long  staff  of  iron,  as  long  and  thick  as 
an  outer  yoh  (was)  in  cach  mans  hand,  and  an  iron  chain  ont  of 
the  end  of  every  club,  and  al  the  end  ofevery  chain  an  iron  pestle  as 
long  and  thick  as  a  middle  yoke.  They  stand  in  their  sadness  in 
the  bouse,  and  enough  is  the  horror  of  their  aspect.  There  is  no  one 
in  the  housc  that  u'ould  not  hc  avoiding  iheni.  Liken  thon  that,  O 
Fer  rogain!  -» 

131.  Sochtais  Fer  rogain.  IS  andsa  damsa  a  samail.  Ni 
fetwrsa  [do  feraib  Erenn  nach-]  do5  feraib  bctha  manid  hé  in 
triar  aithech  ucut  ro  anacht  Cuchulainn  hi  forbais  Fer  Fdlga4 
7  ro  marbsat  akcail  lâech  oca  n-anacol,  7  ni  relie  >  Cucu\ainn 
ammarbad  ar  a  n-ingantai^.  At  é  a  n-anmand  in  trir  sin  .i. 
Srubdairi  mrtc  Dordbruige  7  7  Gmcliend^  Cind  Maige  7  Fiad 
sceme9  macc  Scipe.  [Ros-cendaig  Conaive  do  Coïncau\ainn  ar 
gnoe.  atat  ina  comair  seom  iarc;m  —  Eg.]  Totoelhsal  tri  chét 
léo  ina  cétchuHiscliti,  7  conrainfet  '°  comgnim  fri  cach  triar  i 
mBrudi)!,  7  dia  tLiidch[is]et  ^'  feraib  immach  bid  intechta  tria 
criathar  n-atha  bar  mbrûarlasin  n-innis  dofiurat^-  cusnaih  siis- 
taibiarind^5.  Mairg  iuras  in  n-orgain  cid  fôbithin  in  trir  sin,  ar 
ni  hilach'f  im  ségond  ^>  7  is  cend  arraic  comrac  friu. 

1.  i.  e.  the  hair. 

2.  Sic  Eg.  Oni.  YBL. 

3.  di  feraib  Heroiii  nacli  di  St.  di  toraib  }:ircnn  na  di  ieruib  bcthd  F. 

4.  Failgc,  St.  Falgai  YBL. 

5.  nir'  Icig,  Eg.  ni  ro  lie  YBL.  nir  leicc  St. 

6.  n-ingantaige  Eg.  n-ingnatliaigi  YBL.  n-ingiiathchi,  St.  n-ingnaitli- 
che  F. 

7.  Dorndbraige  Eg.  Duini  buidi  YBL.  Dorimbriiigc,  St.  Duirnn  brui- 
ghe  F. 

8.  Conchend  (rucht  7  sciidc)  Eg.  Co/zcenn  St.  Co«chenn  F. 

9.  Fiad  scimme  Eg.  Fiadh  sccimhe  F. 

10.  Cûnromd(et  Eg. 

11.  tuidchisead  YBL.  tuidchiset  St.  tuidcisctt  1". 

12.  dotiurfatt  F. 

15.  dia  tîsat  fo/aib  liimacli  ragthâit  t/ia  chriathar  n-atlia  for  riibruirech 
minaigthe  dogcnat  da  bar  corpaib  immangcbat  dûib  na  sùsta  iariiaidhe, 
Eg.  lai^i  —  i2i''2.SoHi.  with  trifling  variations. 

14.  sic  YBL.  Eg.  armlach  LU.  facs. 

15.  segon  St.  F.  socgond  YBL.  scgonn  Eg. 


Tlie  Destruction  of  Dd  Dcrgas  Hostel.  305 

Ni  CMmcid,  (or  Ingccl.  Nchr  {nutnid  dofortirnt.  Ocits  iarsin 
cia  iirra  a»i/  ? 

1)1.  Fer  rogain  luas  silcnt.  «  Hard  for  me  to  liken  iheiii.  I 
hioiv  noue  (siich)  of  tbe  world's  nieii  unless  ihey  be  yoii  In'o  of 
giants  fo  ivhotii  Ciicbiilaiiui  gave  quarier  at  tbe  bekaguermcnt  of 
tbe  Meii  of  FaJga,  aud  luben  tbcy  were  geltiiig  quarter  tbey  killed 
fiftywarriors.  But  Ciichitlaiiui  luotild  not  let  tbem  be  slain,  because 
of  tbeir  woiidrousness .  Tbese  are  tbe  liâmes  of  tbe  îbrce  :  Srubdaire 
son  of  Dordbruige,  and  Concbenii  of  Cenn  maige,  and  Fiad  sceine 
son  of  Scipe.  Conaire  bongbt  tbemfroin  Ci'icbitlainn  for  ...,  so  tbey 
are  aloiig  zaitb  biiii.  Tbree  bitndred-u'ill  fall  by  ibeiii  in  ibeir  frst 
enconnter,  and  tbey  ivill  sur  pas  s  in  prowess  every  tbree  in  tbe 
Hostel;  and  if  tbey  corne  fortb  upoii  you,  tbe  fragments  of  yon  luill 
be  fit  to  go  tbrongb  tbe  sieve  of  a  coriikiln,  from  tbeiuay  in  wbicb 
tbey  ivill  destroy  you  luiib  tbe  flails  of  iron.  JVoe  to  biin  tbal  sball 
wreak  tbe  Destruction,  tboiigb  it  -were  (only)  on  accomit  of  tbose 
tbree  !  For  to  combat  againsl  tbem  is  not  a  «  paeaii  round  a  sliig- 
gard(?)  »  and  is  «  a  bead  of  ...  » 

«  Ye  cannot  »,  says  Ingcél.  «  Clouds  of  lueakness  are  coming  to 
you  etc.  And  a f ter  tbat,  u'boiii  sawesl  tbou  ibere?  » 

Imda  Da  Dergae. 

132.  Aicondarc  imda  n-aile  and,  7  ôenfcr  intc',  7  dd  gilla 
arabélaib  7  di  moing  ft'raib,  indala  haï-  is  dub,  alailc  3  isfind. 
Folt  derg  fcirsind  laech  7  abrait  deirg  lais  4.  Da  ngrûad  clïor- 
corda  lais.  Rose  roglas  rochain  occa  '  7  brat  ûanidi  immi. 
Lcne  gelchulpatach  co  ;/dergintlaid^  imbi  7  claideb  ro  ;/-im- 
durnd7  dét^  ina  laim,  7  arric  airechtain9  cacha  imdac  isin  tig 


1.  indi,  F.  Eg.  112^2.  indti  YBL. 

2.  indala  nas  St.  indala  noi  F.  indara  mong  Kg. 

3.  arali  Eg.  araili  YBL. 

4.  da  brai  duba  laiss,  Eg.  brat  derg  lais,  St.  abrat  dcrc  lais  F. 

5.  ina  chind  Eg. 

6.  ndergindliudh  Eg.  ndergindliud  St.  F.  ndergindled  YBL. 

7.  imdénum  Eg. 

8.  dét  gen.  sg.  of  a  neuter  dc't,  Thurne\sen,  KZ.  57,  42. j. 

9.  tairicc  iVithalaim  Eg.  aricc  arcchtain  YBL. 


5o6  WliitUy  Stokes. 

d\  lind  7  biud,  ossé  cossahich  oc  timthirecht  in  tslôig  uli.  Sa- 
nwillc  hit  s/;/,  a  F/V  n\s[ain.  » 

The  Rooiii  of  Di'i  Dcrga. 

1)2.  «  Thcrc  I  heheld  another  room,  luith  one  vian  t  hère  in  and 
in  front  of  hini  iwo  servants  luith  t-wo  mânes  upon  them,  one  of 
the  tzuo  dark,  the  other  fair.  Red  hair  on  the  luarrior,  and  red 
eychrows.  Tiuo  riiddy  cheeks  he  had,  and  an  eye  very  bine  and 
heautiful.  He  ivore  a  green  chmk  and  a  shirt  luith  a  zvhite  hood 
and  a  red  insertion.  In  his  hand  ivas  a  siuord  luilh  a  hilt  ofivory, 
and  he  supplies  atlendance  of  every  room  in  the  house  luith  aie  and 
food,  and  he  quick-footed  '  /';/  serving  the  luhole  host.  Liken  thon 
that,  O  Fer  rogain  !  » 

133.  Rofet//rsa-  inna  tiru  >  sin.  Da  Derga  insain  :  is  lais  do- 
ronad  in  Brudd';/,  7  ôgabais4  trebad  niro5  dunait  a  doirse  riani 
o  dorigned,  acht  leth  dia  mbi  in  gdcth^  is  fris  bis  in  chomla,  7 
o  orabais  trebad  ni  tuccad"  a  chairi  do  thenid^,  achi  no  bid  oc 
bruith  bid  do  fcraib  W^xend.  Ociis  in  dias  lîl  ara  bclaib,  dâ 
dalta  dosom  in  dd  n\acc  sin  .i.  dd  macc  rig  Lagen  .i.  Muredach 
7  Corpri.  Ocits  totoet/;.w/  tri  deichenbair9  lasin  triar  sin  ar  do- 
rits  a  tigi '°,  7  maid^J  bûaid  rig  |n6  rigdamna  —  YBL.]  nô 
airig  <X\hergac,  7  immaricfa  el//J  dôib  ass  iarsuidi[u]. 

Céin  mair  noda-ansct/  !  ''  îor  Lomna.  «  Bd  fcrr  bûaid  a  n-ana- 
cail  oldds  budid  a  ngona.  Bâtdr  anachtai^^  ^id  fôbithin  ind  fir 
sin.  Bd  tûalaing  a  chomairgi  in  fer  sin,  {or  homna  Drûth. 

1.  incessant,  O'Curry,  M.  and  C,  III,  149.  Ctw-a/(/i7;sccmsacompd.  of 
coss  «  foot  «  and  atach,  dat.  f.  AUch,  Trip.  Life  540.  cogn.  with  Lat.  alacerf 

2.  7  Roietarsain  fer  YBL.  Ni  aiisa.  Rofetarsa  St.  Ni  ansa.  Rofetz/rsa  F. 
5.  Rosfetarsa  Eg. 

4.  rogab  Eg. 

5.  Herc  ends  St. 

6.  acht  in  àonis  o  mbi'd  in  goeth,  Eg. 

7.  tudchaid  YBL.  tucad  Eg. 

8.  di  thcnid  YBL. 

9.  dofoetlisat  V\  .x. 

10.  an  tigi  YBL.  bruidni  Eg. 

11.  nodoansed  LU.  cenmair  noda-ainscJ  YBL.  1011^49.  Mairg  iura5  in  c. 
f.  i.  Eg. 

12.  anachtae  LU.  Ociis  ba  coir  a  n-anaclnil  uili,  I:g.    112'' 2.  Ba  hangta 
(.i.  ba  doi%)  H'. 


The  Deslnictioti  of  Dà  Dcrii^a's  Hostel.  307 

Ni  c/micid,  ïor  Ingû'/.  Nt'/rt'  [ri.]  Ocus  iarsin  cid  acci  and? 

ijj.  «  /  kiuKc  those  moi.  Thaï  one  is  Dà  Dcrga.  'Tis  by  biin 
that  thc  Hostel  zvas  huilt,  and  sinccit  tuas  built  ils  doors  bave  never 
been  shiit  save  on  the  sidc  to  ivhich  tbe  wind  coi  11  es  —  ihe  valve  is 
closed  againsi  it  —  aiid  since  he  began  botisekeeping  bis  caldron 
was  ne-ver  taken  front  tbe  /ire,  but  it  bas  been  boiling  food  for  tbe 
men  of  Erin.  The  pair  before  hini,  those  tiuo  yonths,  are  bis  fos- 
terlings,  two  sons  of  tbe  king  oj  Leinster,  naniely  Muredach  and 
Corpre.  Tbree  decads  ivill  fall  by  that  trio  in  front  of  their  bouse 
and  they  will  boast  ofvictory  over  a  king  or  a  chief  of  the  reavers. 
After  this  the\  zuill  chance  to  escape  from  it. 

«  Long  live  he  lubo  sboiild protect  thon!  »  says  Loinna.  «  Bet- 
ter  were  triumph  of  saving  them  than  iriumpb  of  slaying  them! 
They  shonld  be  spared  ivere  it  (only)  on  account  of  that  man. 
'Twere  nieet  to  give  that  man  qiiarter  »,  says  Lomna  Dri'ith. 

«  Ye  cannât  »_,  says  Ingcél.  «  Cloiids  etc.  And  after  that 
li'honi  saïuest  thon  there  ?  )> 

ImDA  \A  Tri   NlAD  A  SiDIB. 

134.  Ktcon^arc  and  imdai  7  triar  indi.  Tri  bruit  dergae 
impu  7  téora  léne-  derga  impu,  7  tri  fuilt  àerga  foraib.  Derga 
uli  con:x  fiaclaib'.  T/'i  scéith  derga  ûasaib.  Tri  gai 4  derga 
inallamaib.  Tri  eicii  derga  ina  srianaib  doib  ar  àorns  Brud;/f  >. 
Sama/V/e  \at  sin,  a  F/'r  rogain. 

Y\\anse.  Tri  nia[id]^  dorônsat  [LU.  96'']  gôi  i  sidib.  Is  i  digal 
doratad  foraib  la  rig  side,  a  n-orgain  co  fa  thri  la  rig  Tem- 
rach".  IS  é  ri  dedenacli  lasa  n-orgité'r,  la  ConairQ  macc  n-Ett'r- 
sceli.  Aslûifet  airib  ind^  fir  sin.  Do  chomallad  a  n-orgni  dode- 
ochatdr,  sech  nigenaitt'rni  génat  nech.  ()r//.narsin  cia  acc:\  anil } 

1 .  Nellai  feimid  yrl.  St. 

2.  lente  Eg. 

5.  derga  a  fiâcla  Eg. 

4.  slega  Eg. 

5.  ina  srianaib  leo  ar  doriis  in  tigi,  YBL.  ina  srianaib  doib  for  dorus 
tichc  F. 

6.  nid  YBL.  102^5.  Niaid  F.  niid  Eg. 

7.  n-Erenn  Eg. 

8.  na  Eg.  ind  YBL. 


^o8  Whitley  Slokes. 

The  Room  of  thc  ihree  Champions  froni  thc  Elfmoiinds. 

1)4.  Therc  I  behcld  a  room  ivith  a  trio  in  it.  Three  red  mantles 
they  luore,  and  three  red  shirls,  and  three  red  heads  of  hair  werc  on 
them.  Red  were  they  ail  (even)  together  luith  theirieeth.  Three  red 
shields  ahove  them.  Three  red  spears  in  their  hands.  Three  red 
horses  in  their  hridles  in  front  of  the  Hostel.  Liken  thon  that,  O 
Fer  rogain  !  » 

«  Easily  done.  Three  chanipious  who  wronghl  fahehood  in  the 
elfmounds.  This  is  the  punishment  inflicted  upon  them  hy  thc  king 
of  thc  elfmounds,  to  he  destroxcd  thrirc  bx  the  King  of  Tara.  Co- 
naire  son  of  Eterscéle  is  the  last  king  b\  luhom  they  are  destroyed. 
Those  menu'ill  escape  from  yon.  To  fui  fil  their  (oicn)  destruction, 
they  hâve  come.  Bu!  they  zcill  mit  bc  slain,  nor  will  they  slay 
anyone.  Ami  a  fier  thaï  u'hom  sa-wcst  thoii?  » 

Imda  \'A  xdorsaiki. 

135.  Auviidiire  and  t/iar  ior  hir  in  tige  ocon  doriis.  Téora 
lorga  brehnccha^  (.i.  tolla)  inna  Idmciib.  IS  liiathidir  fiamain- 
cachaedib  timcluiil  araile  dochom  in  dorais.  Bcrrbrôca  '  impu, 
it  é  breca,  7  bruit  lachtnae  léo^.  Samaille  \at  sin,  a  Firrogain. 

]si ansa:  tri  dorsaide5  rigTemrach  insin  .i.  Echur  yTochur 
7  Tccmang'',  tri  maicc  Ersand  7  Chomlad.  Tothoethsat  an" 
tri  chomlin^  léo,  j  convamn^ct  bùàid  tir  ctarro^,  7  immârirfa 
clud  dôib  cidat  c;'éciitaig'°. 

Mairg  luvas  !  ïor  Lomna  Druth. 

Ni  c//mcid  »,  fc)r  Inga7  7r.  Oc  us  iarsin  cia  acca  and? 

1 .  brofnecha  YBL.  brefncca  (.i.  slabradacha)  H'. 

2.  fiamaib  Eg.  122»  i.  fiamuiii  YBL.  H". 
5.  bc'rnbroca  Eg.  Bt'rrbroga  YBL. 

4.  impa  YBL.  l'mpu  Eg. 

5.  doirseore  Eg.  dorrsaigi  YBL. 

6.  Ecur  7  Tecur  7  Tacmang  Eg.  Eclniir  7  Tochur  7  Teagmong  YBL. 
Ecar  7  Tocar  7  Tecmang,  F. 

7.  a  Eg 

8.  comhluind  F. 

9.  Dofocth  a  tri  comlonn,  Eg.  leo  7  atbcla  fer  bcraid  ccch  1er  bûaid  fir 
etarru  Eg    Dotho.  a  t7i  chomlonn  YBL. 

10.  crechtnaigli  Eg. 


The  Destruction  of  Dd  Derga's  Hostel.  509 

The  Rooni  of  ihe  Doonvards. 

ij).  Thcrc  I  hcheld  a  trio  in  tJ)c  luidsl  of  ihc  hotisc  ai  ibc  door. 
Threc  holcd  nniccs  in  thcir  hands.  Swift  as  a  hare(?)  luas  ench  of 
iheni  loiDid  the  othcr  ioivards  thc  door.  Aprons  luere  on  ibein,  and 
tbey  bad  gray  and  spcckJcd  ma n tics.  Likcn  îboii  tbat,  O  Fer  ro- 
gain!  » 

«  Easily  donc  :  Tbrcc  doonoardcns  of  Tara' s  King  arc  tbosc,  na- 
niely  Ecbur  («  Kc\  »)  and  Tocbur  and  Tecniang,  three  sons  of 
Ersa  (<■<■  Doorpost  wj  and  Conila  («  Valve  «J.  Tbricetbeir  number 
zL'ill  fait  by  tbeni,  and  tbcy  zui/l  share  a  nian's  triunipb  aniong 
tbcin.  Tbey  will  cbance  ta  escape  iboiigb  luounded .  » 

«  Woc  to  bim  tbat  sball  ivreak  !  etc.,  says  Lonina  Dri'itb. 

«  Yc  cannot  »,  savs  Ingcél,  etc.  «  And  after  tbat  wboin  saïuest 
tboii  ?  » 

Imda  Fir  chaille. 

136.  Aicondarc  and  ocon  tenid  airtheraig  fer  mael  dub,  co 
^/-ôensûil  lais  7  ôenchoiss  7  ôenldim,  7  mucc^  mael  dubdôithe 
laiss  for  tenid  [7  si  oc  gréchaig  —  Eg.]  7  si  oc  sirégim,  7  ben 
bélmar  mar  inna  farrad.  Samailtc  \at  siu,  a  Yir  rogain. 

Ni  anse.  Fer  caille  fona  muicc,  7  a  ben  Cichuil-,  Atàt  a 
didni  >  thechta  lasin  n-aidchi  farridse^  innocht  Co>iaire[YÏ  Erenn 
—  Eg.].  Dirsan  dond  digid  ruidfes  etorro.  IS  di  gessib  ém 
do  Conaire  Fer  caille  cona  muic. 

Mairg  iuras  in  n-org^m!  (or  Lomna. 

Ni  c/micid,  for  Ingcél.  Ocus  iarsin  cia  arra  a»J  ? 

Tbe  Rooni  of  Fer  caille. 

1)6.  There  I  beheld  at  tbe  fir e  in  front  a  man  luith  black 
cropt  bair,  baving  only  one  eye  and  one  foot  and  one  band,  baving 
on  tbe  fire  a  pig  bald,  black,  singed,  squealing  contimially ,  and 
in  bis  Company  a  great  big-moiitbed  luoman.  Liken  tboii  tbat,  O  Fer 
rogain  !  » 

1 .  Hère  ends  F. 

2.  Cichiul  YBL.  Cichail  Eg. 

3.  aidnai  Eg.  aidmi  YBL. 

4.  .i.  marbaidsi  Eg.  fairraidse  YBL. 

Revue  Celtique,  XXI l.  2î 


5 10  Whittey  Stokes. 

«  Eûsily  doue  :  Fer  caille  wilh  bis  pig  and  bis  tvifc  Cichuil. 
Tbey  (tbe  wife  and  ibe  pi^)  are  bis  proper  instruments  on  the  ni^^bt 
tbat  ye  destroy  Conaire  King  of  Erin.  A  las  for  tbe  gtiest  wbo  will 
run  (?)  hetiueen  tbem  !  Fer  caille  luitb  bis  pig  is  otie  of  Conaire' s 
ta  bus.  » 

«  IVoe  to  bim  zvbo  sball  lureak  tbe  Destruction  !  »  says  Lonina. 

«  Ye  cannot  »,  qnoth  Ingcél.  «  And  after  tbat,  ivboni  saïuest 
tboii  tbere?  » 

Imda  tm  M^7c  mBaise  di  Bretxaib^ 

137.  Atr();/d(7;r  and  imdac,  7  tri  n(i;;bor  inti.  Monga  find- 
budi-  toraib.  it  é  comalli.  Cochléne  dub  im  cach  n-ôenfer  dib, 
7  cenniud  find  for  cach  cochull,  7  cuircc  3  derg  (or  cach  cen- 
niud  dib,  7  delg  n-iarind  '\n-aurs\ocud  cach^  cochaill,  7  claid^^ 
dub  dimâr5  f6  brut  cach  iir  dib,  7  no  didhistdis^  finna  for  usciu, 
7  scéith  co  faebor  chonduaU?  fi'raib.  Samailte  lat  sin,  a  F/r  ro- 
gain. 

't^ianse.  DibiVg  tri  macc  mBaithse/  di  Bretnaib  insin.  Totor- 
ibsat  tri  nônhar  léo  ina  céicbnniscliu,  7  fo^ràinfet*^  bûaid  fir 
ctorro.  Ocns  iarsin  cia  acc:\  and  ? 

Tbe  Rooni  of  tbe  tbree  sons  of  Bâitbis9  of  Britain. 

I )"/.  Tbere  I  hebeld  a  rooni  ivitb  tbree  enneads  in  it.  Fair yellaw 
mânes  upon  tbeni,  and  tbey  areequally  heautiful.  Eacb  of  tbeni  wore 
a  black  cape,  and  tbere  was  a  wbite  bood  on  eacb  niantle,  a  red 
tuft  (?)  on  eacb  bood,  and  an  iron  broocb  at  the  opening  of  every 
niantle,  and'under  eacb  inan's  cloak  a  hnge  black  sivord,  and  tbey 


1.  In  F.  thischapter  cornes  before  the  Fer  caille  chapter,  §  136.  Eg.  omits. 

2.  findbindi(:)YBL.  facs. 

3.  cuirrcc  F. 

4.  cacha  YBL. 

5.  claid/Z' duba  dimora,  YBL.  claWt'/' di'mhor  F. 

6.  dodlaistis  YBL. 

7.  Xr'i  meicc  baitsi  F. 

8.  coHraindfet  YBL. 

9.  I  hcre  follow  Zimmer  (sôhne  des  Britton  Bâithis,  KZ.  28,  56 1).  But  it 
is  possible  that  bJilJjsc,  or  baise,  may  be  gen.  sg.  of  a  conimon  noun,  not  a 
proper  name. 


The  Destruction  of  Dd  Dcrga's  Hostel.  5 1  i 

(tbe  SiL'ords)  ivoiiJd  splil  a  hnir  on  lu.itcr.    Thcv  hoir  shields  zcith 
scallopi'd  ùii:;i's.  Likcii  thon  thciii,  0  Fer  rogaiii!  » 

«  Easily  donc.  Thaï  is  tbe  rohhcr-hand  of  ihc  Ihrcc  sons  oj  Bài- 
ihis  of  Britain.  Thrcc  cnncads  will  fa  II  l'\  thcin  in  ibcir  firsl 
conflicl,  and  aniong  tbcni  lbe\  will  sharc  a  nmn's  tiinmpb.  And 
a  fier  tbat  icboni  saïuesi  ibon  ?  » 

Imda  xa  fursiri. 

138.  Atcondarc  and  triar  forchuitbidi^  hî  cind  [in]  tened.  Tri 
bruit  odra  impu.  O-  no  betis  fir  Hen';/d  i  n-ck'nmagin,  7  ce  no 
beth  colaind  a  math^zr  nô  athar  arbclaib  cachlirdib,  ni  foelsad  ^ 
nech  dib  cen  gàri  impu.  Côi  hi  fil  in  4  trichoit  cet  isin  tig  ni 
ermada[ir]  >  nech  dib  a  suidi  nach  a  lige  lasin  triar  cuitbidi  sin. 
Nâch  tan  tosn-aidle  sûil  ind  rig"^  tibid  la  cach  ndéscin  7.  Sa- 
mailte  ]at  sin,  a  ¥ir  rogain. 

Ni  anse.  Màel  7  MUthi'^7  Admlithi9.  Tri  cuitbi[di|'"  rig 
Héretid  ins'm.  Atbéla  fer  la  cach  n-ae,  7  ro^rainfet"  bûaid  fir 
ctorro.  » 

Mairg  iura^  in  n-orgain  !  (or  Lonina  jw  Oc  us  cia  acca  :\nd} 

The  Rooni  oj  îhe  Mimes. 

ijS.  Tberc  I  bebeld  a  trio  of  jesters  bard  by  ibe  fire.  Tbree  dun 
mantJes  they  zuore.  If  tbe  men  of  Erin  were  in  one  place,  cven 
tbougb  tbe  corpse  ofbis  mothcr  or  bis  father  ivere  in  front  of  eacb, 
not  one  could  refrain  froni  laughing  al  theni.  Wberesoever  (tbe  hing 
of)  a  cantred  is  in  tbe  bouse,  not  one  of  tbe  ni  at  tains  bis  seat  on 
bis  bed  hecause  of  tbat  trio  of  jesters.  Wbcnever  tbe  king's  eye  visits 
tbeni  it  s  miles  at  every  glance.  Liken  tbou  tbat,  0  Fer  rogain!  » 

1.  forcuitbidi  Eg.  122^2. 

2.  Cia  Eg. 

5.  foelsat  LU.  faelsad  YBL. 
4.  Bail  itat  na  Eg. 

).  crmais  Eg.  crmadair  YBL.  Icg.  crmadadar? 

6.  Cec/j  huair  taidles  sûil  ind  rig  forrii  Eg. 

7.  n-aiscin  YBL. 

8.  Millti  Eg. 

9.  Admillti  Eg. 

10.  cuidbigi  YBL. 

1 1 .  conroinnfet  Eg.  co?jraiiidfet  YBL. 


5 1 1  Wliitley  Stokes. 

«  Easily  donc.  Mael  and  Mliihe  and  Admlithe  —  those  are  the 
Jcing  of  Erins  threc  j est  ers.'  By  each  of  the  ni  a  man  will  perish, 
and  among  theni  îhey  will  share  a  man's  triiiniph.  » 

«  IVoe  la  hini  ihat  will  wreak  the  Destruction!  »  says  Lonma, 
etc.  «  And  a/ter  ihat  whoni  sawest  thou  there  ?  » 

[LU.  p.  97*]  Imda  na  xDeogbaire. 

139.  klconàarc  :^n^\\\'idae,  7  triar  indi.  Tn  bruit  glaslûas- 
cacha'  impu.  Cuach  usce  arbélaib  cach  lir  dib,  7  popp  do 
birur-  for  cach  cuach.  Saxnailte  lat,  a  F/V  rogain. 

Ni  anse.  Dub  7  Dond  7  Dobur  Çnâ  Dorchae),  tri  deogbairi 
rig  Temracb  insiii  .i.  tri  maie  Lai  7  Aidchi.  Ocns  iarsiii  cia 
acca  and  ? 

The  Rooni  of  the  Cuphearers. 

/^5>.  There  I  hehekl  a  rooni  zuith  a  trio  in  it.  Three grey-floating 
niant  les  they  wore.  There  was  a  ciip  of  ivater  in  front  of  each  man, 
and  on  each  ciip  a  bunch  of  ivatercrcss.  Liken  thon  that,  O  Fer 
rognin  ! 

«  Easily  donc.  Black  and  Dun  and  Dark  :  thex  are  the  King  of 
Tara' s  three  cuphearers,  to  luit,  the  sons  of  Day  and  Night.  And 
after  that,  whoni  sawest  thou  there?  » 

LmDA  NdlR  TUATHCHAICH. 

140.  Aicondarc  and  fer  tuadchdcch  co  sûil  millethaig.  Cend 
mucce  hiis  for  tenid  os-si  oc  sirégim.  Samailte  lat  sin,  a  Fir 
YOgai}i. 

fiance  damsa  a  samail.  Nar  tùathcaech  sahi,  muccid  Boidh 
a  Sid  ar  Fem/«3.  [is  é  fil  huas  in  tulucht.  Eg.]  Nach  fled  oc  a 
rubi4  riam  dodôrtedî  fuil  occe^. 


1.  glasa  liuiscacha  Eg. 

2.  poipp  bilair  Eg.  popp  di  birur  YBL. 

3.  a  sidib  Eg.  122»  2. 

4.  roibi  YBL. 

5.  dodrortad  YBL.  102^52. 

6.  Nat7;  fled  oca  rabi  riam  ni  tcrna  cin  imdortad  fola  7  cin  âr  cend,  Eg. 


The  Destruction  of  Dd  Derga's  Hostel.  5 1  : 

The  Room  of  Nâr  the  Sqiiinter-zc>itb-thc-Ieft-eye. 

140.  «  Thcir  I  hcheld  a  onc-c\cd  iiiaii  asquint  ivith  a  ruinons 
eyc.  A  su'ine's  head  hc  had  on  the  fire,  contiuiially  squcaling. 
Liken  thou  that,  O  Fer  rogain  !  » 

«  Easy  for  me  io  naine  the  likc.  He  is  Nâr  ihc  Squintcr  luith 
the  left  eye,  the  sicineherd  of  Bodh  of  the  Elfnwuud  on  Fcmen  ^, 
'tis  he  that  is  over  the  cooking.  Blood  hath  been  spill  at  every  feast 
at  zuhich  he  ha  s  ever  been  présent.  » 

141.  Comérgid  si'ias  trâ,  a  fianna-,  ïor  Ingcél,  dochom  in 

tige- 

Cota-cirget  iàroni  la  sodain  na  dibc/gaig  dochom  na  Brud;/t' 
7  fochartatar  andord  n-impi3. 

Ta  +  chcin  »,  ïor  Connirc,  cid  so? 

Fianna  ar  thig5,  or  G';/all  Ccrnach. 

Oie  doib  sund,  ol  Conïnc^. 

Ricfaider/  a  les  innocht,  or'*^  ConaW  Cernach. 

141.  «  Rise  up,  ihen,  yc  champions  !  »  says  Ingcél,  n  and  get 
you  on  to  the  house  !  » 

With  that  the  reavers  marc!}  to  the  Hostel,  and  made  a  miirniur 
abolit  it. 

«  Silence  a  luhile  !  »  says  Conaire,  «  lulmt  is  this  ?  » 

«  Champions  at  the  house  »,  says  Conall  Cernach. 

((  There  areiuarriors  for  them  hère  »_,  ansiuers  Conaire. 

«  They  lui  II  be  needcd  tonight  »,  Conall  Cernach  rejoins. 


1.  A  plain  near  Cashel,  co.  Tipperary.  As  to  the  eltking  Bodb  Derg,  see 
Dindsenchas,  nos.  12,  55,  57.  Rev.  Coït.,  XV,  303,  451,  432. 

2.  fiannu  YBL.  102»  i. 

3.  focarthar  andord  n-impu,  YBL.  IS  annsin  dolotar  inna  dibcirg  o  Ses- 
cend  hUarbéoil  .i.  diberg  tri  ûa  nDésa  7  dibtrg  tri  hua  Conmac  immingcel 
do  orgain  Bruid;;t;  Da  Dtrga,  co  ndt'/nsat  tri  timchûarta  dib  im  Bruidin. 
IS  annsin  immorro  tucsat  a  n-ilcha  dibeirge  os  aird,  Eg. 

4.  Costhid  Eg.  122''  I. 

5     \i  anse,  fianna  ar  daig  Eg. 

6.  Fuilit  6ic  dôib  sunn,  ar  Conaire  Eg. 

7.  ricfailer  YBL. 

8.  for  YBL. 


5 14  Whilley  Stokes. 

142.  IS  i.irsin  doUuid  Lomna  Dri'ith  riasin  slôg  isin  mBrii- 
diii.  Bensait  in'  dorsaire-  a  c[hjend  de.  Foc  lires  5  [a  cend  — 
Eg.]  hroiii  isin  mBrud in  co  fii  thri,  7  dorralad  eiste  co  fa  thri, 
feib  dorairgert^  som  fessin. 

142.  Thcn  wc'iit  Lonina  Dn'ith  hcforc  ihc  hosl  (oj  reavers)  inio 
ihe  Hoslel.  The  doorkeepers  striick  off  bis  head.  Then  ihe  head 
luas  thrice  fliing  iiito  ihe  Hostel,  and  ihrice  casl  oui  of  it,  as  he 
hi ni  self  had  forctold. 

143.  Dothic  iarom  Gwaire  imniach  asin  Bruid/;/,  7  drécht 
dia  muint/V  lais,  7  ferait  comlond  frisin  slôg,  7  '•>  dofuitet  se  cet 
la  Co;/aire  ria  siu  ro  sassad^  a  arm.  Adaint^r"  iarom  in  Brude» 
co  fâ  thri,  7  dorrô-bdad  anall  co  fa  th/i.  Ocus  rodet  ni  iurtha 
ind  ovgain  mani  gabtha  gnim  n-aithergaib  do  Choiànc. 

Dothâet  Gwaire  do  saigid  a  harm  iarsin,  7  gebid  a  crred 
cathaigthe  immc,  7  gabaid  glés  n-imbt'yta  a  arm  ïorsnii  diK'/-ga 
fcsin  mbudin  ro  bôi*^.  Tofuitet^  dano  se  chét  lais  iar  saigid  a 
airm  inna  chétc/nnscliu  '°. 

14).  Then  Conaire  hiniself  sallies  oui  oj  ihc  Hostel  together 
luith  some  ofhis  people,  and  they  fight  a  combat  luith  the  hosl  (oj 
reavers),  and  sîxhundred  fcll  by  Conaire  before  he  could  get  to  his 
amis.  Then  the  Hostel  is  thrice  set  on  fire,  and  ihrice  put  ont  front 
thence:  and  it  was  granled  thai  the  Destruction  luould  never  hâve 
been  wrought  had  not  ivork  ofweapons  been  laken  front  Conaire. 

Thereafter  Conaire  zvent  to  seek  his  anus,  and  he  dons  his  ballle- 
dress,  and  falls  to  plxing  his  weapons  on  the  rcavers,  logether  with 


1.  na  Eg.  YBL. 

2.  doirrsidi  YBL. 

5.  Focressa,  Eg.  focres  YBL. 

4.  doralad  cisti  co  fo  thri  feb  ai/;drarngcrt  YBL.  iunas  ro  thairngir  fo- 
déin,  Eg. 

5.  YBL.  omits  from  DoIIjïc  to  slôg  7 

6.  rososa^if  YBL. 

7.  Adandait/;rr  YBL. 

8.  Gabais  Conaire  iar  suidiu  gless  n-imbertha;  airm  forru,  YBL. 

9.  DothuitYBL. 

10.  For  the  various  rcadings  of  Eg.  sec  Appcndix  ^  I45. 


The  Destruction  of  Dd  Dcrgas  Hostcl.  5 1 5 

thc  haud  thai  hehad.  Then,  afier  gcttiug  his  anus,  six  hundrcd  feJI 
h  hini  in  bis  jirst  cncouutcr. 

144.  Ro  gab  roiniiid  '  tlvsna  dihcrgae  ^  iar  sudiii.  Atrubartsa 
fribse,  (or  Fer  rogaiii  macc  Duind  Désa,  o  beit  '  fianna  fer  n- 
Érend  7  Alban  do  Connirc  ar  thig,  ni  iur//.w/-4  ind  orgaiii 
miiin  millttv  a  bruth  7  a  gai  >  Couairc. 

Bid  gar  ûar^  dosom  on,  or  na  druid  robdtâr  immallc  f/isna 
dibtrgae".  Bâ  hé  milliud  son  dobr/tatâr,  rc/nd-ragaib  roluigi  ^ 
dige9. 

144.  After  this  ihe  reavers  were  routcd.  «  /  Jjave  told  yon  »_, 
says  Fer  rogain  son  of  Donn  Désa,  «  iJjat  if  tbe  champions  of  thc 
tnen  of  Erin  and  Alba  attack  Conaire  at  thc  honsc,  thc  Destruction 
wiil  not  bc  tvrought  unless  Conaire' s  Jury  and  valour  be  quelled.  » 

«  Short  ivill  his  tinie  be  »^  say  thc  iui:{ards  along  zvith  thc  rcav- 
ers.  This  zvas  the  quelling  they  brought,  a  scantncss  of  drink 
that  sci:;cd  hiui. 

145.  Dolluid  Coiuiire  issa  tech  iarsin,  7  r(7//arech[t| '°  dig. 
Deog  dam,  a  phopa  Maie  cecht  !  for  Conaire'^^. 

Ni  hé  ord  ron-gab//j-  liait  cosse  ^^  ém,  for  Mac  cecht,  ta- 
bairt  digi  dait.  Atàt  dâlemain  7  deogbairi  lat'':  tuicet^4  dig 


1 .  Ragob  ruiniud  YBL. 

2.  dibergachaib  Eg.  113''  i.  dibtTgachu  YBL. 

5.  cia  no  beitis  fiânna  fer  nEre««  7  Albati  ic  togail  Bruidni  for  Coiiiiire, 
ni  iûrfaithea  inn  arg«»,  Eg. 

4.  iurthar  YBL. 

5.  brigh,  Eg.^ 

6.  gair  uair  Y'BL. 

7.  dib^rgachaib  Eg.  dibcrgachaib  YBL. 

8.  roluigi,  YBL.  Cf.  luge  do  dig,  Ir.  Texte,  L  138,  liiglki  À.  tart,  O'Cl. 

9.  conid  é  milliud  dobtvtatar  fair,  ealscoth  l'tad  do  thabairt  cuici  da  admil- 
liud,  Eg. 

10.  conaitecht  YBL. 

11.  Dolluid  Conaire  iarsin  isin  tecli,  coind  ann  atbivt:  A  mo  popa,  a  Maie 
cecht,  domforchedh  deoch  !  Eg. 

12.  co  trjtsa  Eg.  cose  YBL. 

13.  do[f  ]ritlialiin  im  dig,  Eg. 

14.  tabrat  Eg. 


5i6  VVhiiley  Slokcs. 

dait.  In  t-ôrd  ron-gabLis[s]a  '  luiit  cosse  [.i.]  to  imditiu  o  beit^ 
fianna  fer  nErt'n^  7  Alban  deit  i[m]mon  mBrud/;/.  Ra^^a  slan 
l'iadib,  7  ni  raga  gai  it  chorpJ.  Cuindig  dig  cot4  dâicmnu  7 
cot  dcogbairi'). 

14).  Thi'i cafter  Conairc  entcred  ihe  house,  ami  asked  for  a 
drink. 

«  A  drink  to  nie,  O  niastcr  Mac  cecht  !  »  says  Conaire. 

Says  Mac  cechl  :  «  This  is  not  the  order  ihat  I  hâve  hitherto 
hadfrom  thee,  to  give  thee  a  drink.  Tbere  are  spencers  and  ctipbear- 
ers  luho  bring  drink  to  thee.  The  order  I  hâve  hitherto  had  froni 
thee  is  to  protcct  thee  zuhen  the  champions  oj  the  nun  of  Erin  and 
Alba  may  be  attacking  thee  around  the  Hostel.  Thou  wiJl  go  safe 
froni  thcni,  and  no  spcar  shall  enter  thy  body.  Ask  a  drink  of  thy 
spencers  and  thy  cuphearcrs.  » 

[LU.  p.  97'']  146.  IS  andsin  conMQchi^  Conairc  dig  co"  a 
dalcmnaib  7  co"  a  dcogbairib  ro  bâtar  isin  tig. 

Nis-fil  and  chetus^,  ol  seat;  ro  dc)irtéa9  (orsna  tenti  ^°  na 
lennand  "  ro  batar  isin  tig. 

Ni  fuaratar  na  deogbaire  dig  dô  isin  Dothrae  (.i.  aband),  7 
ro  bôi  in  Dothra  iriasin  tech. 

146.  Thcn  Conaire  asked  a  drink  of  his  spencers  and  his  ciip- 
bearers  ivho  luere  in  the  house. 

«  In  the  first  place  there  is  none  »,  tJjcy  say  ;  «  ail  the  liqnids 
that  had  been  in  the  ho  11  se  hâve  been  spilt  on  the  fi r es.  » 

The  ciipbearers  foitnd  no  drink  for  hini  in  the  Dodder  (a  river), 
and  the  Dodder  had  floived  through  the  house. 


1 .  rogab^ï^a  do  Liim  Eg. 

2.  do  imditin  cia  beit,  Eg. 

3.  ni  benfa  gai  na  cloidiub  frit  corp,  Eg. 

4.  ardo  Eg. 

5.  Eg.  adds  :  fuilet  isin  tigh 

6.  co«aitchecht  YBL. 

7.  forEg. 

8.  chetam;«  YBL. 

9.  ro  doirted  Eg.  YBL.  seems  to  bave  dorrortadh 
10.  tondtib  Eg. 

I  :.  Icndann  YBL. 


The  Deslnictiori  of  Da  Dcrgds  Hostcl.  317 

147.  IS  and  â'//aitccht  Coiiairc  dig  aridisi  ^  :  Deog  dam, 
a  data-,  a  Mnicc  cecht  !  is  c/nnma  dam  ce  bad  é^  ce  tiasur4,  ol 
atbcl5  chenae^. 

IS  and  sin  tn\  ro  la  Miuc  cecht  rogu  di"  lâthaib  gaile  fer 
nErctid  ro  batâr  isin  tig,  dus  in  bad  imchomet  ind  rig  bad  de- 
thiten  dôib,  uâ  bâd  chuingid  dige  dô^. 

ISsé  ros-frecair  isin  tig 9  Cc'//all  Cernach  —  7  ba  lond  la  side 
in  comram,  7  bai  fich  do  scch  dog/r's  iartain  tVi  Macc  cecht: 
Léic  duinni  cornet  ind  rig,  or  Co;/all,  ocns  eirgsiu  do  chuingid 
na  digi,  ùair  is  cucut  ronaitegar '°. 

14/ .  Theii  Coiiaire  agciin  askcd  for  a  drnik.  «  A  driiik  lo  nie, 
Ofostcrer,  O  Mac  cecht!  'Tis  cqiial  to  me  whiil  dcalh  I  sball  go 
lo,  for  iviylkKu  I  sball  pcrîsh.  » 

Tbcn  Mac  cecht  gave  a  choicc  lo  the  champions  of  valonr  of  tbe 
nien  of  Eriii  icbo  ivcre  in  tbe  bouse,  lubetber  ibey  cared  to  protect 
ibe  King  or  to  seek  a  drink  for  bim. 

Conall  Cernach  answered  tbis  in  tbe  bouse  — ■  and  cruel  be  deem- 
ed  thc  contention,  and  aftenuards  he  bad  ahuays  a  fcud  luith  Mac 
cecht.  —  «  Lcave  tbe  defence  of  tbe  King  to  us,  «  says  Conall, 
«  and  go  thon  to  seek  tbe  drink,  for  of  thcc  it  is  demanded.  » 

148.  Luid"  uTorn  Macc  cecht  do  chuingid  nadige^-,  7  gabais 

^.   doridisi  Hg.  arithisc  YBL. 

2.  dalta  YBL.  ammo  popa  chain  Eg. 

3.  ccba  te  LU.  cid  Eg.  cia  bad  c  YBL. 

4.  tiasa  YBL. 

5.  atbela  YBL. 

6.  Acht  is  ciiiiia  danih  chcna  cid  hoc  ti'asur,  uair  rachat  chena  licc  do 
thart  7  d'itaidh  Eg. 

7.  dorât  Mac  cecht  roga  do,  Eg.  conaitechdd  rogai  di  YBL. 

8.  dûs  in  bad  cornet  in  rig  dogéntâis  nô  dul  d'iâraid  uscc  do  rig  Erciui, 
Eg.  1 13''  2.  dus  an  bad  comed  ind  rig  doib  no  ba[d]  cuindchid  digi  dondti 
Conrt/Vc  YBL. 

9.  Is  he  Irisrogart  asin  tig  Conall  Cernach.  Comeddd  ind  rig  duindi,  ol 
suidiu  7  YBL. 

10.  IS  ed  inviiono  ro  raid  Co//all  Cernach  na  fûigfed  ri  Vayuii  hi  tennta  ce 
ferad  a  cumiund  aroen  riss.  Atbf^tatar  da//o  lucht  na  Uru'idiic  o  sein  hi- 
mach  :  Eircsiu  d'iar;a/(i  usci  don  rig,  7  gebmaitne  in  liiBriuV/in  ociis  comet- 
faimit  in  ri'g,  uair  is  cucut  cunegair  in  t-usce,  Eg.  1 1 3!^  2.  Aircsi  do  chuind- 
chid  na  digc,  huairi  is  chuccad  chuindcgair,  YBL.  102»  44. 

11.  LuideYBL. 

12.  do  iarraid  inn  uisce,  Eg.  113^2.  do  chuindchid  na  digi  YBL. 


5iS  WIntley  StokiS. 

Ta-  fri  flaith  nv/c  Cona'ux  fo  nxail ',  7  in  cuach  [n]ôrdac  Co;/- 
///Vc  i  nilvy-|b]hdc-  dam  co  tinni',  y  bcrt  a  sci'ath  7  a  dâ  gai  7 
a  claidc/^  7  lv;t  inlvr  in  chorc  .i.  inber  iairnd  ■^. 

rarrumâi  immach  cucu  >,  7  dobtvt  mi/  nibulli  dond  inb///r 
iarind  ar  dor//i  na  BrLid;/^',  7  tofuit''"'  n('//bur  cacha  buille, 
Dogni  iaivm  taenchles  don  sciath  7  facborchles  don  c\:\\Aiuh 
imma  chend,  7  tobcn  fobart  mbidbad  furro,  7  tofuitet  se  ccl 
lais  ina  chétch//mscliu,  7  tcit  iar  sligi  cet  tria  budin  sechtair7. 

/^cS".  So  ibcn  Mac  cccht  jaicd  jorth  lo  scck  ihe  driuh,  and  hc 
look  Conairc's  son,  Lé  fri  flailh,  uiidcr  bis  annpit,  and  Conaires 
golden  cup,  in  ichich  an  ox  with  a  hacon-pig  zuould  be  boikd ;  and 
he  bore  bis  sbield  and  bis  iwo  spears  and  bis  sword,  and  hc  carried 
ibe  caidron-spil,  a  spit  of  iron. 

He  biirst  fortb  upon  ibcm,  and  in  front  of  ibe  Hostel  bc  dealt 
nine  blows  of  ibe  iron  spit,  ami  ai  every  bloiu  nine  rcavers  fell. 
Tboi  be  ninkes  a  sloping  feat  of  tbe  sbield' and  an  edge-feat  of  the 
sword  about  bis  Jjead,  and  Jw  delivered  a  hostile  attack  npon  theni. 
Six  bundred  fell  in  his  first  oiconnter,  and  after  cnîting  down  hnn- 
dreds  be  goes  tbrougb  tbe  band  ontside. 

149.  Imth//.ssa  lochta  na  Brud/zr,  iss  ed  chestnigt/;(T,  sund 
colléic. 

Atraig  ConiW  Ceniacb  7  gebid  a  gaisced  7  imsôi  dar  dov us 
na  Brud;/6'  7  timchellaid  a  tcch,  7  dofuitet  .ccc.  lais,  7  di- 
cluiind  na  dibtTg[a]  da  téora  fuithairbi  6  Brudin  seclnair,  7 
nididid  buàid  rig,  7  tintaid  i  niBrud///  7  se  créchtach. 


1.  oscuill,  Eg.  ochsail  YBL. 

2.  7  nomberbth/i/e  YBL.  facs. 

3.  7  b<';btha  dam  co  tini  ind,  Eg. 

4.  7  rue  dano  in  indber  n-iâraind  ro  boi  fon  n'gchoirc,  ba  samail  do 
séolcrund  lunga,  Eg.  7  hen  inbt'r  n-iaraind  ro  bai  fond  rigcori  YBL. 

5.  doluid  fuithib  immach,  Eg.  Forr//ma  chuca  amach.  YBL. 

6.  ro  marb,  Eg.  dothuit  YBL. 

7.  Ro  delig  iarsin  f';ia  indbtT  ociis  docûaid  fa  cumang  a  cLiidib,  7  dorôni 
faeburcicss  don  chhiidib  imma  chenn,  co  ndeniai  ai»air  dô  on  Briiidin  him- 
mach,  Eg.  125^1.  Dogni  iarz/m  foebarchles  don  cMaidem  immo  chend 
c«rro  slecht  co//ar  riani  on  tig.  Luid  iar»m,  etc.  YBL.  103.  YBL.  and  Eg. 
pmit§§  149-1)3- 


The  Dcst'iiction  of  Dd  Dc/^ij'i  Hostcl.  5 19 

/^9.  The  lioings  of  the  folk  of  tin-  Hostcl,  ihis  is  ivhnl  is  hcrc 
cxiiiii i ncii ,  prcsi'iitly. 

Cotiall  Ceniach  arises,  and  lahes  his  iveapoiis,  and  ivends  over 
thc  door  of  îhc  Hostel,  and  goes  round  the  hoiisc.  Thrcc  hundred 
fi'll  by  hini,  and  hc  hnrls  hack  thc  rcavcrs  ovcr  thrcc  ridi^cs  ont  froni 
the  Hostel,  and  hoasts  of  trinniph  ovcr  a  kiiii^,  ami  rclnrns^ 
iconnded,  into  thc  Hostcl. 

150.  Tic  Corm^rc  Gwdlongas  7  a  noi  cèli  malle  f/is,  7  do- 
berat  a  c«mscliu  forsna  d'ihera^a,  7  dothuitct  ;/('/  ndcichcnbor  la 
Corm(7c  7  noi  ndeicht';//w  la  muint/r^  7  fer  ccch  airm,  7  fer 
cech  tir,  7  mâidid  Cornwc  lecht  airig  dibrr^'-^Tc,  7  immàric  el//J 
dôib  cér'bot  crechtaig. 

1)0.  Cor  mac  Comilongas  sallics  ont,  and  his  ni  ne  coni  rades 
u'ith  htm,  and  they  deliver  thcir  onsels  on  thc  rcavcrs.  Nine  cn- 
ncadsfall  by  Cormac  and  nine  enneads  by  his  peoplc,  and  a  nian 
for  cach  lucapon  and  a  man  for  each  nian.  And  Cormac  boasts  of 
the  death  of  a  chiefoflhc  rcavcrs.  They  snccccd  in  escaping  thongh 
thex  be  ivonnded. 

151.  Tecait  in  triar  Cruilhncch  a  Bi'udin  sechtair,  7  ga- 
bait  gles  immcrta  a  n-arm  fd/sna  dibc/'ga,  7  dofuitet  //()/  ndei- 
chenbo/'  leo,  7  immaric  eliid  dôib  ciar'bat  crechuiig. 

1)1.  The  trio  of  Picts  sally  forth  froni  tljc  Hostcl,  and  takc  lo 
plying  their  weapons  on  the  reavers.  And  nine  enneads  fall  by  thcm, 
and  they  chance  ta  escapé  thongh  ihcx  bc  ■won}idcd. 

151a.  Tecait  in  nJ//bor  c//jlennach  immacii,  7  inirubat  a 
gnim  fors n a  >X\hcrga,  7  immaric  el//(/  dôib. 

///  a.  Thc  nine  piper  s  sally  forth  and  dash  thcir  (luarlike) 
work  on  the  reavers  ;  and  (then)  they  sncceed  in  escaping  K 

I .  Tliesc  few  words  inspired  the  following  p.issage  in  Ferguson's  Co  ■ 
nary  : 

It  scemcd  as  carth  and  sky  vverc  sound  alonc, 

And  cvcry  sound  a  maddcning  battlc-call, 

So  sprcad  désire  of  fight  tliroiigh  breast  and  brain 


3  20  WliitUy  Stokes. 

152.  Cid  fil  aiiJ  trd  acht  is  fota  f;'i  haisnis,  is  tophliûin 
mt'//man,  is  bùadrcd  do  chéttaidib,  is  cmilti//5  fri  héstidip,  is 
imarcraid  n-innisen  tiachtain  dar  na  nechib  inundaib  fo  di. 
Acht  tancatâr  iar  n-urd  lucht  na  BrLid;/6'  immach,  7  ro  fersatâr 
a  comlonna  forsna  d'iherga,  7  dotuitset  leo  amal  ro  ràdi  Fer 
rogain  7  Lomna  Druth  fri  Ingcél  [LU.  98-^]  .i.  notheiged  lucht 
cecha  imdae  hcus  co  fertdis  a  comlond,  7  imrulaitis  ass  iarsin. 
Connach  forcaib  i  mBrLu//;/  i  farrad  Connirc  acht  Corail  7  Scn- 
cha  7  Dubtach. 

1)2.  Hoivheil  thcn,  but  il  is  long  to  relate,  'tis  lueariness  of 
niind,  'tis  confusion  of  the  sensés,  'lis  tediotisness  to  hearers,  'tis 
superfluity  of  narration  to  go  over  tlje  sa  nie  things  twice.  But  the 
folk  of  the  Hostel  came  forth  in  order,  and  fought  their  combats 
ivith  the  reavers,  and  fell  by  them,  as  Fer  rogain  and  Lomna 
Driith  had  said  to  Ingcél,  to  wit,  that  the  folk  of  every  room  luoiild 
sally  forth  still  and  deliver  their  combat,  and  aftcr  that  escape.  So 
that  none  luere  left  in  the  Hostel  in  Conaire's  company  save  Conall 
and  Scncha  and  Dnbthach. 

153.  Frisin  môrbruth  iarom,  7  fri  met  in  ch('///laind  ro  ter 
Conaire,  dotic  a  môrthart  itad,  7  aplis  do  thàm  ar  nach  fûair 
a  dig.  Ô'tbath  iarom  in  ri  dothjégat  in  triar  lit  a  Brud/;z  im- 
mach, 7  nos-gabat  sdebglés  ndiKvge  forsna  dib<'rgaib,  7  im- 
thiagat  o  Brud///  co  crcchtach,  aithbris[tc|  7  athgoite. 

ij^.  Noiu  froni  the  véhément  ardour  and  the  greatness  of  the 
contest  u'hich  Conaire  had  foiight,  his  great  dronth  of  thirst  attacked 
hini,  and  he  perishcd  of  a  consumiiig  fever,  for  he  got  not  his 
drink.  So  when  the  hing  dicd  ihose  three  sally  ont  of  the  Hostel, 
and  deliver  a  luily  strolw  (?)  of  reaving  on  the  reavers,  and  fare 
forth  from  the  Hostel,  luonnded,  lo-broken  and  mainied. 


And  cvcry  ;iim  to  feat  of  combat  strung. 
Forth  wcin  the  sall\  iiig  hosts  :  tlic  hosts  within 
Hcard  the  enlarging  tumuk  from  their  doors 
RoU  outward  ;  and  the  chish  and  clamour  heard 
Of  faUing  foes  before  ;  and  over  it, 
Theyelhng  pibroch. 


Tlic  Destruction  of  Dà  Devras  Hostel.  ]  2  i 

154.  IMth//Jsa  Maire  cccht  ïmniorro,  luid  srJe  co  rânic  Ti- 
p/ait  Casra.  Ba  occns  do'  hi  Crich  Cûaland  inna  forrad,  7 
ni  fûair  lâii  a  chûaich-  iiui  di  usci  .i.  in  cùach  orda  Conairo. 
ron-uc  ina  kiim.  Dorimchell  5  rigusiv'//  Hciv;/J  n'a  matain  .i. 
Buas,  Boand,  Banna,  Btvha,  Ncim,  Luac-*,  Làigdac5,  Sinand, 
Siùr,  Slicech,  Sâmair,  Find,  Ruirthech,  [Slànc,  —  Eg.  |  7  ni 
fûair  Lin  a  chi'iaich  di  usci  intib. 

I )^.  Tonching  Mac  cechi,  hoivever,  hc  weiit  bis  way  till  hc 
reached  the  Well  of  Casair,  -which  luas  near  him  in  Crich  Ciialann; 
but  ofwater  he  foiind  not  thenin  the  jiill  oj  his  cup,  that  is,  Co- 
uaires  golden  cup  luhich  he  had  hrought  in  his  hand.  Before  niorn- 
ing  he  had  gone  round  the  chief  rivers  of  Erin,  to  luit,  Bush, 
Boyne,  Bann,  Barroiu,  Neitn,  Luae,  Làigdae,  Shannou,  Suir, 
Sligo,  Sâmair,  Find,  Ruirthech,  Slajicx,  and  in  iheni  he  jonnd 
not  thefiill  of  his  cup  of  luaier. 

155.  TorôchcU^  da;/c)  primlocha  W^rend  ria  matain  .i.  Derg- 
derc,  Loch  Luimnig/,  Loch  Ri[b],  Loch  Febail^,  Loch  Mesca^, 
hoch  n-Erbsen9,  Lor/;  Laig,  hoch  Cûan,  hocl.t  n-Echach,  Môr- 
loch '°,  7  ni  fûair  làn  a  cuaich  di  usci"  intib. 

///.  Then  before  morning  he  had  travelled  to  the  chief  lakes  of 
Erin,  to  luit,  Lough  Derg,  Loch  Liiininig,  Loiigh  Foyle,  Lough 
Mask,  Long  Corrib,  Loch  Làig,  Lich  Cûan,  Lough  Neagh,  Môr- 
loch,  and  of  water  he  fonnd  not  thcrcin  ihcfull  of  his  cup. 


1.  Hère  LU.  inserts  a  meaningless  /  w/w/.  Eg.  has  :  Luid  iarom  co  rânic 
Tibrait  Casra  bai  hi  comfocH5  do.  For  the  first  sentence  of  §  154  YBL.  103 
has:  Luid  ia.riim  ciir  ranicc  Tiprait  chuirp  bai  i  comfoc»5  do  i  Crich  Cua- 
\aiiii  ina  farrad,  7  in  cuach  (.i.  Co«airi)  ordai  foa  choimb,  7  ni  fuair  lan  a 
chuaich  inde. 

2.  ni  fuair  banni  usci  Eg. 

5.  oi:«5  ro  thairmcheall,  Eg.  114»!. 

4.  Lùii,  Eg.  Lai  YBL. 

5.  Luigde,  Eg.  Laigdai  YBL. 

6.  Dorarmchell,  Eg. 

7.  Loch  nDcirgdeircc,  Luimncch  Eg.  Dcrgderc,  Luinmech  YBL. 

8.  0)11.  Eg. 

9.  n-Orbsen,  Eg.  YBL. 

10.  Loch  Môr,  Eg.  Marloch  YBL. 

1 1.  lân  a  chuaich,  Eg. 


5  22  Wliiticy  Stokes. 

156.  Luid^  co  rânic  Oaràn  nGarad  for  Maig  Ai.  Atroa[s]- 
sidé  a  dicleth  n-airi,  co  tue  lân  a  chûaich  ass,  7  docer  in  mac 
to  a  choiin. 

Dodcochaid  iar  sudiu  co  taiiic  Brudin  Dà  Derga:  ria  matain  ^. 

1)6.  Hc  zucnl  bisway  till  hc  rcachcd  Varan  Garad  on  Magh 
Ai.  Il  conid  noî  bide  itseJf  froiii  hini  :  so  he  broiight  thenvnt  thc 
ftill  of  bis  Clip,  and  Ibc  boy  fcU  iindcr  bis  cavering. 

After  ibis  bc  wcnl  on  and  rcacbcd  Dit  Derga's  Hostcl  bcjore 
iiiorning. 

157.  INtan  dodeochaid  5  i\Wc  cecht  triasin-'  très  fuithairbi 
dochom'"  in  tige,  is  and  ro  bôi  dias  oc  béim^a  chind  do  Cbo- 
jzaire.  Benaid  iaroni  Macc  cecht  a  chend  dond-ala  fîr  adcho- 
rnaic/  a  chend  do  Conaire.  Ro  bôi  da;;o  in  fer  aile  oc  élûd  ass 
cossin  chind  ^.  Docôemnacair9  coirthe  cloche  fo  chossaib  Maicc 
cecht  for  lâr^°  na  Brud;/6'".  Doléice'-  dond  fiur  aile  occ  a 
rabi  a  chend  '5  tara  choeldruim  cor-roemid  a  driiim  and  ^4.  Be- 
naid Macc  cecht  a  chend  de  iar  sudiu  ^).  Dôrtais  Macc  cecht  in 
cûach  n-usci  inn  airsci  7  im-méde  Ctwaire^^.  Asbcrt  iaro/;/  cend 
Comité  iar  tabairt  ind  iiscï  ina  médi  7  inna  ersci  : 

«  Maith  fer  Macc  cecht,  fô  fer  Macc  cecht, 
[maith  loech  hini-niaig,  niaith  hi  tig  —  Eg.] 

1.  Luaide  cor-mnicc  hUaran  uGaraid  lii  Moig  Ai  iar  tarmcliell  usced 
E««K  ria  matain  7  a  primloch  .i.  Dergderc  (etc.,  as  in  §  155)  YBL. 

2.  See  Appendix  §  157  for  a  fuUer  account  of  this  incident. 

3.  ro  siacht  Eg. 

4.  tarsin  Eg.  i23a2.darsan  YBL. 

5.  boi  dochum  Eg. 

6.  ic  buâin  Eg.  oc  bcm  YBL. 

7.  ro  ben  Eg.  adcomaicc  YBL. 

8.  Ro  triall  in  fer  ali  elôd  7  in  cenn  lois.  Nir'bo  réid  dosuni  on  inni 
hi'sin  Eg. 

g.  Adchomnaccair  a  chend  do  Chonaire.  Adcomnaicc  YBL. 

10.  ar  dor;/5  iiô  lâr  YBL. 

11.  Tarraid  Macc  cecht  arali  coirthe  dorala  fo  chossaib  issin  Bruid/w  Eg. 

12.  Dolleci  YBL. 

15.  oco  mbai  in  cenn  YBL. 

14.  doléic  rôt  n-aurchair  don  fir  oca  rabi  in  cenn  co  tarrhi  dar  a  druimm, 
co  rodrôebriss  a  druini  co  riacht  tahiiaiti,  Eg. 
I  ).   hûad  iartain  Eg. 

16.  Ociis  raitais  in  cruach  uisci  ina  airsciu  (.i.  in  mcidhe)  inti  Cowaire  H'. 


The  Dcstniction  of  Dâ  Dcrg.x's  Hostcl.  523 

dolv/V  dig,  iviiôl  rig,  dogni  cclu'. 

[ciiiii  tairnic  fi  an  n  a  tùar 

fôidis  for  lôeclui  Hic 

cai;/  selaig  ar  dor//.f  tech  niBriiidz/r  diamla  Fer  le  he. 

rtwid  fria  Icth  les  sleg. 

cain  beinn  -  do  Mncc  ciaii  clothach  cecht. 

Dia  liibad  i  mbethu  beind.  Fo  fer.  —  Eg.] 

Luid  Mcicc  cecht  iar  sudiu  iaroni  i  ndegaid  in  madma. 

ij".  Whcn  Mac  cecht  lueiit  across  ihe  third  lidge  towards  the 
house,  'lis  ibère  iverc  tiuain  slriking  off  Conaire's  bead.  Tbcn  Mac 
cecht  strikes  off  the  bead  ofojie  of  the  t-wo  iiieii  who  wbo  zuere  bebead- 
ing  Conaire.  The  otber  man  theii  was  fleeing  forth  with  (the 
king's)  bead.  A  pillar-stone  cbanced  to  he  (?)  under  Mac  cecht' s 
feet  on  the  floor  of  the  Hostel.  He  hitrls  il  at  the  iiian  wbo  bad  Co- 
naire's head  (and  drove  it)  tbroiigb  bis  spine,  so  limt  bis  back 
broke.  After  this  Mac  cecht  beheads  biiii.  Mac  cecht  tben  spilt  the 
cup  of  water  into  Conaire's  giillet  and  neck.  Tljeii  said  Conaire's 
head,  after  the  water  bad  been  put  into  its  neck  and  gullct  : 

«  A  good  man  Mac  cecht  !  an  excellent  mon  Mac  cecht  ! 

A  good  warrior  without,  good  within, 

He  gives  a  drink,  he  saves  a  king,  he  dolb  a  dccd. 

Well  he  ended  the  chanipions  I  foniul. 

He  sent  a  flagstone  on  the  warriors. 

Well  he  hewed  by  the  door  of  the  Hostcl  . . .  Fer  lé, 

So  that  a  spear  is  against  one  bip. 

Good  should  I  be  to  far-renowned  Mac  cecht 

If  I  zuere  alive.  A  good  man! 

After  this  Mac  cecht  fol lowed  the  roiited  foe. 

158.  ISs  ed  tra  ârmit  araile  libair  andso  connx  torchair^  acht 
uathed  mbec  ini  Cbonàwc  .i.   nônbor   nammà-t,  7  ni  môr  ma 


1.  dobcir  digh  no  rig.  7  doni  eclid  YBL 

2.  MS.  bienn 

3.  Ni  torchar  tra,  YBL. 

4.  .i.  xu.  fir  Eg. 


J24  Whitley  Stokes. 

doerna  sccola[ng]  indiscn   scél  dona  fiannaib  ro  bàtdr  ar  tig 
doib  '. 

ijS.  'Tis  tins  ihat  soine  hooks  relaie,  thaï  but  a  very  few  fell 
aroiind  Coiiaire,  naiiiely,  ninc  otily.  And  hardly  a  fugitive  escaped 
to  tell  the  tidings  to  the  champions  who  had  becn  at  the  housc-. 

159.  Baile  ir-rabatâr  rô/V  mile  cet  7  deich  cet  in  cacii  mili, 
ni  érna5  acht  ôcnchoiciuir  dib  ass  .i.  Ingcél  7  a  dâ  bratiiair  .1. 
Echell  7  Tulchinne  .i.  Dartaid  na  diberca  [in  marg.  .i.  tri 
maicc  ui  Chonmaic]  [7  da  Ruàd  Rôircnd  ro  cètgonsat  Conairc 
-Eg.] 

/j'5?.  Where  there  had  heen  five  thousand  —  and  in  cvery 
ihousand  ten  hundred  —  only  one  set  offive  escaped,  namely  Ingcél , 
and  bis  tivo  broîhevs  Echell  and  Tulchinne,  the  «  Yearling  of  the 
Reavers  »  —  three  great-grandsons  of  Conniac,  and  the  two  Reds 
of  Roi  ri  II  who  had  been  the  first  to  wound  Conaire. 

160.  Luidiarom  Ingcél  i  n-Albain  iartain  [LU.  98'']  7  gabais 
rigi  daresi  a  athar  6  rue  buaid  rig  ala-thûathi  leis  dia  thig. 

160.  Tbereafter  Ingcél  ivent  into  Alba,  and  received  the  king- 
ship  aftcr  bis  faihcr,  since  he  had  tahen  home  trinmph  over  a  king 
of  another  country. 

161.  ISs  ed  \mmorro  is  slicht  il-lebraib  ailib  and,  7  is  dochu 
co  mbad  firiu.  Cethracha  nô  côeca  do  thutim  don  lucht  na 
Brud;/('^  7  téora  cethraimthe  do  thutim  dona  dibtvgaib  7  a  n- 
dentrian  namma  do  élûd  ônd  ortrain  ■^. 


1  .  ni  môr  ma  rocla  fer  innisti  scél  dona  fiannaib  ro  bâtar  ic  dul  for 
Bruidhin  Eg.  125b  i. 

2.  literally  :  it  is  not  much  if.  This  is  the  best  guess  I  can  niake  at  the 
meaning  of  a  difficult  passage.  For  another  conjecture  see  Zimmer,  KZ., 
XXVIII,  56?  n. 

3.  térna  Eg.tht'ma  YBL. 

4.  YBL.  omits  §§  160,  :6i.  Eg.  has  the  following:  Ro  slaided  tra  iartain 
in  cath  co  comb.igacli  fortrcn  ferda  feramail  .i.  o  M(jc  cecht  7  o  Conall 
Cernach  vnac  Amargin,  co  ro  dithait  7  co  ro  dithlaiihrigit  isin  cath  raôr  iar 
matin,  co  ro  minaigit  7  co  ro  loiscit  a  longa  .i.  la  Mijc  cecht  7  la  Conall  hi 
ndi'gail  a  tigerna.  Mairg  maidm  7  echtrann  ir-rabi  in  diâsdegaid. 


The  Destruction  of  Dâ  Dergas  Hostcl.  525 

.    ** 

161.  This,  hùwcvi'r,   is  ihc  irci'iisioii  iii  olhcr  hooks,  ivid  il  is 

iiiorc  probûbl\  trucr.  Of  thcfolk  of  thc  Hostcl  forly  or  fiftyfcU,  and 
of  thc  mivcrs  thrcc  foiirths  and  0)ic  third  [Icg.  fonrth?\  of  thein 
only  cscapcd  front  thc  Datruclion. 

162.  IXtan  da;h'  ro  boi  M(/("c  cccht  îor  a  àltaib  isind  aniiaig 
cind  '  in  tres-ldi  ft)//accai  in  mnai  sechae. 

Tadall-  lat  ille',  a  banscal,  {or  Marc  cccht. 

Ni  laimim4  a  dul,  ol  in  ben,  lat  graain  >  7  t'omun. 

Ro  bôi  uair  damsa  di  sudiu^',  a  ben,  (or  Macc  cecht.  [.i.  mo 
grain  7  m'omun  ar  neach,  acht  cliena  ni  agara  so  ni,  7  —  Eg.] 

Nod-gaibim7  for  fir  mo  enig  7  mo  taesaim^. 

Adella  in  ben  chuice9  iarom. 

Nof/;i)7i  fet/frsa,  ol  se,  in  [ba]  cuil  ba  in  corrmil  bà  in  sen- 
gân  nom-gaib  isin  crecht. 

Ecmaing  ba  mongach  m(7/c  thire  ro  bôi  and  rc;;/nici  a  dd 
gualaind  isin  crecht  '".  Ro[n]gab  in  ben  ar  but",  7  dosrenga'- 
asin  crecht,  7  dobtvV  hin  a  bel '5  jais  ass. 

Is  sengan  sentalman  èni,  or  in  ben,  ani  seo. 

Tong//  do  dia  toinges  mo  thûath,  for  Mac  cecht,  ni  bu  mo 
limsa  oldas  cuil  nô  corrmil  nô  sengan  sin. 

[Ocns  rongab  Mac  cecht  in  coin  ar  braigit,  7  ro  buail  a 
dornn  ina  hedan  g//r//j-marb  d'aendornn  —  St.] 

162.  Now  when  Mac  cecht  was  lying  wounded  on  the  haltle- 
field,  at  the  end  of  the  third  day,  he  saiu  a  luonian  passing  hy. 

1.  icind  YBL.  hicnd  St. 

2.  Tadaill  Eg.  123''  i. 

3.  chucam  Eg. 

4.  Ni  lamaini    a  dola,  ol  in  banscal,  lad  grain  YBL. 

5.  urgràin  Eg. 

6.  amlaid  sin  Eg. 

7.  notgeibim  Eg.  nodngabaim  YBL. 

8.  foesma,  YBL. 

9.  Tic  in  ben  'na  airad  Eg.  adochomb  YBL. 

10.  Ni  hed,  ar  si,  acht  mongach   mie   thire  ata   and  coraice  a  di  gua- 
laind, St.  YBL  omits  this  and  thc  following  sentence. 

1 1.  crball,  Eg. 

12.  Rongab  in  ben  hey  ro  sreng  asin  crecht  he,  7  dobcrt  in  eu  lan  abeoil 
leis  ass,  St. 

13.  crâis,  Eg. 

Revut  Celtique,  XXll.  22 


5  26  Whitley  Stokes. 

«  Corne  hither,  O  woman!  »  sa\s  Mac  cecht. 

«  /  dare  not  go  ihus^  »^  says  thc  woman,  ii  for  horror  and  fear 
ofthee.  » 

«  There  was  a  iimc  luhen  I  had  this,  O  luonian,  even  horror  and 
fear  of  me  on  sonie  one.  But  noiu  thon  shouldst  fear  noihing.  I  ac- 
cept  thee  on  ihe  Iruih  of  my  honour  and  my  safeguard.  » 

Then  the  woman  goes  io  hivi. 

«  1  hiozu  not  »,  says  he,  «  whether  it  is  a  jly  or  a  gnat  (?),  or 
an  ant  that  nips  me  in  the  wound.  » 

It  happened  that  it  was  a  hairy  ivoJf  that  was  there,  as  far  as 
its  two  shoidders  in  the  wound! 

The  zuoman  sei^ed  it  by  the  tail,  and  dragged  it  out  of  thc 
wound,  audit  takcs  the  fuU  of  its  jaws  outofhim. 

((  TruJy  »,  says  the  zuoman,  «  this  is  «  an  ant  of  ancient 
land  ».  » 

Says  Mare  cecht  <(  I  swear  to  God  what  my  people  swears,  I 
deemed  it  no  bigger  than  a  f1\,  or  a  gnat  (?),  or  an  ant.  » 

And  Mac  cecht  took  the  ïvolf  by  the  throat,  and  struck  it  a  blow 
on  theforehead,  and  killed  it  with  a  single  blow. 

163.  Atbath  dano  Lé  fri  flaith  macc  Conairc  fo  oxail  Maicc 
cecht,  7  ro  leg  bruth  7  aWus  in  miled  hc. 

16^.  Then  Lé  fri  flaith,  son  ofConaire,  died  undcr  Mac  cecht's 
armpit,  for  thc  warrior's  heat  and  swcat  had  dissolvcd  him  -. 

164.  DoUuid  Mrtc  cecht  iarsin,  iar  nglanad  ind  air,  cind  in 
très  lâi,  7  dosrenga  Couaire  lais  (or  a  muin,  co  ro  adnacht  hi 
Temraig  hé,  ut  ahi  dicunt.  Doslui  Macc  cecht  iarsin  hi  Conn- 
achta  (.i.  ca  chrich  fessin)  co  ;;dcrnad  a  leges  im-Maig  Brén- 
gair,  con'id  de  ro  len  in  t-ainm  ammag  do  ingor  Maicc  cecht  .i. 
Mag  mBrénguir3. 


1.  Cf.  fl  tuidecht  Ml.  Sj-^g. 

2.  Cf.  the  dindsenchas  of  Râith  Cnâmrossa,  Rev.  Celt.,  XV,  353. 

3.  For  this  paragraph  Eg.  125b  i  has  onlv  :  Ro  claid  da»o  Mac  cecht  ass 
sin  cia  fofuair  môr  n-imnid  and.  Atbail  iarum  Mac  cet"/;/  isind  armaig  act)t 
becc  YBL.  Atbail  iarHm  Mac  cecht  achl  bec  isin  armuig.  Rucadar  a  cha- 
raid  leo  hé  da  hicc  7  da  leigis,  gj/rba  slan  ancretach  da  eis,  St. 


The  Destruction  of  Dd  Dcvga's  Hostel.  ^27 

164.  Thcrcaftcr  Mac  cccht,  havitiij  clcniiscd  thc  shuii^'blcr,  at  Ihc 
end  of  thc  ihird  day,  set  forth,  and  hc  drai^i^ed  Conaire  -with  bini 
on  bis  hach,  and  buried  bini  at  Tara,  as  sonie  say.  Tben  Mac 
cecht  departed  into  Connaucrht,  ta  bis  oiun  coiinlry,  ihat  be  iiiigbt 
zL'ork  bis  cure  in  Ma  g  Bn'ngair.  Wberefore  tbe  nanic  clavc  ta  tbc 
pla in  front  Mac  cccbt's  tnisery,  tbat  is,  Mag  Brén-gtiir. 

165.  Aslùi  à.\no  Conû\  Ceritacb  oBrudin^  7  docluiatar  tri 
côecait  gai  triasin  laim  i  mbôi  111  sciath  dô,  7  luid  iarsin  cor- 
rànic  tcch  a  athar,  7  Icth  a  scéith  inna  lâim  7  a  claidt'/;  7  hru- 
rech  a  da  gai-.  Forninic  iarom  a  athair'  i  ndor//5  a  liss  hi 
Talltin  K 

16).  Noiv  ConalJ  Ccrnacb  escapcd  frotti  tbc  Hostel,  and  tbrice 

fifty  spears  bad  gone  ibrough  tbe  ami  wbicb  upbeld  bis  sbield.  Hc 

fared  fortb  till  be  reached  bis  fatber's  bottsc,  luitb  bal f  bis  sbield  in 

bis  band,  and  bis  sivord,  and  tbe  fragments  of  bis  tivo  spears. 

Tben  be  found  bis  fathcr  before  bis  gartb  in  Taltin. 

166.  Lûatha  coin  dot-roiphnetar>',  a  m^ccan,  for  a  athair 
friss. 

\ssed  ron-bi,  dochomruc  fri  ocu  on,  a  senlaich,  for  G'^all 
Cernacb  ^. 

Scéla  lat  d'idu  na  Brud;/é;  Da  Derga;?  ol  Amorgin:  in  béo 
do  thigern^  ? 

Noc[hJon  béo  ïmniorro^  (or  Conail. 


1.  Ro  siaclit  ass  dàno  Co«all  Ccrnact},  Eg. 

2.  7  bruircch  a  da  gai,  7  a  sciath  ina  le/aib  fair  7  a  chloidem  YBL. 

3.  co  tarrla  dô  in  l-athair,  Eg.  i23tii.  Fwranaicc  iar?(m  an  t-athfl/r  YBL. 

4.  For  this  and  tlic  preceding  sentence  St.  has:  IMtli?«  Co;/aill  Cernaig, 
ni  himlan  ro  bui  sein  on  cathug«</,  ar  docuatar  tn  .1.  gai  gerrandach  t/esin 
laim  i  mbi  in  sciath  aga  coiighxà  oca,  7  rainic  roimc  co  tcach  a  athar  tarcis 
gâch  uathbais  7  gach  anforlaind  fuair  isin  imargail,  7  is  amlfl/(Z  ro  bai  Co- 
Hall  'man  am  sin,  7  \et\\  a  sceith  ina  laim  7  a  claideb  t70m  tortbuillech,  7 
bruilech  a  da  sleg  snaisremar  solwcendach,  7  fuair  a  athair  a  ndorï«  a  lis 
a  Tailltin  .i.  Amairgin. 

5.  rotreb(n]athar  Eg.  dodrefnadar  YBL.  ro  thaithfncdar  tu,  St. 

6.  Ni  hamla/Vi  atu,  ar  Co/zall,  acl}t  is  mail  mo  ceim  tareis  in  cathaigthi,  a 
senlaich,  ar  se.  St. 


3  28  Wliitley  Stokes. 

Tonga  do  dia  toingthe  môrtlu'uuha  Ulad ',  is  midlachda^ 
dond  lîr  dodcochaid  ass  i  mbcthaid  iar  Bcbàil  a  thigcrna  l[i]a 
ndimtiu  i  mbàs. 

Nidat5  bana  mo  chrcchta-sa,  a  scnlaich,  ol  esseoni'^. 

i66.  «  Szuift  are  thc  ivolves  that  havc  Jniulcd  thee,  m\  son  », 
saith  bis  father. 

«  'Tis  ihis  ihat  bas  ivonudcd  us,  tboii  old  bero,  an  cvil  conflici 
witb  warriors  »,  Couall  Ceruacb  rcplicd. 

«  Hast  tboii  iben  news  of  Dâ  Derga's  Hostel?  »  askcd  Avwrgin. 
«  Is  iby  lord  alive  ?  » 

«  He  is  not  alive  »,  says  Conall. 

«  /  sîuear  to  God  lubat  ibe  great  tribes  of  Ulaid  swear,  it  is 
coivardly  for  ibe  iium  wbo  zuent  tbereoiit  alive,  baviug  left  bis  lord 
witb  bis  foes  in  deatb.  » 

«  My  wounds  are  not  wbite,  iboii  old  bcro  »,  says  Conall. 

167.  Doadbat  5  a  laim  scéith  do,  forsa  rabatâr  t/'i  côecait 
crédit,  \sscd  adcoimced^  furri.  In  sciâth  tni  immar  ditncstar" 
iss  ed  ros-anacht.  Ind  lam  dess  \mniorro  immarobrad  îor  sudi 
cor-rici  a  dâ  cutr/mimaj^,  innâd  rubic  in  sciath  ocâ  imdegail9. 
Ro  cirred  iannn  [LU.  99^]  ind  !àm  sin,  7  ro  hathciiummad  7 
ro  crechtnaiged  7  ro  criat/;/ad,  achd  ù);/;icaibset  na  fcthi  f/isin 
corp  cen  etarscarad  '°. 

Ro  fich  ind  1dm  sin  innocht,  a  nwccain,  ol  Amorgein". 


1.  Toingim  don  di'a  toingit  Ulaid,  ar  Aimairgin,  St. 

2.  midkicchda  Eg.  midlachto  YBL.  midlachdha  St. 

3.  Nirsad,  St. 

4.  for  Conall  YBL. 

5.  Ro  thôcaib  Eg.  Tadbaid  YBL.  Tadhbud  H'.  7  ro  taisben  St. 

6.  adcomaicc  YBL.  atconnairc  St. 

7.  mar  doidnestar  St.  imniarodidnestair  YBL. 

8.  IN  sciath  t/a  is  ed  ro  imditncstar  in  làni  sin,  ar  Cc)/;all.  IN  l.im  dess 
\mniono  ro  imbred  fuirri  side  uair  nat  raibe  sciath  oca  imditin,  co  fuilet  tri 
cet  fercrecht  fuirri,  Eg. 

9.  In  LU.  the  words  iiuiàd  nikc  in  sc.ath  oc  a  niulcgail  corne  next  aftet 
etarscarad.  St.  has,  after  crechtnaiged  :  co  na  raibe  acht  a  feiihc  ag  a  cothir 
gad  a  comlenmain  in  cuirp  gan  et^irarscarad  [5/V!]  acJ}t  in  t-inad  i  raibi  in 
sciath  aga  himdegail. 

10.  Eg.  adds:  na  lame  fris,  and  tluis  ends  tlio  storv  imperfectly. 

1!.  IS  crcchtacli  croslcdarthach  atathar  andsin  anocht,  a  mc/c,  ol  Amair- 


The  Destruction  of  Dd  Derga's  Hostel.  329 

Fir  son,  a  senhiicli  »,  ol  Conall  Ceriiach  ;  is  sochaidc  dia 
tar[ajd  ^  dcoga  tonnaid  innocht  ar  doras  Bruid//<^-. 

lûj.  He  sht'ivs  hiin  his  shield-ann,  whereon  were  îhrice  fifty 
luoHHiis  :  tbis  is  what  ivas  inflicted  iipon  il.  The  shicld  thaï  guarded 
it  is  li'hat  savcd  it.  But  the  right  ann  had  been  phiyed  tipon,  as 
far  as  tivo  thirds  thereof,  since  the  shield  had  nol  been  guarding  il. 
That  ann  ivas  mangJed  and  mainied  and  zoounded  and  pierced,  save 
thaï  the  si  news  kepl  it  la  the  body  luithout  séparation. 

«   That  arm  foughl  lonighl,  niy  son  »,  says  Aniorgein. 

«  True  is  that,  thon  ohi  hero  »^  says  Conall  Cernach.  «  Many 
there  are  itnlo  whom  it  gave  drinhs  of  death  lonighl  in  front  of 
the  Hostel.  » 

168.  IMth//.s-  mvnorro  na  [njdihcrgach,  cach  ôen  xerna  dib  o 
Brud//;  doUotar  cosin  car//d  dond-rônsat  isind  aidchi  rcmidco- 
gaid',  7  b^rtatar  cloich  cach  lir  béogâiti  leo  ass.  Coma.  ta.  ro 
raârbad  dib  oc  Brudin,  fer  cach  clochi  fil  hi  Carnd  Leca. 

Finit,  iwien,  Unit. 

16S.  Nou'  as  to  the  reavers ,  every  one  of  iheni  that  escaped  from 
the  Hostel  zvenl  to  the  cairn  which  they  had  biiilt  on  the  night  before 
last,  and  they  brought  thereont  a  slonefor  each  man  nol  niortally 
woiinded.  So  ihis  is  what  they  lost  by  death  al  the  Hostel,  a  vian 
for  every  slone  that  is  (noiu)  in  Carn  Lecca. 

It  endelh :  Amen:  il  endelh. 

(To  be  continued). 

Whitley  Stokes. 

gin,  St.  Rofich  ind  lam  sin  indnocht  îor  ...  a  nwccain  7  ro  tîched  ùirx'x,  ol 
hmorgin,  YBL. 

1.  tarad  St.  YBL. 

2.  Herc  ends  YBL.  Bruignc  da  Berg.  Coma  c  calh  na  maidne  ar  Bruidin 
da  Bergcoiiicc  sin.  finit.  St. 

3.  Cf.  ind  iarmindedenach  (gL  pracposterans)  ML  29a  7. 


MELANGES     BRITTONIQUES 


Takip. 

Ce  mot  qui  glose  cratère  dans  les  gloses  à  Martianus  Capella 
n'a  pas  jusqu'ici,  à  ma  connaissance,  été  retrouvé  en  gallois. 
Or,  il  existe  dans  le  Livre  de  Taliesin.  Ce  qui  fait  qu'il  a 
échappé  aux  recherches,  c'est  qu'il  y  est  écrit  en  deux  mots. 
C'est  ainsi  que  Silvan  Evans,  dans  son  Welsh-Engl.  Dict.,  le 
donne  à  cihcâd,  divisé  en  tal  cibedd. 

Skene,  Four  anc.  books,  II,  p.  153,  vers  15  : 

a  gwin  tal  kibcd  (lisez  talcihcd) 
o  Rufcin  byt  Rossed 

«  et  le  vin  des  tonneaux  depuis  Rome  jusqu'.i  Rossedd.  » 

J.    LOTH. 


NOTES    ÉTYMOLOGIQUES    BRETONNES 


I.    SANAIL. 

Dans  son  Lexique  étymologique  du  iiioxen  breton,  M.  Victor 
Henry  fait  venir  le  breton  sanal  du  français  arsenal  par  conta- 
mination. Il  reproduit  cette  étymologie  dans  son  Estratto  dalla 
niiscellanea  linguistica  in  onore  di  Gra^iano  Ascoli  (Torino, 
1901).  Arsenal  serait  devenu  sanal,  les  Bretons  ayant  pris  ar 
pour  leur  article.  Dans  ann  arsenal,  ils  auraient  vu  un  pléo- 
nasme vicieux.  Quant  à  la  transformation  de  -al  en  -aille,  ce 
serait  sous  l'influence  d'un  français  vulgaire  arsenaille  qui  se- 
rait attesté  ?  (M.  Victor  Henry  dit  :  je  crois,  attesté?). 

«  La  locution  aurait  été  importée  dans  les  campagnes  par 
des  matelots,  habitués  à  remiser  à  l'arsenal  entre  deux  croi- 
sières, comme  le  pêcheur  dans  son  grenier  entre  deux  saisons 
de  pêche,  les  engins  de  toute  sorte  dont  le  navire  ou  le  bateau 
était  armé.  » 

La  méprise  pour  ar-  est  d'abord  bien  invraisemblable.  Le 
breton  possède  bon  nombre  de  composés  avec  prétixe  ar-  ;  ce 
fait  ne  s'est  produit  pour  aucun.  Peu  vraisemblable  aussi  le 
changement  du  suffixe;  encore  plus,  le  changement  de  sens. 
J'ajouterai  que  le  paysan  breton  ne  met  point  dans  le  grenier 
son  attirail  de  labourage. 

Enfin,  ce  qui  tranche  la  question,  c'est  que  sanal  existe  en 
français. 

Sanal  représente  la  forme  patoise  de  l'ouest  senail.  Ct.  sena, 
snà  =  senail,  cenail,  grenier  à  foin  (Dottin,  Glossaire  des  par- 
ler s  du  Bas-Maine,  p.  467).    La  forme  correspondante  dans 


5J2  J.  Lotli. 

le  Diil.  de  Godcfroy  est  choiail ,  qui  a  également  le  sens  (\q  gre- 
nier, et  ceiiait.  Pour  l'fl  de  sanal,  ci.  hancl  =^  vend,  etc. 

Il  me  serait  facile  de  relever  dans  le  Lexique  de  mon  savant 
collègue  d'autres  méfaits  de  la  sémantique  pour  laquelle,  je 
puis  le  dire  sans  qu'il  s'en  formalise,  il  a  évidemment  un 
faible. 

2.  Bir. 

Flèche.  Phonétiquement,  il  est  impossible  de  rattacher  hir  à 
ber,  broche,  qui,  métaphoriquement,  en  gallois,  signifie  lance. 
L'étvmologie,  dit  le  Lexique  de  M.  \'ictor  Henry,  qui  propose 
de  le  rattacher  à  la  racine  de  heiui  ou  à  celle  de  ber,  en  est,  en 
somme,  inconnue.  C'est  simplement  le  français  vire,  trait  d'ar- 
balète (Godefroy,  Dict.  de  l'atic.  franc. y  C'est  un  synonyme 
de  vireion.  Comme  c'est  la  règle  pour  v  initial  français,  il  est 
devenu  b  en  breton  :  bisad)  =^  visage;  baiiel  =  venelle  ;  bilen  = 
vilain,  etc. 

3.  AtreJ. 

Gravois.  M.  Victor  Henry  suppose  un  bas-latin  altrlluni 
pour  allrîluin.  Tout  d'abord,  cette  évolution  dans  la  quantité 
est  suspecte  ;  de  plus,  les  deux  //  eussent  donné  th  :  on  eût  eu 
en  moyen-breton  a:^red.  Enfin,  allrltuni  a  le  tort  d'être  inventé 
uniquement  pour  atred.  Aired  ne  peut  être  séparé  du  moyen- 
breton  airet  :  iut  a  drouc  aireî,  gens  scélérats,  comme  le  fait 
remarquer  M.  Ernault,  répond  au  français  de  maie  airet.  Atret 
se  dénonce  clairement  par  sa  forme  comme  un  emprunt  fran- 
çais :  c'est  le  français  atrait  (et  atret).,  qui,  entre  autres  sens, 
a  encore  celui  de  déblais. 

4.  Aloubi. 

Empiéter,  serait,  d'après  M.  Victor  Henry  Çhwique  êlxin.), 
composé  de  rober,  avec  le  changement  de  r  en  /  et  l'addition 
d'un  préfixe  a-.  A  priori,  cette  hybridation  est  bien  peu  pro- 
bable. Aloubi  est  le  français  alcber,  se  moquer  de,  duper.  Le 


.\olts  ii)iiiologiijues  bittonncs.  553 

breton  aloiihi  a  en  effet  le  sens  de  s'emparer  par  violence  on 
ruse. 

5 .  Ao:{iU. 

D'après  le  Lex.  élyin.  viendrait  d'un  bas-latin  Ausaria.  Au- 
san'a  eût  donné  ao:^er.  Ao::^iïI  représente  exactement  le  français 
populaire  ù:;jllc\  cf.  osillicr,  branche  d'osier. 

6.  Adarre. 

Le  breton  adarre,  de  nouveau,  n'a  pas  été  signalé  en  gallois. 
Il  existe  cependant,  mais  n'a  pas  été  compris.  Silvan  Evans 
ÇWclsb-eiigl.  Dict.^  le  traduit,  avec  hésitation  il  est  vrai,  par 
Jlock  of  hirds  {=  adar  -\-  rbe).  Le  sens  de  de  nouveau  est  tout 
justement  évident  dans  le  passage  qu'il  cite  d'un  poète  gallois 
du  xnP  siècle  Llyivarch  ap  Llywelyn  (Myv.  Arch.,  J,  292), 
Gîcisc  gzvyndeil  g-wyeil  gzuel  adarre  «  Les  branches  revêtent 
leurs  feuilles  blanches,  forme  nouvelle  (forme  qu'elles  pren- 
nent à  nouveau).  On  pourrait  même  traduire  :  «  les  branches 
aux  feuilles  blanches  revêtent  leur  aspect  de  nouveau.  » 
Gwet  =3  givedd.  Il  s'agit  d'une  description  du  printemps. 

7 .  Ae;^eji . 

Vapeur,  exhalaison,  vent  doux.  ^f~  (léonard  ca^)  est  donné 
comme  venant  du  français  aise  et  rapproché  du  basque  ai::^e, 
vent,  par  M.  V.  Henry  suivant  en  cela  M.  Ernault.  Ce  dernier 
avait  eu  une  meilleure  idée  en  citant  le  gaëhque  aikal,  brise. 
Le  comique,  en  effet,  tranche  la  question  d'origine:  eth  est 
traduit,  avec  raison,  par  Williams,  Tpar  puff,  blast,  brealh.  Wil- 
liams a  le  tort  de  vouloir  l'identifier  avec  luheth.  Il  est  pro- 
bable que  le  mot  est  contenu  dans  le  gallois  aeihnen  ou  aethiuydd, 
tremble,  peuplier. 

8.  Auibil. 

Qui  va  en  tête  (cheval).  M.  V.  Henry  pense  à  une  conta- 


5  j4  ■^-  '^<'^''- 

mination  possible  de  la  locution  *  cii-ibil  a\'cc  la  locution  fran- 
çaise en  cheville  dont  elle  est  la  traduction  et  qui  se  dit  dans  le 
Bas-Maine  «  des  bœufs  et  des  chevaux  qu'on  place  en  tête  des 
attelages  ».  J'irai  plus  loin.  Amhil  me  paraît  être  simplement 
un  français  en  bille  =  en  cheville.  Le  patois  du  Bas-Maine 
connaît  le  diminutif  de  bille;  c'est  billet,  cheville  (Dottin, 
Glossaire:  biyet). 


9.  Ankelchcr. 

Feu-follet.  Suivant  M.  V.  Henry  qui  reproduit  l'opinion  de 
M.  Ernault,  ankelcher  ne  serait  autre  chose  que  le  moyen- 
breton  c}iqnele:;j-,  géante  comique cnchinelhel ^=^*ancle-kenetlo-, 
génération  monstrueuse.  Sans  parler  de  difficultés  phonétiques 
réelles,  cette  identification  du  feu-follet  avec  un  géant  est  bien 
extraordinaire  et  des  plus  invraisemblables.  Ankelcher  me  paraît 
un  composé  et  dérivé  de  kelc'h,  cercle,  circuit.  Ankelc'her  est 
celui  qui  va  de  droite  et  de  gauche,  le  circuleur,  le  rôdeur  (pour 
an-,  cf.  clasc  et  enclasc);  cette  étyinologie  est  confirmée  par  la 
forme  kcleroi,  feu-follet,  manifestement  pour  kelhercn  :  cf.  kil- 
loroH,  avant-train  de  la  charrue,  mb.  qiiilhorou  pour  kilc'h-, 
=  kelch-ioroi! . 


10.  Ai~. 

Lit  de  rivière.  On  n'a  donné  aucune  étymologie  satisfii- 
sante,  phonétiquement,  de  ce  mot.  Ao^  peut,  je  crois,  re- 
monter à  ab-sâ,  même  racine  que  dans  ab-ona,  *ab-ni,  en  pas- 
sant par  *ani-sa.  Pour  l'évolution,  cf.  naos  &\ns  pc-naos,  gallois 
naïus  ;  irl.  nos  =  *  nani-so-,  *  noni-so. 

II.  Argiid. 

Sommeil  léger.  Argiid  =  *arc-coi-lo-  ;  cf.  grec  7.:{-tt,  ; 
■/.:<.- [j.ii'i,  taire  coucher,  faire  dormir,  assoupir;  v.z'.^j.xz-^j.x:, 
je  me  couche,  je  dors. 


Notes  itymologiijucs  bretonnes.  3  5  5 


12.  Bûi::^ic. 

Jaloux,  mais  dans  un  sens  particulier:  «  comme  une  mère 
Test  de  son  enflmt,  s'impatientant  de  son  absence.  On  donne 
cette  épithète  à  celles  qui  caressent  trop  leurs  enfiints  ;  on  l'ap- 
plique à  certaines  bètes.  »  (Le  Pelletier).  Ce  mot  serait  d'après 
M.  Ernault,  suivi  par  M.  Henry,  composé  de  gw-  =  va-  et 
ci\ic,  dérivé  de  iw^,  jalousie.  Le  sens  de  jaloux  ne  me  paraît 
pas  dominant  dans  ce  mot,  et  ce  qui  le  confirme  bien,  c'est 
que  lh'i:(^ic  s'applique  à  un  cheval  rc'lif,  ombrageux.  Le  mot 
breton  est  à  rapprocher  du  vieil-irlandais  hâes,  irl.  mod.  baois^ 
Itist,  concupiscence,  levity  (fantaisie,  caprice);  haés  =  *baisso. 
La  dérivation  et  l'évolution  en  bai~ic  par  le  suffixe  -ico-  est  très 
régulière. 

13.  Broe:(. 

Colère,  emportement.  Ce  mot  est  à  rapprocher  du  gallois 
broch,  fureur,  emportement,  et  aussi  écume:  broch  ='*bivc-co-; 
broe^  =  *broc-tâ. 

Broch,  en  gallois,  a  un  autre  sens;  celui  de  bruit  tumultueux, 
vacarme  ;  en  ce  sens,  il  serait  à  rapprocher  de  l'irlandais  brosc, 
tonnerre,  grand  hrmi  ^*broc-sco. 

14.  Keved. 

En  vannetais,  a  le  sens  de  quenouillée.  M.  Victor  Henry  le 
fait  sortir  d'un  français  eschevete,  en  faisant  disparaître  es-,  ce 
qui  est  peu  vraisemblable.  De  plus,  eschevete  est  un  ccheveau  et 
non  une  quenouillée.  Je  serais  porté  à  supposer  que  hevcd  est 
brittonique  et  composé  de  com-  et  de  *-ed,  fil  —  *  ete-,  à  com- 
parer au  gallois  cd-af,  vieux-gallois  etem. 

15.  Cohu. 

Halle.  On  compare  ce  mot  au  gallois  cychiuyf,  se  mettre  en 
mouvement.   Or,   la  forme  équivalente  à  -chwyf  eût  été,  en 


:;  56  J.  Lotli. 

moyen-breton  chiueff,  et  aujourd'liui  c'bwcv.  Cohii  est  sûrement 
le  français  cohue.  Les  formes  de  ce  moment  sont  très  variées. 
En  Haute-Corn.  (Faoiiet)  on  dit  cohi;  en  bas-vannetais  covu, 
covi.  On  prononce  ailleurs  cohiii  (cohiui)  et  cohii.  Pour  les  va- 
riations de  -il  final,  cf.  avu,  foie.  Avii,  en  bas-vannetais,  se  dit 
iiil'i  et  avu,  ailleurs  ail,  ei'i,  etc.,  etc. 

i6.  Neu^  ET  ;/rt(,)^  (pc-naos). 

Ces  deux  formes  sont  ramenées  également,  avec  le  gallois 
naivs  et  l'irl.  nés  â  *naiii-so,  noin-so-.  Neu^  doit  être  séparé  de 
naos.  AV//~  représente  le  gallois  iiaws  pour  * ^^uaïus,  v.  ïv\.(^iuîs, 
habitude:  gall.  hy-gnaws,  aimable  (de  bonne  façon),  de  la 
même  racine  que  gnàth,  gall.  gnaivd.  Naos,  en  revanche,  avec 
l'irl.  lias,  remonte  a*  uani-so-,  *}ioiii-so.  En  gallois  dans  naïus, 
les  deux  racines  se  sont  confondues. 

(A  suivre.) 

J.  LoTH. 


TESBANAT,    CÉTBANIM 


Dans  le  «  Urkeltischer  Sprachschatz  »  de  M.  Whitley 
Stokes,  traduit  et  augmenté  par  M.  Adalhert  Bezzenberger, 
on  trouve,  p.  164,  sous  la  racine  hypothétique  bail  :  «  irlan- 
dais tcs-banat,  «  deficiunt  »,  cét-banim  «  ich  verstehe  ».  Il  me 
semble  qu'il  est  impossible  de  séparer  iesbaiiat  du  substantif 
tesbuith,  tesbuid,  datif  tcsbaid,  et  les  formes  verbales  teseba,  ies- 
bad,  tesarbae,  tesarbi  (voy.  Windisch,  Wôrterbnch,  sous  iess- 
buiih)  ;  ni  cétbnniin  de  cctbaid,  gallois  canjod,  et  les  formes 
verbales  celabue  et  citacobasa  (Milan,  LL,  6,  22).  Va  de  la  ra- 
cine s'est  donc  développé  d'un  u,  probablement  par  l'intermé- 
diaire d'une;  comp.  robad  [\  càik.  àt  robuth  ÇA\e\.,  103 1). 

La  racine,  d'après  mon  opinion,  est  bu,  sanskrit  bhli,  etc. 
Quant  au  suffixe  qui  se  trouve  dans  la  conjugaison  du  verbe 
au  présent,  c'est  le  même  que  dans  le  lituanien  bi'i-iiii  «  j'y 
suis,  j'y  reste  »  ;  pribiï-nu  «  je  suis  présent  »,  «  j'assiste  »; 
subiinu  «  je  suis  en  société  ». 

Des  suffixes  pas  tout  à  fiit  identiques,  mais  apparentés,  sont 
en  sanskrit  w,  nu  et  ml,  ni.  Tandis  que  par  exemple  le  latin  a 
sterno,  la  sanscrit  a  slrijoini  et  sinjàmi;  comparez  le  grec  weûy- 
vj;j.'.,  Z-J.-/.-rj\}.'.,  etc.  En  pâli  sambhnuâti  avec  l'accusatif  signifie 
la  même  chose  que  sambhavati  en  sanskrit,  c'est-à-dire  «  par- 
venir à,  participer  en  »,  par  exemple  Mabà-Vaî^ga ,  VII,  2,  2  : 
sainbhiiijâli  kathinuddhâram  ;  le  composé  abhisambhiujâli  ou 
abhisiinibhiiijoti  sigmÛQ  «  parvenir  à  »,  «  atteindre  »,  comme 
en  sanskrit  abhisambhavali;  le  futur  est  abhisambhossaiii .  Les 
formes  "bhuijâli  et  "bhuuoii  sont  usitées  aussi  en  sanskrit 
bouddhique.  Childers,  s.  v.  abbisanibbiifioli  l'explique  comme 


:5  38  H.  Kern. 

un  compose  de  /'/;/",  parce  qu'il  ne  connaissait  pas  le  futur 
abhisambbossaiii,  ni  la  forme  collatérale  abhisamhhôti,  ni  l'ad- 
jectif pâli  durabhisambhava,  où  le  dialecte  du  Mahâvastu  a  du- 
rabhisambhiiua.  Ce  qui  l'a  induit  en  erreur,  c'est  Vn  céré- 
brale, mais  le  changement  de  la  dentale  en  cérébrale  n'est  pas 
rare  en  pâli,  spécialement  après  un  u  ou  o:  par  exemple  sa- 
kuHO,  sakuni  pour  le  sanskrit  çakiina,  çakuni  ;  sakkhuuâti,  sanskr. 
çaknoti  ;  oiiala,  skr.  avanata  ;  onita  à  côté  à'onJla,  skr.  ava- 
111  ta,  etc. 

H.  Ki:rx. 


B  A  R  I  N  T  U  s 


Geoffrey  of  Monmouth  in  his  Fila  Mcrlini  ^  writtcn  about 
II 48  introduces  Barintus  as  the  pilot  who  stcered  the  ship  in 
which  Arthur  was  conveyed  to  the  Fortunate  Isles.  There  is 
no  sign  that  Barintus  is  a  monk,  nor  is  the  land  to  which  he 
is  the  guide  a  Christian  paradise.  The  only  point  insisted  on 
by  Geoffrey  is  that  Barintus  knew  the  waters  and  the  stars. 

It  has  been  generally  assumed-,  without  much  reflexion, 
that  Geoffrey  got  his  knowledge  of  Barintus  from  the  well 
known  introductory  épisode  in  the  Navigatio  Bmidann.  A 
careful  examination  of  the  two  passages  however  seems  to  me 
to  lead  to  directly  the  opposite  conclusion.  In  the  Navigaiio 
«  saint  ))  Barintus  is  the  head  of  a  band  of  monks,  and  the 
voyage  to  the  Terra  Reproiinssionis  that  hc  undertakes,  in  Com- 
pany with  his  «  fiholus  »  Mernoc,  is  a  reward  for  his  piety. 
Furthermore  the  most  that  can  be  said  is  that  Barintus  sug- 
gests  to  St.  Brandan  the  idea  of  a  voyage  :  he  gives  no  direc- 
tions for  the  way,  much  less  acts  as  a  guide  or  pilot  familiar 
with  the  sea. 

The  Barintus  épisode  in  the  Navioaiio  is  useless  for  the 
narrative,  and  obscure  and  incohérent  in  itself.  It  must  be  a 
survival  of  something^,  almost  certainly  therefore  of  some 


1.  Ed.  Michel,  1837,  p.    37.  Édition  Snn  Marte,  Die  sagen  von  Merlin, 
1855,  p.  299,  verse  950. 

2.  C.  Ferdinand  Lot,  Annales  de  Bretagne,  XV,  534. 

3.  Ed.  Schrôder,  1871,  p.  3  ff.  ;  Ed.  jubinal,  1836,  p.  i  ff. 

4.  Sucli  is   the  opinion   of  Zimmer,    Zlschr.  fiïr  deutsches   Alterthum, 
XXXIII,  314.  Cf.  de  Goeje,  Actes  du  S<^  Congrès  des  Orientalistes,  I,  i,  48. 


^40  Ariliiir  C.  L.  Bronn. 

Celtic  tradition.  It  sccms  to  me  évident  that  Geoffrey  in  the 
Fita  Mcrlini  lias  drawn  his  notion  of  Barintus  from  some  such 
tradition  and  not  from  the  Navigatio.  Geoffrey  could  no  doubt 
fabricate  a  clever  story,  but  it  is  asking  too  much  to  suppose 
that  he  would  hâve  been  at  the  pains  to  strip  Barintus  of  iiis 
ecclesiastical  character  and  companions,  associate  him  with 
TaHessin  and  Arthur,  who  are  not  mentioned  in  the  Navi- 
gaiio,  and  invent  for  him  a  rôle  as  pilot  which  is  in  accord 
with  what  probably  must  hâve  been  liis  position  in  Celtic 
legend. 

We  hâve  an  unmistakable  indication  of  the  existence  ofa 
Celtic  tradition  about  Barintus.  The  life  of  Saint  David, 
\vhich  was  written  in  Wales  thirty  or  forty  years  at  least  be- 
fore  the  works  of  Geoffrey  of  Monmouth^  contains  a  curions 
story  which,  while  it  agrées  with  the  Navigatio  in  bringing 
Barintus,  hère  called  St.  Barri-  into  relation  with  St.  Brandan, 
cannot  possibly  be  a  mère  adaptation  from  the  Latin  legend. 
The  incident  is  in  outline  as  follows  :  one  day  St.  Barri  bor- 
rowed  a  horse  from  St.  David,  and  rode  it  across  the  sea  from 
Wales  to  Ireland.  Afterhe  had  gone  a  long  wav  he  met  St. 
Brandan  who  «  super  marinum  cetum  miram  ducebat  vitam  » 
and  the  two  saints  conversed  together. 

Zimmcr  in  his  important  study  of  the  St.  Brandan  legend, 
has  compared  this  incident  to  other  incidents  of  a  similar  cha- 
racter in  the  lives  of  St.  David  and  St.  Aidan,  and  has  con- 
cluded  that  Barri  must  hâve  been  originally  represented  as  ri- 
ding  a  sort  of  tîsh  or  «  sea-horse  »  3 .  One  naturally  wishes  to 
know  how  such  a  surprising  adventure  came  to  be  attached  to 
a  saint.  Zimmer  contented  himself  with  an  unlikely  sugges- 


1.  For  this  date  see  Phillimorc  in  Y  Cymmrodor,  XI,  128.  The  MS. 
(Vespasian  A,  XIV,  Cottonian,  in  the  British  Muséum)  is  a  collection  of 
lives  of  Welsh  Saints.  It  was  published  bv  Roes,  Lives  of  theCanibio  brltisb 
Saillis,  Llandovcrv,  18)5,  see  pp.  152-155  (translation  p.  455).  The  text  of 
the  above  incident  has  been  also  printed  bv  the  Bollandists,  Acta  Satict., 
vol.  I  for  March,  p.  44,  note  d. 

2.  Cf.  Zimmer,  Kuhn's  Zeit scbr if t,  XXXII,  160. 

5.  Ztschr.  fur  deutsches  Alterthinii,  vol.  XXXIII,  pp.  507-509  (1889). 
The  life  of  St.  .\idan  is  found  in  the  same  MS.  as  that  of  St.  David. 


Barinlus.  ^41 

tion  %  and  ihe  matter,  despite  its  intcrest  bas  not  sincc  been 
discussed. 

I  believe  that  to  undcrstand  the  source  of  this  adventurc 
one  bas  only  to  read  in  tbe  Irisb  Sagas  tbe  accounts  of  tbesea- 
god  Manannân  mac  Lir.  Hc  is  rcgularity  represented  as  riding- 
a  «  sea-borse  »,  and  be  espccially  frequented  tbe  waters  be- 
tween  Wales  and  Ireland'.  Tbis  is  precisely  tbe  scène  of  tbe 
adventure  of  Barri  and  bis  fellow  saints.  We  seem  tbcrefore  to 
be  in  tbe  présence  of  a  local  tradition  wbicb  bas  survivcd  after 
tbe  pagan  god,  its  original  bero  bas  been  forgotten-^. 

Tbere  is  probably  a  spécial  reason  wby  tbis  adventure  is 
found  attacbed  to  Barri.  Barri  or  Barintus  was,  I  venture  to 
suggest,  in  origin,  like  Manannân  a  sea-god  5  wbo  in  tbe 
Welsb  lives  and  in  tbe  Navi^alio  bas  been  cbanged  into  a 
saint. 

To  suppose  tbat  a  pagan  divinity  bas  been  transformed  by 
later  legends  into  a  saint,  is  not  as  difficultet  as  it  may  at  first 
seem.  Tbere  is  an  excellent  parallel  in  one  of  tbe  Mabino- 
gion,  Braniuen  daughter  of  Llyr,  wbere  we  fînd  tbe  old  sea- 
god  Bran,  a  giant  wbo  could  wade  tbrough  tbe  sea  from 
Wales  to  Ireland,   called  Bran  tbe  Blessed  (Bendigeit  Bran). 


1.  Namely,  that  the  épisode  originatcd  in  a  misunderstanding  by  the 
Irish  of  a  Norse  «  kenning  »  according  to  which  the  early  Vikings  some- 
times  called  a  ship  a  «  sea-horse  »  (1.  c,  p.  309). 

2.  In  the  SergUge  Conculaincl,  Windisch,  Irische  Texte,  1880,  I,  225, 
line  22,  he  is  called  the  «  horseman  of  the  hairy  sea  ».  Cf.  Nutt  and 
Mej'er,  The  Voyage  of  Bran,  I,  loflF.  ;  thestory  of  Ciabhan  in  the  Colloquy, 
O'Grady,  Silva  Gadelica,  I,  177  ;  and  the  Second  Battle  of  Moytura,  Revue 
Celtique,  XII,  104:  «  groig  maie  Lir  la  maur-ainfini  »  ;  [nunierous  as] 
«  the  Son  of  Ler's  horses  in  a  sea-storm  ». 

3.  He  was  indecd  tlic  traditional  lord  of  the  Isle  of  Man,  a  place  dimly 
confused  with  the  Otherworld,  by  the  ancient  Celts  dwelling  around  the 
Irish  Sea.  Sec  Henderson,  Fïed  Bricrend,  Irish  Texts  Society,  II,  p.  142. 

4.  Thus  Odin's  «  Wild  Hunt  »  survivcd  with  king  Arthur  as  its  hero. 
See  Freymond.  Arlus  KampJ  mit devi Kat\enungeHïm ,  p.  378-9.  (Fcstschrift 
Grôber,  Halle,  1899). 

5.  The  idca  that  we  hâve  in  Barintus  a  créature  of  the  Otherworld  is  of 
course  not  new.  Henri  Martin,  Histoire,  de  France,  Paris,  1857,  I,  73  con- 
jectured  that  Barintus  was  the  Weisli  Charon  who  conducted  tlie  soûls  of 
the  dead  to  the  underworld.  He  brought  forward  however  no  reasons  for 
his  idea  which  seems  to  havc  been  simply  an  infercnce  from  the  Vita 
Merlin  i. 

Revue  Celtique,  XXII.  23 


^2  Arthur  C.  L.  Brown. 

The  Welsh  triads  explain  that  he  was  a  saint  and  the  introducer 
of  Christianity  into  Britain'. 

Zimmer  bas  shown-  that  Barintus  is  essentially  an  epithet 
or  SLirname.  It  is  the  Irish  Barrfind,  somctimes  writlen  Finn- 
harr,  which  means  «  fair-haired  »  or  more  Hterally  «  white- 
topped  ».  A  name  more  appropriate  for  a  god  of  the  hoary 
sea  would  be  hard  to  iind  3. 

It  seems  highly  probable  then  that  Barintus  was  in  origin  a 
god  of  the  waters,  and  by  conséquence  for  the  early  Celts  a 
god  ofthe  Land  beyond  the  Waves,  the  Happy  Otherworld. 
He  may  hâve  been  a  fellow  deity  to  Mananndn4,  or  he  may 
hâve  been  a  mère  manifestation  of  that  god,  \vho,  noted  for 
his  dehght  in  shape  shifting,  probably  had  différent  names 
according  to  his  différent  appearances  5.  In  the  Imram  Brain^, 
Manannan  is  called  «  the  Fair  Man  »  (Fer  find)  who  rides 
over  the  «  white  sea  »  (tind  frismbein  muir).  In  the  Serglige 
Concidaind,  he  is  «  the  horseman  ofthe  maned  »  (or  «  hairy  ») 
«  sea  »  (Marcach  in  Mara  mongaig)/.  Itisnotthen  difffcult  to 
suppose  that  he  may  hâve  been  known  by  the  epithet  «  Fair- 
haired  »  (Barrind). 

Barintus'  character  as  a  kind  of  sea-deity  well  known  in 
Celtic  legend  once  admitted,  the  explanation  of  ail  that  we 
are  told  about  him  \vorks  out  with  convincing  completeness. 

In  the  Life  of  St.  David,  St.   Barri's   ride   on   horseback 


1.  See  Loth,  Les  Mah'wogioii,  I,  67. 

2.  Zlschr.  fur  dent.  AUerthimi,  XXXIII,  314. 

3.  The  epithet  «  find  »  (white)  is  so  anpropriate  for  a  sea-god,  that 
Meyer  and  Nutt  hâve  suggested  that  the  name  of  Mongan,  the  son  of  Ma- 
nannan, cornes  from  «  Mong-fiind  »  (white  mane).  Voyage  of  Bran,  II, 
29  note. 

4.  finnbarr  occurs  in  theCo//o^Hv(0'Grady,  Silva  GadeUca,  I,  199)  along 
with  Lir  and  Teigue  and  in  the  Book  of  Fermoy  (Todd,  Irish  MS.  Séries, 
R.  I.  A.,  I,  I,  47)  along  with  Manannan  as  the  name  of  a  chieftain  ofthe 
Tûatha  Dé  Danann. 

5.  For  références  to  the  shape-shifting  habits  of  Manannan  see  Meyer 
and  Nutt,  Voyage  of  Bran,  I,  139,  198,  etc.  Mongan  the  reputed  son  of 
Manannan  was  really  only  a  rebirth  ;  the  god  under  another  name. 
«  Orbsen  «,  still  another  name  for  Manannan  was  noted  by  O'Donovan 
(Translation  of  Cormac's  Glossary,  éd.  Stokes,  1868,  p.  114). 

6.  Voyage  of  Bran,  I,  11. 

7.  See  note  above. 


Bjriniiis.  ^4^ 

across  the  sca  is  of  course  simply  a  survival  of  thc  old  sea- 
god's  power  of  riding  the  billows.  The  sea-horse  has  becn 
partly  rationahzed  into  an  ordinary  horse,  permitted  by  the 
miraculous  power  of  the  saint  to  tread  the  sea  as  dry  hmd. 

In  the  Navigalio  Brciuiaui,  the  part  phtyed  b}^  Barintus  is 
quite  parallel  to  that  taken  by  Manannân,  or  by  onc  of  Ma- 
nannan's  fellows,  in  many  Cekic  Otherworld  taies.  In  thèse 
taies  there  is  regularily  an  Otherworld  messenger,  who  sug- 
gests  to  the  hero  the  idea  ofa  marvellous  journey.  Sometimes 
this  mysterious  visitor  is  a  prince'  of  the  Otherworld.  Some- 
times only  an  emissary-  from  such  a  prince  appears.  Once  at 
least  5  the  hero  is  persuaded  to  set  out,  by  the  taie  of  a  prc- 
vious  adventurer,  who  relates  his  expériences,  somewhat  as 
Barintus  does  in  the  Nûvigatio. 

The  Barintus  épisode,  as  it  stands  in  the  Navigatio,  forms 
no  intégral  part  of  the  narrative.  It  is  told  quite  in  the  mys- 
terious style  4  ofa  Celtic  Otherworld  voyage.  One  is  justified 
therefore  in  regarding  it  as  a  confused  survival  of  some  intro- 
ductory  incident  like  those  just  referred  to. 

Tn  the  Fita  Merlini,  Barintus,  who  steers  the  ship  of  Arthur 
toward  the  Otherworld,  appears  to  hâve  been  in  origin  then 

1.  In  the  Echtra  Cormaic  (Windisch  and  Stokes,  Irische  Texte,  III,  i, 
193  ff.)  Manannân,  in  person,  lures  away  Cormac.  In  the  Echtra  Laegaire 
(O'Grady,  Silva  Gadelica,  I,  2)6-7)  Fiachna  himself  invites  Laegaire  to  his 
realm,  So  Arawn  cornes  to  meet  Pwvli  (Loth,  Mabiiiogion,  I,  27  ff.).  And 
Abartach,  disguised  as  the  Gilla  Decair  to  lure  awav  Dermot  (Silva  Gade- 
lica, I,  257  ff.). 

2.  e.  g.  the  «  Summoning  damscl  »  in  the  Voyage  of  Bran  (éd.  Meyer 
and  Nutt,  I,  2,  cf.  page  142). 

3.  In  the  Serglige  Conciilaind  (Windisch,  Irische  Texl:,  I,  218  ff,)  where 
Laeg  relates  his  journey  in  order  to  persuade  CuchuHnn  to  set  out.  Cf. 
Chrétien's  Ivain,  where  it  is  the  taie  of  Calogrenant,  a  previous  adventurer, 
that  incites  the  hero  to  undertake  his  journey  to  the  marvellous  Fountain. 

4.  Mcrnoc  knows  beforehand  of  Barintus'  approach  (a  conimon  incident 
in  the  Otherworld  voyage,  cf.  Voyage  of  Bran,  I,  50,  §  62),  the  two  em- 
bark  in  a  boat  that  awaits  them,  and  that  travels  (there  is  no  mention  of 
oars  or  sails)  through  a  blinding  mist  to  a  marvellous  land.  Cf.  the  boat  of 
glass  in  the  Echtra  Connla  (Windisch,  Kiir:;gefasste  Irische  Grannnatik, 
pp.  1 18-120),  that  of  bronze  in  the  Serglige  Conculaind  {Irische  Texte,  I,  210), 
the  self-moving  boat  connected  with  Mannannàn's  land  in  the  storv  of  Be- 
cuma  (Summary  of  the  Book  of  Lismore  by  Todd,  R.  I.  A.  IrishMS.  Séries, 
I,  I,  38)  and  thc  mist  through  which  Cormac  journcyed  to  reach  Man- 
annân's  «  Fort  »  {Echtra  Cormaic.  Irische  Texte,  III,  i,  195). 


344  Arthur  C.  L.  Bronn. 

a  sea-god,  a  lord  of  the  Land  bcyond  thc  Waves,  who  like 
Mananndn  in  the  taie  of  Ciabhan  conducted  the  voyager  thi- 
ther^  Later  when  his  mvsterious  character  was  forgotten,  he 
was  represented  as  a  pilot,  and  this  was  the  form  of  the  le- 
gend  that  Geoffrey  knew.  The  rationalization  of  a  sea-god 
into  a  famous  navigator,  is  a  sufficiently  natural  process.  \Ve 
hâve  for  it  one  of  the  closest  parallels  imaginable.  The  thing 
happened  very  earl}'  to  the  £imous  Manannân.  In  the  Glossary 
of  Cormac  ^  we  read  : 

«  Manannân  mac  lir,  a  celebrated  merchantwho  was  in  the 
«  Isle  of  Mann.  He  was  the  best  pilot  that  was  in  the  west 
«  of  Europe.  He  used  to  know  by  studying  the  heavens,  i.  e. 
«  by  using  the  sky,  the  period  which  would  be  the  fine  wea- 
«  ther  and  the  bad  weather,  and  when  each  of  thèse  two 
«  times  would  change.  Inde  Scoti  [the  Irish  of  course]  et 
«  Brittones  eum  deum  vocaverunt  maris,  et  inde  filium  maris 
«  esse  dixerunt,  i.  e.  Mac  Lir  «  son  of  sea  »,  et  de  nomine 
«  Manandan  the  Isle  of  Mann  dictus  est.  » 

Substituting  Barrind  for  Manannân,  Geoffrey  might  almost 
hâve  had  thèse  words  under  his  eye  when  he  wrote?  : 

lUuc,  post  bcUuni  Camblani,  vuliierc  lacsum 
Duximus  Arcmrum,  nos  conducentc  Barintlio 
/Eqiiora  cui  fiieraiit,  et  cœli  sydera  nota  ; 
Hoc  rcctore  ratis,  cum  principe,  veninius  illuc. 

Paris,  July  1901. 

Arthur  C.  L.  Browx. 


1.  In  the  Colloquy  (O'Grad)',  Silva  Gadelica,  I,  177).  Manannân  appears 
to  thc  voyagers  who  are  on  the  point  of  being  ship-wrecked  in  a  tempest. 
He  takes  them  upon  a  dark-grey  steed,  which  he  is  riding,  and  conducts 
them,  and  their  boat,  to  Tir  Tairngiri. 

2.  I  employ  O'Donovan's  translation  (éd.  Stokes,  Qilcutta,  1868,  p.  114) 
which  is  based  on  the  tcxt  of  Stokes,  Tbree  Irish  Glossarics,  London,  1862, 
p.  31.  Where  the  original  is  in  Latin  I  hâve  allowed  it  to  stand. 

3.  Vita  Merlitti,  éd.  Michel,  p.  57,  verse  930  û. 


CHRONIQUE 


SOMMAIRE:  1,  M.  J.  Loth,  docteur  de  l'Université  de  Glasgow.  —  II.  Comparaison 
par  M.  S.  Reinach  devers  de  Ciaudien  à  des  vers  de  Properce.  —  III.  W.  Rid- 
geway,  The  early  Age  of  Greece.  —  IV  La  légende  de  Lancelot  du  Lac  étudiée  par 
M.  Jessie  L.  Weston.  —  V.  La  femme  de  Bath,  origine  de  ce  conte  par  M.  G. -H. 
Maynadier.  —  VI,  Mémoires  de  MM.  Kuno  Meyer  et  Baring  Gould  dans  le  Cym~ 
mrodor,  t.  XIV.  —  VII.  Les  jeux  dans  le  [comte  d'Argyle,  ouvrage  de  M.  Robert 
Craig  Maclagan.  —  VIll.  Ktudes  de  numismatique,  t.  U,  par  M.  Adrien  Blanchet. 

—  IX.  Le  Borama  traduit  en  irlandais  moderne  par  M.  T.  0.  Russel.  —  X.  Le  roi 
et  l'hermite,  par  M.  Kuno  Meyer.  —  XI.  La  métrique  galloise,  t.  II,  par  M.  J.  Loth. 

—  XII.  Mémoire  sur  l'église  celtique,  par  M.  H.  Zimmer  dans  le  t.  X  de  la  Real- 
encyclopaedie  fur  protestantische  Théologie  und  Kirche,  troisième  édition.  — 
XIII.  Mort  de  l'evêque  d'Oxford  William  Stubbs.  —  XIV.  Publication  prochaine  de 
textes  gallois.  —  XV.  M.  R.  Atkinson,  président  de  l'Académie    royale  d'Irlande. 

—  .XVI.  Le  second  volume' du  Keallexicon  dcr  indogermanischen  Altcrtiimcr.  — 
XVII.  Étymologies  bretonnes,  par  M.  V.  Henry;  Études  sur  les  adverbes  irlandais, 
par  M.  R.  Thurneysen.  —  XVIII.  Annonce  d'une  publication  prochaine  de  M.Tito 
Zanardelli.  —  XIX.  La  plus  ancienne  inscription  lapidaire  romaine  de  la  Gaule.  — 
XX.  Nomination  de  M.  Arthur  C.  L.  Brown  à  l'Université  de  Wisconsin.  —  Post- 
scRiPTUM.  Le  vallum  Hadriaiii,  et  la  Holy  Island. 

I. 

L'Université-  de  Glasgow  vient  de  décerner  le  titre  de  docteur  en  droit, 
honoris  causa,  à  notre  savant  collaborateur,  M.  J.  Loth,  doyen  de  la  Faculté 
des  Lettres  de  Rennes. 

IL 

En  séance  de  l'Académie  des  Inscriptions  et  Belles-Lettres,  le  5  du  pré- 
sent mois  de  juillet,  M.  Salomon  Reinach  a  cité  les  vers  77-82  de  Ciaudien  : 
De  bi'llo  Pollen  ti  110  : 

Aspice  Roma  tuum  jam  vertice  celsior  hostem; 
Aspice  quam  rarum  referens  inglorius  agmen, 
Italia  detrusus,  eat,  quantumque  priori 
Dissimilis,  qui  cuncta  sibi  cessura  ruenti 
PoUicitus,  patrii  numen  juravcrat  Histri, 
Non  nisi  calcatis  loricani  ponere  rostris '. 

I.  Edition  donnée  chez  Teubner  par  Louis  Jeep  (1879),  t.  II,  p.  7. 


546  Chroniijui. 

«  Vois,  o  Rome,  en  relevant  la  tète,  vois  ton  ennemi  :  combien  sont  peu 
«  nombreux  les  débris  d'armée  que  sans  gloire  il  ramène,  chassé  d'Italie. 
«  Quelle  différence  entre  sa  retraite  et  son  arrivée  violente,  quand  il 
((  croyait  que  tout  céderait  devant  lui  ;  lui  qui  avait  promis  par  serment  au 
«  dieu  Danube,  son  père,  de  ne  pas  déposer  la  cuirasse  avant  d'avoir  à 
«  Rome  foulé  aux  pieds  la  tribune  aux  harangues  !  » 

Ce  fils  du  Danube  est  le  roi  goth  Alaric,  battu  par  Stilicon  à  Pollcntia  le 
6  avril  402. 

Le  passage  de  Claudien,  que  nous  venons  de  reproduire,  doit,  comme  l'a 
dit  M.  Salomon  Reinach,  être  rapproché  des  vers  59-42  de  Properce,  IV, 
10,  où  il  est  rapporté  que  le  roi  belge  Virdomarus  se  vantait  d'être  fils  du 
Rhin  : 

Claudius  a  Rheno  '  trajectos  arcuit  hostes, 

Belgica  cui  vasti  parma  relata  ducis 
Virdumari  ;  genus  hic  Rheno  jactabat  ab  ipso 

Nobilis-  erectis  5  fundere  gaesa  rôtis. 

«  Claude  repoussa  les  ennemis  venus  des  bords  du  Rhin  sous  les  ordres 
«  d'un  chef  à  la  haute  taille  portant  un  bouclier  belge:  c'était  Virdomarus, 
«  qui  se  vantait  de  descendre  du  Rhin,  et  qui,  fier  de  cette  noblesse,  du 
«  haut  de  son  char  aux  roues  élevées,  lançait  des  javelots.  » 

M.  Max  Rothstein,  dans  son  édition  de  Properce  (t.  II,  Weidmann, 
1898,  p.  304),  remplace  au  troisième  vers  iî/;t'«o  par  Bremio  et  prétend  que, 
suivant  Properce,  Virdomarus  se  vantait  de  compter  parmi  ses  aïeux 
Brennus,  vainqueur  des  Romains  à  la  bataille  de  l'Allia.  Le  savant  alle- 
mand rapproche  des  vers  de  Properce  ceux  de  Silius  Italiens,  IV,  1 50-1 31  ; 
suivant  Silius,  Crixus,  chef  des  Boit  pendant  la  seconde  guerre  punique,  se 
disait  descendant  de  Brennus,  qui  d'après  lui  avait  pris  le  capitole  : 

Ipse  tumens  atavis  Brenni  se  stirpe  ferebat, 
Crixus  et  in  titulos  Capitolia  capta  trahebat. 

M.  Max  Rothstein  suppose  que  ces  vers  de  Silius  Italiens,  premier  siècle 
de  notre  ère,  ont  été  inspirés  par  le  passage  précité  de  Properce,  auteur  du 

1.  Eridanuin,  conjecture  d'érudit,  admise  contrairement  à  la  leçon  des 
manuscrits  par  M.  Lucien  Mùller  dans  son  édition  donnée  chez  Teubner 
en  1864,  p.  115. 

2.  Kobilis,  correction  à  la  leçon  des  mss.  qui  portent  niobilis  ;  elle  a  été 
adoptée  par  M.  Lucien  Mùller  dans  l'édition  précitée  et  par  M.  Emile 
Baehrens  dans  son  édition  donnée  chez  Teubner,  1880,  p.  192.  yobilis 
complète  la  pensée  exprimée  dans  le  vers  précédent. 

5.  Erectis,  le  mot  que  la  plupart  des  éditeurs  ont  conclu  des  diverses  le- 
çons offertes  par  les  mss.,  a  été  conservé  par  M.  Lucien  Mùller  et  rem- 
placé arbitrairement  part'  veclis  en  deux  mots  dans  l'édition  de  M.  E.  Baeh- 
rens, par  evectis,  en  un  mot,  dans  celle  de  M.  Rothstein. 


chronique.  J47 

siècle  prcccdont  ;  mais  cette  hypothèse,  toute  ingénieuse  qu'elle  est,  ne 
suffit  pas  pour  ruiner  l'autorité  des  manuscrits,  dans  lesquels  on  lit  le  nom 
du  fleuve,  et  pour  permettre  de  substituer  à  ce  nom  de  fleuve  un  nom 
d'homme.  Je  crois  donc  être  en  droit  de  maintenir  ce  nom  de  fleuve,  comme 
je  l'ai  fait  dans  les  comptes  rendus  de  l'Académie  des  Inscriptions  en  1889 
(p.  m),  et  comme  l'a  fait  depuis  M.  Birt,  Rhcinisches  Muséum,  51,  528, 
ainsi  que  le  rappelle  M.  Max  Rothstein  dans  un  appendice  au  tome  II  de 
son  édition,  p.  380.  En  se  plaçant  au  point  de  vue  de  l'histoire  littéraire,  on 
peut  opposer  au  texte  de  Silius  Italiens  celui  de  Claudien,  comme  l'a  fait 
avec  grande  raison  M.  Salomon  Reinach.  M.  Max  Rothstein  prétend  que 
Brennus  était  à  Rome  plus  connu  que  le  Rhin  ;  il  oublie  les  deux  passages 
du  Rhin  par  Jules  César  en  55  et  en  53  ;  les  vers  de  Properce  sont  posté- 
rieurs à  ces  deux  faits  militaires. 

Je  dois  à  M.  Reinach  une  autre  observation  :  Belgica  paniia,  bouclier 
belge,  s'accordant  avec  la  mention  du  Rhin,  nous  autorise  à  reconnaître 
dans  les  chars  de  guerre  tirés  des  tombes  gauloises  de  Champagne,  c'est- 
à-dire  d'une  partie  de  la  Belgique  antique,  le  modèle  du  char  de  Virdo- 
marus.  Les  roues  de  ces  chars  avaient  quatre-vingt-seize  centimètres  environ 
de  diamètre.  Ces  roues  étaient  donc  hautes,  eieclis,  mettant  la  surface  du 
plancher  du  char  à  cinquante  centimètres  au  moins  au-dessus  du  sol  ;  nous 
voj'onssurce  plancher  s'élever  le  grand  corps  du  guerrier  gaulois  qui,  do- 
minant ainsi  les  petits  fantassins  romains,  se  met  à  pratiquer  sur  eux  le  jet 
plongeant  de  ses  ]di\' t\ox.s,  fundere  gaesa.  C'est  un  premier  tableau,  auquel 
succède  celui  de  la  défaite.  Un  coup  de  lance  ou  d'épée  reçu  dans  le  ventre, 
fait  couler  des  flots  de  sang  sur  la  culotte  rayée  du  guerrier  gaulois  ;  le 
Romain  vainqueur  lui  tranche  la  tête,  et,  du  cou  de  Virdomarus,  tombe  le 
collier  d'or  qui  l'ornait  : 

lUi  virgatas  maculanti  sanguine  bracas 
Torquis  ab  incisa  decidit  unca  gula. 


m. 

En  1891,  ]a  Rexnie  Celtique  (t.  XIII,  p.  406-407)  a  fait  à  son  point  de 
vue  spécial  le  compte  rendu  d'un  savant  ouvrage  de  M.  W.  Ridgeway:  The 
origin  of  metallic  currency  and  lueight  standard.  L'auteur,  alors  professeur  de 
grec  au  collège  de  la  reine  à  Cork,  en  Irlande,  est  depuis  devenu,  par  un 
avancement  mérité,  professeur  d'archéologie  à  l'Université  de  Cambridge. 
Je  prends  plaisir  à  le  dire,  bien  que  le  compte  rendu  publié  dans  la  Revue 
Celtique,  et  dont  je  suis  l'auteur,  ne  contienne  que  des  critiques  ;  je  le  dis, 
quoique  de  ces  critiques  je  n'aie  rien  à  retirer.  M.  Ridgeway  vient  de  donner 
au  monde  savant  un  nouvel  ouvrage  qui  est  comme  le  précédent  fort  ins- 
tructif et  qu'a  imprimé  la  presse  universitaire  de  Cambridge  ;  le  titre  est: 
The  caily  âge  oj  Greece,  t.  I.  Ce  travail  est  divisé  en  dix  chapitres,  les  deux 
premiers  consacrés  à  la  période  mycénienne  ou  période  du  bronze,  les  trois 


348  Chronique. 

suivants  à  une  ctucio  gcncrale  sur  la  période  homérique,  celle  du  premier 
âge  du  fer  où  l'emploi  du  bronze  est  encore  fréquent.  Après  ces  généralités 
viennent  cinq  chapitres  concernant  chacun  un  sujet  spécial  :  chap.  vi,  bou- 
clier rond;  chap.  VII,  inhumation,  crémation,  âme;  chap.  viii,  fibule; 
chap.  IX,  fer;  chap.  x,  dialecte  homérique. 

Le  chapitre  iv,  intitulé  :  D'où  vinrent  les  Achéens?  «  Whence  came  the 
Achaeans?  »  contient  de  nombreuses  pages  où  les  Celtes  apparaissent,  mais 
l'auteur  a  pour  principe  de  ne  pas  tenir  compte  des  travaux  des  linguistes, 
comme  il  le  dit,  p.  352  ;  il  est  donc  évident  que  je  me  trouverai  souvent  en 
désaccord  avec  lui.  Ainsi  M.  Ridgcway,  p.  570,  ne  veut  pas  admettre  que 
nous  appelions  celtiques  les  langues  des  Bretons,  des  Gallois,  des  Irlandais 
des  Highlanders  d'Ecosse,  parce  que,  dit-il,  un  grand  nombre  des  individus 
qui  parlent  ces  langues  ont  les  cheveux  noirs  ;  il  est  très  douteux,  ajoute-t-il, 
que  le  terme  de  celtique  puisse  proprement  s'appliquer  au  gaélique.  Je  suis 
d'une  opinion  opposée.  Cependant  je  ne  trouve  rien  à  redire  à  ce  que 
M.  Ridgevvay  raconte  :  i^  des  Gaulois  établis  entre  le  Rhin  et  l'Océan, 
p.  372,  573  ;  2°  des  Scordisci,  des  Gaulois  de  Thrace,  de  ceux  d'Asie  Mi- 
neure, aux  pages  578  et  suivantes,  sauf  un  point  :  M.  Ridgeway  prétend, 
p.  373,  386,  593,  que  le  Druidisme  était  une  institution  qui,  sur  le  conti- 
nent, entre  le  Rhin  et  l'Océan,  avait  précédé  l'arrivée  des  Celtes  ;  or  César 
dit  le  contraire,  disciplina  in  Britaiinia  repcrta  atquejude  in  Galliam  translata 
esse  existimatur.  Ainsi  le  druidisme  a  été  trouve  dans  les  Iles-Britanniques 
par  les  Gaulois  conquérants  probablement  vers  le  iii^  siècle  avant  J.-C.  et 
apporté  par  eux  en  Gaule. 

je  ne  puis  davantage  admettre  la  confusion  des  Celtes  avec  les  Cimbres 
qui  sont  des  Germains,  comme  nous  l'apprennent  :  Jules  César,  De  bdlogal- 
lico,  1.  I,  c.  40,  §  5  ;  Pline  le  naturaliste,  1.  IV,  §  99  ;  Tacite,  Historiée, 
1.  IV,  c.  73,  et  Gcrmania,  c.  37.  Cette  confusion  est  faite  par  M.  Ridgeway, 
p.  390  et  suivantes.  Il  ne  se  borne  pas  là.  De  ce  que  *ij.îar,a£v.o;  s'est  réduit 
à  u.îar|;ji6p'.o;,  avec  production  d'un  b,  il  conclut  que  y.'.|i.a£'p'.o;,  vue  siècle 
avant  J.-C.  a  dû  se  changer  en  x:;i.Cpo;,  forme  qui  apparaît  à  la  fin  du 
ije  siècle  avant  J.-C.  D'où  la  conséquence  que  les  Cimbres  étant  Celtes, 
les  Cimmériens  le  sont  aussi.  Certains  savants  grecs  ont  en  effet  admis 
l'identité  des  Celtes  et  des  Cimmériens,  mais  de  là  il  n'y  a  rien  à  conclure, 
si  ce  n'est  que  ces  savants  grecs,  moins  bons  archéologues  que  M.  Ridgeway, 
étaient  de  médiocres  linguistes. 

M.  Ridgeway  est  professeur  d'archéologie  ;  quand  il  parle  d'archéologie, 
il  est  dans  son  domaine.  Ses  comparaisons  entre  l'art  celtique  et  l'art  grec 
sont  pleines  d'intérêt.  Citons  par  exemple  les  boucliers  ronds  d'Angleterre, 
d'Ecosse  et  d'Irlande  (planches  86-91,  95,  100),  qui  sont  rapprochés  des 
«  boucliers  ronds  »  ôlitJ.oi-  ïj'-xj/.àoi  de  V Iliade. 

La  traduction  du  grec  îjV.yy.Xo;  par  >.<.  rond  »  n'est  pas  acceptée  par  tout  le 
monde  ;  elle  paraît  rejetée  par  M.  Ebeling  (Lexicon  homericum,  t.  I,  p.  500). 
Elle  n'est  qu'à  moitié  acceptée  par  M.  Buchholz  (Honierische  Realien,  t.  II, 
p.  362),  qui  propose  «  rond  »  ou  «  ovale  »  ;  mais  M.  W.  Helbig,  L'épopée 
homérique,  p.  403,  admet  la  coexistence  en  fait  du  bouclier  ovale  et  du  bou- 


chronique.  349 

clier  rond  dans  le  monde  homérique,  et  traduit  cjV.jxXo;  par  ortie  de  cercles 
ou  de  hvides  circulaires. 

Les  planches  du  chapitre  vni,  affecté  aux  broches  ou  fibules,  contiennent 
de  nombreux  exemples  de  fibules  trouvées  en  Grande-Bretagne,  en  Irlande 
et  en  France,  et  par  conséquent  probablement  celtiques. 

Quant  au  chapitre  vu  «  inhumation,  crémation,  âme  »,  c'est  un  recueil 
de  notes  fort  intéressant  à  lire,  mais  il  n'est  pas  rédigé;  c'est  dans  le  livre 
de  M.  Ridgeway  un  défaut  général,  ici  plus  apparent  qu'ailleurs. 

Au  résumé,  il  y  a  dans  l'ouvrage  de  M.  Ridgeway  une  grande  quantité 
de  notions  archéologiques  importantes  ;  mais  au  point  de  vue  linguistique 
son  travail  est  d'une  excessive  faiblesse;  citons,  pour  finir,  un  exemple,  c'est 
une  note  de  la  page  244,  où  M.  Ridgeway  déclare  que  nous  ignorons 
quelle  langue  parlaient  les  Phéniciens,  et  exprime  son  regret  qu'un  grand 
homme  comme  M.  Mommsen  ait  cru  que  le  phénicien  était  un  dialecte  sé- 
mitique (Roemische  Geschichte,  6'^  édition,  1874,  t.  I,  p.  127  ;  traduction  an- 
glaise, t.  I,  p.  136). 


IV. 

La  Griiinn  Library,  publiée  par  la  maison  David  Nuit  de  Londres,  vient 
de  s'enrichir  de  deux  volumes,  tous  deux  intéressants  au  point  de  vue  des 
études  celtiques.  Le  premier,  le  n"  12  de  la  collection,  traite  de  la  légende 
de  Lancelot  du  Lac;  il  a  pour  auteur  M.  Jessie  L.  Weston.  Suivant 
M.  Jessie  L.  Weston,  il  faut  dans  l'étude  de  cette  légende  prendre  pour 
point  de  départ  l'hvpothèse  d'un  lai  breton,  racontant  le  vol  d'un  fils  de  roi 
par  une  fée  qui  habitait  un  lac  ;  cette  légende  mythique  fut  ensuite  déve- 
loppée à  l'aide  d'autres  légendes  qui  originairement  n'avaient  aucune  rela- 
tion avec  elle;  M.  Jessie  L.  Weston  connaît  les  travaux  des  romanistes  qui 
se  sont  occupés  de  la  légende  de  Lancelot  et  des  légendes  connexes  : 
M.VL  Paulin  et  Gaston  Paris,  F.  Lot.  J.  Loth  en  France,  Foersteret  Zimmer 
en  Allemagne,  J.  Rhys  et  A.  Nutt  en  Grande-Bretagne.  Son  livre,  peut- 
être  moins  savant  que  celui  de  M.  Ridgeway,  est  beaucoup  mieux  composé. 


Le  no  15  de  la  Giimm  Library  a  pour  objet  le  conte  de  la  femme  de  Bath, 
les  sources  de  ce  conte  et  les  contes  analogues,  The  IVife  of  Balb's  Taie,  its 
Sources  and  Analogues.  L'auteur  du  volume  est  un  Américain,  M.  G. -H.  May- 
nadier,  maître  d'anglais  à  Harvard  University.  On  doit  à  Chaucer,  le  cé- 
lèbre poète  anglais  du  xive  siècle,  une  rédaction  du  conte  dont  il  s'agit. 
Dans  ce  conte,  une  vieille  fée  fort  laide  se  fait  donner  un  baiser  par  un 
jeune  homme  et  tout  d'un  coup  se  trouve  transformée  en  une  jeune  et 
jolie  femme.  D'accord  avec  MM.  Whitley  Stokes  et  Alfred  Nutt,  M.  May- 
nadier  pense  que  la  forme  la  plus  ancienne  de  ce  thème  est  irlandaise.  Le 
texte  le  plus  vieux,  où  on  le  rencontre,  est  un  poème  en  324  vers  de  Cuan 


^^o  Chronicjuc. 

hua  Lothchain,  mort  vers  l'année  1024  au  plus  tard  '.  Ce  poème,  qui  com- 
mence par  les  mots  Temair  Breg  bah  na  fiaii  «  Tara  dans  la  plaine  de  Breg, 
demeure  des  héros  »  se  trouve  dans  le  fac  similé  du  Livre  de  Leinster 
publié  par  M.  R.  Atkinson,  p.  35-3).  La  partie  qui  concerne  la  légende  en 
question  commence  à  la  p.  54,  col.  i,  1.  21.  Dans  ce  poème  le  jeune 
homme  dont  il  s'agit  est  Niall  aux  neuf  otages,  noigiallach,  plus  tard  roi 
suprême  d'Irlande,  qui  serait  mort  en  l'an  405  de  notre  ère  dans  une  expé- 
dition en  Grande-Bretagne  2.  Eochaid,  son  père,  roi  suprême  avant  lui, 
avait  cinq  fils,  quatre  mis  au  monde  par  sa  femme  légitime,  Mongfinn,  nom 
qui  veut  dire  «  à  la  belle  chevelure  »,  tandis  que  le  dernier,  Xiall,  né  d'une 
captive,  était,  par  là-même,  exclu  de  tout  droit  à  la  succession  paternelle. 
Niall  donna  un  baiser  à  une  fée  vieille  et  hideuse  que  ce  baiser  transforma 
en  une  jeune  et  charmante  femme,  et,  grâce  à  ce  baiser,  il  devint  roi  su- 
prême d'Irlande  au  préjudice  de  ses  qtiatre  frères.  M.  Standish  Hayes 
O'Grady  a  publié  et  traduit  une  version  de  cette  histoire  en  1892  dans  la 
Silva  Gaddica  (t.  I.  p.  528-330  ;  t.  II,  p.  370-573),  d'après  le  livre  de  Bal- 
lymote  qui  remonte  à  la  fin  du  .xivc  siècle  ;  et  M.  Whitley  Stokes,  en  1897, 
au  tome  III  des  Irischc  Texte,  p.  516-525,  a  reproduit  et  mis  en  anglais  une 
histoire  semblable,  quoique  les  noms  propres  y  soient  différents,  et  cela 
d'après  un  ms.  de  la  fin  du  xv*^  siècle  5. 

Pour  l'étude  des  textes  irlandais,  M.  Maynadicr  a  eu  le  concours  de  son 
collègue,  M.  F.-N.  Robinson,  professeur  à  la  Harvard  University,  Cambridge, 
Massachusetts,  États-Unis.  M.  Robinson  doit  publier  ces  textes  avec  tra- 
duction, notes,  introduction  et  glossaire  dans  un  prochain  volume  de  la 
Griuim  Library,  éditée  par  la  maison  David  Nuit,  de  Londres. 

VI. 

Le  plus  important,  à  nos  yeux,  des  mémoires  contenus  dans  le  tome  XIV 
du  Cymmrodor  qui  vient  de  paraître,  est  dû  à  M.  Kuno  Meyer.  Il  a  pour 
objet  un  texte  irlandais  que  nous  ont  conservé  deux  mss.  de  la  BibHothèque 
Bodléyenne  d'Oxford,  cotés  l'un  Laud  610,  l'autre  Rawlinson  B  502.  Dans 
le  premier  (fol.  99 i  2),  le  titre  est:  De  causis torche  na  ii-Desi  .i.  acuis  toirge 
nan-Dèsse,  fol.  99;  dans  le  second  (fol.  720  2):  Tairired  na  n-Dessi  inso, 
ar  achoibnejri  Fotharto  ;  ociis  balar  trichj/7  Wiadan  la  Laigniu.  Le  premier 


1.  Annales  de  Tigernach,  publiées  par  Whitley  Stokes,  Revue  Celtique, 
t.  XVII,  p.  564;  cf.  Hennessy,  Anuals  cf  Uhter,  t.  I,  p.  5 52-) 5 5;  Chro- 
iiicon  Scoioruiii,  p.  264-265;  Aimais  oj  the  Four  Masters,  éd.  O'Donovan, 
t.  Il,  p.  806-807;  Anuals  of  Clonmacnoise,  éd.  Murphy,  p.  175.  Sur  Cuan 
O'Lotlichain,  vovez  O'Curry,  On  the  Mauners  and  customs  of  the  aucient 
Jrish,  t.  II,  p.  156-149. 

2.  Annales  des  Q.uatre  Maîtres,  édition  d'O'Donovan,  t.  L  p.  126-127. 
Flaithiusai  Ercud,  dans  le  Livre  de  Leinster.  p.  24,  col.  i,  1.  57-58. 

3.  On  verra  plus  bas,  p.  563-364,  article  VIII  des  Périodiques,  quelle 
est  vraisemblablement  la  raison  qui  fit  décerner  la  royauté  à  Niall. 


Chronique.  551 

titre  peut  être  traduit  par  «  Causes  de  rcxpcdition  dos  Dessi  »,  le  second 
par:  «  Ici  sont  racontées  les  migrations  que  firent  les  Dessi  à  cause  de 
«  leur  parenté  avec  les  Fothairt  ;  ils  furent  trente  ans  en  Leinster.  «  M.  Kuno 
Mever  donne  la  leçon  du  second  manuscrit  et  met  en  note  les  variantes  du 
premier;  le  texte  irlandais  avec  une  traduction  anglaise  occupe  les 
pages  104-155.  A  la  page  112,  §  11,  est  mentionné  un  établissement  irlan- 
dais ht  crich  Deined,  c'est-à-dire  dans  le  pays  de  Galles  comtés  de  Cardigan, 
Carmarthen  et  Pembroke,  à  la  page  118,  §  18,  apparaît  du  vin,  fi'ii,  venant 
a  ti'rib  Gall,  c'est-à-dire  des  terres  des  Gaulois  ;  Gaulois  est  le  sens  primitif 
du  mot  Gcill  en  irlandais  avant  que  ce  terme  fût  employé  pour  désigner  les 
Scandinaves.  Les  événements  racontés  dans  le  document  publié  par 
M.  K.  Meyer  eurent  lieu  sous  le  règne  du  roi  suprême  d'Irlande  Cormac 
mac  Airt.  Suivant  les  Annales  des  Quatre  Maîtres,  Cormac  aurait  régné 
quarante  ans,  de  227  à  266;  à  son  avènement  il  aurait  été  contemporain  de 
l'empereur  romain  Alexandre  Sévère  ;  il  serait  mort  pendant  le  règne  de 
Gallien.  C'est  aussi  à  peu  près  la  doctrine  des  Annales  de  Tigernach  (voir 
l'édition  donnée  par  M.  Wliitley  Stokes,  Revue  Celtique,  t.  XVII,  p.  12-20), 
qui  mettent  l'avènement  de  Cormac  sous  le  règne  d'Héliogabale,  prédéces- 
seur d'Alexandre  Sévère  et  qui  le  font  régner  quarante-deux  ans  au  lieu  de 
quarante  seulement. 

Nous  signalerons  aussi  dans  ce  volume  (p.  86-93)  un  mémoire  du  Rév. 
S.  Baring  Gould  sur  la  vie  d'un  saint  gallois  appelé  dans  les  vies  latines 
Kcpiiis  ou  Kebiits  > .  Suivant  les  Bollandistes,  ce  saint  vivait  au  iv*:  siècle  ; 
mais  il  faut  dire  vi^  siècle  2  ;  le  grand-père  de  Kepius  mourut  en  522  ;  Kepius 
alla  en  Irlande  se  placer  sous  la  direction  de  saint  Ende?  qui  vécut  jusqu'en 
5424;  il  fut  contemporain  de  Maelgwn,  roi  gallois  de  Gwynedd,  mort 
en  547  s,  et  même  il  lui  survécut;  M.  Baring  Gould  met  la  date  delà 
mort  de  saint  Kepius  en  554.  Ce  mémoire  de  M.  Baring  Gould  me  semble 
fort  bien  composé,  je  ne  reprocherai  qu'une  chose  à  l'auteur,  c'est  de  ne 
pas  donner  de  citations  précises  des  textes  sur  lesquels  il  s'appuie. 

VII. 

Là  Folklore  Society  vient  de  publier  un  ouvrage  de  M.  Robert  Craig  Mac- 
lagan  sur  les  jeux  actuellement  usités  dans  le  comté  d'Argyle,  en  Ecosse  : 
The  Games  aud  Diversions  of  Argyleshire.  Quelques  uns  de  ces  jeux  remontent 
à  une  date  fort  ancienne,  tel,  pages  24  et  suivantes,  un  jeu  de  balle  où  la 


I.  Bihliotheca  hagiographica  latina  der  Bollandistes,  p.  693,  n"^  4639-4641. 
^2.   Cf.  Bibliothcca  hisloiica  iiieJii ctevi,  t.  II,  p.  141  3. 

5.   Enna  dans  la  vie  latine  de  saint  Kepius,  publiée  par  Rces,  Lives  of  tbe 
Cauibro-british  Saints,  p.  184. 

4.  Bibliothica  hagiogniphica  latina,  p.  382,  no  2543  ;  cf.  Bibliotheca  histo- 
rien inedii  aevi,  2^  édition,  t.  II,  p.  1290. 

5.  Lives  of  Ihe  Cambro-british  saints,  p.  186  ;  cf.  Annales  Canibriae,  pu- 
bliées par  John  Williams  ab  Ithel,  p.  4. 


5  52  Chionicjuc. 

balle  est  lancée  au  moyen  d'un  bâton  appelé  ciiman,  une  sorte  de  raquette 
celtique;  ce  jeu  s'appelle  en  Argyle  citmauachd,  nom  dérivé  de  ciiman  ;  or, 
une  glose  du  Senchus  Môr  (Aucieiit  Laïus  and  Instilutes  of  Ireland,  t.  II, 
p.  147)  parle  des  cuman  dont  se  servait  le  fils  du  roi  d'Irlande,  dit  qu'ils 
étaient  ornés  de  laiton,  creduma,  tandis  que  les  ornements  des  autres  cuman 
étaient  de  cuivre,  uma.  La  plus  ancienne  notation  de  cuman  est  camman  : 
il  est  question  de  ce  bâton  à  lancer  les  balles  {bent  stick  for  hiirling  suivant 
O'Rcillv)  dans  le  récit  du  premier  des  exploits  de  Cùchulainn  enfant,  Livre 
de  Lcinster,  p.  62,  col.  i,  1.  46-47:  gchid  a-chammdn  creduma,  que 
E.  O'Curry,  On  ihe  vtanvers,  t.  II,  p,  559,  a  traduit  par:  He  took  ...  his 
red-honic  Hurl.  M.  Maclagan,  après  avoir  donné  ce  texte  en  anglais  sans 
renvoi  à  l'édition,  cite,  p.  37,  un  autre  passage  de  la  même  composition 
épique  et  reproduit  ce  passage  d'après  le  Livre  de  Leinster,  mais  sans  dire  le 
numéro  de  la  page,  qui  est  63,  1.  55-45;  or,  dans  ce  passage,  le  mot 
camman  ne  se  trouve  pas  ;  le  texte  irlandais  que  M.  Maclagan  aurait  dû  re- 
produire est  le  précédent  qu'il  s'est  borné  à  rendre  en  anglais. 

La  légende  de  Cùchulainn  n'est  pas  la  seule  à  laquelle  nous  fasse  re- 
monter le  livre  de  M.  Maclagan  ;  celle  de  Finn  y  apparaît,  p.  179-180. 

Le  Dindsenchas  publié  par  M.  Whitley  Stokes  y  est  cité,  p.  231,  mais 
M.  Maclagan  ne  dit  pas  où  l'on  peut  trouver  le  texte  en  question,  qui  a  paru 
dans  la  Revue  Celtique,  t.  XV,  p.  555.  Probablement  M.  Maclegan  dira: 
M.  d'Arbois  est  un  critique  désagréable,  je  lui  ai  fait  perdre  du  temps  à 
chercher  les  textes  que  je  cite,  tant  mieux,  c'est  ma  vengeance. 

VIII. 

Le  tome  second  des  Études  de  numinastique  de  M.  Adrien  Blanclict,  Paris, 
Leroux  et  Feuardent,  1901,  est  un  recueil  d'articles  insérés  par  l'auteur  dans 
diverses  publications,  de  1895  à  1900.  Quelques-uns  de  ces  articles  ont 
rapport  aux  études  celtiques  ;  trois  concernent  des  trouvailles  de  monnaies 
gauloises  :  1°  à  Pomarez  (Landes),  en  1892,  p.  13-19  ;  2°  dans  diverses  lo- 
calités du  Sud-Ouest  de  la  France,  1827- 1892,  p.  220-225  ;  5°  à  Francueil 
(Indre-et-Loire),  1900,  p.  229-251.  Dans  un  autre  mémoire,  p.  280-282, 
M.  Blanchet  donne  la  liste  des  travaux  les  plus  importants  dont  les  monnaies 
celtiques  ont  été  l'objet  de  1892  à  1897.  Citons  aussi,  p.  95-104,  une  étude 
sur  deux  pièces  inédites  de  Tetricus  et  de  son  fils. 

IX. 

Un  Irlandais,  M.  T.  O.  Russel,  voudrait  vulgariser  parmi  ses  compa- 
triotes les  textes  moyen-irlandais  que  publient  les  linguistes  et  que  les  Ir- 
landais d'aujourd'hui  ne  comprennent  pas  sans  difficulté.  Il  a  entrepris  de 
les  traduire  en  irlandais  moderne.  Il  vient  de  m'adresser  un  petit  volume 
où  se  trouve  arrangé  par  lui  le  texte  du  Borama  publié  par  M.  Whitley 
Stokes  dans  la  Ret'ue  Celtique,  t.  XIII,  p.  56-117. 

Le  texte  du  Livre  de  Leinster,  que  M.  Whitley  Stokes  a  reproduit,  débute 


Clironiquf.  555 

par  les  mots  :  Ard-ri  rogab  for  Heriiin  ;  «  Il  y  avait  un  roi  suprême  qui  do- 
«  minait  en  Irlande  »  ;  M.  T.  O'Russel  écrit:  Do  ghabb  drd  righ  ar  Eirinn. 
Citons  aussi  la  phrase  irlandaise  qui  veut  dire  «  C'est  ce  Tuathal  qui  s'em- 
para de  l'Irlande  par  force.  »  On  lit  dans  le  Livre  de  Leinster:  Is  e  in  Tua- 
tlxil  sain  rogab  Herinn  ar-écin  ;  chez  M.  Russel  :  Is  è  an  Tuathal  sin  do  gbabh 
Etre  ar  éigean.  Il  y  a  là  matière  à  une  intéressante  étude  grammaticale. 

X. 

Guaire  mac  Colmain,  dit  ordinairement  Guaire  Aidnc,  fut  roi  de  Con- 
naught  au  vii«  siècle.  Il  avait  un  frère  nommé  Marban  qui  s'était  fait  moine. 
Marban,  servant  de  conseiller  à  Guaire,  lui  indiqua  le  moyen  de  se  débar- 
rasseï  de  la  légendaire  «  lourde  compagnie  »,  Iroinddm,  dont  l'histoire  est 
une  sorte  de  préface  au  Tdin  hô  Ctiaihtgi'.  M.  Kuno  Meyer  vient  de  faire 
paraître  une  jolie  brochure  de  30  pages  -  contenant  trois  poèmes  dont  le 
premier  est  une  conversation  entre  Marban  et  Guaire  Aidne  ;  elle  était  iné- 
dite, et  M.  K.  Meyer  l'a  publiée  d'après  un  ms.  du  xvi^  siècle  conservé  au 
Musée  Britannique  où  il  est  coté  Harleian  5280;  M.  K.  Meyer  accompagne 
d'une  traduction  et  d'un  glossaire  la  reproduction  du  texte  irlandais. 

Le  second  poème,  dont  M.  Meyer  donne,  avec  le  texte  irlandais,  une  tra- 
duction, est  une  invitation  à  la  libéralité  ;  ce  serait  probablement  du  haut 
du  paradis  que  saint  Columba,  mort  en  597  5,  l'aurait  adressée  à  Guaire,  qui 
mourut  soixante-cinq  ans  plus  tard  ;  cette  pièce  provient  d'un  ms.  de  la 
Bibliothèque  bodleyenne  d'Oxford  où  il  est  coté  Laud  615. 

M.  K.  Mever  termine  par  un  quatrain  qui,  suivant  le  glossaire  de 
Cormac,  aurait  été  composé  pour  plaindre  Guaire  ou  Laidgen.  On  trouve  ce 
quatrain  dans  la  copie  du  glossaire  de  Cormac  conservée  par  le  Livre  jaune 
de  Lecan,  ms.  du  xiv«  siècle,  appartenant  à  la  bibliothèque  du  collège  de 
la  Trinité  de  Dublin,  p.  259,  col.  2,  1.  24-25,  de  la  photogravure  publiée 
sous  la  direction  de  M.  R.  Atkinson  en  1896  ;  dans  cette  copie  le  titre  est: 
oc-cainiiid  Guaire  no  Laidgen  \  «  Pour  plainte  sur  Guaire  ou  Laidgen  ». 

Le  te.\te  irlandais  du  quatrain  et  de  son  titre  a  été  publié  très  exactement 
d'après  ce  manuscrit  par  M.  'Whitley  Stokes  en  1868  dans  sa  traduction  du 
glossaire  de  Cormac,  p.  26.  M.  Kuno  Meyer  a  trouvé  dans  le  ms.  H.  3.  18 
du  Collège  de  la  Trinité  de  Dublin,  p.  64  c  et  633,  deux  copies  du  même 
quatrain,  et  dans  ces  deux  copies  le  nom  de  Guaire  a  disparu  du  titre.  Ces 
deux  copies  sont  du  wi'^  siècle,  je  ne  vois  pas  pourquoi  les  préférer  à 
celle  du  Livre  Jaune  de  Lecan,  \i\^  siècle  ;  il  est  fort  possible  que  le  qua- 
train soit  un  fragment  d'une  complainte  sur  la  mort  de  Guaire,  662  4,  au- 


1.  'Voir  à  ce  sujet  H.   Zimmer  dans  la  Revue   de  Kuhn,  t.  XX'VIII, 
p.  426-439. 

2.  King  and  Hermit,  librairie  David  Nutt  à  Londres. 

3.  Bibliotheca  hagiographica  latina,  t.  I,  p.  284. 

4.  Annales  des  Quatre  Maîtres,  édition  d'O'Donovan,  t.  I,  p.  270-271  : 
Annales  de  Tigernach  dans  Revue  Celtique,  t.  X'VII,  p.  197. 


^S4  Chronique. 

quel  était  associe  par  une  raison  quelconque  le  nom  du  lépreux  Laidgen, 
qui  peut  fort  bien  avoir  survécu  à  Guairc  et  n'être  pas  identique  à  saint 
Laidhgen  macBaoith,  mort  le  12  janvier  660  ',  deux  ans  avant  Guaire. 

XI. 

Le  second  volume  (première  partie)  de  la  métrique  galloise  de  M.  J.  Loth 
vient  de  paraître  à  la  librairie  Fontemoing,  rue  Le  Goff,  à  Paris.  Il  forme  le 
tome  X  du  Cours  de  littérature  celtique.  Il  est  divisé  en  deux  livres,  traitant 
le  premier  des  laisses  et  des  strophes,  le  second  de  la  cyiighanedd.  Un  compte 
rendu  spécial  sera  consacré  à  cette  importante  publication. 

XII. 

Li  Realencyclopaedie  fiir  prolestaiitische  Théologie  uiid  Kirche,  publiée  sous 
la  direction  du  docteur  J.  J.  Herzog,  a  eu  deux  éditions  complètes;  la  troi- 
sième paraît  en  ce  moment  et  atteint  la  lettre  K.  Les  trois  éditions  ont 
chacune  un  article  consacré  à  l'église  d'Irlande.  Dans  la  première  édition, 
t.  III  (1855),  l'article  est  intitulé  Culdeer  et  occupe  six  pages,  de  196  à  202  ; 
il  a  pour  auteur  M.  Schoell,  et  comme  il  est  antérieur  à  l'ouvrage  de 
Haddan  and  Stubbs,  Councils  and  ecclesiastical  Documents  relating  to  Great 
Britain  and  Ireland,  1869-1878,  il  est  forcément  très  arriéré.  Cet  article  a 
été  refondu  par  son  auteur,  en  1881,  dans  le  tome  VIII,  p.  554-355,  de  la 
seconde  édition  de  la  Realencyclopaedie  précitée,  et  là  le  titre  de  Keltische 
Kirche  remplace  celui  de  Culdeer  donné  dans  la  première  édition.  Keltische 
Kirche  est  aussi  le  titre  de  l'article  inséré  dans  la  troisième  édition,  t.  X 
(1901),  p.  204-243.  Cet  article  a  été  composé  par  M.  H.  Zimmer,  le  sa- 
vant professeur  de  Grcifswald.  Voici  ses  divisions  :  1°  sources,  2°  commen- 
cement du  christianisme  en  Grande-Bretagne,  3°  introduction  du  christia- 
nisme en  Irlande,  4°  l'église  celtique  du  vi^  au  viii«  siècle  dans  le  Pays  de 
Galles,  50  l'église  celtique  du  vi^  au  viii=  siècle  en  Irlande  et  dans  le  nord 
de  la  Grande-Bretagne,  6°  assimilation  de  l'église  celtique  à  l'église  romaine 
dans  le  Pa\'s  de  Galles,  7°  le  même  phénomène  en  Irlande,  8°  conclusion 
sur  les  différences  entre  l'église  celtique  et  l'église  romaine. 

Le  relevé  des  sources  à  consulter  me  paraît  fort  bien  fait  et  le  reste  du 
travail  atteste  une  connaissance  approfondie  du  sujet.  Il  n'y  a  que  quelques 
détails  à  critiquer.  En  voici  un.  Au  §  3,  M.  Zimmer  veut  prouver  qu'avant 
l'apostolat  de  saint  Patrice  il  y  avait  des  chrétiens  en  Irlande.  C'est  une 
démonstration  qui  a  été  faite  en  185 1  -  par  O'Donovan  dans  sa  préface  aux 

1.  Annales  des  Quatre  Maîtres,  t.  L  p.  272-275  ;  cf.  Annales  de  Tiger- 
nach  éditées  par  Whitlev  Stokes  dans /?t'i'«t'  Celtique,  t.  XVII,  p.  196;  voir 
aussi  Caleudar  of  Oengus,  p.  xxxiv;  Martyrology  of  Donegal,  p.  1 5  ;  Marty- 
rology  of  Gonuan,  p.  14. 

2.  C'est  la  date  de  l'exemplaire  que  je  possède.  L'édition  de  1856  que  je 
vois  souvent  citer  est-elle  autre  chose  que  la  même  édition  avec  un  titre 
nouveau?  C'est  ce  que  je  n'ai  pu  vérifier. 


Chronique.  ;;  ^  ç 

Annales  des  Quatre  Maîtres,  p.  l,  li.  M.  Zimmcr  prétend  apporter  d'autres 
preuves,  il  les  trouve,  p.  210,  dans  cinq  vies  de  saints,  d'où  il  résulterait 
que  l'Irlande  méridionale  était  chrétienne  avant  l'arrivée  de  saint  Patrice, 
452.  Les  pieux  personnages  dont  ces  vies  racontent  l'histoire  sont,  dit 
M.  Zimmer,  des  contemporains  de  saint  Patrice,  ils  étaient  indépendants  de 
lui,  et  ils  ont  chacun,  dans  la  partie  de  l'Irlande  méridionale  qu'ils  habi- 
taient, converti  les  habitants  au  christianisme.  Mais  de  ces  saints,  un  seul 
semble  avoir  vécu  cornme  saint  Patrice  au  v=  siècle,  c'est  saint  Kiaran, 
évêque  de  Saigir,  aujourd'hui  Scirkieran  dans  le  Kingscounty,  royaume 
de  Leinster  '  ;  encore  faudrait-il  le  rejeter  au  vi^  siècle,  si  l'on  admettait 
son  identité  soit  avec  le  Ciaranus,  soit  avec  le  Ceranus  du  deuxième  ordre 
des  saints  d'Irlande,  532-5982.  Trois  autres  paraissent  n'avoir  existé  qu'au 
vie  siècle,  ce  sont  saint  Declan  ?,  saint  Ailbe4,  saint  IbarS.  Enfin,  il  en  est 
un  qu'on  place  au  vie-vii=  siècle  6  ou  au  vi^  siècle  finissant  7,  c'est  saint 
Abban,  le  saint  Albanus  des  Fitcc  sanctoruin  Hiherniae  ex  codice  Sahiianticensi. 

M.  Zimmer  a  donc  tort  de  citer  les  vies  de  saint  Declan,  de  saint  Ailbe, 
de  saint  Ibar  et  de  saint  Abban,  comme  preuves  de  l'existence  du  christia- 
nisme dans  l'Irlande  méridionale  avant  saint  Patrice,  parce  que  Declan  fut 
évêque  d'Ardmore  dans  le  comté  de  Waterford  8,  saint  Ailbe,  évêque 
d'Emly,  comté  de  Tipperary  9,  et  que  ces  localités  sont  situées  dans  le 
Munster,  parce  qu'enfin  saint  Kieran,  saint  Ibar  et  saint  Abban  appar- 
tiennent au  Leinster. 

La  plus  grande  partie  du  5  5  est  consacrée  à  la  vie  de  saint  Patrice. 
J'admets  comme  M.  Zimmer,  p.  217,  que  Cothraige,  un  des  noms  de  saint 
Patrice,  fut  au  commencement  du  v^  siècle  la  prononciation  irlandaise  du 
\:xl\n  Pafriciiis.  Mais  M.  Zimmer  ajoute  à  cette  doctrine  celle-ci,  p.  216-218: 


1.  Bibliotheca  hagiographica  laliita,  p.  695  ;  BihJiotheca  bistorica  iiiedii  acvi, 
2e  édition,  p.   1244,  141 3. 

2.  Haddan  and  Stubbs,  Coinicils  and  ecclesiasticaî  Documents  relut i}ig  to 
Great  Britain  and  Ireland,  t.  II,  partie  II,  p.  293. 

^  Bibliotheca  hagiographica  latiiia,  p.  349;  Bibliotheca  bistorica  mediiaevi, 
t.  II,  p.  1265.  M.  Zimmer  a  publié,  Glossae  Jjiberniccc,  p.  283,  un  fragment 
d'une  vie  de  saint  Declan  d'après  Ushcr.  Ce  fragment  est  le  point  de  départ 
de  la  thèse  de  M.  Zimmer  :  il  fait  d'Ailbe  et  de  Declan  des  contemporains 
de  saint  Patrice;  il  n'a  donc  aucune  valeur  historique. 

4.  Bibliotheca  hagiographica  latina,  p.  23  ;  Bibliotheca  bistorica  medii  aevi, 
t.  II,  p.  1146.  Sur  la  date  de  la  mort  de  saint  Ailbe,  526  ou  541,  voir  An- 
nales des  Quatre  Maîtres,  édition  d'O'Donovan,  t.  I,  p.  182-183,  ^o^s  c. 
Le  Cbronicon  Scotoruin  donne  la  date  de  531;  voir  l'édition  de  Hennessy, 
p.  44-4)-  Or  M.  Zimmer  date  de  459  la  mort  de  saint  Patrice  ;  cette  mort 
aurait  donc  eu  lieu  au  moins  soixante-sept  ans  avant  celle  de  saint  Ailbe. 

5.  Bibliotheca  bistorica  wcdii  aevi,  t.  II,  p.  1586. 

6.  Bibliotheca  hagiographica  latina,  p.  i. 

7.  Bibliotheca  bistorica  medii  aevi,  p.  1131. 

8.  Harris,  The  works  of  James  Ware,  Dublin,  1739,  t.  I,  p.  548. 

9.  Harris,  ibidem,  p.  491 . 


556  Chronique. 

c'est  que  PaUadius,  dérivé  du  nom  de  Pallas,  déesse  de  la  guerre,  est  la 
traduction  latine  de  Siical  «  bon  guerrier  »,  nom  breton  de  Patrice,  et  que 
par  conséquent  Patrice  est  identique  au  Palladius  sacré  évéque  à  Rome  par 
le  pape  Célestin  I",  422-432.  Cette  dernière  thèse  est  en  contradiction 
avec  la  vie  de  Patrice  par  Muirchu  Maccu  Machteni,  suivant  laquelle  Pa- 
trice, parti  de  Grande-Bretagne  avec  l'intention  d'aller  visiter  le  siège  apos- 
tolique, s'arrêta  près  de  l'évèque  saint  Germain  d'Auxerre,  n'alla  pas  plus 
loin  et  fut  sacré  évêque  par  un  certain  Amaihorex  après  la  mort  de  Palla- 
dius '.  Mgr  Duchesne,  Bulletin  critique,  n°  du  i^r  août  1888,  rejette  comme 
apocryphe  ce  que  racontent  des  voyages  de  saint  Patrice  sur  le  continent, 
non  seulement  Tirechan,  qui  le  fait  aller  jusqu'en  Italie,  mais  même  Muirchu 
qui  l'arrête  à  Auxerre.  Il  croit  que  ces  voyages  dont  la  Coiifessio  ne  dit  mot 
ont  été  inventés  au  vii=  siècle. 

Je  ne  puis,  faute  de  place  et  de  temps,  entrer  ici  dans  plus  de  détails  sur 
ce  mémoire  de  M.  Zimmer,  un  des  meilleurs  travaux  dont  l'histoire  la  plus 
ancienne  de  l'église  chrétienne  dans  les  Iles-Britanniques  ait  été  l'objet 
jusqu'ici,  mais  le  savant  auteur  ne  me  semble  pas  donner  sur  tous  les 
points  la  solution  définitive  des  questions  qu'il  a  traitées. 

XIII. 

Nous  avons  eu  le  regret  d'apprendre,  fin  d'avril  dernier,  la  mort  de 
l'évèque  d'Oxford,  William  Stubhs,  auteur,  en  collaboration  avec  Arthur 
West  Haddan,  du  bel  ouvrage  intitulé:  Councils  and  ecclesiastical  documents 
relating  to  Great  Britain  and  Ireland,  recueil  où  sont  réunis  la  plupart  des 
te.xtes  qui  peuvent  servir  de  base  à  une  étude  sur  l'histoire  de  l'église  cel- 
tique en  Grande-Bretagne  et  en  Irlande,  si  nous  laissons  de  côté  les  mar- 
tyrologes et  les  documents  liturgiques, 

XIV. 

On  annonce  la  publication  prochaine  d'importants  textes  gallois,  les  uns 
en  photogravure,  les  autres  imprimés  en  caractères.  Par  exemple  on  don- 
nerait en  photogravure  le  plus  ancien  manuscrit  des  lois  galloises,  on  im- 
primerait en  caractères  le  Livre  noir  de  Carmarthen,  un  dictionnaire  du 
vieux  et  du  moderne  gallois,  etc.,  etc. 

XV. 

Le  savant  professeur  de  Dublin,  M.  R.  Atkinson,  a  été  récemment  élu 


I.  Withley  Stokes,  The  tripartite  Life,  p.  270,  272,  496;  Hogan,  Docu- 
menta de  sanctù  Palricio,  p.  23-25;  Anakcta  Bollandiana,  t.  I,  p.  552-553. 
A  ces  textes,  M.  Zimmer  oppose  un  passage  de  Tirechan,  The  tripartite  Life, 
p.  302  ;  Hogan,  p.  58;  Analecta  Bollandiana,  t.  Il,  P-  36. 


Chroniijuc.  3^7 

président  do  rAcadcniic  royale  d'Irlande.  Il  travaille  toujours  au  diction- 
naire irlandais  qu'il  nous  fait  depuis  si  longtemps  espérer. 

XVI. 

M.  O  Schrador  vient  de  faire  paraître  à  la  librairie  Trûbner,  de  Stras- 
bourg, le  second  volume  de  son  savant  Reallexicoit  der  hnlogeriiianischen  Al- 
terttinskiiiidt',  dont  nous  avons  annoncé  le  premier  volume  dans  notre  li- 
vraison de  janvier  dernier,  p.  155-156.  Je  regrette  que  cet  ouvrage  n'ait 
pas  été  disposé  par  ordre  de  matières.  Les  recherches  y  seraient,  pour  moi 
du  moins,  plus  fltciles.  Un  index  aurait  rendu  tous  les  services  que  l'on  peut 
attendre  de  l'ordre  alphabétique.  Dernièrement  je  m'occupais  de  l'usage 
indo-européen  de  tuer  les  vieillards  ;  c'est  un  article  de  VAthetiaeiiiii  du 
8  juin  dernier,  p.  718,  qui  m'a  appris  que  cette  question  était  traitée  par 
M.  Schrader  sous  la  rubrique  Alte  Lente.  J'aurais  dû  le  deviner,  dira-t-on; 
mais  je  pensais  à  vieillard,  Greis,  à  grand-père,  Gross-vater,  à  meurtre. 
Mord,  Toedtuug,  et  je  ne  trouvais  rien.  Cette  mésaventure  ne  m'empêcliera 
pas  de  recommander  cet  ouvrage  aux  lecteurs  de  la  Revue  Celtique. 

XVII. 

Quelques-uns  des  admirateurs  de  l'éminent  savant  italien,  M.  Graziadio 
Ascoli,  viennent  de  publier  en  son  honneur  un  recueil  de  mélanges  qui  a 
paru  à  Turin  chez  Hcrmann  Loescher.  Je  l'ai  appris  par  deux  tirages  à  part 
dont  je  vais  dire  un  mot.  Si  j'avais  été  prévenu  plus  tôt,  c'est-à-dire  quand 
ce  recueil  de  mélanges  était  à  l'état  de  projet,  je  me  serais  fait  un  devoir 
d'y  collaborer;  car  M.  Ascoli  n'a  pas  de  plus  grand  admirateur  que  moi. 

Le  i"  des  tirages  à  part  dont  je  veux  parler  a  pour  auteur  M.  Victor 
Henry,  l'auteur  du  Lexique  étymologique  du  breton  moderne  qui  a  paru  l'année 
dernière  à  Rennes  chez  Plihon  et  Hervée,  l'auteur  aussi  de  plusieurs  autres 
ouvrages  qui  attestent  une  connaissance  approfondie  de  la  grammaire  indo- 
européenne. Le  sujet  est  une  étude  étymologique  de  vingt-six  mots  bretons, 
peut-être  ceux  du  vocabulaire  qui  présentent  le  plus  de  difficulté.  Les  solu- 
tions offertes  par  le  savant  professeur  seront-elles  toutes  considérées  comme 
définitives  ?  Je  n'oserais  l'affirmer.  En  tout  cas,  M.  Henry  a  eu  raison  de 
les  proposer  ;  elles  serviront  de  point  de  départ  à  une  discussion  future, 
s'il  y  a  lieu. 

Le  second  des  tirages  à  part  que  je  dois  signaler  à  l'attention  des  lecteurs 
de  la  Revue  Celtique  est  un  mémoire  de  M.  R.  Thurneysen  sur  les  adverbes 
irlandais  en  -id,  -ith,  qui  suivant  lui  ne  peuvent  guère  offrir  un  exemple  du 
mode  de  formation  qu'on  a  cru  jusqu'ici  remarquer  dans  le  mot  [ipaxooo; 
connu  depuis  longtemps  grâce  à  une  inscription  de  Nimes  (Whitley  Stokes, 
Celtic  Decknsion,  p.  52;  Corpus  inscriplionuin  latinarwn,  t.  XII,  p.  585). 
Dans  jjpaTO'joc,  ùi  serait  une  préposition  postposée.  Sur  le  sens  de  ce  mot 
identique  au  latin  merito,  voyez  Planta,  Grammatik  der  oskisch-unibrischen 
Dialecte,  t.  I,  p.  505.  Cf.  Revue  Celtique,  t.  IX,  p.   195,  t.  XI,  p.  251. 

Revue  Celtique,  XXU.  24 


5^8  Chioiuijiie. 


XVIII. 

Le  libraire  de  Bologne,  Nicolas  Zanardelli,  me  prie  d'annoncer  la  publi- 
cation prochaine  de  la  troisième  partie  des  Apputiti  Lessicali  e  Toponomaslici 
par  le  professeur  Tito  Zanardelli.  Ce  travail  traitera  de  l'élément  -bo-,  -ba 
dans  les  noms  de  lieu  de  la  Ligurie  et  de  la  relation  de  ces  noms  avec  la 
question  ibérique. 

XIX. 

Le  3  juillet  présent  mois,  en  séance  de  V Archaeological  Institute,  M.  Bur- 
ncll  Lewis  a  lu  une  notice  sur  les  antiquités  du  musée  de  Toulouse  et  no- 
tamment sur  la  plus  ancienne  inscription  lapidaire  romaine  qui  ait  été  si- 
gnalée jusqu'ici  en  Gaule.  Elle  date  de  Tannée  47  avant  J.-C,  c'est  le 
n°  5388,  p.  628,  du  Corpus  inscriplionum  latinarum,  tome  XIL 

XX. 

Notre  jeune  collaborateur,  le  D»"  américain  A.  C.  L.  Brown,  dont  on  a 
lu  un  savant  article  plus  haut,  p.  339-544,  a  eu  cette  année  une  bourse  de 
voyage  accordée  par  la  Harvard  Univcrsity;  il  a  passé  une  partie  de  son 
temps  à  Paris  fréquentant  les  cours  de  l'Université,  du  Collège  de  France  et 
de  l'École  des  Hautes  Études  ;  il  retournera  en  septembre  aux  États-Unis; 
il  sera  suppléant  à  l'Université  de  Wisconsin  où  il  professera  l'anglo-saxon 
et  le  moyen-anglais.  Nous  espérons  que  son  enseignement  lui  laissera 
quelques  loisirs  et  qu'il  les  consacrera  aux  études  celtiques  où  ses  débuts 
font  également  honneur  à  lui  et  à  son  maître,  M.  Robinson. 

Paris,  le  13  juillet  1901. 

H.  d'Arbois  de  Jdbainville. 


POSTSCRIPTUM. 

Au  moment  de  donner  le  bon  à  tirer  de  cette  livraison,  je  lis  dans 
VAtheiiaeum  le  compte  rendu  d'une  visite  faite  au  valhun  Hadriani  le 
22  juillet  de  la  présente  année  par  les  membres  de  la  Brilish  archaeological 
Association.  La  liste  des  camps  établis  pour  la  défense  de  ce  rempart  romain 
et  l'indication  des  garnisons  qui  les  occupaient  sont  données  dans  la  A't»- 
titia  dignitatum  qui  date  des  environs  de  l'année  410  ',  c'est-à-dire  qui  est 
contemporaine  de  l'abandon  définitif  de  la  Grande-Bretagne  par  les 
armées  romaines. 

I.  Teuffel-Schwabe,  Gcschichte  der  rèmischcn  Literatur,  5c  édition,  p.  1 165. 


Chronique.  359 

Ces  camps  étaient  au  nombre  de  vingt-trois,  situés  le  premier  à  partir  de 
l'est  A  Se^tuiiitiiim,  aujourd'hui  Cousin's  House  en  Northumberland  1,  le 
dernier  à  l'ouest  à  Virosiduui,  aujourd'hui  Ellenborough,  Old  Carlisle,  dans 
le  Cumberland  2.  La  partie  la  mieux  conservée  du  rempart  est  située, 
paraît-il,  entre  le  sixième  et  le  huitième  camp  à  partir  de  Srrediinitm,  c'est- 
à-dire  entre  Ciliinium,  aujourd'hui  Wahvick  en  Chesters,  et  Borcovicus, 
aujourd'hui  Housesteads,  tous  deux  en  Northumberland  >.  Le  mur  du 
valltini  parait  avoir  eu  environ  vingt  pieds  anglais,  soit  environ  six  mètres 
de  haut.  De  mille  en  mille  romain  se  trouvait  une  redoute,  les  camps 
étaient  plus  espacés.  Le  congrès  archéologique  visita  d'abord  celui  de  Bor- 
covicus ;  il  a  une  contenance  d'environ  cinq  acres,  soit  deux  hectares.  De 
l'examen  des  constructions,  il  résulte  que  ce  camp  a  été  détruit  et  rebâti 
deux  fois.  C'est  un  quadrilatère  avec  une  porte  centrale  sur  chaque  face  et 
une  tour  à  chacun  des  quatre  angles.  La  garnison  consistait  en  une  cohorte 
de  Titngri,  c'est-à-dire  en  fantassins  gaulois,  tandis  qu'A  Cihtrmim  il  y 
avait  un  escadron  ala  de  cavalerie  ibérique,  des  Astures.  Le  camp  de  Ci- 
liirniim  est  un  peu  plus  grand  que  celui  de  Borcovicus,  il  a  une  dizaine 
d'ares  de  plus,  et  sur  chaque  face  du  quadrilatère,  on  voit  les  restes  de 
deux  tours,  une  de  chaque  côté  de  la  porte  centrale  outre  les  tours  des 
angles.  Dans  l'intérieur  des  deux  camps  on  retrouve  les  fondations  des  édi- 
fices, casernes,  arsenal,  prétoire  ;  on  peut  montrer  l'emplacement  du 
forutn.  Toutes  les  constructions  ont  été  élevées  sous  la  direction  d'ingénieurs 
romains,  mais  évidemment  par  des  ouvriers  du  pays,  et  une  partie  des  gar- 
nisons établies  dans  les  camps  du  vallinn  étaient  gauloises  ou  brittoniques, 
c'était  à  Pons  Aelii  une  cohorte  de  Carnovii  ;  à  Vindolana  la  cohorte  qua- 
trième des  Gain,  à  Glannibanta  la  cohorte  première  des  Morini,  à  Aliona  la 
cohorte  troisième  des  Nervii,  à  Virosidmn  la  cohorte  sixième  des  Nervii. 
Quant  aux  noms  des  camps,  ils  sont  la  plupart  d'origine  celtique. 

Le  lendemain  25,  le  congrès  visita  Holy  Island  sur  la  côte  du  Northum- 
berland. C'est  là  qu'en  655  l'irlandais  saint  Aidan  vint  s'établir  et  fonder 
une  abbaye  (Bède,  livre  III,  chap.  5);  mais  de  cette  abbaye  il  ne  reste  au- 
cune ruine  ;  les  plus  anciennes  constructions  qu'on  trouve  à  Holy  Island 
ne  sont  pas  antérieures  à  l'époque  normande. 

H.  d'Arbois  de  Jubainville, 


1.  Pétrie    et   Thomas    Duffus   Hardy,    Moninncula  historien  hritannica, 

p.   CXLIV. 

2.  Ibidem,  p.  CXLV. 

5.  Ibidem,  p.  cxL,  cxxxix;  A.  Holder,  AUceltischer  Sprachschat^,  t.    I, 
col.  1015,  489,  qui  écrit  Borcovicium. 


PÉRIODIQUES 


SOMMAIRE:  I.  The  Journal  of  the  royal  Society  of  Antiquaries  of  Ireland.  —  II. 
Zeitschrift  fiir  vergleichende  Sprachforschung.  —  111.  Annales  de  Bretagne.  — 
IV.  Revue  des  études  anciennes.  —  V.  Revue  épigraphique.  —  VI.  Beitraege  zur 
Kunde  der  indogermanischen  Sprachen.  —  VII.  Journal  of  american  Philology.  — 
VIII.  Archaeologia  Cambrensis.  —  IX.  The  Gael.  —  X.  Celtia.  —  XI.  Revue  ar- 
chéologique. —  XII.  Archiv  fur  schweizische  Altertumskunde.  — XIII.  Archeologo 
portuges.  —  XIV.  Bulletin  archéologique  du  Comité  des  travaux  historiques  et 
scientifiques. 

I. 

The  Journal  oi-  the  royal  Society  oi-  Axtiq.uakies  of  Irel.wd, 
vol.  XXXI,  partie  2.  —  Les  deux  plus  intéressants  articles  de  cette  livraison 
me  semblent  être  :  1°  celui  de  M.  Patrick  J.  O'Rcilly  sur  les  leac  ou  stèles 
funéraires  et  les  croix  monumentales  du  comté  de  Dublin,  baroniede  Rath- 
down  ;  2°  la  notice  de  M.  J.  Rhys  sur  l'inscription  ogamique  de  Tullaghane, 
comté  de  Mayo,  en  Connaught.  M.  Rhys  lit  q.veg.\i  maqi  n.\nim...h,  ou 
Q.NEGNI  M.\ai  en  ne  présentant  le  reste  de  la  lecture  que  comme  une  hvpo- 
thèse.  La  livraison  se  termine  par  le  rapport  sur  une  excursion  faite  à 
Glenn-da-lough,  comté  de  Wicklow  en  Leinster,  cù  exista  jadis  une  abbaye 
dont  le  fondateur,  saint  Kevin,  Coentgiii,  Caoinihghin,  mourut,  suivant  les 
Annales  des  Quatre  Maîtres,  en  617  '.  Glen-da-Iough  fut  le  siège  d'un 
évèché  réuni  à  celui  de  Dublin  en  12142.  Ce  rapport  est  orné  de  gravures 
qui  représentent  des  ruines  d'édifices  en  pierre,  probablement  fort  anciens, 
mais  parmi  ces  ruines  a-t-on  réellement  la  maison  qu'habita  saint  Kevin  ? 
Je  ne  connais  pas  assez  l'arcliéologie  irlandaise  pour  me  prononcer  sur  ce 
point. 

IL 
Zeitschriet  eùr  vergleichende  Spracueorschcng  auf  de.m  Gebiete 


1.  Cf.  Annales  deTigcrnach,  éditées  parWhitley  Stokes,  Revue  Celtique, 
t.  XVII,  p.  175. 

2.  Sur  l'évêché  de  Glenndalough,  voir  The  ivorks  0/ James  U'aie,  édition 
Harris.  t.  I,  p.  571-378. 


PérioJii]ues.  j6i 

DER  indogermanischun:  Sprachen,  begrcndet  von  a.  Kuhn",  herausge- 
GEBEN'  VON  E.  KcHN  UND  J.  ScHMiDT.  —  L'uttontion  des  ccltistes  mérite 
surtout  d'être  attirée  par  deux  articles,  l'un  de  M.  Zupitza,  l'autre  de 
M.  Thurneysen.  M.  Zupitza  explique  par  la  substitution  de  la  sourde  à  la 
sonore  aspirée:  !<>  le  latin  habeo  pour  *ghabco,  d'une  racine  ghabh,  identique 
à  celle  de  l'irlandais  gahiin  «  je  prends  »,  2°  le  latin  capio,  en  gothique 
hafjaii  «  élever  »,  p.  387;  comparez  le  latin  caper,  le  grec  zânooç,  le  français 
cimre,  à  l'irlandais  gabor,  en  gallois  gcifr,  en  breton  gaiir,  gaoïir,  même 
sens.  L'auteur  étudie,  p.  392,  le  traitement  de  la  sourde  initiale  dans  les 
langues  néo-celtiques.  P.  404,  M.  Zupitza  recherche  l'origine  du  datif  sin- 
gulier irlandais  aiunuiiii:  «  au  nom  »  et  il  explique  \'mi)i  final  par  un  n  pri- 
mitif assimilé  à  Vin  antécédent. 

M.  Thurneysen,  p.  423,  424,  pense  que  le  /  final  de  la  troisième  per- 
sonne du  pluriel  en  irlandais  peut  avoir  été  final  en  celtique  primitif,  et 
conmie  preuve  il  allègue  le  nominatif  accusatif  pluriel  irlandais  dct  «  les 
dents  »,  qui  suivant  lui  n'aurait  pas  eu  de  voyelle  finale,  ce  qui  ne  me  pa- 
raît nullement  prouvé  (voyez  Brugmann,  Grundriss,  t.  II,  p.  687-688), 
mais  est  simplement  possible.  M.  Thurneysen  termine  par  une  étude  sur  la 
préposition  irlandaise  hi  =  "Jet-os,  lequel  *lct-os  aurait  une  variante  Ict-s, 
avec  forme  réduite  -s-  du  suffise  -os,  dont  tout  le  monde  connaît  la  va- 
riante -es-. 


III. 

.Annales  de  Bretagne,  t.  XVI,  no  3.  —  Notes  de  phonétique  bretonne 
dialectale  par  M.  J.  Vendryès.  L'auteur  établit  qu'à  l'ouest  de  Quimpcr 
c'hiu  =  su  se  prononce  /  dans  certains  mots,  c'ho  dans  d'autres.  Suivant 
M.  Vendryès,  le  son  c'ho  se  produit  quand  la  voyelle  suivante  est  sombre 
(a,  0),  /  quand  la  voyelle  est  claire  (e,  /);  c'hoar  «  sœur  »  =  *s!iesor,  semble 
en  contradiction  avec  cette  loi,  mais  c'est  de  la  voyelle  moderne  a  dans 
c'hoar  que  M.  Vendryès  veut  parler. 

Il  constate  en  outre  à  Douarnenez  une  tendance  à  faciliter  la  pronon- 
ciation du  c'h  final,  quand  une  consonne  le  précède  immédiatement:  entre 
/  et  c'h  on  intercale  une  voyelle  hystérogène  a;  r  suivi  de  c'h  disparaît;  à 
Lannion  l'a  hystérogène  s'intercale  dans  les  deux  cas,  c'est-à-dire  après  r, 
comme  après  /. 

Enfin  le  groupe  dl  devient  gl  à  Douarnenez. 

M.  F.  Vallée  publie  une  chanson  bretonne  inédite. 

Nous  trouvons  après  cela  trois  articles  : 

1°  Suite  des  étymologies  bretonnes  proposées  par  M.  E.  Ernault: 

2°  Un  conte  irlandais  recueilli  par  M.  Douglas  Hyde  tt  traduit  par 
M    G.  Dottin;  la  sorcellerie  y  joue  un  rôle  considérable  ; 

50  Chansons  bretonnes  recueillies  et  traduites  par  M.  Francès. 

N°  4.  —  Recueil  par  M.  F.  Duine  de  documents  liturgiques  sur  saint 
Turiaw,  évêque-abbc  de  Dol.  Ce  saint  est  celui  dont  Albert  le  Grand  «  La 
«  vie,  gestes,  mort  et  miracles  des  saints  de  Bretagne  Armorique  »,  pre- 

Revue  Celtique,  XXII.  24. 


962  Périodiques. 

niière  édition,  p.  199-205,  a  publié  une  vie  légendaire.  Dans  le  texte, 
Albert  le  Grand  l'appelle  Thuriau  ;  A  cette  orthographe  il  substitue  l'ortho- 
graphe défectueuse  Thurian  dans  le  titre  de  la  vie  et  dans  le  titre  courant. 
Tluiriavus  est  la  notation:  du  bréviaire  de  saint  Malo,  1537;  du  bréviaire 
de  Dol,  1519,  1770;  T»;7a/;»5  apparaît  en  1487  dans  le  missel  de  Paris.  — 
Conte  irlandais  de  Caoilte  aux  longs  pieds,  recueilli  par  M.  Douglas  Hyde 
et  traduit  par  M.  G.  Dottin.  11  ne  faut  pas  confondre  ce  Caoilte  avec  celui 
de  VAgaUamh  na  Senorach.  —  Suite  des  savantes  notes  d'ét}'mologic  bre- 
tonne ducs  à  la  plume  ingénieuse  de  M.  Emile  Krnault. 

IV. 

Revue  des  études  an'cienxes,  t.  III,  n"  2,  avril-juin  1901,  p.  131  et 
suivantes.  —  Critique  par  M.  JuUian  des  textes  grecs  et  latins  relatifs  à  la 
reddition  de  Vercingétorix  après  la  capitulation  d'Alise.  J'ai  étudié  le 
même  sujet  dans  un  livre  qui  esl  en  ce  moment  sous  presse  et  je  suis  arrivé 
sur  la  plupart  des  points  au  même  résultat  que  M.  JuUian. 

Souvenirs  par  le  même  M.  Jullian  d'un  voyage  à  Alise.  Il  insiste  sur 
Timportance  religieuse  que  cette  ville  aurait  conservée  à  l'époque  romaine. 


Revue  épigr.\phiq.ue,  fondée  par  Auguste  Allmer,  continuée  par  le  capi- 
taine Espérandieu,  avril-mai-juin  1891.  —  Dédicace  deae  te.musioni 
trouvée  à  Saint-Marcel-lez-Chalon  (Saône-et-Loire). 

VI. 

Beitr.^egezur  Kunde  derindoger.m.wischex  SPR.\cHEX,herausgegeben 
von  Dr.  Ad.  Bezzenberger  und  Dr.  W.  Prellvvitz,  t.  XXVI,  3^  cahier, 
p.  231.  —  Note  de  M.  Max  Xicdermann  sur  le  nom  de  l'index.  En  grec 
ce  nom  est  À'./avo;  «  celui  qui  lèche  »,  dérivé  de  la  forme  réduite  de  la 
racine  du  verbe  Iv./tn  «  je  lèche  ».  Pourquoi?  Le  breton  l'explique: 
l'index  s'appelle  en  breton  bi^  ar  iod  «  doigt  de  la  bouillie  »  ;  c'est  le  doigt 
avec  lequel  les  gens  économes  prennent  dans  l'assiette  ou  l'écuelle  le  reste 
de  la  bouillie,  tandis  que  les  prodigues  le  laissent  perdre  ;  l'homme  d'ordre 
fait  avec  ce  doigt  l'opération  que  les  chiens,  êtres  intelligents,  exécutent 
avec  la  langue. 


VII. 

JouRK.\L  OF  .\.MERiCAN  Philologv,  t.  XXI,  deuxième  livraison,  p.  188 
et  suivantes.  —  Mémoire  de  M.  Otto  B.  Schuilter  intitulé  :  Some  ccllic 
traces  in  the  olosses.  Celle  de  ces  traces  qui  paraît  la  plus  certaine  est  orge, 
glosant  occije;  orge  est  la  seconde  personne  du  singulier  de  l'impératif  du 
verbe  irlandais  orgiiii  «  je  tue  ». 


Périodiques.  36  J 


VIII. 

Archaeologia  Cambrensis,  6=  série,  vol.  I,  partie  2,  avril  1901.  — 
Étude  archéologique,  par  M.  Harold  Hugues,  sur  Ynys  Seiriol,  petite  île 
située  au  Sud-Est  de  l'ile  dWnglesey,  et  où,  dès  le  vue  siècle  de  notre  ère, 
un  ét.iblissement  ecclésiastique  paraît  avoir  existé.  —  Comparaison  entre 
les  institutions  galloises  et  celles  de  l'Inde  par  le  Révérend  G.  Hartwell 
Jones.  La  plupart  des  institutions  communes  à  l'Inde  et  au  pays  de  Galles 
sont  indo-européennes.  L'auteur  pose  avec  raison  en  principe  cet  axiome 
que  le  droit  de  la  mère,  uititterrecht,  était  étranger  aux  Indo-Européens  ; 
mais  il  admet  que  ce  droit  existait  chez  les  Pietés;  je  ne  considère  pas  cette 
doctrine  comme  établie,  quoique  Bède  en  ait  pu  dire  et  malgré  l'opinion 
conforme  de  M.  Schrader,  Rcallexicon,  p.  565-566,  où  l'on  trouve  reproduit 
sur  ce  point  la  doctrine  émise  par  M.  H.  Zimmer  en  1894,  Zcitschrijl  der 
Savigny-Stiftuiig  fur  Rechlsgeschichtc ,  tome  XV,  p.  209-240'. 

En  Irlande,  la  royauté  était  élective  et  non  héréditaire  dans  le  sens  où 
nous  l'entendons.  L'absence  de  l'hérédité  telle  que  nous  la  concevons  est 
une  conséquence  du  principe  posé  dans  le  SencJms  Môr  (Ancient  Laïus  of 
Irelaud,  t.  II,  p.  278):  le  chef  de  la  famille  est  le  plus  digne  suivant  le  juge- 
ment des  gens,  iar  n-duinib.  C'est  la  loi  observée  en  Irlande  pour  le  choix 
du  roi  suprême  2.  C'est  le  principe  du  droit  germanique:  rcges ex  nobilitale, 
duces  ex  virtiite  sumunt  (Tacite,  Geniiania,  c.  7. 

Voici  d'après  les  Annales  des  Quatre  Maîtres  l'ordre  de  succession  des 
rois  suprêmes  d'Irlande  pendant  deux  siècles. 

Eochaid  Muigmedoin,  358-365  après  J.-C,  avait  cinq  fils,  aucun  ne  lui 
succéda  immédiatement.  Son  successeur  immédiat,  Crimthan,  était  son 
beau-frère  et  appartenait  à  une  autre  famille.  Le  successeur  de  Crimthan 
fut  un  des  cinq  lilsd'Eochaid  Muigmedoin,  celui  qui  avait  le  moins  de  droit 
héréditaire,  le  fils  d'une  concubine,  à  l'exclusion  des  quatre  enfants  légi- 
times, Niall  Xoigiallach,  qui  régna  de  579  à  405.  Celui-ci  laissa  au  moins 
quatre  fils  et  il  eut  pour  successeur  son  neveu  Dathi,  fils  de  son  frère 
Fiachra.  Dathi  étant  mort  en  428,  ce  ne  fut  pas  son  fils  qui  lui  succéda,  ce 
fut  le  cousin  germain  de  Dathi,  ce  fut  Loegaire,  fils  de  Niall  Noigiallach, 
et  au  décès  de  Loegaire  en  458,  ce  fut  le  fils  de  Dathi,  OilioU  Molt  qu'on 
éleva  à  la  royauté.  A  la  mort  d'Oilioll  Molt,  ce  fut  Lugaid,  fils  de  Loegaire, 
qui  devint  roi,  479.  Le  successeur  de  Lugaid  fut  son  cousin  Muircertach, 
dont  le  père  Muiredach  était  fils  d'Eogan,  fils  lui-même  de  Niall.  Muircer- 
tach étant  mort  en  527,  ses  deux  fils,  Domnall  et  Fcrgus,  ne  lui  succé- 
dèrent pas  immédiatement.  La  royauté  fut  décernée  successivement  à  deux 
autres  descendants  par  les  mâles  de  Niall  Noigiallach:  Tuathal  Maelgarb  et 

1.  Cf.  Revue  Celtique,  t.  XVI,  p.  118- 120. 

2.  Cf.  sur  ce  sujet:  Mémoire  sur  la  Tanistry  par  M.  Paul  Viollet,  p.  6. 
Ce  travail  a  paru  dans  les  Mémoires  de  V Académie  des  Inscriptions  et  Belles- 
Lettres,  t.  XXXII,  2c  partie. 


364 


Périodiques. 


Diarmait,  tous  deux  arrière-petits-fils  de  Niall  ;  ils  étaient  à  la  troisième  géné- 
ration; Domnall  et  Fergus,  fils  de  Muircertach,  qui  étaient  à  la  quatrième 
génération  après  Niall,  ne  parvinrent  à  la  royauté  qu'après  Diarmaiten  jjg. 

Les  neveux  par  sœur  prennent  place  dans  la  famille  maternelle  en  droit 
irlandais  dès  le  vue  siècle,  seulement  ils  ne  transmettent  pas  à  leurs 
enfants  l'héritage  maternel  ' . 

Au  viiie  siècle  il  v  a  de  Bède  un  texte  fameux,  1.  I,  c.  i  :  Clinique  tixores 
Picli  non  habentes  pelèrent  a  Scollis,  ea  soliim  conditione  dare  consenserunt,  iit, 
tihi  res  perveniret  in  duhitim,  viagis  de  feminea  regiini  prasapia  quant  de  vias- 
ciilina  regem  sibi  eligerent,  qtiod  usqiie  hodie  apud  Piclos  constat  esse  observalinn-. 
Ce  texte  est  le  résultat  d'une  interprétation  erronée  d'un  usage  picte  qui 
était  de  choisir  pour  roi  le  fils  d'une  sœur  du  roi  défunt,  quand  on  avait 
dans  ce  neveu  du  mort  plus  de  confiance  que  dans  les  fils  du  prince  dont 
le  règne  venait  de  prendre  fin.  Il  était  au  moins  aussi  naturel  de  prendre 
le  fils  d'une  sœur  en  Ecosse  qu'un  beau-frère  comme  Crimthan  en  Irlande. 

Voici  l'arbre  généalogique  qui  explique  ce  que  nous  venons  de  dire  au 
sujet  des  rois  d'Irlande  : 

I"  Eccbaid  Muigmedoin, 

3J8-36J. 

I 


3°  Niall  Noigiallach, 
379-4^5  ; 


Fiachra. 

I 

4"  Dathi, 

405-428. 


459-479- 


I  III, 

Cairbre.                     Eogan.  5"  Lo.g^/re,  Conall  Crimthan.  ^„  ^J^^^,^^^,^ 

I                                I  428-458.                  I 

Cormach  Caech.           Muiredach.  |           Fergus  Cerrbéoil. 

I                               I  f  Lugaid,                I 

<)"  Tuathal  Maelgarb,   S'^  Muircertach,  479-JO3.        10°  Diarmait, 

528-538.                   $04-527.  539-548. 

1 1"  Domnall 
et  Fergus, 
559-561. 


Nous  avons  puisé  ces  indications  dans  les  Annales  des  Quatre  Maîtres, 
édition  O'Donovan,  1851,  t.  I,  p.  124-203.  La  femme  légitime  d'Eochaid 
Muigmedoin  s'appelait  Mongfinn;  elle  était  fille  de  Fidach  et  sœur  de 
Crimthan  qui  succéda  à  Eochaid  Muigmedoin,  son  beau-frère,  et  qui,  dans 
la  liste  généalogique  et  royale  ci-dessus,  porterait  le  no  2,  entre  £oc/a7/i^ 
Muigmedoin  et  Kiall  Xoi^iallach. 


1.  Cours  de  littérature  celtique,  t.  VII,  p.   354-3  5)  ;  t.  VIIL  p.  11 3-1 16, 
194-195. 

2.  Deuxième  édition  d'Alfred  Holder,  p.  7. 


Périodujues. 


365 


IX. 

TiiA  Gael,  mai  1901,  annonce,  p.  155,  que  le  gouvernement  anglais  a 
le  projet  de  publier  tout  ce  qu'il  y  a  d'intéressant  parmi  les  mss.  des  Fran- 
ciscains de  Dublin  et  que  le  professeur  F.-N.  Robinson,  de  Harvard-Univer- 
sity,  a  fait  à  l'Université  de  Washington  les  15,  16,  17  et  18  avril,  quatre 
leçons:  i"  sur  les  études  celtiques,  2°  sur  le  druidisme  et  la  religion  des 
anciens  Celtes,  5°  sur  le  cyle  de  Cûchulainn,  4°  sur  le  cycle  d'Ossian.  A 
Dublin  (p.  65)  le  livre  d'Arniagh  est  en  partie  imprimé,  l'impression  du 
quatrième  volume  des  Annales  d'Ulster  est  terminée. 

The  Gael,  juin,  donne,  p.  179,  l'état  suivant  des  personnes  qui  parlent 
irlandais  en  Irlande  : 


Antrim. 
Armagh. 
Carlow. 
Cavan. 
Clare.  . 
Cork.   . 
Donegal. 
Down. 
Dublin. 
Fermanag 
Gal\va\' 
Kerry.  . 
Kildare. 
Kilkenny. 
King's  Countv 
Lcitrim.     . 
Limerick.  . 
Londonderry 
Longford.. 
Louth..      . 
Mavo.  . 
Meâth..     . 
Monaghan. 
Qucen's  Cou 
Roscommon. 
Sligo.  .     . 
lippcrarv. 
Tyrone.     . 
Waterford. 
Westrr.eath. 
We.xford.  . 
Wicklow.  . 


ity 


PARLENT 

PARLENT 

SEULEMENT    IRLANDAIS 

ANGLAIS    ET    IRLANDAIS 

» 

I   523 

2 

5484 

» 

123 

2 

3408 

900 

45978 

2275 

117  447 

7073 

35  000 

» 

878 

» 

3472 

» 

561 

17736          • 

107  929 

4481 

69  701 

» 

381 

» 

3  933 

» 

324 

23 

5  599 

17 

17045 

S 

2718 

» 

252 

5 

2671 

4234 

106  131 

» 

I  492 

» 

2847 

3 

187 

21 

II  864 

147 

21  189 

68 

12244 

7 

6680 

I  321 

36158 

» 

358 

» 

320 

» 

176 

TOTAI 38  191 

Total  général:  679  145 


640953 


3  66  Périodiques. 


X. 

Celtia,  mai  1901,  public,  p.  68  70,  une  traduction  anglaise  de  l'article 
de  M.  J.  Lotli  sur  la  rime  interne  dans  la  versification  celtique.  Cet  article  a 
paru  dans  la  Kei'iie  Celtique,  n"  de  janvier  dernier.  On  trouve  plus  bas  dans 
Celtia,  p.  71-74,  la  suite  du  dictionnaire  alphabétique  anglais-irlandais- 
gaélique-d'Ecosse-mannois-gallois-breton  rédigé  par  M.  F.  Vallée;  elle 
commence  au  mot  advice  et  finit  au  mot  Oi^e.  Arrive  plus  loin,  p.  76-177, 
la  continuation  du  dictionnaire  méthodique  gallois-breton  du  même  auteur. 

XI. 

Revue  arciiéologiq.ue,  n"  de  mars-avril  1901,  y  série,  t.  XXXIII.  — 
P.  253:  nom  d'homme  Bitus  Biti  dans  une  inscription  de  Prahovo  en 
Serbie;  p.  325  :  nom  d'homme  Mucco  dans  une  inscription  de  Kostolac  ; 
p.  531:  nom  âi\\om\i\Q  Carantius  Tic[ineiisis?],  Donico  Viromanduus  dans 
une  inscription  d'Adam-Klissi  en  Roumanie,  où  apparaissent  aussi  divers 
noms  de  peuples  de  Gaule  Be[lhvacus],  Tun[gcr],  Lexovius,  sans  nom 
d'homme  lisible  et  un  nom  d'homme  Romain  Cresccus  avec  la  mention 
d'une  origine  gAuXo'xsQ  Senn[onicus].  Ces  inscriptions  font  partie  de  la  Revue 
des  publications  épigraphiques  publiée  par  M.  Cagnat  dans  la  Rexiie  archéo- 
logique. 

XII. 

Anzeiger  fur  schweizerische  Altertl'.mskunde,  Indicateur  d'antiquités 
suisses,  herausgegeben  von  schweizerischen  Landesmuseum.  Neue  Folge. 
Band  III,  i90i,no  i,  p.  15-30.  —  Rapport  par  M.  A.  Naef  sur  le  cimetière 
gallo-helvète(?)  de  Vévey,  extraits  du  journal  des  fouilles,  février-avril  1 898. 
Les  morts  avaient  été  placés  dans  des  cercueils  de  bois  dont  la  trace  per- 
siste sous  forme  de  poussière  noire.  Parmi  ces  morts  un  portait  au  bras 
trois  bracelets,  deux  de  verre,  un  de  bronze.  Une  femme  avait  une  ceinture 
de  bronze. 


XIII. 

Archeologo  Portugcès,  vol.  V  et  VI.  — Inscriptions  latines  de  l'époque 
romaine  recueillies  par  le  savant  portugais  M.  J.  Leite  de  Vasconcellos,  tout 
récemment  nommé  docteur  de  l'Université  de  Paris.  Parmi  ces  inscriptions 
nous  en  signalerons  quelques-unes  qui  sont  inédites  et  où  l'on  peut  relever 
des  noms  d'hommes  celtiques  :  Titus  Carro  ou  Carr?«  ;  cf.  Holder,  All- 
celtischer  Sprachschati,  t.  I,  col.  809,  816;  Calaito,  datif  de  Calaitus,  cf. 
Calaetus,  Holder,  ibid.,  col.  687  ;  Madicencs,  écrit  par  erreur  Madiceavus 
dans  le  Corpus  inscript iomim  latinarutu,  t.  II,  no  2869,  cf.  Holder,  ihid.,  où 
est  proposée  la  correction  Madigenus  dont  Madiccnus  est  une  variante. 


Pénodiqnes.  ^67 


XIV. 

Bulletin  archéologicl'je  du  Comiti-  des  Travaux  historiq.ues  et 
SCIEXTIFIQ.UES,  année  I901,  première  livraison.  —  Rapport  de  M.  Gauckler 
sur  des  inscriptions  romaines  récemment  découvertes  en  Tunisie.  On  peut 
signaler  comme  probablement  gaulois  le  nom  de  femme  Volceia   dans  une 

inscription  funéraire,  p.    145,   et  le  lieu   d'origine  duno  d'un  soldat, 

p.  154. 

Paris,  le  17  juillet  looi . 

H.  d'Arbois  de  Jubainville. 


Le  Propriétaire-Gérant  :  Veuve  E.  Bouillon. 


Chartres.  —  Imprimerie  Durand,  rue  Fulbert. 


ÉTUDES   BRETONNES 


XII. 


SUR    Ll-    COMPARATIF 


I.  Il  }•  a  en  breton  trois  sortes  de  comparatifs  de  supério- 
rité :  ceux  qui  sont  formés  par  périphrase;  les  simples  en  -oc'h, 
et  ceux  qui  n'ont  pas  cette  terminaison. 

2. — La  première  classe  comprend  surtout:  en  trécorois 
muioc'b  ou  iiiuor'h  hrâs,  plus  grand,  iiiiiioc'h  ou  niiior'h  fur,  plus 
sage,  plus  sagement,  etc.  ;  et  dans  le  sous-dialccte  vannetais 
de  la  presqu'île  du  Croisic  (environs  de  Batz,  Loire-Infé- 
rieure), u£htivc'h  a  hrht,  plus  leste,  ncbtroc'h  a  hreonl ,  plus 
promptement,   etc.,  cf.  mon  Etude  sur  le  dialecte  ...  de  Bat~, 

37,  38. 

Mu(i)oc'h  hrâs  revient  au  moyen  breton  ]iiuy  dieu  (Le  Mys- 
tère de  5''  Barbe,  674),  mais  ce  dernier  a  le  sens  d'un  super- 
latif :  «  très  certainement  ».  Le  P.  Grégoire  de  Rostrenen 
rend,  dans  son  dictionnaire,  «  plus  il  est  savant,  plus  il  est 
modeste  »  par  seul  vuy  ma  ct^  eo  abyl,  seul  vuy  e::^  eo  modest  ;  c'est 
un  gallicisme,  son  autre  traduction,  sul  vraç:^oc'h  ...  su  l  vrac -oc' h 
(plus  grande  est  sa  science,  etc.)  est  plus  conforme  à  l'usage, 
cf.  Glossaire  uwy.  bret.,  i''  éd.,  624. 

Troude,  Dictionn.  franc. -bret.,  p.  695,  G^)(),  a  des  phrases 
sur  le  premier  modèle:  seul  vui  e^onip  bet  reu^eudik  ...,  seul 
vui  a  :ie  e  ve:(iuip  euru:;^,  «  plus  nous  aurons  »  (littéralement 
avons)  «  été  malheureux  ...,  plus  nous  serons  heureux  »,  etc. 
Il  donne  aussi  avec  le  superlatit:  seul  abreta  ma  troer  aini  douar, 
Revue  Celli(jue,  X.KII.  25 


370  E.  Ernaiilt. 

seul  viii  a  :^c  e  toiigo  d'c-Jjoc'h  «  plus  on  retournera  la  terre  de 
bonne  heure  et  plus  elle  rapportera  »,  ce  qu'il  signale  comme 
trécorois.  Ce  texte  est  évidemment  un  remaniement  des 
deux  vers  du  poème  vannetais  Livr  cl  labourer  de  l'abbé  Guil- 
lome  (V^mnes,  1849),  p.  18:  Sel  ahrctau  iii'e)i  Irocr,  en  doar 
:iOH  ainuroh,  Sel  mui  vie  hué!  en  heol,  sel  vuii  é  toiii![ou  d'oh  ; 
l'auteur  a  traduit  :  «  plus  tôt  on  la  tourne,  plus  la  terre  est 
friable,  plus  longtemps  elle  est  exposée  aux  raN'ons  du  soleil, 
plus  elle  vous  rapportera  ». 

Voici  d'autres  exemples  des  emplois  de  ^(7  en  van.  :  sel  mid 
via  hreskc  ...,  sel  viui  c  tiskoé,  plus  il  croissait,  plus  il  montrait, 
abbé  Buléon,  Hisîoér  sanlél ,  1896,  p.  90;  sel  iinii  via  hovi- 
preiié  ...,  chifein  e  hré  ...,  sel  î^iiéh  via  kavé,  à  mesure  qu'il 
comprenait,  il  s'affligeait;  toutes  les  fois  qu'il  trouvait,  31; 
sêl-giiéb  vie,  toutes  les  fois  que,  Livr  hugalé  Mari,  14;  hou 
iriihé  dohevih  e  gresq  Sel-viui  via  la  devib  bout  ingrat,  votre  mi- 
séricorde envers  nous  s'accroît  en  raison  de  notre  ingratitude, 
Choccs,  1835,  p. -170;  sel-viui  ma  cârér,  viui  é  venncr  cârein, 
plus  on  aime,  plus  on  veut  aimer;  sel-uuii  ma  cârér,  ...,  mui  é 
cresq  Er  gloër,  plus  on  aime  ...,  plus  grandit  la  gloire,  185  ; 
sel  mui  a  guéris  a  ::aibrou  sel  qucnioh  eiiou  ïah,  tant  plus  il  man- 
gera de  cerises,  tant  plus  tôt  il  sera  guéri;  sel  bihannan  e  lis- 
couan  me  c'haranle  en  e  gueiier  sel  brassoh  é,  tant  moins  je  tais 
voir  d'amitié  pour  lui  tant  plus  je  l'aime,  Châlons  vis,  v.  iant\ 
cêl-viui  cœll-gùadl  (.<■  tant-plus  tant-mieux  »  l'A.;  sel  splannoh 
ma  ta  en  dé,  sel  shieroh  é  huélamb  en  duadur,  ou  sel  viui  ma  ta 
en  dé  de  splannein,  skiéroh  skier  é  huélamb  en  duadur,  plus  le 
jour  devient  brillant,  plus  nous  voyons  clairement  les  taches, 
abbé  Le  Bayon,  Grammaire,  59.  Voir  §  8,  27. 

3.  Mu(i)oc'h  et  uchtroc'h  ont  la  terminaison  du  comparatif, 
nous  verrons  plus  loin  pourquoi.  Troude  dit,  p.  694,  que 
«  lorsque  le  comparatif  est  peu  ou  pas  usité  ou  malsonnant  à 
l'oreille  »,  on  peut  l'éviter  par  des  tournures  comme  celles-ci: 
(il  sera  vendu)  deux  fois  plus  cher  que  l'or,  daou  c'hemeni  he 
boue::^  a  aour  (=  le  double  de  son  poids  d'or)  ;  kalounek  enn  tu 
ail  d'he  vreiir,  ou  dreist  he  vrcur,  =  courageux  au  delà  de,  au- 
dessus  de  son  frère  ;  paour  enn  ho  kever-choui  =  pauvre  à  côté 
de  vous.  Ce  sont  là  des  questions  de  style  plutôt  que  de  gram- 


Études  bretonnes.  ^71 

maire  ;  il  n'en  huidiMit  rien  conclure  contre  l'extension  consi- 
dérable du  sulîixe  -('(■'/;. 

4.  —  \'oici  un  passage  où  sont  mêlées  les  deux  premières 
catégories  de  comparatifs  bretons:  (///  avcl  evidoc'h  Mu'giicl  din 
so  doiiocaplocl),  litt.  «  le  vent  pour  vous  plus  qu'à  moi  est  plus 
redoutable  »,  P.-D.  de  Goësbriand,  Fables  choisies  de  La  Fon- 
taine traduites  en  vers  bretons,  Morlaix,  1836,  p.  8.  Ceci  rap- 
pelle en  latin  favorabiliores  poiiiis  (Gains),  etc. 

5.  —  En  étudiant  la  terminaison  du  comparatit  breton  dans 
sa  Zeitschrift  fi'ir  ceJlische  Philoloi^ie,  III,  137,  M.  Stern  a  cité 
pour  la  langue  moderne  piuvidikoc'h,  plus  riche,  d'après  ma 
Petite  Grammaire,  et  poin^  le  moyen  breton  pcnhuihoh,  d'après 
mon  Glossaire,  p.  492.  Mais  cette  dernière  forme  n'est  pas 
donnée  là  comme  ancienne  :  la  référence  L.  el  I.  26  renvoie  à 
un  texte  vannetais,  le  Livr  cl  labourer,  comme  l'explique  la 
note  2  de  la  p.  7. 

Dans  cet  instructif  article,  l'auteur  s'est  attaché  à  montrer 
que  la  terminaison  du  comparatif  en  gallois  a  été  -ach  avant 
d'être  -hacb,  et  que  cette  dernière  forme  est  due  à  l'inHuence 
du  superlatif-/;^?/  :  cf.  v.  gall.  ^uobriach,  plus  grave,  à  côté  du 
v.  gall.  ou  V.  comique  hinhaiii,  le  plus  vieux.  La  même  alté- 
ration a  eu  lieu  en  comique  (où  les  deux  degrés  de  compa- 
raison se  sont  d'ailleurs  presque  confondus),  et  en  breton  :  piu- 
vidikoc'h, peuhuihoh,  en  regard  du  gall.  pcndcvif^ach.  La  question 
mérite  d'être  examinée  de  plus  près,  en  ce  qui  concerne  l'ar- 
moricain. 

Le  dialecte  de  Vannes  emploie,  comme  les  autres,  des  for- 
mes comparatives  qui  supposent  -hoc'h  et  non  -oc'h;  telles 
sont:  rokoh,  cité  Gloss.,  578,  propossoh,  515,  volauléussoh,  741, 
spisoh,  G^i,  fouaploh,  241,  dissafarroh,  184.  Il  écrit  même  par- 
fois cet  /;-  après  une  voyelle:  didruéhoh,  plus  impitoyable, 
Grammaire  de  Guillome,  1836,  p.  24;  duhoh  et  duoh,  plus 
noir,  Gram.  de  Le  Bayon,  1896,  p.  .|.  Le  doublement  des  li- 
quides est  indiqué  par  Guillome:  cruelloh,  plus  cruel, /rt/Zo/;, 
pire;  il  n'est  pas  constant:  digoroh,  Gloss.,  168;  havaloh, 
plus  semblable,  l'A.,  v.  vermicelli,  etc.  De  même  dans  les 
autres  dialectes:  xv!!"'  siècle,  faciloc'h,  231,  et  même  projiia- 
bloc'h,  515  (à  côté  de  convenaploc'h,  118,  et  des  exemples  plus 


572  E.  Eniault. 

rcccnts,  ccy:;j^oc''h,  634,  dou~^::pc'h,  194,  etc.);  trcc.  hitanuoc'J), 
plus  prompt,  hacrvoc'h,  plus  beau,  bueUoc'h,  plus  haut,  Gram. 
de  Hingant,  147;  cacroc'h,  uheloc'h,  Gram.  de  Grcg.,  51  ;  di- 
gorroc'h,  (se  montrer  de  façon)  plus  claire,  plus  visible,  adreus- 
soc'h,  plus  obliquement,  Fauch-Co:^,  16,  etc. 

Quant  au  moyen  bret.,  il  avait  commencé  à  dire  -hoc'h,  mais 
il  s'en  faut  que  ce  fût  la  prononciation  unique,  ou  même  do- 
minante. JVn  trouve  trois  exemples  dans  le  Dictionnaire  élynio- 
loi^iqiic  qui  suit  mon  édition  du  mystère  de  S""  Barbe  :  hrassoch, 
iicssoch,  pclhocb  (à  côté  de  pelloch)  ;  et  trois  dans  le  Gloss.  :  apro- 
phetoch,  hihannoch,  galloudusscc  (sic).  Un  seul  est  tout  à  fait 
concluant,  c'est  aprophciocb,  plus  approuvé,  cf.  van.  supportclob, 
plus  supporté  («  plus  toléré  »),  TA.,  v.  outrer,  sametlob,  plus 
chargé,  §  31,  tréc.  avauseloc'b,  plus  avancé,  Histoariou,  1857, 
p.  3,  etc.  Mais  il  y  a  un  cas  directement  contraire:  largocb, 
dans  deux  textes  différents.  Deux  laissent  la  question  indé- 
cise :  /^rwor/;  (Dicl.),  btibasquocb  (Gloss.).  Tous  les  autres 
sont  en  faveur  de  -ocb:  abilocb,  isclocb  et  iseloiicb,  vbelocb,  vue- 
locb,  querocb,  scJaerocb  (Dicl.),  fiirocb,  necesscroucb  (Gloss.), 
tomocb,  bibanocb,  huanocb,  neue:^xb  (Dict.),  goa:^ocb  (Gloss.), 
boneslocb  (Dict.).  Le  choi.x  entre  les  variantes  bibanocb  et  bi- 
bannocb,  pelbocb  a  pe  II  ocb  est,  en  partie,  une  question  d'ortho- 
graphe :  on  trouve  au  superlatif  benbaff,  Hcunaff  et  beuajf  ; 
guellbaf,  guelbajf  Qigiicllaff ;  miiybajf  ci  uiuyaff,crcffbajj,  cre^ajj 
et  creaf,  etc.  Voici  les  superlatifs  connus  des  mots  cités  :  abil- 
baff,  -illaff,  -Haff,  bibanbaf,  -annaf,  -anaff ;  brasbaff,  -ssajf ; 
furbaff,  fitraff;  galloudussaff;  goa:{baff,  goa~aff;  babasquaff ; 
bonestaf;  iselbaff  ;  ncssajf  ;  neite::^aff;  qiierbaff,  queraff;  sclerbaff; 
toinaff;  iibelbaff,  vbclaff;  e:;i'iielbiiff.  Cette  hésitation  se  montre 
par  ailleurs  pour  les  mômes  finales  :  criielbalf,  dijficilaff,  facil- 
bafu,  falbaf,  (baelaf),  principalafu  ;  ca:{rajf,  bacraf,  ponnerbaff, 
paoïtrbaf  et  paouraf,  piirbaf;  dinbaff,  Jiiiaff,  letntaff',  laoïieubaf ; 
prinibaff;  dynoasbaf,  eiirussaff,  foniissaf,  graciussaf,  jocusaff  cl 
joyeussaff,  iolisbaff,  liessafii,  spessaff;  diue~bûfii  et  diiie~aff;  les 
autres  cas  sont  :  garubaff,  scafjbaf,  propic-aff .  Le  /  reste  tou- 
jours: r^/A'/^/^,  Z/c^^^zm///^,  iietaf,  secrctajj ;  plaesantaff,  prudantaff, 
qiientaff;  tnistaff,  prestaff.  Le  c  peut  se  redoubler  :  beccaf,  buecaf; 
bl  devient/)/  .•  bnniplaff,  orriplajf. 


Etiuics  bretonnes.  ^57^ 

On  voit  que,  dans  le  nombre  bien  plus  considérable  des  su- 
perhuits  du  nioy.  brct.,  il  n'y  en  a  pas  un  qui  ait  gardé  ou 
repris  la  consonne  douce,  comme  dans  lartyocb,  de  A//y,  lare, 
large,  loin';  et  qu'un  seul  comparatif  présente  la  notation 
-hoch,  dans  des  conditions  où  l'on  peut  d'ailleurs  regarder  1'/; 
comme  un  simple  emprunt  graphique  à  la  terminaison  -hajj. 
Il  y  a  donc  tout  lieu  de  supposer  que  la  torme  traditionnelle 
du  comparatif  était  bien  -ocJ),  et  que  apropheloth  représente  une 
innovation  analogique. 

Ceci  semble  confirmé  par  le  v.  breton  entera foh,  gl.  inop- 
portunius,  Rev.  Cclt.,  IV,  338. 

6.  En  regard  du  gall.  -ach,  comique  -a,  -e,  le  moy.  bret.  a 
donc  -oeh,  avec  deux  exemples  de  -oiieh,  et  un  de  -ee.  La  gram- 
maire du  P.  Grégoire  donne,  p.  51,  une  variante  moderne 
-ach:  «  Dans  la  Basse  Cornoùaille,  c'est-à-dire,  depuis  Châ- 
teau-Neuf jusqu'à  Penmarh;  Audierne,  et  Camaret,  les  com- 
paratifs sont  plus  ordinairement  en  -ac'h,  comme  chez  les 
Gallois;  ainsi  ils  disent  :  hraç:;^ac'h,  biban\a\c'h ;  caërac'h,  vilac'h; 
isélac'h,  uhclac'h,  etc.  ». 

M.  Stern  rapproche,  p.  156,  157,  le  comparatif  gallois  des 
noms  dérivés  en  -ach,  qui  expriment  généralement  une 
nuance  de  mépris  :  dynionach,  gens  misérables;  ce  serait  une 
formation  -a-cc-,  voisine  de  -â-c-  (gall.  -awc,  bret.  -eue,  -ec) 
et  de  -i-c-  (lat.  aiidax,  loqiiax,  à  côté  de  civiciis,  mordicus  et 
mord  ex). 

Je  ne  crois  pas  qu'on  puisse  appuyer  ceci  de  la  forme,  sans 
doute  fautive,  _tTrt//c)//(///jj-(r;  mais  l'alternance  de  Va  avec  c  (et 
oh)  recevrait  ainsi  une  explication  plausible.  Cf.  les  adjectifs 
bretons  en  -oc'h,  -ouc'h  et  -ek  comme  gauloc'h  et  gaolek,  qui  a 
de  grandes  jambes,  GIoss.,  99,  à  côté  de  -ac'h,  -ec'h  dans  gau- 
nac'l),  gâiuicc'h,  stérile,  255,  van.  gannéh,  gannéheenii,  vache  qui 
passe  un  an  sans  porter  et  qui  donne  du  lait,  l'A.  Le  gall.  ga- 
flach,  enfourchure  et  javelotj  est  "regardé  par  M.  Rhys  comme 


I.  Le  mot  doit  venir  du  franc,  largue,  cf.  larguer.  Littré  remarque  que 
ce  n'étaient  pas,  au  xvi^  siècle,  des  termes  exclusivement  marins,  et  au 
Siippliiiieiit,  il  restitue,  d'après  le  v.  franc,  lars,  large,  un  masculin  *larc. 
On  lit  dans  Godefroy  larguesche,  largeur,  largueche,  libéralité. 


574  ^-  f-"^"'J"''^ 

d' ovii;\nv  i^AÙliquv  (iv\.  j^abhlach,  cornu,  }ioiiuu,  fourchu),  Goi- 
delic  luords  in  brylhonic,  280,  281. 

Cf.  encore  moy.  brct.  cukchcn,  orme,  mod.  evlec'ljcn,  iilo- 
c'hcn,  Gr.,  guc:^ni  ciijhch,  Nomcncl.,  107,  qui  s'expliquerait 
bien  par  «  arbre  J'ormaie  »,  avec  la  même  terminaison  collec- 
tive que  le  gall.  afallach,  verger,  pommeraie  ;  Grég.  donne 
evlec'h  et  uloc'h,  ormes;  Roussel  vis  «  cvlac'h,  ciivlac'h,  ormeau, 
arbre  »  ;  D.  le  Pelletier  :  «  Evlac'h,  Eiulac'b  et  Ewclcch,  que 
l'on  prononce  en  quelques  cantons  Eoiilach,  Ormeau,  arbre. 
M.  Roussel  m'a  appris  que  l'on  dit,  en  son  pays  de  Haut-Léon, 
EovJcc'h...  Le  pluriel  est  inconnu,  et  en  sa  place  on  dit  Ar- 
-ive\  evlacb  ».  Mi  lin  ins  a  cette  note  :  «  on  dit  cnvlcac'h,  cnvlech 
en  h.  Léon  ». 

7.  Les  comparatifs  gallois  de  substantifs,  comme  Ucssacb, 
meilleur,  de //«,  avantage  (Stern,  156)  ont  des  parallèles  en 
bret.,  cf.  Gloss.,  420;  kirichoch,  plus  cause,  plus  coupable,  557; 
Troude,  v.  dcii\  pet.  tréc.  otrooc'b,  plus  monsieur,  mieux  ha- 
billé; et  dans  bien  d'autres  langues  :  grec  y.îpo'.cv,  plus  utile,  de 
y.içilz:,  gain,  voirBréal,  Mémoires  de  la  Société  de  Linguistique, 
IX,  36,  37;  Y.Ti-.zpz'),  plus  chien,  plus  cynique;  basque  hideago, 
(ce  chemin  est)  plus  chemin,  meilleur,  etc. 

8.  D'autres  formations  curieuses,  particulières  au  breton, 
et  sans  doute  récentes,  sont  :  kouhoc'h  ha  nw,  qui  vaut  mieux 
que  moi,  à  cause  de  quencouls,  aussi  bien,  Gloss.,  535;  siil 
lua  ...,  snloc'h  siiloc'h  e  dcuc  ...,  plus  ...,  plus  il  enfonçait, 
624,  au  lieu  de  seul  vui,  sulvu,  sûl  mu,  d'autant  plus,  ou  seul 
doiiinrh,  d'autant  plus  profondément;  estroc'h  evid-ouu,  d'autres 
que  moi  (font  cela)  ;  (il  sera  puni)  plus  que  moi,  Troude,  à 
côté  de  estr  e^ed-oun,  plus  que  moi,  ibid.,  eslrevit-oun,  cstre- 
gued-on,  «  autre,  ou  autres  que  moi  »  Grég.,  van.  estroh,  da- 
vantage, plus,  Châl.,  estroh  aveid  ur  gouli,  plus  d'une  plaie, 
Choces,  68,  eistroh  eid  un  arall  caret,  (qu'est  ton  bien-aimé) 
plus  qu'un  autre,  Celtic  Hexapla,  V,  9,  dialecte  de  Batz,  uch- 
troc'h  a  lecht ,  plus  leste,  uchtroc'h  degn  u,  homme  plus  fort  que, 
uchtrom  muit  a,  bien  plus  de,  du  v.  franc,  estre,  outre,  en  plus 
de;  contre  (son  gré);  en  dehors  de,  excepté,  hormis.  Istre  se 
trouve  encore  en  bret.  avec  son  sens  primitif  de  préposition  : 
«  outre,  en  plus  de  »,  Gloss.,  223.  Il  est  assez  probable  que  estr 


Etudes  bretonnes.  575 

t'get  est  dû  à  un  mélange  Je  cstr,  cslir,  avec  cstivc'h  cgct  ;  cette 
locution  elle-même  a  été  suggérée  par  la  synonymie  de  estr  et 
mui  ou  mu'wc'h  egct,  etc. 

M.  Loth  a  tiré  <'5//-  d'un  celtique  *c.x-lr-,  Mois  lai.,  124, 
sans  donner  d'exemple  exact  du  même  fait  phonétique,  que 
rendent  fort  suspect  ici  les  formes  galloises  cithr,  en  outre, 
cithaf,  extrême.  Le  Lexique  de  M.  Henry  donne  la  même  ex- 
plication pour  estr,  estré,  et  l'appuie  de  la  comparaison  de 
entré;  mais  celui-ci  n'a  point  d'équivalent  *ehtr,  parallèle  à 
estr;  tandis  que  la  variation  estr,  estré,  se  justifie  par  le  v.  franc. 
estre:ci.  r/wi-,  chiens,  et  cbasé,  chasse,  etc.,  Rev.  Cell.,  VIII, 
526;  IX,  379. 

9.  Le  cornouaillais  teiiskoc'h,  «  de  médiocre  qualité,  parlant 
des  personnes  »,  Trd.,  paraît  être  pour  *toueskoc'h,  de  é  iouësq, 
en  van.  parmi,  Rev.  Celt.,  XIX,  200.  Pour  le  sens,  cf.  tud 
heiitré,  les  petits,  Gloss.,  212,  de  eùlredaoït,  médiocre,  médio- 
crement, Gr.,  littéralement  «  entre  (les)  deux  ». 

10.  Très  peu  d'adjectifs  et  d'adverbes,  sauf  ceux  de  ces  der- 
niers qui  ont  la  terminaison  -iiiaiil,  ou  en  van.  -malt,  Gloss., 
395  {ci.  ai'isélt-)iia!t,  judicieusement,  à  côté  de  ai'i\élt  iiiatt, 
judicieux,  TA.),  sont  privés  de  comparâtes  en  -oc'h.  On  peut 
citer  nieur,  grand,  malgré  une  indication  contraire  du  P.  Gré- 
goire, cf.  Gloss.,  411;  meurbel,  hais,  elei~,  van.  iiierbet,  kals, 
eleih,  beaucoup. 

11.  —  Les  formes  originairement  divergentes  ont  même 
été  ramenées  au  type  commun  par  l'addition  de  -(h)oc'b,  soit 
au  positif:  van.  ww/o/;,  meilleur,  droucoh,  plus  mauvais,  falloh, 
pire,  Guillome,  trécorois  luatoe'h,  droukoc'h,  falloc'h  (Le  Fèvre 
donne  niadtoh,  falloh,  Hingant  niâtoc'h);  soit  à  l'ancien  compa- 
ratif: van.  gùel,  meilleur,  gouèh,  pire,  ibid.,  tréc.  givelloc'h, 
gwasoc'h. 

Cette  tendance  remonte  au  moy.  bret.,  qui  avait  goa:(et 
goa^och,  pire,  nés  et  nessoch,  plus  prés;  on  ne  trouve  qu'à 
l'époque  suivante  giuelloc'b,  meilleur,  miiioc'h,  plus,  keiitoc'h, 
plus  tôt.  Le  gall.  a  de  même  giuell  et  giuellach,  gwaeth  et  giuae- 
ihach,  iniuy  et  miuyach,  cynt  et  cyntach. 

12.  —  Le  breton  moderne  ne  sent  plus  l'idée  du  comparatif 
dans  ;/c';;  :  ty  nés,  ty  laust,  maison  prochaine,  va  c'har  nés,  mon 


576  E.  Ernanlt. 

proche  parent,  va  rc  ncs,  van.  me  rc  ncs,  me  -mi  iiès,  mes 
proches,  nesoc'h,  (il  m'est)  plus  proche;  adv.  e:;^  nés,  é  nés,  nés, 
proche,  près  (la  maison,  la  ville),  Gr.  Je  crois  encore  qu'il 
tant  ajouter  l'expression  a  ;/t''^  qemeh--::e,  a  ne:^,  a-nî\,  sans  cela, 
à  moins  de  cela,  autrement,  Gr.,  rm*-  ma,  à  moins  que, 
Gloss.,  444,  gall.  nés,  jusqu'à  ce  que  (cf.  en  petit  Tréguier 
belek  na  réfel  ket,  pourvu  que  vous  ne  fassiez  pas,  de  hetek, 
jusqu'à).  On  peut  rapprocher,  par  exemple,  -car  m\  nierveil, 
sur  le  point  de  mourir,  Gr.,  de  ane:^  mervel,  à  moins  de  mou- 
rir, sans  mourir,  tant  qu'on  ne  meurt  pas.  M.  Henry  tire  an-é:^ 
de  an-  privatif,  dérivation  en  elle-même  peu  probable. 

Il  y  a  donc  une  différence  appréciable  entre  les  expressions 
de  forme  identique  sellil  otrou  pegen  nes-kar,  voyez,  monsieur, 
.  quel  proche  parent!  Coll.  Penguern,  I,  114,  et  0  pegen  giua:;^ 
«  oh!  quel  malheur!  »,  0  pegen  gwell,  «  oh  !  quel  bonheur!  » 
Sonion  Breii-I:^'l,  I,  50,  52  (tant  pis,  tant  mieux),  celles-ci 
suivies  des  réponses  giva^  a-bed,  giuell  a-bed,  pas  du  tout  !  (tra- 
duit «  malheur  aucun  »,  w  bonheur  aucun  »,  litt.  «  aucun 
pis  »,  «  aucun  mieux  »,  d.  jame~ebeJ,  jamais  de  la  vie,  Mém. 
Soc.  ling.,  X,  330. 

13.  Même  effacement  de  l'idée  comparative  dans  le  bret. 
mod.  ken  goa~,  si  mauvais,  kerkehl,  xrcc.  keukent ,  aussitôt,  et 
peut-être  dans  kellie:;^,  aussi  nombreux,  moy.  quenJies,  qnen 
lieux,  Gloss.,  275,  276.  Le  simple  kent  signifie  a  plus  tôt  », 
comme  gzuell,  meilleur  ;  lies  n'avait,  dès  l'époque  du  moy. 
bret.,  d'autre  sens  que  «  plusieurs,  beaucoup  »,  et  «  sou- 
vent ». 

14.  Ouent  était  aussi  en  moy.  bret.  une  préposition  :  qncnt 
dispartiaf,  avant  de  partir,  quent  e^  flachiff,  avant  que  je  bouge, 
quent  ma  ho  prcnas,  avant  qu'il  les  rachetât.  De  même  en  bret. 
moderne.  Je  ne  sais  s'il  faut  voir  un  gallicisme  dans  le  bas  van. 
kentoc'lj  de  lahein,  avant  de  tuer,  Bar~a:;^  Brei:^,  342  ;  on  dit 
d'ordinaire  quent  eit  merhuel,  avant  de  mourir,  Cbows,  100,  et 
kent  meriiel,  Buléon,  Hist.,  144;  quênt  ma  oemb,  avant  que 
nous  fussions,  Gner:^enneu  Gui  Home,  ^^,  quent  hum::jscoei,  avant 
qu'il  se  montre,  Celt.  He.x.,  IX,  6,  quênt  n'hum  :^iscoei,  II,  17. 

15.  Le  bret.  mov.  a  is  tomp,  au-dessous  de  nous,  is,  au- 
dessous  de,  sous,  mod.  a  js,  js  deomp,   au-dessous  de  nous. 


pjiidts  bretonnes.  377 

plus  bas  que  nous,  a  js  ho  hcid,  au-dessous  de  vos  pieds,  Gr., 
is,  plus  bas  que,  dans  les  noms  de  lieu,  Auii.  de  Brcl.,  XV, 
395,  is  ar  paik,  401,  est  le  comparatif  gall.  is. 

Dans  le  sens  contraire,  on  trouve  en  moy.  bret.:  a  v:^  ma 
pcnn,  au-dessus  de  ma  tète;  auclj  iiii  prni,  au-dessus  du  pré; 
en  bret.  mod.  ii~d(i,  il  nsl  da,  a  ciicb  dii,  au-dessus  de,  hiist, 
en  haut,  Gloss.,  731  ;  a  //^,  «  au  dessus,  par  dessus  »,  Gr. 
Cette  alternance  des  sons  5  et  c'h  est  expliquée  à  tort  par  la 
phonétique,  Dict.  ct\in.  v.  crisajf,  11  bel  ;  Gloss.,  6^6;  elle  est 
due  à  l'influence  de  is  :  cf.  a  /<-  hac  a  js,  «  au  dessus  de  vôtre 
tète,  et  au  dessous  de  vos  pieds  »,  Gr.  (comique  a  itch,  gall. 
ncb,  au-dessus  de,  uch,  plus  haut).  Une  analogie  du  même 
genre  a  donné  en  van.  ihitcl,  haut,  pour  hJjcI,  d'après  /-c/,  bas  ; 
et,  inversement,  en  irl.  icJjlar,  partie  inférieure,  d'après 
l'tachUu,  partie  supérieure  {Urkcll.  Sprachscb.,  33). 

16.  Un  autre  mélange  dont  témoignent  les  Koiickvi,  est 
celui  de  a  uch,  a  ii~,  avec  le  v.  bret.  diiirth,  qui  eut  dû  devenir 
en  moy.  bret.  *diour~,  pour  lequel  ontvoiwc  diou:^,  dio:^,  dioiicb, 
diocb.  Il  devait  y  avoir,  du  reste,  un  composé  bret.  *tt  di-ncb, 
répondant  au  moy.  gall.  0  dyuchtaiu,  au-dessus  de  lui  {Dict. 
ctxin.,  V.  dioii:0.  Dans  le  nom  de  champ  dyeucb  an  cors,  en  1450 
(Loth,  Chirsloiiiatbic  bret.,  202),  nous  avons,  je  crois,  un  com- 
posé de  (//-  avec  aiicb,  qui  est  du  même  temps  (Jbid.,  236); 
sur  le  changement  à.\i  en  e  devant  //,  cf.  Rcv.  Ce! t.,  XVI,  230, 
231.  *Di-a-ucb,  au-dessus,  est  formé  comme  moy.  bret.  dia- 
dreff,  par  derrière,  diaraiic,  a  diaraoc,  d'avance,  devant,  a  dia- 
i^ueiif,  auparavant,  a  diapar-,  en  dedans,  diapell,  a  diabell,  de 
loin  ;  mod.  diaveas,  en  dehors. 

La  seconde  syllabe  de  aioii:^  oiiip,  au-dessus  de  nous,  NI  89, 
rime  en  11,  ce  qui  n'arrive  jamais  à  diou:^,  on::^.  Sans  être  né- 
cessaire, une  semblable  rime  est  fort  probable  dans  la  locution 
pléonastique  a  dioitch  a  vuhel,  430  (a  ::^iiic'b  a  iic'IkI).  La 
strophe  62  contient  a  dioii:;^  et  a  dyoïi:;^,  hors  de  la  rime  (eno,  a 
dyoïi^  e  peu,  il  faut  corriger  en  0  peu,  leur  tête,  cf.  en  bro  a  dyoucb 
ho  peu,  147).  La  langue  moderne  a  a  ■^^ioc'h,  «  au  dessus,  par 
dessus  »,  a:Qoch  ho  peu,  au-dessus  de  votre  tête,  a  ::^ioc'h,  hac  a 
js,  par-dessus  et  par-dessous,  Gr. 

17.  Le  moy.  bret.   trecb,  vainqueur  (jnir,  de),  mod.   Ircc'Jj, 


578  E.  Krnault. 

trcac'h,  victorieux,  supérieur,  ((/</,  à),  est  aussi  un  ancien  com- 
paratif, =:gall.  tirch,  supérieur;  cf.  Henry,  v.  trcach,  2. 

18.  Le  Lexique  voit  dans  iaoïiber,  adj.  puîné,  cadet,  moy. 
bret.  yoiiaer,  jouvenceau,  un  dérivé  du  radical  *yuv-,  de 
iaoïiahk,  jeune.  D.  Le  Pelletier  avait  décomposé  iaouer,  iaiier, 
«  cadet,  dernier  de  tous  les  fils  ;  le  plus  jeune  des  garçons  qui 
doivent  avoir  part  à  l'héritage  »,  en  iau  =  gall.  iaii,  plus 
jeune,  et  ber,  héritier;  ce  que  je  crois  exact.  Il  avait  tort  seu- 
lement de  regarder  la  variante  iaoiïacr,  iaoiiaher,  qu'il  déclare 
meilleure,  comme  contenant  \\\\  superlatif  *  iaoïia  :  cf.  moy. 
bret.  aer,  bear,  héritier  ;  peiiiier,  fils  unique  ;  qtiet  aere^,  cohé- 
ritiers; Pel.  donne  les  pluriels  iaoiïere!  Qiiaoi'terien,  en  ajoutant 
qu'ils  sont  peu  en  usage;  Grég.  a  yaoiïaër,  pi.  \eu,  cadet, 
^mnc\yaonaër,  ^\.cd,yen,  juveigneur  ;  vmwrt^iT,  pi.  <•</,  jeune 
héritier.  La  conservation  de  la  diphtongue  peut  paraître  sur- 
prenante, cf.  peiiii-hear,  peun-lker,  penn-ccr,  pi.  peniuered,  seul 
héritier,  Gr.  ;  mais  elle  a  dû  être  favorisée  par  le  mot  qui  ex- 
prime l'idée  corrélative,  heuaour,  pi.  yen,  aîné,  Gr.,  cf. 
Gloss.,  317.  Nesaoïir,  nesaer,  voisin,  pi.  yen  Gr.  semble  une 
imitation  de  ces  mots  plutôt  qu'un  dérivé  direct  du  moy.  br. 
nessiil,  approcher. 

M.  Loth,  Chreslonitilhie  Brel.,  142,  voit  aussi  le  gall.  iaii 
dans  iaonher,  et  propose,  avec  doute,  de  rapprocher  les  noms 
du  V.  bret.  comme  loii-inonoc.  Cf.  sanscr.  yavi\as,  etc.  ; 
Sommer,  /(7i,^  Forseh.,  XI,  76,  77,  239. 

19.  On  pourrait  aussi  expliquer  par  un  correspondant  armo- 
ricain du  gall.  byn,  plus  vieux  (v.  irl.  siniii,  sinu,  de  * sen-yôs, 
Sommer,  220,  222,  223),  plutôt  que  de  /;/;/,  température, 
quelques-uns  au  moins  des  noms  comme  Hin-inoi,  Cbrest., 
137  (j=z  ]}\n,  )nîi'y,  plus  vieux,  plus  grand  ?). 

20.  En  regard  du  gall.  lltii,  moindre,  moins,  lleiaf,  le  plus  petit, 
on  trouve  en  v.  bret.  lei  dans  nabiilei,  néanmoins,  et  leibaw, 
Cbrest.,  144;  ci.  v.  irl.  laii^iii,  hïign,  hif^n,  moindre.  Sommer, 
220,  222,  lat.  levior,  grec  èXâ-stov,  etc.;  au  positif  v.  bret.  lav, 
gl.  vilem,  moy.  bret.  Jau,  mauvais,  Rev.  Celt.,  VIII,  505. 

Le  V.  bret.  devait  avoir  aussi  *hoi  =  gall.  hwy,  plus  long, 
à  côté  du  superlatif  boiani  =  bnyaf,  Cbrest.,  138;  Rev.  Celt., 
XV,  94. 


fHiuics  breton  lies.  379 

21.  Un  indice  permet  de  croire  que  déjà  en  v.  brct.  Ici  a\m 
pour  s\nonvme  le  niotqui  est  i\cxcnuiielk'nloc'h,  cf.  Glos^.,  440. 

«  Plus,  ou  moins  »,  est  rendu  par  Grég.  :  niuy,  pc  vihanoc'b; 
muy,  pcvihafmoc'h  ;  et  par  l'A.,  iiiiii  pc  bibannoh.  Déjà  en  moy. 
bret.  bihanuoch  voulait  dire  «  moins  »,  cf.  Gloss.,  67  ;  le  dial. 
de  Batz  dit  bicnoc'h ,  do  hcitr  bicnoc'h  iir  c'hart,  deux  heures 
moins  un  quart  ;  a  viciioc'h  Icc,  à  moins  que. 

Pour  a  Ni  plus,  ni  moins  »,  Grég.  donne,  s.  v.  plus:  (Nci 
niiix,  iiii)  bihaiioc'h;  iictbciiloc'h  ;  iiicas ;  nues  ;  iiiciil  ;  qct  ;  et  s. 
V.  moins:  (Ka  iiiiiy  na)  nues;  mens;  iicitbciid  ;  qcn  ;  qél  ;  \i\n. 
(na  mit\'  na)  qin  ;  bihannoc'h.  Le  rapprochement  des  deux  pas- 
sages montre  que  tous  ces  mots  ne  sont  pas  nécessairement 
des  équivalents  de  «  moins  »,  ni  des  comparatifs  :  ncubciid 
veut  dire  peu;  cf.  miii  cvit  'bihan,  plus  que  moins,  Trd.  695  ; 
meut,  proprement  «  quantité  »,  peut  signifier  «  beaucoup  »,  et 
être  extrait  de  ke-mcnt,  autant  (avec  influence  du  franc,  maint?). 
Qcn,  qin,  veut  dire  «  (ne)  plus  »  ;  qcl,  «  pas  »,  ou  «  rien  ». 
Quant  à  mas,  incas,  on  pourrait  se  demander  si  ce  n'est  pas, 
comme  qèn,  qin,  un  synonyme  de  niu\,  plus,  =  nioy.  bret. 
mas,  cf.  franc.  «  je  n'en  puis  mais  »;  voir  Gloss.,  396;  Ar- 
chiv  fïtr  celt.  Lcxikographic,  II,  620.  Une  autre  explication 
d'après  le  franc,  moins,  mains,  d'où  van.  ne  pu  ne  moins, 
pourtant,  Châl.  ms,  et  qui  est  devenu  mes  dans  le  bret.  de 
Batz,  à  mes  ke,  à  moins  que,  au  moins  que,  (pour  que  du 
moins),  est  également  plausible  {Rev.  Celt-.,  XVI,  234). 

Peut-être  »rt  mai  na  * mé(ii)s{i\u  fr.  mains)  a-t-il  donné  la  va- 
riante meas  sous  l'influence  de  *  macs,  *meas,  plus,  moy.  bret. 
mas.  Pour  l'obscurcissement  du  sens  d'un  second  mot,  dans 
des  locutions  composées  de  ce  genre,  on  peut  comparer /av/zc/// 
ha  kcr  bihan,  tant  et  si  bien,  litt.  (c  si  grandement  et  si  peti- 
t(ement)  »  ;  et  le  franc,  peu  ou  pron,  où  ce  dernier  mot  est 
souvent  senti  comme  renchérissant  sur  le  premier,  et  signifiant 
pas  du  tout  :  «  Il  est  bien  évident  que  les  troupes  formant  la 
ligne  de  feu  coopèrent  à  l'assaut  en  même  temps  que  les 
troupes  dites  de  choc  qui  jusque-là  ont  peu  ou  prou  tiré  », 
Gênerai  XXX  dans  V Avenir  de  la  Vienne,  des  8,  9  février  1897, 
col.  2  ;  «  comme  le  garçon,  qui  a  un  emploi  rémunérateur... 
ne  voudrait  pas  d'une  bonne  fille  qui  n'a  que  sa  bonté,   son 


380  E.  Ernaiilt. 

intelligence  ci  s.i  beauté,  on  se  marie  peu  ou  prou  »,  P.  Mou- 
lin, Le  joiinidl  lie  rOiicsl,  10  mars  1896,  col.  2  ;  «  nous  ne 
tenons  pas  un  cabinet  de  consultations  juridiques,  mais  un  ... 
modeste  bureau  de  rensei<^nements  courants  qui  n'a  d'autre 
prétention  que  de  savoir  à  ]ieu  près  ce  que  tout  le  monde  est 
censé  connaître,  de  l'apprendre  à  ceux  qui  ne  le  savent  que 
peu  ou  prou...  »  Jean  sans  Terre,  dans  le  Pelit  Journal  du 
2  janvier  1895,  col.  2;  «  on  y  voit  [à  l'Académie  française] 
des  savants,  des  avocats,  des  évèques,  des  diplomates,  des 
ducs,  des  princes,  qui  n'écrivent  que  peu  ou  prou;  c'est  ce 
qui  en  tait  le  charme  »,  id.,  ibid.,  5  janvier  1893,  col.  i  ;  «  la 

route  —    était  hier  dans  un  état  déplorable Cet  état  de 

choses  est  bien  plus  préjudiciable  au  cycliste  qu'au  cavalier,  à 
la  vitesse  duquel  la  boue  nuit  peu  ou  prou  »,  PelU  Parisien, 
8  novembre  1893,  P-  3>  ^^^-  5- 

22.  Le  (vanç.  plus,  vulgairement /j/zj^  a  passé  en  van.  dans 
ne  pu  tie  moins,  pourtant,  Châl.  nis;  dial.  de  Batx  <].àns  pulo, 
plus  tôt,  Rev.  Ceil.,  III,  231,  et  pu-tart,  plus  tard. 

23.  Le  bret.  niui,  nui,  mi,  plus  (dans  hemiken,  seulement) 
peut  en  van.  se  combiner  avec  eit,  que,  cî.  Etude,  9,  ce  qui 
donne  mut  ;  mudocJ},  plus  que  vous,  Chàl.  ms.  Cf.  comique 
moys  kyns,  plus  qu'avant. 

Voici  un  passage  qui  présente  une  combinaison  semblable: 
Heinb  laret  nitra  d'é  tuèrent,  D'évani,  d'é  dad  na  d'é  iondred  Ker 
lul.kin  nieil  d'é  vorébet  ;  traduit  :  «  sans  prévenir  sa  flimille  ;  sans 
prévenir  ni  son  père  ni  sa  mère,  ni  ses  oncles  ni  ses  tantes  », 
Bulk'  bur/:udus  sant  Julian,  Légende  de  saint  Julien,  texte  po- 
pulaire publié  par  J.-M.  Cadic,  Revue  de  Bretagne,  de  Vendée  et 
d'Anjou,  août  1898,  p.  140.  On  attendrait  ker  bihanha,  «  aussi 
peu  que  »,  non  plus  que;  mais  il  s'est  fait  une  combinaison 
de  cette  expression  avec  son  équivalent  /;////  ('//,  plus  que,  ni 
non  plus,  ce  qui  a  donné  ker  biljan  ///'  eit. 

24.  Le  que  après  un  comparatif  se  rend  en  léon.  par  eget, 
en  tréc.  evit,  en  van.  eit,  aveit  ;  on  trouve  aussi  quelquetois 
I.m,  hag,  ac  {Gloss.,  309),  ou  absence  de  conjonction,  devant 
la  négation;  cf.  Gloss.,  437. 

25.  Les  comparatifs  en  -oc'h  n'ont  de  dérivés  que  les  dimi- 
nutifs comme  neubeuloc'bik,  un  peu  moins,  Gloss.,  440,  i:;eloc'hik 


Pjudcs  bretonnes.  ?8i 

(et  i-i'liLw'Ii),  un  peu  plus  bas,  etc.  ;  les  autres  peuvent  en  avoir 
davantage:  léon.  i^^iiellihil,  tréc.  i^wclhil,  devenir  ou  rendre 
meilleur  (on  ne  dit  iiuiUit  que  dans  tnarc'ha-iiuildt ,  devenir  bon 
marché);  i,^:f(/.w/7,  empirer  (i//t)//^v//,  devenir  mauvais,  méchant, 
faillit,  devenir  faible);  Ircc'Jn,  vaincre,  etc.  Je  ne  connais  de 
diminutif,  pour  ces  derniers,  que  le  pet.  tréc.  ïi'i'li'i/,  à  peu 
près,  de  *  (a)  lucUic,  sorte  d'abréviation  hypocoristique  de 
weU'Was,  en  moyenne,  litt.  «  mieux  (ou)  pire  »,  comme  en 
Lit.  plus  minus,  cf.  franc,  hoiiuii,  mal  au  {Gloss.,  297). 

26.  —  La  répétition  pure  et  simple  d'un  comparatif,  pour 
exprimer  l'idée  du  franc.  «  de  plus  en  plus  »  (comme  en  grec 
■/5aa:v  ;j.5aa:v,  lat.  magis  magis),  ne  se  montre  en  breton  que 
dans  l'expression  exceptionnelle  suloc'h  suloc'h  (§  8),  tandis  que 
le  positif  se  répète  souvent  pour  rendre  l'idée  du  superlatif. 

Les  Gallois  répètent  le  comparatif  en  adoucissant  l'initiale  la 
seconde  fois,  souvent  aussi  la  première:  mwyfwy,  yn  fiuyfwy,  ou 
fioyfwy,  de  plus  en  plus;  lleilai  ou  IciJai,  de  moins  en  moins; 
yn  ddyfnach  ddyfnach,  de  plus  en  plus  profondément,  etc. 

On  peut  trouver  en  breton  des  expressions  semblables, 
mais  où  la  langue  semble  avoir  cherché  à  différencier  davan- 
tage les  deux  comparatifs.  Cela  n'était  possible  que  pour  un 
petit  nombre  de  mots,  des  plus  importants,  il  est  vrai  : 

niyob-mux,  mihoh-mi,  mu-hoh-mu,  de  plus  en  plus,  en  van., 
ailleurs  muy-oc'h-miiy,  Gr.  ;  mai  oc'h  mai,  Roussel  ms,  mnioc'h 
inni,  McUc:^our  ar  galoun-::^akr,  Quimper  (1879),  p.  137, 
muioch-mui,  Emgann  Kergidu,  I,  143,  van.  mnyoh-mui,  His- 
ioëricu,  272,  mnibob-mni,  Choccs,  68,  mui-ob-mui  En  Est,  3, 
muyob-mni,  Bubc  er  sent  de  Crom,  49,  729,  /;////()/;  /;////,  Hist. 
sant.,  22,  53,  etc.;  lv~a  mn\-oc'b-mn\  cba}!Ç~iis  (être  déplus 
en  plus  fortuné),  prospérer,  Gr.,  et.  gall.  mwyfwy; 

gncU  ouc'b  vcll,  de  mieux  en  mieux,  mohuct  giicU-oc'b-vcU , 
prospérer,  Gr.,  guell-och-vell,  Bue:;^  er  sent,  XI,  VÀn.  giicUob 
giiel,  Chai,  ms,  v.  bien,  cf.  gall.  gzvellwell  ; 

goaç:^-oc'b-voaç~,  de  pis  en  pis,  Gr.,  goaç::^~oc'b-oai\,  v.  dc- 
cbeoir,  dépérir  ;  gwa':^oc'h-wa\^,  Trd.,  v.  fortifier,  gwas-oc'b-was, 
Bar-a:^-Brei:^,  21,  goasoc' b-goa::^,  Emg.  Kerg.,  I,  139,  van. 
goabob  goab,  Hist.  sahî.,  32;  de  plus  en  plus  (étonné),  Keriolet, 
25,  etc.,  cf.  gall.  gwaetlnvaetb. 


382  E.  ErnaiiU. 

Les  divergences  d'orthographe  montrent  qu'on  hésite  entre 
les  deux  analyses  luuioc'h-mui  ^=  «  plus  plus  »,  et  mui-oc'h- 
intii  =  «  plus  à  plus  ».  La  seconde  a  pour  elle  le  témoignage 
du  moy.  bret.,  où  l'on  ne  trouve  que  muy  ()//~  miiy,  iiiuy  0:^ 
iimy  et  gon~  0;^  goa:(.  Ce  n'est  pas  seulement  une  fontaisie  gra- 
phique: on  prononce  en  Tréguicr  mii-ou:^-mu ,  oivcUouî^-owelJ . 
Cf.  voas-ciis-voas ,  de  pis  en  pis,  Ricou,  Fabien  Esop,  1828, 
p.  99;  ^u>a::;^ou:^-gu'a:^,  Kroa:^  ar  Vreloned,  n°  140,  p.  i. 

Je  pencherais  cependant  pour  la  première  hypothèse,  d'après 
laquelle  goa:;^  o~  goa~  est  un  remaniement,  par  étymologie  po- 
pulaire, de  *goa::^och  goa-;  voir  §  11.  Si  goa:^  0-  goa::^  était  la 
forme  originaire,  on  attendrait  en  van.  des  variantes  comme 
*gonh-doh-goah,  et  ailleurs  * brasoc'Jj-ou:;-hrasoc'h,  etc.  J'ai  en- 
tendu à  Trévércc,  de  la  bouche  du  conteur  populaire  nr  pot 
Yan,  l'expression  muioc'h-ou~-inii,  mélange  de  muioc'h-mui  et 
de  mu-on:^-mu . 

27.  Des  expressions  d'apparence  semblable  se  trouvent  en 
bret.  moderne,  avec  d'autres  adjectifs,  dont  le  second  est  né- 
cessairement au  positif  :  cornouaillais  gwas-oc'li-gwas ,  kri:^-oc'h- 
kri~  ar  hcd,  le  monde  est  de  plus  en  plus  mauvais,  de  plus  en 
plus  cruel,  Bar~.  Br.,  403,  krc-oc'h-kre,  de  plus  en  plus  fort, 
hrao-oc'h-hrao,  (il  chantait)  de  plus  en  plus  doucement,  59, 
95,  ler-oc'h-ier,  (de  plus  en  plus  furieux),  181  ;  léon.  bras-oc'h- 
vras  e:(^a  an  droucq,  le  mal  devient  plus  grand,  Gr.,  krc-oc'h- 
kre,  de  plus  en  plus  fort,  5//('~  (/;/;/  Dnk  a  Vourdcl,  Quimperlé, 
1872,  p.  5,  start-oc'h-stard,  de  plus  en  plus  fortement,  3, 
stardoc'h-slard,  22;  tréc.  kalcloclj-kalcd,  de  plus  en  plus  dur, 
Kroa:(^ar  Frctoncd,  22  avril  1900,  p.  2,  col.  r  ;  van.  do)ictl  de 
voutt fin-oh-fin,  raffiner,  l'A.  ;  sèl  purroh  ma  vè  er  vamcn,  pur- 
roh  pur  vc  er  riolèn,  plus  la  source  est  pure,  plus  le  ruisseau  est 
pur  aussi,  Histoëricu  ag  en  eu  testamand,  384,  cf.  sel  mui..., 
skléroh  skier,  §  2  ;  braùoh  braîi,  de  plus  en  plus  beau,  Livr  bug. 
M.  423,  hanvaloh  hanval,  de  plus  en  plus  semblable,  431, 
donoh  don,  de  plus  en  plus  profond.  Le  Bayon,  40. 

Ici  reparaît  la  même  hésitation  orthographique,  bien  que 
l'orthographe  ne  soit  pas  seule  en  jeu  :  il  est  clair,  par  exemple, 
que  l'auteur  de  la  Vie  du  duc  de  Bordeaux  a  brouillé  deux 
formes  différentes,  qu'il  aurait  dû  écrire  respectivement  star- 


f:iudcs  bretonnrs  38^ 

loc'h-slard  et  slard-oc'h-stard.  A  cette  dernière  anal3'sc  se  rap- 
porte le  tréc.  ann  aotro  a  ic  })ioau-euxjinoan  «  monsieur  mai- 
grissait, maigrissait  »,  Giver~ioi(  Bn'i~-I::;cl,  I,  145. 

On  a  vu  aussi  qu'il  y  -i  incertitude  sur  l'initiale  du  second 
mot,  qui  s'adoucit  quelquefois,  et  peut  même  entraîner  l'adou- 
cissement du  premier.  Giiclloc'h-vell  rappelle  en  gall.  gwcll- 
îi'cU,  et  voas-CKS-voas  fwyfwy. 

28.  Une  autre  préposition  que  ou-,  o~,  tréc.  ('u~,  paraît  en 
van.,  mais  seulement  dans  î^iïcl  ar  c'hucl ,  de  mieux  en  mieux, 
Chàl.  lus,  V.  bien;  ^Oiih-ar-oah,dc  pis  en  pis,  V h..,  goah-ar-oiial) 
(vous  VOUS  êtes)  de  plus  en  plus  (barbouillé),  v.  dclourncr  ; 
goah-ar-oah  Hisioëricu,  276,  goal)  a  r  hoah,  Hisl.  sa  fil,  136.  Cf. 
l'expression  trécoroise  iiiond  war  wasâl,  aller  en  empirant,  qui 
s'applique  à  tous  les  verbes  en  -âl  :  luar  grcât  'c'h  a,  il  devient 
de  plus  en  plus  fort,  etc.,  et  même  à  d'autres:  Mac'h  cy  du 
îL'er:^io  ...  War  vrudaii  heprel,  que  tes  chants  deviennent  de 
plus  en  plus  fameux,  /vnw-  ar  F.,  27  janv.  1901,  p.  2,  col.  3. 

29.  On  emploie  aussi  pe  ou  dims  i^ucll  pc  vcU,  de  mieux  en 
mieux,  gïudl-pe-veJl,  de  plus  belle,  gucU-pc-vcU,  à  l'envi,  Gi'., 
giucl pe  wel ,  (courir)  à  qui  mieux  mieux,  Rar:^ounegûu  var  dru- 
bardere-Jusas,  chez  Lédan,  1847,  p.  163,  (foisons  tous  deux) 
de  notre  mieux,  XVII;  giveU-pc-iucU,  (plusieurs  actions  qui 
montrent)  parfaitement  (son  esprit),  5//i'~  ami  1).  a  V.  36. 
Ceci  a  dû  exister  également  en  van.,  où  se  trouve  l'expression 
qui  en  paraît  imitée,  avec  un  positif:  don  pe  don,  de  plus  en  plus 
profondément,  L.  el  /.,  36,  don  pé  don,  «  plus  ou  moins  pro- 
fond 1),  Le  Bayon,  40  \ftnpefin,  «  à  bon  chat  bon  rat  »,  Ch. 
ms. 

30.  La  terminaison  -oc'h  est  ajoutée  au  second  terme,  dans 
guëll  pe  velloc'h,  de  mieux  en  mieux,  gilell-pe-velloc'h,  très  bien, 
goaç::^,  pe  voaç-oc'h,  de  pis  en  pis,  dône!  du  ve~a  goûç~pe  voaç:{oc'b, 
déchoir,  Gr.,  tréc.  givell  pe  ivelloc'h  (F.  Vallée);  d'où,  avec 
un  premier  terme  au  positif  :  pell,  pe  belloc'h,  «  fort  loin  », 
Gr.  ;  kiïër  pe  gaëroc'h,  (lumières)  plus  belles  les  unes  que  les 
autres,  Trub.  9  ;  fin,  pe  finoc'h  eo  ar  luenec'b,  «  ah,  que  les 
moinis  sont  hns  !  »,  Gr.,  van.  fin-pé-finnob ,  (orgueil)  raffiné, 
subtil,  Magasin  spirituel  er  beurerion.  Vannes,  1790,  p.  438; 
doit  pé  donoh,  «  plus  ou  moins  profond  »,  Le  B.  40. 


584  E-  Ernault. 

31.  L'ordre  inverse  est  plus  fréquent  en  van.,  malgré  l'ap- 
parente logique  de  l'interprétation  «  fin,  ou  plus  fin  »  ;  ce  qui 
appuie  encore  l'ancienneté  présumée  de  _i^h>a::^oc'h-i^oa~,  etc.  : 
c^OLihoh pé  i^oah,  de  plus  en  plus  mal,  Hist.  saùl.,  80,  d'où  falloh 
pcfoJ,  de  plus  en  plus  mauvais,  52,  hcroh  pc  kcr,  de  plus  en 
plus  beau,  51,  hraivoh  pé  hraw,  id.,  voir  mes  Eludes  vaum- 
taiscs,  III,  12  (p.  35  du  tirage  à  part);  bucrhnoJj  pé  hiicrhiie, 
(mille  reproches)  plus  amers  les  uns  que  les  autres,  Buhé  er 
Sicni,  190;  sonnoh  pé  son,  (croire)  de  plus  en  plus  fermement, 
Giier:^i'iuieii  Guilkvuc,  26  ;  splcniiiob  pé  splaii,  de  plus  en  plus 
brillant.  Science  er  salvedigueah,  Vannes,  chez  la  veuve  Bizette, 
1821,  p.  xlj,  splannoh  pe  splan,  (preuves)  plus  claires  les  unes 
que  les  autres,  51  (cf.  GIoss.,  599);  oJ  parfcctoh  pé  parftet, 
(neuf  chœurs  d'anges),  tous  plus  parfliits  les  uns  que  les  au- 
tres, 24;  èl  ma  oemh  ni  atiàu  sanietloJj  pésaniet  a  labour,  comme 
nous  étions  toujours  de  plus  en  plus  chargés  de  travail,  Brediah 
erfé,  1 891,  p.  137.    ^ 

32.  La  tournure  latine  niagis  et  niagis,  niagisatque  inagis,  etc., 
se  retrouve  dans  la  phrase  son  an  dronipil  a  ~ene  nbeloc'h  hag 
uheJoch,  le  son  de  la  trompette  devenait  de  plus  en  plus  haut, 
Historiou  eus  ar  BihJ  santel,  Brest,  1853,  p.  68,  cf.  irlandais 
do  fhâs  nios  âirde,  agus  nios  airde,  mannois  daase  eh  ny  syrjey 
as  n\  syrjey,  Exode  XIX,  19;  mais  ceci  a  tout  l'air  d'une  de 
ces  fimtaisies  individuelles  dont  les  protestants  qui  écrivent  en 
breton  ne  se  défendent  pas  assez. 

Je  ne  sais  s'il  faut  voir  un  fitit  du  même  genre,  francisant, 
cette  fois,  dans  le  passage  correspondant  de  la  BibI  santel,  soi- 
disant  trécoroise,  de  M.  Le  Coat  :  Ha  soun  an  dronipil  a  iea  en 
eur  greski  a  vui  en  niui,  qui  reproduit  la  version  française  pro- 
testante :  «  Et  comme  le  son  du  cornet  se  renforçait  de  plus 
en  plus  ».  Peut-être  y  a-t-il  eu  aussi  influence  de  la  traduction 
de  Le  Gonidec  :  Son  ar  c'horn-boud  a  greské  a-nébeûd-é-nébeùt  ; 
kréoc'h  ha  skiltroc'h  é  teûé;  mais  a-nébeiid-é-nébeût,  peu  à  peu, 
litt.  «  de  peu  en  peu  »  est  une  expression  toute  diflérente,  et 
qui  est  bien  bretonne,  cf.  Gloss.,  440.  En  tout  cas,  il  y  a  un 
exemple  de  a  niuy  e  niuv  en  moy.  bret. 

33.  La  langue  dispose  encore  d'une  autre  ressource  pour 
exprimer  cette  nuance  de  sens:  elle  peut  ajouter  au  comparatif 


Etudes  bretonnes.  585 

en  -oc'b  le  superlatif  du  même  mot  :  liotit  a  ra  da  ve^ci  haeroc'h- 
kaera  drcma  kresk,  il  ne  fait  que  croître  et  embellir,  Trd.,  v. 
faire,  8°,  litt.  «  il  vient  à  être  plus  beau  très  beau  à  mesure 
qu'il  grandit  »  ;  dont  da  vc:;a  krcvoc'h-krcva  enn  he  fci:^,  se  forti- 
fier dans  la  foi,  v.  fortifier  ;  mont  bemde::^  larkoc'h-larka,  aller 
chaque  jour  de  plus  en  plus  loin,  avancer  davantage  tous  les 
jours,  5m'-  ^7/  ;;;('/;/ (de  M.  Morvan,  2^  éd.,  par  M.  Nicolas), 
1894,  p.  44,  mont  ato  larkoc'h-larka,  758;  léon.  guelloc'h-^uella, 
de  mieux  en  mieux,  F.  Vallée,  etc. 

Si  cette  association  est  ancienne,  ce  que  je  ne  suis  pas  en 
mesure  de  prouver,  elle  a  dû  contribuer  à  l'assimilation  de  la 
consonne  finale  du  radical,  dans  les  deux  degrés  de  compa- 
raison ;  nous  avons  vu  qu'on  a  dit  largoc'h  avant  larkoch. 

34.  La  prononciation  nouvelle  -hoc  h  pour  -ocJ)  (kaletoc'h  au 
lieu  *kaledoc'h)  n'était  pas,  d'ailleurs,  appuyée  seulement  par 
le  superlatif -/;a^^  -han,  -ha,  mais  aussi  par  les  verbes  en  -hât 
comme  kaletdt,  durcir,  =  dont  ou  hikdt  dave::^a  kalctoch,  devenir 
ou  rendre  plus  dur;  et  par  les  exclamatifs,  comme  van.  et  tréc. 
kaletet,  combien  dur!  en  Goello  kaletat  !  Cf.  gall.  caledach, 
plus  tard  calctach,  calettach;  calettaf  ;  cakttet,  Stern,  135,  136; 
gwastatàu,  gwastattau,  giuastatta,  rendre  uni,  152.  On  trouve 
quelquefois  en  breton  la  consonne  sonore  au  lieu  de  la  sourde: 
nobla  et  nopïa,  le  plus  noble,  noblaat,  van.  nohlat,  anoblir,  van. 
lourdet  et  lourtet,  combien  lourd,  lourdat,  condenser,  petit  tré- 
corois  loiirtât,  devenir  lourd,  etc.,  Ztschr.  f.  celt.  Philol., 
II,  494. 

Selon  M.  Stern,  p.  157,  il  y  avait  en  brittonique  trois  ter- 
minaisons de  superlatif: 

1°  -am,  =  lat.  (min)-imus,  comme  dans  le  v.  br.  hoiam,  le 
plus  long,  leiam,  le  plus  petit,  moy.  irl.  higam.  Il  faut  lire 
leiham,  mais  il  est  bien  possible  que  Vh  soit  dû  à  l'analogie  du 
suivant.  Cf.  gaul.  Clutamos  «  très  illustre  »,  etc.,  Holder,  v. 
-amo-.  Miniums  est  analysé  *minii-mos  par  M.  Sommer,  Idg. 
Forsch.,  XI,  209,  210; 

2°  -ham,   de  -isam-,  =  lat.  (mac-)simus,   ou  plutôt  com- 
posé de  la  même  racine  que  sem-per,  â;xa.  Le  gaul.  Uxellim-  est 
comparé  à  tort,  son  suffixe  ne  montrant  pas  d'j  (voir  Holder, 
v.  -îmo-)  ;  ce  son  ne  tombe  pas  devant  m  :  Cintusmus,  etc.  Cf. 
Revut  Celtique,  XXll.  26 


j86  E.  Email It. 

plutôt  Uxisama  a  côté  de  Uxama,  gall.  tichaf,  le  plus  haut.  Si 
l'hypothèse  d'une  composition  a  quelque  fondement,  on  doit 
du  moins  ajouter  que  l'évolution  du  sens  de  ces  composés 
était  grandement  favorisée  par  les  deux  autres  superlatifs  en 
-ani  et  -tam  ; 

3°  -tam  ==■  lat.  (ex-)iimus,  dans  héitham,  extrême  (qui  n'est 
pas  vieil  armoricain,  mais  v.  gall.),  gall.  mod.  eitlmf;  bret. 
intahv,  veuf,  litt.  «  tout  seul  »  (cf.  Gloss.,  492). 

On  voit  qu'il  a  dû  y  avoir,  à  un  moment,  hésitation  entre 
les  deux  terminaisons  anciennes  -atn  et  -ham.  M.  Stern  rap- 
porte en  gall.  niiuyaf,  le  plus,  moy.  irl.  moain  à  -am,  et  mwy- 
haf,  comique  inoychaf,  bret.  moy,  muyhaff  l\  -ham. 

35.  Sur  l'exclamatif  ou  élatif,  M.  Stern  propose  aussi, 
p.  164,  une  étymologie  par  composition:  par  exemple,  le 
gall.  îecced,  combien  beau!  viendrait  de  *tico-sali-,  «  plénitude 
de  beauté,  grande  beauté  »,  le  dernier  élément  étant  le  même 
que  l'irl.  sâitb,  sâth,  satiété,  plénitude,  cf.  lat.  satis,  sat  ;  irl. 
saithe,  troupe,  essaim,  gall.  haid.  Je  crois  que  ces  deux  mots 
irl.  viennent  de  deux  racines  différentes,  dont  la  seconde 
seule  (cf.  lat.  satio)  est  représentée  en  breton.  Cette  langue  a 
un  composé  tarv-hcd,  van.  tcrhoed,  second  essaim,  =  * tarvo- 
sati-  «  essaim  de  taureau  »,  Gloss.,  681  ;  le  gall.  a  tanuhaid, 
et  non  *tanuhcd  comme  tccccd. 

En  tout  cas,  17;  de   l'exclamatif  parait  bien  être  ancien. 

36.  Sur  l'origine  des  verbes  gall.  en  -hau,  comme  teckau, 
embellir,  bret.  haerât,  v.  bret.  (et  non  v.  gall.)  kmhaam,  j'ai- 
guise, M.  Stern  exprime,  p.  154,  une  idée  qu'il  m'est  impos- 
sible de  partager  :  la  terminaison  -hà-  viendrait  de  ta,  en  v,  irl. 
il  est,  il  y  a,  de  la  racine  du  lat.  stare.  Si  Va  avait  été  primiti- 
vement long,  il  aurait  dû  donner  au,  bret.  0,  eu;  et  la  trans- 
formation de  la  dentale  en  /;  est  insuffisamment  appuyée  par  le 
gall.  cauJnvyll  =  candela,  ce  dernier  étant  devenu  en  bret. 
kahtol.  L'accent  sur  -ha-  paraît  bien,  cependant,  tenir  à  une 
composition  ^  La  racine  as;,  du  lat.  agere,  n'irait  pas  mal  pour 
le  sens,  cf.  moy.  bret.  e:;^  (^ffaH,  je  deviens  fiiible;  mais  com- 
ment expliquer  1'/;  ? 

I.  Sur  l'hypothèse  d'une  dérivation,  voir  Stokcs,  Celtic  Dedension,  95,  96. 


Etudes  bretonnes.  587 

A  côté  des  verbes  bretons  en  -hiit,  gall.  -bau,  dérives  ordi- 
nairement d'adjectifs,  mais  aussi  de  substantifs,  il  y  en  a 
d'autres  en  -ha,  gall.  -ha,  dérivés  de  noms  ;  ces  derniers  ex- 
priment l'idée  générale  de  chercher,  chasser,  recueillir,  ra- 
masser: kciiucuta,  gall.  cynnuta,  ramasser  du  bois  de  chauffage 
(Jicuncud,  gall.  cytinud).  Ceux-ci  pourraient  venir  de  -sâg-,  cf. 
lat.  sagax,  sngire  (et  gaul.  'Piviiaysç,  Tcctosagiî),  allem.  su- 
chen,  chercher,  etc.  Puis  il  y  aurait  eu  mélange  des  mots  comme 
moy.  bret.  douarha,  acquérir  des  terres,  et  pinui:{icat,  pinvi:;ic- 
quaat,  s'enrichir.  Il  y  avait  de  noml#eux  points  de  contact 
entre  le  sens  des  deux  séries  (cf.  en  grec  cTpaT-r^yi;  et  yjysixwv)  ; 
plus  tard  elles  se  sont  mêlées  encore,  par  la  création  de  va- 
riantes en  -bat  pour  -])a.  M.  Stern  les  confond,  p.  152,  quand 
il  donne  en  gall.  gwrbau,  devenir  homme  lige,  vassal,  à  côté 
de  g'ura,  prendre  un  mari.  Il  a  pu  y  avoir  à  l'origine  deux 
verbes  différents,  *gwirig-a-,  de  ag,  lat.  agere,  «  prendre 
femme  »  (-"jvaTy.a  i'Yw),  et  *gwreig-ba-,  de  *  sag-,  a  chercher 
femme  »  ;  ce  qui  subsiste,  givreica,  répond  au  second  pour  la 
forme,  et  au  premier  pour  le  sens.  Le  breton  prietat,  épouser 
(terme  général),  Ztschr.  f.  celt.  PhiL,  II,  494,  est  près  de 
givrbau,  pour  la  forme,  et  a,  entre  autres,  un  sens  voisin  de 
gwra  (prendre  pour  mari). 

37.  Un  indice  de  ces  anciens  composés  de  ag  est,  je  crois,  la 
terminaison  bretonne  -ae^,  très  commune  dans  les  noms  abs- 
traits; elle  a  formé  sept  infinitifs  qui  témoignent  d'une  affi- 
nité spéciale  avec  des  verbes  au  thème  en  a  ÇZtscbr.  f.  celt. 
PhiL,  II,  518).  Ce  sont: 

bret.  moy.  et  mo'd.  marhegue:;^,  chevaucher,  =  gall.  iiiar- 
chogaeth,  id.  (et  chevalerie),  comique  marogeth,  chevaucher, 
irl.  marcuigheacbd,  action  de  chevaucher,  de  *  marc-âc-actà 
«  (faire)  acte  de  cavalier  »  ;  cf.  bret.  mod.  marhecqât,  che- 
vaucher, gall.  marchocâii,  id.,  marcbocâad,  m.,  action  d'aller  à 
cheval,  r=  *  marchog-ha-  ; 

bret.  moy.  buanegae:^,  -gue:(^,  irriter,  s'irriter;  colère,  mod. 
buanegc:^,  colère,  litt.  «  vivacité  »,  cf.  bret.  moy.  buaiieqiiat, 
s'irriter,  mod.,  id.  ; 

bret.  moy.  dirigae:(,  être  en  rut,  cf.  gall.  terica  ; 

van.  brchateab,  embrasser,  cf.  léon.  bryaîa,  bryalât,  Gr.  ; 


508  E.  Einault. 

van.  grateah,  promettre,  cf.  grata,  il  promet;  moy.  bret. 
gratha,  ïd.,  gralaet,  promis  (l'infinitif  n'est  pas  connu); 

van.  marhalcah,  marchander,  cf.  bret.  moy.  marchata,  mar- 
chataff,  léon.  nuire  hâta. 

J'ai  eu  tort  d'expliquer  ces  trois  derniers  infinitifs,  spéciaux 
au  van.,  par  l'analogie  des  précédents.  Grateah  =  moy.  bret. 
*gratai':^,  peut  fort  bien  être  ancien,  cf.  v.  irl.  grassagam,  je 
rends  grâce,  du  lat.  gratins  ago.  Ils  ont  un  parallèle  dans  le 
gall.  lladrataeth,  vol,  à  côté  de  Uaârata,  voler  (=  lladrad, 
vol.  H-  -ha-'). 

L'inf.  bret.  où  cette  terminaison  est  le  plus  solide  est  laerc:^, 
van.  laé'reah,  laëreh,  mo\'.  bret.  la-re::;^,  voler, .=  gall.  lla- 
draeth,  vol. 

Dans  les  noms  abstraits  où  la  finale  est  -ae^,  -e^,  van.  -éah, 
-èh,  la  consonne  précédente  reste  douce  :  gall.  gweJcdigaeth, 
vision,  bret.  gweledigi\,  etc. 

38.  —  M.  Le  Bayon  pose  en  règle,  p.  4,  que  la  finale  du 
diminutif -//c  doit,  dans  les  adjectifs,  être  précédée  d'une  con- 
sonne forte,  ou  doublée,  et  qu'on  peut,  après  une  voyelle, 
intercaler  un  /;  :  lard,  gras,  Jartik,  un  peu  gras,  comme  lartoh, 
plus  gras,  larfan,  le  plus  gras,  lartet  !  combien  gras!,  hirtat, 
engraisser;  ber,  court,  hcrrik,  un  peu  court;  bras,  grand, 
brassik,  un  peu  grand;  du,  noir;  duhik  ou  duik,  un  peu  noir, 
comp.  duhoh  ou  duoh,  sup.  duhah  ou  duan,  excl.  duhet  ou  duct, 
verbe  duhat  ou  duat,  noircir. 

Cette  observation  curieuse  n'est  pas,  je  crois,  absolument 
exacte  ;  elle  ne  fait  que  constater  une  tendance  analogique 
qui  est  loin  d'avoir  triomphé  complètement.  En  dehors  du 
van.  il  y  a  beaucoup  d'exemples  contraires  :  tréc.  madik,  assez 
bon,  Gloss.,  397;  abredik,  un  peu  tôt,  G.  B.  I.,  I,  482  ;  diu.'C- 
:^adik,  un  peu  tard,  460;  munudic,  tout  'mince,  tout  petit, 
Fanch-Ci\,  6,  (joniic,  arrondi,  28,  doit  son  /  à  1'»);  stardic, 
(méditons)  un  peu  sérieusement,  Trub.,  230,  buanic,  bien 
vite,  286,  bra:^ic,  un  peu  grand,  Histor  ar  bonom  Mi:^cr,  2, 
Suppl.  aux  dict.  bret.,  60  ;  sederic,  calme,  Bali,  207,  etc. 

39.  Le  diminutif  de  l'adj.  peut  se  redoubler  :  madik  madig, 
(je  me  trouve)  assez  bien,  Quellien,  Chansons  et  Danses,  217. 

Il  peut  aussi  former,  avec  le  positif,   une  locution  qui  rap- 


Etudes  bretonnes.  ^89 

pelle  un  peu  goa:^oc'h-goa:(,  etc.,  mais  dont  le  sens  est  celui  d'un 
superlatif:  flourik-floiir,  tout  à  fait  doux;  koanlik-koant  am  eu-^ 
hi  hiiHvct,  Dre  na  oiucn  hct  hi  hanno,  je  l'ai  appelée  «  Joliette 
jolie  »,  fiuite  de  savoir  son  nom  (chansonnette  trécoroise)  ; 
tostik-tost,  tout  près,  Emg.  Kerg.,  I,  133  ;  pellik,  pell,  «  (il 
était  déjà)  loin,  bien  loin  »,  Bar^.  Br.,  100.  Il  y  a  là  une  pro- 
gression logique,  comme  dans  /In  pe  finoc'b  =  «  fin,  ou  plus 
fin  »  ;  larkoc'h-hu'kii,  =«  plus  loin,  très  loin  ». 

40.  Signalons  encore  la  réunion  du  positif  et  du  superlatif 
reVmi:  bag  c  lY  paon  r  a  r  paon  rail,  «  serait-il  pauvre,  des  plus 
pauvres  »  (litt.  «  le  plus  pauvre  »),  Revue  de  Bret.  et  de  Vendée, 
1884,  p.  407  ;  floiir  ar  floiira,  «  (une  voix)  pure  et  suave  », 
skedu:;^  ar  skediissa  «  brillante,  éblouissante  »,  Rev.  de  Bref.,  de 
Fendêe  et  d'Anjou,  janv.  1891,  p.  48  (tournure  que  j'ai  risquée 
en  moyen  breton  dans  le  livre  de  M.  Xavier  da  Cunha,  Pre- 
tidào  de  anior,  p.  675,  sans  en  avoir  de  garant  pour  cette 
époque).  M.  Vallée  m'apprend  que  paour  ar  paouran  est  sur- 
tout trécorois,  et  qu'en  Léon  on  dit  plutôt  paour  eu:(^  ar  re 
baoura,  litt.  «  pauvre  des  plus  pauvres  ». 

41.  Le  correspondant  de  la  terminaison  grecque  de  com- 
paratif -TEpo;  se  montre,  avec  l'idée  de  simple  corrélation 
(comme  en  lat.  alter,  en  allem.  ander,  etc.),  dans  le  bret. 
hanter ,  demi  ;  reler,  est,  cf.  GJoss.,  539.  M.  Stern,  qui  cite, 
p.  157,  le  gall.  eithr,  moy.  irl.  echtar,  =  lat.  extra,  en  sépare, 
p.  165,  les  noms  abstraits  en  -ter,  -der,  comme  bret.  giuennder, 
gall.  gwynder,  blancheur.  Il  propose  de  voir  dans  le  suffixe 
gall.  -der,  -dwr,  le  mot  irl.  tur,  tor,  masse,  poids;  ainsi  le 
gall.  trynider,  pesanteur,  répondrait  exactement  à  l'irl.  troni- 
thur,  poids  lourd.  Mais  -divr  ne  serait-il  pas  plutôt  dû  à  une 
combinaison  de  -deret-ivr?.  Cf.  gall.  sychder  ex  sychdwr,  sé- 
cheresse, moy.  bret.  sechder,  mod.  sec'hor,  van.  sehour,  cor- 
nique  sichor,  Gloss.,  619;  glebder  et  glebour,  gluebor,  moiteur, 
giW.  giulybwr,  liquide,  259. 

E.  Ernault. 


THE  DESTRUCTION  OF  DÀ   DERGA'S  HOSTEL  ' 


APPENDIX 


§§  5,  6.  For  the  last  two  sentences  Kg.  (108'' 2 — 109-^) 
lias:  Nos-berat  iar/mi  dd  moghaid  doibsium  dochum  chuithc 
in  inghin  dia  bathad,  7  ro  shillsitcr  f///rri  for  hur  in  chuithe, 
ocus  robo  tri'iagh  leô  in  gnim  do  dénum,  7  nits-herai  fon 
dairi,  ocm  niis-Licchut  hi  ciuis  ann.  Ocus  iss  ann  seic  ro  uhatar 
muccLi  EùTscél  mie  hulair,  ri  Temruch,  for  mesruth.  IS 
annsin  da;/t)  tanccawr  dd  \>rimmuccaid  Eterxel  fôn  doiri  co 
gCLialatar  grïihugmi  -  na  mucc  immon  gcûas  hi  raba  in  naidhi 
og,  dluinn,  aitedach.  Con'id  ann  atbcnaxar  na  bùachailliu  icca 
fliiccsin  :  Iss  e  seo  imiiiorro  in  mess  môr  flatha  7  in  frithi 
flathae.  D^j-beurut  leo  iartain^  7  n//5-cuiret  i  lias  gamno. 
Dognit/;r;'  iarsin  tech  {i[g]the  ft);'c[tJho  léosum  di,  cin  dorus  itir 
ass  acht  feinessMr  7  forlcs  nammd,  7  ro  cuired  si  ind  iarsin,  7 
ro  gabuth  for  a  biathad  7  for  a  hétiud,  7  rusn-altatar  amlaid 
sin  g»r'bo  ferr  cech  druinech  hi  ndruinechus,  7  ni  bui  ind 
Érinn  ingen  righ  bad  côemiu  na  bad  dlliu  oldas. 

So  the  two  slaves  take  the  girl  to  thepit  to  droiun  her,  and  at  the 
edge  of  the  pit  they  looked  npon  her,  and  sad  they  were  to  do  the 
deed.  So  they  carry  her  to  the  oakwood,  and  leave  her  there  in 
the  hoJloiu  of  a  tree.  The  sicine  of  Etcrscêl  grandson  oflar,  King 
of  Tara,  ivere  theii  fecding  on  niast,  and  Eterscél's  two  chief 
sivineherds  coining  through  the  oakwood,  heard  the  grunting  of 
tho  su'ine  round  the  holloiu  luherein  lay  the  bahe  young,  lofcly, 


1.  V.  p.  9,  16),  282. 

2.  i.  c.  erithuiîud 


The  Destruction  Dd  of  Derga's  Hostel.  591 

yoiithfnl.  Thcn  said  tbc  swiuchcrds  bcboldiiii^  hcr:  «  Tnily  this  is 
ihc  grcat  oakniast  (mess)  ('/  tbc  kingdom  and  tbc  luindfall  of  tbc 
realm  !  »  So  tben  tbey  takc  bcr  and  put  bcr  into  a  calfsbcd.  Tbcrc- 
aftcr  tbcy  biiild  for  bcr  a  fciiccd  wickcr  boiisc,  luilboul  any  door 
ont  of  it,  but  only  a  luindoiu  and  a  skyligbt.  In  tbis  sbciuas  placcd, 
ami  tbcy  took  tofccd'nuy  and  clotJjink^  bcr;  and  tbns  tbcy  niirtured 
bcr,  till  at  cnibroidcry  sbc  luas  bcttcr  tban  any  cuibroidcress,  and 
no  king's  daugbtcr  in  Erin  was  dcarcr  or  more  bcantifiil  tban  sbe. 

§8.  For  thc  last  sentence  Eg.  109-' 2  has  :  ocns  tuctha  in 
mac  sin  ior  altramm  don  da  Fheidlimith  7  na  da  Maine  Mil- 
sgothachu,  ocus  tri  micc  ui  Dhuinn  desa  .i.  Fer  gair  7  Fer  ro- 
gein  7  Fer  lee,  7  rob  iat  sin  a  chomahadii  som. 

And  that  boy  was  given  in  fosterage  to  tbe  two  FcdUniids  and 
thc  two  Maincs  of  tbe  Honeyiuords ,  togetber  with  Donn  Désa's  tbree 
grcat-grandson,  Fer  gair  and  Fer  rogein  and  Fer  lee,  and  those 
li'crc  bis  fostcr-brotbers. 

§  12.  For  the  first  sentence  Eg.  109''  i  has  :  Ra  marbad  im- 
morro  iarsin  Ett^rscel  athair  Co/mire  la  Nùadait  Necht  do  Laig- 
nib  .i.  i  n-Allind,  7  ba  ri  Hcunn  iartain  (.i.  co  cend  leth- 
bliaJ;/t')  Nuadu  Necht,  7  ro  marb  Co/mire  iartain  in  Nuadait 
Necht. 

But  aftcr  tbis  Conaires  (supposcd)  fatbcr  Eterscél  tuas  killed  by 
Nt'iada  Necht  of  Leinster  in  Allen.  Niiada  Necbt  luas  king  of 
Ircland  aftenuards,  to  the  end  of  balf  a  year,  and  Conaire  after- 
wards  killed  bini. 

§  14.  To  this  paragraph  Eg.  109''  2  adds  :  Ocns  atrubairt  da;w 
in  fer  cétnariss  don  tuinn  :  Biaid  buaid  7  airmitiu  fcrt  [fjlaith,  7 
bad  sainemail  ind  énlaith  it  flaith,  ocns  bud  iat  so  do  geissi  .i. 

I.  Ni  thùdchaiss  desel  Temrach  na  tuaithbel  riiBreg. 

II.  Nir'  taibnithtT  hit  cloénmihi  Cerna. 

III.  Ocus  nir'  echtra  cech  nômaid  aidche  sech  Tem- 

raicr. 


592  Whitley  Stokes. 

IIII.  Ocus  ni  ro  tai  hi  tig  as  fli  (orrùil  soillsi  tencd  iar 
fuiniud  gréni  7  i  mbi  ecnach  do  maig. 

V.       Ocus  ni  tiasat  riut  tri  Deirg  do  tig  Deirg. 

VI..     Ocus  ni  ru  gabthar  dibcrg  it  tlaith. 

VIL  Ocus  ni  ti  dâni  oenmna  no  oènfir  lii  tech  fort  iar 
funiud  g;'t'ni. 

VIII.  Ocus  ni  aurrais  augra  oc  da  mogad. 

And  ibc  sanie  iiian  îhcn  said  lo  hiin  froni  îhe  zuave:  «  Victory 
and  révérence  shall  be  on  ihy  reign  ;  and  Jet  îhe  birds  in  thy  reipi 
he  excellent,  and  let  thèse  be  thy  tabus  etc.  [as  in  $16]. 

§26.  Aftcr  this  paragraph  Eg.  iio''2has:  Orgain  Bruidni 
Da  Derga  aisneithir  inso  sis,  iarsna  rémsgélaib  .i.  iar  Tesbaid 
Étaine  ing/»e  Ailella,  7  iar  Tromdâim  Echach  Aireman,  7  iar 
n-Aisnéis  side  Maie  ind  Oc  do  Mider  Breg  Léith  ina  sid. 

Conaire  mac  Et^rsceôil  maich'i  léir,  do  Mumain,  is  é  ro  ort 
isin  Brndiii-se.  Mess  Buachalla  dano  a  mathair  .i.  ingen  ingini 
Étaine  7  Eochach  Aireman.  Hi  cinta  Eochach  iarum  ro  hort 
Conare  i  riiBruidin,  ar  ba  hua  d'Eochaig  Airema[i]n  he.  IS 
aire  sin  ro  tinoilset  lucht  side  Breg  .i.  in  n-orgain  hi  Maig 
Breg  ar  chind  Coiume,  7  do  timdibe  a  sôegail,  7  ar  Etain  do 
tabairt  d'Eochaig  Airemain  asin  tsid. 

This  seems  copied  froni  LU.  99^ — see  below,  §  168. 

§  27.  For  the  last  sentence  Eg.  iio''2  has  :  «  Ocus  is  é  sin 
in  ri  ro  dichuirset  siabra  don  bith.  And  he  is  the  king  whoni 
eJves  hâve  expelh'd  front  the  worhi. 

§§33'  35-  The  interview  between  Lé  fri  flaith  and  the 
Reds  is  thus  described  in  Eg.  11P2 — m''  i  : 

INni  a  meicc.  nach  diniub,  môr  in  scél,  scél  o  Bruidin  belot 
lond  luâchet  fercoblach  tîanddorgain  meisse  marbad  fiand 
bidid  inidfiastar  deirgfiUiud  nair. 

Scitha  echradaimmariadat  immariadam  eochu  derga  Duirnd 
descoraigh  a  sidib  sis  n-irigantach  nubii  mairb  fathad  mbrôin. 
breisslech  n-airHg.  airliachtad  fôebair  tir  na  tigmalthaib  hi  tra- 
thaib  iar  fuin.  IN. 

Tiagait  uad  iarum.  Atroé  a  n-astud. 

Anaiss  in  mac  arcinn  G'//aire  sin  tulaig.  Asp^rt  fria  ath^/r 
a  n-asbr/'t  friss. 


The  Destruction  of  Dd  Dergà's  Hostel.  393 

IN  A  lidiaid  duit,  ar  Cc'//;ire,  7  tairg  tri  daumu  doib  7  tri 
tin[n]i,  7  airet  bciti  im  tegluch  ni  h'n  ncch  etarru  o  thein  co 
fraig. 

Téit  iarum  in  gilla  n'a  lidiaid  7  taircid  doib  in  coma  sin  7 
nis-tdrraig  [Icg.  -aid]  acht  ed  inn  urchuir  etarru,  acht  ro  c:\chain 
in  ftr  tànaise  Idid  dô  dar  a  aiss. 

INni  a  mcicc.  nach  ainiub,  môr  in  scél,  scél  o  Brwidin.  Scitiia 
echraide  inriadam.  riadmai  mairb.  morai  airdi.  airdbi  socgail. 
sassadh  fiâch:  fochun  bran,  brond  airlectai.  bragait  fuidbechta. 
ferna  tretholla.  trath  iar  fuin.  goirset  gerset  robruth  rigdachta. 
rig  eslabra  tria  doilbthi  fer  forsaid.  For  dal  for  daim  nonbair. 
INni. 

Tintais  in  mac  doridissi  go  ro  gaib  in  laid  do  Gvzaire.  INna 
ndiâid,  (or  Conaire.  Toirg  doib  se  dumu  7  se  tin[n]i  7  mo 
fuidell  sa,  7  asceda  immarach,  7  airet  beti  imm  tegl//r/;  ni  bia 
nech  etarru  o  thein  co  fraig. 

[111^2]  Luid  in  gilla  'na  ndiaid,  ociis  nis-tarraid  acht  ed  n- 
urchair.  Atb^'rt  in  .iii.  fer  friss: 

INni  a  meicc.  nach  ainiub,  mor  in  scél,  scél  6  Bruidin.  scis- 
fithir  foebra.  feochair  cath.  crinad  robruth.  rig  eslabair,  air- 
derga  fir  ficheid  machde  nate  agaid  for  duini  daim  nonbuir  .i. 
Ingél  cona  feind  bélot  long  li'iath  lochet  fercoblach  fiandga- 
lach  ridos:air  cnedach  miscenach  marbtach  miecht  mor.  morbét 
eo  find  find  find  forsncissitar  dérind^  lith  air.  INni. 

Tiagait  ass  iarum. 

§  62.  After  dogrés  (1.  i).  Eg.  113'' 2  bas  the  following  pas- 
sage : 

IS  ann  sin  atroncatar  cucu  daim  n-ûathaid  n-oiijcdchairi  n- 
oénmnd  tuathroscaigi,  co  riibrutt  brigda  braliath  impi.  IN  oir- 
tuàid  car/;  ndirinch  co  toracht  dorus  na  rigbruidni,  gur'  gab  ac 
in  dorus.  Ni  tàisci  atro/zdaircc  Conaire  hi  ndsro  cachain  (?)  don 
tslûag.  issed  atbrred  cach  n-ai  re  celé  na  rop  hudit  atcluinther^. 
Atchess  7  atcloss  sein  do  Conaire.  Rdither5  fria,  ol  Contre, 
techt  hi  leth  n-aill  n-aile  co  maitin  ocus  tiched^  hi  mucha  loe 

1.  leg.  d'Érind  ? 

2.  leg.  atcluinter 

3.  leg.  Râiter 

4.  leg.  ticced 


594  WliilUy  Stokes. 

7  lathi  hiinaiMch.  Glcirc  a  aithisc  is  a  luiraigill  dogcnthar' 
cctna  l'ia  càch  ocits  fuidcll  innllatha  di  cid  dam  co  ti|ii]ni,  cid 
tulchuba  fina  bcss  and  ni  ria  conroindlithc;',  acht  is  di  co  fuill- 
fcar  is  dcnad  amlaid  sin. 

Dobcr  mo  chobaiss  ind,  ar  in  ben  [Eg.  11.4"  i|  ùt,  is  dilsi- 
gud  liibreithri,  is  rànscmad  ngruàidc,  is  tiaclitain  socgail,  is 
g;ad  do  biud  is  do  lind  do  rig  Hcrcnn  diultad  hûad  fri  dàimh 
n-i'iathaid  n-oénmnâ  hi  letli  ïn  aidchi,  Fir  dmh  disi  siùt,  {or 
C();/aire.  Tclchar-  issin  tcch  hi.  Tdnicc  si  da;/o  issin  tech,  7  do 
tocgasi  do  toebtracht  in  tcned,  7  dobrcthao  choiss  di  forsin  n- 
imelach  7  ciioss  forsin  cenn  araill  don  tcnid,  7  dobretha  go- 
radh  dilmain  doéscair  thiar  rhis  oslaicthi  fuirri,  7  ro  scitestair 
in  aer  trùaillnidi  inmedônach  huaithe  amach,  g///b'  imdhitin 
don /nV/'ait  trcnfer  ro  boi  ior  inchaib  in  rig  .i.  rinn  a  roiscc  7 
a  n-aichthi  7  a  fuilt  7  a  n-immchaisni  ùiirn. 

§  69.  The  following  mnemonic  verses  on  the  sevcn  sons  of 
Dond  Désa  are  written  on  the  upper  margins  of  LU.  pp.  87, 
88,  89.  There  is  another  copy  in  the  Book  of  Ballymote, 
p.  369-^20.  The  former  has  bcen  edited  by  Zimmer,  KZ., 
XXVIII,  579,  note:  the  hittcr  by  Netthui,  Rev.  Celt.,  XII, 
244.  Neither  édition  is  quite  accurate. 

MoxoR  SHCHT  M(7('C  Dl'IXD  Desa  inso  : 

Gain  treith  doadbanur, 

oen  for  sesiur  sàerbrathar, 

mrtfcni  Desa  dibtrci, 
4     ba  Duind  denmig  daforbaig, 

Fer  gair  gnim  fn  reilfo/'csin. 

¥er  lee  fri  cluaiscoistecht. 

Ycr  rogair  réil  fri  roardmes. 
8     Lomna  domnais  drcchnatha. 

Ftv  rorogair  fri  niadnascaib, 

ba  se  in  cing  (or  comranna. 

Gel-ftT  fri  "ail  n-oenduni. 


1 .  leg.  dogcntar 

2.  les.  Tclcar 


Tlw  Destruction  of  Dû  Derga's  Hostel.  :;c)^ 

12     Glas  tVi  scrnad  '  sacrsclca, 

buaid  ngeltïni  Galioin. 

co[b]  crodt'rc'i  cutechta. 

brogsat  brudni  brcogaili 
i6     caini  tiir^cnr  tarcraid. 

co  saini  suth  sacrni[ad] 

gnim  glond  gnatail 

maini  m///Mii  AL/rcniad. 
20     mail  niacc  cach  mciinovi 

cm  ba  Cairp/i  cain. 

Gain  ircitb. 

Each  of  thèse  lines  normally  coniains  seven  syllables  and 
ends  in  a  trisyllable. 

Line    i.   Gain  treîth  tadbanur,   BB.  /m//;  «   lords  »  pi.  of 
îriaîh,  hère  seems  a  disvllable. 
8.  drecht  ndatha,  BB. 
10.  comramu  BB. 
12.  glas  fri  sfrnadh  sasrselga  BB. 
i^.  buaid  geilfingaine  Gaileon  BB. 
14.  cob  croderge  cuiter/;/a  BB. 

16.  tainvaigh,  BB. 

17.  cach  saimhne  suth  sierniad  BB. 

18.  gnim  glonn  gnathaltaigh  BB. 

19.  mume  muirne  M^7rcniadh  BB. 

20.  mul  maiche  gach  mtv/nota  BB. 

§  79.  For  this  Eg.  1 15''  i  has  : 

Ni  cuimci  a  tairmescc,  ïor  Ingcc'l  À.  néla  fcimig  do  tecat. 
Asb^rt  Ingcel  :  fir  ligér  liguâisfes  da  rigruâid  rigabra  gébtar  friss 
adbia  bas  a  lecht  for  tracht  iffirnd  do  t'igh  duind. 

Is  duaig  inni  adberi,  arberid  ccch  fer  din  fairind  sin,  buaid 
fir  leiss,  7  congeba  cach  fer  budid  fir  etarru. 

Ro  gab  do  gits  maidm  ïonso,  a  Lomnae,  ol  IngrcV,  ad  droch- 
lôech,  dot-tancatar  néla  feimmid  7  ri.  Atriibia  basa  lecht 
[leg.  ba  salecht?]  bas  briscem  lurgu  ni  anais  for  trâig  maitni. 

I.  LU.  Facs.  scruad 


:  ()6  VVhitlcy  Stokes. 

Do  tlîig  diiind  maitin  moch  amârach  assut  ce  crmaiss  âr  trom- 
sluaig-thig  coddét  cotendct  cod[er]ed  mbcta  ni  aisnébat  sein 
faidc  na  scnchaidc  diil  damsa  on  orgain  sea  co  ro  me  nosn- 
oirgca  a  dilvrg. 

§  93.  Eg.  iij^  I.  kuoudanc  imdaid  ann,  oats  triar  indi  .i. 
triar  n-uathmar  n-citigh  n-adb///mor  n-anetargnaidi.  Atc  doi- 
chmi  doill,  ni  iuil  nach  ndeilb  nduini  eu  cosmaili//i  doenna 
forai b. 

Dar  1er  loun  lathrastar  lancend  tri  lorg  lânfiaciacii  o  hurbél 
co'raill.  rechtaire  muad  munata  xwac  centa  cdim  cetglonnaig. 
claidib  tre  slôg  selgetar.  ro  selta  ar  borg  buredach  ar  hur 
Bruidni  Da  Df/'ga.  Samal/t' lat,  a  Fir  rogain. 

§  94.  Ni  fetarsa  âm  di  ieruib  Ert'»«  na  do  [eraib  in  bethaacht 
manib  iat  in  triar  ucut  .i.  Cruaid  7  Cnap  7  ...  pni,  tri  Fomôraig 
das-fuc  Mac  cecht  a  tirib  na  Fomore  ar  galaibh  ôenfer,  etc. 

§  97.  Fer  rogain's  description  of  Conall  Cernach  and  his 
prowess  is  more  claborate  in  Eg.  118^2 — ii9''i.  Thus,  for 
hcit  lir  homnmnd  cga  etc.  \ve  hâve: 

Bat  lir  tra  bomanna  ega  7  fer  fer  faithchi  7  renna  nimi  for 
leithchind  7  coépa  îor  n-inchinni  7  for  cnamredach  7  dasse  da 
bar  n-apaigib  combruitib  leiss  iarna  scdiliud  fo  na  muighib  7 
fo  na  foithrib.  Ar  ni  ro  saltair  îor  féor  Ercnn  dar  n-éis  Logha 
m^7/rc  Eithlenn  gaiscedach  a  aiesa  ro  sosed  ïor  in  fer  sin. 

Ro  gabsat  tra  grain  ociis  omun  huli  oc  imrad  in  fir  sin, 
ociis  ro  teichsit.  Sûail  na  ra  bensat  re  mbarchaib,  co  ro  gabsat 
na  cuir  7  na  ratha  etorro  a  luiiga  hic  a  n-astud  f/'isin  n-a... 
..  Ger  7  Gabar  7  Fer  rogain. 

Mairg  iunr.v  in  orgain,  cid  toddig  ind  [tjir  sin  a  ôenur,  ar 
Lomna  Druth,  ar  is  é  sin  ôenlaech  na  fuilngct  laich  .i.  is  é  in 
léo  lond  letartach  Idtir  lamthenach  infuilech  forderg  fichda  ior- 
rdnach  tir[f]eochair  ardairsid  Eorpa,  oen  inthamail  Hechtair 
m(//c  Priainî  i  n-iarthar  in  betha,  in  caur  créchtaidi  coscrach 
commdidmech  sin  Ct';/all  caem  Cciiincb. 

So  ihat  as  tnaiiy  as  kicks  (i)i  ivnitcr),  and  grass  on  laïun,  and 
stars  ofheaven  ivill  he  your  haJJ-hcads  and  the  dots  ofyour  hrains, 
and  your  hones,  and  the  heaps  of  your  entrails  crushed  hy  bim 
and  scattercd  tbrough  tbe  fieJds  and  tbe  ridgcs.  For  ncver  sifice 


The  Destruction  of  Dd  Derga's  Hostel.  397 

Ltigb  mac  Eithlcun  bas  thcre  iroddcnthc  grass  of  Erin  a  cJjampion 
of  bis  âge  tbat  ivouhi  atlniii  to  ibis  ma  11. 

Tb'uiking  of  ibis  man,  tbcii  bonvr  and  fcar  sei^ed  them  ail,  and 
ibcy  ficd.  Tbcxalmost  rcacJ)cd(?)  ibeir  sbips,  and  ibey  look  miilnal 
coi'cnants  and  plcdges  ^  dclaining  tbcir  vcssels  at  ibe...  (namcJy) 
Gcr  and  Gabur  and  Fer  rogain. 

«  Woc  to  bim  tbat  sbaJl  zureak  ihe  Destruction,  even  because  of 
this  man  aJonc  !  »  says  Lonuia  Drnlb ;  <.<.  for  bc  is  tbeone  bero  tbat 
heroes  endure  not:  be  îs  the  savage,fierce,  rending,  strong,  daring, 
bloody,  crimson,  warlike,  destructive,  truly-fierce,  Europe's  bigb 
vétéran,  tbe  one  resembler  of  Hector  son  of  Priant  in  tbe  zuest  oftbe 
luorJd,  tbat  wound-inflicting,  Iriiimpbanl,  praisezuorlby  Jjcro,  dcar 
Conall  Cernacb!  » 

§  99.  For  the  firstseven  lines,  Eg.  118''  i  lias: 
Atcoknarcc  imdaid  ann,  7  ba  cdimiu  a  cumthach  olddat 
imdada  in  tighi  olchena  .i.  atdt  teora  coilcthc  liga  7  teora  bro- 
thracha  tairsiu.  frithadart  fo  a  chinn,  araili  oc  fraig.  Alcon- 
narcc  ôclach  n-adamra  isind  imda  7  cumthaigi  imda  inganta- 
cha  isin  imdaid  sin,  ocus  dias  immi  isind  imda  .i.  in  dias 
imectrach.  Finna  diblinaib  co  foltaib  7  brataib,  7  at  gilithir 
snechta  ruidiud  roalainn  îor  griiaid  cechtar  n-oe.  IN  t-6clach 
adamra  isinn  imdai,  ni  acca  nach  lideilb  nduni  bad  cosmail  dô 
riam.  Is  ed  modh  rogab  ulcha  thinds  do  folt  cass  buidi  fair 
amfl//  irna  d'or.  Ro  Idd  cerchailli  d'ôr  immi  'machuaird. 

/  bebeld  a  coucb  tbere,  and  fairer  zuas  ils  covering(?)  tban 
(tbat  of)  tbe  otbcr  coucbes  of  tbe  bouse,  tbat  is,  tbree  beautiful 
quilts  and  tbree  blankets  over  ibeni  :  a  bolslcr  at  ils  bead,  anotber 
at  tbe  zvaïl.  I  bebeld  a  zvondrous  zuarrior  on  ibe  coucb,  and  many 
marvcllous  coverings,  and  zuilb  bim  on  ibe  coucb  a  pair,  ibe  outer 
pair.  Wbite  zuere  ibe  liuain,  zuilb  beads  of  bair  and  manlles,  and 
bright  as  snozu  zvas  tbe  beautiful  flusb  on  tbe  cbeek  ofeacb  of  ibem. 
The  zvondrous  warrior  on  tbe  coucb,  never  sazu  I  buman  form 
tbat  zuas  like  to  bim.  Tbis  is  tbe  zvay  thaï  bis  beard  is  ...  of  curly 
yellow  hair  on  bim  like  a  ...  of  gold.  Pillows  of  gold  zuere  placed 
ail  around  bim. 

I .  Cf.  §  90. 


398  Whilley  Stokcs. 

§  114.  [Hg.  1 16*  2]  Atconnaircc  f.wV/j  isind  imda  ua.saib  di 
diceil,  7  moethoclach  etarru  .i.  mocl  dub  fair  7  bclra  formend 
laiss,  7  intûaisi  lucht  in  tige  huili  a  condelg.  eo  airgid  ina 
brut,  Fer  finnliath  hi  cetud  f/'iss.  caimsi  co  ndeirgindslait  imbi 
7  bratt  corccra.  bretnas  oir  ina  brutt.  Sleg  coiccrinn  co  fetha- 
naig  argit  ctcr  da  n-iarnn  ina  Idim.  Fer  aili  hi  frithcetud  dô. 
mong  dub  fair,  caimsa  imbi,  7  bratt  dubghlass.  gae  glas  co 
sulib  glaini  ina  Idim.  iricha  semmand  fiiir,  7  fos-ceirdd  do 
cleithiu  in  taige  7  dusn-arinntis  inna  cend  anuâs  doridissi  con- 
da-gaibed  fot  n-airthim  os  chind  ind  fir  medônaig.  tri  coicrid 
ôir  huâsaib  hi  fraig.  Samalta  sin,  a  F/V  n\i^ci)i. 

Ros-fetarsa,  ol  ¥cr  rogcin.  Cûscraid  Menn  Mâcha  macc  Con- 
cohair  fil  hi  ligiallnui  lasinrig,  7  a  da  aite  .i.  Sencha  maccA'i- 
lilla  7  Dubtach  macc  Lugdach  cosin  ngai  biia  Cheltchair  (sic) 
tucad  a  cath  Maige  Tured,  ocits  dorairrigered  buaid  rig  do 
]ii6''i]  marbad  de  7  dirin  do  sluaigh  (sic)  archena.  Atbélat 
fer  la  c:\ch  n-ae.  Ocus  berait  a  ndalta  leo  immach  in  di  diceil. 

Irigcel.  at.  fir  rigér  7rl. 

[Imda  na  xDriiad] 

§  114  A.  [Eg.  116''  i]. 

Atconnarcc  triar  issind  imdae  aili,  reoir  ludsca  oir  tara  n- 
etna.  teoir  caimsi  impu,  ociis  vi  broit  deirgg  impu.  eo  ôir  i 
mbrot  cach  hae.  tri  bera  congnai  udsaib  hi  fraig  7  teora  calga 
det.  Samailthe  (sic),  a  Fir  rogei>i. 

Rofetarsa,  ol  se  .i.  Feiss,  Feisse,  Feassemon,  tri  drûid  ind 
rig,  tri  comais,  tri  meicc  Meissen  Melimbuir.  Atbéla  fer,  7rl. 

The  RooDi  of  ibe  fi''i~ards. 

«  /  bt'beld  a  trio  in  tbc  othcr  rooiii  :  three  luasca  of  gold  over 
their  forcheads  ;  three  bedgowns  ahout  them  and  three  red  mantles 
they  wore:  a  golden  brooch  in  each  one's  niant  le:  three  spears  of 
horn  above  them  on  the  wall,  and  three  ivory-hilted  swords.  Liken 
(thou  thon),  0  Fer  rogein.  » 

«  I  hiùiu  (them)  saith  he,  «  to  ivit,  Feiss,  Feisse,  Fessanion, 


The  Destruction  of  Dd  Derga's  Hostcl.  599 

ihc  Ki)iys  ihrce-wi:^anis  :  thnr  of  thc  saine  âge,  ihrcc  sons  ofMeissiu 
Mclinihor.  A  nian  irill  pcrish  (b\  cach  of  iheni),  de. 

§  141.  For  thc  tirst  two  sentences  Eg.  122*2 — 122''  i  lias: 
IS  annsin  dolotar  mna  dibeirg  [leg.  diberga]  o  Sescend 
hUarbcoil  .i.  dibtvg  t/'i  iia  riDcsa  7  dibcrg  tri  hua  Conmac 
imm  Ingccl,  do  orgain  Briiid;76'  Da  Drrga,  eo  nd^'/'nsat  tri  tim- 
chûarta  dib  im  Bruidin.  IS  annsin  imniorro  tucsat  a  n-ilcha  di- 
beirge  os  aird. 

Then  tbe  reavers  niarched  from  Seseenn  Uarbeoil,  toiuit,  thegang 
of  tbe  ibree  gra  misons  of  Désa  and  tbe  gang  of  tbe  tbree  grand  son  s 
of  Contnac,  aronnd  Ingcél,  la  destroy  Dà  Derga's  Hoslel.  And  tbey 
niade  tbree  circuits  round  tbe  Hoslel.  Tben  tbex  sbouted  Ibeir  rea- 
vers' paeans. 

§  143.  For  this  paragraph  Eg.  122''  i  hns 

IS  annsin  tanic  Coimire  himach,  7  rosui  fuithib  co  torcli/a- 
tar  leiss  se  cet  loech  dib,  7  ni  ranic  arm  dia  armaib  heiis,  oais 
tinta  im[s]lan  doridisi  i  riiBrud///.  IS  annsin  ro  atad  in  tene  fo 
tbr'i  isin  mBruidin,  7  ro  bdded  anall.  IS  annsin  iarum  dorochair 
fer  hi  car/;  fer  bai  i  mBruid/;/,  7  congab  cach  dias  buaid  fir 
etarrii. 

Gabais  Conaire  iarsin  glés  n-imbcrta  airm  forru,  co  torc/;- 
ratar  secbt  cet  lais  iar  saigid  a  airni  ina  cétchuindscli. 

Then  Conaire  sallied  forib,  and  turned  tbrougbout  tbeni,  so 
thai  six  hundred  ivarriors  of  tbem  fell  by  him  —  and  yet  he  bad 
not  rcached  one  of  bis  weapons,  —  and  be  turns  unhurt  again  into 
thc  Hostel.  Tben  luas  tbe  fir c  kindled  tbrice  in  ibe  Hostel,  and 
quenched  from  beyond.  Then,  1 00,  fell  a  m  an  by  each  nian  luho  zuas 
in  tbe  Hostel,  and  every  pair  bad  a  mans  victory  between  tbem. 

Thereafter  Conaire  began  to  ply  bis  weapons  upon  tbem,  so  that 
in  the  first  confiict  afier  reaching  bis  arms,  seven  hundred  fell  by 
him . 

§  156.  For  this  paragraph  Eg.  123"  i — 123''2  has  : 

Luid  co  ranic  htlarân  fiGarad  for  Maigh  Aei.  Atrulâ  side  7 

ro  dichled  aire.  Ct»»id  andsidc  ro  éirig  in  hichu  reimc  don  us- 

ciu.  Fôeltnigis  Maec  cccht,  conid  ann  atbr/t  : 


400  Wliitlcy  Stokes. 

An  sin,  a  lachu  linech, 

loch  lind  lethas  fot  bruinnib. 

binni  do  doim  a  daman. 

a  lund  a  loich  a  lonân. 

a  heôin  bricc  bic  hnùnndeirg. 

broén  as  t'eitib  iiarusce. 

bc«nacht  ort  a  luàin  dar  lind. 

fagbat  digh  do  Conairi 

fil  inn  itaid  f/i  naimthib  '  nith. 

La  sodain  soc-seom  fon  top///'  huli  dia  fothrucad  ann,  comd 
ann  atbcn: 

Fuar  topur.  tuind  t;-achta.  cûin  ruirthccht.  1er  locha.  lind 
nGarad.  sruâim  srotlia.  ard  iiara[n].  [F]ùar  top//r. 

Ocus  tue  iarsin  Idn  a  chûaich  ass,  7  docher  in  macc  boi  fo 
choimm  .i.  bruth  in  miled  ros-marb  coin  tarras  acht  a  cnâma 
lomma,  7  ro  cuir  seom  a  cnâma  fon  talmain  hi  Maig  Cndm- 
roiss.  Docûaid  reme  iarsin  co  ninic  Bruid///  ria  matin. 

He  fared  forth  mit  il  he  rcachcd  Uaràn  Garad  on  Mag  Aei.  It 
disappcarcd  and  ivas  hidden  froni  hini.  Whercupon  a  luild-dnck 
rose  up  before  hini  froni  îhe  water.  Mac  cecht  rejoiced,  and  then 
said  : 

That  2 s  splendid,  O  ...  ivild-duck, 

the  Iake-water  that  spreads  under  thy  breasts, 

the  melody  of  thy  ...  0  ... 


O  speckled,  little,  red-belUed  bird, 
a  drop  of  cold  water  froni  thy  wings  ! 
blessing  on  thee,  O  light  over  water, 
leave  thon  a  drink  to  Conaire, 
who  is  aihirst  at  (his)  slaughtcr  byfoes. 


IVith  that  he  turned  ihronghont  ail  the  well,  to  bathe  hiniself 
therein,  and  he  said  : 

Cold  fon ntain  :  surface  of  strand   sea  of  lake,   water  of 

Gara:  stream  of  river:  high  spring-well  :  cold  fountain. 

I .  leg.  nâimtib,  instrumental  plural  of  nâma 


The  Destruction  of  Dâ  Dergas  HosteL  401 

TJ}emiftcr  hc  took  the  fitll  of  bis  cup  ont  of  il,  and  the  boy  luho 
luas  limier  bis  gannciit  fell,  for  ibc  soldicr's  beat  bad  hillcd  bim, 
and  only  bis  harc  bottes  retnained.  Mac  cecbt  put  tbe  bottes  uttder 
ibe  grotiiid  iti  Mag  Cttàttiroiss  —  tbe  FieJd  of  Bonewood.  He  ibeii 
fared  forivard  attd  reacbed  tbe  Hostel  before  tiioritiitg. 

§  160.  For  this  paragraph  Eg.  123^  i  has: 

Ro  slaided  tra  iartain  in  cath  etc.  (as  in  p.  324,  note  4). 

So  tbeii  tbe  battle  luas  stricken  cottteniionsly ,  migbtily,  man- 
fiiUy,  cotirageottsly,  to  wit,  by  Mac  cecbt  and  Cotiall  Cernacb  son 
of  Alita rgen,  so  tbat  tbey  (tbe  reavers)  luere  destroyed  and  exter- 
ittinated  in  tbe  great  battle  after  morttitig,  and  tbeir  sbips  luere 
sbattered  and  btirnt  by  Mac  cecbt  atid  Conall  in  vengeatice  for  tbeir 
lord.  Al  a  s  for  tbe  roiit  and  ...  in  wbicb  tbe  twain  luere... 

§  168.  In  LU.  99^  this  paragraph  is  foUowed  by  two  pas- 
sages extracted  from,  or  conformable  to,  the  lost  Book  of 
Druim  Snechta  : 

Slicht  libair  Dromma  Snechta  inso. 

Orgain  Brudne  ui  Derg^trd  iarna  remscélaib  .i.  iar  tesbaid 
Etdine  inginc  AiMlo  7  iar  tromddim  Echdach  Airemôn  7  iar 
n-Aisnéis  Side  Macc  Ôic  do  Midir  Breg  Lcith  ina  sid. 

Conaire  macc  Et^rscéli  maicc  maicc  1er,  di  Ernaib  Muman, 
is  é  ro  hort  isin  Brudm  seo.  Mess  bûachallo  dano  a  mdthair,  in- 
gen  sidé  Echdach  Airemon  7  ingen  ingine  Etaine,  ut  diximus. 
Con'id  Conaire  6  mdthair  do  Echdaig  .i.  Conaire  l'ia  hEchach 
.i.  macc  ingine  ingine  Echach  hé. 

IS  ed  fodrûair  a  orcain  hi  cinta  Echdach,  ar  is  des  side  Breg 
Leith  dorinôlsat  in  n-orgain,  fobith  tonaidbecht  forro  a  sid  oc 
cuinchid  Etdine  la  Echdaig.  Ros-dolbsat  iarom  lucht  in  tside 
sin  hi  slûagu  7  dollotdr  do  inriud  Maige  Breg,  7  tarfds  sam- 
laid  do  Chonaire.  Ecmaing  ba  tir  dud-lotar,  ar  is  hé  ri  insin 
loingside  siabrai.  Ar  gabais  som  flaith  indiaid  a  athar  7  asbtrt 
Niniôn  drûi  bdtar  n-é  airchoilte  a  flatha,  arnd  hechtrad  a 
Temraig  cach  nômaid  aidche,  7  ni  fuiwmils^^  gâta  ina  flaith,  7 
Revue  Celticjue,  XXII.  27 


40 i  Whitlcy  Slokes. 

na  gabtlia  dibtrg,  7  ni  àlrscd  augra  in  da  tùatiimdil  tûatli 
Maugnaj,  7  na  fôicd  hi  taig  as  mbad  ccna  soilsc  iar  fuiniud 
grénc.  jrl. 

A  Recension  of  ihe  Book  of  Dniim  Snechta,  ibis. 

The  Destruction  of  the  Hostel  of  hi'ta  Dcrga,  after  its  foretales 
i.  e.  after  thc  Loss  of  Etàin  AiliU's  daugblcr  and  aftcr  the  Op- 
pressive Company  of  Eochaid  Aireni,  and  after  the  Disclosure  of  the 
Elfmound  of  Mac  Oc  to  Midir  ofBri  Léith  in  his  elfviound. 

Conaire  son  of  Eterscék,  greatgrandson  of  Iar,  of  the  Ernai  of 
Munster,  'tis  he  that  ivas  destroyed  in  this  Hostel.  Nozu  his  ?nother 
was  Mess  Biiachalla  («  the  Cowherds'  fosterling  »),  and  she  tuas  a 
daughter  of  Eochaid  Aireni  and  a  daughter  of  Etàin  s  daughter,  as 
tue  hâve  said.  So  that  Conaire  hy  his  niother's  side  (bclongcd)  to 
Eochaid,  i.  e.  Conaire  grandson  of  Eochaid,  i.  e.  son  of  the  daugh- 
ter of  Eochaid' s  daughter  zvas  he. 

This  is  what  caused  his  destruction,  for  the  crime  of  Eochaid, 
for  it  is  the  elves  of  Bri  Léith  that  gathered  the  destroyers'^,  because 
thcir  elfmound  was  hrohen  up  hy  Eochaid  luhen  scehing  Etàin.  So 
the  folk  of  that  elfmound  shaped  themselves  inio  armies  and  zaent  to 
raid  Mag  Breg,  and  thus  they  appeared  to  Conaire.  He  chanced  to 
he  in  the  country  to  which  they  luent,  for  he  is  the  hing  ivhom  the 
elves  destroyed  (?).  Eor  after  his  father  he  took  the  kingdom,  and 
Niniôn  the  u'i:^ard  said  that  thèse  luere  the  prohibitions  of  his  reign: 
that  he  should  not  go  ont  of  Tara  every  ninth  night,  and  that  he 
should  not  allow(l)  thefts  in  his  reign,  and  that  plunder  should 
not  be  takcn,  and  that  he  should  not  settle(?)  the  quarrel  of  the  tiuo 
tribal  slaves  of  North  Maugnae,  and  that  he  should  not  sleep  in  a 
housefrom  which  after  sunset  a  light  would  be  visible,  etc. 

SlICHT  na   CÎNI   BEOS. 

Manc  Milscothach  mac  Carbad  7  Gér  mac  ùi  Nccrc  7  tri 
maicc  iii  Thoigse  it  é  nodn-ortatar  Conaire  tre  chomarli  Ing- 
ccôil.  Dobrcth  Geer  vnacc  ui  Necx^  hir-niith  ir\  Ingcél  im  or- 
gain  no  thogfod  in  Hère  dô.  Roda-nertsat  side  do  chomoUod 

I.  lit.  thc  destruction 


The  Destruction  of  Dâ  Derga's  Hostel.  405 

in  Ingccl  a  n-ebred  Mani  Milscoth^r/;.  AsbtTt  Mani  ba  liach 
Brud('//  do  orgain  fodéig  C(';/aire.  Is  de  no  geibed  Ingccl  grùad 
7  fir  ni  Nccx.  Tri  .111.  ba  hé  al-lin  ocnnd  orgain. 

IS  ('(/  dollotàr  riam  i  n-Alpain  do  chor  a  ndibtTgx  and,  ar 
nir'  léic  greim  Coz/airi  doib  a  cor  in  Hcrc.  conïd  iarsin  tancatar 
Hérind  al-lin  cétna  7  ortatàr  Brud/;/. 

Con'id  Bruden  ùi  Derga  cona.  fiiasaitib  7  con^.  slechtaib  7  cona 
rcmscélaib,  am<ïl  adtiadar  il-lebraib  insin  anûas  ar  bith  sam- 
laid 

A  Recension  of  ihe  Codex  also. 

Manc  of  the  Honey-iuords ,  son  of  Carhad,  and  Gér  grcai-grand- 
son  of  Nera,  and  three  sons  of  Hua  Toigse  are  they  ihat  destroyed 
Conaire  hy  Inga'l's  counsel.  Gér  great-grandson  ofNeca  -luas  given 
in  pledge  to  Ingcél  for  such  destruction  in  Ireland  as  he  should  sé- 
lect. Elves  encouraged  them  to  fulfil  for  Ingcél  what  Manè  of  the 
Honey-words  tuas  saying.  Ma  ne  said  that  it  luas  a  pity  to  destroy 
the  Hostel  becausc  oj  Conaire.  Hence  Ingcél  luould  take  Hi'ia  Ne- 
ca's  ...  and  truth.  Three  fif tics,  this  was  the  nunihcr  at  the  Des- 
truction. 

They  had  previously  gone  to  Scotland  to  perforni  their  reaving 
there,  for  Conaire' s  poiver  let  theni  not  perforni  it  in  Ireland. 
Afterwards  they  canie,  the  same  number,  to  Ireland,  and  destroyed 
the  Hostel. 

So  this  is  the  Hostel  of  Hua  Derga  with  its  developements  and 
recension  and  foretaks,  as  that  is  related  in  books  above,  for  thus 
it  is. 


GLOSSARIAL  INDEX 

(The  numbers  refer  to  the  paragraphs). 


abairbthiu  91  (ab-air-b-thiu),  haircleansings }  secms  ace.  pi.  and  to  mcan, 
from  the  context,  cleansings(or  lousings)  of  tlio  huinan  hair:  cf.  perhaps 
ind-ar-hiiiiug  rcpcUo.  The  acccntcd  prefix  ah-  may  correspond  with  the 
pretonic  uba  in  aha-»iin  «  optât  »,  Sg.  161^  i.  Sec  KZ.  XXXVI,  29!^. 

abtar  45,  ye  are. 

ach  for  acht  52. 

acthe,  aicthe  i,  for  aici  «  apud  eam  »,  as  in  Ir.  Texte,  I,  119.  acci  2. 

ad-âgur  Ifear,  près.  ind.  sg.  3.  atâgethar  76.  adagf//;ar 

adâig  78  cum  gen.  =  fodâig  App.  97,  /o?'  sake  of 

ad-ar-benim  /  impel,  expeî 

adbul,  vast,  htige,  equative  aidblithir  57:  compd.  adbohiiôr  82. 

ad-chiu  87,  v.  atchi'u. 

ad-com-aic  56  strikes,  s-pret.  pi.  3,  adcomcissct  Wb.  4^  i3,pass.  prêt,  ad 
coimced  167,  root  eiig 

ad-cuaid  (=  ad-co-faith):  see -ecsetar. 

ad-fia  102  b.  ambia  79,  but  ad-bia  App.  79.  atmbi'a  90,  meaning  obscure. 
Possibly  connected  with  ad-lnth  was  slain,  Meyer  Contrib.  17. 

ad-glâdur  I  aJchess,  prêt.  sg.  ataraglastar  (ex  ad-da-ro-glâdastar)  62.  2d  sg. 
subj.  co  n-arlaiter,  19. 

ad-rôe  he  tuas  unahle,  ata  roi  32. 

ad-s6im  I  kindie,  ad-suithe  65,  luas  kindled  :  encl.  subj.  sg.  i.  con-adûr  29 
Eg.  for  atûr,  pass.  près.  ind.  3  atdither  69:  verbal  noun  atûd  54. 

aé,  ahé  .i.  dno  66.  ahe  .i.  intcriacht  ebraide  (gl.  hem).  Ml.  131c  3. 

âer  inmedonach  App.  61,  intestinal  air,  luind  in  the  boiveh,  flatus. 

aes  uilc  66  evilhoers. 

aesc  nittshell,  cogn.  with  Lat.  aescuhts,  see  dergfaesc. 

afrisi  19,  90,  aridisi  147  (doridisi  Eg.),  arithise  iio  YBL.,  O.  Ir.  afrithisi 
«  again  »,  Strachan. 

âgur  /  fear,  nocho-sn-agur  «  I  fear  them  not  »,  Hy.  5,  105,  ni-sn-âig- 
fimmis  55. 

aicci  8,  houscholds} 

aig  ice,  gen.  cga  89,  .i.  eidhre,  H.  3.  18,  p.  532. 

àilenda  100  j.  an  cpithet  for  a  shicld,  meaning  obscure. 

ailestar  iris,  gen.  ailcstair  i.  Meyer  Contrib.  39. 

ilibcnn  i  00  f.  (Eg.)  an  cpithet  for  gold:  meaning  obscure 


The  Destruction  of  Dd  Derga's  Hostel.  405 

ail-menmnach  75,  77.  modest-minJcd  :  ail  .i.  nâireach  O'Cl. 

din  22,  (7  driviiig,  iiiipulsc  (from  *agui).  a  âin  fcn  «  his  own  impulse  ». 

ainbthincch  17,  stormy,  =  anbthenech  LU.  33*29.  dcriv.  of  atibthen  (an- 

feth-). 
airi:hinn  87,  edge}  ace.  dual,  aiichionn  «  a  side,  a  border  »,  O'R.  cf.   toeb 

7  airchenn  Ml.  Wb. 
airdbi  sâeguil  55,  destruction  of  life.  Cf.  slig-airdbi. 
aircch,  (skr.  aryaka)  gen.  airig,  84  .i.  uasail,  H.  3.  18,  p.  531. 
air-ecnae  65,  vcry  dear  .i.  follus  inaiiifest. 

aiver coast}  27.  territory,  dat.  airiur  48.  i  n-airiur  Saxan,  LL.  289b 45. 
-âirgim  /  bind  (ad-rigim).  s-pret.  pi.  3  co  ro  airgiset  57. 
air-iasacht  126,  consent  .i.  cetugud,  H.  3.  18,  p.  552,  .i.  aontughadh,  O'Don. 

Supp.,  Meyer  Contrib.  58. 
airib  108,  from  yoii,  aslûifet  airib  tJiey  ivill  escape  from  you,  cf.  Wb.  14-»,  14J, 

20S  27--. 
airid  smooth,  dat.  sg.  ond  srogud  airid  (gl.  tercti  flagcllo)  Sg.  66^,  ace.  pi. 

airide  87. 
air-liachtad  3  5 ,  ti.v///«o- (with  blood),  liachtain,  wet,   moisture,   raiu,  O'R. 

airlechtaig  [leg.  -aid]  .i.  XQSCîaid  no  slaigfi,  H.  3.  18,  p.  530. 
airmitiu  16,  honour,  but  also  a  restriction,  tahu,  À.  geis,  H.  3.  18,  p.  529. 
airsce,  ersce  157,  neck,  gitîkt}  ina  airsciu  .i.in[a]  meidhe,  H.  3.  18,  p.  533. 

airrsci  .i.  méidhe,  O'Cl.  «  the  hinder  part  of  thc  neck  »,  O'R. 
-âirsed  App.  168,  s-subj.  sg.  3:  cf.  aurrais. 
airther  lame  99.  airther  a  cinn  115. 
ait  33,  pleasant,  anait  iinpleasant. 
âitedach  App.  5.  youthful:  cf.  maccâem  ôc  -ditidech,  LL.  220»  38,  deriv.  of 

ôitiii  «  youth  »  gen.  oited. 
aith-briste  153,  to-broken. 
aithech  151,  fl  giant. 
aithergab  armsl  arrangement  of  arms}  gen.  aithergaib   1021^  (YBL.),  145, 

dat.  ar  ind  atharcub  (gl.  pro  instructu  armorum)  Ml.  63'^  i.   Seems  a 

différent  word  from  athiorgah,  Meyer  Contrib.  148. 
aitherrach  craft,  gen.  aitherraig  192  c  =  aithearraigh  F.  M.,  1595  (p.  1984). 
âla  skill  (aladh  .i.  gliocas,  O'Cl.  citing  trd  âlaidh  a  urlahhra,  where  âlaidh 

mav  be  a  misspelling  of  the  ace.  sg.    dtaig  102  a.  Meyer,  Contrib.  77, 

gives  the  nom.  sg.  as  âlaig. 
alach  qiiick,  in  coss-alach  131  q.  v.  dat.  sg.  f.  Alich,  Bk.  Arm.  114,  cognate 

with  Lat.  alacer} 
dlaind  i2<),  beautiful,  superl.  aildem  114. 
ah-tûnh  another  (foreign)  country,  80,  loof,  102  g.  159. 
alchaing  5  5,  fl  rock  for  arms. 
allmarda  <^o,foreign. 
allus  mi'led  \  62,  a  soldier' s  s weat. 
altramm  fostering,  nurture,  dat.  altromm  5. 

am-les  disadvantage,  injiiry,  dat.  sg.  amlius  no,  pi.  dat.  amlesaib  LL.  57b. 
amlud  2,  dat.  sg.,  meaning  obscure. 


4o6  Wliitley  Stokes. 

amm  ttiiie,  ace.  sg.  la  cach  n-aim  122. 

ammin  55  ît'f  arc.  ci  'ammiii  35. 

ani-ulach  75,  beardkss. 

am-ulchach  15,  heardhss.  Côir  Anm.  24$. 

an-aichnid  44,  uiicouth,  unknown,  Mcyer  Contrib.  90. 

ancretach  for  ancrechtach  1 64  Eg. 

an-doe  42,  iinslow} 

an-drocht  unstraight,  avoked}  drocht  .i.  direach,  Lcc.  Vocab. 

ànem  102»  109,  superl.  of  an  spletidtd. 

an-etargnaid  93,  uncouth,  Jiukiiaiun,  stratige,  Meycr  Contrib.  99. 

anfarlann  165  St.  for  anforlann 

angim,  Iprotcct,  -ansed  96,  133  -ainsed,  m,  112.    2dy  s-fut.  sg.    3  pi.  5, 

ni-t-ansitis  YBL.  51^  jyijt-pret.  ro  anacht  131.  ros-anachtatar  77,  part. 

anachthac  132. 
an-gô  80,  90,  105,  uiifalse,  hue}  rcndcred  hy  ahis\  in Meycr's  Contrib.  103. 

Cf.  ingo. 
angta  133  H',  ba  hangta  .i.  ba  doi%,  H.  3.  18,  p.  533. 
an-iuil  101'',  gen.  sg.  of  an-eol  ignorance.  With  forba  aniuil  cf.  t!r  n-ancôil, 

uir  aniuil,  Âleyer  Contrib.  99. 
ân-li  109  spkndid  coloiir  (li). 

anmed  121,  lampooner,  properly,  lampooning,  hlemislring ,  deriv.  oi  anim. 
ann-seic  App.  5. 
aplis  153  cnclitic  5-pret.  sg.  3  oi  at-hailini  «  I  perish  »,  verbal  noun  apaltu 

Ml.  30^  14.  Other  instances  of  -is  in  compd   verbs  are  collais,  dîuchtrais 

and  dôrtais. 
arait,  gen.  sg.  araite,  61  Eg. 

aranaissi  8  (ara-nass-si)  she  luas  betrothcd:  root  nedh,  près.  -nasc-. 
ar-corbaim  /  violatc,  prêt.  pass.  pi.  3  ar-ro-corpait  26.  Other  such  forms 

are  ro-marhait  §  68  and  ro  dûnait  § 
ard-airsid  App.  97,  high  vétéran. 
ard-roth  100  c  lit.  a  highwheel. 
ar-gabim  I  capture  (in  sensu  obsc),  ar-da-gaib  7. 
aridisi  147,  again,  see  afrithisi 
ar-laiter  19.  (ad-ro-glâd-ter),  see  adglâdur 
-ar-16r  teinid  29  (that)  I  strike  fire}  According  to  Strachan,  Déponent  verb 

122  n.  -arlôr  mav  be  founded   on  *arld,  *adro-shi,   an  .s-subj.  froni  ad- 

slaidim;  cf.  W.  Uadd  tan. 
âr-mag  161,  bat tle-field  (Cymx.  aerfa). 

arm-grith  55  Eg.  clang  or  clash  of  arms,  a  compd.  of  ami  and  grith  55. 
arnon-sligfitis  94.  they  would  slay  us. 
ar-rethim  I  overtake,  perf.  act.  sg.  3  :  nisn-arraid  32,  54,  35,  ovcrtook  theni 

not. 
art-be  80,  slaughter. 
ascuir  (ad-sc.)  loi  b,  urccking  ? 
atacomnaic-si  8  (aith-da-coni-naic),  she  isl  atacomnaic  side  .i.  ata  conuiinm- 

side,  H.  3,  18,  p.  529. 


The  Destruction  of  Dd  Dcrij^a's  Hostel.  407 

atàither  69.  see  ad-s6im. 

atar  let  76  //  seeiiis  to  thee,  (O.  Ir.  ata  lat),  atar  lais  57,  it  seems  to  hiiii,  atar 
lind  1 5  it  seems  to  us,  atar  (MS.  adar)  loo  6,  it  seems  to  theiii,  et  v.  K.  Mcycr, 
Contrib.  141. 
at-ar-ro-bradsi45,  for  at-tob-r-ar-bad-si,  pcrf.  pass.  oi  adaihcnim,  aton-rar- 

bad-ni  45. 
at-chiu  50,  61  I  see.  atci-siu  50,  atchf  62.  rcdupl.   2dy  fut.  atchichcad  11. 
(-acciged  LU.  64''  39),  perf.  cia  acca  (ad-cccha)  81,  ni  11-acca  20,  nf  accai 
26.  co  n-accatâr  25.  2dy  près,  -aiccitis  67,  adchcti's  50,  pass.  subj.  sg.  3 
-accaister  48  =  -accastar  Wb.  2^^  28. 
ath-chor  43,  /o  transfer,  restore. 

ath-gôite  153  severely  ZL'ounded ,  mai med  (-gôiic  ùom  *gohd-). 
ath-laime  98  Eg.  dexterity,  deriv.  oi  athiam. 
ath-laaim  1  retiirn,  s-pret.  pi.  3.  ath-ra-Isat  47  (YBL.),  atrulasat,  St.  sg.  5 

athrola,  O'Dav.  51.  con  atralaid  45  (YBL.). 
athremail  42,  fatherlike. 
atmbia  79,  .i.  ata  lium,  fi.  3.  18,  p.  531. 
atrôe  App.  35,  atroa  1 56  non  potuit,  ati-rôi  32.  pass.  atroas  156,  atroastccht 

ar  in  orggain,  LL.  269''  37. 
at-ru-bartsa  144  Ihavesaid,  while  asbert,  -epcrt  (without  thc  ro)  is  only  he 

said. 
atûd  54  Idndling,  see  ad-s6im. 

au-chuimriuch  119,  «  ear-clasp  »,  O'Curry,  M.  and  C,  III,  186. 
augra  strije,  contest,  Meyer,  Contrib.,  gcn.   ind  âugrai  25,  whcre  it  is  mis- 

printed. 
aur-ard  (better  air-ard,  Meyer,  Contrib.  43),  very  tall,  pi.  nom.  aurarda  127 

ace.  aurardda  50. 
aur-chor  sâegail  21,  lit.  a  cast  of  life  («  todesstoss  »,  ZimmerKZ.  28,  572), 

aurchur  a  ri'ada  (riara)  88. 
-aurrais  App.  14  ^  -ahurrais  16,  a  2d  sg.  5-subj.  froni  *  air-ro-sais,  ni  âir- 

sed  augra,  LU.  99^,  root  seg}  cf.  tetarrais  LU.  62^42. 
aur-thuasacht  86,  Ustening  to  =  air-th.  Meyer  Contrib.  68. 
*ba  to  slay,  ni  rubutar  (leg.  rubatar)  77.  ni  rubadwr  .i.  nir  guinidar,  H.  3. 

:8,  p.  531  (from  nî  rubéotar?). 
bâ  4,  good,  ni  be  ba  son  .i.  ni  ba  maith  son,  H.  3.  18,  p.  529. 
bairenn-chorp  87,  a  rocky  body. 
hàlc-bcimncch  strong-smiting,  pi.  ace.  -u  130. 
balc-buillech  87,  dealing  slrong  hlows. 
balc-remor  127.  strong  and  thick. 
banamail  2,  womanly. 
bin-bruth  100  j,  a  subite  massl 
barr  di'as,  b.  scoth,  b.  messa  66. 
ba  salecht  79,  .i.  ba  slaidedh,  H.  3.  18,  p.  531. 

bas-lethan  51.  epithet  of  horses,  having  a  hroad  ...?  bas  is  usually  thc  palni 
of  the  human  hand,  but  herc  must  mean  somc  part  of  a  horse's  forehand. 
ba-t  thon  icast,  109. 


4o8  WhitUy  Stokes. 

-bât  151,  5J  pi.  près.  subj.  ofthc  verb  subst. 

bccdu  102  a:  perhaps  for  beclitu  compar.  oi  hecht  «  pcrfcct,  exact  ». 

bcimncch  126,  v.  baie. 

bcit  145,  près.  subj.  pi.  3  of  the  verb  subst. 

bel  l'chtarach  38,  Jcnver  mouth,  the  female  pudonda. 

bélmar  38,  40,  136,  big-vwtithd . 

bélot  32,  meaning  obscure. 

beni'm  ar  87,  benus  .i.  cindis,  H.  3.  18,  p.  532. 

benim  re:  suail  na  ro  bensat  re  mbarcaib,  App.  §  97. 

benn-chlaideb  125.  a  poUited  siuorà. 

béo-gâite  168,  nol  mortaUy  luoiinded 

beôil  :  atbailtis  a  beoil  12. 

berrad  100  e.,  hair  of  the  hcad,  v.  fotol-b. 

berr-brôc   113,   123,   127,  berd-broc  60,  a  short  aptou,  with  métal  plates 

scwn  on  it,  like  the  Homeric  [J.'■-pr^. 
bethir  is,  129. 

biathaim  I  fccd,  secondary  b-fut.  biathfaindse  60  (St.). 
bind  iiielodious  :  compds.  bind-iogrogod  99,  siveel-sotmding ,  bind-fogur  99, 

mdodious  sound}  equative  bindithir  17. 
bith-chorcra  2,  ever  piirple. 
bith-obéle  64,  evcr  opcn. 
blàthem  102  a,  superl.  ofblâith. 
bocc-maerdacht  2,  soft  dignity. 

bochta  (in  tul-bochta  q.  v.),  part.  pass.  ot  boiigaiin  «  I  break  ». 
bolg-srôn  an  epithet  for  a  horse,  lit.  hag-nose,  pi.  n.  bolgsrôin  51, 
bon-simin  105,  some  \à\iào{  rush^  a  I>idrush?p].  n.  bonsinine  105. 
borr-6claech  109,  a  great  ziwrior. 
bos-orgun  54,  ha>id-si>iitiiig. 
bot  tail,  dat.  sg.  but  162. 
-both  :  dûs  cinnas  rom-both  and  70. 
bô-thàin  28.  a  drove  of  cows. 
braénach  87,  meaning  obscure, 
bra-li'ath  App.  61,  lit.  grcy-broiued}  epithet  for  a  mantle:  bra,  lit.  cye-bioïc, 

hère  dénotes  some  part  of  a  cloak. 
brath-béim  pi.  brathbéimend  98  Eg.,    like  brath-buiUe,    pi.    brathbuUcda, 

LL.  221^  30,   means  a  destructive  bloiu,  (brath  .i.  milleadh,  O'Cl.  from 

*mrath,  Idg.  root  mer,  whence  ij.àovaaa'.,  [xapaivfoj,  skr.  mrnâti. 
brebnech,   brefnech  according  to  the  gloss  perforated,  pi.  brebnecha    135. 

brefneca  .i.  slabraJacha,  havhig  chaiiis,  H.  3.  18,  p.  533.  But  itseemsderi- 

ved  from  brcfean  (gl.  anulus)  Sg.  59b  15,  and  may  therefore  mean  riiiged. 
brecc-dcrg  95,  185,  spcckled-red,  breccderc  105:  equative  breccdergithir  97. 
brecc-glass  60,  speckled-bhte. 
brecc-lachtna  61  Eg.  speclded-tawny. 
brecc-liga  84,  better  brecc  ligda  109,  speckled  and  fuir,  bruit  brecligdai  umpu 

.i.  dath  examail  forro,  H.  5.  18,  p.  551. 
breo-gal  App.  69. 


The  Destruction  of  Dd  Dcrga's  Hostel.  409 

brcsal  ^^,strife,  x(.'ar,  =  Corn,  hrcsyl,  hicsiil,  Inrsell,  MBr.  bresehx(gl.hcl- 

liger),  breselhat  «  guerroyer  ».  With  thc  cognatc  Irish  man's  viMWQBresal 

cf.  Cynir.  (Coii)hrescl. 
brcs-niaidm  55  Eg.,  hreach,  rotit. 
bret-nass  iZ  brooch,  pi.  n.  brctnassa  124  =  bretnasa  LL.  256b  2,  dat.  bret- 

nasaib  LU.  25»  33.  O'Davorcn's  hrethnais  .i.  delg  must  be  an  crror  for 

bretnass. 
Bricriu  Chonaill  Chernaig  98,  name  of  Conall  Cernach's  spcar. 
bn'gda  App.  61,  epithet  for  a  mantle,  valuable,  deriv.  of  bn'g. 
broc  sadness?  urath}  (Cymr.  broch)  dat.  sg.  bruc  130. 
brô  (broe?)  dat.  sg.  hit  brôi  di'rmai  29,  hi  mbrôi  bertasa  100  k.,  mcaning 

obscure, 
brogsat  App.  69,  meaning  obscure, 
brôin  dat.  sg.  29  Eg.  broin  29  YBL.,  corresponds  with  thc  brôi  of  LU. 

broin  a  large  company,  O'R.,  et  v.  Lism.  Lives  3230,  gu  mbroin  ndoinn- 

sciath  ndeallradtach. 
brôntach  mcaning  obscure,  dat.  sg.  f.  brôntig  100  k. 
brothchàn  4,  ^oZ/ao^c,  Wb.  32<:  15. 

brothrach  quill,  counterpane,  pi.  n.  brothraclia  App.  99. 
brûar  i^i,  fragments,  compd.  brisc-brûar  LL.  iio''4i,  291*14. 
brudamna  130,  gen.  pL  for  briilh-damna,  LU.  112b  14,  nialerial  of  a  niass 

(of  métal),  britth   cogn.  with  Lat.  brïitus,  Gr.  paoû;,  Skr.  guni,   Idg.   F. 

XII,  186  and  damna  ^=  Cymr.  defnydd 
bruiden  64,  mcaning  obscure, 
bruilech  165  St.,  fragments. 
bruinn-derg  App.  156,  speckk-bellied. 
brûrcch  165,  brùirech  131,  fragments,  ace.  sg.  brùrig  LL.  261''  23. 

1.  bruth  99  ardoiir.  Cymr.  brwd,  Brd.  brout,  Lat.  de-frutum. 

2.  bruth  lueight,  mass,  see  brudamna,  bân-bruth. 
buageltach  126,  caicfeeding} 

buide-chass  100  e,  yelhiv-ciirly . 

buind  cholpthac  95,  ankles} 

bunsach  a  rod,  pi.  n.  bunsacha  124. 

bûrit  (buirid  YBL.),   bcim   burit    130,  they  give  a  bhiv  Cymr.  bwnv  «  to 

strike  <)  bivrw  ergyd  «  to  givc  a  blow  ».  Litli.  birli  in  kriiis~a  byra  «  it 

liails  ». 
càechad  103  to  bliml,  verbal  noun  oi  cuecbai m,  s-prct.  ro  cocchastar  105  Eg. 
caem  a  noble,  pi.  ace.  cacmu,  3 
caer  62.  Eg.  H.  St.  Thc  meaning   may  perliaps  bc  a  hair.  If  so,  d.  Lat. 

caesaries,  Skr.  kesara. 
caimse,  camsc  114,   121,  124,  a  blouse,   pi.   n.  camsi    116,   Gallo-Lat.  ca- 

misia. 
cdin,fair,  beautiful,   supcri.  câineni,  97.  102  a:   compd.  càin-tocud  100  d, 

good  fortune} 
cairpthech  charioteer,  pi.  n.  cairpthig  12. 
cdldae  102  b,  sleepy,  deriv.  of  cal  sleep,  Ir.  Texte,  III,  439. 


41  o  Whitley  Stokes. 

canach  slcbc  109,  said  to  be  «  tbe  eriophorum  poïystachion  or  conimon  cot- 

ton-grass  »,  O'Curry  M.  and  C,  III,  145  note, 
card  67  for  carnd  68,  a  cairii. 
carthanach  hdoved,  pi.  n.  -a  56. 
cass  I,  epithet  for  a  mantle,  curly,  not  «  short  »  as  O'Curry  rcndcrs  it,  or 

for  hair  119:  equativc  cassithirgi,  cassidir  97.  compds.  cass-cliorcra  97, 

crùad-chass  100  k. 
cath-chomlann  87,  batlk-coiijlict.  cath-milid  27  batlk-soldier. 
-ccclilastai  85,  seccndary  fut.  pass.  sg.  3  o( cluiiiur,  subj.   cloor  «  I  hcar  » 

(root  Mus). 
ccin  50,  54,  141,  a  iMle. 

céin-mair  iii,  112,  133,  cenmair  96,  hiig  Uve\ 
ccirr  dat.  sg.  100  i,  meaning  obscure, 
cclaim  (-ur?),  I forebock,  s-pret.  pi.  i.  célsammar  62,  a  denominative  from 

ccl  62.  omen  ni'  do  cel  carsam  (.i.  ni  caraim  t'faisdine),  a  bhcn,  ol  scsium, 

ni  tu  celmaini^is  duin  àogrès  (.i.  [ni]  tù  doni  faistine  duin  dognath),  H. 

3.  18,  p.  531. 
celt  130,  dress,  raiment,  in  chellt  Ml,  Hence  dccbelt  and  Eng.  kilt. 
celiar  see  môrcheltar. 
ccnn  arraic  131  meaning  obscure, 
ccnniud  137,  hood,  dat.  cinniud  137,  pi.  ccinnidi  82  (or  this  may  be  pi.  of 

cennide  (ace.  sg.),  LL.  11 3^8). 
cendraig  85,  dat.  sg.  some  part  of  a  mill,  nom.  sg.  connrach  a  bdl} 
ccnn-hccc  small-headed,  pi.  n.  cendbeca  51. 
cenn-phairt,  lit.  head-part,  something  at  the  end  or  beginning,  pi.  dat.  ccnd- 

phartib  130,  hiiobs  at  the  ends  of  chains.  Metaph.  cendphairt  in  scéoil, 

LL.  56b  3. 
cerchaille  99.  a  pillow. 
cern  62  (cerr  YBL.  caer  H.  St.  cderEg.):  If  cern  be  right,  ci.  perhapsNhg. 

hirn  «  brain  ». 
ccrnu  ace.  pi.  100  k,  meaning  obscure, 
cerr  sce  cern. 

cert-ehqssair  87,  a  dite  (right)  Ut  ter. 
eert-rann,  a  right  part,  dat.  certraind  loob. 
cert-sal  a  right  heel,  pi.  ace.  -sala  130. 

cessa,  ro-cessa  130  iverc  sprcad  ont}  as-roccss  .i.  rorecht,  Ml.  39^  n. 
-cessed  41,  past  subj.  sg.  3  of  cingim  I go. 
cestuigther  149,  is  questioned,  is  examined 
cét-ad  118,  seems  a  compd.  oi  cet  «  first  »  and  ad  =  cd  «  space  of  time  »: 

hicct-ad  would  then  uiean  «  in  early  youth  ». 
cét-chumsele,  76,  83,  89,  90,  92,  94,  96,  98,  m,  first  couflict. 
eét-glonnach  hitndred-slayer,  gen.  cetglonnaig  93. 
cethar-ehôir,  pi.  n.  cetharchôire,  pi.  dat.    cetharchôrib,  84,  an  epithet  for 

the  bagpipes  of  the  pipers  from  the  Elfmound  of  Bregia,  meaning,  either 

perhaps,   that,  besides  the   mouthtube,  they   had  a  chanter,  and  three 

droncs,  each  duly  tuned,  or  (if  the  mark  of  length  be  wrong)  that  the 


The  Destruction  of  Dà  Dcrga's  Hostcl.  41 1 

pipes  WCTC  qiuidrangular,  cf.  scfatha  ccthrocairi  120,  diibLirolam  ccthar- 

choir  150. 
ct^t-liath  128.  first-gray,  in  first  grcyncss. 
cct-tcii  Jâl  69,  first  beacon-fire. 

ciallathar  100  a,  jd  sg.  près.  ind.  dep.  of  *ciallur,  mcaning  obscure, 
cian-focus  67,  Wx.far-ncar. 
cin  deJictiim:  hi  cinta  Eochach  App.  26.  LU.  99a  Eg.   120^  2,  for  thc  offence 

of  Eochaid  :  se  hi  cinta  ind  fcrgoirt  do  milliud,  LU.  105^  i,  for  thc  offence 

of  destroying  thc  mcado-ii'. 
cm  F.  codex,  gcn.  sg.  na  cîno,  App.  168,  cin  mcmbruimm,  Corm.  dat.  isin 

cin,  Laws,  II,  554,  580,  pi.  ace.  tabraid  dùn  cina  meniruimni  co  scribam 

dûib,  LB.  171a  39.  Borrowcd  froni  Lat.  quinio  «  apentad»,  there  being, 

according  to  Cormac,  five  sheets  of  parchment  in  a  cin. 
cir  chuirrcii  i.  a  bright  coiub,  .i.  cior  ar  a  raithe  cur  rcil  no  soillcir,  O'Cl. 

ci'r  from  *kësrâ,  cuirrcil  from  cou  -\-rcil. 
claidbine  suvrdkt,  claid[b]inib  97,  cethri  claidbini  LL.  56a. 
claideb  garmoae  61,  128,  aweaver's  heatn,  claidcb  garmne  (gl.  liciatorium) 

KZ.  XXX,  556,  558. 
clucht  a  pldit,  pL  dat.  clechtaib  97:  from  Lat.  plecta. 
clessaninach  109,  m,  a  jugglcr,  pi.  n.  clcssamnaig  120.  Deriv.  oi ckss . 
cliab  buana,  58,  97,  a  reaping-baskct. 
clithar-garb  130,  a  rough coi'ering} 
clith-chor  100  d,- clechtchor  St.,  mcaning  obscure. 
clith-étach  28  (clith-étcaid  Eg.),  close  cloth} 
cloen-mil  16,  26,  meaning  obscure,  lit.  «  -ivrong  (or  evil)  bcast  •>■>. 
cloth-rf  100  b,  a  famoiis  Jdng. 
duas-coistecht  App.  69,  listening  tvith  ears. 
cndmradach  89,  cnâimred  102  c,  a  collection  of  bones  (cnâma). 
cnam-ross,  Bone-ivood,  gen.  cnâmroiss  App.  156.  Dinds.  31. 
cobba  for  co  mba  i . 

cochléne  45,  cochline  115,  dimin.  of  cochull. 
cocorse  100  d,  n.  pi.  cocairse  LU.  105'' 46,  cocarsi  LU.  8i-i  11  =  cogoirse 

O'R.  cogn.  with  cocarus  LL.  I20''47  =  cogarus  (con  -\-  corus)  O'R.  see 

Strachan,  Celt.  Zeitschr.  III,  41g. 
côel-druim  157,  spine. 
coel-glais  87,  88,  slender  slream. 

coem-choppad  97  Eg.  meaning  obscure.  See  rethe  coppad. 
coemud  :  for  coemud  (.i.  for  coimetno  for  biathad)  in  mie,  H.  3.  18,  p.  529, 

corresponds  with  ar  chomet  in  maie  §  8  ad  finem. 
c6i  138,  lit.  luay,  seems  10  mean  «  place  »  or  «  meeting  ».  So  in  Bruden 

Dâ  Choca  :  for  coi  ceithre  sligcd  no  bid  nach  briiiden. 
coible  na  flatha  65  (con-féle),  hospitality  of  the  prince. 
côicrind  "])  five-pointed,  -t<i.-<<'>WKfyi ,  pi.  n.  coicrindni  (cuicrinde  St.)  95. 
côic-roth  75,  91,  100  i,  fivc  cir  des  (or  wheels)  of  gold. 
côic-sess-churach  87,  a  bout  having  five  thwarts  (MS.  cûic-). 
côindso  75,  counlenance,  is  cuindsi  (.i.  aigid),  H.  3.  18,  p.  531. 


412  Whitley  Stokcs. 

c6ir-di'riuch  just  and  slraigJit,  pi.  n.  coirdirgi  2. 

com-accmaic  87,  puissant,  powerjid. 

com-acs  co-aeval,  pi.  n.  comaesa  76. 

com-âlaind  equally  beautifid ,  pi.  n.  comalli  76,  84,  comaldi  103. 

com-ard  75,  equally  high. 

com-ardu  48,  opposite  to  (comarda  Htiiir  «  in  glcichcr  hohe  mit  Howth  », 

Zimmer,  KZ.  28,  577). 
com-bâgach  App.  160.  coutetitious,  ro  ferait  na  catlia  sin  eu  comborb  com- 

bâgach  di  cech  leth,  LB.  124I'  22. 
com-bind  66,  equally  melodious. 

com-bruthc  crushed,  dat.  combruithiu  LU.  23a  23,  pi.  dat.  combrut[h]ib  89. 
com-chctbuid  100  b.  consent. 
com-chôir  76,  equally  just. 
coni-chrôda  103,  equally  hardy. 
com-dcntae  100  c.  n^wetf?  samskrta. 

com-dctae  100  c.  lordly}  deriv.  of  tlie  stem  of  commdiu  lord. 
com-ctaid  104,  114,  126,  guardsman.  Compd  cûl-ch.  q.  v. 
com-to-clirdib  -vicinity.  hi  comfocrâib  121  at  hand,  close  by,  a  stronger  form 

oîfochrôih.  Sec  craebach. 
com-gné  lOi  b.  con-fomiis,  similar  (gnê  forma), 
com-gni'm  83,  89,  108,  i  11,  129,  proivess}  or  perhaps  a  joint-deal  (of  va- 

lour). 
com-lebar  equally  long,  pi.  n.   comlebra  82.  comlcabra   .i.  comfada,  H.  3. 

18,  p.  531. 
com-lin  86,  135.  equal  nniuher. 
comlond  fo  cutrammus  45,  a  combat  on  equal  ternis. 
com-maidmech  App.  97,  triiunphant,  glorying,  dcriv.  of  comnuiidcm. 
con-da-fil  83,  so  that  they  are. 
con-id-ralâ  ar  102  b.  till  lie  bas  chanced  on 
comsid  129,  lord,  niaster,  dcriv.  of  coinnius  «  power  ». 
-com-arnectârr  22.  they  met  logetber,  perf.  pi.  3  oî  con-air-icim. 
con-éirgim,  cota-cirget  141. 

congan  cridi  92,  H.  3,  18,  p.  532,  whero  congain  is  glossed  by  toirrse. 
congna,  bera  congnai,  App.  114  A. 
con-grcnar  11,  is  collected.  Verbal  noun  congraimm,  also  congreml  .i.  tcgla- 

mad  no  tinol,  Archiv  f.  celt.  lex.,  I,  477. 
con-i'scd  78,  secondary  s-fut.  sg.  3  oï  coniccim  «  I  am  able  »,  con-n-ic  86. 
con-rainnim  83,  135,  con-roinnim  96,   with  transition  from  the  â-conju- 

gation:  cf.  roinne  SR.  5348. 
copad  91,  coppad   97,   rethe  c.    meaning  obscure:   «  a  bleating  ram  », 

O'Curry,  M.  andC,  III,  140,  141,  seems  a  merc  guess. 
cor  mo  diberga  73,  the  turn  of  my  plundering. 
corcor-gemmach  100  g.  purple-gemnied . 

core  colbthaige  58,  128,  a  caldron  capable  of  boiling  a  colhthach  or  heifer. 
corr-derg  an  cpithet  fora  horse,  pi.  n.  corrderga  51,  whcre  corr  must  mcan 

some  part  of  a  horse's  body  (corr  «  snout  »,  O'Br.). 


Tlie  Destruction  of  Dd  Derga's  Hostel.  41  j 

corrôemed  1 57  =  con-ro-memaîd  :  sec  -ma. 

corr-mîl  161,  some  insect,  honict}  horsejîy} 

cosnam  27,  oc  do  cosnam  soni  .i.  a  tcgmail  a  timccll,  H.  3.  18,  p.  529. 

coss-alach  \-^i,  su-if tfooted. 

costud  73,  usage}  coinpanionship}  also  in  LU.  87->38.  LL.  220'' 39,  232''  33, 

243"  42,  seems  borrowcd  from  Lat.  cousitctiido.  O'R's  costaidh  an  inn,  if 

gcnuine,  wonld  give  a  suitable  meaning. 
costudach,  costodach  100  b.  Also  in  LL.  100147,  100153,  120'' 3  derivcd 

from  costud. 
cotât  87.  hard  =  cotut-  q.  v. 
cot-riccim  fri  I  nieet  with,  près.  ind.  pL  3  cotregat  44  (cotrecat  YBL.),  perf. 

pL    3   cotrâncamar    io<).  cot-  (also  in  cot-aneccar-so  Wh .   14'=  40),  perh. 

from  *l;ont,  Thurneyscn,  IF.  Anz.  IX,  192. 
cotut-sleman  i,  hard(:\nd)siiiooth.  This  word  is  misprinted  chotiit  kiiior,  and 

misrendered  «  gathered  and  soft  »  in  O'Curry,  M.  and  C,  III,  190. 
crdebach   119,  branchy,  deriv.  oi  crôeh,  fem.  gen.  crôebe,  dat.  crôib  in  fo- 

chrôib,  near,  at  haud,  and  com-fo-chrôib. 
crann-sciath  87,  a  u'ooden  shield,  as  distinguished  from  one  madc  of  wicker. 
crech-f'obaid,  nimhhin  forays,  pi.  n.  crechfobdi,  51. 
créchtaide  (MS.  crécthaidi)  App.  97,  tvound-injlict'uig. 
crédtiu,  gen.  créda  107.  cret  chréda  :  compd.  créd-umae  75. 
cressaigth-e  128  shakes  it,  wherc  thc  -e  is  an  affîxed  pronoun.  cressaig/j  .i. 

croit[h]is,  H.  3.  18,  p.  532. 
criathar  âtha  131,  sieve  of  a  coni-kihi. 

criathraim  I  pierce  holes  in  (like  a  sieve),  prêt.  pass.  ro  criathrad  167. 
crithnaigim  1  tremble,  ro  crithnaig  55  Eg. 
crô-derg  97,  98,  goj-e-red. 
crôeb  triana  blâth  66. 
crom-scîath  116,  ii'^,  a  curved  shield. 
crùad-chass  100  k,  hard  and  curled  (cx\iz.àc\\(iss  LU.), 
crùan-maith  51,  red  enamel.  Hère  H.  3.  18,  p.  530,  lias:  co  tri  .l.  nall  (.i. 

srian)  cruanmaithnech  friû,  whcre    nall  should  probably    be  corrected 

to  ail. 
cruind-becc  2,  round  and  small. 
cruind-berrad  82,  a  round  head  ofhair,  fri  cruindberrtha  .i.  tri  fuilti  cruinde, 

H.  3.  18,  p.  531. 
cûar-sci'ath  a  bent  (crooked?)  shield,  pi.  n.  cûarsceith  76. 
cûas  App.  5,  a  holhiu. 
cuclige  loi  b.  totlering,  cf.  bai  ind  arc  for  cuclaigi  gcll,  SR.  6673,  cucligi 

in  talman  occa  thochur  dar  aird  7  dar  cenn,  Lism.   sii^i,  cucligiu  7 

maidm  inna  secht  nime,  ib.  51*2. 
cuil  4,  bail,  cuil  .i.  olc  no  toirmisgthc,  O'Cl. 
cuimm  chnâma  q4,  shape  of  bonel  Cf.  the  verb  ciinnnaini. 
cuin  ruirthecht,  App.  156,  meaning  obscure, 
cuimscle  100  d.  counlenance} 
cuirce  a  curch,  headdress,  but  in  137  fl  ttift,  cresl  or  topJcnol. 


414  Whiiley  Stokes. 

cuirrcil  (v.  cir  chuirrcil),  from  con-  and  réil  «  clcar  »  ? 

cuitbid  158,  a  j  es  ter  (con-ùbid). 

cûl-aitirc  66,fnrther  securily,  litcrally  a  haclc-guaraulor. 

cùl-cliomctaid,  a  rear-guard,  pi.  gen.  -c  105. 

cûl-mong  76,  127,  150,  hack-hair. 

culpatach  booded  («  warni  »)  O'Curry  M.  and  C,  III,  190,  v.  Icburch.,  a 

dcriv.  of  ciiJpait. 
cumachtacham  100  a,  superl.  of  cumachtacli  poiuerful. 
cumal  a  sJaivgirl  or  lier  value  (three  cows)  pi.  n.  cumala  3,  8. 
cumall  (caumall  Eg.)  loi  a,  b,  meaning  obscure, 
cummascdae,  epithet  of  bratt  28  Eg.,  of  loin  1 18,  literally  viixed. 
cumscle  07»t.'/?  pi.  ace.  cumscliu  150. 
cumthi  79,  96,  for  cummthi  participle  of  neccssity  oi  cmnmaim  »  I  shape  », 

«  I  do  »,  as  in  Listn.  Lives  461 1  :  gu  cumaid  [ccumaitt,  B.]  a  ndegh- 

gnima. 
cungas  28,  meaning  doubtful  :  cunglas  St.  seems  a  compd.  oi  glas.  The 

first  élément  (ciiin-  ?)  may  be  in  cun-dil  n  decorus  » . 
cuslennach   151.0  piper,  a  deriv.  oi cusle  «  pipe  »,  «  vein  »,  pi.  gen.  cus- 

lend  99. 
dadaig  7,  12,  at  night} 
dag-ere  87,  128.  a goodhurden. 
dag-thrian  i  30.  a  good  third. 
da\gfire,  daig  do  ri'g  61,  daig  dâirthaige  65, 
dâirthech,  gen.  dâirthaige  65,  an  oratory.  The  a  oi  dair  being  in  position 

is  lengthened. 
dais  heap,  pi.  n.  daisse  89,  daissi  .i.  car»  H.  3.  18,  p.  532. 
dâm  dàsachtach  if  not,  as  above  suggested,  a  party  of  Berserkir,  may  be  = 

the  Scottish  herd  widdiefoivs?  cattleslealers  ? 
daman  App.  156  meaning  obscure, 
dam-dabach,  lit.  ox-ttih,  pi.  damdabcha  127,  where  it  is  applied,  metapho- 

rically,  to  fat  round  men. 
dam-seche  44,  58.  ox-hide. 
darôet  52  from  to-ro-ét,  Jms  corne. 

dartaid  i$B>,  a  yearling,  a  year-oldbull,rf.  «fld^Z'wra  nickname  ofTulchinne. 
data  147,  fostercr. 

dech  39,  hest,  is  deich  .i.  is  fearr,  H.  3.  18,  p.  530. 
dechelt  102  a.  =  degcelt  .i.  brat,  H.  3.  18,  p.  532. 
decniaic  .i.  ingnad  O'Dav.,  compar.  decmaicci  87. 
dedbol  87  a  iveakling  ? 

1.  degaid  44,  a  chafer,  hlackbeelle  («  zu  nacht,  Zimmer  KZ.,  XXVIII,  370, 
S75),  degaid  .i.  dael,  H.  3.  18,  p.  530,  is  ace.  sg.  oi  dega  =  de^gha  .i. 
dael,  O'R.  So  in  §  61,  the  duibithir  dega  of  Eg.  the  duiblnthir  degaid  (.i. 
dael)  of  H.  3,  18,  p.  530,  corresponds  with  the  dubithir  druim  ndiil  ol 
LU.  Cogn.  with  Eng.  tick,  Germ.  ■:^ecke,  and  perhaps  Armen.  /q. 

2.  degaid  App.  160,  meaning  obscure, 
déitgen  75,  a  row  (or  5*;/)  of  teeth. 


The  Destruction  of  Dd  Derga's  Hostct.  4I 5 

deirb-cride,  Si  Eg.  sure-hearlcd. 

dclbthor  100  f. ,  meaning  obscure,  delbnctliar  St. 

denn-maisse  xoof.  Eg. 

dénum  datha  i ,  buruisbing  ? 

deoga  tonnaid  98,  129,  167,  dr'nih  of  dcaih. 

deogbaire  139,  cuphearer. 

dcolatchair  17,  meaning  obscure. 

deolcha  28,  meaning  obscure. 

-derband  108,  see  terbaim. 

derc,  derc[a]  a  sedlaig  2,  arinhok  of  her  shifi  (not  «  bosom  of  lier  smock  » 

as  in  O'Curry,  M.  and  C,  III,  100).  In  128  rf^-rc  seems  a  scribal  errer  for 

draic  «  dragon  ». 
-de-r-cacha  71  perf.  sg.  3  of  do-cccim  I sce  (from  to-en-cim). 
derg  red,  equative  dergithir  2.  compds  derg-(f)aesc  97,  rcd  sheU,  derg-inliud 

I,  a  red  insertion. 
dess-corach  35  YBL.  rcading  doubtful  and  meaning  obscure, 
desad  I  sat  LL.  152^7,  sg.  3  dessid,  pi.  3. 
-destetar  52.  See  Ascoli  Gloss.  cclii. 
dét  tooth,  ivory,  gen.  sg.  dét  y6,  95,  103,  126,  152. 
diabol-nâma  a  devilish  foe,  pi.  n.-nâmait  81. 
diag  for  diig  106. 
dias  claidib  98,  point  of  a  sword. 
diceil,  nom.  dual,  o-war^/aw^?  App.  114. 
-didlastdis  128,  137,   secondary  5-fut.  pi.   3  of  dlongim,  perf.  ro-s-dedlaig 

SR.  7958. 
dilsigud  riibréithre.  App.  62. 
di-maisse  100  f,  meaning  obscure  and  reading  doubtful,  «(/('««wamc  Eg., 

n-innmaise  St. 
di-mes  100  j.,  meaning  obscure.  Itcannot  hcdiniess  «  contemptio  »,  Z-.  873. 
dimôr  82.  dimàr  127,  buge. 
dingabar  100  k.  is  taken  aicay}  près.  ind.  pass.  of  dingabim,  pi.   3,   ding- 

baiter,  Laws,  I,  142. 
dir  13  (dual  Eg.)  «  proprius,  conveniens,  iustus  »,  Cymr.  dir  «  certus,  ne- 

cessarius  »,  idg.  root  dhê. 
di-raith  63,  gratis,  doraith  St.  H. 
disiu  ocus  anall,  46:  cf.  siu  7  anall  53. 
ro-dithait  App.  160,  should  perhaps  be  ro  dithaigit  tbey  luere  destroyed,  cf. 

dilbugud,  Aisl. 
dith-lâithrigim  I  exter minute,  prêt.   pass.  pi.   5  ro  dithlaithrigit  App.  160, 

verbal  noun,  Three  Shafts,  p.  353. 
diuchtrais  loi  b.  be  awoke. 
diulathar  93,  meaning  obscure, 
-diuscim  /  aî(,v7/.:t;  (di-od-sechim),  prêt.  sg.  3  do-r-iussaig  loi,  cncl.  ni  de- 

r-saig,  LU.  130^  27. 
dligim  I  am  entitled  to,  deponential  5-pret.  ro  dligestâr  22. 
do-aid-becht  :  fobith  ton-aidbecht,  App.  168.  Root  bong,  beg. 


/)i6  Whitley  Stokes. 

do-air-cim  do  I cause  lo}  doairgebad  (-taircébad  Eg.)  i8. 

do-air-(i)cim   /  conic  to}  domm-âir  27,  taircitis  chuccai,  Dinds.    117.  tair- 

geadh  .i.  tracht,  P.  O'C. 
do-airinnim,  /  /(■/  ^/ohh,  près.  pi.  3,  du-sn-arinntis,  App.  114.  V.  Strachan 

Sait.,  64. 
do-arm-chellaim  /  go  round,   prêt.  sg.    3    do-r-armchell   155  Eg.  (to-ar- 

imm-c). 
do-ar-raid,  dosn-ârraid  38  Eg.,  hc  overlooh  them,  pcrf.  sg.  3  oï  do-ar-rethim. 
do-ath-laaim  /  rctiini,  lit.  rcpono,  s-pret.  pi.  3  doathlasat  47. 
do-choisti's  27,  3d  pi.  2dy  s-fut.  of  do-chu-aid  «  ivit  »  (*to-co-f;uth),  pi.  3 

dochùatar  165. 
do-chomrac  166,  an  evil  conflict. 

do-coemnacair  157,  there  chauccd  to  he,  dep.  perf.  sg.  3. 
do-cuiriur  I put,  I ibrow,  docuirethar  71.  to-s-cuirethar  55,  ta-curethar  39, 

2dy  prcs.  docorad   54.  pi.   tos-curetar  67,  cncl.  3d  sg.   di'-chuirid  149. 

pass.  sg.  3  dochuirther  105. 
do-deochaid  156,  157,  166,  he  bas  goiir,  pi.  3  dodcochatàr  83,   134.  s-conj. 

sg.  2  -tudchaiss  App.  14. 
do-dôrted  140,  better  dodrôrtad  YBL.,  seems  from  *  to-to-ro-forted,  see  infra 

s.  V.  do-forte, 
dôel-abra,  a  hlach-heetle-hrùiu ,  pi.  gen.  doél-abrat  100  d. 
dôerad  100  b,  enslavement. 
do-érnaba  80  Eg.,  102  g. 
do-cscaim  I  eut  oui,  do-n-iscide  65. 
do-fâeth  83,  86,  92,   102  c  pi.  dofâethsat  83  dofoethsat  84,  s-fut.  sg.  3, 

pi.  3  oî  do-tuitim  «  I  fall  ».  dofoethsat  85  secondary  s-fut.  sg.  3.  The/ 

is  prothetic. 
do-fedim  educo,  v.  doruided 
do-filter  7,  there  is. 

do-fi'urat  138,  s-fut.  pi.  3  of  *do-orgim  «  I  slay  ». 
do-foicherthar  81,  it  ivill  he  cast,  secondary  s-fut.  sg.  3. 
ào4ox-mx\g\m  I  increase,  -tormaisead  2.  dofoirmscd  Ml.  35»  17. 
dô-forte  97.  do-r-ortat  Fél.  May.  27  (rofortad  B),  dofortad  (gl.  eflfunderet) 

Ml.  36'^.  Root  vert, 
do-fuitet,  143,  149,  tofuitet  143,  148,  150,  151.  theyfall,  for  do-tuitet  (ex 

*to-to-tudet,  Strachan). 
do-gniu  92,  dod-rôni  26,  arn.^  dcrnat  94  co  ndernsat  App.  141.  dorigned, 

dorônsat  134,  do-nd-  rônsat  168,  dorônad,  153. 
do-im-chellaim  I  go  round,  s-pret.  sg.  3  do-r-imchell  154. 
do-guir  32,  meaning  obscure. 

do-mâine8o,  loss,  privation,  evil,  opposite  to  so-mÀiue  «  wealth  »  «  profit  ». 
domain  102  g.  domnais  App.  69. 

donn,  noble,  gen.  duinn  79,  .i.  uasail,  H.  3.  18,  p.  531. 
donn-berrad  95,  fl  broivn  head  of  haïr. 
donn-fer  82,  95,  130,  a  brou-n  vian. 
donn-iolt  95,  bro-icn  hair  of  the  head. 


Tlic  Destruction  of  Da  Dcrga's  Hostcl.  417 

dorechachasa  (Icg.  dorccachasa  I  saw  (*to-ro-cn-cacha),  do-ni-rccacha   109, 

it  sau'  me. 
do-riadat  50,  they  faïc  to,  do-r-riadat   5 1 ,  for  *  to-n-riadal,  with  infixed  re- 
lative, 
do-r-iussaig  loi,  v.  diuscim. 

doroacht,  I  hâve  corne,  doroachtmar  3.  doroachtatar  84. 
doroch,  gen.  pi.  109  H'.,  for  droch  a  wheel  .i.  roth,  H.  3.  18,  p.  532. 
do-roistis,  dorostais  24,  ihey  ivouIJ  repair  lo. 
dorralad  142,  for  doraîaii  Wb.  13^^  8,  perf.  pass.  sg.  3   oi dolâaim  «  pono». 

As  to  the  vowel  of -ra-  sec  Thurneysen,  Kelt.  rom.,  34. 
dorsaire  142,  doorivarden . 

doruided  90,  meaning  obscure,  was  led'>  cf.  du-da-riiid  Ml.  63'' 12. 
dos-bile  97,  a  hnshy  tree. 
do-sendaim  I  huiit,  pcrf.  pi.  5  do-t-roiphnetar   166,  prct.   pass.   pi.   3   to- 

sessa  29.  fut.   -taibnither  App.  14.  corruptly  ni  taifnichter  16  :  ni  toit- 

findta  .i.  ni  hinnarbtar  H.    5.  18,  p.  529.   verbal   noun   tofond   26.  (to- 

svend-). 
do-tecim:  /  corne  to,  do-thic  143.  do-for-tecat,  79,  83.  dodânic  102  a.  where 

the  second  d  is  either  an  infixed  neut.  pron.,  or  a  /  medialised  by  the 

infixed  relative:  cf.  atach  adessam  Hy.  i,  4,  where  adessam  is  =:  ad-n- 

tessam  (Thurneysen). 
do-thâetsat,  92,  3d  pi.  s-fut.  of  do-tuitim //a//,  s-pret.  pi.  3  dotuitsct  152. 
do-thaistis  60,  do-thaégat  155,  dothàet  73,  126. 
do-tôegasi,  App.  62  sbe  chose. 
draicc  128  Eg.  a  dragon. 

drech-natha  App.  69,  ace.  pi.  meaning  obscure 
dremne,  rage,  Jury,  dat.  dremniu  44. 
drindroisc  8  (dru-ind-ro-sq...)   an  urgent  request.  a  tri  drindroiscsi  .i.  a  tri 

hathchuingi,  H.  3.  18,  p.  529. 
droch-cara  3,  a  badfriend. 
droch-laech  79,  a  bad  (cowardly)  ivarrior. 
droch-menmand  36,  bad  spirits. 
drocht  wheel,  ace.  pi.  drochtai  71  H.  Still  used  in  Waterford  for  a  millwheel 

(Henebry). 
drol  hook,  pi.  dat.  drolaib  97,  nom.  druil  LB.  121»:  cf.  dub-drolam  130. 
dron-aicde  100  f.  a  strong  building,  applied  to  a  mantlc  ! 
druimne  2,  a  back. 
dûabais  38,  sorry,  opp.  to  suabais. 

du-achnid  26,  du-aichne  93  (duaithnc  YBL.)  hard  to  recognise. 
dualldai  \,fringesl  secms  a  dcriv.  o(  diial  «  a  lock  of  hair  »,  from*doklo-, 

cogn.  with  Goth.  tagl  (Strachan). 
dub  dark,  black:  compds.  dub-asse  112.  dub-berrad  a  black  head  of  hair,  pi. 

-berrthae  112.  dub-boccôit  82.  dub-chrann  85.  dub-dcrg  87.  dub-dés  87. 

dub-drolam  130.  dub-lenn  112.  dub-lind  128.  dub-sciath  95.  dub-sleg82. 

equative  duibithir  2,  58,  97. 
duinegin  93,  (froni  duinc-gcin?;,  meaning  obscure. 

Revue  Celtique,  XXII.  28 


41 8  Whitlcy  Stokes. 

duinne  127,  hrowniiess,  dcriv.  oidonu. 

dul  nôi  ndrong  109,  lit.  tJie  going  of  iiiiie  Invuïs,  perhaps  tlic  timc  in  which 

nine  bands  would  mardi  past. 
dûthraccur  I désire,  près.  subj.  dudrastar  8.  cf.  mi-dutiirastar  Patr.  h.  i. 
echda  130,  equine. 
cche  62,  glosscd  by  ni  dorcha,  «  not  obscure  »,  and  is  folliis  «  it  is  mani- 

fest  ». 
ech-lascad  (=  cch  -j-Aescad)  32,  horse-lashing,  deriv.  of  echlasc,  pi.  echlâsca 

103. 
echtraim  I  go  forth,  nir'cchtra  16,  App.  14.  arnâ  hcclurad  a  Temraig  cach 

nômaid  aidchi,  LU.  99*  (App.  §  168),  echtrann  App.  160. 
eclann  97  a  plate,  froni  aith-  plus  cland  from  Low  Lat.  planta. 
ecnach  App.  14,  =  ccna  14.  94.  App.  168.  is  ccnach   94  .i.  is  follus,  H. 

3.  18,  p.  532. 
ccoir  I,  adj.  arrangea?  orderly  ?  cogn.  with  ecor  (aith  -f-  cor)  and  ecraim 

«  inlaid  with  sparkles  »(!)  O'Curry,  M.  and  C,  III,  190. 
écomtjg,  u  mis  liai} -pi.  ccomtige  13,  ccoimdigi  .i.  ncmgnathacli  no  anminic, 

H.  3.  18,  p.  529.  opp.  o{ cointig  «  consuetus  »  G.C^.  1002. 
ecrus  arrangenunt}  sèche  (  n-ecrus  iarna  chul,  87.  claideb  orduirn  i  ii-ecrus 

sesta,  Ir.  Te.\te,  I,  310. 
-ecsetar  52,  s-conj.  pi.  3  of  ad-cu-aid,  he  has  related,  Idg.  F.,  XII,  185. 
ed  inn  urchuir,  ed  n-urchair,  App.  33,  spacc  of  a  shot  or  cast. 
éiglh-i  20,  he  -wails. 
en  ivater  64. 
en  32,  34,  35,  an  interj.  loi  en  ama/c  etc.  no  comadh  einne  a  maie  bu  coi- 

-rann  .i.  foimdin  no  fritheoil.  110  é  a  maie  .i.  truag  a  maie,  H.  3.  18,  p.  530. 
én-chennach  bird-skin,  ace.  cnchendaich  7,  pi.  ace.  enchendcha  13:  cf.  Icel. 

fjadhr-hanir  winged  haunch. 
én-flaith  16,  bird-realm. 
eng  track,  cet  n-ech  mbûada  hi  sedgregaib  oss  n-ewg,  28,  eang  .i.  lorg, 

O'Cl.  ;  but  thc  phrase  is  obscure  to  me. 
eochrad  3,  a  cavalcade,  gen.  echraidc  50,  pi.  n.  echrada  50. 
éolach  a  guide,  pi.  ace.  eolchu  70. 
er-gnas  102  a.  knoiuledge,  synon.  with  crgna. 
Ériu  Ireland,  nis-fetursa  in  Herind  hère  means  (aceording  to  Henebry)  I 

know  not  at  ail.  ' 

ern-bad,  pi.  ernbaid  122:  meaning  obscure.  The  ern  from  *(p)erno-  seems 

bc  a  prefix,  as  in  crnhas,  q.  v  ,  eriihude,  and  perhaps  crngabthi  Ml.  16^5. 

In  email  (=  ern-dail)  the  prefix  ended  in  a  nasal, 
ern-bas,  gen.  ernbais  79:  meaning  obscure. 
ésce  ^  eisci  .i.  guasacht  bais,  «  danger  of  dcath  »,  H.   3,    18,  p.  60^^. 

eisce  «  assault  »,  Ann.  Ult.  ici  g.  nf  ésee  cen  rig  102  a,   a  proverb  ini- 

plying  that  (is  battle)  a  king  is  or  should  be  always  in  a  place  of  péril, 
eslabar  1^,  gênerons,  easlabra  .i.  enigh  no  farsing.  H.  3.  10,  p.  529. 
-ctas  92,  prêt.  pass.  sg.  3  of  étadaim,  /  <,v/ :  cf.  étaste  MI.  43*^20,  ctastar, 

Wind.  Wtb.  s? 2. 


The  Destruction  of  Dà  Derga's  Hostel.  419 

ctarglcod  24,  to  décide. 

(:x\gugly  (an  -\-  tig),  gl.  ace.  citchi  150.  Honcc  adcti:^  sehr  abscliciilicli. 

facbordac  >i,  ichetted,  excited,  stiniulated}  part.  pass.  oî  facbiahn  (J'aohhniii/i, 

O'R.),  adenom.  (vom  faebiir  «  edge  ». 
faelad  20,  leaniin^  (thc  trade  of  robbers),/ao/rt(//;  .i.  foglaim,  O'Cl.  :  or  wer 

wolfing}  deriv.  of  fael:  see  Côir  Anmann,  Ir.  Texte,  III,  376. 
fagbat  App.  156,  leave  thon}  seems  an  imperative  2d  sg.  with  affixcd  pron. 
filgud  ICI  c,  prostration}  verbal  noun  oî  fo-Algaim  (fo-ad-leg-). 
fanacbasa  1 3  (rofacaib  Eg.)  seems  a  corruption  of  f-an-âcabsom  hc  left  tbeiii. 
farrumai  148.  (forrunia  YBL.,  doluid  Eg.)  for  for-rii-bai,   root   ben,  Lat. 

vert-,  nsforrumai  LU.  64b  31,  tor  for-ni-bai,  imrubai,  root  ben  caedere. 
fcinestar  window,  App.  5  =  seinister  6.  From  Lat.  fenestra. 
feis  86,  3d  sg.  s-fut.  act.  oî fichim  «  I  fight  »  3d  pi.  près.  ind.  y>^ss.  fichitir 

109,  prêt.  act.  sg.    3   ro  fi'ch   167  cognate  with   Lat.  vi-n-co.  Note  the 

change  in  the  Irish  word  from  the  /  to  the  e  séries.  So  in  Jetar,  root  veid. 
fémmed  impotence,  weakness,  gen.    sg.  femmid  79.  83,    102  f,  dat.   fémiud 

Fél.,  p.  Ixxiii,  ace.  fcimmcd  LU.  iiib  the/ may  be  prothetic,  the  é^wwcJ 

=  *ex-medo-,  cogn.  with  Ir.  f-émdim,  for-e'nidini  «  I  ani  unable  »,  and 

Cymr.   tneddu  «  posse  ».  At  83,  H.  3.  18,  p.  531,  has:  nela  feimme  .i. 

nela  fola,  which  seems  a  bad  guess. 
femendae  pi.  n.  50,  51,  an  epithet  for  horses  :   meaning  obscure,  pcrhaps 

borrowed  from  Lat.  velicmens. 
Fén  dar  crinach  41.  fen  .i.  carpat  no  carr,  H.  3.  18,  p.  530. 
feraim  I  pour,  I  make:  ro  fersatâri52.   Lidén   Stud.    38  connects  àpûw, 

feramail  App.  160,  manlike. 

ferb  130,  perh.  gen.  pi.  of  ferb  cow. 

fcr-crecht  fl  tnanly  ivoiind,  pi.  gen.  167  Eg. 

fcrda  App.  160,  manly,  courageous. 

ferna35,  shields,  fearna  .i.  sgiatha,  H.  3.  18,  p.  330. 

fcrtais  carpait  81.  shaft  of  a  chariot. 

fés  ichtarach,  61  schamhaar,  fés=  O.  Pruss.  wanso.  Cf.  bel  ichtarach. 

-fetar,  -fetur  94,  los-  I  kti&w,  ro-s-fetar  subj.  113,  117  subj.  pi.  3  ni  hetar 
ro  fessatâr  68.  pass.  sg.  3  ro  fessar  109,  past.  subj.  pi.  i  acht  ro  fesmais 
28,  co  fesmais  73.  The  forms  ro /é/ar/ar,  ()S,ro-génartar  Wb.  4'^  12,  scem 
blunders  for  ro  fetatar,  rogènatar,  Strachan,  The  particle  ro,  p.  14  n. 
Otherwise  Zimraer,  KZ.,  XXX,  225. 

fethanaig  dat.  sg.  App.  114.  a  withing} 

fiamain  135,  supposed  to  meana  hare,  and  to  stand  (ox  fîad-inuin. 

fian-galach  32  YBL.  fian-valiant.  fianlag  56. 

fichte  for  figthe  woven,  tech  fi  the  a  luicker  honse,  O'Don.  supp.  s.  v.  atiliii. 

fi'ad-uball  38,  85,  a  crab-apple. 

fich  147,  a  fend. 

fi'n-barc  81,  lit.  barque-iuine,  wine  carried  in  a'ship  to  Ireland  from  France  : 
cf.  bid  fin  rhbârc  6  Romanchaib,  Egerton  1782,  fo.  18*2. 

find  wJnte:   equative  finnithir  189:  compds  :    find-airget  100  i,  119,  125, 


420  Whithy  Stokes. 

white  silver.  find-buide  84,  103,  lo-j ,  pale  yellow  Cmà-ilanh  a  fuir  priiice, 
gen.  findflatha  102  c. 
findruine  98  (froni  *find-bruine?)  wbile  bronze. 
fir-feochair  App.  97,  truly  ficrce. 
fi'r-medôn  72,  exact  centre,  very  middle. 
fithis  tria  fitliisibh  .i.  conair,  H.  3.  18,  p.  532. 
flaithem /)rj««,  gen.  flatheman  108  c.  (Eg.). 
fo-ara  115,  an  under-charioteer. 
fobaid  5 1 ,  quick,  active,  nimble. 
fobi'thin  92,  106,  l'^i,  hècause. 

fo-canaim  succino,  près.  ind.  pi.  3  (rel.)  fo-chanat  99. 
fochla  féinnida  74,  champions  seat. 

fo-cerdaim  I cast,  près.  ind.  act.  sg.  5  foclicird  107,    109,  pi.    3  focherdat 
95.  s-fut.  sg.  3  fochicher  102  c  pass.  fo-cicherthar  81,  2dy  s-fut.  sg.  3, 
acr.  -fo-chriched  85,  (an  error  for  -fochicbreJ ,  hancr  foichred,  as  in  LU. 
84»  19),  t-pret.  fochartatar  141.  pass.  prêt.  sg.  3  fochres  143,  pi.  3  fo- 
cressa  54. 
fo-dâig  117,  fodéig  118,  168.  LU.  99».  becattse  oj  them,  fo  n-déig  126, 
Ib-derc,  foidhearc,  O'R.,  fo-derg  4,  char,  évident,  corresponds  with  thc/or- 
reil  of  Ir.  Texte,  I,  119.  In  O'Curry's  M.  and  C,  III,  190  cobbafoderg  is 
misprinted  cobba  stearg  dona ferait,  and  misrendered  by  «  the  men  ...  were 
ail  shaded  in  red  ». 
foditib  .i.  cenglaib  120. 

fo-domain  87,  depth  (fudomain,  Wind.  Wtb.). 
fodord  .i.  fi  ord  .i.  drochord,  H.  3.  18,  p.  529. 
fodordaim  18  1  mur  mur. 

fôeltnigim  I  rejoice,  s-pret.  fôeltnigis,  App.  156. 

-fôelusa  81.  enclitic  form  oî fo-lihissa  Wb.  23^25,   s-fut.  sg.  i  oî fo-hngim 
«  I  support  »  pi.  3  -foelsut  138,  encl.  form  oi  fo-lilsat  Wb.  25'i  19.  Ml. 
80»  1 5 . 
fôen-chles  148,  lit.  a  supine  feat,  sonie  feat  with  a  shield. 
fo-fâcbaim  I  leave,  près.  ind.  pi.  3  fof;\cbat  13. 
fo-garit  soniewhat  short ,  pi.  n.  fogarti  116. 
fo-gellaim  I  consul tl  s-pret.  pi.  3  fogellsat  20. 
-foichred  38,  97,  see  focerdaim. 

foimtiu,  dat.  foimtin  130:  ina  foimtin  .i.  ina  n-oircill  H.  3.  18,  p.  533. 
foithre  a  uvod,  pi.  dat.  foithrib  App.  97.  Ucncc  foilhremjil. 
fo-laimiur,  /  attempt}  pi.  5  fôlôimetâr  126,  folaimtis  19  (folamdis  .i.  do- 

sanntaidis,  H.  3.  18,  p.  529).  See  Trip.  Life,  index, 
fo-lilsad  38,  from  folenaim 

ro-follang  36,  perf.  sg.  i  of  fo-longim,  pi.  3.  folongat  91. 
foloi  I,  some  kind  oi  chah,  (folai,  Ir.  T.,  I,   119,  folae,  Corm.  fola  .i. 
brat  O'C),  misrendered  bv  «  with  a  ...  gloss  »  O'Currv,  M.  and  C, 
III,  190. 
fomôir,  fomôre  94.  a  Fomoriaii,  pi.  dat.  fomôrib  94. 
fomôrach  a  Fomorian,  pi.  n.  fomôraig  App.  93,  gen.  pi.  93,  cogn.  perhaps 


The  Destruction  of  Ihi  Dcri;,a's  Hostcl.  421 

with  Lat.  voino,  Gr.   ia/co:   cl'.  ON.  l'.inir  a  lo.ulisomc  porson,  Clcasby- 

Vigfusscn. 
fonaidtîdc  54,  a  scribc's  niistake  for  fonfaide  (fonfaithca  Eg.),   2dy  b-fut. 

pass.  o( ftiitiim  «  I  broil  ». 
fo-naidm  ngiall  15,  Htidiii^  ofhostages. 
for.  you,  Mid.  Ir.  intîxed  pron.  pi.  2,  do-for-tccat  83,  etc. 
for-aicci  109,  sees} 
for-ainm  42.  a  suruame,  iiichiame. 
for-ard  very  high,  pi.  n.  forarda. 
forba  ICI  b  (for  orba),  héritage. 
for-baide,  very  yeUow  (buide)  pi.  n.  forbaidi  1 16. 
for-baith  102  b,  (*ver-bâti),  gen.  sg.  very  lovable:  cf.  Gr.  ^ahiov -rrpoaoïXc'?, 

f,oj,  Hesych. 
for-bann  superjliiity,  aiixUiary,   pi.  dat.  -aib  20.   cona  forbanna/Z»  .i.  cona 

ngillanraid  H    5.  18,  p.  529. 
forctha;,   forcthe  (corruptly  forche,  forcho)  6,  feiiced}  cogn.  with  Cymr. 

gorch  (if  tiot,  as  Loth  thinks,  one  of  Pughc's  inventions)  and  Gr.  ïpy.oi, 

ôpxavr,  from  Fip/.oç,  Fop/avr]  :  cf.  Cypr.  y.axEFopxwv,  siebebagertcr,  Collitz, 

I,  29.  The  Old  Irish  verb  dom-farcai  Sg,  205  marg.,  «  me  cingit  »,  do- 

dotfairci,  Fél.  Jan.  26,  shews  a  différent  grade  of  vowel. 
for-cepul  dat.  sg.  1 17,  ivrapping. 

for-cluiniur  /  /;é;a;-,  pass.  2dy  près.  pi.  3  -for-chlôti's  67. 
for-chuitbid  138,  a  jester,  synon.  with  ciiithid  138  (s.  v.)  diwàfuysire,  138. 
forcraid  anma  62,  lit.  excess  of  name,  «  much  of  a  name  ». 
for-crothaim,  I  shahe,  prêt.  sg.  3  for-ro-chrath  55. 

for-dâim  34,  seems  près.  ind.  sg.  3  of  a  compdof  2.  damim,  Wind.  Wtb. 
fordat  54,  73,  forda(d)  45,  they  say,  cogn.  with  Lat.  verbum  (irom*vei-fom, 

"verdhom),  Goth.  vaûrd. 
for-dath  100  e.  hue. 
fô-réim  50,  a  good  course. 
for-desc  some  part  of  a  basin,  the  rim}  pi.  dat.  forflescuib  i   St.   «  outer 

edges»,  O'Curry,  M.  and  C,  III,  190. 
for-iarn  87,  /fe  iron  point  of  a  spear. 
for-icim  I find,  pcrf.  sg.   3  for-r-dnic  163,  of  which   the  enclitic  forni  is 

-fairnic:  prêt.  pass.  for-r-icht  129. 
for-lâim  57  dat.  sg.  «  handling  »,  Crowe  ;  but  the  corresponding  word  in 

YBL.  is  forlaimm  {=^  for  -\-  lêiiiirn),  verbal  noun  oi  forlengim. 
for-lengini  I  leap,  près.  ind.  sg.  3  forling  57,perf.  pi.  5  for-rul-eb-langatar 

Ml.  i29<:2i,  where  rul  is  for  ror  ;=  -c,o::po,  skr.  prapra. 
for-mend  114,  stammering. 

formna  fer  60,  a  multitude  of  men,  pi.  dat.  formnaib  52. 
formnae  na  fairgge  44,  shoulders  of  the  sea. 
for-nascini  I  bimi,  perf.  sg.  3  fornenaisc  14. 
for-rcil  65  Eg.  App.  14  very  manifest:  cf.  curréil. 
fo-ro-emim  see  fosraemet. 
forrânach  destructive}  App.  97. 


42  2  Whitlcy  Stokcs. 

-forrûich  66,  lie  altached,  injured}  for-ro-(icli?  cf.  nad  fuich,  Amra  Chol. 

§  129.  Ibrruich,  forfuich,  Ir.  Texte,  I,  81. 
forsaid  34,  for  arsaid,  witli  prothctic  f.  ? 

for-sui  124  «  grcater  sage  »  (O'Curry,  M.  and  C,  III,  184),  namc  ol  a  poet. 
fortche  2  (=  for-tuige),  a  covcriiig.  feoil  na  foirtce  .i.  eLxch  ania/  ata  brog, 

H.  3.  18,  p.  529.  foirtchi  .i.  ccosc,  H.  5.  18,  p.  531. 
for-ti'  75,  112,  a  siircoat. 
for-tréii  i^o,  very  sir oiig,  niii^hty. 
for-lrend  87,  epithet  for  the  boss  of  a  shield.  Araile  cch  ...  fortrend,  LU. 

106»  27.  Pcrhaps  tria  fortrennaib  a  cliruadchind,  LL.  loS-»  34. 
(o-seng  soinctubat  sh'iider,  pi.  ace.  fosenga  50. 
fo-ilùag  41,  underlings. 
fo-s-ra-emet  13,  =  fusrumat  LU.  128^  13,  (rom  fo-s-ro-cmal  «  they  betake 

themselves  »,  â.s  doitiocmal,  Fél.  Feb.  5,  from  * di-n-ro-emat  «  may  they 

protect  us  !  »  See  Ascoli  GIoss.,  Ixv. 
foss-chométaid  125,  a  servant -g  uard. 
foss  mése  127,  a  table-attendant. 
fothad  mbran  ^^,fecditig  of  ravens. 
fothrond  57,  a  tumiill nous  noise  (Cymr.  godcriin). 
fothucht93,  meaning  obscure, 
fotol-berrad  60,  a  long  head  of  hair. 
frigit  99,  aflcshworm. 

fris-cichset  90,  s-fut.  pi.  5  oi  jris-cingim  «  I  départ  ». 
frith-cetud  App.  114.  meaning  obscure, 
frith-chom-arc  72,   interrogation:  cogn.  \w\Ui  coniairciin,  alhchoinarc,  imcho- 

marc. 
frith-ecnus  100  e,  a  mistake  iov  frith-ecrus,  the  reading  of  Eg.  and  St.  :  see 

ecrus  supra 
frôech-finda  130.  heathery  hair  :  froech  =  Cymr.  grttg. 
fuamun  ...  fuinechdae  100  d.  =  fuamain  ...  fuinechda  LU.  106»,  meaning 

obscure.  Windisch  doubtfuUy  refers  fuinechda  to  fo-nigim 
fûasait  development,  O'Don.  B.  of  Moira  91  note,  LL.  258^34,  pi.  dat.  fua- 

saitib  App.  168. 
-fuinniilscd  App.  168,  meaning  obscure, 
fuithairbe  88,  89,  149,  157,  a  ridge,  foithribi,  fuithrib  St.  88,  89.  fana  fui- 

thribi  (sic)  .i.  fana  himairib,  H.  5.  18,  p.  532. 
fulachtôir  123,  a  cook. 
fulucht  140  Eg.  a  cooking-place. 
fursire  158,(1  buffoon. 

gabur  a  horse,  gen.  pi.  51.  .1.  ngabar  .i.  cach,  H.  3.   18,  p.  530. 
gablach  32,  epithet  for  a  man,  meaning  obscure, 
gabtha  41  (bis),  42,  43,  3d  sg.  2dy  près.  pass. 

gabul-gici  112,  pi.  of  the  name  of  some  forked  tool  used  bv  swineherds. 
gabul-lorg  38,  a  forked  pôle 

galach  valourous,  in  fîan-galach  32,  deriv.  o( gai  «  valour  ». 
galand  loi  b.  ==  galann  .i.  gaisgeadh,  O'Cl. 


The  Destruction  of  Dd  Deiga's  Hostel.  425 

gar  ci.m  62,  slxirt  or  lontr. 

gar-séle  slx>rt  life,  66,  whereall  MSS.  save  LU.  havegarseck  or  gairseicle.  is 

liachgairsciclcdo.i.  isdoiliggairde  saegail,  H.  3.  18,  p.  531.  Gair-seichle 

.i.  gair-îlaogul,  O'Cl.  =■  guirsechlai,   Corm.   s.  v.  gaire.  But  cf.  ar  con 

scescing  in  cess  for  inti  nod-goin,  no  a  meth  no  a  garsclc,  LU.  60^  27, 

wliero  Rhys  equatcs  scie  witli  Cymr.  boedledd. 
gat  a  gad,  dat.  sg.  gut,  38,  58. 

gein  n-immarbaga  106,  hirth  {\.  c.  source,  origin)  oj contention. 
gel,  hright,  ïvbitc:   compounds  :  gcl-chulpatach    1^2  zvhite-hooded.   gel-derg 

114,  bright-red.  gel-fer  App.  69,  gel  fine  App.  69.  gel-glan  2,  hright  and 

pure,  gel-gûala  100  g.  a  u'hite  shonider.  equative  gilithir  2,  97,  99. 
-gén  see  gonaim. 

gerr-chocoll  60,  -chocul  82,  a  short  coT.i'1. 
gerr-gel  2,  short  and  bright. 
gerrandach  165  St.,  meaning  obscure. 

gerthiut  34  z=gérith  +  ///  «  whets  thee  »  gearaini  I  sharpen,  whet,  etc.  O'R. 
gess  63,  tabii,  ges  15,  23,  geiss  24,  51,  40,  41  geis  40.  sce  nemgess. 
gici  V.  gabulgici. 
-giuglad  see  glettim. 

glan-âlaind /)î<rt' awi  béant  if  ni,  ^\.  gen.  glan-âilli  2. 
glass:  compds  glass-airget  105  Eg.  grey,  or  pale,  silver.  The  glas-airgdidi  ot 

LU.  is  perhaps  a  derivative  o{ glass-airget,  and  if  so,  should  be  glassairg- 

dide:  equative  glasithir  2,  glasidir  97. 
glass-lûascach  i-^<),  grey-hairy.  See  infra  s.  v.  luascach. 
gléire  App.  61,  choice:  gléire  laoch  .i.  togha  laoch,  O'Cl. 
glenim  I  adhère,  2dy  fut.  sg.  no  giulad  85,  corruptiy  no  giuglad,  rogiulad. 
gleôrda  75,  sparhling,  deriv.  oîgleôr. 
gleôr-gemm  a  sparhling  gem,  pi.  n.  gleorgemai  i.  (In  Ir.  Texte,  I,  119, 

1.  14,  and  Wind.  Wtb.  591,  ^C)6,  gleôir  gemma  bec  should  he  gleôirgemma 

becca).  gleorgemma  .i.  soillsi  no  taithneamach,  H.  3.  18,  p.  528. 
glés  imberta  arni  143,  151,  preparing  to ply  iveapons:  see  sâeb-glés  153. 
glinne  46,  pledge,  surety. 
gloimm  55  (from  *glodsmen)  seems  the  verbal  noun  o( gloidim(gl.  ringo) 

Sg.  181^2.  It  literally  means  snarl,  gro-id:  cf.  gloimm  inn  archon,  LL. 

63''47,  64a  9.  gloim  a  clamore,  O'Mulc  670.'  In  §  55  it  means  the  noise 

made  by  beaching  ships. 
glonn-béimnech  87,  deadly  strlking  (glonn  À.  guin  duine,  O'Dav.). 
glûn  knee,  nom.  dual  glûn  88,  gen.  dual  glûne  58.  glûn   froni   *gnid.., 

cogn.  with  Eng.  kneel  (V.  Henry),  AS.  *cnèoiulian,  Swed.  cnûle. 
goin  loi  a,  meaning  obscure.  O'Br.  and  his  copyist  O'R.  give  three  mean- 

ings,  none  suitable  hère, 
gonaim,  redupl.  fut.  noda-géna  96,  pi.  5  gênait  ni'  génat  155,  pass.  ni  gé- 

naiter  84,  134.  genfidh  7  ni  genfaither  .i.  guinfith  7  ni  guinfitar  iat  H. 

3.  18,  p.  531- 
gorm  .i.  urdairc,  O'Dav.  .i.  ordairc,  H.    3.  18,  p.  531.  gorm-aniech  75, 

having  a  noble  countenance. 


424  Whitley  Stokes. 

gorm  Mue,  compd.  gorm-datli  hlite  coloiir,  gcn.  gormdatha  28. 

gorm  donn  127,  dark-l'iown. 

gorm-gel  100  d.  blue-bright . 

gorm-rûad  87,  blue-red,  an  epithct  for  a  spear. 

gorthiut  54  =  gorith  +  ut,  biinis  thee. 

gossi,  gcn.  tul  gossi  loi  a,  pcrhaps  thc  nom.  is  goss  <(  goose  ».  Mac  Firbis, 

A  Tiilach  Gûssa  is  mcntioncd  in  O'Curry's  M.  and  C,  III,  207. 
greim  App.  168,  power. 
grifhugud  App.  s  =  grithugud  o^r»«//«^? 
grith  55,  109,  110,  V.  armgrith. 

grûad  ocus  fir,  App.  168.  t.insemad  l'igruaide  App.  62.  dâ  ngrûad  ngabair  79. 
gûasfis  83  must  bo  /'-fut.  rel.   sg.  of  gûasim;  but  the  mcaning  of  this  verb 

(«  ich  laufe  Gefahr  »)  given  doubtfully  in  Wind.  Wtb.  does  uot  suit, 
guin  ig  .i.  sàrugud,  O'Dav.  96. 
gus  5  .i.  aigneadh  «  nature  »,  O'Cl. 
gusniar  43,  «  valid,  strong,  powerful  »,  O'Br. 
-i  affixed  pron.  v.  éigthi 
iar-âlaind  pi.  n.  iaraildi  2  =  iarâilliu  I.  T.,  I,   120,  an  epithct  for  Étâin's 

hcels  :  âlaind  «  beautiful  »,  but  iar} 
iarn-dorn  87,  iron-hilt,  spclt  iunidord  LU.  iarnorn  YBL.  ianidonm  St. 
ilcha  dibcirgc  App.  141,  lit.  pacaits  of  maraudiug . 
im-coicerlar  81  (im  choichertliar  YBL.),  seems  to  mean  is  soii^bt  :  cf.  coi- 

geart  .i.  iarfaighidh,  O'CL 
ini-comarcini  I  iiilenogate,  perf.  sg.  3  inichomarcair  5,  s-fut.  sg.  i  imcacni- 

ros[s]a  15,  past  subj.  imme-choimairsed  ML  20^  18. 
im-cuirim  I put  round,  pL  3  im-da-cuiret  75. 
imdae  97,  shoulder,  a  da  imdac  .i.  a  da  less  bis  tiuo  hautiches. 
ini-di'tnim  I protect,  deponcntial  s-pret.  sg.  3  immardi'tnestar  167. 
ini-dortad  140  Eg.  agréai  spilliiig  or  shedding :  sec  dodôrted,  doforte. 
imniciric  1 50-1 S  i .  immâricfa  84,  89,  96,  98,  104,  1 1 1 ,  114.  nîmmaricfa  102  d. 
iniguin  fri  scâth  84,  =  imghuin  fri  sgart  .i.  fri  sgailli,  H.  3.  18,  p.  $51. 
imma-sai  (soi)  13,  heturns,  see  im-soim. 
imma-tairisfed  doib  38,  they  would  remain  together. 
imm-echtrach,  oiiter,  App.  99.  ace.  sg.  f.  imm-echtraid  (leg.  -aig)  97. 
immelach  App.  61.  Ecmaing  a  chuit  do  fâcbail  dô  for  ininiclach,  FcLJan. 

20,  note.  Derived  from  imbeh 
imm-ômun  tcrror,  gen.  -uin  ici  b. 

immorchor  loi,  imorchur  .i.  merugud,  a  slraying  H.  3.  18,  p.  529. 
ininaisse  100  c.  a  lie,  O'R. 
imnesse  24  ^  imnissi  .i.  imrcasain,  O'CL,  contention,  imnissi  catha  .i.  triall 

catha,  H.  3.  18,  p.  529. 
m\-ï6i  he  broke,  immid-rôi  .i.  ro  bris  56,  connectcd   bv  Strachan  with  roe 

«  battle  »  (=  Cymr.  rhae'):  d.  also  Ir.  roen  «  victory  »,  roenaim  I  break, 

defeat,  Gr.  ïç,v.t.im,  ON.  rifa,  rifna. 
ini-rubaim  /  thust  mortaUy,  give  deadly  blows,  près.  ind.  pL   3,  im-rubat 

151a,  verbal  noun  inirubad,  LL.  85^28,  110*' 9. 


The  Dt-striiction  of  Dd  Derga's  Hostcl.  425 

im-séim  /  tutu,  imsai.  inisui  ij,  in-da-suat  15,  imsoithcr  29. 

im-tliiagat  153.  tbey  fan'  forth 

imthoitu  20,  wilfulness. 

ini-tuigiur  /  cover  round,  sg.  5  im-da-tuigothar  1 50. 

inbir  coiri  82,  inbir  in  chore  148.  cairo  cona  inbiurb,  cona  lorggaib,  Laws, 

IV,  510,  «  a  caldron  with  its  ilcsh-forks  and  lifting  pôles  »,  O'Curry, 

ibid.,  note  2. 
ind  N.  l'ertex,  end,  nom.  diial  a  da  n-ind  88.  IJg.  F.,  XII,  192. 
indar  lat  128,  //  secins  io  thec. 

indel-di'riuch  straight  as  a(carpcnter's)  nile}  pi.  n.  indildirgi  2. 
in-doig  106,  HfiUkdy,  ni  indoig  vcrylikely. 
in-fuilech  App.  97,  bloody. 

inganta  i,  pi.  nom.  of  ingnâth  unknmun,  wonderful. 
in-gelt  (leg.  ingeilt?)  100  h.feeding,  grajing:  ingelt  sûla  sochaide  scems  to 

mean  what  thc  eyes  of  a  muUiltide  feei  on:  cuairt  gelta  O'Don.  Supp.  s.  v. 

ro,  The  simplex  o-c//f  (ace.  sg.),  is  in  Corm.  s.  v.  serrach. 
ingo  105  YBL.  St.  F.  =  angôq.  v. 
in-gor  169,  viiseiy} 

inis  (indis  ?)  a  byre  or  niilking-place.  See  Lismore  Lives,  p.  394. 
in-malla  2,  sIo-k'. 
inn-tlalha  App.  61,  fit  for  a  lord. 
int-amail  App.  97,  reseniblaiicc  (ind-samail). 
in-techta  i-!)\,  fit  to  go. 

intlasse  100  g,  i,  k,  120,  123,  inscrted}  (ind-slasse). 
in-um-bia-sa?  3.  shuU  I  hâve  ? 

irmtiud  85,  ciispis,  v.  Trip.  Life,  p.  653.  In  85  the  point  of  a  luUhhaft. 
irna  d'ôr  App.  99,  nieaning  obscure:  can  irna  be  a  scribe's  error  for  dîrna} 
is-am  29  Eg.,  /  atn. 
it-ib  45  YBL.,  Eg.2  ye  are. 
iuras  78,  83,  86,  s-fut.  rel.  sg.  oî  orgim  «  I  slay,  destroy  ».  -îurmâis  83  se- 

condary  s-fut.  pi.  i.  iurthar  80,  81,    102  b.  s-fut.  pass.  iurfaithe  83,  a 

misformation  for  the  2dy  sfut.  pass.,  iurtha  YBL.  no  iurtha  LU.  87»  14. 
laaim  Ithrow,  cor-rô-lsat  22,  conid  ra  lôr  mo  dibeirg,  45. 
Ligcn,  lance,  ace.  lâgin  128,  in  laigin  .i.  in  ga,  H.  3.  18,  p.  532. 
kiim-scéith  167,  shield-arm. 

lam-thapad  98,  a  name  of  Conall  Cernach's  spcar. 
lamthenach  App.  97,  làimthionach  désirons,  eager,  O'Br.  .i.    mianghasach 

O'Cl. 
lân-chenn  93,  meaning  obscure, 
lin-ésce  100  g,  a  full  inoon,  gen.  sg.  lanésci  100  g. 
lan-sid  24,  full  peace. 
lathrastar  93,  perliaps  he  expounded,  set  for ih.   See  Wb.  8^  19,  Ml.   4415 16. 

But  the  context  is  quite  obscure, 
lebor-chulpatach  i,  long-hooded.  leabar  .i.  fad,  H.  3.  18,  p.  528. 
léchet  78,  beauty,  ar  a  lechet  .i.  ara  chaimi,  LU.  20a  29.  O'Cl.  has  an  adj. 

leicead  .i.  caomh,  which  seems  wrong.  The  lecet  in  Ml.  69»  23  is  borro- 


426  Whitley  Stokes. 

wcd  from  Lut.  licitum.  So  in   Régula  Cumgaill  36:   licet  diin  cia  nos- 
proma. 
lecht  79,    90,    102  h,    150,  sccms  to  mcan  death,   but  thc  contcxts   are 

obscure. 
Iclbâu  3,  cbild,  for  letibân,  dimin.  oilciiab. 
lend  a  liquid,  pi.  n.  lendann  146. 

Icnn  F.  a  mantle,  nom.  pi.  Icnda  118,  dub-lenna  112,  but  lennae  116. 
Icsi,  Icisi,  9,  apud  eam. 
leth-bliadan  App.  12,  a  half-ycar. 

Icth-chenn  ahalf-head,  f.a'xpa'.pa,  pi.  n.  lethchind  89,  98,  102  c. 
leth-chloccnn  a  half-skuU,  pi.  n.  lethchlocind  89,  102  c. 
leth-gabra  107,  leth-gobra  51,   balf-horses }  i.  e.  horsemen,  pi.   oi  ktb-gabur 

LU.  io6-i.  lethghabar  .i.  lethech,  H.  3.  18,  p.  532. 
Icth-orc  54,  a  haff-pig,  read  perhaps  lettorc,  i.  e.  leth-torc. 
leth-ruith  51,  Jjalf  zuheels}  i.  e.  wheeîmen.  ruith  pi.  n.  of  roth. 
lethan  hrocul:  equative  lethidir  44,  lethithir  58. 
leuidan  56,  leviathan,  =  lebedân  Ml.  122^7. 
liach  54  .i.  doilig,  H.  3.  18,  p.  550. 

lincch  App.  156,  epitliet  tor  a  wild-duck,  meaning  obscure, 
li'n-fîaclach  93,  haviiig  a  numher  of  teeth. 
h'n-folt  75,  flaxen  hair, 
linide  100  \\,  flaxen,  dcriv.  oï  lin  «  flax  ». 
lith  ngaland  loi  b,  fcast  of  arms.  In  §  54  //'//;  seems  to  mean  good  liwk.  nio 

lith-si  .i.  nio  sen-sa,  H.  3.  18,  p.  530. 
ra-16r  45  (atralor  YBL.  athralur  St.),  subj.  sg.  i. 
logud  109.  destruction} 
loingside,  App.  168,  perh.  for  loiiigsiie  s-prct.  rel.  pi.  5  of  a  verb  cognate 

with  logud,  q.  V. 
lomethar  126  (laimather  Eg.),  3d  sg.  près,  indic.  of  himur  «  I  dare  »  :  see 

foloimetar. 
16n-chore  128,  a  food-caldron,  hoilcr.  But  in  H.   3.   18,  p.  532,  loncoire  is 

glossed  by  coire  in  Liiin  Cedltcair  «  the  caldron  of  Celtchar's  Lon  ». 
lorg  fiacal,  a  row  of  teeth,  pi.  n.  luirg  f.  94. 
lorg  theglaig  86,  household-staff,  lorg(gl.  claua)  =  Cymr. //orv,  Corn,  lorch. 

Compds:  mag-lorg,  mât-lorg. 
lùachct  52,  100  j,  meaning  obscure, 
luaiscim  /  move,  I  rock,  ni  luaiscead  17. 
luasc,  pi.  n.  luasca  App.  114  A.  meaning  obscure, 
luascach  .i.  ciabach  hairy,  O'Dav.,  pi.  n.  m.  luasaiig  119.  See  glass-luas- 

cach  supra, 
lûath  swift,  equative  lûathidir  107,  127,  135,  compd.  lûath-chuairt  73,  a 

swift  circuit. 
luban  a  hop,  dat.  lubun  115. 
lund  App.  156,  meaning  obscure, 
-mû  80,  5d  sg.  s-subj.  of  maidini  «  I  break  ». 
macc-nôidiu  106  Eg.  a  boy-babe,  a  compd.  o(  inacc  and  nôidiu  106. 


The  Destruction  of  Dd  Dcrga's  Hostcl.  427 

macl  hatd,  in  iii.is  nucl  the  pair  ofbald  men  88. 

niael  slave,  y.  tuathmael. 

macl  38,  hair,  mael  .i.  gruag,  H.  5.  18,  p.  530, 

niaelad  118,  gnyiving  hahi,  haldness 

niactli-cliôir  2,  soft  ami  cz'cti,  macth-gel  2,  soft  and  white. 

mag-lorg  60,  a  gréa t  club,  màtan  maglorci,  Wind.  Wtb.  681.    H.    3.  18, 

p.  530,  lias  hère  matlorg  .i.  lorglaini. 
maidm  a  roiit,  defeated  foes,  geti.  maJnia  157.  maidm  n-innnaiiic  67. 
mairnini  /  Ivtray,  t-pret.  sg.  3  rot-mcrt  56. 
niais(?)  79.  mas  .i.  eirglii,  H.  3.  18,  p.  550. 
mala  eyehrow,  nom.  dual  malaicli  2. 
marcachas  106,  horsemanship. 
m.ir-threlmach  58.  having  great  hartiess  (-aurgear). 
massât  62,  if  thou  art. 

matad  109  H.  for  mactad?  .i.  marbhadh,  O'Cl.  slaiighter,  butchery,  Lat.  macto. 
mât-lorg  60  Eg.  a  club,  see  màtan  maglorci,  Wind.  Wtb.  681.  The  mât, 

mdtan  may  be  cogn.  with  Lat.  tnâlus  (from  *maido-s),  Eng.  niast. 
mâthramail  42,  tuotherlike. 
meile  28  a  horse,  nag,  .i.  capull,  H.  5.  18,  p.  656 d  .i.  gcarnin,  ibid.  p.  851 

.X.  meile:  .i.  gerrain,  H.  3.  18,  p.  530. 
méit[ithir]  cliab  97,  as  big  as  a  basket. 
merogod  tige  ôiged  27,  tvanderiug  in  search  of  a  guesthouse. 
mess  fostcrling ,  gen.  mese  7,  from  *mcd-ta,  cogn.  with  Ir.  maisse  «  Ibod  », 

and  Gr.  [j.aoàoj,  |i.a^o;,  [xî^to;. 
messan  loi  b,  a  pet  dog,  dimin.  oî  t?iess  «  fostcrling  »? 
mi-célmaini  36  Eg.  ///  oniens. 
mid-chrôcs  87,  mid-gullet. 
nii-dénom  94,  misdeed. 
midisi  87,  ace.  pi.  an  epithct  for  pigs,   nicaning    obscure,  iar  nibiiaid  mi- 

disi  LU.  106-^24. 
midlachda-  (-laechda  Eg.)  166,  caicardly. 

midrecht  87  meaning  obscure,  mid-rccht  halff lirions}  mi-drccht  iU-fai'oiired} 
rni-echt  App.  35,  misdeed. 

milech  75,  a  pin,  brooch,  milcch  .i.  dcalg,  H.  3.  18,  p.  531.  cogn.  with  [).y\Kr^. 
mil-scothach  42,  boney-worded . 

millethach  140,  destructive,  dcriv.  oî  inilliud  «  destruction  ». 
minem  102  a,  superl.  of  nii'n  gentle. 
min-gor  42,  gentle  (and)  pious. 
min-mala  a  smooth  eyebroïc,  pi.  dat.  minmailgib  2. 
mir  .i.  cuit  94,  a  bit,  À.  grem,  H.  3.  18,  p.  552,  from  *vicsr-,  inenisr-,  cogn. 

with  Lat.  vicmbrum  (Thurneysen).  Further  on,   in  thc  sanie  paragraph, 

mir  (Icg.  tnir})  seems  to  mcan  a  bite. 
mi-thauraras  63,  ill-foreboding,  pi.  n.  mithaurrssa  36  (niiturrusa  l:g.) 
milhemon  gen.  sg.  i-j,futie,  but  mi  mithemain,  LL.  44»  37,  =^  Brct.  ini~ 

nu'iei'en,  Cymr.  niehefin,  as  to  which  sec  Ernault,   Rev.  Celt.,  XVI,  189. 
moab  87,  for  môam  greatest,  LU.  23»  27,  superl.  of  môr. 


428  Whitley  Stokes. 

moch-nuitncch   (risiiii;  al)  carly  inoniitig,   pi.  n.  -nig   126.  Cf.  tiiaten  moch 

«  primo  manc  »,  Corm.  B.  s.  v.  gaire.  Hcnce  inucha  App.  61. 
môcth-ôclach   99,  niâctlioclacch  114,   a  stripling,  a  lad,  ace.    loi   pi.  n. 

-ôclàig  91. 
mongach  maic-thîre  161.  bairy  oiie  of  aicolf. 
nion-gcna(i]r    ni    Eg.  cen-mâr   .i.  mon-gcnair,   «  bene  natus  est  »   Fcl. 

Mardi  5  note.  So  in  ui  mon-airnic  doib,  Dinds.  cf.  Lat.  tndnus  «  good  ». 
nionor  App.  69,  a  deed. 
môr-cheltar  50,  meaning  obscure,  môr-gor  42,  very  pions,  môr-thalta  87, 

meaning  obscure,  môr-  thart  153,  greal  drouth,  môr-thûath  16,  agréât  Iribe, 

pi.  n.  -a  166. 
moth  110,  sttipor. 
niûad-blosc  87,  very  noisy. 
mucc  remithuit  mess  66,  remitcit  mess  106. 
mucc-classa,  mucc-glassa,  gen.  pi.  28,  a  fatted pig:  cf.  clas  s.  m.  «  fat,  tal- 

low  »,  dasach  adj.  «  fat,  fatted  »,0'R.  Cognate  seems  daiss,  which  oc- 

curs  in  the  phrase,  hii  mess  y  daiss  7  murthorad,  LU.  121*  50,  «c  mast  and 

fatness(?)  and  sea-produce  ». 
muinenchor  100  h,  meaning  obscure, 
muir-chomrac  45,  a  sea-contest. 
mulach  for  gut  38,  58,  a  dieese  on  a  withe,  mulach  forraed  on  Fr.  meiih(de 

fromage)  a  round  flat  cheese. 
nate  21  nay\ 
nathô  39  nayl 

nechib  I'y2,things,  pi.  dat.  of  ?/('c/;  «  aliquid  ». 
nem  tened  25.  a  sky  (or  dond)  of  fire. 
nem-dibrucud  1 3  Eg.  non-castiug. 
nem-gess  59,  a  non-tahii.  See  gess. 
ném-glan  shining-pure,  name  of  Conaire's  bird-father. 
nesam  70,  128,  nearest. 
niad-nasc  App.  69. 
ni'-m-thâ-sa  56,  i  bave  not. 
nipu,  96  it  should  not  be. 
ni'rptar  36.  they  were  not. 
nocon-ora-tha  66,  I  bave  not. 
nôesigim  98,  I  viake  famous}  prêt.  pass.  sg.    3   ro  nôcsiged  98.   act.  do 

nôisigh    .i.   do    oirdhearcaidh  [leg.  -aigh],  O'Cl.  nôisech  néime,   LL. 

195^20. 
nôidiu  ar  ais,  66.  an  infant  in  âge. 
n6it(h)ech  100  f.  noble,  nôitheach  .i.  oirdheirc,  O'Cl 
nomad  a  space  of  nine  days,  gen.  nomaide  92. 
ôessa  indarbae  36,  exiles.  Cf.  aesa  dana  ar//5/5,  LU.  loi»  18. 
ôiged-chaire  App.  61,  bospitalily. 

oll-adbol  108  g.  great  and  biige,  epithet  for  a  golden  brooch. 
oll-maisse^r(w/  beatity,  gen.  sg.  100  e. 
60c  ICI  a,  juvenis,  gen.  pi. 


The  Destruction  of  Dâ  Dcr^a's  Hostcl.  429 

ÔT  firinne  ii,  15,  a  spell  of  truth,  or    i.  guide  .i.  onnf  is  ôraitio  guide  ata, 

H.  5.  18,  p.  529. 
ôr-bude  91,  gold-yelhiv . 
orc-ecgi,  pi.  uirc  ccgi  128  is  explained  by  K.  Meycr,  Rev.  Celt.  XII,  461, 

by  «  sparks  as  big  as  ben-cggs  »  (orc  .i.   ugh  chircc,  O'Cl.).  But  may 

not  orc  be   in   ablaut   relation  to   erc  =  Skr.  arhti  «  ray  »,   «  sun  », 

«  fire  »,  and  hère  mcan  simply  «  spark  »  or  «  flash  »  ? 
ordat  92,  Ihey  say,  either  for  fordat,  or  a  formation  from,  or  analogous  to, 

for  dut. 
ordnidem  102  a,  superl.  of  ordnide. 
6r-dorn  75,  97,  a  golden  hilt,  gen.  ôrduird  9g. 
orgim,  see  iuras,  dofiurat  and  -orr.   t-pret.  pi.  3   ortatar,    nodn-ortatar, 

App.  168.  Gaulish  oro-t' occide. 
-6rr  79.  like  orr  Sg.  121^  7,  seems  the  relative  form  of  3d  sg.  5-subj.  of  or- 

gim,  whence  -orgiter  130,  t-pret.  pi.  2  ortabair  81,  b-fut.  pass.  sg.  3  or- 

tâbthar  102  g.  a  monstrous  form  ! 
ossar  98,  gair  ossair  .1.  gair  con  mbcc  H.  3.  18,  p.  552. 
ossé  132,  andhe:  ossf  140,  aiid  she. 
partaing  i,  some  red  or  scarlet  substance,  variously   rendered  «  coral  », 

«  ruby  »,  «  rowan-berry  »:  derived  from  *partain,  which  is  borrowed 

from  napO'jr,v7Î  Parthia  (Windisch),  and  is  cognate  with  parthicus  (pellis), 

leather  dyed  of  a  scarlet-reJ,  prepared  by  thc  Parthians,  Ir.  Texte,  III, 

222.  The  compd  nua-partaingi  «  fresh  rowanberries  »,  occurs  in  Flcd 

Dùin  na  ngédh,  64.  whence  the  parla ic  of  St.,  if  this  be  not  a  scribe's 

mistake  for  partainc  =  partaing. 
pistul  iairnd  130,  pestle  oj  iron. 

popa  39,  60,  109,  master,  popdn  39,  dimin.  oi popa. 
popp  139,  a  binich  or  ttift. 
l)nm-arj  ïii.chief  char iotecr.  prim-fulaclitôir  123,  chicf-cooh.  prim-laech  128, 

chief-ivarrior .  prim-loch    i)),   chief-hugh.  prim-muccaid   App.   4,   chief- 

swineherd. 
-ralôr  45,  is  formed,  ace.  to  Strachan  (Déponent  verh  122  n.),  from  -ralâ, 

laaint  «  I  throw  ». 
ranirusa  28  -—  ro-n-irus-sa,  where  îrus  is  a  Mid.  Ir.  formation  from  îr 

perf.  act.  sg.  i  ofrenhn:  cf.  the  3d  sg.  ronn-ir  Ml.  201^  11. 
rathaiges  30,  s-pret.  sg.  3  oî  rathaigim  «  I  perceive  ». 
rath-ordan  100  c,  gracions  dignity}  ralh-ruanaid  100  k,  gracions  and  mighty} 
reb  76,  95,  aenreab  .i.  aencleas,  H.  3.  18,  p.  531,  dat.  reib  129,  int  reb  sin 

.i.  in  c[l]es  sin,  H.  3.  18,  p.  532. 
rechtaidi  8,  law  worlhy. 
recht-bruth  100  a.  meaning  obscure  :  pcrh.  a  compd.  of  rccht  Jnry  and  bruth 

glou.'  ? 
rédes  31,  rel.  près.  sg.  5  oi  riadaim,  but  riAdas  LU.  104'^. 
réil-forcsiu  App.  69,  clear  vision. 
remi-dcogaid  168,  bcfore  last. 
remi-téit  iob,goes  before,  but  remithuit  66  J ails  heforc. 


4^0  VVhitlcy  Stokes. 

rcmor  thick,  cquative  rcmithir  82,  95,  96,  12S,  130:  compd.  rcmor-chenn 

thick-head,  dat.  sg.  rcmorchind  9$. 
rcm-sccl  App.  26,  fore-taie,  pi.  dat.  remscclaib  App.  168. 
rcm-thiastais  32,  3d  pi.  sccondary  s-subj.  o{  rem-tl)iag  «  I  prcccde  ». 
rcm-tliochim  37,  Jore-faring. 

renim  I give,  ran-irusa  28.  ronirusa  .i.  tuc!«a  H.  5.  18,  p.  530. 
rctoric  ace.  sg.  loi. 
riagail  2,  a  carpcnter's  rule. 
rig-briuga(i)d  70,  a  cbief  landholder. 
rig-drûth  m,  a  cbief-biiffoon  or  juggler. 
ri'gnaide  2,  qiieenly,  dcriv.  oi  rigan  «  queen  ». 
rig-rosc  2,  régal  eye. 
rig-usce  154,  cbief -zmter. 

ritere  117,  rider,  hiigbt,  borrowcd  iVom  Mid.  Eng.  ridde're. 
ro-âlaind  5,  very  beatitiful. 
ro-amnas  130,  very  hard,  very  rough,  savage. 
ro-ardnics  App.  69,  great  estimatitig. 

robortac  100  a  (robarta  Eg.),  robarte  «  profcctus  maris  »,  G.C^.  864. 
ro-hxuxh  ■^z^, great  ardoiir:  bruth  i44,cogn.  withCymr.  brwd,  ^r&x.brot,  brout. 
ro-buga,  dat.  sg.  after  the  compar.  glainiu  100  d,  lit.  a  great  hyacinlb,  but 

the  MSS.  vary  hcre,  and  perhaps  the  rightreading  is  robitide. 
ro-chacm  5,  very  lovely. 

ro-chétul,  a  great  chant,  gcn.  sg.  roclicdail  124. 
ro-cluiniur  50,  rocluinethar  Wb.  12'^  22.  cf.  roclôtis,  rocechlastai. 
ro-dét  143,  prêt.  pass.  sg.  3  o(  damim  «  I  grant  ». 

-rôemid  157,  from  ro-memaid  perf.  sg.  3  of  maidim  «  I  break  ».  sec  ma  80. 
rogait  V.  sith-rogait. 
roimse  100  a.  meaning  obscure, 
rolaig  87  ralaig  H.,  meaning  obscure, 
ro-laige  (ro-luige)  dige  144,  scautness  of  drink. 
ro-16mar  61,  85,  very  wooUy,  16  «  wool  »  =  A.S.  fiys. 
ro-rogair  App.  69. 
ro-sia  90.  102  b  3d  sg.  s-fut.  of  ro-segim  «  I  strive  towards  »  «  reacli  », 

près.  ind.  pi.  5  ro-segat  130. 
ro-sùi  124,  agréât  sage. 

roth  buale  127,  a  water-wheel ,  dimin.  rothan  bualed  107. 
roth-chomlae  87,  87,  literally  wbeel-valve,   must  mean  some  part  of  a  pa- 

lace-door,  round  like  a  wheel. 
rudiud  99,  a  blush,  a  jiiish.  Inmain  1cm  do  ruidiud  rân,  LL.  88» 8. 
ruidcad  19  meaning  and  etymologv  obscure. 
ruidfes  79,  meaning  obscure  :  secms  rel.  sg.  3  of  a  b-future. 
ruirlliecht  App.  156.  meaning  obscure, 
saeb-glés  ace.  153,  fl  wily  feat  of  reaviiig.  The  same  expression  occurs  in 

LU.  79''  27  :  Rolae  saebglés  diberge  dia  churp  im-medon  a  chrocind  =  Rolâ 

saebcliless  dibirge  dia  churp  im  médon  a  chracaind,  LL.  77^28.  Whence 

it  would  seem  that  glés  is  hère  synonymous  with  cless  «  feat  ». 


The  Destruction  of  Dd  Dcrga's  Hosîel.  45 1 

sain-âith,  sptxiaUy  kceii,  pi.   ace.  sainàithc  51.  Or  this   mav  be  gcn.  sg.  of 

sùiiiâithe  «  spécial  kcenness  ». 
sain-slabra  51,  spécial  caltlc. 
sain-tcgiacli  106,  a  spécial  (or  separate)  hoiisclioUi. 
saltraim  /  tread,  tramplc,  prot.  sg.  3  ro  .saltair  App.  97,  is  bec  nach  saltrad 

cach  fer  for  cossaib  a  cheile,  LL.  291^  28. 
Scîmaigetar  95,  thev  place,  from  sâinaigiiir. 

samailte  54,  75  etc.  2d  sg.  imperative  of  thc  déponent  sainliir  «   I  liken  ». 
ro-sassad    14;  =  ro-sosed  App.  97,  past  s-subj.  sg.  5,  pi.  rosastàis  LU. 

84"  7,  verbal  noun  saigid  143. 
scàth  V.  imguin. 

sceinmnech  .i   luath,  swift,  O'Cl.  pi.  n.  sceinmnecha  jo. 
scéo  100  h,  100  j.  cunj.  and,  hesides,  Cynir.  beibioÇV.  Henr}')  :  root  seq:  cf. 

Lat.  sub-sequus. 
scéolang  158,  a  fugitive. 
sciath  béimnech  a  smiting  shield,   pi.  n.  scéith  béimnecha  126.  Cf.  sci'ath 

brec  béimnech,  LU.  106»  2. 
sciath  mulinn  85,  rt  paddie  of  a  miUivheel. 

scisim  I  ïceary,  pass.  /'-fut.  scisfithir  foebra,  sîLwds  %viU  be  luearied ,  App.  52. 
sèche  87,  a  bide,  ascabbard,  seichi  .i.  truail  a  claidhim,  H.  3.  18,  p.  532. 
sed-greg  herd  of  red  deer}  pi.  dat.  sedgregaib,  28  :  hed  =  Cymr.  hydd,  and 

greg  —  Cymr.  gre. 
scdlach  smock}  gen.  sg.  sedlaig  2.  tria  deirc  a  sedlai  .i.  tria  brollach  a  le- 

nedh, H.  3.  18,  p.  528. 
ségda  130,  statety,  majestîc}  ace.  pi.,  epithet  for  mânes, 
ségonn  131,  deerslayer}  lag.  ségoinn  ?  séghainn  .i.  fer  gonas  osa,  O'Cl.  pi. 

ace.  seguinni  (seganna  YBL.)  94. 
séire  10  a  nieaî. 
selaig  157,  from  seslaig,  pcrf.  sg.  3  of  sligim  «  I  hevv,  eut  »,  pi.   3  ra  sel- 

gatar,  LU.  58»  10. 
seli-ghss  bluc-eyed,  pi.  dat.  sellglassaib,  100  d. 
sengân  sentalman  162,  an  ant  of  old  laïui. 
sen-laeeh  166,  167,  an  old  hero. 
scn-talam  161,  old  land. 

sfathir  128,  a  corrupt  equative  oi sir  «  long  ». 
sir-chôi  105,  continuai  ivaiVutg. 

sire  13,  i02d.  Mid.  Ir.  compar.  of  sir  «  long  »  :  the  Old-lrish  compar.  is  sia. 
sirechtach  silken}  sëricus?  100  h,  cf.  sirecdai  91,  sërica. 
sir-égem,  38,40,  \t,6,  continuai  screaming. 

site  silk,  dat.  sitiu  i  (bis),  Lat.  seta,  saeta,  with  curious  change  of  meaning. 
sith-fota  2,  long-tall,  compd.  of  sith^=:  Cymr.  byd,  and  fota  cogn.  with  Lat. 

vaslns. 
sithithir  58,  sithidir  61,  128  Eg.  equative  of  5/7/;  «  long  » 
sith-remithir  38,  130,  equative  oi sitb-renwr  «  long  and  thick  ». 
sith-rogait  i  \o,  a  long  stajf.  Hère  rogail  seems  cogn.   with  (jcrm.   rocken, 

ON.  rokr,  Eng.  rock. 


45  2  Whitley  Stokes. 

siu  ocus  anall  53,  ok  this  side  and  on  that. 

slabra  ')2,  cattle.   cissi  slabrai  indiscirsa  thall?  LU.  62^32.  tarb  for  slabra 

Laws  I,  126,  airba  ria  slabra  hi  fer,  ibid.,   168.  Mctapliorically  doury, 

bridegift,  Dinds.  60. 
slemon-gel  2,  snioolh  and  hright. 
slig-airbi  109,  sacrifice  ! 
slige  109,  148.  slaughter. 
sloindiud  3,  aniiouncing'naming,  describing. 
smùit-cliéo  26,  smohy  mist.  A  like  compd.  is  smûl-gnr  LL.  96*9,  96''  13, 

no'' 15.  comho  oen-smûit  ...  forloiscthe  in  mâcha  uile:  stnûid  «  vapour, 

smoke  »,  O'Br. 
snaiss-remor  165  St. 

so-astaide  51,  Eg.  =  saitsideLU.  easily  halled. 
soc-seom  fon  topur,  App.  156. 
soer-agaid  2.  Jiohk  face,  soer-dath  100  d.  a  nohk  hue.  saer-ielg  App.  69,  a 

noble  hiiiit. 
so-gabâldae  51,  easily yoked. 
solus-ruidiud  2,  brighl  radiance. 
solus-ccnnach  16)  St.,  bright-headed. 
ro-sosed,  v.  ro  sassad. 
sostach  126  a  dweUer,  dcriv.  of  sossad. 
spréd  a  spark,  Corni.  s.  v.  tenlani.  gen.  fûaim  na  sprcde  54. 
srât  F.  streel,  gen .  cacha  sraite  (leg.  srâite?)  14,  pi.  dat.  sraitib,  &rsritibni 

senchatrach,  LL.  230*  17.  From  Lat.  strâta  (or  AS.  straf),  Cymr .  ystrawd . 
sreth-clîisse  100  f,  an  epithct  for  a  mantle,  100  h.  an  epithet  for  silk  mea- 

ning  obscure, 
srub  ar  gésce  38  a  snout  on  a  branch.  Cau  sriib  hère  be  cogn.  with  Nhg. 

stràubeii,  Gr.  aTouçvd;  ? 
sucut  66,  adv.  yon. 
sûil:  gae  glas  co  sulib  glaini,  App.  114.  sûist  iarinn  131  :  cf.  Ereuthalion's 

iron  mace  :  à)>Ài  l'Zr^^v.r^  xopjvr;  crJYVja/.E  sâÀayya;,  II.  VIII,  14. 
suthcherna  32,  seems  to  mean  a  wiUing  gift:  cf.  di-siiithcurn  .i.  ni  tiodh- 

laicthe  YBL.  263^31,  contrasted  with  Cormac's  duthcern  «  niggardly  », 

O'Clery's  doithchernas  (gen.  dothchernais  LL.)  .i.  docharnas  .i.  dothiod- 

hnacal  no  drocheineach. 
ta  50,  54,  141,  be  sih'i!t\ 

tacmaicced  38.  taicmaic  .i.  timcilligis  no  rainic,  H.  5.  18,  p.  530. 
-taessat  5 1 .  ihey  shoiûd  corne. 
taidlech  i,  radiance,  glanciug. 
taig  drochcarad  5,  corresponds  whh  lochuiriuth  droclxarat  Ir.  Texte,  I,  120. 

tuige  (.i.  indsaidc)  drochcarat,  H.  3.  18,  p.  529.  tuigi  .i.  innsaigi  ibid. 
taigid  4,  meaning  obscure. 

tailm  12,  13  a  sling,  a  tailm  .i.  a  thabaill,  H.  3    18,  p.  329. 
tairg  (=  to-airg)  33,  toirg  35  o(fer\  cogn.  with  opi^w} 
tairissedar  Iri  87,  rests  against  tairisethar  130,  3d  sg.  oi  -tair(i)issiur, 
tairnichcUaini  (to-air-ini-c),  /  go  round,  ro  thairmcheall  1 54  Eg. 


The  Destruction  of  dâ  Derga's  Hostcl.  433 

tairniescaini  I  forbid,  près.  ind.  sg.  3.  nis-tairmcscand  108  Eg.  pass.  nacon 

tairmcscthar  LB.  197»  52.  tairmescc  prohibition  Wb.  10''  5. 
tairsce  tarlcthair  87,  meaning  obscure, 
tairse  98  upon  il. 
tâirset  95  (to-air-is-set),  conas-toirsed  102  b.  tan-airscd  102  b.  mani-s-tairi 

129,  injunctive  tair  LU.  58*20. 
taithbech  fuilt,  2  undoiughair,  ag  taithmeach  .i.  agsgaiW,  H.  3.  18,  p.  528. 
tâm  153,  dat.  sg.  a  consuming  fevcr,  cf.  Lat.  tâhes. 
tana-slaide  76,  thin  rods} 
tânsemad  App.  61,  reproach}  annam  lib  athechthuatha  do  thâinsemad  bar 

trénfer,  LL.  25Sb25,  *to-âinsc)n'Wh.  14''  16,  17,  to-ad-ness- 
târag  66  (darag  Eg.),  probablj^  a  compd.  of  ag  a  bovine  animal,  Skr.  ahi  ; 

but  the  meaning  of  târ  or  dar  is  obscure. 
tarblais  29,  s-subj.  sg.  2,  from  *-tairblingini  I  alight  (to-ar-eb-leng-),  près. 

ind.  sg.  3  taurbling  (tairling  Eg.)  13,  verbal  noun  tairlêim,  LU.  118=^  13. 
tareraid  App.  69.  meaning  obscure, 
tar-lethar  87,  meaning  obscure:  leg.  tarb-lethar  buU-leather}  or  tarr-lethar 

helly-skin } 
tarras  App.  156  was  remaining. 
taudchaid  v.  tuidchid. 
taul  87  ;  a  boss. 
techtairecht  36,  embassy. 

teith-blaith  2,  ivarm  and  sinooth.  à.  bog  no  maeth,  H.  3.  18,  p.  528. 
tel,  pL  telaib  120  =  taul  q.  v. 

tendàl  robaid  69,  a  zuarning  bcacon,  tendàl  samna  69,  beacon  of  Allhallows  day. 
lene  samna  69,  fire  of  sainain  (Nov.  i). 
terbaim  I  separate,  près.  ind.  sg.    3  nis-dérband   108,  for  *ni-sn-terbann. 

See  exx.  of-^H-  in  Celt.  Zeitschr.,  I,  206.  Strachan,  however,  compares 

ni  derban  in  Cod.  St  Paul,  II,  19. 
testiu  a  ^o«n«^,  dat.  testin,  129,  do  deistin  .i.  do  dortadh,  H.  3.  18,  p.  532. 
tetscoraig  3  5  should  perhaps  be  desscoraig,  as  in  YBL. 
tiag-sa  29  I  go,  tiago-sa  45  (tiag-sa  Eg.   YBL.),  -ti'agarSi:  ti'asur  147 

seems  the  ist  sg.  près.  subj.  tiasu,  Wb.  23'=  31,  vvith  a  deponential  en- 

ding.  Verbal  noun:  tiachtain  saégail,  App.  61. 

1.  tinne  33,  33,  63,  94,  148  a  salted  pig,  O'Don.  Supp.  («  bacon-  pig  » 
Hennessy). 

2.  tinne,  pi.  n.  a  bagpipe,  pi.  n.  tinne,  dat.  tinnib  84.  Cognate  perhaps  with 
ttÉv'jj,  stinati,  stunian,  slônen.  naoi  tinne  .i.  ix.  timpain,  H.  3.  18,  p.  531. 

3.  tinne  a  bar,  ingot,  130. 
to  145,  tJjy. 

tob  6),  a  blaie,  aflame}  corresponds  with  soilhi  môr,  65.  tob  tened,  Sait,  na 
Rann  7388,  topp  tened  LB.  152*25.  Compd.  aghainter  lob-chaindcal  i 
luing  Aigmemnon  «  a  blazing  torch  is  lighted  on  Agamcmnon's  ship, 
BB.  454b  8,  which  corresponds  wkh  flamnias  quant  regia piippis  Extulerat, 
Aen.  256.  See  Idg.  F.,  XII,  192. 

tochur  tarcenn  56,  to  overturn. 

Revue  Celdquc,  XXII.  29 


434  Whitley  Stokcs. 

tocud  (in  câintocad  q.  v.)for  tocad  o  luck  »,  Cvmr.  tynged. 

toeb-tracht  in  tened  App.  6i. 

to-ernae  80,  v.  docrad. 

toesc  122,  toesca  fola  122,  jets  of  bhod. 

tofuitet  143,  see  dofuitet. 

toichned  ■^ç),fastwg.  a  doicne  .i.  a  troscud,  H.  3.  18,  p.  530. 

toirnech  17,  thwiderous,  dcriv.  o(  toraini. 

toi  a  height,  gen.  tuil  loi  a.  Compds  :  tol-ri  Anira  Chol.  andtol-berbudq.  v. 

tol-berbud  87,  a  great  boiliiig. 

toll-chrûis  87,  hoUmv-iiiawed} 

tongu-sa  52  (tung-sa,  Eg.),  78,  tongu  77,  86,  94,  104,  161,  166,  I  su-ear. 
tongu  do  Dia  83. 

tonnad  dealh  (by  poison),  gen.   sg.  deoga  tonnaid  98,  129.  dcogha  tonda 
.i.  bais  H.  3.  18,  p.  532. 

tophliûin  152,  weariness. 

tore  caille  65,  lit.  a  hoar  of  a  uvod,  seems  synonymous  vvith  tore  lemd  69, 
lit.  a  boar  of  a  firc,  i.  e.  a  great  firc. 

tormaised,  ivoiildincrease,  s-con].  sg.  3  o{  -tormaigivi. 

torôchell  155  circumivit,  from  to-ro-fo-c. 

toscélad  71,  do  tsoiscelad  (sic)  .i.  do  braith,  H.  3.  18,  p.  531. 

-to-sessa  26,  perf.  pass.  pi.  3  of  do-sendim  /  Imnt,  verbal  noun  tofond  26. 

totam  (leg.  totaim?)  cotulta  88,  a  suvon  of  slcep,  cogn.  with  tutim  159, 

tuitim  (gl.  lapsu)  LH.  iib,  pi.  totman  Ml.  i^^^,  and  etarthotaim. 
tothéit  71.  do  tàet  Eg. 
to-thâethsat  86,   88,   3d  pi.   5-fut.  of  tothuitini  /  fall:   tothétsat  94.  to- 

thôetsat  102  b,  102  d. 
to-tiagat  50,  adeiiiit,  totessed  81. 
traig-éscaid  48,  lightfooted. 
treb  an  ahode,  gen.  trebe  28.  tribc  29. 
treban  87,  88,  trickle}  rtUet}  Possibly  borrowed  from  OHG.  triofiu,  now 

triefen. 
trebland  .i.  gusmar  43,  ireblang  YBL.  trcblond  .i.  gaiscedhach  H.  3.  ]8, 

p.  530. 
trebthachas  77,  housekcepiiig  ;  tuilled  trebthachuis,  Book  of  Fenagh,  182. 
tre-chend  93,  a  trio,  a  corruption  of  trecheug}  cf.  decheng. 
tre-chisse  130,  three-edgedl 
tre-druimnech  97,  thee-ridged. 
trc-dûalach  130,  triplc-twisted. 
trelmach  v.  mâr-threlmach,  deriv.  of  trelam,  harness,  wargear.  Tir  trelniach 

tenn,  Rawl.  B.  502,  fo.  54^2. 
trén-clîoblach  87,  a  strong  fleet. 
trén-écosc  87,  a  strong  countenance 
très  34,  3),  71,  one  of  ihree. 
tréthûr  100  j,  meaning  obscure, 
tricce  activity,  agility. 
tricha  cet  104,  138,  lit.  thirty  long  hundreds  of  land  (i.  e.  3600  quarters),  a 


The  Destruction  of  Dd  Dergds  Hostcl.  435 

cantrcd,  thc  kitig  of  which   should  support  seven   hundred  warriors, 

O'Ciirry,  M.  and  C,  II,  592.  In  105,  138  (as  in  LU.  57 M)  it  secms  to 

mean  the  lord  of  a  cantred.  So  in  Cogad  G.  G.  191.  triclia  cciin  fer  ba 

lugu  ducluis  dib  sin.  See  Zimmer,  note  in  KZ.  28,  574. 
trieth  100  k,  nieaning  obscure 
troich  8i  .i.  mairb,  H.  3.  18,  p.  531. 
tromm  heavy:  equative  trummitliir  130:  conipJs  tromm-dâm  App.  26,  an 

oppressive  Company,  tromm-sluaig-theg  79,  a  bouse  contcuiting-  a  t^reat  host. 

tromni-thomside  87,  heaiy-measured . 
trû  106,  misérable. 
tuag-mil  I,  95,  lit.  bou'-pin,  a  brooch  whereof  the  pin  (»//7  ^  [ai^^^t)  «  probe  ») 

formed  the  chord  of  an  arch  (tiiag). 
tûath-chaecli  140,  squinting  ivith  Ihe  lejt  eye. 
tûath-mael  a  tribal  slave,  gen.  dual  App.  168,  compd.  of  tuath  and  niacl  .i. 

calvus  2.  servus  =  Cymr.  viail,  gl.  mutilas,  nioel  calvus. 
tûath-roscach  App.  61,  sqniiiting-eyed. 
-tuca,  -tucca  54,  66,  â-subj.sg.  3  oî  -tucaiin  I  bring.  Cf.  donfe  .i.  doii-fnca, 

Hy.  4.  2  where  the/is  prothetic. 
-tuidchis  16,  2d  sg.  -s.  prêt.  3  pi.  -tuidchiset  151,  past  s-subj.  -tuidchiscd 

12,  (=  -tuidchissed  Wb.  15':  16).  perf.  ni  thuidchid  28  =  ni  thaudchaid 

66  2d  sg,  -tudchad  62  (to-di-chuad). 
tûidle  87,  sparks,  better  tàidle,  cogn.  with  tiidlech  «  gleam  »,  «  sheen  ». 
tûidlig  99,  better  tâidlig  Eg.,  ace.  sg.  of  tiidlech  «  sheen  ». 
tuind  trachta  App.  156  surface  of  strand. 
tul-bochta  35.  boss-broken. 

tur,  ar  thur  100  j.  scems  synon.  with  tul  «  boss  of  a  shield  ». 
turi  100  k,  meaning  obscure, 
ûag-bod  boding  of  graves}  awfiil  boding}  ûagboid  122  secms  a  gen.  sg.  go- 

verned  by  enibaid.  The  ûag,  if  not  lîag  «  a  grave  »,  may  possibly  be  a 

sister-lorm  of  ûath  and  cogn.  with  Lat.  pavor.   The  bod  may  be  cogn. 

with   Skr.  bôdhali,    Gr.   -JOouia'.,   -jv0âvo;xai,   Goth.   -biudan,   Ir.    bnide 

«  thanks  »  (acknowledgmcnt). 
ûane  10^,  green,  ùanide  76,   107,  112,  l'^i  greenish. 
ûar-medôn   58,  130,  outer,  external,  gen.  sg.  corresponds  with  iinnuchtair  : 

ûar  from  *ud-ro.  Idg.  F.  XII,  194. 
ûar-usce  App.  1 56,  cold  lualer. 
uathbas,  gen.  -bais  165  St. 
ucut  77,  83,  yonder. 
u-nasc  109  (for  aunasc),  ear-clasp. 

ur-thocbail  2,  élévation,  lofliness,  verbal  noun  oi  ar-tôcbaini. 
-us  affixed  pers.  pron.  of  3d  sg.  in  imsclh-us  128  =  mescaith-us.  So  iiùrth-us, 

môrs-us,  Fel.  prol.  132.  tath-us,  Fél.  Feb.  5.  boilh-us,  boith-ins,  Ir.  Texte, 

I.  157- 
-ut  aftîxed  pers.  pron.  of  2d  sg.  in  gerthi-ut,  gorthiut  3  J.  Sa  l.ith-ul  Fél. 

July  24. 
ût  69,  yon.  See  ucut. 


CORRIGENDA 


15,  §  2,  1.  7,  for  n'Jjiie  rcaà  shilling 

18,  note  9, /or  Appendix  A  read  Appcndix  5,  6 

19,  §  6,  1.  \,jcr  Dogni[th]  read  Dognifthcr],  and  in  ihc  translation 

for  was  read  is 

21,  §  8,  1.  4,  for  legilimate  read  hivworthy 
§  9,  1.  4,  jor  Mwc  read  maicc 

22,  1.  2,  fl//?r  And  insert  by  lier 

1.  5,  io\'  Jtcm  Miic-lesi(?)  read  cf  her  <on 
24,  5  13,  1.  4,  for  //;«»  read  them 
2"5,  §  14,  1.  4,  /or  dono  r^aJ  don 

note  5  Cviit  Hère  YBL  is  corrupt  and  unintelligible,  and  for  hi 
rfio^  ni 
29,  §  19,  11.  4,  5,  for  descends  read  descendants 

32,  §  25,  1.  I,  for  in  dâ  ugrai  read  ind  ;iugrai,  and  in  the  translation, 
for  the  iwo  qitarrels  read  the  qnarre] 

34,  §  28,  1.  I,  for  fôamsera  read  fô  amscra 

35,  §  28,  1.  I  ovmx. good 

1.  10,  for  querns  read  nags 

36,  1.  î ,  for  VKAt'K  I  was  read  /  û?« 
1.  2,  for  wfl^  read  is 

39)  §35)1-  3)  for  (to  be)  read  5/;fl//  Z'e 
40,  note  6,  1.  2,  omit  dochotar  riam 
43,  1.  7,  for  say  read  50)'^ 

49,  §  50,  1.  5,  for  fôrigread  fô  ri'g,  and  in  nots  7, /or  good  king's  cha- 

riot read  chariot  under  a  king 

50,  §  50,  1.  5,  for  fl  good  king's  cavalcade  read  a  cavalcade  under  a  king 

51,  I.  6,  for  red  read  ivheels,  and  for  whitc  read  horses  —  the  référence 

seems  to  be  riders  in  chariots  and  riders  on  horses. 
■58,  1.  7, /or  dochél  read  do  chél 
59,  §  62,  1.  9,  for  an  evil  read  thy 
167,   §  66,  1.  I,  aftcr  rogain  insert  say  s  Ingcél, 

1.  II,  for/'// read  has  fallen 
172,  §  72,  1.  4,  for  rohain  read  rogain 

^75>  S  76  (translation),  1.  4,  after  û/ZAy  insert  Greenish  niantlcs  they  ail 
wore. 


Corrigenda . 


4n 


P.  i8o. 


182, 
186, 
188, 

194, 
198, 
201, 


215. 
214, 

284, 
290, 
292, 
31^, 
315. 
314, 

315, 
317, 
320, 

321, 
323, 

325, 
389. 
392. 
393> 
395. 
402, 


5  81,  I.  15,  for  TI)jHjha  ...  read  Tliôugh  sbip-hornc  wiiie 

The  mcaning  seems  to  be  :  Though  Coiiaire  and 
his  men  should  bc  maddened  with  thc  best  winc, 
they  will  be  destroyed  by  Ingcél. 
§85,  1.  I,  for  /»t  Erin  read  at  ail 

§  87,  1.  2,  for  medonach  Mûad-blosc  n'ai  medonach,  mûadblosc 
1.  14,  189,  §  88,  I.  4,  for  h.ire  bills  read  baU  men 
note  1,1.  5,  aâd  95 

§  96,  1.  10,  for  victory  (bis)  read  tn'mnpli 
1.  15,  for  over  read  upon 
1.  6,  lîcibad  be,  as  I  S'aspect,  a  scribal  crror  (or  gê bail,  thcn  for  sce 

read  caich 
§  102  b,  1.  I,  for  simple  read  loveable 
1.  4,  for  it  is  ...  }-ound  read  tL'.y  (the  swjtds)  are  (as)  horserods  in 

their  hands  round  about 
§  104  (translation),  1.  6,  for  escape  read  succeed  in  cscaping 
§  105,  11.  2,  3,  As  the  words  A  stead  ...  tobosoin  are  uttered  bythc 

boy,  they  should  be  in  inverted  commas. 
§  108  (translation),  1.  7,  for  their  foes  read  row 
note  i,for  on  read  in,  and  add  Appendix  1 14  A. 
§  118,  1.  4,  for  Samail  rt'ai  Saniail[te] 
§  140,  1.  4,  for  Niance  read  Ni  anse 
2,  for  after  wards  read  afterwards 
5,  for  theciTia;/zg  read  thecmrtmg[ed| 
.   20,  for  daircidh  read  [ni  feta]dais  cidh 

.  22,  add  then  knew  not  whither  she  wentor  whence  (she  came). 
1.  21,  22,  for  in  a  council  read  for  their  counsel 

II,  after  airdrig  insert  [ata'] 
§155  (translation),  1.  3,  for  Long  read  Lough 
.     8,  for  was  read  he  was 

.   31,  /br  he...  lifeless  read  he  fell  lifeless  (sécher,  leg.  thocher) 
.     4,  for  shame  read  stone 
.     6,  from  bottom,  afler  combat  //wt'r^  of  eight 
ast  line/or  doroirbe  »  do  read  doroirbcds  » 
ast  line,  deie  from  it 

.   15,  add  see  Frazer,  The  Golden  Bough,  2^  éd.  vol.  II,  32,  2 
.     2,  for  doroibe  read  doroirbedo 


Cowes,  October  1900. 


Whitley  Stokes. 


CORRECTIONS 


AU    POINT    DH    VUE   METRIQUE 


AU   -LIVRE     NOIR    DE    CARMARTHEN 


Ces  corrections  portent  sur  l'édition  de  Skcne.  Je  laisse,  en 
général,  de  côté  celles  que  le  sens  surtout  indiquerait  et  celles 
que  la  seule  paléographie  ou,  plus  modestement,  une  étude 
plus  attentive  du  manuscrit  original  suffirait  à  justifier. 

Poème  I  (Skene,  Four  anc.  hooks,  II,  p.  3,  vers  2).  Le  ms. 
porte  am  heduyv,  ce  qui  pourrait  donner,  en  gallois  moderne, 
hedwyiu  ou  kedfyw,  à  la  rigueur  hcdivyf.  C'est  cette  leçon  que 
Skene  a  adoptée  d'après  sa  traduction  (I,  p.  368).  Or,  d'après 
les  lois  du  genre  auquel  appartient  ce  poème,  la  finale  de 
dcryv  (=^  deryw)  doit  rimer  avec  keduyv,  c'est-à-dire  en  gallois 
moderne  cedfyw  ou  cydfyiu.  Skene  a  fait  également  au  vers  4  de 
iryuruyd  (=  tryfnuyd)  un  nom  propre  Tryiuruyd,  ce  qui 
constitue  un  grossier  contre-sens,  tryfnvyd  étant  un  nom  com- 
mun des  plus  transparents. 

Ihid.,  vers  5,  Skene  lit: 

Oed  niaelgun  a  Jiclun  iii  imnan 

Le  vers  de  9  syllabes  de  ce  poème  est  divisé  en  trois  tranches, 
en  général  :  dans  ce  cas,  les  deux  premières  riment  entre  elles 
et  la  troisième  est  assez  souvent  reliée  à  la  seconde  par  l'alli- 
tération. 

On  obtient  l'allitération  en  lisant  in  imuan  =  yn  ymivan  : 
welun  allitère  avec  -wan  :  «  c'était  Malelgwn  que  je  voyais 
se  battre.  »  C'est  d'ailleurs  la  leçon  du  manuscrit  original.  Il 


Corrections  au  Livre  Noir  de  Carmarthen.  439 

est  juste  de  dire  que  Skene  ;i  traduit  comme  s'il  y  avait  in 
imiian. 

V.  7.  Skene : 

R.ic  douur  inoutur  y  tirran. 

La  lecture  est  correcte;  ce  qui  ne  l'est  pas,  c'est  la  trans- 
cription. Skene  voit  dans  ineutur,  in  nevtur  et  dans  nevturle 
nom  de  lieu  donné  par  Fiech  dans  sa  vie  de  saint  Patrice, 
NcDibliir  ou  Nevtiir.  Il  est  sûr  que  //  de  la  syllabe  finale  de  ce 
mot  représente  lu,  la  rime  étant  obligatoire  pour  la  finale  de  la 
seconde  tranche  avec  la  finale  de  la  première;  en  effet  dciiur 
=  deu  wr.  On  aurait  en  gallois  moderne  : 

Rac  dau  wr  in  eu  twr  y  TVRRan. 

«  Devant  deux  hommes  dans  leur  tour  ils  se  groupaient.  »  On 
pourrait  peut-être  supposer  îwn,  groupe,  agglomération,  qui 
allitérerait  plus  franchement  avec  tirran. 

Hid  attad  y  dacth  rad  kyvlaun 

Il  manque  une  syllabe  dans  la  troisième  tranche.  Il  est  pro- 
bable qu'au  lieu  de  kyvlaun  il  fliut  lire  kyvlavan. 
Page  4,  V.  5,  Skene  lit: 

Trav  a  tlirau  imdoeth  Bran  a  Melgan 

Skene  }•  a  vu  deux  noms  propres.  Bran  et  Melgan  ! 

Il  faut  lire  pour  la  rime  interne  brau  =  braw  qui  rime  avec 
thraw,  et  couper  atn  Elgan  (terreur  me  vint  au  sujet  d'Elgan). 
Le  manuscrit  a  bran 

Ibid.,  V.  6.  Il  faut  lire  Diuel  et  dinct  (=  Dyfel,  diwedd). 
Il  s'agit  de  Dyfel  ab  Erbin. 

V.  12.  giiadlan  est  à  modifier  en  guacdiati. 

Poème  ir.  Les  vers  du  poème  III  et  IV  sont  du  type  dit 
huppynt  byrr.  Ce  sont  des  vers  de  12  syllabes  coupés  en  trois 
tranches  de  4  syllabes.  Les  deux  premières  riment  entre  elles, 
et  un  mot  de  la  troisième  (le  premier  accentué,  en  général) 
rime  avec  la  finale  des  deux  autres.  Les  vers  qui  manquent 
à  cette  dernière  loi  peuvent  être  considérés  comme  défectueux. 
Il  y  en  a  six  en  prenant  les  deux  poèmes. 


440  J.  Lot  II. 

III,  p.  5,  V.  23.  Skcne  et  le  manuscrit  donnent: 
culiclin  bART,  kyiiiraec  liAKT  kidurtliodiad 

kiiliirthoilind  (=  cyckurthodiad)  ne  donne  pas  de  sens  satis- 
faisant. Il  huit  lire  caiu  wrthodiad  ;  carl(cardd)  rime  avec  hardd 
et  hardd:  cari  iirlbodiad  signifie:  qui  repousse  les  poètes  de 
rebut. 

Ihid.,  V.  24,  Skene: 

Ki'ii  limiiynas,  h'd  Icyivlas,  nijaintinicid 

Il  y  a  deux  fautes  :  kyivlas  est  très  évidemment  à  corriger 
en  kywatas  (^  cyfaddas).  De  plus  nifaintinied  ne  rime  ni 
n'allitère  avec  les  tranches  précédentes,  sans  parler  du  sens.  II 
faut  une  rime  en  -as  et  une  allitération.  En  réalité,  le  ma- 
nuscrit la  donne;  en  y  regardant  de  très  près,  on  voit  qu'il  faut 
lire  au  lieu  de  nif,  kas. 

Page  6,  V.  I  :  Skene  et  ms.  : 

Kenctyl  vvoroR,  kywrisc  woscord,  kyghygneid. 

Lisez:  KvghoR  ygneid  (conseil  des  juges). 
Ihid-,  vers  7,  Skene  et  ms.  : 

Gvvtbuil  dragON  gosparth  BrvtiiON  gosgvman  gvith 

Au  lieu  de  gosgyinaii,  lisez  GosgymoN,  qui  à  la  fois  allitère  et 
rime  avec  la  branche  précédente  :  gosgymon  gvith,  aliment  du 
feu  de  la  colère. 

Ibid.,  V.  16.  Le  vers  n'a  que  sept  syllabes:  je  ne  vois  pas 
de  correction  sûre. 

Poème  IV,  p.  7,  v.  3,  Ske  et  ms.  : 

eau  tvirnET,  cathil  kvhiDET  kyurysswyv. 

La  troisième  tranche  est  fautive  et  pour  le  nombre  des  syl- 
labes et  pour  la  rime;  lisez  KyuryssET  wyv. 

Un  vers  du  poème  III  (p.  5,  vers  25)  est  également  fautif, 
mais  au  point  de  vue  de  l'allitération  initiale  : 

Gathvr  kywystrAUD,  Kyvan  volAud,  cluttACD  attad 

Le  g  initial  allitère  d'une  façon  peu  correcte  avec  le  k  des 
tranches  suivantes,  d'après  les  habitudes  du  poète. 


Corrections  an  Livre  Noir  de  Carmarthen.  441 

Le  manuscrit  n'est  pas  décisif;  le  g  n'est  pas  franc;  r  de  ga- 
thyr  paraît  due  à  une  coupure.  Il  me  paraît  certain  qu'il  fout 
WxQkatbyl  (cathl). 

Poème  MI,  p.  9,  V.  6  :  kyiuiscaran  ne  rime  pas  ^xeciunrcdun 
du  vers  précédent  ni  kyiuraghanni  de  la  coupe;  il  faut  lire 
kyu'iscarun  (=:  kyfysgarwn) . 

Poème  XII,  p.  4,  V.  7,  Skene: 

Dolur  eghirith,  Duu  an  diftîrcli,  ban  kyinirth  cnaud. 

Le  manuscrit  porte  diff/;7/jet  kyniirtb  qui  sont  corrects.  Quant 
à  eghirith,  c'est  une  mauvaise  graphie  pour  eghirlh  «  Douleur 
terrible,  Dieu  nous  a  sauvés,  quant  il  prit  chair.  » 
Poème  XIII,  p.  16,  v.  2.  Skene  et  ms.  : 

ar  ozvris  y  luinili 

Il  manque  une  svllabe,  le  vers  devant  être  de  8  syllabes  ;  cette 
lecture  ne  donne  d'ailleurs  aucun  sens.  Lisez: 
ar  owris  y  owin  iti 

une  troupe  viendra  «  en  hâte  pour  te  demandera  toi...  » 
Poème  XIV,  v.  23  : 

adwin  y  rôtir  y  pauper  y  chwant 

Paupcr  àov\r\e  une  syllabe  de  trop;  lisez  paup:  c'est  d'ailleurs 
la  version  du  Livre  de  Taliesin  (Skene^  II,  p.  170,  vers  11). 

Poème  XVI,  p.  17,  v.  13  : 

Skene  a  sirch  ;  lisez  a  sirih. 

C'est  la  leçon  du  ms. 

Poème  XVII,  p.   19,  V.  5.  Skene  : 

amyscud  ar  luy  isgiiit  amdet  ar  ivydiin. 

Le  cynghancdd  oblige  à  lire,  ce  que  le  manuscrit  permet  : 

a  m'yscu[ijd  ar  wy  isguit  am  clct  ar  wycliin. 

«    Et   mon  bouclier  sur  mon    épaule   et  mon   épée   sur  ma 
hanche.  » 

Poème  XVIII,  p.  21,  v.  17.  Skene: 

ac  or  diaghune  ny  chumunc  inlluted. 

Lisez  :  ac  or  d/aghune  ny  chuinune  in  llutcd  «  et  si  nous  nous 
échappons,  nous  ne  plaindrons  pas  notre  £uigue.  » 


442  J.  Loth. 

C'wynun  rime  avec  diaghim. 

P.  22,  V.  2)  :  au  lieu  de  )'  danuitt  ve,  lisez  ydanunt  ve. 

P.  23,  V.  12.  Il  y  a  une  lacune  dans  le  ms.  Le  sens  de- 
mande clairement  og[y\vrac]  =  0  gyfranc.  Dans  le  vers  sui- 
vant, il  en  est  de  même.  Il  taut  lire,  en  se  fondant  sur  le  sens 
et  la  rime  interne,  semble-t-il  : 

aâitit  mab  arivdxv  \a  c/;ar]  kycbiiin 

P.  24,  V.  6.  Skene  et  ms.  : 

Pibonvy  im  blev  blin  wy  rysset 

Je  lirais  blin  luy  bisset  : 

«  des  glaçons  dans  mes  cheveux,  mes  doigts  engourdis.  » 
P.  25,  V.  10.  Skene  et  ms.  : 

a  llu  a  lie  ...  divahaur. 

Il  faut,  d'après  le  cynghanedd  un  mot  en  -ad  rimant  avec  la 
finale  du  vers  précèdent  ;  lisez  : 

a  llv  a  lle[drAD]  a  divahaur. 

Ibid.,  V.   II.  Skene  et  ms.  : 

an  bi  ni  inaeth  guared  guv...  aeth 

Le  vers  doit  avoir  10  syllabes  et  est  partage  en  deux  hé- 
mistiches de  5  rimant  entre  eux  :  lisez  :  giiydi  : 

«  nous  aurons  nous  alors  protection  après  douleur.  » 
Ibid.,  vers  19.  Skene  et  ms.  : 

Na  chlat  de  redkix  nac  isti  wiuuy 

Le  vers  doit  avoir  9  syllabes.  Il  en  a  10^  mais  si  on  lit  iste 
en  faisant  de  te  la  nota  augens,  on  le  réduit  à  9,  la  nota  augens 
ne  comptant  pas  mètriquement.  Une  autre  difficulté,  c'est  de 
lire  iviiiuy.  D'après  l'orthographe  du  ms.,  cela  représente,  en 
gallois  moderne,  fiwy  on  fywy,  ou  fywi.  C'est  tout  simplement 
le  byu'i  actuel,  désignant  des  truffes  ou  quelque  chose  de  sem- 
blable. Myrddin  avertit  son  pourceau  de  ne  pas  s'attarder  à 
creuser  sa  bauge  ni  à  manger  des  truffes  : 

nac  ys  ty  fywi. 


Corrections  uu  Livre  Noir  de  Carnuirthen.  443 

Page  26,  vers  4.  Skene  : 

Gorhis  kcin  iiiinit  clitit  neiid  kiii 

La  CY>i^hanedd  demande  au  lieu  de  cliut  un  mot  terminé  en 
-//  =  -V(/(/.  De  fait,  le  ms.  porte  cliiit  =  clfydd.  Kcin  après 
gorhis  est  une  mauvaise  lecture  ;  le  ms.  porte  kc  et  un  trait,  puis 
à  la  ligne  suivante  n  ;  il  faut  lire  Iccivi)!  (=^  ccfn)  ;  kin  final,  au 
contraire,  comme  le  montre  la  rime,  est  à  corriger  en  kcin. 
Lisez  : 

Gorîas  Icndii  iiiiiiit,  duid  nciid  hein 

«  Très  vert  est  le  dos  de  la  montagne,   le  monde  est  vrai- 
ment beau.  » 

Ibid.,  v.  17,  lisez  digiuysci  au  lieu  de  diguiysci;  vers  20, 
lisez  ///  u>i  wct  (=^  yn  un  ivcdd)  au  lieu  de  ninnvci:  le  ms. 
permet  ces  deux  corrections. 

Ibid.,  V.  21.  Skene  et  ms.  : 

Pelled  son  saesson  seil  kynriss... 

La  rime  exige  kynrisset,  plus  probablement  kyurîssct  (=--  cy- 
luryssedd). 

Page  27,  V.  12.  Skene: 

Rnit  ny  kywriiit  ivrih  y  giiit 

La  rime  interne  demande,  d'accord  avec  le  ms.,  au  lieu  de 
kywriut,  kywniit  =  cyfnvydd. 
Ibid.,  17.  Skene: 

Kyn  safont  in  y  drvs  tins  nys  deupi 

La  rime  interne  exige  au  lieu  de  ihis  un  mot  en  -us  rimant 
avec  drus  (=  dnus).  Il  flmt  lire  tins  =  ilvjs;  c'est  ce  que 
donne  le  ms.  Il  s'agit  des  bardes  :  «  Quand  même  ils  se  tien- 
dront debout  à  la  porte,  ils  ne  recevront  pas  de  joyau.  » 

Poème  XIX;,  p.  31,  vers  16:  Skene  a  lu  engtiavt,  la  rime 
exige  cnguavc  (=  cnwawc),  ce  que  le  manuscrit  permet  d'ail- 
leurs. 

Ibid.,  vers  32.  Skene: 

Hirguynion  hyssel  Beidauc  rut 

La  cynghanedd  ferait  préférer  byssct;  le  manuscrit  le  confirme  : 
Hirguynion  Bysset  Beitauc  rut 


444  J-  lotn. 

Page  32,  vers  8.  Skene  et  le  ms.  : 

Kian  a  iid  yn  diffeith  cund 
Drav  otuch  pcn  bel  alltnd 

La  rime  interne  et  externe  exige  cnud  au  lieu  de  citu.i  qui  ne 
donne  aucun  sens. 

Page  33,  vers  20.  Au  lieu  de  tavne,  lisez  taviic  =  Tafwy. 
Page  34,  vers  28.  Skene  et  ms.  : 

Chuerthi liane  branc  brid  chiierv 

Le  vers  exige  7  syllabes;  or,  comme  chiicrv  (=^  chiutirw)  ne 
peut  compter  que  pour  une,  il  n'y  en  a  que  six.  Lisez  au  lieu 
de  hraitc,  brada  ne: 

«  Traître  souriant,  pensée  amjre.  » 

^^-  35 y  vers  4.  Skene  et  ms.  : 

Y  mac  Riin  ryvel  asuy. 

Lisez  ajivy  que  la  cynghancdd  (ryvel  avwy)  rend  préfé- 
rable, sans  cependant  l'imposer.  Le  sens  et  l'analogie  ne  per- 
mettent pas  d'hésiter. 

Poème  XX,  p.  35,  v.  24.  Skene  et  ms.  : 
Daearaiil  pechodaiil  iniyoel  a  diiv. 

La  métrique  de  ce  triplet  exige  que  le  mot  précédant  le 
gair  cyrch  (a  Duv),  c'est-à-dire  imyocl  rime  avec  la  finale  des 
deux  vers  suivants.  Il  faut  donc  corriger  imyod  en  imyoled: 

Dacaraul  pechedaul  imyolED  —  a  Duu 
a  deweint  duhunED 

Imioli  est  employé  plus  bas  dans  le  même  poème. 

«  Que  le  pécheur  terrestre  adresse  sa  prière  (se  réconcilie 
avec)  à  Dieu,  et  se  réveille  au  milieu  de  la  nuit.  » 

P.  36,  vers  I.  Le  genre  dit  kygogion  auquel  appartient  le 
poème  exige  la  reprise  au  début  de  chaque  strophe  d'un  mot 
au  moins  de  la  finale  du  dernier  vers  de  la  strophe  précé- 
dente. Skene  lit  le  premier  mot  Ryrreiiveint.  C'est  le  mot  final 
de  la  strophe  précédente  :  a  chirreiveint  :  la  cynghancdd  et  le 
sens  d'ailleurs  exigent  donc  kyrreiioeint  (==  cyrreifaint). 

Poème  XXIV,  p.  41,  vers  26.  Skene: 
Ruis  firt  kvit  kert  vahaut 


Corrections  au  Livre  Noir  de  dnm.nthcn.  445 

La  c\nc^hancdd  indique  kiri,  et  c'est  ce  que  donne  le  ms. 

Poème  XXMI,  p.  43.  Le  sens  du  poème  repose  sur  la  lec- 
ture du  mot  Ircu  qui  régulièrement  doit  être  lu  Irciu,  étcrnue- 
ment.  Il  s'agit  d'un  Gallois  qui  part  pour  un  long  voyage  et 
qu'un  éternuement  de  son  cheval,  d'après  les  idées  de  son 
temps,  devait  arrêter.  Il  combat  ses  craintes  par  la  prière. 
Skene  a  lu  îref,  maison,  ce  qui  produit  les  plus  étranges 
contre-sens.  C'est  ainsi  que  le  vers 

lin  trev  a  glyvav 

«  J'entends  un  éternuement  »  devient  : 
«  in  one  house  u-i 11  I attend!  » 

J'ai  traduit  et  commenté  ce  poème  dans  Méhisim. 
Poème  XXVIII,  p.  45,  vers  14.  Skene: 
Kant  dilawl  olh  ivt,  lit  echeiad 

Il  est  évident  par  la  cyughancdd  qu'il  faut  lire  vut  rimant 
avec  ///  =  iidd. 

Ibid.,  v.  19.  Skene  et  ms.  : 

Nid  oicer  traethaiid  iiiii  ar  a  trecheis 

La  cynghanedd  semble  inviter  à  corriger  trecheis  en  treithcis, 
allitérant  avec  iraethaud. 

Poème  XXX,  p.  49,  vers  26.  Skene  et  ms.  : 

Heuo,  kyrchu  hro  priiv  uchei 

La  rime  finale  exige  :  uchein  :  hro  priii  uchcin  (ychcin),  le 
pa3's,  la  plaine  des  grands  bœufs  ?  ce  qui  désigne  un  nom  de 
lieu  sur  l'identification  duquel  on  peut  n'être  pas  d'accord. 

Poème  XXXV,  p.  56,  vers  3.  Skene: 

Nylh  adivaen  mi  rythivelas 

ce  qui  donne  le  singulier  sens  : 

«  Je  ne  te  connais  pas;  moi  je  t'ai  vu.  » 
L'allitération  et  le  ms.  supposent  nu: 
Kyth  adivaen,  nu  rythivelas. 

«  Je  ne  te  connais  pas;  c'est  maintenant  seulement  que  je 
t'ai  vu.  » 


446  J.  Lotli. 

Dans  le  même  poème,  p.  57,  vers  8,  au  lieu  Je  a  meteu, 
lisez  a  fil  etcu  «  qui  me  promet  ». 
Ibid.,  vers  19.  Skene  et  ms.  : 

Trie  ima  hid  dyv  inerch... 

La  rime  finale  indique  mcrchîr  (mercredi). 

Poème  XXXIX,  p.  60,  vers  3 . 

La  première  strophe  se  compose  de  4  vers  de  7  syllabes,  ou 
mieux  de  deux  grands  vers  de  14  syllabes.  Le  dernier  vers  ou 
demi-vers  ne  compte  que  4  syllabes  : 

Kin  y  olo  dan  ty\v.\RCH  |  briwei  calch  ...  hcn. 

Comme  il  s'agit  des  fils  de  Llywarch  Hen,  le  sens  comme  le 
cynghanedd  suggèrent  : 

Kin  y  olo  dan  tyw.\RBH  |  briwei  c.\lch  [inab  LlywARCHJ  hen. 

J.    LOTH. 


LE    MOT    ORBIS 

DANS     LE     LATIN     DE    l'EMPIRE 

A  PROPOS  DE  VORBIS  ALWS  DES  DRUIDES 


Tous  les  dictionnaires  latins,  au  mot  orhis,  indiquent,  à 
côté  de  l'acception  usuelle  de  ce  mot,  globe  terrestre,  celle  de 
région  ou  de  contrée  qui  en  dérive.  Cette  limitation  du  sens 
d'orhis  est  de  date  relativement  récente  —  ou,  du  moins,  le 
mot  ainsi  entendu  n'a  pénétré  qu'assez  tard  dans  la  langue 
écrite.  Je  n'en  connais  pas  un  seul  exemple  appartenant  à  la 
littérature  de  la  République;  j'en  ai  même  vainement  cherché 
dans  Tite-Live,  auquel  l'expression  d'orbis  roiuanus,  pour  dé- 
signer l'Empire  romain,  est  aussi  étrangère  qu'à  Cicérone 
Orbis  signifiant  contrée  ou  région  ne  se  rencontre  pas  davantage 
dans  Virgile.  Il  est  vrai  qu'on  pourrait  alléguer  ces  vers  de 
VEnéide,  où  l'Europe  et  l'Asie  paraissent  chacune  qualifiée 
d' orbis  : 

Ouibiis  actus  uterque 
Eiiropae  atqiie  Asiae  fatis  concurrerit  orhis'^. 

Mais,  dans  ce  passage,  uterque  orbis  n'est  qu'une  expression 
poétique  signifiant  «  les  deux  parties  du  monde  »,  «  les  deux 
fitces  du  monde  ».  L'idée  est  analogue  à  celle  qu'exprime  Ho- 


1.  Cicéron  emploie  parfois  orhis  ierrac  ou  orbis  terrartim  pour  designer 
l'Empire  romain,  p.  ex.  Fam.,  V,  7:  «  Scito  ea,  quae  nos  pro  salute  pa- 
triae  gessimus,  orbis  terme  judicio  ac  lestimonio  comprobari.  » 

2.  Virg.,  Aen.,  VII,  224. 


448  Siilomon  Reirhuli. 

race,  lorsqu'il  dit  en  s'adressant  ;i  Europe,   aimée  de  Jupiter, 
qu'une  partie  du  monde  recevra  son  nom  : 

Tua  sectus  orbis 
Nomiiia  ducet  ' . 

Horace,  pas  plus  que  Virgile,  ne  fiiit  d'orbis  un  synonyme 
de  regîo. 

Il  n'en  est  pas  de  même  d'Ovide.  Chez  lui  on  rencontre  les 
expressions  Eoiis  orbis,  Hespcrius  orbis,  orbis  Scythicus  ^  et  orbis 
entendu  au  sens  de  royaume  ou  de  domaine:  Di  te siimmoveant 
orbe  suo^.  On  peut  donc  dire  que,  en  l'état  de  nos  connais- 
sances, l'emploi  d'orbis  dans  le  sens  secondaire  que  nous 
étudions  remonte  à  Ovide  et  qu'il  a  commencé  par  être  poé- 
tique avant  d'être  admis  par  les  prosateurs  de  l'ère  impériale. 

Les  passages  cités  d'Ovide  permettent  de  comprendre  com- 
ment s'est  opérée  la  transformation  du  sens  d'orbis.  La  langue 
latine,  surtout  en  poésie,  n'aime  pas  les  substantifs  abstraits  et 
emploie  volontiers  des  adjectifs  là  où  nous  faisons  usage  de 
ces  noms.  Pour  signifier  l'orient,  l'occident,  le  nord,  l'ex- 
trémité du  globe  terrestre,  elle  devait  dire  le  globe  oriental, 
occidental,  septentrional,  extrême,  orbis  eous,  occiduus,  arctous, 
extremus'^.  De  même,  l'expression  orbis  romanus,  dont  je  ne 
connais  pas  d'exemple  littéraire  avant  Lucain,  ne  signifie  pas 
autre  chose  que  la  partie  romaine  du  globe,  regio  romana.  Une 
fois  le  mot  orbis  ainsi  assimilé  à  celui  de  regio,  on  lui  donna 
des  épithètes  géographiques  précises,  telles  que  Scythicus  dans 
Ovide,  Libyens  dans  Lucain,  Assyrius  dans  Juvénal5,  etc.  Au 
I"  siècle  de  l'Empire,  l'emploi  d'orbis  dans  le  sens  de  rcgio 
devint  très  général;  je  vais  montrer  que,  dans  la  PharsaJc, 
cette  acception  est  plus  fréquente  que  celle  d'orbis  dans  le  sens 
de  globe  terrestre. 

Orbis,  au  singulier,  se  rencontre  90  fois  dans  la  Fimrsalc. 


I     Hor.,  Car/H.,  m,  27,  75. 

2.  Orhis  Eous,  Ovide,  Fastes,  III,  460;  V,  557;  Hesperius,  Melam.,  IV, 
622;  Scythicus,  Trist.,  III,  12,  51.  Orhis  Gennaiius  est  dans  la  pièce  dou- 
teuse Ad  Liv.,  391. 

3.  Ovide,  Metam.,  VIII,  98. 

4.  Extremo  quaerere  in  oibe  fugam  (Properce,  II,  16,  40). 

3.  Quod  iiec  in  Assyrie  pharetrata  Scmiramis  orbe  (Juvénal,  II,  108). 


Le  mot  orbis  li.uis  le  latin  de  VEmp'ne.  449 

De  ces  90  exemples,  nous  devons  d'abord  en  éliminer  13,  où 
orhis  signifie  cercle,  disque,  roue,  orbite,  écliptique^  ;  il  fliut  en- 
suite mettre  à  part  un  14'-'  exemple,  où  orbis  est  précisé  par  le 
génitif  terra  ni  m  : 

El  le  hrianiin  nescil  ciii  ikbcat  orhis 

dit  Lucain  en  s'adressant  au  Nil-.  Dans  11  autres  exemples, 
orbis  est  accompagné  de  radjectif  lolns,  qui  ne  laisse  aucun 
doute  sur  la  signification  du  substantifs.  Les  cas  où  orbis, 
avec  ou  sans  épithète,  désigne  la  terre  considérée  comme 
corps  céleste,  ou  la  terre  habitée,  sont  au  nombre  de  1 1  seu- 
lement 4.  3  fois  il  est  expressément  question  de  Vorhis  ro- 
nianiis  ;  ces  passages  méritent  d'être  cités  intégralement. 
PharsaJe,  VIII,  212,  Pompée  s'adresse  au  roi  Dejotarus  : 

OiKiiido,  ait,  Eiihithiis  niiiissiis  cJcnlibiis  orbis 
Oiia  ronianiis  cral,  siipcrcsl,  Jidissi')ii'  /iv»»;, 
Eoain  tenlare  fuloit... 

Orbis  qiia  roiuaims  erat  est  une  manière  détournée  de  dire 
orbis  roinaniis. 

Dans  le  même  livre,  au  v.  441,  le  sénateur  Lentulus  dis- 
suade Pompée  d'aller  chercher  un  asile  chez  les  Parthes  et  le 
presse  de  s'adresser  plutôt  aux  amis  et  aux  alliés  de  Rome  : 

Ouin  respicis  orhein 
Romaniim  ? 

Au  livre  X,  v.  456,  Lucain  dit  de  César,  qui  se  cache  au 
moment  de  la  révolte  d'Alexandrie  : 

Hic  cui  romani  spatium  non  snfficil  orl'is... 

vers  qui  a  été  imité  par  Juvénal  dans  son  célèbre  passage  sur 
Alexandre  le  Grand. 

Dans  ces  trois  exemples,  le  roinaniis  orbis  est  nettement  op- 


1.  Lucain,  IV,  777;  VI,  216;  IX,  502.  S32  —  I,  558;  III,  41  ;  V,  544, 
547;  VIII,  160  —  VIII,  200  -  II,  577;  VI,  4S2  —  I,  78. 

2.  Lucain,  X,  294. 

3.  Lucain,  1,22,  no,  166,  318,692;  II,  280;  III,  169,  230;  VII,  362; 

VIII,  403;  X,  22. 

4.  Lucain,  I,  6i(?),   542;  III,  234;   V,  93;  VII,  276,  390,   541,  664; 

IX,  416,  430,  466. 

Revue  Celtique,  XXII.  30 


4^0  Salomon  Rc'uluIi. 

posé  au  reste  de  la  terre;  c'est  bien  de  l'Empire  romain  qu'il 
est  question. 

Nous  trouvons  ensuite  19  vers  où  l'adjectif  nw/^;///^  n'est 
pas  exprimé,  mais  où  il  est  évidemment  sous-entendu,  parce 
que  le  contexte  indique  qu'il  s'agit  seulement  de  l'Empire  ro- 
main'. Exemples  : 

Facili  si  prwlia  paiica 
Gi'sseris  eveiilii,  tibi  Roiiia  siibegeril  orbein  2. 

—  Viucejiihini  paritcr  Pbarsalia  praeslilil  orbeui  ?. 

—  Nam  sibi  libertas  uiicjuatii  si  reilderct  orbem...  4. 

Il  peut  y  avoir  doute  pour  un  petit  noir.bre  de  cas  que  j'ai 
préféré  attribuer  au  groupe  de  10  vers  où  orhis  paraît  signifier 
«  toute  la  terre  »  aussi  bien  ou  mieux  que  1'  «  Empire  romain  ». 

Ces  déductions  faites,  il  ne  reste  pas  moins  de  32  exemples 
où  oibis  signifie  une  région,  soit  de  la  terre,  soit  (plus  rare- 
ment) du  ciel.  Je  les  énumère  en  les  classant  dans  l'ordre  al- 
phabétique des  épithétes  qui  précisent  le  sens  à'orhis: 

Régit  idem  spiriliis  arliis 
Orbe  alio....  S 

Sat  magna  ferani  sohcia  morlis 
Orbe  jaccns  alio. . .  6 

. . .  limens,  ne  Mars  aliiim  vagtis  irel  in  orbem 
Enialhis  et  teUiis  tant  milita  Cccde  careret...! 
Victrices  aquitas  aliiim  laturiis  in  orbem...  8 

...  Arcani  miles  sibi  cousciiis  orbis 
Claustra  ferit  miindi. . .  9. 

Gelido  circtimjliius  orbis  Hibero...  'o 
Meliiis,  Fortiina,  dédisses 
Orbe  sub  Eoo,  sedem...  '  ' 

1.  Lucain,  I,  ■),  69,  88,  285,  290,  369,  465  ;  III.  297;  IV,  555  ;  V,  556; 
VII,  47,  33,  672;  VÏII,  540,  552;  IX,  123,  229;  X,  2),  377. 

2.  Lucain,  I,  285. 

3.  //'/(/.,  m,  297. 

4.  Ibid.,  X,  25. 

5.  Ihid.,  I,  457. 

6.  Ibid.,  VIII,  314. 

7.  Ibid.,  VI,  579. 

8.  Ibid.,  V,  238. 

9.  //'/(/.,  IX,  864.  Arcanus  orbis  =  la  partie  cachée  ou  inexplorée  du 
monde. 

10.  //'/(/.,  X,  476. 

1 1.  Ibid.,  I,  252. 


Le  mot  orl->is  J.iiii  le  Luin  de  rRmpiic.  4^  i 

...  Eoinii,  Comités,  propereiiius  in  orbem...^ 
Exttemtim  Scythici  transcciiâam  frigoris  orhem...  2. 
Ipsa  caloris  egens  gelidum  non  transit  in  orbeni...  i 
El  mine,  ignoto  si  quos  pctis  orbe  triuinpbos...  4 
Ignotum  vobis,  Arabes,  venistis  in  orbeni...  S 
ExtoUetqiie  aninios  Laliiiin  vesanus  in  orbeni...(> 
Scipio,  utiles  in  hoe,  Libyeo  Ju\ piinnis  in  orbe...  1 
Oraiit,  explorent  Libvcuni  nieinorata  t^er  orbein 
Numina...  8 
Solicitât  nostrnni,  quem  nondtDn  perditlit,  orheui  ..9 

...  Celsain  Pet  reins  Ileniiun 
Deserit  et  noti  diffisus  l'iribus  orhis 
Indoinitos  qiiaerit  popnlos...  'o 
Torsit  in  occidiann  Nabatiieis  jhUibus  orbeiii...  " 
...  Aeviiinque  sequens  speciilatnr  ab  oniiii 
Orbe  ratem,  Pbariatnque  Jidein...  '^ 

Verlat  aqnas  Nilns,  qiio  uascitnr  orbe,  relentus...  '  î 
Disponis  gladios,  ne  qno  non  fiât  in  orbe 
Hen,faeinus  civile  libi!...  '4 
. . .  Procnl  hoc  et  in  orbe  remoto 
Abscondat  fortuna  nef  as..  .M 
Sed  ne  Thessalico  purus  lucerct  in  orbe...  16 

Dans  les  deux  vers  suivants,  adressés  à  Néron,  orhis  signifie 
une  région  du  ciel: 

Sed  iieque  in  arcloo  sedem  libi  legeris  orbe...  '7 

...  Librati pondéra  caeli 
Orbe  tene  niedio...  '8. 

1.  Ibid.,  ¥111,289. 

2.  //'/(/.,  VI,  325.  Dans  le  passage  IX,  430,  exireinns  orbis  signifie  «  les 
extrémités  de  la  terre  habitable  ». 

3.  Ibid.,  IX,  704. 

4.  Ibid.,  III,  310. 

5.  Ibid.,  III,  247. 

6.  Ibid.,  VIII,  545. 

7.  Ibid.,  VII,  223. 

8.  Ibid.,  IX,  347- 

9.  Ib^d.,  VIII,  311. 

10.  Ibid.,  IV,  145. 

11.  Ibid.,  IV,  63. 

12.  Ibid.,  VIII,  624.  Ab  oinni  orbe  =  de  toutes  les  régions  du  monde. 

13.  Ibid.,  VIII,  82cS. 

14.  Ibid.,  VIII,  603. 
1 3.  Ibid.,  II,  734. 

16.  Ibid.,  VIII.  6. 

17.  Ibid.,  I,  35. 

18.  Ibid.,  I,  38. 


45  2  Sahmon  Rcin.uh. 

Enfin,  il  y  a  quelques  passages  où  le  sens  d'orbis,  signifiant 
région  ou  pays,  n'est  déterminé  que  par  le  contexte.  Lorsque 
César,  alors  en  hgypte,  s'écrie  : 

Frustra  civilihus  armis 
Misctiimiis  gentes,  si  qiia  est  hoc  orbe  potestas 
Altéra,  qiiaiii  Caesar,  si  Idlus  ulla  diionmi  est\ 

il  est  évident  que,  par  hoc  orbe,  il  entend  l'Egypte.  Orbis  si- 
gnifie une  partie  déserte  de  l'Afrique  du  Nord  dans  les  vers 
suivants  : 

Natiira  deside  torpet 
Orbis...  ^ 

Sic  orbeiii  lorqtieule  Nota  romana  jitveiitus 
Procubiiit...  5 

...  Tôt  iiionstra  ferenlem 
Geiiiibiis  ablalinn  dedfras  serpent ibiis  orbeni.  .4 

Orbis  signifie  la  vallée  du  Danube  : 

Dum  permeat  orbem 
Hisler...S 

Il  signifie  l'Europe  ou  l'Asie  dans  les  vers  où  Lucain  parle  du 
Tanaïs  qui  sépare  ces  deux  continents  et  semble  augmenter 
alternativement,  par  ses  détours,  le  domaine  de  l'un  ou  de 
l'autre  : 

Xunc  hue,  nunc  illuc,  qiio  Jlectilur,  ampliat  orbem  (>. 

Enfin,  cvûh'i  orbe  signifie  «    changer  de  région    »  dans  le 

vers  :  "^ 

Ivius  in  adversos  axes,  nvlvimur  crbe...l 

Il  résulte  de  ce  qui  précède  que,  dans  la  Pharsak,  orbis  si- 
gnifie région  ou  contrée  bien  plus  souvent  quil  ne  désigne  la 
terre  entière.  Dans  ce  dernier  sens,  Lucain  emploie  plus  vo- 
lontiers le  mot  niitndits,  qui,  d'ailleurs,  signifie  aussi  pour  lui 


1.  Ibid.,  IX,  1077. 

2.  Ibid.,  IX,  437. 

3.  llùd.,  IX,  48.. 

4.  Ibid.,  IX,  8 s 6. 
).  Ibid.,  II.  418. 
b.  Ibid.,  III,  276. 
7.  Ibid.,  IX,  876. 


Le  mot  orbis  dans  le  Litin  Je  PEnipite  4^  5 

Vorbis  roiihiniis\  ainsi,  tandis  qu'Ovide  appelle  Rome  orbis 
faput\  Lucain  la  qualifie  de  capiil  niiiudi^.  Mais,  en  général, 
il  se  sert  de  inuinliis  dans  le  sens  le  plus  étendu,  désignant  ainsi 
soit  la  terre  entière  avec  ses  habitants,  soit  la  terre  et  le  ciel, 
alors  qu'il  préfère  donner  à  orbis  le  sens  d'une  région  déli- 
mitée. 

Le  premier  prosateur  chez  qui  l'on  constate  l'emploi  fré- 
quent d'orbis  dans  le  sens  de  région  est  Pline  l'Ancien.  Je  me 
contente  d'en  citer  deux  exemples  caractéristiques. 

Hist.  Nat.,  XXVIII,  123,  Pline  vient  de  parler  de  certains 
remèdes  tirés  des  animaux  comme  le  lion,  le  chameau,  l'hyène, 
le  crocodile;  il  poursuit:  Haclcniis  de  cxttiiiis.  Knnc  praever- 
teuiur  ad  nostrmn  orbem,  priinumquc  coiiiinuiiia  auinialium  re- 
média atqiie  cximia  dicenius.  Ailleurs,  parlant  du  corail  pèche 
sur  la  côte  méridionale  de  la  Gaule  et  qu'absorbait  de  plus  en 
plus  le  commerce  de  l'Egypte  avec  l'Inde,  il  ajoute  (XXXII, 
23)  :  'Nunc  tanta  peniiria  est  vendibili  iiicrce  ut  pcrquaui  raro  cer- 
natiir  in  sno  orbe.  Ces  trois  derniers  mots  désignent  la  Gaule, 
pays  de  production  du  corail. 

Une  enquête  plus  approfondie,  que  rendra  facile  un  jour  la 
publication  de  l'article  Orbis  dans  le  Thésaurus  liugnae  laliuae, 
établirait  que  l'acception  restreinte  de  ce  mot  est  un  des  carac- 
tères de  la  langue  latine  après  Auguste  et  que  les  exemples  en 
sont  nombreux  jusqu'à  la  fin  de  l'Empire.  J'en  ai  noté  six  dans 
Claudien,  où  l'on  trouve  qualifiés  d'orbis  l'Empire  d'Orient  et 
l'Empire  d'Occident: 

Redore  siib  titio 
Conspirât  getiii  nus  freins  coiiunuiiihus  orbis  y. 

Orbis  est  suivi  d'une  épithète  qui  en  précise  l'extension: 

...  Sciai  orbis  Eous...  4 
Hesperio  misit  ab  orbe  soror...  S 
Occiduo  ducis  ab  orbi  grèges...  (> 

1.  Ovide.  Fastes,  V,  93. 

2.  Lucain,  II.  6)5. 

3.  Claudien,  XV,  3. 

4.  Ibid.,  XV,  430. 

5.  Ibid.,  LXXI,  4. 

6.  Ibid.,  XXXIV,  38. 


454  Salomon  Rein.ich. 

Les  Bretons  insulaires  liabitcnt  une  autre  région,  un  autre 
orbis  : 

Fiiicendos  alio  qiuusivit  in  orhc  Brilaiinos  ' . 

Ces  mots  aliiis  orhis,  dont  nous  avons  aussi  trouvé  des 
exemples  dans  Lucain,  signifient,  chez  Lucain  comme  chez 
Claudien,  une  autre  région  de  la  terre,  et  non  pas  un  autre 
corps  céleste.  C'est  pour  n'avoir  pas  étudié  cette  acception 
d\vhis  dans  la  poésie  impériale  que  Roget  de  Belloguet,  Henri 
Martin  et  d'autres  ont  commis  unegrosse  erreur  en  prétendant 
que,  d'après  la  doctrine  des  Druides,  résumée  par  Lucain,  les 
âriiesdes  Gaulois  étaient  transférées,  après  leur  mort,  soit  dans 
la  lune,  soit  dans  le  soleil.  Voici  le  passage  de  la  Pbarsale  : 

Vobis  auclorihus,  niiibiae 
Non  laciliis  Erehi  sedes  Diiisque  projuudi 
Pallida  rcgna  peliiiil  ;  regil  idem  spiiitus  artiis 
Orbe  alio;  longue,  canilis  si  cognita,  vitae 
Mors  média  est...^ 

Roget  de  Belloguet  traduit  :  «  Le  même  souffle  anime  vos 
membres  dans  un  autre  monde  »5  et  il  essaie  de  montrer  que 
Vorbis  alins  n'est  autre  que  l'astre  lunaire-^.  Henri  Martin, 
dans  un  article  publié  en  1866,  a  préféré  entendre  par  là  le 
soleil'.  Toutes  ces  hvpothèses  ne  tiennent  pas  devant  le  tait 
que  les  mots  orbis  aliits,  dans  la  langue  poétique  de  Lucain, 
ne  peuvent  pas  désigner  une  autre  sphère,  mais  seulement 
une  autre  région  de  la  nôtre.  Lucain  a  pensé  aux  îles  des  Bien- 
heureux, que  la  tradition  celtique  plaçait  au  loin  dans  l'Océan, 
à  l'ouest  du  groupe  britannique.  Il  n'est  donc  pas  question 
dans  Lucain,  interprète  du  druidisme,  d'une  autre  vie  dans 
un  autre  monde,  mais  d'un  prolongement  de  la  vie  terrestre 
et  sublunaire  dans  une  autre  partie  du  monde  :  longae  ...  vitae 
mors  média  est. 

Ce  résultat  n'est  pas  nouveau,  car  les  doctrines  de  Roget  de 
Belloguet  et  d'Henri  Martin  n'ont  guère  trouvé  de  créance. 


1.  Claudien.  XXIV,  149. 

2.  Lucain,  V,  449-455. 

3.  Roget  de  Belloguet,  Ethnogcnie gauloise,  t.  JII,  p.   174. 

4.  Ihid.,  p.  187. 
3.  Ibid.,  p.  184. 


Le  mot  orbis  dans  le  latin  de  r Empire.  455 

En  revanche,  les  considérations  qui  procèdent  vont  nous  per- 
mettre de  restituer  avec  certitude  un  vers  attribué  à  Claudien, 
conservé  seulement  par  un  texte  épigraphique  et  qui  a  été 
malencontreusement  complété  par  deux  éminents  latinistes, 
MM.  Hùlsen  et  Bùcheler. 

Au  xvi*^  siècle,  on  découvrit  dans  le  forum  romain,  près  de 
l'arc  de  Septime  Sévère,  les  fragments  d'une  base  colossale 
ayant  supporté  six  statues  équestres,  sur  laquelle  était  gravée 
une  dédicace  du  sénat  et  du  peuple  romain  aux  empereurs  Ar- 
cadius  et  Honorius,  en  mémoire  d'une  insurrection  réprimée 
en  Afrique'.  Cette  insurrection  est  celle  de  Gildon,  vaincu 
par  Stilicon  en  398.  En  1882,  en  démolissant  les  fondations 
d'un  édifice  de  basse  époque  entre  la  colonne  de  Phocas  et 
l'arc  de  Sévère,  on  trouva  un  gros  bloc  de  marbre  avec  des 
lettres  hautes  de  quinze  centimètres  qui  donnaient  les  mots 
suivants  :  ^^M  DEFENDIT  HONORIV.  M.  Hùlsen  s'aperçut 
qu'il  se  rejoignait  exactement  à  un  autre  fragment  découvert 
un  demi-siècle  plus  tôt  et  ainsi  conçu  :  RMIPOTENS  LIB. 
Le  savant  secrétaire  de  l'Institut  allemand  de  Rome  proposa, 
en  conséquence,  de  restituer  les  cinq  premiers  pieds  d'un 
hexamètre  : 

aRMIPOTEXS  LIBY.VM  DEFENDIT  HONORIV5...» 

M.  Hùlsen  se  souvint,  non  moins  à  propos,  d'un  passage 
du  poème  de  Claudien  sur  le  VP  consulat  d'Honorius,  où  il 
fait  tenir  à  la  déesse  Rome  le  langage  suivant  (vers  369-373): 

Ast  ego  freiiahatn  geininos,  quibiis  ait ior  ires 
Electi  caudoris  eqiios  et  noniinis  arcuiii 
Jatn  Diolita  lui,  per  qiieni  radiante  deeorns 
Ingredere  loga,  pitgiiae  )iiontiiiienta  dicaham 
Defensani  titulo  Libyain  testala  perenni. 

Ce  passage  établit  un  lien  incontestable  entre  Tinscription 
honorifique  découverte  au  xvi''  siècle  et  l'hexamètre  épigra- 
phique dont  M.  Hùlsen  a  retrouvé  les  éléments.  Il  y  avait, 
sur  ce  point  du  Forum,  un  monument  du  hcUinti  Gihloiiiniiii, 

1.  Corp.  iiiscr.  Lit.,  VI,  1187;  Rom.  MHlhcil.,  1895,  p.  35. 

2.  Hùlsen,  Rôm.  Miliheiî.,  1895,  p.  56. 


4^6  Salonioii  Rciiuuh. 

arc  de  triomphe  dli  simple  soLibassemeiU,  qui  comprenait 
plusieurs  figures  d'hommes  et  de  chevaux.  M.  Hûlsen  a  eu 
parfaitement  raison  de  supposer  que  Thexamètre  de  la  dédi- 
cace peut  avoir  été  composé  par  Claudien,  poète  qui  jouis- 
sait alors  d'une  renommée  attestée  tant  par  l'épigraphie  que 
par  les  allusions  contenues  dans  ses  poèmes.  Le  mot  ariiii- 
polcns,  par  lequel  débute  l'hexamètre,  se  retrouve  précisément 
dans  la  même  pièce  de  Claudien  snr  le  W  Consulat  d'Ho- 
norius  (v.  655)  : 

Et  quos  (iitiiipolfiis  gaiilor  rclioqiic  priai  es 
Divers is  gessere  locis... 

Mais  comment  restituer  le  dernier  mot  du  vers  épigra- 
phique  ?  M.  Hùlsen  écrit  arviiin,  en  rejetant  boslcni,  agruni 
et  aegtwr  qui  se  sont  présentés,  nous  dit-il,  à  son  esprit. 
M.  Bi^icheler,  reproduisant  ce  texte  dans  ses  Caniihia  latina 
epigraphica  (1895,  n"  1803),  écrit  agruin,  sans  se  douter  que 
ce  mot,  venant  au  sixième  pied,  fait  un  vers  dont  im  bon  rhé- 
toricien  d'autrefois  aurait  jugé  la  sonorité  bien  insuffisante: 

Aniiipoteiis  Libycum  défendit  -Hoiiorins  (;^'/um. 

Le  complément  véritable  nous  est  immédiatement  suggéré 
par  les  conclusions  de  notre  petit  mémoire.  Il  fliut  lire: 

Anuipoteiis  Lib\ctnii  défendit  Hoiuvius  orbeiii. 

Libyens  orbis,  signifiant  «  l'Afrique  »,  se  lit  deux  fois  dans 
Lucain  : 

Scipio,  miles  in  hoc,  Libyco  dm  priiiiiis  iii  orbe...  ' 
Orant,  explorent  Libycum  mcmorata  per  orbem 
Numina...  2 

Nous  avons  déjà  eu  l'occasion  de  rappeler  qu'Ovide  écrit 
Scythicus  orbis  pour  la  Scythie;  que  Lucain,  outre  Libyens  orbis, 
emploie  Latins  orbis,  ThcssaJicns  orbis,  que  Juvénal  dit  Assy- 
rins  orbis,  que  Claudien  lui-même  écrit  Bons  orbis,  Hcsperius 
orbis.  Claudien  est  si  évidemment  un  imitateur  de  Lucain  que 
l'expression  de  Libxcns  orbis  devait  se  présenter  tout  naturel- 

1.  Lucain,  VII,  225. 

2.  Ibid.,  IX,  547. 


/,('  mol  orbis  d.iiis  le  latin  de  l'Enipirt.  457 

Icmcnt  à  son  esprit.  La  restitution  oibtiii  au  lieu  d\irvuin  ou 
d\ji^rum  a  le  grand  et  décisif  avantage  d'éviter  la  rime  sourde 
Lihycuni,  agruni,  dont  l'etiet  déplaisant  est  sensible  à  tous  ceux 
qui  ont  eu  la  bonne  fortune  d'écrire  des  vers  latins  dans  leur 
jeunesse.  Le  tait  que  M^L  Hi'ilsen  et  Bùcheler  n'ont  pas  re- 
connu cela  et  que  la  restitution  orhcui  ne  s'est  pas  otkrte  à  leur 
perspicacité  justifie,  je  l'espère,  les  développements  où  je  suis 
entré  et  me  lave  du  soupçon  d'avoir  enfoncé  une  porte  ou- 
verte en  démontrant  (\i\orhis  a  bien,  dans  la  langue  impériale, 
un  des  sens  qui  lui  est  attribué  par  tous  les  dictionnaires. 

Salomon  Reinach. 


CHRONIQUE 


SOMMAIRE:  I.  M.  Ziinmer,  professeur  de  celtique  à  l'Université  de  Berlin.  —  11. 
MM.  Kuno  Meyer  et  Zimmer  au  congrès  pan-celtique.  —  111.  L'ediiion  de  Tiiin  b<> 
Cnailn'i'i  par  M.  K.  Windisch.  —  IV.  Les  Mabinogion  étudies  par  M.  Ivor  b.  John. 
—  V.  Traduction  de  morceaux  épiques  irlandais,  par  M.  R.  Thurneysen. 

I. 

Une  chaire  de  celtique  vient  d'être  créée  à  l'Uni versitc  de  Berlin.  Le  ti- 
tulaire de  cette  chaire  a  été  nommé,  c'est  M.  Henri  Zimmer,  professeur  à 
l'Université  de  Greifswald.  Ce  savant  si  connu  par  ses  travaux  sur  les  lan- 
gues celtiques  méritait  cette  honorable  distinction.  Il  va,  dit-on,  être  pro- 
chainement, en  outre,  élu  membre  de  l'Académie  des  Sciences  de  Berlin. 
Une  sorte  de  royauté  dans  l'ordre  des  études  celtiques  lui  sera  ainsi  conférée, 
pensent  les  admirateui;s  passionnés  dont  ses  travaux  lui  ont  procuré  les  ap- 
plaudissements Toutefois  cette  royauté,  si  elle  existe,  ne  sera  pas  absolue. 
M.  Zimmer  manque  souvent  de  forme  dans  les  critiques  qu'il  adresse  à  ses 
confrères  et  ne  paraît  pas  comprendre  qu'on  peut  trouver  dans  ses  écrits  au 
moins  autant  d'erreurs  à  relever  qu'il  en  reproche  aux  autres  celtistes;  à  ses 
yeux  la  politesse  est  de  la  fliiblesse;  il  peut  être  dans  une  certaine  mesure 
habile  à  lui  d'agir  en  conséquence  de  cette  maxime.  Le  ton  acerbe  et  tran- 
chant qu'il  emploie  dans  ses  critiques  en  impose  aux  gens  incompétents  qui 
croient  à  son  infaillibilité.  Les  gens  du  métier,  tout  en  lui  reconnaissant 
beaucoup  de  talent,  croient  qu'il  se  trompe  souvent,  surtout  quand  il  parle 
avec  le  plus  d'aplomb. 

Espérons  que  dans  la  position  élevée  où  le  fait  monter  l'estime  de  ses 
contemporains,  il  comprendra  un  peu  mieux  ce  que  les  convenances  exigent 
et  il  se  rendra  compte  de  ceci,  c'est  que  le  vrai  piédestal  de  la  science  est 
la  modestie. 

Je  crois  à  ^L  Zimmer  un  esprit  trop  élevé  pour  se  blesser  de  ma  franchise; 
en  tout  cas  ce  que  je  dis  de  lui,  je  ne  suis  pas  seul  à  le  penser. 

IL 

MM.  H.  Zimmer  et  Kuno  Mever  ont  assisté  au  congrès  pan-celtique  tenu 
à  Dublin  à  la  fin  du  mois  d'août  dernier.  M.  Kuno  Meyer  y  a  lu  un  très 


Clnoni.jiw.  459 

intcrcssant  mcmoirc  sur  l'état  prcscnt  des  études  celtiques  en  Europe  et  en 
Amérique.  Ce  mémoire  a  été  publié  à  New- York  dans  la  revue  The  Gael, 
n"  d'octobre  dernier.  M.  Zimmer  a  lait  voter  dans  ce  congrès  la  publication 
d'une  bibliographie  celtique. 

III. 

M.  E.  Windisch  continue  l'impression  de  son  édition  du  T.iin  hoCûoiliigi, 
Déjà  il  a  donné  le  bon  à  tirer  de  la  partie  la  plus  considérable,  il  atteint  le 
combat  de  Ferdiad,  Livre  de  Leinster,  p.  81  ;  il  a  par  conséquent  imprimé 
les  28  premières  pages,  53-81  ;  il  lui  en  reste  24,  de  81  à  104. 

IV. 

Les  Popiilar  Slinlies  in  Mylhology,  Romance  and  Folklore,  publiées  par  la 
librairie  David  Nutt,  se  sont  enrichies  d'une  bonne  étude  sur  les  Mabinogion 
par  M.  Ivor  B.  John,  fellow  de  l'Université  du  Pays  de  Galles. 

Ce  savant  mémoire  est  divisé  en  sept  parties  : 

Introduction,  p.  1  ; 

Pwyll,  prince  de  Dwed,  p.  20; 

Branwen,  fille  de  Lyr,  p.  27; 

Manawyddan,  fils  de  Lyr,  p.  3S  ; 

>Lith,  fils  de  Mathonwy,  p.  38; 

Conclusion,  p.  44; 

Appendix  bibliographique,  p.  50. 

L'auteur  donne  une  analyse  des  quatre  contes  dont  nous  reproduisons  le 
litre  et  y  joint  un  travail  critique  dans  lequel  il  se  montre  fort  au  courant 
de  son  sujet.  Comme  M.  Kuno  Meyer  dans  le  mémoire  lu  au  congrès  pan- 
celtique  de  Dublin,  il  parle  avec  grand  éloge  de  la  traduction  des  Mabi- 
nogion  par  notre  collaborateur  .\L  J.  Loth.. 

V. 

Sous  le  titre  de  Sagen  ans  deni  allen  Iielaiid,  M.  R.  Thurnevscn  a  publié 
à  Berlin,  librairie  Wiegandt  et  Grieben,  un  recueil  de  traductions  alle- 
mandes d'une  partie  des  plus  importants  récits  épiques  irlandais  qui  aient 
été  publiés  jusqu'ici  : 

1°  Comment  fut  découpé  le  cochon  de  Mac  Da  Thô,  c'est-à-dire  du  fils 
des  deux  muets  ; 

2°  Pourquoi  s'exilèrent  les  fils  d'Usnech? 

30  Les  guerriers  d'Ulster  en  mal  d'accouchement; 

4°  La  lutte  pour  le  morceau  du  héros; 

50  Naissance  de  Setanta,  dit  plus  tard  Cûchulainn; 

6°  Naissance  de  Conchobar; 

7°  Mort  de  Mess-Gegra  et  de  Conchobar  ; 

8"  Pourquoi  Art  fut-il  surnommé  l'Unique? 


460  Cliioniijue. 

9°  Eiain  et  Alill  Anguba; 

lO"  Maladie  du  chien  de  Culaiin,  c'cst-à-dirc  de  Cùcluilainn  ; 
11°  Assassinat  du  fils  de  Ronan  ; 
12°  Cour  faite  à  Finnabir  par  Fraech; 
15°  Comment  Snedgus  et  Mac  Riagla  voyagèrent  sur  mer; 
140  Vision  de  Mac  Conglinne. 

Chaque  récit  est  précédé  d'une  introduction  et  de  renseignements  biblio- 
graphiques très  complets. 

Espérons  que  ces  traductions,  faites  par  un  d-js  cellistes  les  plus  compétents 
qui  existent,  fera  mieux  connaître  en  Allemagne  une  littérature  si  digne 
d'intérêt  et  si  instructive,  et  que  le  savant  auteur,  encouragé  par  le  succès, 
continuera  le  recueil  qu'il  a  si  bien  commencé. 

Jubainville,  le  30  octobre  1901. 

H.  d'Akbois  de  Jubainville. 


PÉRIODIQUES 


SOMMAIRE:   I.    Itidogermanische   Forschiingen.  —    II.  Antiquaries   of  Ireland. 
m.  Bulletin  archéologique.  —  IV.  Celtia.  —  V.  The  Gael.  —  VI.  Athenaeum. 


I. 
InDOGER.MANISCHE     FoRSCHUNGEN,    ZeITSCHRIFT    fur   IN'DOGERMANISCHE 

Sprach-  und  Altertu.mskun'de,  herausgegeben  vox  Karl  Brugmaxn 
UND  WiLHEL.M  Stkeitbekg,  t.  XII,  3^*  et  4e  livraison.  —  Intéressant  recueil 
lie  vingt-deux  étymologies  irlandaises  par  M.  Whitley  Stokes.  Il  s'agit  de 
mots  ou  peu  usités  comme  sail  «  acte  d'accompagner  »  ou  qui  présentent 
de  sérieuses  difficultés,  tels  que  deac  «  di.\  »  ;  dochiitn  «  à  »,  «  vers  ». 

II. 

The  Journal  of  the  Royal  Society  of  Antiquaries  of  Irhlaxd, 
t.  XXXI,  5e  livraison,  30  septembre  1901.  —  Mémoire  du  Very  Wcx .  Jé- 
rôme Fahey  sur  les  antiquités  ecclésiastiques  de  Inis-an-Ghoill,  Lough 
Corrib.  I. 'auteur  y  reproduit  en  photogravure  une  des  inscriptions  chré- 
tiennes les  plus  anciennes  d'Irlande.  Le  savant  Pétrie  dans  son  célèbre  ou- 
vrage sur  les  Tours  rondes  d'Irlande,  1845,  a  transcrit  cette  inscription 
comme  il  suit:  «  Lia  Lugnaedon  mac  Limenueh  ».  Evidemment  il  faut  lire, 
avec  Miss  Margaret  Stokes  :  «  Lie  Luguaedon  macci  Menueh  »  '.  C'est  une 
épitaphe.  Luguaedon  est  le  nom  du  mort  au  génitif,  Menueh  le  nom  de  son 
père  ou  de  sa  mère  également  au  génitif  comme  macci.  Lie  est  une  notation 
archaïque  de  lia  «  pierre  ».  —  Recueil,  par  M.  Patrick  J.  O'ReiJly,  des 
croix  monumentales  de  labaronie  de  Rathdown.  Ces  croix  .sont  au  nombre 
de  neuf,  toutes  reproduites  en  photogravure.  —  Découverte  de  l'empla- 
cement de  la  source  de  saint  Patrice  à  Dublin  et  de  la  croix  monumentale 
qui  en  faisait  l'ornement. 

Le  compte  rendu  d'une  excursion  faite  par  la  compagnie  en  Galway  au 
mois  de  juillet  dernier  est  accompagné  de  pliotogravures  pleines  d'intérêt: 
une  maison  de  pierre  dansl'ile  d'Aran,  elle  est  construite  en  forme  de  cou- 

I.  Voir  à  ce  sujet,  p.  299  du  volume  dont  nous  parlons,  une  note  recti- 
ficative de  la  lecture  de  Pétrie. 


462  Pt'rioJiqtit's. 

pôle  comme  les  maisons  gauloises;  forteresse  dite    Dun  Aengus;  base  de 
la  croix  monumentale  de  l'abbaye  de  Cong  avec  une  inscription  :  oroit  do 

NiCHOI.  AG»S  DO  GiLLIBF.RD  ODuBTUAICH  RABI    H-AIÎAIDDEACHT  CUNGA  ; 

«  Priez  pour  Nicolas  et  pour  Gilbert  ODubthaich   auxquels  appartint  le 
«  sièse  abbatial  de  Cong  ». 


III. 

Bulletin  archi-ologiq.ue  du  Cgmith  des  travaux  historiq.ues  et 
SCIENTIHQ.UES,  année  1901,  re  livraison.  —  Dans  un  mémoire  de 
M.  Gauckler:  Notes  d'êpigrapbie  laliiie  (Tunisie),  on  lit  deux  noms  propres 
d'oriyine  gauloise  :  Volchia.  nom  de  femme,  p.  i  19,  et  nuNO  peut  être 
hioDVSO,  nom  du  lieu  d'origine  d'un  soldat  appelé  Libi;ralis. 

IV. 

Celtia,  juin  1901  : 

Suite  du  dictionnaire  anglo-celtique:  aged  -  alike; 

Statistique  linguistique  de  l'île  de  Man. 
Juillet  1901  : 

Préparatifs  du  congrès  pan-celtique  de  Dublin; 

Suite  du  dictionnaire  anglo-celtique  :  aliment  — alter  ; 

Visite  en  Bretagne  par  le  Rév.  Percv  Treasure  ; 

Étude  anonyme  sur  le  costume  irlandais. 
Août  1901  : 

P.  117.  Lettre  de  M.  Duncombe  Jewell,  de  Cornwall,  qui  prétend  que  le 
comique  n'est  pas  mort.  Il  vient  de  recevoir  une  carte  postale  écrite  en  cor- 
nique.  Un  millier  de  mots  comiques  sont  encore  en  usage  parmi  les  paysans 
qui  ne  leur  connaissent  pas  d'équivalents  anglais. 

P.  118.  Reproduction  mutilée  du  poème  breton  des  Séries,  La  Vi'lle- 
marqué,  Bar:;;^ii--B}rii,  édition  de  1846,  t.  I,  p.  i-i>-  On  sait  que  ce  poème 
est  un  arrangement  tout  récent  d'une  chanson  populaire  qui  n'a  rien  d'ar- 
chaïque. C'est  l'œuvre  d'un  mauvais  plaisant  dont  La  Villemarqué  a  été 
dupe. 

P.  119  et  suivantes.  Continuation  du  dictionnaire  anglo-celtique: 
altération — anchor. 

Septembre  1901.  Compte  rendu  du  congrès  pan-celtique:  en  tête  delà 
procession  initiale  marchait  le  personnage  qui  de  son  nom  vulgaire  est  le 
Rév.  Rowland  Williams,  mais  ici  il  s'appelait  Hwfa  Mon  ;  il  était  Wurh- 
drtiid  du  Pavs  de  Galles,  portait  une  magnifique  robe  blanche;  et  debout 
sur  le  Maen  Llog,  il  prononça  la  prière  pour  l'ouverture  de  la  session.  Le 
congrès  a  duré  quatre  jours:  on  s'v  est  occupé  principalement  des  langues 
modernes,  de  la  musique,  des  costumes  et  des  jeux  celtiques.  C'est  seule- 
ment le  quatrième  jour  qu'il  a  été  sérieusement  question  de  philologie  et 
d'archéologie.  C'est  alors  que  MM.  Kuno  Meyer  et  Zimmeront  parlé.  C'est 
aussi  le  même  jour  qu'a  été  posée  la  question  de  savoir  si  le  Cornwall  serait 


Pcriodicjues.  465 

reconnu  comme  nation  celtique.  L'ajournement  a  été  voté  par  54  voix 
contre  22. 

Le  même  numéro  annonce  la  prochaine  publication  d'une  revue  nouvelle 
Cellic  Qtiarterly  dirigée  par  le  savant  écossais  M.  Mac'oain,  d'Inverness. 

Octobre  1901.  Deux  mémoires  destinés  à  soutenir  que  Cornwall  est  une 
des  six  nations  celtiques.  Les  cinq  autres  sont  :  i"  Irlande;  2°  Higlilands 
d'Ecosse;  3°  Ile  de  Man  ;  4"  Pa^-s  de  Galles;  50  Bretagne.  Le  premier  de 
ces  mémoires  a  été  écrit  par  M.  L.  C.  Duncombc  JcwcU,  l'autre  par 
M.  S.  R.  John. 

Compte  rendu  du  congrès  de  l'Association  bretonne  tenu  à  Lannion  du 
1  au  7  septembre  dernier.  Notre  savant  collaborateur  M.  Ernault  y  assistait. 
Le  but  de  éette  association  est  de  maintenir  autant  que  possible  en  Bretagne 
la  coimaissance  du  breton. 

Suite  du  dictionnaire  anglais-celtique:  and  -anvil. 

V. 

The  G.\el,  août  1901. 

P.  258.  Découverte  de  l'emplacement  où  jaillissait  la  source  de  saint  Pa- 
trice à  Dublin. 

Septembre  1901 . 

P.  269.  Les  mss.  irlandais. 

P.  281.  La  croix  de  pierre  trouvée  sur  l'emplacement  de  la  source  de 
saint  Patrice. 

Octobre  1901. 

P.  297.  Mémoire  précité  de  M.  Kuno  Meyer  sur  l'état  actuel  des  études 
celtiques  en  Europe  et  en  Amérique. 

P.  302.  Quatrième  réunion  annuelle  à  Chicago  de  la  ligue  gaélique 
d'Amérique. 

P.  315.  Notice  nécrologique  sur  Eugène  O'Growney,  avec  portrait. 

P.  316.  Compte  rendu  du  congrès  pan-celtique  de  Dublin. 

VI. 

Athenaeum,  24  août  1901. 

Article  de  M.  P.  W.  Joyce  expliquant  comment  dans  l'Ogygia  d'OTlaerty, 
partie  I,  p.  46,  asionn  est  une  faute  d'impression  pour  iiiioiin,  diadème. 

7  septembre.  Le  congrès  panceltique. 

12  octobre.  Note  de  M.  Joseph  Offord  sur  le  dieu  Mogon.  L'auteur  avant 
de  prendre  la  plume  aurait  bien  fait  de  consulter  Holder,  AllccUischer 
Spiachschalx^,  t.  II,  col.  611. 

H.   D'y\.RBOIS  DE  JUB.\I\VILLE. 
Jubainville,  le  30  octobre  1901. 


TABLE 


DES    PRINCIPAUX    MOTS    KTUDIKS    DANS    LE    TOME    XXII 
DE    LA    REVVE    CEI.TIQIIE  ' . 


I.  Gaulois  ou  vieux- celticlue, 

ET  OGAMIQUE. 

(Voir   pp.    74,    86-88,     121,   T?9,    142, 
14^^,   2$6,  559,    366,  465.) 

Aballava,  1 36. 
Abeli[a]no,  2  16. 
Abellio,  136. 
Abnoba,  1 36,  137. 
-aco-,  104,  105,  373. 
Adarnacus,  221 . 
Adeba,  81. 
Adicianum,  216. 
Adnami,  149. 
Agedincum,  127. 
Agedunum,  22  : . 
Agennum,  222. 
Agentum,  221 ,  222. 
Aiiuca,  149. 
Analiacus,  22^. 
Angeriscus,  223. 
Anvalonnacu,  148. 
Anvalus,  Anvallus,  148. 
Apilius,  2  16. 
Arcissas,  2  17. 
Arecluta,  100. 
Arevaci,  80. 
'Aç.yîv:ozo^oç,   122. 

I.  Cette  table  a  été  faite  par  M.  Ernault. 


Argentomagus,  79-Si,  239. 
Arsic'us,  217. 
Arvernicutn,  224. 
Atepomari,  276. 
Aternus,  220,  221 . 
Atettius,  2  16. 
Atica?,  86. 
Atissius,  2 16. 
Atitta,  216. 
Atitto,  216. 
Atrebates,  2^7. 
Attua,  149. 
-atus,  5. 

Augustodunum,  274. 
Augustonemetum,  274. 
Augustoritum,  274. 
Baiocasses,  258. 
Baladitiago,  2  18. 
Balatcdo,  2  1  7. 
Balatonium,  2  17. 
Balatonna,  217. 
Balatulla,  218. 
Bannaciaco,  2  18. 
Bebriacus,  1 39. 
Belatulla,  218. 
Belatusa,  149. 
Belinus,    148. 


Table  des  princip.uix  mois  ctiuiiés  dans  le  tome  XX II.  46  5 


Belisama,  1 27. 

Benaciacum,  2  18. 

Benacus,  218. 

Bibona,  258. 

Bibracte,  1  27. 

Bituriges,  149,  257. 

Bitus,  566. 

BXaùoo;,  2  18. 

Bodiocasses,  258. 

Boius,  149. 

Borcovicus,  j  59. 

Bormo?,  81,  82,  240. 

Borvo,  81,  82,  1 37,  240. 

Botedono,  158. 

Bottus,   138. 

Boudicca,  i  26,  127. 

braca,  culotte,  147,  547. 

("ioaTo-jOc,  357. 

Brennus,  346,  347. 

brig-,  5. 

-briga,  138,  252. 

BptyiTOu,  2,5. 

Britanni,  1  56. 

Britannia,  153,  154,  256. 

Britannicus,  154,  155. 

Burbuncia,  1 37. 

Burbune,  1 57. 

Buriago,  253. 

Buriciaga,  253. 

Bussuro,  149. 

Bo'jojivoa,  131. 

Caesaromagus,  274. 

Calaitus,  366. 

Caledonius,  KaXrjoov'.ç);,   Calidonius, 

121,  122,  155-159. 
Camaracus,  239. 
Camb2(t)donensis,  219. 
cambo-  «  courbe  »,  220. 
Camboncarem,  219,  220. 
Cambrissa,  149. 
Cantreciacensis,  220. 
Cantrius,  220. 

Revue  Celliqui,  XXil. 


Carantius,  366. 

Carantomagus,  239. 

Caris,  2  19. 

Carpentorate,  Carbantorate,  126. 

Carr-,  366. 

Cassinomagus,  239. 

Catalaunicum,  224. 

Cebenna,  Cevenna,  79,  81,  82,  237, 

240. 
Cemenelum,  126. 
K£;x;j.£vov  ?,  79,  81,  237,  240. 
Cenomani,  224. 
Cenomanni,  224,  238,  240. 
Cernunnos,  127.  162. 
Cervedone,  2 19. 
Cintius,  2  18. 
Cintullus,  2  18,  257. 
Cintusmus,  385. 
Cisomagus,  239. 
Claudiomagus,  239, 
clocca,  «  cloche  »,  147. 
Clutamos,  «  très  illustre»,  385. 
Comalus,  149. 
Corisopitum,  Corstopitum?,  90,  91, 

97- 
Cornavii,  Kosvaoj'.o'.,  Cornavi,  Cor- 

novii,  97-100,  121,  143,   144. 
-/.o?-,  «  pied  »,  I  22. 
crotta,  «  rote»,  127,  128. 
Curiosolitum,  90. 
Dejotaros,  2-7. 
Deva,    AtjOja    «  la  divine   »,    121, 

1  22. 
Uevana,  Ar,ojxvx,  12  ; . 
\r/j Jo/x,   258. 
Divodurum,  258. 
Divona,  258. 
Dobunni,  98. 
Domionis,  149. 
Domnilaus,  6. 
Donico,  366. 
doro,  porte,  258. 

3' 


466  Table  des  prineifuuix  mots 

dubno-,  dumno- «  profonde,  79,81- 

83,  237,  241,  242. 
Dubnorix,  Dumnorix,  6,  79,  81-85, 

257,  242. 
Dumnacus,  6. 

Dumnonii,  Ao-javov-o-,  97-100,  124. 
-dunum  «  montagne  »  ;  «forteresse  », 

2^8,  367, 462. 
AuraXou?  2,  5,6. 
Duro-Cornovium,  98. 
Durostorum,  Dorostorum,  258. 
-durum,  258. 

A'JTc'JTO;,    5. 

Ebora?.  1 38. 

Eburos,  !^8. 

Epona,  127. 

Essuvius,  144. 

Exobnus,    Exomnus   «   intrépide    », 

242. 
Exolvernus,  221. 
Flaviobriga,  1 38. 
Garumna,  Garunnna,  239. 
Gaura^  149. 
-gilum,  139. 
Gortia,  222,  223. 
gutuater,  148. 
-iaco-,  104. 
-ialum,  1 39,  226. 
Intramnae,  239. 
Isara,  Isra,  1 37,  142. 
Isarnodorum,  2  0. 
-isca,  225 ,  226. 
-isco-,  139,  218,  223. 
Isrum,  1 37. 
Juliomagus,  274. 
Lanovalus,  144. 
Laumelium,  238. 
Lauriacum,  142. 
Lemausus,  79-81 ,  238. 
Lemincum,  238. 
Lemovices,  238. 
Lexovius,  366. 


étudiés  dans  le  tome  XX II. 

Lingonicum,  224. 

Litumarus,  Litmarus,  137. 

Lugdunum,  Lugudunum,  80,  134. 

Lugu-,  139. 

Aoj/.o-iÇia,  124. 

Madicenus,  366. 

Maguricis,  149. 

-magus  «  champ  »,  1 39. 

MAQi  «  du  fils  »,  255,  560. 

Marcomagus,  238. 

Mapioo'jvov,  145. 

Messicus,  1 50. 

Mosomagus,  239. 

Mucco,  366. 

Mulsedonum,  225. 

NANIM...H  ?,    360. 

Nantosvelta,  164. 

Narbo,  148. 

Nasium,  1  27. 

Nemausus,  238,  240,  257. 

Nemesa,  238. 

nemeton  «  temple  »,  83,  242. 

Nodons,  1 34. 

Novantae,  NojâvTa;,  124. 

Noviodunum,  274. 

Noviomagus,  238,  239. 

obno-,  omno-  «  terreur  »,  241. 

Octo,  149. 

OGMA,    2<f<). 

orge  «  tue  »,  362,  429. 
Ossismi,  'O^îaa-.o'.,  144,  145. 
'iiiT!fovjç,  'QaTÎa-.o'.,  145. 
Otadini,  143. 
Patriniago,  253. 
Q,VEG\i,  560. 
Quinciaco,  2^3. 
Ratomagus,  239. 
Rémi,  239,  240. 
Rhenus,  346,  347. 
Rigomagus,  239. 
'P'-YOTayi:,   387. 
Rodumna,  Rodanna,  259. 


TaVle  iics  principjux  mots  étiui  es  dans  le  tome  XXII .         467 


Rosmerta,  121. 

-sag-,  387. 

Segisamo,  258. 

Selgovae,  i  1  1 . 

Serotenno,  217. 

Siata,  86. 

Sinatus,  5. 

SfxÉvTa'..    121. 

Suadru,  149. 

Sucellus,  1 59,  165,  164. 

Sumelocenensis,  149. 

Sumelocenna,  149. 

Taurisci,  256. 

Tectosagi,  387. 

Tegernacus,  255. 

Temusoni,  362. 

Teutates,  247. 

TîGERxi,  255. 

Trinovantes,  To-.vojavTs;,  124. 

Turnomagus,  239. 

Turonicum,  224. 

Ucellus,  137. 

Uxama  «  la  plus  haute  «,  238,  386. 

Uxellim-,  385. 

Uxellodunum,  137. 

Uxisama  «  la  plus  haute  »,  386. 

Valabricensis,  137. 

O'JîXayvîoj;,    137. 
Venisa,  149. 
Verciovi,  149. 
Veric(a),  254. 
vernos,  aune,  221. 
Veromandui,  238. 
Vettones,  80. 
Viducasses,  257. 
Virdomarus,  346,  347. 
Virodunum,  139. 
Volceia,  367,  462. 
Volobriga,  137. 
Vorganium,  90. 
Vorgium,  90. 


II.  Irlandais. 

(voir  pp.  12-61,67,  117,  120,  121,  126 
IJ5,  141,  142,  146,  147,  165-21J, 
2 $8,  2)9,  282-529,  3n-3  5î,  560,563- 
}6j,  590-457,  notamment  404-455, 
mots  contenus  dans  le  Togal  bruidne 
Dà  Derga  ;  461-465.) 

a  :  a  dul,  venir  ainsi,  49, 

abtar,  vous  êtes,  46. 

adaig,  nuit,  1 19. 

ag,  bête  bovine,  433. 

-ai,  lui,  189. 

-âigfimmis,  nous  aurions  craint,  54. 

-alach,  rapide,  306,  405. 

Alich,  306. 

amhas,  amhus,  soldat  mercenaire,  125. 

anmimm,  au  nom,  361. 

araile,  autre,  2^7. 

asbert,  il  dit,  253,  254. 

atreba,  il  habite,  possède,  257,  2^8. 

attâ,  il  est,   1  20. 

bâes,  baois,  fantaisie,  caprice,  335. 

Barrfind  «  au  blanc  sommet  »,  342. 

bearbhaim,  je  bous,  je  fonds,  240. 

bélre,  bearla,  langue,  257. 

ben,  bean,  femme,  241,  242. 

bith,  monde,  1 19,  194,  19^. 

Boend,  131. 

brathbéim,  coup  fatal,  408. 

bresal,  guerre,  409. 

Brigit,  119. 

bro,  multitude,  35,  36. 

broc,  sandale,  189. 

brosc,  tonnerre,  grand  bruit,  35^. 

bruden,  hôtel,  61. 

bruth,  ardeur,  430. 

buide,  remerciement,  435. 

burit,  ils  portent  (un  coup),  409. 

caer,  chevelure?,  ^09. 

caimse,  camse,  blouse,  409. 

camman,  bâton,  raquette,  352. 

Caoilte,  362. 


468  Table  des  principaux  mots  étudies  dans  Je  tome  XXll . 


ceinn,  peau,  59. 
ceit,  habillement,  410. 
^    cétbanim,  je  comprends,  337. 
cln,  manuscrit,  411. 
cir,  peigne,  411. 
Clidna,  209,  211. 
00,  en  comparaison  de,  1  ^,  16. 
Coemgin,  Caoimhghin,  560. 
coimeasg,  mélange,  258. 
coisreacad,  consécration,  257. 
comarda,  vis-à-vis,  48. 
commeit,  coimhméad,  égal,  258. 
Conaire,  121. 

Cornn  (Bretons)  Cornouaillais,  144. 
cossalach,  aux  pieds  agiles,  306. 
Cothraige,  Patrice,  35^. 
ct^echfobdi,  prompts  aux  incursions, 

SO,  S'.  4'5- 
cressaigthi,  il  le  brandit,  189. 
crût,  rote,  i  27. 
cuil,  mauvais,  18,  413. 
cuman,  bâton,  raquette,  352. 
Cûroi,  !  33. 

dasachtach,  (troupe)  furieuse,  4^. 
Dau,  I  2. 
deac,  dix.  461 . 
dechmad,  dixième,  2^8. 
degaid,  escarbot,  414. 
dét,  dents;  ivoire,  305,  361. 
diugadh,  diudadh,  glousser,  257. 
dochum,  à,  vers,  461. 
domhain,  profond,  241. 
dûal,  boucle  de  cheveux,  417. 
duini,  de  l'homme,  1  19. 
-e,  lui,  189. 
echtar,  hors  de,  389. 
eclann,  plaque,  199,  418. 
Erchan,  141 . 
Ériu,  Irlande,  418. 
Essa  Rûaid,  209,  211. 
fâeth,    fiada,    incantation    qui    rend 
invisible,  1  18. 


fael,  loup,  29,  30,  419. 

feinestar,  fenêtre,  419. 

Femen,  312,  313. 

fémmed,  impuissance,  faiblesse,  419. 

feraib,  (nous  étions  douze)  hommes, 

214. 
feraim,  je  verse,  je  fais,  419. 
Fer  Caille  «  l'homme  du  bois  »,  42. 
fichim,  je  combats,  419. 
fmd,  blanc,  beau,  342. 
Finnbarr  «  au  blanc  sommet  »,  342. 
F'ir  Domnann,  123,  1 24. 
folaimtis,  ils  essayèrent,  29. 
fomôrach,  194,  420. 
forbâith,  très  aimable,  421 . 
forcthas,  entouré  d'une  défense?,  42  i . 
fordat,  disent-ils,  46,  421. 
fôrig,  d'un  bon  roi,  49. 
forruleblangatar,  ils  sautèrent,  42  1 . 
fota,  long,  431. 

folhrond,  bruit  tumultueux,  422. 
froech,  bruyère,  422. 
fudomain,  profond,  242. 

gabhlach,  cornu,  pointu,  fourchu,  5  74. 

gabim,  je  prends,  361. 

gabor,  chèvre,  561 . 

gaibte,   gaibthe,  qui  prennent,   181. 

Gall,  Gaulois;  Scandinave,  551. 

garséle,  vie  courte,  423. 

Gerchenn  a  à  la  tête  courte  »,  141, 
196,  197. 

glûn,  genou,  423. 

gnâs,  habitude,  536. 

gnâth,  habitué,  336. 

Gorman,  121. 

grassagam,  je  rends  grâce,  388.  ■ 

Guaire,  353,  354- 

-i,  lui,  189. 

ichtar,  partie  inférieure,  377. 

-id,  -ith,  sutf.  d'adverbes,  3^7. 

imcaemrosa  do,  je  rechercherai,  25. 

inis,  île,  1  19. 


Table  des  prineipjux  mots  étuJiés  dans  le  tome  XXII .         469 


Inis  Cathaig,  141 . 

int-,  ind-,  le,  1  1  S,   119. 

ludhal,  lubhal,  Juif,  i  2. 

la,  avec,  361 . 

Laidgen,  554. 

laigiu,  laigu,  lugu,  moindre,  378. 

Leuidan,  Léviathan,  ^4. 

lia,  pierre,  461 . 

16,  laine,  430. 

lorg,  massue,  426. 

lugam,  le  plus  petit,  385. 

mac,  fils,  461 . 

mac  Nessa.  122. 

mael,  chauve;  esclave,  435. 

Manannân,   341-344. 

marcuigheachd,  action  de  chevaucher, 

387. 
matlorg,  massue,  427. 
mebuir,  meabhair,  mémoire,  82. 
mess,  meas,  nourrisson,  20,  427. 
mil,  épingle,  cheville,  43  5 . 
mile,m!lle;beaucoupdecentaines?,5  2. 
mi'r,  morceau,  427. 
mithemon,  mi  mithemain,  juin,  427. 
mnà,  de  la  femme,  241,  242. 
moam,  le  plus,  386. 
Mongan,  342. 

mongenair,  il  est  bien  né,  428. 
Mongfinn  «à  la  bellechevelure  »,3  50. 
môr:  ni  môr  ma,  c'est  à  peine  si,  323, 

324. 
moth,  étonnement,  287. 
nél,  nuage,  242. 
nem,  neamh,  ciel,  82,  83,  242. 
nemed,  sacré,  noble,  242,  243. 
nemed,  temple,  83,  242. 
nos,  façon,  334,  336. 
Nuada,  154. 
6,  ua,  de,  1 36. 
oessa,  gens,  40. 

Oissin  «  petit  cerf  »,  118,  126. 
ôitiu,  jeunesse,  405. 


omhal,  poète,  142. 

omhan,  omun,  terreur,  241. 

Orbsen,  342. 

orc,  œuf?,  429. 

orgim,  je  tue,  362. 

oss,  cerf,  118. 

partaing,  objet  rouge  ou  écarlate,  429. 

ritere,  chevalier,  430. 

ro-,  particule  verbale,  253. 

robad,  serait,  120. 

roe,  bataille,  424. 

roen,  victoire,  424. 

rogait,  bâton,  431. 

sail,  acte  d'accompagner,  461. 

sâith,  sâth,  satiété,  plénitude,  386. 

saithe,  troupe,  essaim,  386. 

scéo,  et,  en  outre,  43 1 . 

sedgreg,  troupe  de  cerfs?,  431. 

siniu,  sinu,  plus  vieux,  378. 

site,  la  soie,  431. 

sith,  long,  4^  1 . 

s[o]aitside,  faciles  à  arrêter,  50,  51, 

432. 
sru'T,  museau,  432. 
sûanemain,  cordes,  294,  295. 
Sucat  «  bon  guerrier  »,  356. 
sùil,  œil,  I  19. 
-t,  3e  pers.  pi.,  361 . 
taig,  chercher,  17. 
tairg,  ofTrel,  432. 
tâm,  fièvre  qui  consume,  43  3. 
tarlaic,  il  répandit,  283. 
tesbanat,  ils  manquent,  337. 
tesbuith,  manque,  337. 
Tigernach,  255. 
tinne,  cornemuse,  43  5. 
tir  na  m-beo  «pays  des  vivants»,  133. 
tocad,  sort,  434. 
tongu,  je  jure,  176,  177. 
treban,  petit  ruisseau?,  434. 
trechend,  trio,  194,  434. 
tramdâmwla  lourdecompagnie»,3  53. 


470         Table  des  principaux  mots  étudiés  dans  te  tome  XXII . 


tromthur,  poids  lourd,  389. 
tur,  tor,  masse,  poids,  389. 
ûachtarj  partie  supérieure,  577. 
ûagbod,  présage  funeste,  455. 
ûar-,  extérieur.  45  ^. 
ùath,  peur,  455. 

III.  Gaéliqle  d'Ecosse. 
(Voir  pp.  1 16,  1 17,  i;o.) 

aiteal,  brise,  335. 

cuman,  bâton,  raquette,  352. 

cumanachd,  jeu  de  balle,  3  ^2. 

Dûnchailden,  1 5  ^. 

fath-fith  ou  fith-fath,  incantation  qui 

rend  invisible,  117,  118. 
mac  an  Lir,  le  fils  de  la  mer,  1  17. 
meomhair,  mémoire,  82. 

IV.  Gallois. 

(Voir  pp.  62.  65,  6j,  67,  68,  354,  438- 
446.) 

-acli,  -hach,  comparatif,  371,  373, 
374,  381. 

-ach,  nuance  de  mépris,  373. 

adarre,  de  nouveau,  353. 

aerfa,  champ  de  bataille,  406. 

Aes,  1 12. 

aethnen,  aethwydd,  tremble,  peu- 
plier, 333. 

afallach,  verger,  pommeraie,  374. 

amwyn.  secourir,  72. 

-awc,  373. 

Barintus,  3  39-344- 

Barri,  340-342. 

berwi,  bouillir,  240. 

Bran,  541. 

Briafael,  96,  r  12. 

Brioc,  9S,  96. 

broch,  fureur,  emportement  ;  écume; 
bruit  tumultueu.x,  vacarme:  cha- 
grin, 33^,409- 

brwd,  ardent,  430. 


bwrw,  frapper,  porter  (un  coup), 
409. 

bywi,  truffes,  442. 

Caer,  Chester,  88. 

Caer-Leon,  100. 

caledach,  plus  dur,  385. 

caletach,  calettach,  plus  dur,  385. 

calettàf,  très  dur,  385. 

calettet,  combien  dur!,  38^. 

canfod,  apercevoir,  337. 

canhwyll,  chandelle,  386. 

Caradauc  Breichbras,  96,  97. 

Carantmail,  111. 

Carmarthen,  145. 

Celyddon,  155. 

cenn,  peau,  ^9. 

Ceredigion,  96. 

Cernyw,  Cornouaille,  100,  144. 

Cinglas,  101. 

ciwdod,  peuple,  90. 

Clut,  III. 

Conbresel,  409. 

crwth,  violon,  128. 

Cuneglase,  92. 

cychwyf,  mettre  en  mouvement,  3  3  ^. 

cyfer,  situation  en  face,  48. 

cymmaeth,  nourri  avec  un  autre,  238. 

cymmaint.  autant,  238. 

cymmysg,  mélange,  238. 

Cymro,  Gallois,  100,  m. 

cynntta,  ramasser  du  bois  de  chauf- 
fage, 387. 

cynt,  cyntach,  plus  tôt,  375. 

defnydd,  matière,  409. 

-der,  noms  abstraits,  389. 

dihil,  sans  postérité,  74,  75. 

dinas,  forteresse,  72. 

Din-lle  «  forteresse  de  Lugus  »,  134. 

dir,  fort,  sûr,  certain,  nécessaire  ; 
force,  certitude,  258,  415. 

dur,  acier,  258. 

-dwr,  noms  abstraits,  389. 


Table  iics  principaux  mots  étudiés  dans  le  tome  XXII .         471 


dynionach,  gens  misérables,  575. 

edaf,  til,  555. 

Eiddin,  111. 

eithaf,  extrême,  375,  586. 

eithr,  en  outre,  575,  589. 

etem,  fil,  555. 

fwyfwy,  de  plus  en  plus,  581,  5S5. 

gaflach,  enfourchure  ;  javelot,  573. 

gafr,  chèvre,  561. 

Gereint,  111. 

gnawd,  habituel,  356. 

godorun,  bruit  tumultueux,  422. 

gorch,  clôture,  défense,  421. 

gre,  troupeau,  45 1 . 

grug,  bruyère,  422. 

guobriach,  plus  grave,  571. 

gwaeth,  .gwaethach,    plus    mauvais, 

375- 

gwaethwaeth,  de  pis  en  pis,  381. 

gwastatâu,  gwastatta,  rendre  uni, 
385. 

gweledigaeth,  vision,  388. 

gwell,  gwellach,  meilleur,  575. 

gwellwell,  de  mieux  en  mieux,  381, 
383. 

gwbybwr,  liquide,  389. 

gvvra,  prendre  un  mari,  587. 

gwreica,  chercher  femme,  387. 

gwrhau,  devenir  homm;  lige,  vassal, 
387. 

gwynder,  blancheur,  389. 

-ha,  chercher,  chasser,  recueillir,  ra- 
masser, 387. 

-haf,  superlatif,  371 . 

haid,  essaim,  386. 

-hàu,  rendre  ou  devenir...,  386,  387. 

hawdd,  facile,  76. 

hcibio,  à  côté,  431. 

héitham,  extrême,  386. 

hil,  race,  75. 

hinham?,  le  plus  vieux,  371. 

hoedledd,  vie,  423. 


hwy,  plus  long,  378. 

hwyaf,  le  plus  long,  378. 

hyd,  longueur,  43 1 . 

hydd,  cerf,  43 1 . 

hygawdd,  irascible,  76. 

hyn,  plus  vieux,  378. 

hynaws,  aimable,  3  36. 

ial,  espace  découvert,  1 39. 

iau,  plus  jeune,  378. 

iawn,  droit,  1  1  2. 

is,  plus  bas,  377. 

Ivi,  100. 

ICepius,  Kebius,  351. 

leilai,  de  moins  en  moins,  581. 

Uadraeth,  vol,  388. 

Iladrata,  voler,  388. 

Iladrataeth,  vol,  388. 

lladd,  éteindre,  406. 

liai,  moindre,  moins,  378. 

Llan-dyfriog,  96. 

Ileiaf,  le  plus  petit,  378. 

Ileilai,  de  moins  en  moins,   381. 

Ilesach,  meilleur,  374. 

Hong,  vaisseau,  92. 

Ludd,  154. 

mach,  caution,  to8. 

magi,  tache,  72. 

mail,  mutilé,  43  5. 

marchocàad,  action  d'aller  à  cheval, 

387- 
marchocâu,  chevaucher,  387. 
marchogaeth,  chevaucher;  chevalerie , 

587. 
mechdeyrn,  vice-roi,  seigneur,  108, 

255. 
meddu,  pouvoir,  419. 
mehefin,  juin,  427. 
Merthyr,  108. 
moel,  chauve,  45  y 
mwy,  plus  grand,  378. 
mwyaf,  mwyhaf,  le  plus,  386. 
mwyfwy,  de  plus  en  plus,  381. 


472  Table  des  principaux  mois  étudiés  dans  le  tome  XXII. 


Nant-lle  «  vallée  de  Lugus  »,  154. 

naws,  nature,  334,  336. 

nef,  ciel,  242. 

nés,  jusqu'à  ce  que,  376. 

Nevyn,  I  14. 

Numin,  1  1  4. 

0  dyuchtaw,  au-dessus  de  lui,  377. 

pivvyf,  paroisse,  1  10. 

porth,  port,  93,  111. 

Porthlud,  1 34. 

rhae,  bataille,  424. 

Rheged,  i  10. 

Rhufain,  Rome,  89. 

Rhufawn.  Romain,  89. 

rhyd,  gué,  72. 

Rumaun,  111. 

Ruvonioc,  111. 

Samson.  133,  1  34. 

Simorus,  1  1  2. 

Siviaus,  i  :  2. 

Strat-Clut,  III. 

sychder,  sécheresse,  389. 

sychdwr,  sécheresse,  389. 

talcibed,  tonneaux,  330. 

tarwhaid,  second  essaim,  386. 

tecced,  combien  beau!,  386. 

teckau,  embellir.  386. 

terica,  être  en  rut,  387. 

teyrn,  chef,  108. 

trech,  supérieur,  378. 

trew,  éternuement,  445. 

trymder,  pesanteur,  389. 

tynged,  sort,  434. 

uch,  au-dessus  de;  plus  haut,  377. 

uchaf,  le  plus  haut,  38e. 

Winwaloe,  9^,  96,  99. 

-wr,  noms  abstraits,  389. 

ysgemydd,  esgemydd,  banc,  1  14. 

vstrawd,  passage,  432. 


V.  C0RNIQ.UE. 

(Voir  p.  48.) 
-a   -e,  comparatif,  373. 
a  uch,  au-dessus  de,  377. 
Austel,  98. 
Breoc,  96. 

bresell,  bresul,  bresyl,  guerre,  409. 
Brioc,  98. 
Budoc,  98. 
Carentock,  99. 
Carhays,  112. 
Chenmerch,  98. 
Cleder,  99. 
Ciere,  99. 
Corentine,  99 
Cornely,  99. 
Cubulian,  98. 
Dominick,  99. 
enchinethel,  géant,  334. 
Enoder,  99. 
Ervan,  99. 
eth,  souffle,  333. 
Feock,  99. 
Gerrans,  99. 
GuKval,  99. 
Gunwallow.  96,  99. 
Gwinear,  99. 
Gwithian,  99. 
Kea,  99. 

Kernow,  Cornouaille,  100. 
Lan-Dewednac,  96,  99. 
lorch,  bâton,  426. 
Luxulien,  99. 

marogeth,  chevaucher,  387. 
Meriadoc,  98. 
Mewan,  99. 
Michael,  99. 
moychaf,  le  plus,  386. 
moys,  plus  que,  380. 
Non,  98. 
Paul,  99. 
Perran,  99. 


Table  des  princip.uix  mots  clihiiés  dans  le  tome  XXI L  473 


Petroc,  98. 
Petrockstow,  99. 
plu,  paroisse,  1 10. 
Plu,  Vuthek.  98,  110. 
Sampson,  99. 
sichor,  sécheresse,  589. 
Sithney,  99. 
Towednack,  96,  99. 
Tricor?,  98. 
Tudy,  99. 
Wenn,  99. 
Winnow,  99. 

VI.   BrETOX    ARMORICAIN'. 

(Voir  pp.  72,  75,   112,   114,   14T,  2S7, 
561,  370-572,    382,  384,    385,  }88, 

a,  de,  384. 

-a, -an, -haiï,  superlatif,  385,  589. 

a-bed,  aucun,  376. 

-ac'h,  comparatif,  373. 

-ac'h,  adjectif,  373. 

adarre,  de  nouveau,  533. 

a  diabell,  de  loin,  577. 

a  diaguent,  auparavant,  377. 

a  diaparz,  en  dedans,  377. 

a  diaraoc.  d'avance,  devant,  377. 

a  diouc'h,  a  diouz,  au-dessus,   377. 

aer,  hear,  héritier,  378. 

a  euch,  a  uch,  au-dessus  de,  377. 

-aez,  -ez,  noms  abstraits,  387,  388. 

aezen,  vapeur,  exhalaison,  vent  doux, 

af.  je  vais;  je  deviens,  386. 

-aff,  -haff.  superl.,  372. 

Ahes,  144,  145. 

aiouz  cmp,  au-dessus  de  nous,  377. 

a  is,  au-dessous  de,  376,  377. 

aloubi,  empiéter,  s'emparer  de,  332, 

ambilh,  (cheval;  qui  va  en  tète,  333, 
334- 


a  muy  e  muy,  de  plus  en  plus,  384. 
Anaurot,  91 . 

a-nébeûd-é-nébeût,  peu  à  peu,  384. 
a-nèz,  sans,  à  moins  de;  sans  cela, 

376. 
ankelc'her,  feu-follet,  334. 
aoz,  lit  de  rivière,  3  34. 
aozilh,  osier,  333. 
aprophetoch,    plus    approuvé,    372, 

575- 

ar,  sur,  383. 

ar,  le,  331. 

argud,  sommeil  léger,  334. 

Arthmael,  109. 

Arthuuiu,  1  14. 

-ât,  -hât,  rendre  ou  devenir  plus...., 
381,  383,  386. 

atred,  gravois,  332. 

atret:  tut  a  drouc  atret,  gens  scélé- 
rats, 332. 

ausein,  remettre  (un  os),  77. 

a  uz,  a  ust,  au-dessus  de,  3  77. 

avansetoc'h,  plus  avancé,  372. 

aveit,  que,  380. 

avisétt-matt,  judicieusement,  375. 

avizétt  matt,  judicieux,  375. 

avu,  aùi,  au,  eu,  foie,  356. 

a  zioc'h,  au-dessus,  377. 

baizic,  jaloux,  comme  une  mère  de  son 
enfant,  335. 

banel,  venelle,  332. 

beizik,    (cheval)     rétif,    ombrageux 

ber,  broche,  332. 

Bern,  Barn,  1 14. 

berr,  court,  1  12. 

betek,  jusqu'à  ;  pourvu  que,  576. 

bihan,  peu,  579. 

bihanoc'h,  moins,  379. 

bilen,  vilain,  3  3  2. 

bir,  flèche,  3  32. 

birvi,  bouillir,  240. 


474         7\jWe  lies  principaux  mots  étudiés  dans  le-  tome  XX'II. 


bisach,  visage,  532. 

biz  ar  iod  «  doigt  de  la  bjuillie  », 

l'index,  562. 
Blawec'h,  Biafiwec'h,  88. 
bourcé,'  vers  (le  feu),  70! 
bragou,  braies,  147. 
Brecelien,  86. 
bréhateah,  embrasser,  387. 
breselec,  guerrier,  409. 
breselhat,  guerroyer,  409. 
Briac,  111. 
Brioc,  1  I  2. 

broez,  colère,  emportement,  335. 
brot,  zèle,  430. 
brout,  ardent,  430. 
bryata,  bryatât,  embrasser,  387. 
buaneguez,  irriter,  s'irriter;   colère, 

387. 
buanequat,  s'irriter,  387. 
caer,  ker,  ville,  112. 
Caer,  88. 
Caioc,  III. 
Camdonpont,  1  14. 
car,  parent,  112. 
Carès,  Carèys,  Carés,  1  12. 
Carhes,  144. 
Catihernus,  105. 
Cembre,  les  Gallois,  100. 
chas,  chiens,  375. 
chasé,  chasse,  375. 
c'hoar,  sœur,  361 . 
cohu,  cohui,  cohi,  halle,  335,  336. 
Concc,  109. 
Conober,  112,  113. 
Conomor,  112,  113. 
Conoo,  112,  115. 
Conoual,  Gonval,  109. 
Cornely,  99. 
Coulm,  109. 
covu,  covi,  halle,  336. 
Coz-Gueordet,  90. 
Cuburien,  98. 


cueuz,  regret,  76. 
-der, -ter,  noms  abstraits,  389. 
Devy,  112. 

di-,  dis-,  privatif,  7^-78. 
diadreff,  par  derrière,  377. 
diampradur,  rupture,  dislocation,  77. 
diapell,  de  loin,  377. 
diarauc,  d'avance,  devant,  377. 
diauset,  démis,  77. 
diaveas,  de  dehors,  377. 
dichclpan,  être  essoufflé,  77. 
didruéhoh,  plus  impitoyable,  371. 
dieznes,  misère,  76. 
diforhein,  [diforc  h,    distinguer,   dis- 
cerner, trier,  séparer,  mettre  à  part, 

77- 
digenvez,  étranger,  76. 
digloereifi,  éclore,  78. 
digoroh,  digorroc'h,  plus  ouvert,  371, 

572. 
digunvez,(paroles) qui,  d'ordinaire,  ne 

sortent  pas  de  notre  bouche  ;  (mot) 

peu  commun,  et  qu'on  ne  comprend 

pas  trop,  76. 
dihaiàdur,    action     d'éplucher   (des 

herbes  pour  le  pot),  76. 
dihaiein,  dihéein,  éplucher  (des  her- 
bes pour  le  pot);  distinguer  pour 

séparer,  76. 
dihaiour,  éplucheur,  76. 
dihalpâl,ètre  essoufflé,  avoir  la  langue 

hors  de  la  bouche,  77. 
dihampreiii,  disloquer.  77. 
dihelchafF,   dielc'hat,    être    essoufflé, 

hors  d'haleine,  77. 
dihêlhein,  s'essouffler,  77. 
diheikein,  être  essoufflé,  77. 
dihilha,  dishilha,  s'égrener,  74. 
dihiliein,  égrener;  effiloquer,  dégue- 

niller,  74,  7^. 
Diles,  100. 
dimen,  fiançailles,  71 ,  72. 


Table  des  principaux  mots  étudies  dans  le  tome  XXI! .         475 


dioc'h,  diouc'h,  de,  577. 

diouz,  dioz,  de,  377. 

dir,  acier,  258. 

diranva,  diranvat,  sérancer;  égrener, 

77- 
diranvet,  amaigri,  qui  a  l'air  faible, 

fatigué,  77. 

dirigaez,  être  en  rut,  387. 

diséremantt,  déshérence,  7^. 

dishear,  dishaer,  disher,  sans  héritier; 
non  marié,  75. 

disherya,  tomber  en  décadence,  75. 

disheryadur,  dépérissement,  perdi- 
tion, dégât,  dissipation,  7^. 

dishilya,    -lyan,   -lyo,   égrener,   74, 

75- 

dishilya,  tomber  en  décadence,  75. 

dishilyadur, dépérissement,  perdition, 
dégât,  dissipation,  75. 

disiihan,  dizilha,  s'égrener,  s'échap- 
per de  l'épi  ;  se  dissiper,  7  5 . 

dispied,  displet,  abject,  vil,  bas,  mé- 
prisable, misérable,  78. 

displedadur,  vileté,  bassesse,  78. 

displedded.  abjection,  78. 

displedôny,  vileté,  bassesse,  78. 

displedurez,  abjection,  78. 

disscruniein,  égrener,  78. 

distonna,  distona,  enlever  de  dessus 
la  terre  l'herbe  et  les  racines  que 
la  herse  entraîne,  78. 

diurth,  de,  377. 

divambrein,  diamprein,  diuemprafT, 
démembrer,  77. 

divoaz,  (mot)  insolite,  peu  compris, 
76. 

divreinan,ôter  la  partie  pourried'(une 
pomme).  76. 

Domineuc  (Saint-),  99. 

don  pe  don,  de  plus  en  plus  profon- 
dément ;  plus  ou  moins  profond, 
383- 


don  pe  donoh,  plus  ou  moins  pro- 
fond, 383. 

douarha,  acquérir  des  terres,  587. 

droukàt,  devenir  mauvais,  méchant, 
38.. 

droukoc'h,   droukoh,   plus   mauvais, 

375- 
duhik,  duik,  un  peu  noir,  388. 

duhoh,  duoh,  plus  noir,  371. 

Dunët,  I  10. 

dyeuch,  au-dessus  de,  577, 

dyvalau,  laid,  76. 

-éah,  -èh,  noms  abstraits,  388. 

-ec,  -eue,  ad).,  372,  373. 

-ec'h,  adj.,  373. 

Edern,  109. 

eeun,  droit,  1 1  2. 

eget,  que,  380. 

eit,  que,  380. 

eleiz,  eleih,  beaucoup,  575. 

enclasc,  rechercher,  334. 

ê  nés,  proche,  près,  376. 

Enewor,  109. 

enez  ma,  à  moins  que,  376. 

enquelezr,  géant,  3  54. 

enterafoh,  gl.  inopportunius,  373. 

entré,  entre,  37^. 

entre  daou,  médiocre,  médiocrement, 

37S- 
erublobion,  gens  attachés  à  la  glèbe, 

1  10. 
Erwan,  99. 
estr  eget,  estrevit,    plus  que,    autre 

que,  574,  37',. 
estroc'h  evit,  estroh   eit,    plus  que, 

autre  que,  374,  375. 
-et!  combien!  385. 
euz,  à,  382,  585. 
euz,  mou,  76. 
Even,  1  14. 
evit,  que,  580. 
evlec'hen,  uloc'hen.  orme,  374. 


476  Tdblc  des  principaux  mois  ctudiés  dans  le.toine  XXH . 


fallàt,  devenir  faible,  581 . 

falloc'h,  falloh,  pire,  571 ,  575. 

falloh  pé  fal,  de  plus  en  plus  mau- 
vais, 584. 

fin  pe  fin,  à  bon  chat  bon  rat,   585. 

fin  pe  finoc'h,  finpé-finnoh,  très  fin, 
raf:iné,  583,  589. 

tlourik-flour,  tout  à  fait  doux,  389. 

forhein,  priver,  sevrer,  76. 

fors,  cas,  estime,  77. 

Fregan  (Saint-),  109. 

gannèh,  gannèheenn,  vache  qui  passe 
un  an  sans  porter  et  qui  donne  du 
lait,  573. 

gaolok,  qui  a  de  grandes  jambes,  373. 

gaour,  chèvre,  361. 

garz,  haie,  223. 

gauloc'h,  qui    a  de   grandes  jambes, 

37?- 
gaunac'h,  gâunec'h,  stérile,  373. 
glebder,  moiteur,  389. 
glebour,  gluebor,  moiteur,  389. 
gloestre,  vœu,  69,  70. 
goaçz,  pe  voaçzoc'h,  de   pis  en  pis, 

38?. 
goah-ar-oah,  de  pis  en  pis,  383. 
goahoh  goah,  de  pis  en  pis,  381. 
goahoh  pé  goah,  de  plus  en  plus  mal, 

384. 
goaz,  goazoc'h,  pire,  pis,  375,  376. 
goazoc'h-goaz,  de   pis  en   pis,  381, 

384,  389. 
golou,  lumière,  1  1  2. 
goué,  sauvage,  100. 
gouèh,  pire,  375. 
grata^t,  promis,  388. 
grateah,  promettre,  388. 
gùel,  meilleur,  375. 
gùel  arc'huel,  de  mieux  en  mieux,  383. 
guelet,  voir,  100. 
guelloc'h-guelld,  de  mieux  en  mieux, 

38s. 


guëli  ouc'h  vell,  de  mieux  en  mieux, 

381. 
Gueltas,  100,  101 . 
Guen  (Saint-),  99. 
Guisseny,  99. 
Guitalvézé,  108. 
gwasât,  empirer,  381,  383. 
gwasoc'h,  pire,  375. 
gwaz-ouz-gwaz,  de  pis  en  pis,  382. 
gweledigez,  vision,  388. 
gwell,  meilleur,  mieux,  376. 
gwellàt,  guellaat,   devenir  ou  rendre 

meilleur,  381. 
gwelloc'h,  meilleur,  mieux,  375. 
gwelloc'h-well,   de  mieux  en  mieux. 

385. 
gwell-ouz-gwell,  de  mieux  en  mieux, 

582. 
gwell-pe-well,  de    mieux    en  mieux, 

383. 
gvvell  pe  welloc'h,  de  mieux  en  mieux, 

383. 
gvvennder,  blancheur,  389. 
gwic,  bourg,  1  08,  i  lo. 
Gwingner,  1 10. 
"ha,  -a,  chercher,  chasser,  recueillir, 

ramasser,  387. 
ha,  hag.  et,  que,  380,  384. 
-haflF,  -han,  -ha,  -an, -a,  superl.,  372, 

585.  388. 
halpein,  lapper,  77. 
hamprein,  remettre  (un  os),  77. 
hanter,  demi,  389. 
-hat,  voir  -ha. 
-hât, -âl,  rendre  ou  devenir  plus..., 

385,  387»  388. 
hegué,   paisible;  capable  d'endurer, 

dolent,  76. 
heirguor,  porte-parole,  100. 
helhus,   (eau)  qui  altère,   qui   laisse 

altéré,  77. 
hellet  d'er  séhet,  mort  de  soif,  77. 


Table  des  principaux  mois  étudies  dans  le  tome  XXII.         477 


hemiken,  seulement,  580. 

henaour,  aîné,  578. 

hentré  :  tud  hentré,  les  petits,  575. 

-het,  -et  !  combien!,  588. 

heû,  fade,  76. 

-hik,  diminutif,  588. 

Hilian,  75. 

hin,  température,  578. 

Hinmoi,  378. 

-hoc'h,   comparatif,    371,   572,37^, 

58^,  388. 
Hœdic,  86. 

hoiam.  le  plus  long,  578,  385. 
Hoiat,  86. 
houarn,  fer,  2ç8. 
Houat,  86. 
lahan,  Jean,   1 i 2. 
lann,  Jean,  1  1  2. 
iaouher,  puîné,  cadet,  378. 
lestin,  109. 
ihuel,  haut,  377. 
-ik,  diminutif,  388,  389. 
Iltut,   109. 
intanv,  veuf,  386. 
loumonoc,  578. 

is,  au-dessous  de,  sous,  376,  577. 
iscomid  ?,  sorte  de  siège,  1 14. 
istre,  outre,  en  plus  de,  374. 
ludoc,  109. 
lunaw,  109. 
luzec,  109. 
Ivy,  1  1 2. 
izel,  bas,  377. 

izelikoc'h,  un  peu  plus  bas,  381. 
izeloc'hik,  un  peu  plus  bas,  380. 
jamez  ebcd,  jamais  de  la  vie,  376. 
kaerât,  embellir,  386. 
kaeroc'h-kaera,  de  plus  en  plus  beau, 

585. 
kaletât,  durcir,  385. 
kaletet,  kaletat,  combien  dur!,  385. 
kaletoc'h,  plus  dur,  585. 


kaletoc'h-kalcd,  de  plus  en  plus  dur, 
382. 

kals,  beaucoup, 37^. 

kantol,  chandelle,  586. 

Keinmerch,  98. 

kelc'h,  cercle,  354. 

keleren,  feu-follet,  334. 

kelliez,  aussi  nombreux,  376. 

kement,  autant,  238,  379. 

kemmesk,  mélange,  238. 

ken,  si,  autant,  376. 

kent.  plus  tôt,  376. 

kentoc'h,  plus  tôt,  375. 

kentoc'h  de,  avant  de,  376. 

ker,  ville,  151. 

ker  bihan,  aussi  peu;  (tant  et)  si  bien, 
379,  380. 

kerkent,  kenkent,  aussitôt,  376. 

Kermorvan,  113. 

Kernèw,  Cornouaille,  100. 

kèroh  pé  kèr,  de  plus  en  plus  beau, 
384. 

Kerroman,  89. 

keuneuta,  ramasser  du  bois  de  chauf- 
fage, 387. 

keved,  quenouillée,  335. 

Kiel,  I  10. 

kilhorou,    avant-train    de    charrue, 

334- 
kiriekoc'h,  plus  coupable,  374. 
koantik-koant  «  Joliette  jolie  »,  389. 
koulsoc'h   ha,  qui    vaut  mieux  que, 

374- 
laerez,  laëreah,  voler,  388. 
Landevenec  «   le  monastère  de  To- 

winnoc  (Win-waloe)  >^,  96. 
Lan-guehuc,  111. 
lann,  monastère,  96,  loS,  109, 
Lannedern,  109. 
Lansieu,  112. 
Lanvaudan,  109. 
Lanvcoc,  99,  1  10. 


47 8         Table  des  p:incipa:ix  mots  ctuiiés  dins  le  tome  XXII. 


larg,  lare,  large,  loin,  572,  575. 

larkoc'h-larka,  de  plus  en  plus  loin, 
385,  389. 

lartan,  le  plus  gras,  388. 

lartat,  engraisser,  388. 

lartet!  combien  gras!,  388. 

lartik,  un  peu  gras,  388. 

lartoh,  plus  gras,  588. 

lau,  mauvais,  378. 

lazrez,  voler,  388. 

-lei,  moins,  378,  379. 

leiham,  le  plus  petit,  378,  385. 

iemhaani,  j'aiguise,  386. 

Léon,  100. 

Lesneven,  114. 

lies,  plusieurs;  beaucoup;   souvent, 
376. 

lis,  résidence  seigneuriale,  102. 

loc,  cellule  de  solitaire,  108. 

Locmariaker,  88. 

Loc-Pezran,  99. 

Loguivy,  100,  1 1  2. 

Lopriac,  111. 

Lotivy,  112. 

lourdat,  condenser,  585. 

lourdet,     lourtet,    combien    lourd!, 
385. 

lourtât,  devenir  lourd,  385. 

Lovocatus,  105,  112. 

machtiern  «  princeps  plebis  »,  repré- 
sentant du  chef,  107,  108,  255. 

madik,  assez  bon,  388. 

madik  madig,  assez  bien,  388. 

Maelcat,  1 10. 

Maeloc,  Melec,  109. 

mas,  meas,  moins,  379. 

Maioc,  Meoc,  1  10. 

mam,  mère,  238. 

Mane-Morvan,  113. 

-mant,  adverbe,  575. 

marc'ha-matât,  devenir  bon  marché, 
38,. 


marc'hata,  marchander,  388. 

marhateah,  marchander,  388. 

marhecqât,  chevaucher,  387. 

marheguez,  chevaucher,  387. 

mas,  plus,  579. 

matoc'h,  match,  meilleur,  37^. 

-matt,  adverbe,  37^. 

Maudan,  109. 

Meen,  99. 

Meliau,  109. 

ment,  quantité,  379. 

Mern,  Mam,  1  14. 

Merzer,  108. 

mes,  moins,  579. 

meur,  grand,  375. 

meurbet,  merbet,  beaucoup,  37^. 

Mewen,  109. 

mezeven,  mîz  mezeven,  juin,  427. 

Mine-Morvan,  113. 

moan-euz-moan,    de    plus    en    plus 

maigre,  383. 
moins,  moins,  379. 
Morman,  Morvan,  113. 
mui,  mu,  mi,  plus,   379,  380,  384. 
muioc'h,    muoc'h,  plus,    569,    370, 

575- 
muioc'h-mui,  de   plus  en  plus,  381, 

382. 
muioc'li-ouz-mu,    de  plus    en   plus, 

382. 
mut,  meit,  plus  que,  380. 
muy,  très,  369. 
muyhaff,  le  plus,  586. 
muy  oz  muy,  mu-ouz-mu,  de  plus  en 

plus,  582. 
nahulei,  néanmoins,  37S. 
nant,  vallée,  112. 
ne,  ni,  379,  380. 
nebeutoc'h,  moins,  379. 
nenv,  env,  ciel,  242. 
nés,    proche,    prochain,    près,    575, 

376. 


Table  des  principanx  mots  étiuHtS  dans  le  tome  XXII.         479 


nés,  nessoch,  plus  près,  575. 

nesaour,  nesaër,  voisin,  578. 

nesoc'h,  plus  proche,  376. 

nessat,  approcher,  578. 

neubeutoc'hik,  un  peu  moins,  380. 

neuz,  mine,  5  36. 

Neven,  1  14. 

Nevenoe,  1  14. 

Neventer,  109. 

nobla,  nopla,  le  plus  noble,  385. 

noblaat,  noblat,  anoblir,  585. 

Nominoe,  Numinoe,  113,  114. 

oaz,  jalousie,  535. 

-oc'h,  comparatif,  369,  371-57^, 
380-385. 

-oc'h,  -ouc'h,  adjectif,  373. 

-oc'hik,  un  peu  plus,  580,  381. 

otrooc'h,  plus  monsieur,  mieux  ha- 
billé, 374. 

-ouc'h,  comparatif,  372,  373. 

ouz,  oz,  à,  582,  383. 

Padarn,  Pedern,  1  14. 

paour  ar  paouraiï,  pauvre,  des  plus 
pauvres,  389. 

parche-meutt,  membrane  de  mouton, 
parchemin,  69. 

Paul,  99. 

pe,  ou,  385. 

pellik,  pell,  loin,  bien  loin,  389. 

pell,  pe  belloc'h,  fort  loin,  383. 

penaoz,  comment,  334,  336. 

penhuikoh,  plus  riche,  371. 

penner,  penn-hear,  fils  unique,  378. 

pinuizicat,  pinuizicquaat,  s'enrichir, 

387. 
pinvidikoc'h,  plus  riche,  371. 
pied,  attention,  soin,  78. 
Pledeliac,  1  lo. 
Plescop,  108,  109. 
Plestin,  109. 
Pleubihan,  109. 
Pleugueneuc,  Plogonnec,  109. 


Pleumcleuc,  Plumelec,  109. 

Pleumeur,  109. 

Plobanalec,  !09. 

Ploelan,  Plelan,  109. 

Ploe-Meguen,  99. 

Ploerdut,  109. 

Ploermel,  109. 

Ploeven,  99,  109. 

ploib,  ploeu,  ploueu,  plou,  plo,pleu, 
plu,  pie,  colonie  bretonne;  cam- 
pagne, :o6,  107,  109,  I 10. 

Ploneour,  Plouneour,  109. 

Plouarzel,  109. 

Ploubezre,  109. 

Plouedern,  109. 

Plouezec,  109. 

Plou-Fragan,  109. 

Piougaer,  108. 

Plougastel,  109. 

Plougoulm,  109. 

Plouguenoual,  109. 

Plouguer,  109. 

Plouguerneau,  109. 

Plouguiel,  I  10. 

Plouigneau,  109. 

Plow-Magoar,  Plou-Moguer,  109. 

Ploumiliau,  109. 

Plouneventer,  109. 

Plounevez,  109. 

Pludual,  109. 

Pluherlin,  109. 

Plumaudan,  109. 

Plumaugat,  1  10. 

Plumeliau,  109. 

Plumcrgat,  1  10. 

Plumieux,  1  10. 

Plusulien,  99,  1 10. 

Pluvigner,  99,  1 10. 

Pluzunet,  1 10. 

Pondivi,  112. 

Pontivy,  100. 

Porzay,  111. 


480         Table  des  principaux  mots  étudiés  dans  le  tome  XXII. 


Pouhastel,  90. 

pourcé,   pourcéein,    pourcein,  cher- 
cher, pojrsuivre,  69,  70. 
poursuiu',    poursuiuein,   poursuivre, 
70. 

prietat,  épouser,  387. 

pu,  plus,  379,  380. 

pu-tart,  plus  tard,  380. 

puto,  plus  tôt,  580. 

qen,  qin,  (ne)  plus,  579. 

qèl,  pas;  rien,  379. 

Quay  (Saint-),  99. 

quencouls,  aussi  bien,  574. 

quenlies,  quen  lieux,  aussi  nombreux, 
576. 

quent,  avant  (que,  de),  376. 

quet aérez,  cohéritiers,  378. 

Quimercli,  98. 

Quimperlé.  9: . 

raiœnn-rott,     rayénn-rott,     reyaenn- 
rolt,  rayon  d'une  roue,  71. 

ran,  domaine,  1 14. 

rafif,  ranvel,  séran  à  égrener  le  lin, 

77- 
ranva,  raiivat,  sérancer,  77. 

raquer  «  pâti,  pratéau,  l'issue  dune 

maison  ou  d'un  village  »,  71. 

Reithwal  r,  114. 

reter,  est,  589. 

rimia,  rinvia,  racler,  gratter,  77. 

rit,  course,  69,  70. 

Rivilen,  1  14. 

Riwal,  Rigual,  9^,  96. 

roenv,  rame,  239. 

rokoh,  plus  rogue,  371. 

rontik,  arrondi,  588. 

sah,  sac,  72. 

sanailh,  grenier,  331,  532. 

scloeret  é,  (la  jument)  a  pouliné,  78. 

scruniein,  égrener,  78. 

sechder,  sécheresse,  389. 

sec'hor,  sehour,  sécheresse,  389. 


sêl-gùéh  me,  toutes  les  fois  que,  370. 

Sénegôù,  105. 

seul,  sul,  sel,  sal,  tant  (plus),  369, 

370,  374,  382. 
soaff,  suif,  73. 
spled,  attention,  soin,  78. 
stardic,  un  peu  sérieusement,  388. 
stard-oc'h-stard,  de  plus  en  plus  for- 
tement, 382,  383. 
startoc'h-stard,  de  plus  en  plus  for- 
tement, 382,  383. 
ster,  pi.  stéri,  rivière,  73,  74. 
stert,  étreint,  serré,  72. 
stiren,  pi.  stir,  étoile,  73. 
stonen,  gazon,  78. 
stonn,  stoun,  mauvaises   herbes  que 
la  herse  entraîne    dans   un  champ 
qu'on  laboure,  78. 
sùaù,  soéù,  suif,  75. 
Sulien,  1  10. 
suloc'h    suloc'h,    d'autant   plus,   de 

plus  en  plus,  374,  381 . 
supportétoh,  plus  toléré,  372. 
tarvhed,  terlioed,  second  essaim,  386. 
Teliau,  1 10. 

-ter,  -der,  noms  abstraits,  389. 
teuskoc'h,  de  médiocre  qualité,  375. 
tonen,  tonnen,  tonden,  gazon,  78. 
tonnen,  couenne;  peau  de  la  tète  de 
l'homme;   surface   dure    et   sèche 
d'une  terre  délaissée  en  repos  pen- 
dant un  long  temps,  78. 
tostik-tost,  tout  près,  589. 
touësq  ;  è  touësq,  parmi,  375. 
trec'h,  treac'h,  vainqueur,  supérieur, 

377,  578- 
trec'hi,  vaincre,  381. 
Treff-Maeheuc,  99. 
Tref-Guehuc,  111. 
Treger,  98. 
Tremeoc,  99. 
Tutwal,  109. 


TaI'Ic  des  principaux  mots  ciudcs  dans  le  tome  XXU.  481 

uchtroc'h  (a),  plus,  569,  370,  374.  war,  sur,  583. 

uhel,  haut,  377.  weleq,  à  peu  près,  381. 

uz  da,  au-dessus  de,  377.  well-was,  en  moyenne,  381. 

var  nez,  sur  le  point  de,  376.  Winniaw,  109. 

voas-eus-voas,    de   pis  en  pis,   582,  Yodet,  90. 

3S3.  youaer,  jouvenceau,  578. 


Le  Propriétaire-  Gcraitt  :  ^'euve  E.  Bouillon. 


hivuc  Celtique,  XXIJ^  32 


ANNONCES 


THESAUFiUS     PAL.^OHRIBERNICUS 

A    COLLECTION    Ol-    OLD    IRISH    GLOSSES,    SCHOLL\,    PROSE    AND    VERSE 

cditcd  hy  WHITLEY  STOKES  D.  C.  L. 

foreign  associ.ite  of  the  Institiite  of  France 

and  John  STRACHAN  L.  L.  D. 

professer  of  greck  in  tlic  Victoria  University 

Vol.   I.    Biblical   Glosses   and   Scholia, 
Cambridge,  at  thc  University  Press,   1901. 


PELAGIUS    IN    IRLAND 

TEXTE   UND    UNTERSUCHUNGEN    ZUR    PATRISTISCHEN    LITTERATUR 

von  HEINRICH   ZIMMER 
Berlin.   Weidmannschc  Pnichhrandlung,    1901. 


ECOLE  PRATIQUE  DES  HAUTES  ETUDES 

SECTION  DES  SCIENCES   HISTORIQUES  ET  PHILOLOGIQUES   (aNNUAIRE,    I9O2) 
LA    RÉaUISITION    d'aMOUR    ET    LE    SY.MBOLISME    DE    LA    POMME 

par  H.  GAIDOZ. 


GLOSSAIRE  CRYPTOLOGIQUE   DU    BRETON 

PARIS,    WELTER,     I  90  I  . 


VERCINGÉTORIX 

par  CAMILLE  Jllliax 
Paris,    Hachette,   1901 


11   sera    rendu   compte    de   ces   importants  ouvrages  dans   une  prochaine 

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Chartres.  —  Imprimerie  Durand,  rue  Fulbert. 


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